vendredi, 30 avril 2010

Le jour de la marmotte

C'est un article de l'Huma d'hier qui a attiré mon attention sur la préparation de la présidentielle de 2012 auprès de l'électorat jeune (sous-titre : les pouvoirs public à ton écoute, la Grande Consultation de la nouvelle génération). Le Service d'information du gouvernement a décidé de relancer la méthode Balladur : grande consultation de la jeunesse, même si les réponses peuvent être données par des non-jeunes puisque l'on ne vérifie pas les identités. Et comme on est vraiment moderne, cela s'appelle la Grande Consult'. Le tout parrainé par Skyrock qui est le média jeune par excellence avec sa plateforme de blogues qui déchirent de la mort qui tue...

Je serais un peu moins sévère que l'Huma envers Skyrock qui a d'abord un public populaire et qui a toujours mis en avant son civisme : c'est l'une des plateformes les plus modérées et l'une de celles où il est très difficile de commettre des écarts à la loi (mais pas par rapport à l'orthographe ou à la grammaire, hélas !) L'engagement de Skyrock est une chose ancienne, notamment pour la prévention du Sida ou de la toxicomanie, ce n'est pas simplement du rap bling-bling et ce n'est pas la caricature que l'on en présente souvent. 

Il faut voir le niveau des réponses fermées aux sondages qui posent des questions qui n'en sont pas : l'homosexualité, on peut en parler ? Bien sûr. Vite fait. C'est chaud ! Des cours de remise à niveau pendant les vacances scolaires pour ceux qui veulent se réorienter en cours d'année, t'en penses quoi ? C'est top. C'est bof. Ça marcherait pas. Le "service civique", ça te dit quelque chose ? Bien sûr. Vite fait. Ah oui, c'est le service militaire. Le musée, t'y vas avec qui ? J'y vais pas. Avec le bahut. Avec mes parents. Avec mes potes. Tout seul, personne veut m'accompagner.

On teste certaines initiatives gouvernementales comme le fait de voir une oeuvre du patrimoine cinématographique (j'attends encore la mise en place de cette mesure qui n'est pas encore parvenue dans ma lointaine province), le permis à un euro ça te chauffe (non dit un euro par jour), les stages en entreprise (non rémunérés) ou encore des idées nouvelles comme la pré-majorité à 16 ans ou la défiscalisation des revenus étudiants. C'est une sorte de laboratoire fascinant des idées que l'UMP va mettre en avant, mais le tout dans un langage très décontracté qui rappelle fortement le style présidentiel actuel : tutoiement obligatoire, absence de négation complète, expressions vagues et confuses. Peu importe le sens, il faut créer du bruit et une adhésion à un ensemble de thèmes (sans aucun tabou) qui pourront ensuite se porter sur une personne pouvant les représenter.

On a un mélange un peu bizarre de questions sociétales et générales venant de Skyrock, de questions sur des points très précis de l'action gouvernementale (qui a entendu parler du volontariat international ?), de questions idiotes posées par l'internaute de base (t'utilises Internet pour travailler à la maison ?), de ballons d'essai de l'UMP pour la future élection, le tout dans un style très décontracté. L'UMP avait raté sa plateforme participative avec les Créateurs du possible et je ne sais plus où en sont les JUMP (les jeunes pops) tellement ils ont mis en place de formes de réseaux qui se sont tous fait hara-kiri, parce que l'on ne voulait voir qu'une seule tête. Là, c'est plus sérieux, c'est hors de l'appareil UMP qui est totalement éjecté de la stratégie présidentielle et cela me rappelle la campagne de Mitterrand en 1988, avec la génération Mitterrand de Séguéla lorsque le PS et SOS-Racisme marchaient main dans la main avec NRJ, la radio jeune de l'époque. C'est un peu étrange : on a l'impression de revoir le même film qu'avant comme dans le Jour de la marmotte.

mercredi, 28 avril 2010

Čaulas

— "Entre les tentatrices, on s'est entendues. C'est cool." Et dans son rôle de menthe religieuse, jusqu'où Vanessa est-elle allée ? L'Indépendant, 16 avril.

— Le premier [médecin] a "dévissé sa plaque" et franchi le Rubicond. Le Monde, 10 avril.

— Au cours de la poursuite, l'homme multiplie les accélérations et les freinages, puis enclenche la marche arrière pour percuter attentionnellement la 207 des policiers. Paris-Normandie, 10 mars.

— On les croit insomniaques : on se trompe. Un tiers des seniors dorment 7 ou 8 heures par semaine. Nord-Eclair, 10 avril.

