mercredi, 31 mars 2010
Minuit, l'heure du juste
Voici la couverture magique d'un très grand album.
Par où commencer et commenter ? Par le titre ? Eh bien prenons le titre. Il ne fait pas vraiment référence au livre de Gilbert Cesbron et au film d'André Haquet qui en est inspiré, Il est minuit docteur Schweitzer. Ce titre a été souvent parodié par les humoristes, mais il a un autre sens ici. La phrase "Il est minuit, docteur Poche" est prononcée page 3 par le vieux majordome en livrée du docteur qui se tient dans une horloge comtale et qui entretient le mécanisme du balancier ! On a affaire à un comique absurde comparable à celui de Mandryka qui place des personnages animés dans le coucou du Concombre masqué.
Ensuite, c'est la phrase plus ou moins prononcée auparavant, page 2, par un couple apeuré au milieu d'un décor lugubre (palissades de chantier, unique lumignon suspendu, voiture contenant une ombre suspecte, chat noir traversant la rue et surtout un inquiétante créature ressemblant au monstre du docteur Frankenstein par sa balafre). "Les douze coups de minuit ! L'heure du crime !" Et cette page contient le titre de l'histoire en son centre, dans un cartouche calligraphié en cursive "Il est minuit... Docteur Poche". L'atmosphère est clairement celle du film d'épouvante et l'on va voir des mannequins de cire en vitrine s'animer tels des morts-vivants. En fait, dans l'économie du récit, il y a une rupture entre la première page et la deuxième. Au début, dans la page 1, on est dans un environnement diurne, rassurant d'un banal médecin de famille qui habite une banale maison bourgeoise et tout bascule ensuite dans un monde où l'on apprend que le docteur fabrique des potions pouvant le rajeunir, qu'il acquiert un manteau lui permettant de voler, qu'il va affronter une sorte d'avatar de King-Kong zombie, sans compter la créature de Frankenstein déjà vue avant. Bref, on débouche sur un autre monde et il s'agit d'un album hyper-référentiel où l'on trouve aussi une masse de motifs franquiniens comme le monde des forains, une principauté ressemblant à Bretzelbürg, un inspecteur de police de toute manière imbécile et arrivant trop tard. Il est minuit, cela signifie ici : c'est le début de l'histoire, on peut commencer à rêver.
Maintenant, revenons au graphisme. La couverture de l'album reprend en fait une partie de la couverture du numéro 2001 de Spirou. Le personnage étirait au départ beaucoup moins les bras. La scène au dessus des toits ne peut faire allusion simplement aux super-héros, c'est aussi une référence à un célèbre film. Le lien entre Mary Poppins et le docteur Poche me semble le plus évident, le décor urbain est le même, le sourire, son lien avec les enfants également. Dans la couverture de Spirou, nous avions une multiplication des docteurs Poche. C'était parce que Charles Dupuis tenait beaucoup à cette série qui avait été longuement annoncée à l'avance. Ce que l'on peut remarquer, c'est que le docteur porte sur son chapeau dans la couverture de l'album sa souris Tanenbaum alors qu'elle était absente de la couverture. Le paysage de toits a été rétréci pour former juste un pied de page et non plus un cadre. Il y a eu une simplification des étoiles qui encombraient le ciel. Ce qui était le plus bizarre était le fait que ce soit une scène nocturne avec un ciel totalement bleu pâle et cela a été corrigé dans l'intégrale avec une troisième version encore simplifiée. On devait penser que le bleu clair était une couleur plus vendeuse et fédératrice pour un fond d'album.
On sait que Wasterlain a eu un accident de la main et que depuis son dessin a un aspect anguleux, un peu nerveux et qu'il tendance à lancer son trait sans vraiment s'arrêter. On peut voir que le nez du docteur Poche est plus long dans la couverture de Spirou (il atteint le bord de la couverture) que dans celle de l'album : suite à une remarque de Jijé, Wasterlain l'a réduit progressivement. Pourtant, le premier très long nez est celui présent dans l'album et dans certains de ceux qui suivent. Même si la taille du nez du docteur Poche a toujours changé au gré des épisodes, une caractéristique des couvertures d'albums est de présenter des nez plus courts que dans les pages. Je suppose parce que le très très long nez du début paraissait un peu suspect.
Un autre point important est le lettrage : les lettres du nom docteur Poche sont toutes irrégulières à des hauteurs différentes. Quand on voit les couvertures des autres albums de Wasterlain, c'est une de ses caractéristiques : il mélange parfois les casses, il n'écrit pas à la même hauteur, mais ici cela a un autre sens. Le nom du personnage est écrit de telle manière qu'il suggère le vol et le battement d'ailes de la cape.
