vendredi, 09 mai 2008

Hommage spécial à Pascal Sevran

AFP. Paris. Polémique. L'incommensurable président Nicolas Sarkozy récitera spécialement un poème de Césaire lors de la cérémonie d'hommage à Pascal Sevran en l'église Saint-Louis-en-l'Île. Les héritiers de Pascal Sevran protestent contre la présence des paroles d'un sale poètaillon nègre des colonies qui ne saurait jamais égaler cet illustre écrivain et chanteur au style si subtil et si distingué. Ils accusent le grandiose président de vouloir récupérer le cadavre de ce grand homme qui a tant donné à la France éternelle et de dévoyer les valeurs qu'il avait lui aussi toujours défendues de son côté. Le secrétariat de la présidence a affirmé qu'il était question en tout état de cause d'assurer à Pascal Sevran des obsèques nationales auxquelles assistera le grand homme et un transfert des cendres au Panthéon pour témoigner de l'estime que lui portait notre admirable président pour son soutien lors de la campagne présidentielle, comme cela se faisait sous le temps de Napoléon. L'Elysée a déclaré que le poème de Césaire n'était peut-être pas tout à fait opportun en la circonstance et qu'il valait mieux le remettre à plus tard, en d'autres circonstances...  

Tempête dans un verre de champignac

Je n'avais pas jugé utile d'en parler ici, tellement l'affaire me semble limitée à un simple différend entre amis ou dans la famille proche. et qu'elle a été personnalisée et politisée par ledit maire qui n'en est pas à sa première menace de plainte judiciaire envers des ennemis éventuels ou imaginaires.

Le maire a porté plainte: des commentaires désobligeants sont signés de son nom sur le blog d'une élue.

Il faudrait comprendre que toute personne qui signerait Delanoë ou Gaudin ou Collomb dans un blogue tenu par un Parisien, un Marseillais ou un Lyonnais usurperait l'identité du maire, même si c'est peut-être son vrai nom. Le blogue de l'élue en question est en tout cas introuvable sur la Toile quel que soit le moteur de recherche employé ou les mots clés utilisés, ce qui prouve l'importance de l'affaire. Il faut d'abord avoir communiqué l'adresse à un proche, puis que celui-ci ne se fasse pas passer pour le maire avec qualité ou avec le prénom, mais signe d'un simple pseudo qui puisse laisser planer le doute pour une jeune adulte aux capacités intellectuelles aux capacités fort limitées vu ses déclarations sur les commentaires méchants qu'elle subit selon elle (c'est le bureau des pleurs de Skyrock).

On agite le tout dans une municipalité UMP qui a tendance à pratiquer l'agression comme méthode de négociation et la menace de plainte comme réponse à toute pétition spontanée, et on a le cocktail explosif pour une ville minuscule. Mais comme il ne se passe jamais rien là, il faut faire de temps à autre une grande page dans l'Oignon afin de ne rien dire et de faire parler de soi ! Dans cette histoire de cornecul, on tombera sur une des dix ou vingt personnes que la conseillère municipale a conviées dans son blogue archi-confidentiel, mais le maire se sera fait mousser en déclarant qu'on fait vraiment tout et n'importe quoi sur Internet, pas comme dans la vie réelle... 

Impro-verbes (20)

C'est une suite un peu décousue et sans cohérence autour de Mai-68 et de sa célébration obligatoire. Cela part un peu dans tous les sens et cela tire à tout-va, car je me suis laissé porté par les mots, les sons ou les slogans.
 

Qui trop écoute André Glucksmann

Deviendra tôt un être monomane.

 

Tel se prend pour Cohn-Bendit,

Puis se connaît comme maudit.

 

Comme le dit Dany le rouge,

Il ne faut plus que ça bouge.  

 

Benni Levy, comme béni-oui-oui.

 

L'ange de Jambet nous fait

Une belle enjambée comme méfait. 

 

Alain Geismar, bonjour les dégâts,

Deux Geismar, y en a marre. 

 

Qui a lu Serge July se dit

Aujourd'hui qu'est-ce que je lis ? 

 

Alain Sauvageot, sauvageon mais pas trop.

 

Mai 68 : la police vous parle tous les soirs à 20 heures ;

Mai 2008 : la police vous parle sur LCI à toute heure.

 

La cote du Raymond Aron

Permet des comptes ronds.

 

Sous les pavés des faux révolutionnaires

La place des futurs best-sellers.

