dimanche, 28 juin 2009
Flowers for Algernon
Voilà un écrivain dont j'ignorais l'existence :
Il [William Thery] découvre des perles signées Montesquiou, Pierre Louÿs, Algernon ou Swinburne.
Swinburne, j'avais entendu parler de lui et j'ai quelques opuscules avec sa signature dans ma bibliothèque. Mais Algernon, c'est du nouveau. Et que l'on ne me dise pas que Swinburne se prénommait par hasard Algernon ! Il y a longtemps que j'attendais le journal intime d'une souris qui devient d'un coup très intelligente, puis de plus en plus stupide.
19:01 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, presse, média, médias, culture, sf, fantastique
mercredi, 24 juin 2009
Meulsons
- Des fenêtres qui menacent de tomber, des plaintes décollées... la mairie d'Epense a fait son temps. L'Union, 12 juin.
- Lors d'une cérémonie épouvante, le maire Lucien Cévaër a dévoilé hier la plaque. Ouest France, 9 juin.
- Là où le bas blesse, c'est qu'un nombre important de malades hospitalisés se voient délivrer des prescritions médicamenteuses qui tombent dans l'escarcelle de la pharmacie... L'Union, 18 juin. Erreur signalée par Olivier.
09:00 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, presse, média, médias, orthographe
mardi, 23 juin 2009
Ma rencontre de blogueur avec Henri Guaino
Sur le modèle du blogue Les mots ont un sens qui avait interrogé le splendide président sur les sujets du bac en philosophie, j'ai décidé de me livrer moi aussi à un entretien de blogueur avec une sommité politique mais sur les sujets de dissertation en français. Il en va de ma réputation de blogueur influent - puisque l'on ne peut pas être influent sur le ouaibedeuxpointzéro sans parler de politique avec des gens qui sont déjà reçus largement dans les médias traditionnels.
Qui choisir, sinon la plume du magnifique président, dont chacun reconnaît le souffle littéraire à la Péguy ? Vous aurez tous reconnus Henri Guaino, l'homme qui sait admirablement varier et renouveler ses figures de style. L'homme s'imposait par ses vues totalement et suprêmement supérieures au sujet de la nation, de la littérature, du rôle éducatif et de l'histoire. Nous nous sommes donc retrouvés autour d'une choucroute comme chez Nadine Morano, ce plat est fort recommandé pour permettre la digestion de ces idées élevées.
Série ES
Dans quelle mesure le spectateur est-il partie prenante de la représentation théâtrale ?
Vous répondrez en faisant référence aux textes du corpus, aux œuvres étudiées en classe, et à celles que vous avez vues ou lues.
HG : Le spectateur n'a pas seulement des droits, il a d'abord des devoirs ! Devoir de se présenter sans cagoule, ni burqa face à l'acteur grimé. Devoir d'assister à la comédie du pouvoir lors du parlement réuni en congrès. Devoir de se taire quand l'autorité suprême désignée par le peuple souverain s'exprime. Devoir de ne pas se moucher, de ne pas éternuer, de ne pas afficher de défiance ostentatoire, d'éteindre son téléphone portable. Devoir d'être présent à la représentation théâtrale. Devoir de débattre lorsque l'autorité supérieure s'est retirée, mais surtout devoir de ne pas voter et de ne pas mettre en cause la responsabilité de cette autorité. Tout cela est le fondement de la démocratie : il est nécessaire d'être impitoyable envers les moindres signes d'ironie ou de distance qui montreraient que l'on n'adhère pas à la fiction. La liberté du spectateur repose d'abord sur sa nécessaire adhésion au spectacle républicain.
Série L
On emploie parfois l’expression «créer un personnage» au sujet d’un acteur qui endosse le rôle pour la première fois. Selon vous, peut-on dire que c’est l’acteur qui crée le personnage ? Vous répondrez en faisant référence aux textes du corpus, aux œuvres que vous avez vues ou lues, ainsi qu’à celles étudiées en classe.
HG : Certes il y a eu des présidents de la République autrefois, mais aucun n'a vraiment créé le président comme tel. En réalité, il n'y avait pas de présidence du tout, car aucun ne savait faire président. Faire président, c'est s'approprier les gestes symboliques, les propos, les images de tous ses prédecesseurs afin d'être l'incarnation de ce que serait la présidence idéale. Faire président, c'est livrer des discours farcis de citations empruntées à toutes les grandes figures de l'histoire et à tous les courants, sans aucun souci de cohérence idéologique, puisqu'il s'agit de rassembler tout le monde dans un vague tout. Faire président, c'est oser aller à Versailles au lieu de s'enfermer dans les ors de la cour de l'Elysée. Faire président, c'est agir de telle sorte que chacune de ses actions doit éclipser celle de tous ses prédécesseurs et que personne ne puisse dire "la loi existait déjà" ou "c'est une vieille recette qui ne marche pas" ou "ce ne sont que des voeux pieux". Oui, je crois qu'un acteur peut créer le personnage d'un président en effaçant tous ses prédecesseurs qui ne sont que des brouillons imparfaits.
Série technologique
Le monologue, souvent utilisé au théâtre, paraît peu naturel. En prenant appui sur les textes du corpus, sur différentes pièces qui vouss avez pu lire ou voir et en vous référant à divers éléments propres au théâtre (costumes, décor, éclairages, les gestes, la voix etc.), vous vous demanderez si le théâtre est seulement un art de l'artifice et de l'illusion.
HG : Le monologue en fait n'existe pas. Croyez-vous donc que le président ne reprend pas la parole de ses interlocuteurs quand il s'exprime ? Croyez-vous donc qu'il ne fait pas à la fois les questions et les réponses ? Croyez-vous donc qu'il ne paraît pas naturel en jouant tout à la fois le rôle du spectateur, du metteur en scène, du décorateur du témoin, de l'homme de la rue, du procureur, de l'éclairagiste, de l'érudit, du juge, du journaliste, de l'historien, du pompier de service ? Croyez-vous donc qu'il n'est pas capable d'incarner tous ces personnages à la fois dans une sorte de one-man-show ? Croyez-vous donc que lorsque le président lit les mots que j'ai écrits pour lui, il ne soit pas le meilleur garant de la liberté de tous puisqu'en bon républicain social je prends soin d'emprunter des citations ou des expressions à tout et n'importe qui pourvu que cela sonne bien ? Croyez-vous donc que je ne suis pas le réceptacle des paroles de tous les humains ? Comment cela pourrait-il donc être un monologue ?
A la suite de cet entretien, Henri Guaino m'a déclaré qu'il ouvrirait un compte Twitter quand je lui ai expliqué que le système de hashtags # conviendrait admirablement à ses anaphores.