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Toi aussi corrige la page perso de ton préz
En effet, depuis un siècle déjà, le pavillon néerlandais aux couleurs rouge, blanc, bleu disposées à l'horizontal flottent sur toutes les mers.
Le drapeau tricolore ne prend sa forme définitive que le 15 février 1794 (27 pluviôse an II) lorsque la convention nationale décrète que le pavillon national « sera formée des trois couleurs nationales, disposées en bandes verticalement, de manière que le bleu soit attaché à la gaule du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant dans les airs ».
Je ne parle même pas des multiples erreurs de typographie, d'abréviations, des lettres non accentuées, mais il me semble que le nouveau site de la présidence de la Rébublique française manque un peu de correction et qu'il manifeste mal du génie de la syntaxe française. Comme symbole de notre si beau pays, cela la fiche un peu mal. Je savais déjà que notre admirable président était passablement brouillé avec la grammaire, mais je ne pensais pas qu'il contaminait tout le personnel de l'Élysée.
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mardi, 30 mars 2010
Je me souviens de... Jonathan
Voici un album qui a particulièrement marqué mon adolescence baba-cool. L'histoire est particulièrement complexe quoique ou parce que mélodramatique (je vous invite à lire ce résumé afin de comprendre la suite).
Il y a d'abord le style très épuré et en même temps chargé de la couverture. Deux couleurs dominent : le bleu et le blanc. Il était rare qu'un album qu'un album contienne autant de blanc sur sa couverture. Le dos était lui-même blanc et très simple, avec juste quelques suggestions de musique planante fort à la mode à cette époque. Même le nom de l'éditeur a été écrit en bleu afin de correspondre à une charte graphique. On remarquera l'adéquation de la situation du personnage et de l'idée d'une musique électronique faisant voler les esprits. On a un aspect classique par des cadres tous centrés, une manière de vouloir aller directement à l'essentiel sans s'encombrer de détails inutiles. Ensuite, il y a le détachement de ce qui semble être un agrandissement de case, comme si l'on plongeait directement dans l'histoire et non pas dans un résumé de la scène la plus spectaculaire.
Le nom du personnage principal n'est pas innocent : il vient du roman Jonathan Livingstone, le goéland, de Richard Bach, et surtout du film. Une autre histoire pleine de grands messages un peu gourouïques sur la recherche de sa propre personnalité. Cosey entendait aussi délivrer une sorte de vérité philosophique d'inspiration plus ou moins orientale, un peu bouddhiste, un peu taoïste, un peu tout et son contraire, pourvu que ce soit pacifique et pour la liberté des personnes.
On remarque le titre qui est fort poétique. Presque tous les titres de Cosey sont des évocations mystérieuses : l'Espace bleu entre les nuages, Pieds nus sous les rhododendrons, Et la montagne chantera pour toi, Celui qui mène les fleuves à la mer, la Saveur du songrong... Je pense que c'est l'un des auteurs de titres les plus originaux dans la BD. Mais ce titre est dans une typographie particulière : il est écrit avec un dégradé qui va d'un gris à un noir, le nom propre du personnage étant écrit en dernier. Le tout passant par des hâchures qui montrent la reconstitution de la mémoire du personnage, puisqu'à l'origine Jonathan est un amnésique à la recherche de sa propre histoire. Les points de suspension finals indiquent que l'histoire peut se prolonger, mais qu'elle a aussi eu lieu avant.
On ne sait où se déroule la scène. Ce sont des montagnes enneigées qui pourraient être n'importe où. Il y a pourtant des indices, par le choix de la typographie pour le titre de la série avec une police qui imite un peu le devanagari ou les syllabaires apparentés, par les ornementations dans ce bandeau, par le crénelage supérieur de la case, et puis par la couleur ocre-jaune de la combinaison du personnage et de l'avion qui s'éloigne : cela signifie une sorte de retour au Tibet, mais sans le dire explicitement : la couleur safran étant l'une des couleurs préférées des moines bouddhistes.
Un autre problème est le choix de cette image d'un personnage sautant en parachute. Il est lourdement symbolique. Il s'agit non pas simplement du héros qui va affronter l'héroïque Armée populaire qui avait envahi le Tibet, mais aussi du personnage qui va se plonger dans son passé à la recherche de son amour perdu. Bref, d'une psychanalyse en action. Il saute dans le vide pour se découvrir tel qu'il est. Tout cela est fort surligné une fois que l'on a lu l'histoire, mais cela n'apparaît pas au premier regard. Le dessinateur met en avant ce qui fait son style : des contre-plongées, des plongées, des panoramiques, des cases éclatées. Du grand spectacle, mais réalisé avec une économie de moyens.