 

Un petit pavé dans la gueule

Et on se sent moins seul.   

 

Chez BHL, c'est comme au BHV,

Tout est à acheter et est achevé. 

 

Ne cours plus camarade, ta retraite à taux plein est derrière toi !

De l'indépendance politique de la presse de province

Hervé Chabaud figure parmi les éditorialistes les plus ridicules et emberlificotés de France, ce serait un sujet d'étude rêvé pour Acrimed... De quoi s'indigne-t-il ? Du fait qu'il y ait eu des "fuites" au sujet de la réception offerte par le splendide président aux députés de sa majorité. Des "fuites"... on croirait à une affaire policière ou d'espionnage. Durant cette conférence, le divin président a vilipendé pêle-mêle l'Express, VSD, le Journal du dimanche, le Parisien, l'AFP qui sont tous bien connus pour appartenir à la gauche de la gauche ! Quel crime ont-ils commis ? Ne pas avoir repris tel sondage, ne pas avoir suffisamment parlé d'une affaire vieille de dix ans, ne pas avoir recopié tous les communiqués du porte-parole analphabète Frédéric Lefebvre... Il faudrait les pendre, les étriper, les eviscérer, les brûler à petit feu. Ils formeraient toute son opposition ! Diable... Voilà qui devient grave s'il faut compter sur le JDD ou VSD pour former une gauche plurielle, on a connu plus progressiste. Et notre brave Hervé Chabaud de démontrer que non, il y a une presse issue de la Résistance, la sienne,  qui résiste encore à la tentation de basculer dans l'extrémisme gauchiste des titres cités.

Il accuse donc les députés ayant fait part des déclarations du maginifique président, dans un cadre solennel, d'être de "vilains petits rapporteurs" (mais alors pourquoi alors avoir tenu de tels propos en public sachant qu'ils seraient rapportés ?) Et notre Chabaud de s'interroger sur les dissensions dans la majorité plutôt que sur le rôle de la presse et sur le pouvoir que semble lui accorder ou lui concéder le césarien président ? Tout cela, ce sont des "vacheries", méchancetés", peaux de banane" de la part de "francs-tireurs incontrôlables". Son explication ? "La caricature est violente mais destinée à établir l'image d'un président partisan et colérique qui s'emporte envers les médias." Certes, le jour où le grandiose président s'emportera contre l'Oignon, c'est que les carottes seront cuites pour lui, tellement ce journal est servile. Et cela permet à l'ineffable Chabaud de ne pas faire une seule allusion aux protestations des rédactions ou des sociétés de journalistes des organismes visés par l'ire du jupitérien président. Le problème, c'est de dire qu'il y a un problème, comme en toute bonne logique shadock. Ne parlons surtout pas de contrôle de la presse, les journalistes de l'Oignon sont libres, la preuve : ils n'aborderont pas l'idée que le très puissant président veuille dicter sa loi à la presse et si tel est le cas, ce sera pour laisser entendre qu'il s'agit d'autre chose en fait. Leur indépendance envers le pouvoir est donc sauve. Et c'est ainsi aussi que l'image de notre altier président est aussi sauve sous la plume d'Hervé Chabaud, cet homme qui sait conserver une parfaite neutralité quand d'autres journalistes sont sommés d'obéir aux ordres.   

jeudi, 08 mai 2008

Le Post, ou le calibrage des commentaires

Continuons à taper sur Le Post. Il nous a rapporté de l'audience éphémère, beaucoup de liens, plus d'Authority dans Technoratage, donc il n'y a pas de raisons d'arrêter. Ce sera moins polémique et virulent cette fois, mais avec toujours autant d'interrogations sur cet objet étrange.

Je trouvais déjà le système d'organisation des commentaires passablement confus (pour rester poli) : ordre antéchronologique comme dans les plus mauvais systèmes de forums de journaux tel celui de Libé, absence d'indentation des réponses sauf une seule pour un commentaire, système de pages multiples de réponses à ouvrir (sans doute pour augmenter le nombre de pages vues comme chez Skyblog ou Over-Blog). Cela ne favorise pas du tout la discussion, l'échange. Il ne peut pas y avoir de dialogue suivi avec un tel système pourrave. Chacun publie sa réaction, peut suivre les réactions à ses réactions ou ses billets, ce qui est vraiment très bien et Web 2.0,, mais en même temps cette architecture de commentaires conditionne la nature des réponses. La réponse la plus récente chasse l'ancienne et c'est le dernier qui a parlé qui a raison puisqu'il est en haut de page. Cela aboutit moins à des longs fils polémiques avec des republications des mêmes commentaires tous les quarts d'heure, contrairement à des blogues catastrophiques tel celui d'Aphatie, mais c'est parce qu'une actu plus chaude remplace l'autre et que le commentateur-zappeur-client de pub va voir ailleurs après avoir déposé son message définitif à l'adresse de la planète. On est dans l'écriture jetable.

