jeudi, 30 novembre 2006

P2Piste

Je me suis d'abord demandé si le Monde innovait en parlant d'une P2Piste. Mais non ! il y a déjà plus de 220 occurrences (résultats réels) en français, c'est dans le jargon de Linux.org. Ce qui est surtout étonnant, c'est qu'il y en a deux fois moins en anglais et presque seulement dans des noms de fichiers. Cela se vérifie d'ailleurs avecP2Pisme, P2Pism. La formation sur une abréviation n'est pas rare, mais elle s'appuie en général sur les sons (pacsés) ou les lettres (RMiste, cégétiste, cibiste). Je ne connais pas d'autres exemples en français de dérivation avec un chiffre lu pour sa valeur phonétique, ici la valeur anglaise (to). 

Sous

Il y avait à Sommesous

Une famille sans le sou,

Elle faisait la manche

À chaque dimanche,

Vêtue seulement de dessous.

Note

Note : une note sert à expliquer un mot¹, une expression, donner une référence de citation² ou fournir une explication secondaire comme une parenthèse³.

¹ Mot : un mot est une unité¹ lexicale² minimale³ que l'on nomme aussi lexème.

¹ Unité : ce qui compose un ensemble unique, pomme de terre est un mot, mais pomme d'arrosoir forme trois mots. 

² Lexical(e) : qui concerne le lexique ou vocabulaire.  

³ Minimal(e) : que l'on peut plus décomposer, un morphème n'est pas une unité lexicale minimale car on ne peut pas lemmatiser une désinence verbale, casuelle, de genre ou de nombre.

 

² Citation : fait de citer quelqu'un¹, de rapporter ses propos ou de le donner en exemple.

¹ Un exemple de roman par citations est Pnine de Nabokov¹ où un universitaire analyse un poème par des notes.

¹ Nabokov (Vladimir) : célèbre écrivain russe² d'expression anglaise, né en 1899 et mort en 1977. Il aimait les papillons, les échecs et le whisky.

¹ Ne pas confondre cet auteur avec Evgueni Nabokov, gardien de but de l'équipe de hockey¹ de San José.

¹ Hockey : sport qui se pratique en patins sur glace où l'on pousse un palet en suivant des règles incompréhensibles pour tout francophone qui n'est pas Québécois¹.

¹ Québécois : amateur de hockey, de base-ball et de football pas pour les gonzesses (voir soccer) . 

 

³ Parenthèse : signe diacritique qui isole une remarque adventice, secondaire et effaçable. Un exemple d'auteur qui abuse des parenthèses  est Claude Simon¹.

¹ Claude Simon : obscur écrivain français (1913-2005) que pour d'obscures raisons le prix Nobel a couronné et qui a empêché Hervé Bazin, Henri Troyat, Maurice Druon, Bernard Clavel d'être enseignés dans les universités américaines. 

 


Innombrisme

Un bel exemple d'innombrisme (néologisme de Pierre Hallet) : selon l'Union nationale de la propriété immobilière ma belle commune de Champignac serait celle où le taux de la taxe foncière aurait le plus augmenté depuis dix ans en France et l'UNPI est certaine de ses chiffres ! Mais quand on apprend comment ce taux a été calculé, on reste béat devant tellement d'amateurisme puisque l'on a pris l'avis d'imposition d'une seule personne, laquelle avait bénéficié d'une exonération partielle il y a justement dix ans. Cela pourrait paraître loufoque au pays de Pierre Dac, mais ce n'est pas vraiment drôle pour le monde économique et politique local qui met en avant ses bons chiffres, car l'information continuera à être colportée malgré les rectificatifs (il y a déjà des traces sur la Toile). 

De Grammatica (2)

J'ai parcouru le rapport Bentolila et je pointe les modifications de terminologie, sans rentrer dans le détail de la philosophie de ce texte.