Une chose que j'ai toujours trouvée étrange, c'est que Cosey ait choisi de situer sa première histoire publiée dans l'hebdomadaire Tintin au Tibet. Le personnage évolue ensuite en Inde, puis aux Etats-Unis. Je me suis demandé s'il n'y avait pas une manière de se situer dans un certain héritage et de faire référence à Tintin au Tibet, mais d'une autre manière. Or Tintin au Tibet est l'histoire la plus personnelle d'Hergé. Jonathan recherche Saïcha dont il ne se souvient plus (et l'inconscient a bon dos alors) comme Tintin recherche Tchang disparu dans un accident d'avion. Tintin fait au début de l'album un rêve prémonitoire, Jonathan retrouve la mémoire à la faveur d'un accident. On ne trouve aucune trace de l'occupation chinoise du Tibet dans Tintin, alors qu'elle est en cours au moment où Hergé publie son album. Jonathan franchit les montagnes en utilisant un avion, Hergé ne parle pas des troupes chinoises qui stationnent sur les frontières et se battent contre l'Inde. C'est comme une sorte d'anti-Tintin, mais tout en étant une autre sorte de Tintin avec des formules un peu codifiées sur le sens de la tolérance, de l'amitié, de l'amour, du dévouement, du progrès envers soi-même qui peuvent plaire à presque tout le monde (sauf les amis des dictatures et des idées régressives). Il y a le même côté boy-scout chez Jonathan que chez Tintin, mais ce n'est plus la même génération d'auteurs.
Un point fort étrange, c'est qu'à l'altitude à laquelle plonge le héros, c'est qu'il lui aurait fallu un masque à oxygène afin de survivre à son parachutage. Oui, mais cela aurait masqué son visage et c'est un peu embêtant pour un héros positif que d'apparaître sous un masque tel Dark Vador ou Fantômas.
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lundi, 29 mars 2010
Qui sont les Dalton ?
Vous voyez ici la première apparition en couverture des frères Dalton que l'on connaît tous sous le seul nom de Dalton (1958, prépublication en 1957). Ils sont nommés alors les cousins Dalton parce que les vrais Dalton, les seuls de la légende de l'Ouest apparaissent dans le numéro six de la série (1954, prépublication en 51-52). Ce seront après les seuls Dalton, les vrais et plus les cousins. Ils seront ensuite les seuls Dalton qui soient. Leurs cousins plus réels n'avaient pas eu le titre d'un album à leur nom et eux ils sont devenus célèbres d'un coup en devenant de cousins Dalton en simples Dalton !
Que doit-on penser de la typographie du titre de la série ? Ben... Elle fait far-west. On trouve toujours des lettres avec un super-empattage dès que l'on a affaire au titre de la série, c'est vrai pour Jerry Spring, Blueberry, Buddy Longway et tant d'autres. Le super-empattage fait immédiatement venu directement de l'Ouest. On retrouve cela dans la mention du "Saloon" qui a des empattements fort gras à souhait. Il faut super-empatter pour faire vesterne. Je n'ai jamais compris pourquoi, mais c'est comme ça.
Vous aurez remarqué aussi que le nom des cousins Dalton est écrit dans une police différente, plus bédéiste et là on est plus dans la tradition de la bande dessinée européenne ou du comics tandis que le surtitre indique le genre de la série. L'album n'est pas du tout crédité à Goscinny et pourtant c'est lui qui a écrit le scénario et qui est à l'origine du retour des Dalton, mais sous une forme plus parodique. Il ne signera que plus tard en 1961 dans les Rivaux de Painful Gulch et c'est parce que le succès d'Astérix ou de Pilote est là. Nous avons huit albums sans son nom sur la couverture. Il faut remarquer que Goscinny s'est longtemps battu pour que le nom des scénaristes et leur travail soient reconnus.
J'ai dit que c'était le deuxième album des Dalton fictifs, car en effet ils apparaissent déjà dans le onzième titre de la série : Lucky Luke contre Joss Jamon(1958, prépublication en 56-57) où ils ne sont que des figurants au détour d'une page parmi d'autres desperados et outlaws. Ce n'est pas l'album qui les crée comme personnages à part entière. Nous avons donc une création composite : deux premières esquisses par Morris qui s'appuie sur la légende des vrais frères Dalton, mais ces frères doivent mourir de façon violente et cela pose des difficultés, ensuite une première tentative de reprise par Goscinny mais parmi bien des vilains, et enfin la création des seuls nouveaux Dalton qui doivent se nommer cousins et puis dont on oublie ensuite le lien avec les vrais Dalton.