Cependant, j'ai découvert un autre fait qui m'a troublé : en écrivant une longue réponse (je suis parfois disert, j'aime parfois les digressions comme ici), en écrivant donc cette réaction argumentée, j'ai buté à un moment. Mon pointeur m'a ramené au début du texte. J'essaye de finir une nouvelle fois ma phrase, de nouveau il y avait un obstacle. Je copicolle le tout dans Open Office afin d'avoir les statistiques du texte : moins de 400 mots, mais surtout 2 000 caractères ! La limite était donc là. Pourtant, mon texte était presque fini, il manquait juste la phrase de conclusion. Le commentaire est préformaté pour ne pas dépasser les 2 000 caractères, sinon les autres lecteurs pourraient se lasser ! Une page dactylographié à interligne double, pas plus ! Or, il y a des fois où l'on doit développer, citer des textes un peu longs, écrire en prenant le temps, mais ce n'est pas ce qui est demandé : vous êtes soumis aux mêmes restrictions qu'un vulgaire rédacteur de SMS ! Il faut faire court, parce que ce qui est long est ennuyeux et est zappé ! Cela n'incite guère à la réflexion ou à l'approfondissement des sujets. Et c'est ainsi que les commentateurs se retrouvent dans les conditions des journalistes de la presse traditionnelle qui doivent confectionner un sujet en tant de secondes ou de signes. Alors que l'on prétend que la Toile est un espace sans aucune limitation pour la durée ou la longueur ! 

Je ne veux pas dire qu'il faut commenter longuement de manière obligatoire, une ligne ou un mot suffisent parfois, mais la longueur peut être aussi nécessaire pour être précis ou pour se faire plaisir. En tout cas, cela me semble intéressant au sujet du conditionnement des commentaires. C'est une singularité de plus de ce média, vraiment bizarre.  

      

mercredi, 07 mai 2008

Une question de hiérarchie

Je lis les propos de mon homme politique fétiche, l'inénarrable sage du Poitou-Charente, dans le quotidien de référence de droite :

Pensez-vous toujours qu'il aurait fallu hiérarchiser les réformes ?
Il est vrai que c'est ma conviction. Je reconnais que la démonstration du président sur la simultanéité des réformes est convaincante. Il conserve sa vision de la réforme globale, mais je remarque néanmoins qu'aujourd'hui, des priorités se dessinent pour les mois à venir : le paquet social contrat de travail, retraites, représentativité , la réforme institutionnelle, et l'Europe avec la présidence française. Cette hiérarchie me paraît nécessaire.

On résume pour les mal-comprenants. L'absence de hiérarchie voulue par le magnifique président est "convaincante". Il faudrait donc la poursuivre ? Mais pas du tout ! Une hiérarchie s'impose (c'est le mot par lequel le grand sage veut faire entendre sa différence et surtout sa sagesse). Et à quoi assiste-t-on en lisant cette hiérarchie ? A une liste sans ordre, dans le plus pur style verbal, avec des mots comme des slogans mais qui ne disent pas les contenus et puis une sorte de mélange invraisemblable de tous les problèmes parce qu'on voit mal ce que vient faire "contrat de travail" en complément de "paquet social" (sorti d'on ne sait quelle officine de réflexion). Si cela s'appelle hiérarchiser, je veux bien me faire appeler Dalaï-Lama ! C'est juste un catalogue sans ordre, sans cohérence, sans contenu, sans méthode.  Cela n'a aucun sens, sauf celui de vouloir encore faire croire qu'il existe. Bref, tout et son contraire, tout en restant le plus dans les brumes. 

La phase visuelle

Dans ma feuille de chou régionale (laquelle s'obstine à ne pas publier en ligne ses articles les plus rigolos), cette phrase retient mon attention : "A compter du début de la semaine prochaine, les travaux de démolition du collège Jacques-Prévert vont entrer dans une phase visuelle pour les riverains, après quatre semaines de préparation du chantier."