—  Moi ça me choque profondément qu’on puisse intenter au drapeau républicain, y compris dans une photo (…). Il y a un certain nombre de pays où on ne transige pas avec le drapeau national, c’est-à-dire qu’on n’a pas le droit d’intenter au drapeau national d’une manière ou d’une autre. Luc Châtel, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Education nationale, 22 avril.

mardi, 27 avril 2010

Violette sans Bidouille

bidouilleetviolette.jpgVoici une autre Violette. Plus tendre que la précédente. C'est normal, elle était publiée dans un journal pour enfants et non pour adultes. Je pense qu'elle crée une sorte de rupture dans la presse enfantine franco-belge. Une rupture qui avait été déjà commencée par le docteur Poche avec l'histoire de Karabouilla, l'année précédente. Je pourrais citer aussi Martin Milan, pilote au grand coeur, quelques années plus tôt dans Tintin, dès Eglantine de ma jeunesse en 72. Il y a rupture dis-je, mais en quoi ? D'abord parce que le dessin humoristique n'est plus seulement au service du seul comique, mais de bien d'autres registres ou genres : le pathétique, le tragique, le trivial, le lyrique, le fantastique. C'est ce mélange qui est le premier apport de cette série. Disons que dans le domaine de la presse enfantine, il n'y avait que Franquin pour oser ne pas se contenter du seul comique ou de la seule aventure.

Ensuite, il y a le thème : une histoire d'amour entre adolescents qui sont les lecteurs ! C'est totalement nouveau en 1978 (malgré les deux autres exemples cités). Celui-ci se forme sous l'aspect du cliché : Bidouille est Roméo et Violette est Juliette. La première histoire s'intitule d'ailleurs Un Roméo pour Violette. Leurs milieux sont totalement incompatibles : Bidouille est le fils d'un marchand de frites (corporation fort répandue en Belgique) tandis que les parents de Violette sont fleuristes. L'opposition est sociale et culturelle : le père de Bidouille mange en slurpant sa soupe et porte éternellement un marcel dépenaillé ou un pantalon informe, il sent la friture en permanence, il ne se rase pas, il entre dans des colères fantastiques et il veut imposer à son fils de travailler dans sa friterie quand il n'a pas cours. Dans le monde de Violette, tout n'est que calme, douceur, écoute, thé au jasmin, recherche du karma, conscience écologiste par un couple uni et compréhensif. Tout du moins en apparence. Ce sont des caricatures du beauf et des futurs bobos au départ, mais les choses se brouillent ensuite : on comprend que le père de Bidouille est capable d'affection, que celui de Violette peut se révéler colérique et despotique.

Enfin, il y a le décor. C'est celui de l'univers mental des adolescents : soit la table familiale, leur chambre et puis l'entre-deux des rencontres, mais jamais le moment des cours. C'est une série centrée sur l'intériorité des personnages et cela se manifestera surtout dans la Reine des Glaces (en référence au conte d'Andersen) qui se déroule durant une maladie de Violette qui délire à cause de sa fièvre. Ce peut être aussi les toits où se retrouvent les personnages comme dans Mary Poppins. On est donc très loin de l'étude sociologique comme dans Germain et Nous à la même époque (je ne retrouve plus mon billet sur Germain donc pas de lien), le quotidien est transformé, les clichés sont détournés.

Venons-en maintenant à la couverture. Elle est coupée en deux par le mur. La situation est réaliste, mais elle est aussi signifiante : d'un côté le soleil, la lumière, les arbres, l'insouciance, la légereté, la finesse et la vie ; de l'autre, les rondeurs, les boucles de cheveux, le repli, l'enfermement, les complexes, la grisaille du quotidien, le dos au mur face aux contraintes familiales ou sociales. Les caractères qui désignent les personnages sont aussi dans des formes très opposées, ceux de Bidouille sont rondouillards comme lui, ceux de Violette sont écrits en cursive bien personnalisée. Le titre offre une troisième police plus neutre en apparence, mais qui est d'une calligraphie volontairement maladroite et en outre avec un pâté ! On a bien l'idée de deux mondes différents.

L'histoire se termine très mal par la mort de Bidouille, renversé par une voiture, du moins le croit-on, tandis que Violette part en vacances sans l'avoir revu. Mais en fait, selon Hislaire, il aurait dû y avoir une suite. Au dos du dernier volume, il annonçait le titre du suivant Mordre au travers. Ce volume n'a pas vu le jour, sans doute parce qu'Hislaire devenu ensuite Yslaire et bien d'autres personnages avait envie de passer à d'autres histoires où il pourrait faire vieillir ses personnages, toujours à travers une forme de tragédie. J'avoue que j'aime moins le Hislaire deuxième période que je trouve un peu mégalomane et narcissique (mais c'est un défaut fort répandu dans la BD). Je ne sais pas s'il avait vraiment envie de poursuivre cette histoire qui finissait par tourner en rond et qui se serait conclue de manière trop prosaïque si elle avait été heureuse. La mayonnaise avait pris, mais Hislaire avait décidé aussi de renoncer au monde de Bidouille* et c'est pourquoi il le tue tout en laissant planer le doute sur sa vraie fin. L'ensemble, plus des inédits en album, sera republié en album avec comme sous-titre Chronique mélancomique d'un premier amour. Je ne sais s'il a imité Bernard Haller ou l'inverse, mais cela convient bien à l'ensemble.

