jeudi, 31 décembre 2009
Sur les chemins aux sentiers qui bifurquent
Une chose amusante lorsque l'on ne dispose pas de son propre ordinateur hors de chez soi, c'est de découvrir certaines ressources que vous auriez négligées chez vous. Ainsi de la saisie semi-automatique dans Google. On cherche un blogue, on commence à taper son nom dans la fenêtre et des suggestions s'affichent par un menu déroulant. Or, ces propositions viennent des résultats de la base de données de Google Trends : plus une série de caractères a été demandée auparavant, plus elle sera aisément mise en avant. Je parle de chaîne de caractères et non pas de mots, de noms, de locutions ou de phrases, parce que cela peut ne pas être quelque de sémantiquement ou syntaxiquement fondé. Parfois, il suffit de deux lettres pour qu'une suggestion soit offerte, la séquence Tw- me donne le choix entre tous les Twitter et tous les Twilight, mais non les nombres twelve ou twenty que l'on aurait pu croire plus fréquents. Ils sont juste moins demandés dans cet enchaînement (Twenty year girl devrait pourtant bien fonctionner, mais il faut sans doute écrire twenty en entier pour qu'un nouvel embranchement se crée). Parfois, c'est au bout d'un seul mot ou deux que la machine devine ce que vous auriez pu écrire et qui est en réalité ce que les autres ont écrit. L'algorithme peut se révéler totalement muet, ou bien se déchaîner presque à chaque mot si vous écrivez une phrase. C'est un outil fort capricieux.
J'avoue que chez moi, je déteste la saisie semi-automatique qui me transformerait en une sorte de robot de ma machine avec des phrases ou des mots déjà enregistrés. En outre, cela a le don de briser tout élan de la phrase lorsque l'on tape un texte ou toute démarche volontaire lors d'une requête. Néanmoins, si on l'applique aux noms de certains blogues et sites participatifs un peu longs ou complexes, on a des surprises. Voici donc ce que je trouve en cherchant certains d'entre eux. Le vrai nom du blogue ou du site a été volontairement effacé. C'est à vous de retrouver le nom caché, c'est souvent facile.
Vous voyez tout est bien South Park la page au lieu du site attendu
Crise dans le couple le couple que faire le bâtiment un couple le notariat les transports le monde le BTP
En attendant Godot minuit bébé l'or
Langue de boeuf blanche de bois de but de boeuf sauce madère des signes
La boîte à pizza à chansons à musique à merveille à outils à outils à scrap
Arrêt maladie Nicolo Blanco de principe Perruche Arcelor Arrighi maladie sortie autorisée
Rue Sésame du commerce Montgallet des écoles du commerce soldes de la fête
Journal d'un vampire (2, 3, film, sortie) chat (assassin)
Les mots sont des fenêtres ou des murs des pistolets chargés des planches des armes des êtres vains les passants mystérieux de l'âme
Le chasse marée spleen Grenoble montagne les Gets montagne spleen marée Auray Grenoble Saint-Vaast Gisors
Pour tous ces sites, il ne s'agit pas du tout de pages confidentielles avec dix lecteurs qui s'autofélicitent en rond, certains des blogues ont en outre été cités ici et puis je n'ai choisi que des pages écrites par des gens que j'estime ou que j'apprécie. Certaines locutions ne fonctionnent pas toujours même si le nom est fort développé ou assez courant, les requérants n'ont sans doute pas employé le début de la construction en assez grand nombre : les embranchements commencent au millier de résultats dans Google Trends. Il faut un terme un peu significatif pour que commencent des suggestions vous concernant. Le début "le petit" (sans guillemets) donne ainsi : Nicolas, Prince, Journal, Marmiton, paumé, Chaperon rouge, Robert, mais aucun Champignacien, pas assez illustre dans ce cas. Les requêtes concernant le nom de mon blogue ne procèdent pas ainsi, elles n'incluent que rarement l'article ou l'adjectif. Le nom de l'auteur, le titre, le sous-titre ou slogan, l'adresse URL sont autant d'entrées, et parfois un mot est plus clé qu'un autre. Nous sommes dans un étrange labyrinthe où chacun devient le minotaure des autres.
15:30 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, web
mercredi, 30 décembre 2009
Conchigle
- Jacques H., au corps anglais. Le Dauphiné libéré, 19 décembre.