12:01 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, humour, politique, ump, guaino, éducation, enseignement
lundi, 22 juin 2009
Pause cérébrale pour Aillagon
L'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon - actuel président du domaine de Versailles après Albanel - aime étaler sa culture et surtout s'étaler avec des couenneries. Voici ce qu'il écrit dans son blogue à la date du mois dernier.
Au retour de Metz, je m’arrête, avec mes deux compagnons de voyage à Sainte Ménehould. Je leur propose de leur faire goûter un pied de cochon, spécialité locale. Nous nous attablons dans un bistrot. J’y suis reconnu par le député de la circonscription, Benoît (sic) Apparu, qui vient me saluer… Être reconnu à Sainte Ménehould, c’est tout un programme… Il est vrai que nous étions sur la route de Paris et non sur celle de Verdun via Varennes. J’en profite pour rafraîchir la mémoire historique de mes compagnons : la fuite du Roi, l’arrestation, le retour à Paris.
Passons sur le fait que la rencontre totalement fortuite entre deux personnalités du même parti politique dans une sous-préfecture de 5 000 habitants et dix cafés ou restaurants est un peu téléphonée. Mais je vois surtout que s'il a bien enseigné l'histoire, il ne connaît pas du tout la géographie. La route de Sainte-Ménehould à Verdun ne passe nullement par Varennes qui se trouve plus au nord et la route de Verdun dans ce bourg mène bien à Paris : c'est la même. Les chemins pour se rendre à Varennes en revanche sont doubles, par la Haute-Chevauchée ou par les Isletttes - c'est pourquoi Drouet a pu prendre un raccourci et devancer la lourde berline royale. Si le roi Louis XVI est passé à Varennes, c'est parce qu'il voulait se rendre à Montmédy qui se trouve au nord-ouest de Verdun, plus près de la frontière et qu'un passage par Verdun lui aurait fait effectuer un détour considérable. Tout cela sent le billet de blogue lourdement didactique, mais en fait fort confus et convenu. Mais cela fait si bien...
22:36 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, géographie, culture, politique
Interdisons Zorro !
J'ai reçu ce courrier que je retransmets.
Monsieur le Premier ministre, je tiens à dénoncer ce délinquant notoire qui dissimule honteusement son visage durant des manifestations sur la voie publique contre l'ordre établi afin de ne jamais être reconnu. J'ai pris une photo pour vous montrer que l'individu en question est du genre particulièrement violent, vu l'arme qu'il exhibe avec provocation. J'espère que ce signalement vous permettra d'identifier ce dangereux anarchiste, car m'a-t-on dit il aurait une forte influence auprès des jeunes enfants bien trop influençables qui seraient tentés de l'imiter dans ses actions désespérées et absurdes. J'ose espérer que vous interdirez lors des prochains carnavals d'écoles maternelles de tels déguisements qui donnent de funestes idées d'origine même pas française à notre saine jeunesse. J'espère aussi vivement que madame Alliot-Marie ou madame Albanel interdiront fort vite les films, les romans et les bandes dessinées qui donnent un si triste exemple à nos chères têtes blondes, quitte à faire voter une nouvelle loi totalement inutile et inefficace. Il n'est pas admissible de laisser nos enfants être ainsi pervertis et de les voir se transformer en terroristes ferroviaires le long des lignes du TGV. Interdisons donc ces lectures pernicieuses afin de préserver la liberté de penser.
Votre dévoué Jean-Claude, responsable des UMP seniors du Cantal-Atlantique. 
00:06 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, cinéma, bd, littérature
vendredi, 19 juin 2009
La parole conative de notre divin président
Les paroles présidentielles peuvent être expliquées de bien des façons, il est possible de voir la fonction métalinguistique à l'oeuvre comme Olivier qui s'interroge sur les manifestations de sincérité, mais moi après coup, je me suis demandé quel était l'interlocuteur réel de notre divin président :
Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement.
Pourquoi la position du journaliste changerait-elle quelque chose au sens du propos ? Serait-ce une allusion à l'apologue des deux brigands qui entourent le Christ ? Le mauvais bandit était bien sûr à gauche...
Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule.
Là, il interpelle clairement le journaliste, mais il le fait comme si celui-ci était un juge ou un procureur qui avait livré ses arguments à charge.
Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez.
Pourquoi "pas vous" ? Parce qu'il a dit "c'est ridicule" et qu'il a peur que l'on confonde l'attaque sur les soupçons et puis une attaque sur la personne qui pose des questions sur ces soupçons ? Er on glisse vers le public plus général après la prise à partie d'un seul qui ne rapportait pas son opinion.
Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements).
Le journaliste en question n'a que les éléments établis par les juges d'instruction et répercutés par les associations de victimes. Il n'est pas un juge ou un procureur ou un avocat et il ne peut se substituer à eux. Mais on fait comme si l'on se trouvait devant un tribunal.
C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils [sic] enquêtent.
C'est exactement ce que la justice a fait et ce sur quoi le divin président était interrogé. Le journaliste en question n'a pas enquêté afin de détenir une autre vérité que celle détenue par les juges d'instruction dont il relaye les éléments.
Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus.
Première nouvelle que l'absence de secret d'Etat. Notons ici que le vous s'adresse plus au public ici qu'au journaliste.
14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir).
Encore une fois une implication du journaliste à l'aide d'un argument particulièrement tordu, il repose sur l'implication de l'interlocuteur dans ce qu'il aurait dû forcément connaître comme son interlocuteur (puisqu'il doit être assez âgé pour avoir connu cette période). Si lui n'a pas entendu parler de commissions à ce moment-là, donc personne n'a pu en entendre parler. On apprécie le syllogisme.
Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez que j'aille répondre là-dessus."
Et on finit par s'adresser au public en général en feignant de répondre au journaliste.
Que retenir de tout cela ?
1) Le magnifique président tente de déstabiliser ses interlocuteurs en mettant en cause d'abord leur position. C'est une réaction primaire qui devient plus complexe ensuite avec de fausses implications.
2) Il les implique dans la fiction de son récit, même si celui-ci est totalement déconnecté de la réalité (la fable de l'absence de secret d'Etat est particulièrement cocasse et digne d'un ancien régime de l'Est).
3) Il confond le journaliste qui pose des questions légitimes et le juge qui enquête et dont le journaliste reproduit certaines conclusions provisoires. Il faut faire sortir la question du débat en confondant les personnes.
4) Il jongle sans cesse sur les pronoms comme vous (l'interlocuteur et la foule) ou on (lui ou la foule). La fonction conative est extrêmement forte dans cet extrait et je l'ai soulignée. Elle doit s'adresser à la fois au perturbateur et puis à l'audience plus générale
5) Il essaye de se mettre néanmoins l'interlocuteur dans la poche en l'exonérant d'une faute (pas vous) après l'avoir vertement admonesté, tout en pratiquant le système de la douche écossaise.