Qu'est-ce que veut dire ce charabia ? Que les travaux seront visibles de la rue et qu'ils ne seront plus effectués seulement à l'intérieur des bâtiments, bref que l'on va démolir les murs extérieurs. Mais il est toujours bon d'employer de grands mots pompeux pour dire des choses fort  simples. 

Pitars

- Césaire a ainsi réuni autour de son cercueil un impressionnant aéropage politique. Midi libre, 21 avril. Cette erreur au sujet de la colline d'Arès est fréquente.

- Pour mieux vendre du blé et des Airbus à nos amis chinois, (Raffarin) n'avait pas craint de traverser le territoire infesté par une épidémie de strass. Sud-Ouest, 26 avril.

- Les grues poussent comme des petits pains. Corse matin, 27 avril.

- Une légende du music-hall sera sur la scène du Mac-Nab le jeudi 24 avril à 20 h 30 : Philippe Clay. L'information agricole du Cher, 18 avril. (Pour comprendre il faut savoir que Philippe Clay se produit désormais dans un autre monde depuis le 13 décembre dernier. Cela me rappelle l'histoire du membre de l'état-major de Ségolène qui voulait inviter James Tobin durant la campagne présidentielle, ou celle d'une amie qui voulait demander une conférence à Roland Barthes en 1988...)  

-Epinal. L'autopsie du cadavre d'un homme lardé de 158 coups de couteau n'a pas permis d'exclure l'hypothèse d'un suicide. L'Est républicain, 25 avril.

- Un second molosse avait été capturé par le spécialiste de Chenil Service. Ce dernier sera prochainement euthanasié, indique le parquet de Nancy. Le Républicain lorrain, 15 avril.  

mardi, 06 mai 2008

Refaisons Mai-68 !

Toi aussi, joue à Mai-68, je t'explique ce jeu rigolo et intellectuel. Je vais te dire à toi jeune abruti à coup de MSN et de Nouvelle Star Academy comment apparaître intelligent et machiavélique pour les générations qui vont te suivre.

D'abord, il faut trouver un bon pavé. Il est exclu de prendre un pavé de rue piétonne de centre-ville, ils sont trop fragiles, en matériau faible et cela ne permettra pas d'ériger une barricade ou de le lancer à la figure du méchant CRS. Ce qui compte d'abord, c'est le vrai pavé : celui des bordures de trottoirs, le gros, mastoc, en grès ou granit. Du dur de dur. Avec ça on peut commencer à discuter avec les keufs. Sinon, ce n'est pas la peine.

Puis il faut prévoir les instruments pour desceller les pavés. Prévoir donc des barres à mine, pioches, pelles, marteaux, burrins. Les couteaux suisses ou corses sont déconseillés, ils ne servent à rien, sauf à se retrouver en correctionnelle. Mais une bonne barre à mine permet d'avoir des échanges fructueux aussi avec les jeunes fachos. C'est un outil multifonction... Comment les trouver ? Il faut d'abord piller la cave ou la cabane de jardin de son daron ! Parce que se présenter à Castorama ou Jardiland en disant "Je voudrais une pioche pour faire la révolution", c'est un peu la honte ! Cela dit, prend des précautions si tu te promène en bermuda-tee-shirt dans la rue et sache que tu ne dois jamais utiliser une pioche devant un trotskyste parce que ce serait un casus belli  (le trotskyste n'a jamais été soixante-huitard, sans doute parce que trop de pioches étaient dans les rues...)

Ensuite, il faut savoir quoi faire de son pavé. L'envoyer dans une vitrine, c'est du gâchis, car on sera défini comme un casseur par un méchant juge. Dans la tête d'un méchant CRS, ce serait bien, mais ses collègues taperont encore plus fort. En faire une barricade, c'est une bonne idée, surtout si on sait que lesdites barricades ne résisteront pas vu les moyens et l'architecture urbaine, mais feront appel à la mémoire populaire qui se croira en 1830 ou 1848. Très bon programme publicitaire.

Après, il faut en parler durant quarante ans en disant "j'y étais, moi, mon colon" et puis dénigrer toutes les jeunesses qui ont pu suivre, parce que toutes dépolitisées, contrairement à la seule vraie jeunesse politique ! On brasse tout ça et on arrive aux pavés dans la vitrine qui n'ont pas fracturé la vitre puisqu'ils étaient déjà derrière et qu'ils vendaient les pavés éditoriaux !           