- La bonne chair constitue pour le Français l'élément symbolique le plus souvent attaché aux fêtes de fin d'année. TV Magazine, 13 décembre.
- Le président de station des sauveteurs en maire a remis sa démission. Hebdo 22, 10 décembre.
- Une femme béluga - appartenant à une famille de cétacé très rare dont les oeufs donnent le caviar - donné vie à un petit mâle en pleine forme. Direct Soir, 18 décembre.
Poubelle Soir du groupe de presse Poubelle Bolloré fait très fort. D'abord, en parlant de femme et non de femelle. Ensuite, en s'imaginant que les cétacés pondent des œufs alors que ce sont des mammifères et non des poissons: les seuls mammifères à pondre des œufs sont les monotrèmes comme l'ornithorynque. Enfin, en confondant le béluga proche du narval et le béluga poisson. Leur nom commun vient simplement de leur couleur blanche (la racine bel- veut dire blanc dans les langues slaves).
- Il nous faut encore des suceuses pour pouvoir draguer. France Guyane, 11 décembre. Le préfet aa sujet de travaux contre l'envasement.
- L'équipée [saoudienne] chassait le faucon dans une région [du Niger] où les rebelles touaregs et Al-Qaeda sont actifs. Libération, 30 décembre.
Il ne s'agit pas vraiment d'une coquille, mais d'une erreur du journaliste qui a confondu chasse du faucon et chasse à l'aide d'un faucon sans doute à cause d'une mauvaise traduction de dépêche et d'une certaine inculture. La fauconnerie n'est plus trop pratiquée en Europe, mais elle reste une des formes nobles de la vénerie pour les élites des pays du Golfe. De véritables expéditions sont montées en Afrique afin de pratiquer cette chasse de manière traditionnelle à cheval, animal aussi noble et précieux que le faucon pour les princes arabes.
18:21 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, médias, orthographe, langue française
mercredi, 23 décembre 2009
Merry Christmas !
Je ne partage pas tout à fait les analyses du Privilégié, parce que depuis plus de dix ans en Alsace et en Allemagne les maisons illuminées se sont répandues et menacent de s'attaquer à des terres plus au sud ou à l'ouest avec les concours de maisons, ce n'est pas du tout parcellaire quand on se rend un peu vers le Rhin, c'est fréquent dans les campagnes environnantes :
D'autres Américains sont beaucoup plus ambitieux et placent dans leurs jardins des décorations totalement délirantes : des immenses sapins éclairés, des rennes articulés et des bonhommes de neige gonflables, des "Merry Christmas" flashants, des multitudes de guirlandes lumineuses. Bref, les Américains habillent l'espace public à partir de leurs espaces privés.
Cette invasion de messages est inappropriée, écologiquement désastreuse, de mauvais goût, sans respect des autres et j'estime qu'il faudrait une loi pour bannir ce genre de chose qui n'a rien à voir avec la France éternelle plutôt qu'une loi sur les minarets ou la burqa. Dans mon département, la seule commune avec un maire Vert organise justement ce genre de concours et le récompense ! On peut se moquer de ces idiots d'Américains qui n'ont rien compris au fait de sauver la planète, mais c'est exactement ce qui se passe aussi en France, avec en plus une caution écologiste. Moi, cela me dépasse. Je ne vois pas de différences.
17:50 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Ööster
- Le projet de loi sur la dépendance, annoncé en 2007 par Nicolas Sarkozy a été repoussé aux calandres grecques. Ouest-France, 24 novembre. Un grand classique. Et cela me permet de rappeler aussi un de mes contes de Noël.
- La secrétaire d'Etat à la famille [Nadine Morano], interpellée sur la comptabilité de l'islam avec la République. Le Monde, 17 décembre.
- Il [Bernard Tapie] n'aura jamais voie au chapitre dans la direction de la boîte [le Club Méditerranée]. Le Canard enchaîné, 16 décembre.
11:06 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, médias, orthographe, langue française
mardi, 22 décembre 2009
Guaino, un homme du Moyen-Âge parle aux autres hommes du Moyen-Âge !
