lundi, 01 janvier 2007
Pourquoi et comment ne pas souhaiter la bonne année
Ne pas souhaiter une bonne année. La bonne année est un virus qui menace chacun et nous devons tous être vigilants, nous avons tenté de donner les réponses les plus adaptées aux situations réelles.
1. Pourquoi.
2. Comment.
1. Pourquoi.
a. Parce que tout le monde le fait et que cela vous ennuie, exaspère, fait enrager. Vous détestez les clichés.
b. Parce que vous détestez les autres, tous vos contemporains, surtout les femmes. Votre seul ami est un pitt-bull, un rottweiler ou un staffordshire.
c. Parce que vous fuyez les embrassades inévitables, vous craignez la contamination par un nouveau virus. Vous estimez que le moindre contact avec autrui pourrait vous infecter.
d. Parce que vous ne croyez pas aux vœux, aux calendriers, à la bonté humaine.
e. Parce que vous ne pensez pas finir l'année.
f. Parce qu'il y a plus important dans la vie : l'argent, le pouvoir, la postérité intellectuelle, l'immortalité.
g. Vous ne voulez pas gâcher votre nouvelle année par des vœux.
2. Comment.
a. Aller dans le menu maladie pour changer les paramètres. Cliquer sur contagieuse. Cocher la case éternuements, toux, crachats. Insister longuement pour faire comprendre que vous n'êtes pas en état de répondre. Composer aussi l'option fièvre si vous ne vous sentez pas de taille à répéter ces actions durant quinze jours. Validez l'arrêt maladie. Attention ! Vous devrez répondre à des questions au retour : des cookies sont activés chez tous.
b. Déclarez de manière abrupte que les vœux de bonne année sont un cliché. Ce n'est pas très diplomatique, mais votre position sera claire. Ou bien, variante, que vous tolérez les superstitions des autres. Chacun vous en sera reconnaissant.
c. Protestez que l'on ne vous a pas souhaité la bonne année lorsque c'était le cas de votre religion (vous êtes devenu bouddhiste, shintoïste, musulman, juif, zoroastrien, maya depuis l'année dernière). Méfiance... Il y aura toujours quelqu'un pour calculer quand tombe le nouvel an hindouiste, par exemple, et vous serez alors piégé.
d. Dites que tout le monde se trompe et qu'il faut souhaiter sinon un bon millénaire, du moins un bon centenaire¹. Faire dériver la discussion sur le début du comput de l'ère chrétienne afin tout le monde ne pense plus au sujet principal et se dispute à propos de l'an 1 ou de l'an 0. Si cela ne réussit pas, évoquez la longévité qui est promise à chacun et dire à vos collègues qu'ils vivront encore cent ans car vous avez vu une émission sur TFrance6+.
e. Annoncez tout de go que de toute manière, on n'est plus en l'an 2007 à cause des erreurs de calcul sur la date de naissance du Christ, mais 2011. Ou bien que l'on est trois siècles en arrière puisque Charlemagne et les Serments de Strasbourg seraient une invention. Ou encore que la nouvelle année ne commençait traditionnellement qu'en avril. Bref,
égarez votre interlocuteur. N'hésitez pas à tout mélanger, y compris la date de Noël hypothétique, mais surtout n'arrêtez pas de parler et ne concédez rien sans formuler une opinion plus paradoxale.
f. Branché : vous n'envoyez plus vos voeux que par courriel ou par votre site réticulaire ou mieux votre blogue. Demandez à chacun de se connecter et montrez que si l'on vous estimait on aurait déjà pris connaissance des voeux même si l'on ne possède pas une connexion.
g. Souhaitez à chacun une bonne année dont vous ne verrez pas, personnellement, le bout. Effet de retour : consternation, apitoiement et solidarité. Tout le contraire de ce qui était souhaité.
h. Feignez une extinction de voix (suite à un Noël aux Seychelles suivi d'un brusque retour pour le Nouvel An à Megève, ou bien d'un excès de karaoké) et faites passer des cartes préparées.