— Distinction entre les adverbes modificateurs de verbe et les adverbes qui servent de mots de liaison. On propose de réserver le terme d'adverbe aux premiers et de parler de connecteurs (puis, enfin...) pour les seconds. D'une part la classe des adverbes ne se limite pas aux adverbes en -ment, mais c'est l'aspect le plus simple. D'autre part, les adverbes modificateurs d'adjectifs sont importants, or ils ne sont pas mentionnés. Pourtant, il faut bien en parler dans le cadre des expansions du nom pour écrire une description par exemple ou un énoncé connoté, ensuite cela implique des opérations logiques (moins, égal, plus). Enfin, c'est absolument nécessaire pour un réinvestissement en anglais, car c'est une notion que les élèves maîtrisent mal alors dans cette langue. Le terme de connecteur est jargonnant, mais la réflexion sur l'aspect de mot-outil est pertinent, cela reprend en réalité ce qui s'est déjà fait dans la grammaire de texte, certains auteurs citaient de tels mots à la suite des conjonctions.

 — Les déterminants. Le rapport propose de ne plus parler d'adjectif démonstratif, possessif, etc., mais de déterminant démonstratif, possessif. Moi, je veux bien, mais cela implique alors de changer les dénominations dans les autres cours de langue... En outre, ce n'est pas ce qui permettra aux parents et grands-parents d'aider les enfants dans leurs devoirs, contrairement aux déclarations du même rapport.  Le partitif qui est une notion complexe sera réservé au collège, ce qui est assez normal.

 — Les adjectifs qualificatifs ne participent plus à l'expansion du nom, mais à son enrichissement. On ne parlera plus de groupe nominal étendu, mais enrichi. C'est juste un ravalement de façade. En revanche, ces adjectifs n'auront plus à subir la concurrence des adjectifs déterminants puisque la désignation de ces derniers aura changé, mais dans la pratique c'est ce qui était déjà fait. Le rapport ne souffle mot des compléments du nom déterminatifs et des subordonnées relatives déterminatives, la notion est passée depuis longtemps aux oubliettes.

— Les connecteurs. Ce sera une grande catégorie où l'on range les prépositions et les conjonctions (plus les adverbes de liaison. Je trouve cela très vague...

— Les compléments essentiels : aucun changement, sauf la disparition du complément d'objet second remplacé par le complément essentiel d'attribution, c'est un retour trente ans en arrière, mais ce n'est pas négatif. La notion de COS n'a jamais bien pris car le COS n'est pas forcément précédé d'un COD et il devient alors COI.

— Les compléments du nom : encore une catégorie fourre-tout comme les connecteurs. Cela remplace les expansions du nom, mais on trouve dedans le complément du nom (qui fut appelé un temps complément du substantif).

Présenté ainsi, il n'y a pas de grands bouleversements. Il y a des aspects positifs comme l'abandon du COS. Des contradictions avec les déterminants ou les connecteurs. Des impasses notamment sur les adverbes. Des hyperonymes confus comme les connecteurs, les compléments du nom. Les opérations demandées restent dans la lignée de la grammaire transformationnelle : déplacement, effacement, substitution ,addition. On est loin de l'analyse grammaticale par simple étiquetage. Bref, ce n'est pas exactement une machine de guerre contre la grammaire textuelle, mais il y a aussi ce dont le rapport ne parle pas. Or il semble concerner plutôt l'école primaire car un exemple de la terminologie pour le cycle III est donné dans une partie, mais si cela concerne aussi le collège, on peut se poser des questions. Néanmoins, le mot anaphore est cité comme devant être abordé au collège (ce qui me semble pertinent), l'instituteur parlant de reprises (la notion est quand même essentielle).

mercredi, 29 novembre 2006

Py (2)

Il y avait à Sommepy

Un savant qui calculait Pi ;

Il tournait en rond,

Et donc vigneron

Il se fit par simple dépit. 

Le nez qui voque (1)

Glâné au hasard de leurs œuvres pour l'édification (érection) des races (d'Érasme)

“Ah comme la neige a neigé

Mon cœur est consumé de givre,

Qu'est-ce que le spasme de vivre

À la douleur que j'ai, que j'ai ?” (Émile Nelligan, de mémoire.)

“Ah !” (Colette.)

“Je me...” (Barrès.)

“Oh !” (Platon.)

“Sur la...” (Mauriac.)

“Ich...” (Hitler.)

“Ils... ne... la... votre... votre... leur...” (Musset.)

“Ah !” (Sand.)

“Il fait...” (Gide.)

“Les Messieurs de vos a semblez...” (Iberville.)

“Un estourdi plein de présomption angloise...” (Iberville.)

“Nous rencontrâmes un baleinier Américain qui faisait la pêche à la baleine.” (Léandre Ducharme.)