Un autre point remarquable dans cette couverture, c'est la forme en escalier. Dans le jargon de la presse, cela désigne les articles qui par leur composition dans une page se situent à des hauteurs identiques tout en étant de dimensions différentes. C'est un vieux truc de la presse et Morris avait déjà utilisé cela pour les premiers Dalton qui étaient déjà de tailles différentes. Ce qui est comique dans la couverture, c'est que l'expression du jargon typographique est prise au pied de la lettre : nous avons l'effet de l'escalier bien illustré. Je ne crois pas que Morris ait repris le procédé de manière aussi flagrante ensuite dans une couverture, mais il énonçait là ce qui allait constituer sa ressource de gags : la différence de taille. Nous avons affaire à un clin d'oeil de gens de la presse qui connaissaient le langage des journalistes. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'on a tant de journalistes étourdis ou stupides ou corrompus dans cette série (mais les journalistes dans Lucky Luke serait un autre sujet assez vaste).
22:13 Publié dans Soulever la couverture | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, langue française, histoire, presse
dimanche, 28 mars 2010
Cléopâtre et Astérix
Poursuivons la série de billets au sujet des couvertures d'albums de BD particulièrement remarquables. Voici celle du livre qui a vraiment lancé la série dans le grand public en 1965, juste après le Tour de Gaule qui était déjà un succès. Pourquoi Astérix ? Parce qu'il y a tant à dire...
Quelles remarques faire ? D'abord typographiques : le nom d'Astérix a toujours été au centre et dans une forme Word-Art avant l'heure. On est loin de l'école Hergé qui privilégie une police plus simple et souvent dans un cartouche. Le nom du personnage est écrit de manière convexe et cela possède un sens : les références de Goscinny sont cinématographiques. Il s'est nourri du cinémascope et nous sommes devant un film technicolor. Le nom du personnage a été aussi soigneusement choisi pour figurer en tête de liste et nous n'aurons ensuite plus affaire à "Une aventure d'Astérix" comme nous aurions "Une aventure de Tintin" ou "Une aventure de Barbe-Rouge". Goscinny s'est d'abord appuyé sur la marque Pilote avant de lancer celle d'Astérix sans le qualificatif de Gaulois et sans la mention d'aventures.
Ensuite, nous pouvons voir des caractères qui ont une apparence comme gravée dans du marbre. Cela donne un aspect antique à la chose, mais Uderzo avait déjà commis ce genre d'analogie graphique dans Astérix et les Goths. Il récidivera souvent ensuite, avec les Normands, aux Jeux olympiques, etc. Ce n'est pas follement original, mais il y a une possibilité de voir les lettres déformées comme des ersatz de lettres grecques et c'est un peu embêtant. On rajoute donc à gauche quatre chandelles avec des hiéroglyphes incompréhensibles dans des cartouches verticaux (et non horizontaux, toujours le souci de se dissocier de l'école Hergé). Cela donne l'aspect égyptien un peu plus sûr. La couleur des cartouches fait raccord avec le nom des auteurs, le coussin de Cléopâtre, sa robe et puis les braies ou le casque d'Obélix.
Maintenant, examinons la construction du titre : sur 24 albums, Goscinny a employé 13 fois la forme "Astérix et" ou "Astérix chez". Il l'évite lorsque la série est bien installée et devient populaire. Ce n'est pas anodin, Hergé avait procédé de la même manière au début de Tintin, il n'y est revenu que dans Tintin au pays de l'or noir dans une période critique et Tintin et les Picaros, Tintin et l'Alpha'Art à la toute fin lorsqu'il sentait que le monde changeait. Marteler le nom du personnage est une façon de l'imposer comme une marque.
Examinons à présent le dessin qui est le seul dessin de couverture en format réduit de cette collection. Nous sommes frappés d'abord par l'énorme présence de blanc dans la couverture. Ce n'est pas très habituel en bande dessinée, mais cela donne une allure un peu gallimardesque à un album de petits mickeys. La présence du blanc est là comme une tentative de légitimation d'un art populaire. Ensuite, le dessin reprend en fait une des affiches de la Cléopâtre de Mankiewicz. Cela explique le format inhabituel de la vignette qui est prise tout en longueur, comme si elle avait été prise dans un film en panoramique. Les deux héros encadrant Cléopâtre évincent Panoramix qui est pourtant le troisième larron gaulois de l'histoire. L'histoire reprend d'ailleurs une foule de cadrages, voire de scènes venant du film de Mankiewicz (le sphynx sur roues servant de carrosse, les perles dans le vinaigre, la prosternation de Numérobis devant Cléopâtre sur son trône surmonté d'une image de dieu animal).