Emigrer (bis)

Un jeu en vogue aujourd'hui dans la blogobulle de gauche : republier ses impressions du 6 mai 2007. Je redonne donc ce billet qui avait comme titre ce jour-là : Emigrer.

Dewinter me fait peur, Harper me fait peur, Blocher me fait peur, et je préfère affronter la peur que je connais. Donc, ni Belgique, ni Canada, ni Suisse, mais la France que j'aime malgré tout.

Je n'ai rien à y changer.  

Vol de la convivialité

Dans ma feuille de chou régionale, je découvre ce chapeau d'article : "Durant les deux prochains week-ends, l'aéro-club Farman-Clément organise à Ecury-sur-Coole des vols d'initiation, pour inciter les amateurs à devenir pilote, ainsi que des vols de convivialité". (Pas de liens, puisque la rédaction de l'Oignon me snobe.)

Ma première réaction est de me dire que le mauvais journaliste de l'Oignon a encore frappé. Mais pas du tout ! La formule raffarinesque en diable vient du club en question ! "En marge de cette ouverture aux futurs pilotes, il sera également proposé des "vols de convivialité" d'une quinzaine de minutes environ." Comprendre en fait une sorte de baptême de l'air, même si les gens ont déjà voyagé en avion.

Cette ânerie publicitaire attire mon attention sur un fait de plus en plus fréquent : le remplacement de l'adjectif par un substantif abstrait comme complément. Police, école et commerce de proximité. Traditions, fêtes et manifestations de la ruralité. Et ici "vols de convivialité" qui sonne plus moderne que "vol convivial" (trop années 90). Sauf que ce vol n'a rien de convivial, c'est juste un vol à deux personnes comme les autres vols proposés par cet aéro-club. Mais la convivialité passe pour être plus sympathique, plus ludique, plus agréable, plus ergonomique dans n'importe quel contexte depuis que l'on demande si tel ordinateur est convivial (en se basant sur l'anglais traduit littéralement). Convivial est devenu un mot à tout faire et il est dûment répertorié dans le Dicomoche. Le must, maintenant, c'est d'en faire un nom qui n'a toujours pas plus de sens.

Mon maire m'écrit...

... et me fait part de révélations spectaculaires dans son fascicule municipal* :

En 2008, le mois de mai s'annonce propice pour les longs week-ends et les loisirs.

En effet, ponts et jours fériés permettront à chacune et à chacun de profiter des premiers beaux jours...


Première découverte : il existe des jours de fête au mois de mai (quoique le jeudi de l'Ascension ait été mangé par la fête du travail). Deuxième : c'est exceptionnel en 2008 et il faut se réjouir que notre nouveau régime nous permette d'en bénéficier. Troisième : tout le monde à Champignac fait le pont, sauf bibi et les autres fonctionnaires de l'Education nationale (ces salauds de fainéants qui n'appartiennent pas à la France qui se lève tôt !). Je découvre ainsi que le printemps existe autour de moi et que je ne l'avais pas vu avant ! Quatrième : je me demande comment un adepte du slogan idiot "Travailler plus pour gagner plus" et de la dénonciation des 35 heures, des RTT, de la mise en avant de la valeur travail et de la défiscalisation des heures supplémentaires peut vanter ces fameux ponts dont ne bénéficient justement pas les enseignants (ce qui fait que l'on a des taux d'absentéisme en classe qui feraient frémir l'inspecteur d'académie si on les lui communiquait), et cela surtout dans les classes d'examen, ce qui est plus grave. Oui, l'éloge de la paresse de la part d'un maire UMP (et accessoirement ancien enseignant fort peu de temps) est une chose délectable à lire... Deux discours : l'UMP de la ville et l'UMP des champs...

* Bien entendu, il n'est toujours pas imprimé sur papier recyclé alors qu'il annonce des initiatives fortes en matière d'écologie, dans la foulée du Grenelle de l'environnement, mais il a renoncé au moins au papier glacé, ce qui est un geste fort en faveur de la survie de la planète !

La voix de la France et la voix des francophones

La confusion a atteint un sommet lorsque le président de la République a affirmé, le jour même de la fête de la Francophonie, le 20 mars dernier, en évoquant notamment le rôle de TV5 Monde: «Je veux renforcer les moyens de diffusion de la culture française dans le monde.» Cette phrase en dit long: pour beaucoup de Français, et notamment pour le premier d'entre eux, la Francophonie c'est la France; la langue française c'est la France.