6) Il finit par une séquence émotion devant laquelle chacun doit s'incliner comme il se doit. On est sommés de se taire.
Mais répondre à des questions de journalistes sur des affaires d'Etat ne signifie pas se livrer à de pénibles effets d'avocat de tribunal correctionnel de sous-préfecture de province en croyant avoir les gros rieurs de son côté.
20:22 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, sarkozy, langue française, droit, justice, politique
mercredi, 17 juin 2009
Anentomes
- Retour au commissariat d'où il est sorti hier avec une convocation pour une composition pénale. La Montagne, 8 juin.
- Va-t-il pour autant laisser son marocain national ? Le Progrès, 9 juin. Au sujet de Brice Hortefeux.
- Le vétérinaire qui l'a occulté estime que l'opération lui permettra d'aller mieux. Le Bien public, 3 juin.
- Les amateurs apprécient les roses anciennes (athée...) Le Dauphiné libéré, 8 juin.
09:49 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, médias, langue française, orthographe
mardi, 16 juin 2009
DSK en futur président
Je dois supposer que la case élection présidentielle avec premier et deuxième tours est totalement superflue pour un homme d'une telle stature morale que DSK :
« Si l'on me demande de quitter Washington pour devenir président, je prends ; si c'est pour être investi par le PS, je viens aussi ; mais si c'est pour disputer une primaire, non merci, j'ai déjà donné... »
Comment un homme que l'on prétend si intelligent et si démocrate peut se révéler aussi stupide et si peu soucieux des institutions ? Il y a là un mystère qui me dépasse, mais comme les fois précédentes il dira qu'on l'a piégé.
23:24 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, dsk, ps
Comment déchiffrer le petit-nègre
Note spéciale à nos amis africains qui ne sont jamais entrés dans l'histoire et qui ne savent pas s'exprimer dans un français aussi correct et soutenu que celui de notre splendide président lorsqu'il lit du Guaino ou qu'il improvise.
En français petit-nègre de sous-développés culturels, on dit : "On ne veut plus de vous, partez !" Voilà qui traduit l'inculture manifeste des Noirs au delà de l'outrage à notre divin président.
En français de France (mère des arts, des armes et des lois), on dit en langage soutenu ceci afin de montrer son lien direct avec le bas peuple en s'exprimant comme est supposé le faire un sous-prolétaire alcoolique ou un marginal sous l'emprise de stupéfiants.
Notons que le Noir, qui est bête par essence (surtout au Gabon), ne sait s'exprimer envers ses supérieurs qu'en employant le vouvoiement lorsqu'il veut montrer son mépris envers ses maîtres naturels. C'est bien la preuve qu'il est incapable d'accéder à la raison, puisque la langue française est d'une logique proprement cartésienne (la preuve en est que Descartes était français). Il montre ainsi sa soumission à la juste mission que s'est fixé notre admirable président puisqu'il respecte encore des formes de politesse et de civilités devenues totalement dérisoires et archaïques pour nos dirigeants français.
Bien entendu, dans cette affaire, ce sont les médias qui sont à l'origine de cette protestation maladroite des Gabonais : ""Ce n'est pas la personne du président qu'on huait (...) c'est l'image qu'on a donnée de ce pays (le Gabon), la nouvelle du décès annoncée de façon prématurée, cela a été très mal ressenti", a ensuite commenté devant des journalistes français l'ambassadeur de France à Libreville Jean-Didier Roisin."
Il est évident que les Gabonais s'en prenaient de manière fort maladroite (ils ne savent pas lire, ni écrire) aux médias de l'ultra-gauche française comme le Point.fr (auxquels ils n'ont pas accès d'ailleurs) qui avaient osé attenter ainsi à la mémoire de l'immense président Bongo, cet humaniste qui a su oeuvrer afin de devenir plus riche que son pays. Il est évident qu'il n'était jamais question de Françafrique, de pillage des ressources de ce pays, d'exploitation par quelques compagnies comme Total, Bouyghes et Bolloré. Mais les Noirs sont bêtes de naissance et par atavisme, bien entendu, et ils ne savent donc pas s'exprimer aussi clairement qu'un représentant du pays de Descartes et d'Elf. Il importe à nous autres occidentaux, détenteurs de valeurs aussi fondamentales que le cours des actions du Cac40, leur apportions enfin la lumière et permettions enfin de replacer leurs propos dans leur sens réel.
17:15 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, sarkozy, omar bongo, françafrique, langue française
lundi, 15 juin 2009
Ma rencontre de blogueur avec Nadine Morano
Comme j'ai décidé de devenir un blogueur influent (invité à la Rébublique des blogs, à Vendredi, Marianne, Le Post, et très bien classé dans Wikio), j'ai décidé de me lancer des entretiens avec des personnalités politiques qui elles-mêmes sont très intéressées pour rencontrer des blogueurs influents qui peuvent les renseigner sur les pensées de la blogoboule influente et des nouveaux réseaux sociaux afin de devenir elles-mêmes des personnalités politiques plus influentes. J'ai donc consacré ma première rencontre à Nadine Morano qui a souvent des propos originaux au sujet d'Internet et qui est désireuse d'un avenir plus brillant.
Le Petit Champignacien illustré : Madame la ministre de la Famille, merci de me recevoir ce soir pour ce souper dans votre salle à manger.
Nadine Morano : Mais pas du tout ! Absolument pas ! Vous n'y êtes pas du tout ! C'est faux ! C'est mensonger ! Vous n'avez pas le droit de vous exprimer ainsi !
LPCI : Mais... je n'ai rien dit de...
NM : Mais pas du tout ! Mais pas du tout ! Vous ne voyez donc pas ce qui est évident ! Vous n'avez donc rien compris ! Je vous reçois pour le dîner, c'est évident puisque l'on est encore loin de minuit. Vous voulez me faire passer pour une gourgandine théâtreuse qui recevrait des hommes fort tard le soir.
LPCI : Pourtant, en Lorraine, et vous êtes une Lorraine, on dit encore le souper pour le repas du soir...
NM : Pas du tout, mais pas du tout ! Absolument pas ! Vous ne dites pas la réalité telle qu'elle est et comme je l'ai observée dans ma famille lorraine. On a toujours dit "dîner" pour le premier repas du soir et "souper" pour le deuxième.
LPCI : Mais... je suis aussi lo...
NM : Pas du tout, mais pas du tout ! Absolument pas ! Jamais de la vie ! Vous inventez des choses qui n'existent pas ! Rien ne me prouve que votre famille était vraiment lorraine et que vous ayez la même autorité que moi pour parler de la Lorraine.
LPCI : Mais dans ma fam...
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas ! Je reconnais là la propension des blogueurs à inventer des rumeurs totalement fausses et à propager les pires histoires à mon sujet.
LPCI : Je vous assure que mes intentions...