* Bidouille évoque bien sûr l'astuce et la bricole, mais encore d'autres notions péjoratives comme l'andouille, la niguedouille, le couillon. En sacrifiant Bidouille, le fils du fritier, Hislaire entend se consacrer à l'Art avec un grand A, sans aucune compromission avec la cuisine aux odeurs d'huile rance comme il le faisait dans ses premiers récits. L'album la Reine des glaces annonce déjà ce qui sera la saga des Sambre, même si cela reste encore un peu fleur bleue.


lundi, 26 avril 2010

Violente Violette

tendreviolette.jpgIl existe deux grands auteurs de BD belges qui tout en étant francophones n'ont renoncé à rien : François Walthéry et Jean-Claude Servais. Les autres auteurs sont belges, carolos, namurois, bruxellois, anversois, et à l'envers de soi, ou je ne sais trop quoi. Il est l'un des rares auteurs à avoir voulu que son oeuvre soit édité dans le parler de ses ancêtres, le lorrain gaumais. Je pense que vous ne connaissez pas du tout la Gaume, cette étroite bande de territoire le long du duché de Luxembourg. C'est l'autre Lorraine, celle qui ne figure pas sur vos cartes.

La Gaume est un pays de frontières et Servais l'illustre dans sa série des Seins de café. La contrebande était fréquente dans ces terres frontalières et j'en ai eu des preuves lorsque j'ai retrouvé des pièces belges dans une cache de la ferme familiale. Mais la frontière n'est pas seulement physique, elle peut être ésotérique et cela s'était illustré par les premiers volumes que j'avais découvert de lui Iriacynthe, Isabelle, la Tchalette. Un univers qui mélangeait la sorcellerie ou la magie et puis les réalités les plus triviales.

Le point essentiel de l'oeuvre de Servais me semble être la place de la femme. Il n'a jamais ou presque composé de récits dont une femme ne serait pas l'héroïne principale. C'est un auteur à femmes et il faut avouer que toutes ses héroïnes sont très belles et sensuelles, sauf bien sûr quelques vieilles femmes un peu sorcières (mais on soupçonne qu'elles étaient belles dans leur jeunesse et que les jolies jeunes filles pourront devenir comme elles). En tout cas, la femme est l'objet principal de l'attention de Servais : qu'elle soit contrebandière, espionne, châtelaine, nymphe, fille d'usine, de cuisine, de ferme ou de ménage. Je connais peu de dessinateurs qui aient consacré autant de pages à dessiner des femmes sous leurs aspects les plus humbles. Je ne connais d'ailleurs pas de dessinateur franco-belge qui ait autant refusé de mettre en avant des héros masculins. Cela en fait-il un auteur féministe ? Oui et non.

L'idée que je veux mettre en avant, c'est que face à une érotisation de la bande dessinée durant les années 70-80, Servais a choisi de jouer sur la frontière : il va nous présenter des héroïnes aux formes pulpeuses et aguicheuses (on voit très bien dans la couverture que la tendre Violette ne porte aucun sous-vêtement), mais ce sera aussi pour nous parler de choses plus choquantes comme le statut de fille-mère à une époque où c'était mal venu ou bien les relations avec l'occupant germanique ou encore les rapports entre le dominant seigneur et le dominé. Comment survivre dans un monde dont on ne possède pas toutes les règles ? L'érotisation a été une époque subvertie par l'auteur qui a pu se renouveler. Une autre frontière est celle de l'époque des faits, bien entendu entre le XIX et le XXe s., entre la Première Guerre mondiale et l'Après-Guerre, juste au moment où toutes les frontières changent.

Maintenant, venons-en à la couverture. Le dessin et le titre de la série agissent comme si c'était une antiphrase. La tendre Violette boit au goulot une bouteille de vin de Moselle et elle tient par les oreilles un lapin qu'elle va placer dans son carnier avant de le faire rôtir. Tendre ? Vraiment ? Elle a des moeurs un peu rudes et surtout légères qui font qu'elle a mauvaise réputation dans son village (c'est une fille enceinte dans le premier volume). Vraiment, on ne se souhaite pas de rencontrer des jeunes filles au langage aussi rude. L'inconscient peut nous dicter que le Julien serait le lapin aux grandes oreilles. Bref, est-ce qu'elle peut faire vraiment envie malgré le paysage de fleurs et d'herbes dans lequel elle se promène ? J'ai un peu de mal à la décider. C'est une héroïne forte en gueule, ce qui est rare, mais en même temps très ambiguë. Sa seule idée est la survie ou celle de ceux qu'elle aime et en fait on est encore dans la tradition du feuilleton où il faut continuer semaine après semaine.  

dimanche, 25 avril 2010

Eléments de langage : la vidéoprotection

Parmi les éléments de langage utilisés par l'UMP et ses alliés figure le terme vidéoprotection. Cette expression se retrouve dans le projet de loi LOPPSI qui est ainsi épinglé par la Commision nationale consultative des Droits de l'Homme.