Je commence un peu à comprendre la logique d'Henri Guaino à qui j'avais demandé de m'offrir une choucroute pour un entretien de blogueur. Cet homme pense et parle comme un homme du XIe s. dans un langage qui ressemble à de l'ancien français ! Il déclare ainsi au journal de coiffeurs pour faire plus français, c'est quelque chose de fort comique. Cette identité nationale est d'autant plus idiote qu'elle s'exprime avec une apostrophe stupide avant le mot :
Que reste-t-il de ce consensus national 'hui ?
Je ne connais pas la réponse à sa question et à vrai dire je m'en moque, mais je suis certain d'une chose : cet homme parle dans une langue qui n'est pas le français de mon époque et qui ne ressemble à rien de ce que je rencontre chez mes élèves. Je veux bien leur apprendre l'origine du mot aujourd'hui, voire celle d'hodie en latin à partir de hoc die parce que c'est rigolo quand on y réfléchit, mais de là à leur demander de dire hui alors que l'apostrophe d'aujourd'hui marquait une ellision de déterminant comme cela se fait normalement en français pour bien d'autres mots. Tout cela est de la plus grande bêtise et je me demande qui est le plus à condamner, le conseiller spécial du divin président ou le journal de barbiers ? J'ai du mal à me décider. Normalement, le conseiller spécial des barbiers aurait dû relire son texte et se rendre compte qu'il avait fait écrire une absurdité. En tout cas, mon consensus personnel est que l'on a élu et désigné des ânes prétentieux et que cela finira très mal.
22:58 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, langue française
Au sujet d'une image de voile intégral
Un des trucs formidables avec l'histoire de la burqa, c'est que l'on peut l'illustrer de toutes les manières que l'on veut. Comme il n'y a strictement aucune burqa en France ou même dans les pays du Maghreb, on commence à rétropédaler et à parler enfin de niqab (une pratique fort minoritaire et venue des pays du Golfe), voire de voile intégral afin de ne plus apparaître comme des crétins complets. Mais on ne sait comment l'illustrer, puisque l'on ne trouve guère d'exemples autour de soi. C'est ainsi que Libération publie une photo d'agence que je vous laisse découvrir. Que voit-on ?
Quatre personnes photographiées de dos afin que leur visage ne soit justement pas reconnu ! La légende nous dit : "Une femme portant le voile intégral, à Vénissieux, le 19 juin". Moi, je veux bien... mais enfin ! elle ressemble autant à une bonne soeur, à l'abbé Pierre, à un marin breton, à un ramoneur savoyard, à un maquisard corse, à Zorro, à un membre féminin du GIGN qu'à une islamiste, vue de dos. Je ne sais pas si elle porte le voile intégral, puisque l'on ne la voit justement pas de face et pour cause. Ces personnes auraient toutes refusé d'être photographié de face si on le leur avait demandé ou bien celle qui est supposée voilée intégralement aurait posé de manière ostentatoire et provocatrice. Le contraire de l'effet recherché.
Maintenant, examinons le décor. Un étroit passage entre deux immeubles de béton, des couleurs vinasse (sans doute pour le centre socio-culturel), avec en fond une tour d'immeuble social. Cela sent tout de suite la banlieue et ce pourrait être n'importe laquelle. C'est en fait le décor qui fait passer comme authentique le choix de la Belphégor de circonstance : puisque cela se passe en banlieue, il serait impossible de photographier les gens de face et de montrer un voile dit intégral autrement qu'en se plaçant derrière eux et sans leur demander leur autorisation comme cela se fait normalement pour les autres photographies de presse. Mais cela a été pris en banlieue, un endroit réputé pour être peu sécurisé et donc comme si cela avait été fait à la sauvette puisque l'endroit n'inspire guère la confiance.
Il y a la superposition de deux images différentes, celle du prétendu voile intégral dont on ne voit d'ailleurs strictement rien et celle de la banlieue avec tous ses clichés. Je me demande à quel jeu l'on joue lorsque l'on parle de burqa et que l'on montre en fait une autre réalité. Je ne comprends de toute manière pas de quoi l'on parle au juste au sujet de ces images.