i. Changez de pays et de civilisation à chaque fois qu'un nouvel an est annoncé. Il serait impossible que tous les calendriers coïncident en même temps.
j. Déclarez que vous avez déjà souhaité la bonne année, l'année précédente. Peu importe si c'est vrai (laissez planer le doute sur le début ou la fin de l'année). Le champ', la dinde et les huîtres auront affaibli les capacités mentales de vos interlocuteurs. N'insistez pas trop, mais profitez de votre avantage. Mieux, si votre collègue est encore un peu mal remis des fêtes, dites-lui que vous la lui avez souhaitée il y a une demi-heure.
¹ Ce texte avait été écrit en l'an 2000.
00:00 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
dimanche, 31 décembre 2006
Fariboles et étrennes
La tradition des étrennes remonterait au VIIIe siècle avant Jésus-Christ. Le nom proviendrait de celui de la déesse Strenia. Des rameaux verts provenant d'un bois qui lui était consacré auraient été offerts au roi Tatius.
Si quelqu'un peut me trouver le moindre texte latin du VIIIe s. ou même un peu postérieur évoquant une quelconque déesLa tradition des étrennes remonterait au VIIIe siècle se romaine du nom de Stren(i)a, je veux bien manger mon chapeau. Voilà ce que recopie l'Oignon à partir d'une foule de sites consacrés à des sujetss mytho-folklo-ethnologiques, on peut inventer autant de déesses et de dieux antiques que l'on veut pour afirmer l'existence d'une coutume et cela sans sortir le moindre document épigraphique ou philologique. Le texte qui est consacré à cette prétendue déesse dans Wikipedia est d'ailleurs soumis à vérification parce que l'affirmation semble assez absurde et manque de preuves. Et quand on voit les références à un roi Tatius Sabinus, elles ne valent pas mieux : cela renvoie aux mêmes sites ésotériques, sans aucun texte antique à se mettre sous les yeux. Les prétendus spécialistes des traditions ne sont jamais en manque d'invention, ils fabriquent toute une mythologie dont les Anciens n'ont jamais entendu parler...
14:40 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : noël, humour, langue française
Rapportages (1)
Un exercice oulipien consiste à poser des questions calembourdesques sur le modèle de l'ami Cahuète de Gainsbourg. Cela se nomme les sollicitudes, par exemple : qu'a dit Chon ? Je modifie un peu le genre en utilisant des incises qui renseignent sur un discours rapporté.
L'ami Peu se trouve vraiment trop gras
— Je fais des repas riches et copieux,
Je ressemble à présent à un gros tas,
A dit Peu.
05:10 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poème, humour, écriture
Poilcourt (3)
Résumé des épisodes précédents : l'ancien marin sent mauvais et ressemble à une bête.
Il était jadis à Poilcourt
Un vieux capitiaine au long cours,
Sur un hydrofoil
Il avait du poil,
Mais les femmes le laissaient court.
05:00 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, écriture, poésie, poème, humour
samedi, 30 décembre 2006
Hyperboles
Il était largement plus de midi et c'était vraiment juste à côté du parc Monceau, si ce n'est dans le parc lui-même. Je me trouvais sur la plateforme arrière de l'autobus de la ligne S, un autobus on ne peut plus classique et un modèle de l'autobus lui-même, l'autobus dans son essence elle-même. Le véhicule n'était pas plein, il était plus que plein et les voyageurs débordaient par les fenêtres. Je remarquai un jeune homme, fort jeune, avec un cou exagérément long, mais alors d'une longueur inimaginable, plus long que le cou d'une girafe ; il était coiffé d'un feutre très très large et décoré avec un ruban tressé, que dis-je ? un ruban, c'était un étendard, un oriflamme, un calicot, une voile de grand mât ! Il s'en prit à son voisin à qui il reprochait de lui marcher sur les pieds (qu'il avait démesurément longs) chaque fois qu'il montait ou descendait à toute allure des hordes de passagers. Puis, soudain, il abandonna la discussion en se précipitant sur une place devenue miraculeusement libre de toute occupation.