"Le glissement sémantique entre vidéosurveillance et vidéoprotection trahit bien l’embarras du législateur pour justifier de la mise en place de systèmes particulièrement onéreux et dont l’efficacité ne fait pas l’unanimité".

Lorsque l'on examine la presse en ligne, on constate 2 180 références à la vidéosurveillance et seulement 164 références à la vidéoprotection. Bien plus, cette dernière expression ne commence à apparaître dans des articles de presse que lorsque le ministre de l'Intérieur a énoncé les mesures qu'il compte prendre en matière de sécurité publique fin mars. Parmi, les personnes qui parlent le plus de vidéoprotection, on trouve au premier plan Brice Hortefeux avec une vingtaine d'occurrences. Mais le terme était déjà dans les tuyaux depuis plus longtemps, il figure par exemple dans une note du 5 mars du comité interministériel de prévention de la délinquance. Il s'agit donc bien d'un terme politique venu d'en haut, de l'échelon gouvernemental, parfois repris sur le terrain, souvent répété par les porte-paroles UMP afin de bien enfoncer le clou de ce nouveau dogme.

Quelle différence entre vidéosurveillance et vidéoprotection ? La première apparaît comme intrusive, s'attaquant aux libertés individuelles et au respect de la vie privée lorsque cela se produit sur la voie publique. Voire à l'intimité des personnes. Les dérapages de la vidéosurveillance font qu'elle est l'objet d'une défiance ou d'un rejet. Les individus se sentent alors espionnés par un Etat plus ou moins totalitaire. Pour rassurer l'électorat, on change de logique et on insiste sur la protection qui vise à la fois les personnes et les biens. Il s'agit d'impliquer les personnes qui seront vidéosurveillées dans l'acceptation de cette protection encombrante, inefficace et ruineuse. Il existe un public déjà convaincu par l'utilité des caméras de surveillance dans ses boutiques, ses entreprises, ses habitations, mais cela ne suffit pas. Il faut obtenir l'adhésion d'un plus grand nombre de personnes susceptibles de changer d'opinion si la solution est présentée de manière positive, comme un avantage supplémentaire pour elles et non plus comme si elles étaient toutes par avance des délinquants en puissance qui doivent être dissuadés de mal se conduire.

L'apparente neutralité de l'expression vidéoprotection est une illusion. Il s'agit bien aussi de surveillance et de contrôle de la population, même si cela se fait le plus souvent a posteriori faute de moyens humains derrière les écrans de veille. Je rappelle que cela se produit alors que les effectifs de la police et de la gendarmerie sont appelés à être réduits, comme dans les autres ministères. Mais surtout ce qui importe n'est pas une meilleure rentabilité ou une sécurité renforcée ou d'entrer dans une nouvelle modernité, il s'agit d'un projet purement idéologique : obtenir la soumission volontaire des individus à leur servitude. En utilisant le mot protection, les personnes passent du statut de possibles délinquants à celui de possibles victimes : c'est pour vous protéger contre les autres (ensemble fort vague) tous méchants que l'on agit ainsi, pas pour vous accuser et vous devez nous remercier de prendre autant soin de vous. La coercition voulue est d'abord celle des esprits qui pourraient penser un peu différemment.

vendredi, 23 avril 2010

Qu'est-ce qu'être politiquement incorrect ?

L'affaire du drapeau national outragé me fait rire, tellement elle montre de tartufferies.

De quoi parle-t-on  ? D'un prix décerné par la Fnac, propriété de monsieur Pinault-Printemps-Redoute, pour récompenser une oeuvre photographique dite politiquement incorrecte. Le politiquement incorrect se porte très bien aujourd'hui, c'est une valeur positive selon nos grands penseurs qui se disent iconoclastes.

Vilipender les bougnoules Arabo-musulmans qui ne veulent pas manger de porc, c'est bien ! C'est politiquement incorrect.

Accuser les youpins juifs (de préférence new-yorkais) de tous les complots possibles de la Terre, voire de la naissance de l'esclavage, c'est excellent. Cela s'oppose à la Pensée Unique.

Dire que la place des putes femmes est à la maison pour respecter la loi du Kinder-Kirsche-Küsche, c'est parfait ! Elles brisent sinon les pulsions naturelles de l'homme conçu comme le sommet de la création.

Se taper des prostituées mineures ou des wannabe actrices tout aussi mineures en les sodomisant, mais mon pauvre ! que venez-vous faire avec votre morale d'un autre âge ?

Faire payer aux pauvres les dettes des riches ? Mais quoi de plus normal puisqu'ils sont les plus nombreux et qu'on serait encore plus pauvres si les riches partaient ailleurs !