18:23 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (39) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, image, langue française, politique
De la métamorphose du captcha
Certains de mes commentateurs ont dû apercevoir ou saisir déjà un morceau de code si l'on voulait publier un commentaire. Cela porte un nom, c'est un captcha. Un rétro-acronyme d'origine anglo-saxonne pour Completely Automated Public Turing Test To Tell Computers and Humans Apart forgé en 2000 à partir des expressions "I catch you" et "I gotta you", soit "vous êtes piégé". En gros, un essai automatique pour voir si vous êtes un être humain et non un robot publicitaire ou une machine voulant extraire des données, le nom de Turing est là pour faire bien et se situer dans l'histoire informatique avec un grand symbole. Le captcha peut dépendre du bloguemestre ou de son serveur, mais on le trouve aussi dans des sites de paiement en ligne. Comme je n'ai pas de compte payant chez monsieur Hautetfort, je ne maîtrise pas du tout l'irruption d'un captcha et je suis aussi obligé de m'y soumettre : cela dépend seulement des attaques de pourriels chez mon fournisseur.
Le captcha a le don d'irriter les lecteurs ou parfois les acheteurs en ligne qui y voient parfois une forme de censure déguisée ou de protection abusive. Il faut dire que d''abord le code mélange le plus souvent chiffres et lettres, les lettres étant aussi bien en bas de casse qu'en capitale, comme dans tout bon code qui se respecte, et le tout n'ayant strictement aucun sens dans aucune langue. C'est un principe de base de la cryptographie. Mais il y a pis ! Le captcha pour ne pas être lu par les machines est écrit en signes légèrement ou énormément déformés sur le même principe que le WordArt (pour ceux qui ont fait de la pré-PAO ou de la PAO). Or les déformations graphiques présentent beaucoup de défauts : parfois les caractères sont trop petits pour être lus correctement, parfois elles sont trop proches, parfois les couleurs trop pâles ne permettent pas la reconnaissance, parfois les signes sont similaires à d'autres puisque cela ne respecte plus les conventions habituelles. Je suppose que bien des personnes se sont énervées devant ces codes à faire rentrer, mais qui étaient systématiquement refusés puisque non valides. Pour les personnes souffrant d'un déficit visuel (le terme recouvre un très grand nombre de situations), c'est un handicap supplémentaire.
Le captcha est donc un emmerdeur. Bien plus grave, il se révèle à présent assez inefficace pour les machines qui peuvent reconstituer les signes de départ, les pourrielleurs et les pirates ont toujours un temps d'avance sur la technique que l'on tente de leur opposer. C'est pourquoi depuis disons environ trois mois, la plateforme de blogues de Google, Blogspot, est venue à des captcha plus aisément reconnaissables et surtout syllabisés : par exemple, je lis sur un blogue de Blogger citions, cloonel, preeph, nolitzo. Cela n'a pas de sens et un seul de ces codes se trouve dans un dictionnaire français, mais c'est un pur hasard. L'algorithme utilisé par Google ne génère plus des signes de manière totalement aléatoire comme cela se fait pour un bon code, les signes sont moins déformés, il n'emploie plus que des bas de casse afin d'éviter les confusions entre signes apparemment identiques comme I et 1 ou O et 0 et surtout il pratique une construction totalement syllabique afin de pouvoir être prononcé par des humains. C'est, je pense, un très grand changement vu la place de Google, parce que cela veut dire que le captcha n'existe plus comme tel et que la protection de ses données doit se trouver ailleurs et autrement qu'avec une formule magique.
11:43 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : web, blog, langue française, cryptographie
lundi, 21 décembre 2009
Mon entretien de blogueur avec Frédéric Lefebvre
Comme nous sommes en période de fêtes, j'ai voulu me faire plaisir. Je me suis rendu chez l'homme que j'estime le plus en France : Frédéric Lefebvre ! Il m'a reçu fort simplement et m'a déclaré ce qui suit.
LPCI : Je suis heureux de vous rencontrer monsieur Lefebvre et de voir qui vous êtes réellement.
FL : Retirez immédiatement ces propos insultants !
LPCI : Mais je n'ai encore rien dit de blessant et ce n'est pas mon intention.
FL : Admettons, je vous respecte et vous devez me respecter, mais vous supposez qu'il existe alors une caricature de ma personne dans les blogs, les forums et sur Twitter lorsque je relaie la parole de mon parti. Libre à vous de vous abaisser à de tels procédés, mais je ne participerai pas à cette opération de déstabilisation des gens de bon sens.
LPCI : Je voulais d'abord vous demander ce que vous pensez des blogues.