NM : Pas du tout, mais pas du tout ! Absolument jamais ! Vous vous trompez totalement ! Vous avez tout faux une fois de plus ! Si vous me prenez pour une gourgandine, sachez que j'ai moi la confiance entière du président de la République, contrairement à des traînées que je ne nommerai pas. Je ne suis pas ministre de la Famille pour rien.
LPCI : Si nous passions au repas afin de ne plus être dans ce rapport conflic..;
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument rien ! Nous allons manger à présent, j'ai fait préparer une bonne choucroute, je suis fort attachée à mon terroir que vous allez découvrir.
LPCI : C'est-à-dire que la choucroute, je la conn...
NM : Pas du tout, pas du tout ! Jamais de la vie ! Je sais que tous les blogueurs ne mangent que des pizzas dans des garages ! Vous n'allez quand même pas m'apprendre mon métier, mais je reste tout à votre écoute.
LPCI : Est-ce que ce ne serait quand même pas un signe chez vous d'une forme de chiraquisme inconscient ? On sait que Jacques Chirac aimait particuliè...
NM : Pas du tout, ah mais pas du tout ! Jamais, jamais, jamais ! Jamais de la vie ! La choucroute est un plat qui a reçu l'assentiment du président de la République (que son nom soit béni) quand Carla Bruni a pris une fourchettée de lard sans la recracher, et elle n'a jamais rien eu à voir avec la période socialo-communiste de l'époque Chirac. Je l'ai pleinement réhabilitée quand j'ai expliqué au magnifique président que les Lorrains dont je suis l'élue la consommait même sous forme de quatre-heures. D'ailleurs, l'une de mes idées quand je serai ministre de l'Education nationale et de la Famille sera d'imposer la consommation d'un plat de choucroute lors des récréations scolaires tout en faisant des exercices sportifs.
LPCI : Donc la choucroute serait tendance.
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas ! Vous délirez ! Vous mentez ! Vous ne comprenez rien ! Elle est tendance.
LPCI : Cette choucroute est déli...
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas ! Vous êtes à côté de la plaque ! Elle est délicieuse.
LPCI : Venons-en aux blogues pensez-vous quelque chose à leur sujet ?
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas !
LPCI : Ah bon ?
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas !
LPCI : Et puis ?
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas !
LPCI : Je vous remercie, madame la Mi...
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas !
LPCI : Au revoir et mes meilleurs resp...
NM : Mais pas du tout, pas du tout ! Absolument pas !
20:56 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, morano, web, internet
samedi, 13 juin 2009
Le pseudo clavier arabe de Google
ساينس d'éسرير ل françأيس أفك لألفابيت أربع،ميس سلة ن ماركه قو بور لألفابيت أنجليس سنس أكون أسكنت.
Voir dans les Googleries. Le français attendra pour être transllttéré, il est rempli de signes bizarres comme les accents ou les cédilles qui déforment tout et qui n'existent pas dans une langue simple comme l'anglais.Le truc amusant, c'est que les mots apparaisssent automatiquement de gauche à droite et se transforment avec la barre d'espace. Je ne suis pas sûr que la transformation de tous les digrammes, trigrammes ou des voyelles soit phonétiquement acceptable.
23:30 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alphabet arabe, langue française
Parti-pris
Le social-traitre Manuel Valls n'en rate pas une dès qu'il y a une sottise à énoncer. Le voici qui déclare au sujet du nom du PS :
Parti renvoie à la lutte d’une classe contre une autre et socialisme renvoie à un projet hérité du XIXe siècle. Ils nous enferment l’un et l’autre dans des conceptions dépassées.
Robert Solé ironise à ce sujet :
Cherchons. D'abord, qu'est-ce qui pourrait remplacer "parti" ? Les mots "union", "mouvement", "rassemblement" ou "front" sont déjà pris. Mieux vaut éviter "milice" ou "phalange", qui rappellent de mauvais souvenirs. "Secte" est exclu. Il reste "club" ou "chapelle", à condition de ne pas être trop nombreux.
Mais enfin...moi, ce qui me surprend le plus c'est que les deux principaux partis des Etats-Unis continuent encore à se nommer Parti républicain et Parti démocrate depuis plus d'un siècle et demi ! Or que je sache ils ne prônent ni l'un ni l'autre la rupture avec le capitalisme, la lutte des classes, la révolution finale ou l'épanouissement de cent mille fleurs. Mais les Etatsuniens sont en fait des communistes et des socialistes qui s'ignorent selon le raisonnement de Valls.
15:38 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, valls
jeudi, 11 juin 2009
Sur la piste des lectures dangereuses
On commence par accepter que des jeunes délinquants apportent des armes dans le sanctuaire que doit être une cour de récréation d'école et voici ce qui se passe. Il est absolument anormal et inadmissible que la presse éducative donne des idées aussi perverses aux enfants. Ce journal gauchiste (dont on voit bien l'idéologie à la couleur rouge de sa manchette, rappelée ensuite par la citrouille qui doit être une allusion maoïste obscure comme toutes les comparaisons maoïstes parce que chinoises) devrait être interdit afin de préserver la pureté candide de nos enfants.

Voici, ce qui se passe ensuite lorsqu'ils ont rejoint la communauté anarcho-autonome de Tarnac ! Les attentats étaient déjà prévus ! Je suis persuadé qu'en fouillant dans la bibliothèque de Julien Coupat ou le grenier de ses parents, on finira bien par trouver des exemplaires de cette publication extrémiste.
Tout cela parce qu'ils ont lu un manuel subversif où l'on apprend à se servir d'un canif afin de fabriquer des bateaux, des maquettes, des arcs, des flèches, des cabanes... Un tel livre devrait être interdit, parce qu'il incite les enfants à tendance délinquante à posséder un instrument meurtrier. On commence par un canif afin de couper du saucisson ou une tomate lors d'un pique-nique, et puis on finit par ridiculiser Michèle Alliot-Marie - crime insupportable.

23:43 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tarnac, disney, bd, politique, éducation, enseignement
mercredi, 10 juin 2009
Mon pied vers l'Aisne
Les cellules communication des conseils généraux se distinguent en général par leur mauvais goût. Celui de l'Aisne s'était déjà illustré par une campagne pour vanter ce département comme territoire anglophone et anglomane avec des jeux de mots stupides et recherchés comme Rock'Aisne Roll ou Fish'Aisne Chips et Bed'Aisne Breakfast. Maintenant, on a affaire à la même opération, sauf que l'on remplace les terminaisons par la lettre N.
- Passez à l'heure méditerrané'N.
- Revivez l'époque mérovingie'N.
- La musique se déchai'N.
La sottise des slogans va de pair avec l'absence de réflexion sur la lecture de la lettre : il n'était pas besoin de redonder dans les deux derniers cas la lettre N par la voyelle e ou par le digramme ai. Mais il fallait conserver des lettres pour que le public imbécile puisse comprendre l'astuce qui consistait à donner l'épellation de la lettre.