Tuer des sauvages Afghans, des Irakiens, des Ivoiriens afin de sécuriser leur zone de survie précaire, cela c'est vraiment de la pensée qui va contre les idées reçues.

Supprimer le plus grand nombre de feignants fonctionnaires afin de rendre le meilleur service à la population en exigeant plus de productivité, mais c'est s'attaquer aux tabous qui nous sclérosent depuis tant d'années.

Le port d'armes sans autorisation, je suis pour ! Cela fera des économies à la police et nous évitera de payer des impôts afin de financer les prisons où les salopards détenus ne sont d'ailleurs jamais en voie de réinsértion.

Consommer ou revendre de la cocaïne, mais c'est parfaitement normal et pourquoi venez-vous m'ennuyer avec des questions aussi bêtes ?

Et ainsi de suite...

Le politiquement incorrect a été l'excuse systématique des éditocrates et de certains pseudo-humoristes afin de faire avaler des idées puantes : je ne suis pas compris, je me suis attaqué au politiquement correct, je suis victime d'une forme de caballe, mes propos ont été déformés, je m'en prends aux vaches sacrées, je ne suis pas dans la ligne de ceux qui dominent l'opinion, et ainsi de suite. Toutes ces excuses vaseuses pour justifier des propos profondément réactionnaires, misogynes, phallocrates homophobes, racistes, anti-handicapés, anti-pauvres, anti-fonctionnaires, ploutocrates, on les a tous entendus avec à chaque fois la justification : je suis politiquement incorrect et donc je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas, je suis contre la Pensée Unique qui est encore pire que le pire des stalinismes. Bref, toutes les exactions sont possibles dès lors que vous déclarez que vous êtes politiquement incorrect et surtout grassement rétribué par un organe de presse pour l'affirmer.

Mais que l'on s'attaque au symbole national du drapeau tricolore, ce sont des cris d'orfraie. Comment peut-on récompenser une oeuvre politiquement incorrecte ? Ah bon ? Il existe donc encore vraiment un autre politiquement incorrect, celui qui consiste à conchier la bannière de notre si beau pays en guerre dans des pays qui ne lui ont pas fait de mal avant ? Ce n'est pas exactement le politiquement incorrect tant vanté par Christophe Barbier, Jean-Michel Aphatie, Bernard-Henri Lévy, Alain Duhamel, Alain-Gérard Slama, Franz-Olivier Giesbert, Eric Zemmour, et j'en passe et des pires...

Le politiquement incorrect consiste-t-il à se mettre au garde-à-vous, le petit doigt sur le ceinturon, et à clamer "Oui, Chef !" en voyant monter les couleurs ? C'est pourtant ce que nous ont vendu pendant des années des éditocrates et puis voilà que vient un politiquement incorrect qui ne peut que les choquer. Pourtant, il est aussi ancien que le patriotisme et il me semble que quelques poèmes d'Aragon (durant sa période surréaliste d'avant-guerre) pourraient tomber sous le coup d'une future loi, il y a aussi d'autres délinquants notoires comme les dénommés Arthur Rimbaud, Remi de Gourmont, Georges Darien, Benjamin Péret ou André Breton qui ont écrit des phrases conspuant l'armée française et le drapeau national. Mais on va nous dire qu'ils n'étaient pas politiquement incorrects, c'était juste des auteurs d'un délit (qui était déjà sanctionné par la loi, mais on va réinventer une loi pour dire que l'on agit). En revanche, on peut admettre qu'il y ait un politiquement incorrect fort acceptable par les autorités, du moment où l'éditocrate ne s'en prend jamais aux plus puissants et à leurs symboles, mais au contraire à tous les plus faibles.

Vous voulez être politiquement incorrect ? Vous pouvez l'être, mais à condition d'être d'abord politiquement correct envers le régime en place. Surtout s'il vénère l'armée, la gendarmerie, la police, et toutes ces choses...

A la source du fleuve

Simondufleuve.jpgDurant le début des années septante, on vit fleurir les séries post-atomiques : Crespin, Montellier, Mézières, Druillet, Pichard, Gillon, tous les auteurs réalistes ou presque donnèrent dans ce genre. Et un auteur s'illustra surtout : Claude Auclair.

D'autres prirent la relève durant les années octante : Gine et Convard, Chantal De Spiegeleer, Hermann.
Le genre n'est pas spécifiquement franco-belge, il avait été inauguré par un Italien comme Buzzelli ou par les Etatsuniens Corben et Bode qui publiaient surtout dans une presse alternative. Mais c'est en Belgique et donc aussi en France que le genre a connu son plus grand développement envers le grand public.