Je partage entièrement, quoi que je sois Français, cette analyse de Louise Beaudoin sur le traitement ubuesque de la francophonie par mon pays. Louise Beaudoin est l'ancienne ministre péquiste chargée des affaires francophones, de la culture et des relations internationales au Québec. Une femme qui n'a pas sa langue dans sa poche, comme elle l'a prouvé quand elle était aux affaires. A quoi sert de défendre une culture franco-française (ou plutôt hexagonale) en anglais auprès de pays qui ont adhéré à l'Organisation internationale de la francophonie et où le français tient une place plus que marginale ? Le traitement du dossier France-Monde est ahurissant par le mépris ou l'ignorance exprimés envers nos partenaires vraiment francophones. Mais ce n'est qu'une partie d'un lourd contentieux.

 

lundi, 05 mai 2008

Né nulle part

Rendez-vous dans une banque pour ouvrir plusieurs comptes d'épargne. On m'ouvre aussitôt les grandes portes. Au moment de mon inscription, le logiciel refuse le nom de mon lieu de naissance : Saint-Dié. La ville n'existe pas selon lui. Pourtant, il y a forcément des agences locales de cette banque dans cette ville (c'est souvent l'une des rares institutions bancaires à rester dans les lieux les plus déshérités). Je demande alors si on peut faire apprendre au logiciel le nom de la localité. Impossible. Je suggère alors d'utiliser le nom nouveau de la ville depuis 1999 : Saint-Dié-des-Vosges (nom qui avait été refusé d'abord par le conseil d'Etat et qui ne figure pas sur ma carte d'identité ou mon acte de naissance). Miracle ! tout se débloque ! Le logiciel en question était crétin, il n'y a pas plusieurs Saint-Dié et il devrait proposer des solutions... Je suis donc né dans une autre ville que celle où j'ai vu le jour ; je frémis à l'idée que lors du renouvellement de mes papiers d'identité, mon lieu de naissance ne sera pas le même sur mes anciens papiers et sur mon attestation de naissance (d'autant que je dois prouver une nouvelle fois ma nationalité française alors que je l'avais déjà fait avant pour la carte sécurisée). J'emploie souvent le nom simple dans les formulaires administratifs, il est compris de tous les gens de l'Est, mais si ce nnm ancien n'est pas retenu dans des logiciels comment vais-je faire pour exister ? Alors qu'il existe des solutions informatiques fort simples qui permettraient de proposer différentes solutions lexicales ou graphiques. Et comment fait-on alors pour des noms exotiques aux orthographes les plus variables ? Je n'ose envisager le parcours d'un Sénégalais, d'un Algérien ou d'un Chinois.    

dimanche, 04 mai 2008

Le salon du mouton

Cela sent très fortement le printemps ! Je le vois aux titres de l'Oignon. Je n'ai pas d'erreurs grammaticales à relever cette fois, mais un simple,survol de mon quotidien de proximité me montre que les beaux jours sont bien arrivés !

- Vins et produits de terroirs tiennent salon.

- Salon du mouton : la dernière ligne droite.

- La vigne et le vin en fête.

Sans compter la foire au pied de cochon et son concours de cri du cochon ! Et on ne va plus compter les fêtes, foires, journées consacrées qui aux pommes, aux poires ou aux poules, aux canards ou aux vaches. C'est une particularité de la PQR dans nos cambrousses : quand il commence à y avoir du soleil, il y a des festivités sur les thèmes les plus ruraux au possible. Mais la dénomination de "salon du mouton" me laisse quelque peu pantois. Bien sûr, ce n'est pas plus absurde que dans Salon de l'automobile ou Salon de l'aviation, mais j'ai du mal à me représenter malgré tout un mouton dans un salon.

J'ai quand même pu trouver une phrase ridicule dans l'article : "George-Marie L***, qui préside la confrérie de l'agneau [cela ne s'invente pas] en Champignacie, a confirmé l'intronisation [sic] de plusieurs nouveaux membres le jour du salon. Un moment toujours unique." Ah oui ! on croirait du Raffarin dans le texte ! Les moments uniques sont fort nombreux...