Quand on regarde le texte assez inhabituel pour une BD, on trouve une sorte d'argumentaire de film à grand spectacle et cela a été précisément l'argument de vente du Cléopâtre de Mankiewicz qui devait enterrer Autant en emporte le vent ou les Dix Commandements ou Ben-Hur dans la surenchère. Plus de millions de dollars, plus de figurants, plus de jours et de lieux de tournage ! C'est de la grande parodie de péplum, mais aussi une opération d'auto-promotion pour valoriser la série. Ce qui est comique, c'est que cela avait été commencé par une annonce dans le journal Pilote et alors, patatras ! Erreur de syntaxe, "la plus grande aventure qui n'ait jamais été dessinée". Je suppose que Goscinny avait laissé Uderzo libre de son texte et de son illustration, mais il a repris la main après pour l'album. Le dessin a été aussi revu afin de paraître comme cune bande annonce en couverture de livre et non plus dans un magazine, on a supprimé la mention "Réservez vos places !" par exemple.
Uderzo a ensuite repris sa couverture sous diverses formes que je ne juge pas très intéressantes (je ne crois même pas qu'il les ait dessinées lui-même, mais il les a approuvées) et que je préfère ne pas citer tant elles sont infectes.
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samedi, 27 mars 2010
De la bien-pensance
Nous avions déjà eu au début des années nonante la dénonciation d'un prétendu politiquement correct. Je dis prétendu, parce que les exemples sont souvent imaginaires ou ne reposent que sur des généralisations abusives. Etaient politiquement corrects tous ceux qui ne pensaient et ne parlaient pas comme les énonciateurs de cette formule codifiée comme un exorcisme au point de devenir un cliché.
Puis est venue la mode d'insulter tous les contradicteurs en les traitant de bobos, alors même que c'est un concept publicitaire et commercial étatsunien à la base. Si quelqu'un défend les droits de l'homme ou des idées démocratiques, c'est forcément un mangeur de sushis qui roule en Vélib, qui possède le dernier iTruc de Apple et qui achète des produits bio dans le commerce équitable. C'est un peu comme si l'on faisait des métrosexuels les porteurs d'une idéologie particulière, même s'il ne sont que les vecteurs d'une forme de marquetingue.
Maintenant, dans le bruit général, il est devenu très à la mode de dénoncer la bien-pensance que l'on va écrire avec un trait d'union. Cela me semble bizarre. J'associais auparavant la bien pensance à des idées conservatrices (souvent catholiques, mais pas exclusivement), voire réactionnaires : c'est une expression que les milieux anarchistes et gauchistes employaient pour dénoncer les cagots, les bigots et les magots qui ont beaucoup d'oeillères. Ceux qui n'aiment pas les autres quels qu'ils soient : les homos, les étrangers, les jeunes, les pauvres, les vieux, les handicapés, les drogués, les fous. Mais pas du tout ! maintenant, la bien pensance, c'est le fait de dénoncer une injustice, une absurdité, une violence, un danger selon la novlangue des réacs.
Examinons un peu dans Google Actualités quels sont les sujets visés lorsque l'on emploie le nouveau poncif de bien pensance qui s'attaquerait à de véritables héros : Zemmour, Guillon, Frèche (hélas !), Gérard Longuet (ex d'Occident, mouvement ultra-violent), Robert Ménard qui défend la peine de mort, Eric Besson qui défend ses expulsions de familles disloquées, Dorothée et ses animes totalement stupides, Georges Soros et ses boursicotages invraisemblables, Thierry Ardisson et ses pugilats organisés puis remontés, Claude Allègre et ses bourdes statistiques titanesques. Ce sont tous des victimes de la vie, de pauvres êtres martyrisés par la bien pensance.
Je vous livre le plus croustillant dans un éditorial de la Tribune : "Attaqué de toutes parts par le déluge malsain de la bien-pensance". La bien pensance est malsaine, cela devient de plus en plus paradoxal. Dire que l'on est favorable au mal en général est devenu une sorte de norme dans les éditoriaux qui défendent la liberté d'expression pour soi et les siens, mais non pour les autres. Ce n'est pas anodin, il s'agit de la diffusion d'un élément de langage du Front haineux qui a su contaminer la presse généraliste ou les partis démocratiques ; les milieux nationalistes et réactionnaires ont réussi à retourner le sens d'une expression qui les stigmatisait, puis à faire en sorte qu'elle soit reprise en choeur par des personnes qui n'appartiennent pas à la réacosphère ou la fachosphère. Et je suis désolé de voir Jean-François Kahn se comporter en perroquet avec des mots hyperboliques (mais ce dernier point est une habitude chez lui). Il m'avait habitué à mieux en matière d'examen des mots.