Pourquoi cette ferveur post-apocalyptique au même moment ? On peut y voir la présence d'une prise de conscience écologiste lors de la première implantation d'une centrale nucléaire, à cause des essais français dans le Pacifique, à cause d'une série d'épisodes de catastrophes industrielles comme Seveso. Certes. Les premiers récits post-atomiques sont très politisés et mettent en cause explictitement un Etat plus ou moins totalitaire, un lobby militaro-industriel qui prend le pouvoir et c'est particulièrement évident chez Auclair notamment dans Cité NW n°3 ou dans les épisodes de Jason Muller, sa série précédente.

Même si j'estime que cette toile de fond idéologique existe, je crois qu'elle est insuffisante pour expliquer  l'engouement pour ce nouveau genre que ce soit en littérature, dans la BD ou le cinéma. Je veux plutôt croire à une crise profonde des grands récits d'aventure. Jusqu'alors les chevaliers chevaleraient dans un Moyen-Âge très très vague et dans des décors ou des costumes qui brassaient mille ans (c''est un peu la situation de Prince Vaillant, de Chevalier Ardent, du Chevalier Blanc), les cow-boys cowboyttaient dans un western de pacotille totalement intemporel (essayez donc de dater les histoires de Jerry Spring ou de Loup Blanc), les astronautes astronautaient contre des extraterrestres ou des savants fous (les Pionniers de l'Espérance ou l'Epervier bleu sont assez symboliques), les hommes préhistoriques préhistoriquaient, et tout était dans le meilleur des mondes. On ne se souciait pas du tout de la vraisemblance des histoires ou bien de la cohérence d'une autre forme d'histoire. Bref, tout le monde feuilletonnait à la petite semaine sans se poser la question de faire une oeuvre.

Cela change brutalement durant les années soixante. Les lecteurs donnent leur avis, notent, remarquent des erreurs, anticipent la suite, font des suggestions. Cela touche à mon avis plus le récit d'aventures réalistes que les épisodes humoristiques. Une première tendance sera de visser plus la vraisemblance et l'historicité, avec force documentation à l'appui. Cela s'illustre particulièrement dans Alix ou dans Blueberry qui au prix de bien des contorsions scénaristiques parviendront à faire un peu croire à une chronologie rigoureuse. Mais il existe une deuxième tendance qui va se diriger vers l'imaginaire pur. Puisque le récit d'aventure typé (western, cape et d'épée, SF, piraterie, antiquités diverses) est mort, autant brasser les genres. C'est ce qui se passe avec Auclair. Il commence par un western écolo et pro-indien (la Saga du Grizzli en 1971). Il publie entretemps quatre épisodes de Jason Muller, sa première série post-apocalyptique, dans Pilote avant d'être refusé par Goscinny.

Le principe du récit post-atomique permet de représenter des lieux réels et contemporains tout en s'affranchissant des contraintes du réalisme absolu puisque tout ou presque a été détruit, ainsi Chartres peut être montrée tout en ne l'étant pas dans les Pélerins et on peut faire croire à un décor ou une vie du Moyen Âge. Il permet aussi de mettre en scène des communautés qui n'existent qu'à l'état potentiel dans notre monde. Il se déroule selon le principe du road-movie qui autorise de passer d'un lieu à un autre, sans chercher à créer un itinéraire réaliste, mais en prenant des paysages à droite et à gauche. Bref, le récit post-atomique est au croisement de divers genres précédents : le western, le récit de chevalerie, un peu de SF et surtout de l'épopée. Le tout n'est pas éloigné de l'heroïc-fantasy, mais c'est avant tout un bricolage pour sortir des genres antérieurs tout en conservant leurs procédés.

Examinons à présent la couverture. Simon du Fleuve court au premier plan. Son nom vient du récit qui avait été publié dans Tintin (éditions belge et française) La Ballade de Cheveu Rouge. Il était le personnage qui remontait le cours d'une rivière, ce qui est déjà largement symbolique. Ce premier épisode est resté longtemps inédit en album (il a été republié dans la Dame en noir, chez P&T en 1999). Pourquoi ? Auclair s'était inspiré du Chant du monde de Giono et la fille de Giono avait ensuite interdit toute publication de ce qu'elle estimait être un plagiat. Le premier épisode publié en album est donc l'épisode deux, mais il porte le numéro un. Le nom n'est pas expliqué dans cet album. Qui plus, cette histoire n'a pas été prépubliée dans Tintin édition française, tout comme la suivante, mais elle est parue dans les éditions belges alors que l'auteur a eu du succès surtout en France. Cela tient à un changement de l'équipe de direction de Tintin France à l'époque. On voit donc que la situation est passablement embrouillée, mais il y a plus.