Deux heures bien comptées après, par un hasard vraiment extraordinaire, je le revois juste devant la gare Saint-Lazare. Il était en discussion avec un de ses très grands amis, sans doute le meilleur d'entre eux, et celui-ci lui conseillait de faire remonter complètement le bouton supérieur de son pardessus par le meilleur tailleur de la Ville-Lumière qui se trouve sur la plus belle avenue du monde.
05:25 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, littérature, langue française, grammaire
Poilcourt (2)
Résumé du feuilleton, car c'est un feuilleton. Un loup de mer rend folles les femmes du village, pourtant il n'a rien pour plaire.
Il était jadis à Poilcourt
Un vieux capitaine au long cours
Sentant le gasoil
Sous le passepoil
Qu'il portait durant ses parcours.
04:50 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, écriture, poésie, poème, humour
vendredi, 29 décembre 2006
Poilcourt (1)
Il était jadis à Poilcourt
Un vieux capitaine au long cours,
Barbu, chevelu
Au corps tout velu :
Quand il est nu, chacune accourt.
05:25 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, langue française, poésie, poème, littérature, écriture
Modalisation
Il était un peu moins de midi, guère plus tard, aux environs du parc Monceau. J'étais dans ce que l'on pourrait nommer un autobus, du moins cela en avait encore un peu l'apparence, le long de la ligne S, mais ce n'est plus exactement celle-là car elle se nomme maintenant 84 quoique son parcours soit légèrement différent. Le véhicule était quasiment plein. J'aperçus un homme assez jeune, enfin jeune pour ne pas être encore précisément entre deux âges, mais jeune cependant. Il avait un cou un tout petit peu long et il portait une sorte de chapeau en simili-feutre ou ce que je supposai tel, lequel était selon toute apparence décoré d'une espèce de galon tressé. Il s'en prit à un de ses nombreux voisins qu'il accusait à peu près de lui marcher sur les pieds chaque fois qu'il montait ou descendait des voyageurs grosso modo. Pzu s'en fallut qu'une dispute éclatât, mais soudain il se précipita sur une place qui s'était pour ainsi dire libérée.
Je le revis approximativement deux heures plus tard dans les alentours de la gare Saint-Lazare. Il discutait avec quelqu'un qui paraissait être une de ses connaissances et qui lui conseillait en gros de faire remonter plus ou moins le bouton supérieur de son pardessus.
05:00 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, langue française, grammaire
jeudi, 28 décembre 2006
Tellines
* Un expert automobile [a été nommé] pour tenter d'éclairer le scénario du drame, les enquêteurs ne disposant que d'un témoin auriculaire de l'accident. Sud-Ouest, 14 décembre.
* Le prévenu reconnaît qu'il est dépendant de l'école mais il fait des efforts pour se soigner. La Liberté de l'Est, 8 décembre.
* Chausson Outillage (218 salariés), fabricant de moules pour l'embouteillage automobile. L'Union, 6 décembre.
* C'est Angela Samartini qui a repris les rennes de cet établissement. Corse-Matin, 7 décembre. Un grand classique.
* À Ploërmel, Paul Anselin inaugurera cet après-midi, en grandes pompes, sa statue de Jean-Paul II. Le Télégramme, 10 décembre.
* À 51 ans, il est papa pour la troisième fois depuis vendredi. La Dépêche du Midi, 15 décembre.
10:21 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : presse, journalisme, média, médias, orthographe, langue française, coquilles
Pure
Il y avait jadis à Pure
Une jeune fille fort pure,
Mais elle ne fut pas
Rosière car sa
Mère avait fauté dans la cure.
05:50 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : limerick, oulipo, humour, écriture, poésie, poème