FL : Comme je l'ai déjà dit, les blogs sont essentiels pour faire vivre la démocratie et ainsi je vous respecte, mais ils doivent être sévèrement encadrés afin que cette démocratie à laquelle je suis fort attaché ne soit pas étouffée par l'excès de parole publique et surtout par des avis contraires au parti que je représente et qui doit être respecté.
LPCI : En clair, vous aimeriez la censure ?
FL : Ce que vous dites est très grave, je vous respecte et pourtant comment oseriez-vous comparer mon opinion à celle d'un apparatchik chinois ou nord-coréen ou cubain ? J'ai toujours affirmé le plus grand respect pour la liberté de la presse et celle-ci ne peut s'exercer que si l'on reprend en intégralité mes communiqués sans aucune coupe et sans aucune réécriture, mais en évitant aussi les communiqués qui ne seraient pas du même avis. Il faut que la parole se libère et cela ne peut se faire que si l'on accepte de reproduire mes propos sans jamais les tronquer et sans jamais les confronter à d'autres !
LPCI : J'ai un peu de mal à vous suivre, en quoi êtes-vous un blogueur ou twitteur original et pertinent ?
FL : Comme vous avez compris tout seul, je fais ce que je sais faire puisque je ne sais rien faire d'autre et que je vous respecte : de la propagande. On appelle aussi cela communication ou publicité ou information commerciale, mais c'est la même chose. Libre à vous de ne pas partager mes idées, mais j'estime qu'il est nécessaire de vous les imposer.
LPCI : Qu'est-ce qui vous distingue d'un animateur de supermarché, en quoi êtes-vous distinct de Danièle Gilbert ?
FL : Vous avez raison de rappeler que mon rôle de porte-parole est comparable au vendeur de poissons ou de salades, mais il y a quelque chose en plus, je dispose de ce que l'on nomme "les éléments de mots" qui permettent de respecter tout le monde. Proust avait "joliment parlé", pour reprendre une expression de la femme du président, des chants de marchandes des quatre-saisons et des cris de Paris, eh bien ! je fais exactement la même chose : je profère toutes les idioties que l'on me demande de dire afin de bien me vendre. "Les éléments de mots" m'apportent un vrai plus puisque je ne suis plus du tout obligé de réfléchir à ce que je dis et j'avoue que c'est d'un très grand confort intellectuel et de la plus grande respectuosité : ne plus avoir à penser est une chose que tout Français devrait envisager afin d'être enfin en sécurité.
LPCI : Admettons, mais votre prestation dans le lipdaube des jeunes pops, vous interveniez juste au moment où l'on prononçait le mot "liberté" et cela me semble un tout petit peu contradictoire.
FL : C'est une erreur, mais tout le monde peut faire une erreur et je respecte le fait d'avoir dit une ânerie. Si vous ne reconnaissez pas que je suis en faveur de la liberté la plus absolue lorsque l'on écrit des choses respectables, je vous poursuis en justice puisque je suis respectable et vous serez mis en examen, emprisonné et torturé dans le plus strict droit à votre propre respect ! Mais vraiment vous n'avez aucun droit de dire des choses pareilles alors que mon parti des plus respectables défend la liberté depuis les temps immémoriaux où la France s'est construite de manière respectable.
LPCI : Normalement, nous aurions dû déguster une choucroute entre blogueurs.
FL : Une choucroute ? Vous avez raison de le rappeler, c'est un choix que je respecte et c'est exactement ce que je viens de vous servir en parlant.
12:46 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, langue française, lefebvre
dimanche, 20 décembre 2009
Avec comme prénom Verdun
La loi française était fort rigide pour le choix des prénoms. Seuls les prénoms du calendrier ou faisant référence à l'histoire de France étaient acceptés par l'officier d'état-civil. Il était donc fréquent que des prénoms originaux soient refusés. La loi du 8 janvier 1993 a assoupli le choix du prénom, qui est totalement libre, à condition de ne pas porter préjudice à l'enfant. L'officier de l'état civil ne peut plus, à lui seul, refuser le prénom que vous avez choisi. Néanmoins, s'il considère que celui-ci est contraire à l'intérêt de l'enfant, il en avise sans délai le procureur de la République, qui saisira le juge aux Affaires familiales. Ainsi sont refusés « les prénoms ayant une apparence ou une consonance ridicule, péjorative ou grossière, ceux difficiles à porter en raison de leur complexité ou de leur référence à un personnage déconsidéré dans l'Histoire ». L'affaire Mégane Renaud a relancé la controverse et la jurisprudence a tranché pour une plus grande tolérance encore.