Dans l'opération de 2009 par rapport à 2005, on fait comme avant, mais seulement à l'envers puisqu'on emploie cette fois systématiquement le "n abréviatif anglais qui avait été ôté au profit du nom du département. On sait se montrer inventif...
Ce qui tient lieu de slogan général ne vaut guère mieux :
L'attitude Ecocitoy'N, un choix abordable et durable !
Passons sur le mot attitude qui, pour une fois, n'est pas postposé, mais les arguments ne valent pas tripette :
* Moins loin et donc moins de carburant et de carbone.
Moins loin d'où ?
* Des opportunités chaque semaine.
Vous multipliez les occasions de venir dans l'N.
Je croyais qu'en français courant l'anglicisme opportunité se disait occasion.
Nous avons affaire à une opération de marquetingue à coloration écologiste pour être dans la couleur de l'époque (le tout sur fond de déploration culpabilisante et de crise économique) et puis d'anglomanie pour faire branchouille et citoyen du monde. Avec en prime des apostrophes de coiffeur.
13:49 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, marketing, langue française
Clithons
- Sa fille Béatrice partira élever des cheveux en Suisse. L'Indépendant des Pyrénées, 27 mai.
- Messi soulignera le but du chaos un soulier à la main. L'Equipe, 28 mai.
- Il n'est pas sein de laisser ainsi errer nos enfants toute la journée. Le Pays d'Auge, 26 mai.
09:56 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, médias, média, langue française, orthographe
lundi, 08 juin 2009
Pour un Grenelle de la littérature et de la langue
Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et le gaspillage des ressources naturelles de notre sainte mère la Planète, notre divin président a décidé de nommer un comité Odule placé sous le patronage du grand écrivain international Paolo Coelho, mondialement reconnu, afin de voir comment faire en sorte que la littérature et la langue réduisent leur empreinte écologique - puisque la survie de la Planète dépend de tous. Les livres constituent un incroyable gâchis écologique qui détruit des arbres, produit de l'effet de serre à cause de l'encre imprimée et induit des frais de stockage ou de transport trop importants par rapport au bénéfice que l'on serait en droit d'attendre d'eux.
Quelques pistes sont envisagées :
- Etablissement d'un bilan carbone des oeuvres littéraires en fonction de la longueur des phrases, de leur complexité et de leur difficulté de compréhension, de la sophistication ou de la rareté du lexique. Une échelle de 1 à 100 pourrait ainsi être établie (de Francis Mizio ou Marc Lévy à Proust ou Joyce). Une étiquette parfaitement visible en couverture permettrait ainsi de comprendre que Dante ou Shakespeare polluent plus sûrement la Planète que Christine Angot et Camille Laurens. Une taxe sur ce genre d'oeuvres nuisibles pourrait être envisagée (N. B. : Penser à créer des critères adaptés pour que la Princesse de Clèves soit lourdement taxée). Cette sous-commission sera dirigée par Claude Allègre, choisi à la fois pour ses connaissances scientifiques reconnues de tous et sa parfaite maîtrise des langues ou du style.
- Obligation pour les enseignants de lettres et de langue de pratiquer au moins une heure de cours par semaine consacrée exclusivement à l'apprentissage des abréviations et de l'écriture SMS en lieu et place de l'orthographe ou de la grammaire. Une sous-commission présidée par Phil Marso interrogera les différents acteurs de l'Education nationale et leur demandera pourquoi par pur élitisme elles ne luttent pas de manière efficace contre le gaspillage de papier et le poids des sacs d'école. Un bilan carbone de chaque copie d'élève pourrait être établi aussi en fonction de la longueur de ses phrases et de ses textes, il pourrait faire partie de la notation au DNB et au bac de manière à valorieer les élèves attentifs à l'écologie en n'écrivant rien ou presque sur une page.
- Privatisation de toutes les bibliothèques publiques et obligation aux nouveaux prestataires de service de procéder à un recyclage écologique de la matière des ouvrages qui n'auront pas été empruntés depuis cinq ans. Les bibliothèques gaspillent une grande partie de l'énergie nationale afin de conserver dans des conditions idéales des ouvrages que plus personne ne veut lire. Est-il raisonnable de maintenir de tels coûts alors que la Planète va mourir du fait de l'égoïsme de certaines élites ? La sous-commission dirigée par Steevy Boulay, critique littéraire reconnu de tous, interrogera les bibliothécaires et documentalistes au sujet des ouvrages à détruire en premier.
- Suppression progressive des livres imprimés pour mal-voyants qui sont écrits trop gros, avec trop de pages, pour trop peu de public. Chacun sait que les mal-voyants n'existent pas et que ce terme ne relève que d'un politiquement correct à la mode américaine. Une enquête conduite par Gilbert Montagné montrera que les mal-voyants sont soit de vrais voyants, soit des aveugles. Une solution possible (la sous-commission évacue la question oiseuse du braille) serait l'écoute de chansons par téléchargement légal.
En avant, vers un monde plus juste, plus libre, plus responsable et plus conscient de son passé comme de son avenir ! Des matins glorieux nous attendent parmi cent mille fleurs !
19:25 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, sarkozy, écologie, grenelle, langue française, éducation, enseignement, littérature, humour
samedi, 06 juin 2009
Qualités de candidats
J'ai examiné les professions de foi et les bulletins afin de me préparer à l'élection de demain. Les qualités dans les bulletins de vote pour les européennes sont un peu rigolotes quand on les compare.
- Au PS, on n'indique que sa région administrative et son âge. Catherine Trautmann, 58 ans. C'est avec cela que l'on va conquérir les masses travailleuses... L'âge est aussi indiqué pour Europe Ecologie, le NPA, Libertas, le Front national. En revanche on n'indique dans tous les cas le département d'origine que sur la liste des Ecologistes indépendants et celle d'Europe écologie.
- La liste majorité présidentielle n'indique les professions que pour les non-élus et elle ne donne pas les étiquettes (UMP, Nouveau centre, Gauche moderne). Mais DLR agit de même et on peut penser que c'est un trait de droite.
- Au NPA, on n'est pas chômeur ou rmiste ou rsaste ou demandeur d'emplo, mais "privé d'emploi", "informaticienne sans emploi", "travailleur sans emploi". Cela doit être plus proche du langage de la rue.
- A l'UMP, le chef de cabinet d'un président de conseil général et responsable départemental de jeunes pops se cache sous la dénomination "collaborateur d'élu". Soyons vague afin de ne pas faire de vagues. Apparatchik aurait mal sonné.