(Toujours pas de liens : la rédaction de l'Oignon déteste les billets du Champignacien et ne veut plus être sur l'internet qui colporte les pires rumeurs.)     

samedi, 03 mai 2008

68 Redux

Le soixante-huitard en chef déclare :

« Paris-Match voulait faire une photo de famille devant la Sorbonne de tous ceux qui étaient de 68. Je vois pas pourquoi j’ai besoin de faire n’importe quelle bêtise pour assumer . »

Mais j'y étais aussi en 68 ! Je disputais des parties de foot ou de billes avec mes copains de l'école primaire et je veux être moi aussi sur la photo des anciens de 68, j'ai participé à ce moment-là l'insurrection générale en refusant de me servir de la plume Sergent-Major et en exigeant d'écrire au stylo-plume ou au feutre ! J'ai révolutionné alors les rapports entre enseignant et élève quand j'ai dit que c'était idiot d'écrire encore à la plume et que j'ai envoyé le plumier alors dans le tableau noir. Cela avait passablement secoué mon instituteur qui m'a autorisé ensuite à titre exceptionnel à me servir d'un stylo tout en faisant mine de croire que cela ne deviendrait pas général et qui soupirait quand il devait aborder mon encrier désormais vide au contraire de celui de mes camarades. J'ai participé à cette aventure, alors que j'étais en culottes courtes, et je ne laisserai personne dire qu'il est plus de 68 (pour paraphraser mon cher Nizan). C'est un moment, mais il y a eu bien des histoires à côté et je ne vois pas pourquoi on capture mon enfance.

Frédéric Lefebvre, ou l'échec de l'école de 68

Toi aussi, viens au secours des Jeunes Populaires et donne-leur des cours particuliers de français ! Je n'aurai pas la bassesse de relever les multiples erreurs d'orthographe de base dans la missive vindicative de Frédéric Lefebvre (lequel remplace à l'Assemblée un ministre mis en examen), mais tout simplement la syntaxe qui me paraît fort tourmentée :

Le lendemain de la condamnation de madame Royale (sic) devant le refus de l'AFP de sortir notre communiqué, nous avons été contraints d'organiser une conférence de presse à laquelle nous avons convié toute la presse. En ce premier mai je me vois contraint de rendre public (sic) la lettre, car une fois encore le nom de madame Royal provoque chez les collaborateurs de l'Agence un blocage.

Ou comment un élu de la nation arrive à se rendre ridicule. Si un élève me présentait un torchon aussi mal rédigé d'un point de vue grammatical, il n'aurait sûrement pas la moyenne. Je n'ai pas cité le reste qui vaut son pesant de moutarde. Venons en aide au pauvre petit Frédéric Lefèvre qui a été victime de la baisse de niveau dans l'Education nationale du fait des affreux professeurs marxistes et barbus qu'il a dû subir au cours de ces quarante dernières années de socialisme et d'héritage de 68 ! En nous y mettant tous ensemble, nous pouvons rédiger pour lui une lettre à peu près cohérente afin de se plaindre de la méchante AFP qui serait à la solde du pouvoir gauchiste ! Ne laissons pas les cancres au bord du chemin !

 

 

Au bon vieux temps d'autrefois

Dans l'Oignon d'aujourd'hui (que vous ne pourrez pas lire en ligne, car la rédaction n'aime pas mes billets un peu ironiques à son sujet), je découvre ce texte sur la Haute-Mère-Dieu.

Un certain Marc P*** rachète l'immense bâtiment datant du XIIe siècle, mais n'exploite que la galerie commerciale.

Le malheur, c'est que rien dans ce bâtiment composite n'est du XIIe s. : il y a juste une façade XVIIIe s. qu'Alexandre Dumas (ou son nègre) a fort apprécié dans la Route de Varennes et puis rien d'autre ! Le reste est pur XXe s.

Mais cela continue :

Les étages supérieurs, un hôtel depuis le XVe siècle, sont laissés à l'abandon.

Oui, certes... Mais les murs ne sont pas de cette époque et l'hôtel en question n'occupait pas cette superficie d'une largeur d'îlot ou d'un pavé de maison. Il était moins imposant, sauf quand notre illustre Dumas s'y est rendu afin de faire son reportage. Il s'agit de vendre un immeuble datant de la plus haute Antiquité en lui attribuant des lettres de noblesse alors que cet édifice est plus récent que les dates avancées. Certes, il faut conserver les beaux frontons XVIIIe s. avec leur architecture théâtrale qui me remplit d'admiration, mais ce n'est pas la peine de parler d'autres siècles pour émouvoir le pékin qui va s'imaginer que l'on construisait comme ça dans une sorte de vague Moyen-Âge !     