Toutefois, la loi n'a pas toujours été aussi sévère. Il fut un temps où le prénom de Verdun fut attribué à bien des enfants, il était déjà un nom de famille peu courant et surtout répandu dans la Meuse mais aussi en Lorraine. Je l'ai découvert en lisant le grand seizièmiste (mais pas seulement) Verdun-Léon Saulnier lors de mes études. Dans le site que je place en lien, on voit un pic de naissance vers 1930 parce que les personnes qui nommaient ainsi leurs enfants avaient pris le temps de revenir à la vie, de travailler, de se marier, de tisser des liens avec les autres anciens combattants. On constate alors que ce n'était pas dans l'émotion de la bataille par de prétendus patriotes de l'arrière, que ce prénom avait été choisi après bien des réflexions, qu'il avait fallu du temps pour que se construise une mémoire collective ou personnelle et que c'est le moment de formation des ligues d'anciens combattants comme les Gueules cassées, les Ailes brisées ou les Croix-de-Feu qui finiront assez mal dans la collaboration la plus éhontée, même si le cas de de La Rocque est plus complexe.
Mais enfin... nommer son enfant Verdun alors qu'une nouvelle guerre se préparait, c'est un peu lourd du point de vue symbolique et ce n'est pas un héritage que l'on aimerait mériter. Toutefois, cela passait comme une lettre à La Poste alors que c'était l'un des théâtres d'un des plus grands massacres de tous les temps ! Imaginons maintenant un juif voulant appeler son enfant Drancy, Struthof-Natzweiler, Auschwitz, Dachau, Birkenau, Treblinka ou Sobibor. Que dirions-nous en tant que non juifs face à ce genre de provocation ? Nous hurlerions à l'horreur et dirions que ce n'est pas possible, puisque ces noms sont synonymes d'extermination (dans laquelle l'Etat français a plus que largement trempé, malgré ce que dit le divin président). Mais cela était possible dans la montée des extrémismes pour le nom de Verdun qui était revêtu alors de la pureté de notre combat pour une prétendue identité nationale, la civilisation et la reconquête de l'Alsace-Moselle, on acceptait fort bien des noms prétendument patriotiques et en fait nationalistes. La prétendue identité nationale, c'est aussi cela et pas seulement le fait de ne pas parler en verlan ou de ne pas porter une casquette à l'envers.
11:45 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française, histoire
Le prix du maire de Champignac est arrivé !
Je me dois, en tant que comte de Champignac, de suivre l'actualité helvète et en particulier la distinction du Grand Prix du maire de Champignac. Voici donc les résultats d'après la TSR (station bien connue des frontaliers pour donner aussi les résultats des élections françaises avant l'heure).
Champignac d'or : Le feu est sous contrôle, mes hommes sont cuits. Commandant de pompiers à Lausanne Jean-Luc Berney au journal 24 heures.
Champignac d'argent : Le loup est arrivé et il est bien parti pour rester. Jean-Claude Roch, garde-faune du canton de Vaud au journal La Gruyère.
Accessit :
Espoir du champignacisme : Je ne suis pas le seul à être de mon avis. Didier Burkhalter, conseiller fédéral de Neuchâtel.
Mention Oreille de lynx : J'écoutais d'un oeil amusé. Martine Brunschwig-Graf, conseillère nationale de Genève (Genève est république et canton, il n'y a donc pas de conseillers cantonaux comme dans les autres cantons).
Mention Aller simple : Faire comprendre ce que signifie mourir de faim, de maladie, ou sous les balles. Il est très difficile d'appréhender ce genre de situations si on ne les a pas vécues soi-même. André Simonazzi, vice-président de la confédération.
Mention Le débat reste ouvert : Toute personne qui prétend quoi que ce soit dit n'importe quoi. André Kuhn, professeur de droit pénal et de criminologie aux universités de Lausanne et Neuchâtel.
Toutes mes félicitations aux heureux élus. Je répète encore que je ne participe en rien à ce suffrage.
10:27 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française