Il n'y a pas de terrorisme de la bien-pensance, parce que l'on y trouve tout et son contraire. Il n'y a d'ailleurs pas de bien-pensance du tout. C'est un concept dans lequel on place ce que l'on veut selon son milieu, son éducation, son public, ses intentions. Les bien-pensants, ce sont toujours les autres que l'on veut dénoncer, mais cela n'a aucun sens en soi. Cela pourrait être le point de vue par exemple de Jean-François Kahn lui-même, et son parler-vrai se retournerait contre lui. Il est peu étonnant que la nouvelle stigmatisation de la bien-pensance soit née sur des sites anti-islamistes et d'abord anti-musulmans, xénophobes, voire vraiment racistes (je ne les mélange pas tous). Dénoncer la bien-pensance a été depuis deux ou trois ans l'oeuvre de réactionnaires qui ont un problème avec les populations venues d'ailleurs. C'est devenu ensuite un tic de langage à force d'employer le terme pour désigner une pensée que l'on estime ennemie. Le beau mot tolérance n'est jamais énoncé. Il faut aller à l'affrontement, au combat, à la guerre, en accumulant les clichés sur tous les autres qui ne sont pas comme nous. Et je dis : non. Parce que je suis bien et mal pensant. Contradictoire et demandant d'abord la contradiction.
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vendredi, 26 mars 2010
L'Allemand perdu
J'ai décidé de me lancer une fois par semaine dans une nouvelle entreprise. Décrypter (oui, oui, je vous entends bien ricaner face à ce verbe à la mode) des titres ou des couvertures de BD un peu emblématiques. Il faut qu'elles soulèvent un problème soit linguistique, soit graphique un peu original, même si cela a été dit par ailleurs. Je n'ai pas encore décidé du titre de cette nouvelle catégorie.
Je commence par un grand de la BD : Mike S. Donovan, alias le lieutenant Blueberry. Que remarquons-nous ? D'abord un double titre de série : Fort Navajo et une aventure du lieutenant Blueberry. La série commence par un album intitulé Fort Navajo et ce sera en quelque sorte le surtitre de la série jusqu'à Chihuahua Pearl (1973) qui introduit le cycle mexicain et qui s'éloigne encore plus du fort. Ensuite, on ne trouve plus que le lieutenant Blueberry, jusqu'à Arizona Love qui est la fin des scénarios de Charlier du fait de sa mort, mais aussi la fin du cycle indien. Il devient après Mister Blueberry (1990). Nous avons donc affaire à une série aux noms fort multiples selon les époques, d'autant que se sont installées des séries parallèles comme la Jeunesse de BlueberryMarshall Blueberry. Il y a déjà un premier problème : le lieutenant Blueberry n'a vécu que durant cinq albums sur treize dans sa garnison du Fort Navajo. Le titre de la série n'avait plus aucun sens. Il n'en avait pas non plus lorsqu'on utilisait le terme lieutenant Blueberry pour désigner un personnage devenu un hors-la-loi, un condamné, puis un évadé à partir du diptyque du complot politique (1974-1975). La série montre l'évolution d'un personnage qui sort du cadre traditionnel du western de garnison et qui évolue parfois avec retard dans le paratexte, parce que la forme est avant tout feuilletonnesque. L'album ne commence pas à Fort Navajo : Giraud demandait à son scénariste des histoires un peu moins militaires et on voit déjà que le héros ne possède plus d'uniforme (mais c'était déjà le cas avant dans l'Homme à l'étoile d'argent).
et
Le titre de l'album mérite surtout l'attention. Il fait référence à une histoire réelle qui s'est déroulée en Arizona : celle de Lost Dutchman's Gold Mine. Vous allez vous dire que le Dutchman était un Néerlandais, mais justement pas du tout ! Il s'agit d'une confusion en anglais entre dutch (néerlandais en anglais) et deutsch (allemand en anglais), comme on le trouve pour les DutchsAmish parlant souvent un bas-allemand ou un dialecte alémanique. Jacob Waltz était prussien, certes, mais tout parler germanique non anglais était confondu dans un grand tout et c'est pourquoi on ne parle par de Lost German's Mine. qui sont en fait des mennonites et les
Cependant, il y a un nouveau problème dans la traduction de l'expression. Je ne sais si Charlier maîtrisait peu ou prou l'anglais, je le crois plutôt désinvolte et dominé par ses histoires : il était pilote, il a mené des enquêtes aux Etats-Unis, il a accumulé une grande documentation en langue anglaise pour ses histoires, et en fait il suivait sa fantaisie. Mais le titre aurait dû être la Mine perdue de l'Allemand si l'on suit la syntaxe anglaise. Cela fait un peu moins rêver. Il y a à la base Von Luckner, un personnage totalement rendu fou, en haillons, aux cheveux et à la barbe hirsutes, qui canarde les héros à coups à coups de balles d'or avant de tenter de les sauver, mais en vain. Cela fait irrésistiblement songer à la fin de l'Île au trésor, au personnage de Ben Gunn prêt à tirer au canon les pièces d'or de son trésor caché contre ses ennemis. Or, et c'est là où cela devient paradoxal, la véritable Treasure Island se trouvait en fait en Californie, en pleine terre, si l'on en croit les sources de Michel Le Bris. Charlier a donc réenraciné une histoire européenne en Amérique. L'Allemand perdu montre que le scénariste avait en tête l'idée de démarquer le roman de Stevenson par cette apparition fantômatique. Perdu pour qui ? Pour la civilisation, pour les autres. Victime de son ancien domestique, comme Ben Gunn fut victime de Long John Silver.