Quand on regarde le visage du personnage, on ne peut que lui trouver un air de ressemblance avec Robert Redford dans Jeremiah Johnson, le film qui créa une sorte de nouveau western plus proche de la nature et des grands espaces. Le film est bien passé par là, il date de 1972, la série commence en 1973. Cependant, le personnage est aussi l'héritier de Jason Muller (1970-1972) qu'Auclair n'avait plus le droit d'utiiser puisqu'il était passé à la concurrence. Dans Cité NW n°3, Auclair fait se rencontrer le vieux Jason devenu Tête-Fêlée avec Simon. Mais qui était Jason Muller au départ ? Un avatar du Lieutenant Blueberry ! Le premier scénario écrit par Giraud - l'auteur de Blueberry - nous présente un pilote d'avion un peu casse-cou, indiscipliné, mais qui revient toujours à la base pour être ensuite brimé quand il a cassé un appareil. C'est presque la réédition de la première apparition de Blueberry dans Fort-Navajo. Auclair reprend le même personnage (sa carrure, sa chevelure, sa barbe) et il transforme le déserteur de l'armée en déserteur d'une cité. Là, on touche à l'idéologie même d'Auclair : ruraliste, anti-urbaine. La ville est chez lui la forme du Mal absolu et elle est forcément le lieu d'un régime totalitaire dirigé par l'armée ou le champ d'action de bandes de pillards.

On trouve l'hésitation entre les différents genres dans la couverture qui nous présente des cavaliers d'allure plus ou moins mongole dans un paysage de neige qui pourrait nous faire songer à l'Asie et puis des lassos qui renvoient au western. Mais par la suite, on découvre que la série se déroule en fait en France. La dimension épique est évoquée par le titre : les Centaures en question cheminent à cheval, mais Simon utilisera lui aussi le cheval dans les épisodes suivants et dans son univers ce n'est pas un moyen de locomotion extraordinaire. Le mot clan est aussi important : en fait, tout repose sur des rencontres entre des communautés séparées avec des règles distinctes. Le titre du premier album est programmatique, même si l'auteur n'a aucune idée précise de la suite à donner. Il ne s'agit pas du tout d'un monde créé de toutes pièces ou reconstitué, mais d'une sorte de bricolages successifs afin d'échapper aux conventions tout en les maintenant.   


jeudi, 22 avril 2010

L'article de notoriété dans Spirou

spirou-panique.jpgC'est une toute petite différence de dénomination de série. Spirou est un produit Dupuis qui est décliné de plusieurs manières. Il y a une série classique (celle où se sont illustrés Jijé, Franquin ou Fournier) avec une numérotation plus ou moins suivie. Une sorte de préquelle avec le Petit Spirou de Tome et Janry. Et puis il y a depuis quelques années des albums parallèles confiés à une équipe ou un dessinateur pour un seul album (des one-shots comme on dit dans le milieu). Les résultats de cette dernière version sont assez inégaux, même si tout le monde s'accorde à dire que l'album d'Emile Bravo, le Journal d'un ingénu, est incontestablement la bonne surprise de cette nouvelle version. Jusqu'à présent, cette série parallèle se nommait Une aventure de Spirou... par... Il s'agit d'une plus ou moins libre adaptation faite par un auteur réputé et chacun tente de se raccorder plus ou moins bien à la série mère.  

Et là patatras ! Cela devient au tome 6 : Le Spirou de Parme et Trondheim. Je passe sur la qualité graphique et scénaristique du volume (je n'en pense pas du bien, mais ce n'est pas le sujet). Je savais que le tome 9 de Lapinot, l'Accélérateur atomique*, provenait d'un scénario de reprise de Spirou refusé par Dupuis. Trondheim a fait partie comme Yann (qui a lui commencé une suite pour Chaland et terminé Coeurs d'acier, sous-scénarisé le Tombeau des Champignac pour Tarrin et scénarisé vraiment le Môme Vert-de-Gris pour Schwartz) des postulants à la reprise du personnage. J'aime bien Trondheim, mais je me demande s'il aurait dû accepter ce principe de la starification établi depuis qu'il a été grand prix d'Angoulème, président du jury l'année suivante et faux nègre de Boulet selon le mauvais journaliste du Monde spécialiste de BD : ce n'est plus du Spirou, c'est du Trondheim. Comme s'il devait donner sa seule version, on emploie l'article de notoriété : c'est le Spirou et pas n'importe lequel. Celui qu'il fallait découvrir et qui n'avait jamais été lu. Il n'en fait qu'un et c'est celui-là. Je pense que Franquin ou Fournier auraient été plus modestes à sa place.

* Dans la bibliographie en page 2, il est étonnant que tous les livres ou presque de Parme soient cités, mais que seul l'Accélérateur atomique de Trondheim, Le Spirou qui a dû être recyclé en Lapinot, soit mentionné. Comme si c'était une revanche pour le volume refusé.

mercredi, 21 avril 2010

Sviedinys

— [Elle] devient présidente d'Action contre la Femme. La Voix du Nord, 28 mars.

— Ces rébus sont déposés anarchiquement sur les trottoirs. Corse-Matin, 12 avril.

— Les patrouilles terrestres vers Plouay et Pont-Scorff ont été veines. Ouest-France, 8 avril.