- Les "mères de famille" abondent à l'extrême droite, chez Libertas, au Front national, alors que l'on évoque d'autres raisons comme "militante pacifiste" au Front de gauche, "associatif" aux Ecologistes indépendants. Au MoDem, on combine les deux formes "mère au foyer, bénévole associatif" (le féminisme a encore du chemin à faire dans ce parti...) Le MoDem est décidément bien centriste et ramasse-tout...
- La prime du ridicule revient, bien entendu, au Front national qui exhibe toutes les breloques de ses militants : "Conseiller régional, Retraité militaire, Croix de guerre, 6 citations, Médaille militaire, Chevalier de la Légion d'Honneur" (on aime énormément les capitales au FN, cela vous distingue tout de suite).
19:57 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française
vendredi, 05 juin 2009
L'oeil était dans le bouillon...
A quoi vous fait songer cette image tirée d'une récente couverture de Charlie-Hebdo ?

A cela ?

Mais Blake est trop ésotérique et il nous renvoie au mystère de l'origine de notre regard sur le monde que nous créons et par lequel nous sommes créés ou détruits d'un regard. Son dieu est dans un oeil qui semble ne pas avoir de face et qui peut être dans un corps plus infini.
A ceci ?

L'oeil de Dieu - qui avait été repris parmi les symboles francs-maçons après toute l'imagerie chrétienne, puisque les premiers francs-maçons devaient affirmer leur foi. D'où cela vient-il ? Pas de ces vers célèbres :
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.
Mais d'une idée bien plus ancienne :
Au maître chantre. Psaume de David. Eternel, tu m'as sondé et tu m'as connu.
Que je sois assis ou debout, tu en as connaissance ; Tu découvres de loin ma pensée,
Tu me vois marcher et me reposer Et tu as une parfaite connaissance de toutes mes voies.
Car la parole n'est pas sur ma langue, Que voici, Eternel, tu connais déjà tout.
Devant, derrière, tu m'enserres, Et tu mets ta main sur moi...
Science trop merveilleuse pour moi ! Et si élevée que je ne puis y atteindre.
Où irais-je loin de ton Esprit Et où fuirais-je loin de ta face ?
Il est plaisant de voir un journal qui se dit laïque reprendre des symboles profondément religieux, même dans la franc-maçonnerie traditionnelle. Peut-être est-ce l'oeil de Hugo exprimant alors la conscience de l'homme criminel plus que le regard d'une puissance supérieure sur son sujet comme dans l'imagerie chrétienne, mais si la forme de l'oeil détaché de tout corps n'appartient plus trop à la culture contemporaine à forte conscience idéologique, elle continue à vivre de manière informelle dans la publicité qui multiplie les détails agrandis sur des parties du corps et la connotation ancienne n'a pas totalement disparu.
Et nous nous trouvons dans cette polysémie : celui qui voit est le juge suprême qui sait tout de l'accusé ou qui est le martyr (étymologiquement le témoin). Il y a là une ambivalence que je ne lèverai pas. L'autre point à relever est le renversement de l'instance d'autorité, car celui qui veut voir tout à travers des caméras, des portiques de sécurité, des logiciels espions, des veilles internet, des contrôles d'identité, des écoutes, des petites délations est désigné comme celui qui peut être jugé. Situation abominable lorsque l'on se veut l'oeil d'un autre et que l'on a abandonné sa propre conscience à celle de l'Un.
20:53 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, art, religion, ump, sarkozy, littérature
jeudi, 04 juin 2009
Pluriels gastronomiques
Sur le modèle de la règle des cuistres pseudo-italianisants qui écrivent un spaghetto, des spaghetti, un canellono, des canellloni, nous vous proposons une extension de cette règle à tous les plats, mets, breuvages d'origine étrangère qui se terminent par -o ou par -i afin de bien marquer leur exotisme et leur caractère étranger à la langue française : ils ne doivent jamais avoir de pluriel en -s.
Italo-japonais : un susho, des sushi.
Ttalo-russe : un zakousko, des zakouski, un pirojko, des pirojki.
Italo-grec : un rako, des raki.
Italo-écossais : un whisko, des whiski.
Italo-suisse : un roesto, des roesti.
Italo-belge : un waterzoo, des waterzoi.
Italo-indien : un poulet colombo, des poulets colombi.
Italo-espagnol : un chorizo, des chorizi.
Nous pouvons étendre la même règle aux noms qui se terminent en _a ou en -e, sur le modèle d'une pizza, des pizze.
Italo-espagnol : une paella, des paelle, une tortilla, des tortille.
Italo-maroco-tunisien : un tajina, des tajine.
Italo-grec : une feta, des fete.
Italo-belge : une caricola, des caricole.
Italo-russe : une solianka, des soliake, une vodka, des vodke.
Ces règles fort intéressantes et utiles prouveront de manière certaine que non seulement vous êtes gastronome et fin oourmet, mais en outre polyglotte accompli et fort ouvert aux autres cultures pourvu qu'elles puissent conserver leur aspect authentique et original. Ce pluriel fonctionnera comme un marqueur social qui vous permettra d'intégrer pleinement une classe cultivée et cosmopolite. En effet, il n'est rien de plus haïssable que la marque de pluriel en -s française, celle-ci n'existe dans aucune autre langue européenne comme on le sait, mais il est bien trop difficile d'apprendre toutes les marques de pluriel possibles alors autant simplifier les choses en inventant le nombre gastronomique sur un modèle simple qui ne devra rien au -s petit-bourgeois des monolingues.
19:54 Publié dans OuGraPo | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ougrapo, oulipo, langues, langue française, cuisine, gastronomie
mercredi, 03 juin 2009
Lumas
- Cérémonie en présence des membres du bureau constitué lors de l'assemblée statuaire. L'Union, 21 mai.
- La sonate au clerc de lune, toujours d'actualité. Le Bien public, 19 mai.
- Un homme, accompagné d'une femme qui, à l'extérieur, faisait le gué. Le Dauphiné libéré, 6 mai. Déjà vu récemment.
- L'autre constance de l'équipe stéphanoise aura été son manque de constance. Le Dauphiné libéré, 18 mai.
- Une délégation de l'Ain a fêté la Légion et Cambronne à Aubagne. Le Progrès de l'Ain, 9 mai.
07:08 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, orthographe
lundi, 01 juin 2009
Hardiment, élançons-nous vers le prix du maire de Champignac !
chiffon rouge agité par la droite
une partie de la gauche fonce à nouveau sous les banderilles
tomber sous le sabre du torero
certitudes de l'âge des tranchées
regagner les abris
enfiler les vieux uniformes
la tunique de Nessus
la violence de l'état de nature
nous élancer hardiment hors des tranchées et des sentiers battus
Personne au PS n'a donc eu le courage de dire à Manuel Valls qu'il s'exprime comme un pied en accumulant les pires poncifs d'une prose digne d'un discours de comices agricoles ? Les métaphores les plus grotesques et rebattues se retrouvent dans son propos ! Ce n'est pas en accumulant les clichés langagiers que l'on devient un tribun populaire. Bientôt, il pourra égaler Raffarin en charabia et phraséologie inepte (le tout pour masquer une idéologie assez peu ragoûtante malgré les contorsions mentales).