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mercredi, 24 mars 2010
Qxur
— On ne cesse de nous suriner. La Dépêche du dimanche, 7 mars.
— Pas besoin d'attendre le dépouillage. Var-Matin, 13 mars.
— [Le Pen] ne pardonne pas à l'ancien président [Chirac] de l'avoir mis au banc de la classe politique. L'Express, 11 mars.
— Accident mortel : plus de peur que de mal. Ouest France, 17 mars.
— Sulfureuses Onze mille vierges d'Apollinaire. La République du Centre, 13 mars.
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lundi, 22 mars 2010
De la Bérézina
Bon. Tu vois ce splendide tableau du plus pur art pompier du XIXe s. et tu te demandes ce qu'il a à voir avec l'actualité, et tu as raison. On y voit pêle-mêle de la fumée de canon, de la glace, des hommes dans un joli écrabouillage général où on ne comprend strictement rien et c'est beau comme de l'antique, on se croirait aux Thermopyles ou dans les Fourches Caudines, et cela donne de jolis effets graphiques avec plein de mignonnes couleurs belles à voir.
On trouve des dizaines de tableaux similaires par des peintres de troisième rayon qui peignent tous les mêmes scènes : le passage de la Bérézina par les troupes françaises et européennes face à l'armée russe. Le paradoxe, parce qu'il faut bien que l'histoire soit étonnante, c'est que la Bérézina a été une des grandes victoires napoléoniennes et Dieu sait si Bonaparte n'a pas été avare en victoires, c'était un génie du point de vue tactique et stratégique à la fois jusque dans sa campagne de France qu'il mène brillamment dans ma plaine champignacienne. Or il se trouve que cette victoire incontestable pour échapper à l'encerclement par des troupes supérieures en nombre et opérant sur leur propre terrain s'est transformée en synonyme de défaite au même titre que Trafagar ou Waterloo. Le problème, c'est que dans la bataille, plus de trente mille hommes meurent. Ben oui... on meurt beaucoup à la guerre, c'est comme ça et pas pour de faux, comme dans les jeux d'enfants.
On comprend alors l'émotion, le sentiment d'une sorte de désastre. Une armée parvient à échapper à un piège redoutable, au péril des eaux glacées face à un ennemi plus puissant et venu de tous les côtés, elle y laisse un bon nombre des siens et ce qui est sa victoire se transforme en une sorte de débacle. C'est cette image que l'on a retenu dans l'imagerie populaire et dans le langage courant. Parce que la victoire était trop chèrement payée.
Maintenant, pourquoi en parler à présent ? Parce que je lis dans la presse l'idée d'une Bérézina de la droite.
- Plus en raison de la crainte d'une Berezina au niveau national et régional que par rapport aux résultats locaux. La Voix du Nord.
- L'UMP tente d'éviter une Bérézina. Les Echos.
- Ce n'est pas la Bérézina. Ouest-France.
- Outre les réconforts alsacien, réunionnais et guyanais (le divers gauche Rodolphe Alexandre, rallié à Sarkozy, l'a emporté), la berezina se confirme pour la droite. Libération.
- Dans la Berezina ambiante à droite, la candidate (UMP) à la présidence de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, tire son épingle du jeu. Le Monde.
Et je vous évite les 168 autres mentions de la même expression dans le même contexte, selon ce que me donne Google Actualités. Cela donne tout simplement l'impression d'un cliché que l'on emploie sans bien le comprendre. Je décerne cependant la palme à Libération pour l'emploi de ce cliché à contresens et je tresse une couronne de laurier à son directeur qui en est le spécialiste.
10:32 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, médias, langue française, histoire
dimanche, 21 mars 2010
Superman, ce juif inconnu
La question est : Superman est-il un héros juif comme le disait Herman Goering ?
Une exposition récente "De Superman au chat du rabbin" posait la question.
Il y a d'abord des éléments incontestables, ses créateurs Jerry Siegel et Joe Shuster étaient tous deux des juifs étatsunien et canadien dont les familles venaient de Lituanie, d'Ukraine et des Pays-Bas. Mais cela ne signifie pas que Superman soit un symbole du peuple juif en lui-même. En fait, c'est un brassage de beaucoup d'éléments culturels juifs et européens dans un creuset américain. Nous sommes dans un syncrétisme qui crée une mythologie moderne.