— L'anglais Malcolm McLaren est décédé dans une clinique suisse où il était soigné pour un concert. Le Journal du dimanche, 9 avril.

— Julius Lemac est jugé pour avoir agressé une prostituée en 2004. La Dépêche du Midi, 9 avril.

— La majorité rejette toute proposition tendant à pressuriser les ménages. La Marseillaise, 3 avril.

— Le voici qui [Florent Pagny] apparaît dans un long manteau de cuir noir sur un snakeboard. Nice-Matin, 1er avril.

— Voilà quatre ans que je circule avec cet alambic à vapeur, je n'alimente qu'en bois, je trouve que c'est plus sein. La République de Seine-et-Marne, 5 avril.

Cet établissement est proche d'un quartier sensible mais il ne pause pas de problème. France-Soir, 27 mars.

— Pas de moissonneuse mais une douzaine de copains avec un sceau à la main. Le Progrès, 1er avril.

— L’irruption du volcan islandais, qui depuis jeudi paralyse une grande partie du trafic aérien européen est une catastrophe pour le fret aérien. France-Info.

— Et bien, l’Union européenne, que l’on croit si intégrée, fonctionne exactement comme cela : chacun des vingt-sept Etats membres est resté totalement souverain dans la gestion de son ciel, d’où l’extrême confusion qui règne depuis l’irruption du volcan. Libération, 21 avril.

— Le groupe de villages de vacances a estimé à environ 5 millions d'euros depuis le 15 avril l'impact financier des perturbations causées dans le transport aérien par l'irruption du volcan islandais. Les Echos, 20 avril.

— Air France-KLM recule de 4,70% à 11,85 euros alors que Giovanni Bisignani, le directeur générale de l'Association internationale du transport aérien (Iata), a déclaré ce matin que l'impact économique de l'irruption du volcan islandais sera plus grave pour le transport aérien que celui du 11 septembre 2001. Les Echos, 19 avril.

— AC Ajaccio - Le Havre serait la seule rencontre professionnelle annulée ce week-end en France en raison de l'irruption du volcan islandais Eyjafjöll. L'Equipe, 17 avril.

— L’irruption du volcan et ses conséquences sur le trafic aérien fait craindre au club héraultais ne pas pouvoir récupérer ses internationaux pour la rencontre de Ligue des champions face à Tchekov, jeudi soir. RMC Sports.

— La situation est unique dans l'histoire: le nuage formé par l'irruption du volcan islandais a bloqué les avions au sol pour la quatrième journée consécutive. 24 Heures, 18 avril.

— La situation est unique dans l'histoire: le nuage formé par l'irruption du volcan islandais a bloqué les avions au sol pour la quatrième journée consécutive. Cyberpresse, 18 avril.

— Michael Drieberg est passé par tous les états d’âme depuis que le nuage de cendres – produit par l’irruption du volcan islandais Eyjafjallajökull – se promène dans le ciel européen, provoquant un grounding général dans les aéroports. La Tribune de Genève, 16 avril.

mardi, 20 avril 2010

Les citations des eaux mouvantes

valérian.jpgValérian est une de mes BD mythiques, mais je suis aussi très sceptique au sujet de cette série. Autant j'aime les premiers albums, autant je déteste tout ce qui a suivi les Héros de l'Equinoxe qui était une caricature de la bande dessinée. J'estime qu'il y a eu alors une vraie décadence de la série à ce moment-là par une volonté de démonstration de thèses prophétiques à grand coup de caricatures de régimes politiques. Et puis l'on s'est embarqué dans un paradoxe temporel qui n'en finissait plus et qui est heureusement terminé (ouf !) Le côté très militant primaire de Christin me heurte un peu, je n'aime pas du tout son aspect démonstratif qui prend les lecteurs pour des idiots.

Venons à l'image. Nous avons un titre centré au milieu de buildings et l'image ne changera pas. Ce n'est plus le cas pour le titre dans la nouvelle édition. On passe alors à une figuration plus cinématographique en centrant le titre à droite. Mais ce qui est encore le plus particulier, c'est que le titre de la série devient Valérian et Laureline en 2007. Exit l'agent spatio-temporel, on accepte enfin la co-héroïne comme une part entière de la série.

Un fait étrange dans cet album : à la page 69 de l'intégrale, Valérian et Laureline sont accompagnés par Sun-Rae (dont le nom est assez évocateur pour un certain public fan de free-jazz) et un de ses hommes  qui est un sosie parfait de Johnny Halliday. Ce personnage a été effacé dans l'édition de 1970, dans la version de Pilote ce personnage est incendié par des robots, mais dans l'intégrale on ne voit plus du tout Johnny qui est devenu un tronc d'arbre ! Question ? Pourquoi avoir voulu effacer une agression contre notre Johnny national ? Etait-ce une allusion que l'on a jugé ensuite déplacée ?  


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