“L'auteur sollicite l'indulgence pour la qualité de cette production.” (Léandre Ducharme.)

“Le beau n'est pas nécessairement difficile à faire. Le beau n'est pas nécessaire. Le beau n'est pas. Le beau nez !” (Auteur imaginaire.)

Quel est celui de ces deux pronoms démonstratifs qui est le meilleur : cela, ça ? Si c'est ça ce n'est pas cela et si c'est cela ce n'est pas ça.

Un ciel de lit regarde un ciel et lui dit :

— Je ne suis pas un ciel de lit. Je suis un ciel.

Un ciel qui ne voulait pas être pris pour un ciel de lit par les autres ciels, regarda les autres ciels et dit :

— Je suis un ciel. Je ne suis pas un ciel de lit.

Je ne suis pas un homme de lettres. Je suis un homme.

 

Réjean Ducharme 

 

Py

Il y avait à Sommepy

Un vacher qui tirait les pis

À saigner les vaches.

Mais une se fâche

Et d'un pied lui fit sentir pis. 

Sauvons-nous des éditorialistes !

Le brillant éditorialiste du Nouveau Bobobservateur qu'est Jacques Juillard vient de commettre deux superbes bourdes en prétendant sauver la grammaire. Comme son journal devient une maison de retraite pour journalistes totalement dépassés, il se doit de ronchonner en vitupérant contre une époque qui n'existe pas et en rappelant une époque qui n'a jamais été.

Les inventeurs sont avant tout des nommeurs, dit Nietzsche, et l’on ne voit pas très bien en quoi la substitution des "déterminants" à l’article,

 On n'a jamais substitué le déterminant à l'article. D'ailleurs quel article ? le défini, l'indéfini, le partitif ? Ces articles ont une fonction de déterminant dans la phrase, ce n'est pas leur nature. On parle de déterminants depuis les débuts de la grammaire latine, mais la fonction de déterminant peut être assumée par d'autres mots ou groupes de mots comme pour les déterminants du nom : les adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, numéraux ordinaux et cardinaux. Si le jeune Jacques Juillard n'a jamais entendu son enseignant de français ou de latin parler de déterminant, voire de proposition subordonnée relative déterminative, c'est qu'il a dû être sacrément inattentif en classe et qu'il réinvente sa grammaire du passé... 

de "groupes propositionnels obligatoires ou non" au classique complément circonstanciel, etc. ajoute à la connaissance de la langue.

L'inattention de l'élève Juillard se vérifie quand on voit qu'il confond une préposition et une proposition. La proposition est un groupe de mots organisés autour d'un verbe dans le cas de la proposition verbale, autour d'un sujet et d'un verbe pour une proposition indépendante. La préposition introduit un nom ou un verbe en relation avec un mot précédent. On est confus de devoir rappeler des notions aussi élémentaires, dignes d'un élève de sixième... Le fait de parler de groupe obligatoire ou non n'a rien de surnaturel : la grammaire traditionnelle distinguait déjà il y a cinquante ans les compléments circonstanciels qui se rattachent directement au verbe et qui ne peuvent être supprimés ou déplacés (je pars à Paris) de ceux qui se rattachent à la phrase et qui sont effaçables ou permutables (demain, je pars ; je pars demain). Rien de nouveau. En quoi le mot préposition serait-il plus barbare que celui de circonstance ? Et qui dit que l'enseignant ne trouve pas des mots plus simples pour le dire, exactement comme cela se fait depuis Jules Ferry ? qui dit qu'il est prisonnier de son manuel et des mots de son manuel ou de son programme ?

Deux exemples, deux erreurs, deux approximations, deux mensonges, cela fait beaucoup dans un article qui n'offre rien de plus concret. On peut allègrement disserter de la grammaire en se fondant sur des souvenirs totalement faux et sans même regarder concrètement ce qui se fait sur le terrain, dans les salles de classe, ce à quoi ces mots se rapportent, comment et surtout pourquoi ils sont utilisés. Mais bon... vaticiner sur des nouveautés pas nouvelles, c'est la mode du temps et cela fait croire que l'on est encore anticonformiste alors que l'on ronchonne sans raison.

Première à répétition

Pour cette première, les rendez-vous se feront à raison d'un vendredi par mois.

C'est fort bien car ainsi les participants de la dernière de la fin de l'année auront aussi droit à une première.

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