Le personnage naît en 1932, à l'origine ses superpouvoirs lui ont été donnés par un savant fou (le savant fou serait un sujet de thèse en soi) qui en fait un personnage méchant. Cette version publiée dans un fanzine n'a aucun écho. Nous n'avons ici que le croisement entre la créature de Frankenstein (Frankenstein est le savant, pas le monstre) et puis... le Golem. Or le Golem est un thème fortement juif, il peut être aussi bien destructeur que salvateur. En tout cas, c'est un autre homme, un autre Adam ou une créature artificielle aux pouvoirs surhumains. Le logo de Superman sur sa poitrine rappelle l'inscription sur le front du Golem qui permet de changer Emeth (vérité en hébreu) en Meth (mort) et donc d'annuler les pouyoirs du Golem si on efface la première lettre. Du personnage du Golem, Superman retiendra un point faible : quelque chose peut supprimer ses superpouvoirs (ce ne serait pas rigolo si le héros vaincrait à tout coup). Ce sera la kryptonite qu'il a amenée avec lui lorsqu'il est arrivé sur Terre après la destruction de sa planète Krypton.
En 1938, Superman renaît, mais sous une autre forme. Il sera au service du bien cette fois. Désormais, il est un enfant rescapé de l'explosion de sa planète. Il est adopté par une famille de protestants que l'on peut trouver méthodistes. Il prend le nom de Clark Kent, devient un journaliste on ne peut plus anodin et sans intérêt, file une histoire d'amour avec Lois Lane qui est le modèle de la jeune fille WASP ou schickse, blonde et fade. Personne ne se doute de sa double identité. Il vit comme vivrait un juif maranne, pratiquant en secret sa religion.
Qu'avons-nous ? Une resucée des mythes de Moïse recueilli par la fille du pharaon, de Rémus et Romulus qui sont adoptés par la louve puis par un couple de simples paysans, de toutes les histoires d'enfants sauvages. Et cela nous conduit à une parodie écrite par Spiegel : il avait osé s'attaquer à Tarzan himself dans un fanzine ! Tarzan, le grand mythe étatsunien de cette époque. Or l'histoire de lord Greystoke est on ne peut plus WASP malgré la présence de singes et de Noirs, et son auteur manifeste un attachement à des idées un tantinet réactionnaires. Superman est aussi une réponse au Tarzan qui reflétait les opinions de la Nouvelle-Angleterre.
Il y a le contexte linguistique : la planète Krypton qui a été détruite est donc censée être secrète, puisque la racine renvoie au secret. Le nom réel de Superman Kar-El ou Petit Dieu en hébreu est une référence juive, et Superman agit comme la main de Dieu dans l'univers. Il est celui qui a été sauvé d'un désastre comme Moïse, Romulus ou... Jésus (pensez à l'histoire des premiers nés d'Egypte). Il doit cacher son identité alors qu'il est fort et redoutable, mais d'abord au service du bien, et c'est pourquoi on le retrouvera en service commandé contre l'Allemagne nazie comme tous les bons héros et super-héros américains.
Il y a aussi un contexte social. C'est l'époque où Meyer Lansky et Bugsy Siegel font la une (le scénariste de Superman n'a pu passer à côté de cette homonymie). La Yiddish Connection était à son sommet alors et elle s'affrontait aux mafias irlandaises et italiennes. C'est aussi l'époque où les athlètes juifs remportent des récompenses sportives de manière écrasante. 1938, c'est encore le moment où l'Irgoun affronte l'armée britannique en Palestine et arrive à la faire céder. La grande période de Superman se terminera en 46 par un procès avec DC pour les droits d'auteur et il me semble inutile de me référer à la légende postérieure. Bref, il s'agit d'une forme de triomphe des juifs alors qu'ils étaient écrasés, victimes de pogroms en Europe orientale, relégué à l'île du Diable s'ils étaient Français et Alsacien. Superman illustre cette forme de revanche. Il n'est pas anodin que la plupart des créateurs de super-héros soient juifs. Captain America, réplique exacte de Superman, les Quatre Fantastiques (ils changent de forme dans l'instant !), le Spirit (un mort-vivant qui ne se sert que de ses poings pour faire la loi et le tout en sept pages !) C'est un moment où certains juifs prennent conscience de leur force et où d'autres inventent des histoires en mélangeant des choses venues d'un peu n'importe où : Superman, c'est à la fois Samson de la Bible et Hercule de la mythologie, mais encore d'autres choses.
Le revers, c'est la parodie de ce qui était déjà une parodie, cela nous donne Astérix et sa potion magique par Goscinny, Superdupont et son holster à camembert par Gotlib. Parce que même les juifs aiment à se moquer entre eux de leurs histoires invraisemblables.

11:09 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, humour, histoire