14:23 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : valls, sarkozy, ump, ps, politique, langue française
dimanche, 31 mai 2009
Féminisme, mon erreur !
Ben, je ne suis pas si sûr que Mademoiselle, il y a l'Huma et Mediapart depuis deux heures avec son seul mot clé.
Vous connaissez les alertes "Google" ? Vous collez un mot et le grand manitou repère directement, dans la mââsse d'informations, les endroits ou ce mot est cité. Moi j'ai mis "féminisme", autant vous dire que ma boîte mail n'est pas envahie d'alertes.
Mais il faudrait utiliser d'autres mots clés et d'autres sources pour cibler mieux, au lieu de se livrer à un dragage primaire dans la presse imprimée qui est reprise par Google News et pas des autres sources possibles.
20:09 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : féminisme, mlf, google, blog, web, internet
Hybride consumériste : la pizza conçue comme un sandwich
Les déclinaisons du sandwich sont innombrables selon les origines : hamburger, hot-dog, panini, nem, kebab. Le sandwich est un produit universel qui peut être réinventé par tout un chacun à partir d'une idée de base extrêmement simple. Il existe un autre produit universel qui n'a plus rien à voir avec sa forme d'origine : la pizza. Et voilà que je découvre le résultat monstrueux de leur accouplement : le Piz'Wich ou pizza sous forme de sandwich.
Le monde de la restauration rapide est plein d'inventivité ? Pourquoi ? Parce que l'on ne peut pas vendre aux gens quelque chose qu'ils peuvent fabriquer eux-mêmes à moindre coût et selon leur goût sans leur proposer un mode de vie en plus du produit. Cela explique les croisements de formules, les injections de nouveaux aliments toujours plus exotiques, les noms forgés sur la base de présupposés et de préjugés.
Examinons à présent l'argumentaire des marqueticiens de la marquetique (ou les gars de la profession). C'est édifiant de nullité.
Piz'Wich offre les nombreux avantages d'un sandwich (pas d'assiette, pas de couverts). On peut déjà manger une pizza avec ses doigts si l'on est en bonne compagnie ou seul, mais il faut qu'elle soit petite, ce qui est le cas ici (175 grammes, soit le poids d'une mini-pîzza).
Piz'Wich est un vrai produit "Service". Quel produit ne serait pas l'objet d'un service ? Faut-il donc que l'on ait tant en tête l'idée d'un objet alimentaire conçu comme un gadget pour que l'on se croit obligé de dire que non, pas du tout.
Piz'Wich est un produit sans risque. Du début de l'opération (ouverture du sachet) à la livraison au client (remise de l'étui), Piz'Wich n'est jamais au contact des mains...Derrière, on a une idéologie hyper-hygiéniste destinée à évacuer le fait que c'est un objet industriel dont les composants ne sont pas très clairs et pas très sains (quand je lis le descriptif des ingrédients, c'est à hurler) .
Et le meilleur est pour la fin :
Pas de déchets : 1 produit acheté = 1 produit vendu. Ce produit est vendu ici de manière commerçante pour les commerçants qui pourront délivrer des balivernes, il y a au moins un déchet. Le fameux étui ou sachet protecteur qui est justement au coeur de la campagne marquetingue. Mais on peut dire tout et son contraire dans les mêmes pages.
Maintenant, imaginons les nouveaux produits service innovants : la tortilla sandwich, la flammekueche sandwich, la quiche lorraine sandwich, la tourte au maroilles sandwich et autant de produits gastronomiques locaux et si pittoresques qui ne demandent qu'à être réinventés afin d'être funs, djeuns et urbains actifs..
12:38 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : consommation, alimentation, publicité, marketing, pub
samedi, 30 mai 2009
Midi le juste
Euh oui, si l'on veut considérérer que Malaga est aussi bien le sud de la France que de l'Espagne :
Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante.
Pour Picasso, Cézanne devait être un septentrional ou un boréal.
De quoi parle-t-on au juste ?
18:17 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peintre, langue française
Les disciples de Guaino sont des ânes encore plus bardots que lui
L'Oignon mène depuis l'élection d'Adeline Hazan à la mairie de Reims une campagne insidieuse de dénigrement de la nouvelle municipalité de gauche et écologiste qui n'existait pas du tout lorsque l'ancienne municipalité de droite pouvait être mise en cause. Voici un exemple !
Un adjoint un peu gêné qui dit d'abord pour sa défense qu'on ne peut pas mettre un policier derrière chaque tagueur ! Un adjoint qui précise ensuite qu'il ne faut pas toujours s'attacher au nombre de tags, mais à leur surface ! Un adjoint qui signale qu'à Reims l'enlèvement des tags est gratuit, contrairement à d'autres villes. Un adjoint qui au final accepte tout de même de reconnaître qu'il y a un vrai problème que la Ville ne sait pas endiguer et entend régler, non pas en augmentant le nombre de caméras en ville (les tagueurs mettront des cagoules) mais en amorçant le dialogue à destination de ces jeunes (le plus souvent) qui utilisent cette forme d'expression culturelle.
On remarquera d'abord la vigueur de l'anaphore toute guainotienne, une anaphore cela semble donner de la vigueur au propos. Il s'agit de dénoncer avant tout une personne en mettant en relief ses qualités et dans les faits on ne voit que des banalités ensuite alors que le ton de début et de fin de phrase devraient inciter à l'indignation.
Placer un policier derrière chaque tagueur ? Mais la proposition (refusée) est idiote parce qu'on ne sait pas où les tagueurs interviendront, ni qui ils sont. On voudrait donc prévoir les crimes comme dans Minority Report ? Ce serait inconvenant de dire une évidence ?
Mieux, cet article s'attaque à cet adjoint au sujet de la surface des tags alors que le journaliste publie par ailleurs un article sur le même sujet en insistant sur ladite surface qui augmente. On n'est pas à une contradiction près.
Mais ce qui a été voulu a été obtenu, il fallait que l'on place d'abord le message de la vidéo-surveillance dans tous les lieux possibles et puis il fallait absolument dénigrer l'attitude d'un élu sans lui reprocher un seul fait précis, mais juste par l'intonation des phrases. Beaucoup d'anaphores épiques, beaucoup d'exclamations indignées, comme s'il s'agissait d'une affaire totalement infâme et passible de la Haute Cour de justice de la République. Pour aboutir à quoi ? A une nouvelle mise en cause de la nouvelle municipalité de gauche et surtout à l'acceptation des thèses sécuritaires du nouveau régime de notre Conducator qui veut des caméras et des portiques partout.