   

vendredi, 02 mai 2008

Le Post, ou le temps qui n'existe pas

Les casimirismes du Post me font toujours rire !

On pense souvent au Club Dorothée, Recré A2 , mais on oublie les Minikeums sur France 3 qui ont bercé l'enfance de tous.
Une petite chanson pour vous souvenir. Bonne nuit les posteurs.

Mais ce n'est pas du tout mon enfance à moi ! J'étais déjà un adulte à l'époque des Minikeums et je les entendais cités par des marmots à cette époque. Quel est ce passé totalement fanstasmatique que l'on tente de nous vendre ? Et bien entendu, la rédaction continue à souhaiter une bonne soirée comme si Internet n'était pas un média mondial couvrant tous les fuseaux horaires... 

Oui, je sais que c'est mal de s'acharner sur une victime déjà à terre, mais je pense qu'il y a des choses à dire encore au sujet de la ligne éditoriale assez fumeuse.  

Au guidon du portnawak

Ce matin, en sillonnant les vastes plaines betteravières et céréalières de la Champignacie, j'ai croisé des dizaines de motos et de tractions avant. Je me suis interrogé et j'ai eu la réponse par mon quotidien préféré, l'Oignon pour ne pas le citer. Le plus mauvais journaliste de cette publication issue de la Résistance (faut-il encore le rappeler) a décidé de consacrer une pleine page au rassemblement des motos Godwing, et cela donne des titres hyperboliques comme "Champignac, la Mecque des Goldwing" ou "Capitale mondiale des Goldwing". Le tout avec des photos en couleur pour bien montrer que c'est extrêmement important. Mais cela n'empêche pas d'écrire des phrases stupides comme "Au guidon, tous conduiront l'idée de partage de cette moto familiale par excellence". On croirait du Raffarin dans le texte ! Cela ne veut strictement rien dire et ne correspond à rien, mais cela fait un bel effet rhétorique qui peut impressionner les gens ayant le catalogue E. Leclerc comme ouvrage de référence. Ne cherchez pas le texte en ligne : le plus mauvais journaliste de l'Oignon ne veut pas que sa prose puisse être reproduite sur des blogues aussi malveillants que le mien. Une moto familiale, comme c'est sympathique et original, j'imagine déjà une demi-douzaine de bambins dessus ! Et comme on peut adhérer aux idées de partage alors qu'il s'agit d'abord d'une exhibition de gros pénis bien tendus en public ! Comme tout cela est si bien dit...

Carrefour censuré en Chine

La Chine populaire reste bien une dictature anti-capitaliste (ce qui ne veut pas dire communiste) : le nom de Carrefour est banni des deux principaux moteurs de recherche chinois, Baidu qui est la version chinoise de Google. Pourquoi ? Parce que le nom de la chaîne française de magasins qui est très bien implantée en Chine peut faire réfléchir :

La réponse la plus probable est que, récemment, beaucoup de pages internet contenant le nom chinois de Carrefour (家乐福) parlaient d'affaires peu reluisantes pour le public, comme l'état des relations franco-chinoises, ou par extension la situation au Tibet. 

Je vois difficilement comment la communication d'un groupe commercial comme Carrefour pourrait évoquer la question des droits de l'homme en Chine de manière critique. Ou comment il pourrait y avoir le moindre message politique entre des annonces de promotions sur les boîtes de soja et de sorgho ou d'opérations spéciales du type la Semaine Bidule. Ce n'est pas le groupe en question qui est directement censuré, mais les autres pages qui pourraient en parler puisqu'il existe des appels au boycottage de Carrefour en Chine du fait des incidents lors du fameux parcours de la flamme olympique. Je savais que j'étais déjà bloqué par The Great Firewall, la grande muraille d'Internet, comme pour tous les blogues Hautetfort, mais là je ne vais pas améliorer mon audience dans cette dictature... Et pendant ce temps-là, l'ineffable et distingué sinologue  Raffarin nous explique que "si le président de la République ne participait pas aux jeux Olympiques, ce serait une rupture dans notre relation politique avec la Chine", ce qui est tout simplement grotesque et idiot. Je ne vais pas me battre pour la liberté de commercer de Carrefour, mais quand je vois Ubu au pouvoir de la plus grande prison du monde, je me dis que le créateur du personnage d'El Gringo pour les cafés Jacques Vabre devrait se faire un peu petit...