Si l'on prend le fond, ce n'est pas une attaque contre la municipalité actuelle, mais quand on regarde les constructions de phrases cela devient un pamphlet véhément. Et que l'on ne me dise pas que l'Oignon ne roule pas pour une victoire de l'UMP à Reims en 2013. La route est déjà bien balisée...
17:41 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, politique, ump, sarkozy, guaino
vendredi, 29 mai 2009
Papous sans tête
Sur les 746 langues régionales recensées en Indonésie (contre 147 aux Philippines et 113 en Malaisie), seules 442 sont actuellement "placées" sur la carte officielle des langues de la république d’Indonésie.
Et il est plus que temps de relever leurs caractéristiques : neuf langues en voie d'extinction ont été découvertes à Bornéo dans la Nouvelle-Guinée occidentale ou Papouasie-occidentale ou ex-Irian Jaya (la partie indonésienne* de l'île). Or, la Nouvelle-Guinée offre la plus grande concentration de langues du monde, avec plus de 860 recensées dans sa partie orientale et 250 au moins dans l'occidentale**. D'ici la fin du siècle, la plupart seront mortes, au rythme mondial d'une langue éteinte tous les dix jours.
* Parler de Papouasie est une erreur de traduction, car il existe un pays distinct, la Papouasie-Nouvelle-Guinée sur la même île.
** Ce qui est particulièrement amusant dans ce cas, c'est de voir la délimitation entre deux continents passer au milieu d'une même île du fait des découpages étatiques : l'Indonésie est entièrement en Asie, alors que la Papouasie-Nouvelle-Guinée se trouve en Océanie. Mais enfin, la limite entre l'Europe et l'Asie n'est pas plus claire dans les esprits et on peut douter de l'existence de l'Europe comme continent tout comme de celle de l'Océanie. Les limites sont avant tout politiques et affaire de circonstances, moins de géographie.
18:23 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langues, linguistique, géographie
jeudi, 28 mai 2009
Mélanges journalistiques, littéraires et langagiers
Voici une petite série de brèves (dont l'actualité est déjà un peu altérée) :
Peuples.net nous apprend que la Princesse de Clèves, dénigrée à plusieurs reprises par le magique président, est au programme provisoire du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure de 2010. La première fois que notre Kennedy français en avait parlé, c'était justement à propos d'un concours administratif.
On découvre par Facebook les lectures présidentielles (le Rouge et le Noir, Pierre et Jean, Françoise Sagan), mais lorsque le génie de Neuilly évoque de vive voix son admiration pour Zola, il parle des Rougeon-Macquart. On voit sa familiarité avec cette fresque sociale. Source Bibliobs.
Des journalistes en ligne s'indignent de l'article de Xavier Ternisien au sujet des conditions de travail déplorables dans ces rédactions qui servent de robinets à dépêches à peine récrites ou croisées. D'autres s'interrogent sur l'utilité de l'emploi de l'expression "forçats du Web" qui ne se trouvait pas dans le texte de l'édition papier, mais bien comme titre dans la version du Monde.fr. Eric rappelle qu'Albert Londres avait fait un reportage en 1923 à Cayenne sur les bagnards et forçats, et il y voit un renversement ironique*. Je rappelle en commentaire qu'en 1924 le même Albert Londres faisait un reportage sur le Tour de France et évoquait les "forçats de la route". Si Londres lui-même - ce modèle du grand journalisme - a employé la même analogie dès l'année suivante, c'est qu'il voyait une justification par les conditions de vie et de travail. Quoiqu'outrancière, la métaphore n'est pas déplacée ou incorrecte : elle est juste accrocheuse.
Restons sur le même sujet. Martin Vidberg montre par le dessin comment les journalistes en ligne rédigent leurs papiers : toutes les informations, vraies ou fausses, sont mises au conditionnel - ce qui évite de les vérifier, de les croiser et de les recouper.
Hier, dans son émission sur France-Inter (9h 30-10 h), Colombe Schneck a dénoncé le fait que les suggestions de recherche par Google Search associent des noms propres de journalistes aux mots "juif" ou "homosexuel". Ces suggestions sont faites automatiquement sur la base de recherches antérieures par l'ensemble des utilisateurs de Google. Or, ce genre de colocation (occurrence simultanée de deux mots) ne se produit qu'en France, comme si on voulait voir s'il y a un lobby derrière un journaliste. Pierre Haski s'en fait l'écho. Petite précision, il s'agit d'un module de Google Search : Google Suggest qui apparaît sous la forme d'une petite fenêtre avec un déroulant.
* Ne pas hésiter à ouvrir les liens en commentaire chez Eric pour voir les différentes facettes d'une discussion qui se tient à différents endroits.
15:32 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, sarkozy, littérature, éducation, politique, langue française
mercredi, 27 mai 2009
Achatines
- Disparus pour la France et au chant d'honneur. L'Aisne nouvelle, 9 mai.
- Rethel n'oubliera pas de sitôt sa barbe fleurie et sa voix de centaure. L'Ardennais, 10 mai.
- Son adversaire est champion de France avec 26 combats dont 23 victoires et 19 chaos. Le Pays d'Auge, 15 mai.
- J'ai été obligé de rentrerà pied avec des chaussures qui me faisaient horriblement sourire. Oise Hebdo, 6 mai.
- La thèse de Julie Charles consiste à caractériser des sous-populations de cellules dendritiques de patients atteints de mélomanes. Le Dauphinélibéré, 16 mai.
07:53 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, orthographe
samedi, 23 mai 2009
Inique
Lucky Luke, Ruée sur l'Oklahoma, page 40.
La scène se passe dans une rédaction de journal.
Le croque-mort : Vous n'abusez pas un peu du terme "inique" ? Depuis que vous l'avez découvert dans le dictionnaire, vous l'employez tout le temps...
Coyotte Will (le rédacteur) : C'est un joli mot... De plus, les citoyens ne le comprennent pas... Alors ils lui donnent la signification qu'ils veulent...
Cases suivantes, des pancartes :
Dopey et Lucky Luke sont iniques !
Dopey ! Lucky ! assez inique !
Ce sont toujours les mêmes qui iniquent !
[Coyotte Will me fait songer à un haut personnage de l'Etat que je me garderai bien de nommer...]
17:08 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poltique, ump, sarkozy, bd, bande dessinée, langue française
vendredi, 22 mai 2009
Bon courage !
Simple petit sondage informel : j'ai été étonné de constater ces derniers temps que les gens ne se souhaitent plus "bonne journée" ou "au revoir" ou "à tantôt" en se quittant, mais "bon courage" (quand bien même l'autre ne va pas travailler). Constatez-vous un tel fait autour de vous ? D'où peut bien provenir cette épidémie de "bon courage" dans la France profonde ?
16:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française


