mardi, 31 octobre 2006
Hairen (4)
Celui qui prend le chemin de l'exil...
Nul n'est plus malheureux, plus démuni,
N'ayant ni père, ni mère, ni sœur ni frère.
Rencontre-t-il une belle étrangère,
Aussitôt la voilà qui se voile et s'enfuit.
Imaginez un arbre qui se meurt :
Ses feuilles changent de couleur,
Elles sèchent puis tombent,
Dépouillant l'arbre de son ombre.
Nahabed Koutchak
17:43 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, poésie, poème, arménie
La proximité, toujours
La proximité vient encore de frapper, les NMPP veulent multiplier les points de vente de proximité ! Mais bon sang ! qu'est-ce qui ne serait donc pas un point de vente de proximité pour la presse ? Est-ce qu'il existe des points de vente de lointanité ?
16:33 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française
Que faire des crétins
«Beaucoup de garçons de café meurent sans avoir vu s'accomplir leur rêve d'établissement.»
«Le Chinois est doux, poli [sic], ami de la joie, mais poltron, vénal, vindicatif.».
D'autres perles de Pierre Larousse sont lisibles en ligne, par exemple ici (cela tourne surtout autour du sexe pour ces extraits) où on cite Que faire des crétins par Pierre Enckell (qui écrivait sur ce blogue il y a quelques mois) dans la collection Points-Seuil.
13:45 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : langue française, dictionnaire, lexique
Champignac, numéro un
Cela mérite d'être signalé : le Petit Champignacien apparaît maintenant en première position des pages affichées par Google si on tape simplement Champignac. Bien entendu, cela dépend des heures (je ne garantis pas que cela va rester en permanence) : si je ne fais pas de mise à jour pendant plusieurs heures, je rétrograde au profit du grand prix du maire de Champignac. Quand j'ai commencé chez H&F, je devais me trouver dans les dix premiers résultats déjà, mais au fur et à mesure j'ai grignoté les places sur le site de Franquin, les éditions Dupuis, Wikipedia... Il n'y a pas de quoi en tirer de la fierté, mais un enseignement : la force de frappe d'un blogue est sans commune mesure avec celle d'un site Web traditionnel, du fait de l'entrelacement des liens et de la démultiplication des pages dans les archives, les agrégateurs, les annuaires. La présence du mot Champignac dans l'adresse URL joue énormément aussi (mais il existe un autre blogue Champignac, nettement moins bien classé car moins souvent mis à jour). On pourrait comparer cela à du Google bombing, à force d'écrire le nom dans le titre des billets et surtout comme premier mot, accessoirement dans le texte (qui est moins bien sondé par Google que les titres), voilà ce qui arrive. Or, lorsqu'on sait que les trois quarts des internautes ne vont pas au-delà de la première page de résultat, que le tiers ouvre seulement la première référence, on est en droit de se poser des questions sur le bon maniement des outils de recherche.
11:50 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (52) | Envoyer cette note | Tags : web, blog, internet
Petit problème d'arithmétique élémentaire
« Nous sommes à la période de -50 à 0 avant J.-C, le début du règne de l'empereur romain Auguste ».
Sachant qu'Auguste n'est devenu empereur qu'en -31, qu'il est mort en 14 de l'ère chrétienne, que le Christ est né entre -6 et -3 avant lui-même, que le zéro n'existait pas dans la numération romaine, qu'un moins zéro est hautement improbable et que la date an zéro n'existe pas en histoire, calculez l'âge du journaliste.
11:15 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias
lundi, 30 octobre 2006
Hairen (3)
Songeant à mon exil,
Je ne puis que m'asseoir et fondre en larmes.
Loin de chez moi, j'ai couru, j'ai coulé
Comme l'eau. Dieu seul connaît le chemin
Menant à ma demeure...
Qui me nouera sur le cœur une croix ?
Qui de ses mains me couvrira de terre
Pour que j'accède à l'éternel repos ?
Le jour, je suis comme la flèche,
Toujours volant où l'on me lance,
Jusqu'au bout de la trajectoire...
La nuit, pareil à l'arc, gisant sur le sol nu,
La corde détendue...
Nahabed Koutchak
18:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, poésie, poème, arménie
C'était à Khorsabad
Qu'est-ce que le titre du dernier Alix vous inspire ? Pour moi, il y a plusieurs niveaux de lecture dans cet intitulé et cela renvoie à l'ensemble de la série, mais je préfère que les autres cherchent. Je préviens, c'est passablement embrouillé (comme la vue de ce pauvre Jacques Martin).
13:52 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : bd, bande dessinée
CCN3
Normalement, on écrit l'ordre d'un souverain en chiffres romains : Louis XIV, Napoléon Ier. Cette règle typographique est combattue de manière argumentée par quelques personnes comme Pierre Hallet, avec lequel je me suis disputé à ce sujet, mais il faut bien constater que l'usage tend à imposer les chiffres arabes. Je l'avais déjà constaté lors de l'élection du nouveau pape et c'était souvent lié à l'abréviation JP2, B16 (on dirait un nom de bombardier). De toute manière, il arrive souvent que les chiffres romains ne soient pas compris, combien de George Vé et d'Henri Yves ?
En Champignacie, il existe un centre culturel Napoléon III où se déroule entre autres un festival de l'opérette et un des chansonniers. C'est dire le niveau. Déjà, culturel et Napoléon III, pour moi c'est un oxymore ! Je veux bien qu'une partie de ma région tire sa richesse du glorieux passé militaire de Napoléon-le-Petit, mais enfin on ne peut pas considérer l'opérette comme un genre majeur, novateur, frondeur et subversif, même si Offenbach... d'accord.
Alors, ce fameux centre culturel est régulièrement abrégé en CCN3 dans les blogues, les forums sur des sujets profondément champignaciens dont se contrefichent les neuf dixièmes de mes lecteurs. Pourquoi ? D'abord, parce que c'est plus court. Ensuite, parce qu'on lit tout de suite le chiffre alors que CCNIII ferait penser à une société (compagnie créole de Nimportnawak pour l'intelligence innovante dans l'informatique), une commission administrative un peu obscure (conseil consultatif national sur l'internet interactif et international). Que CCN3 soit aussi une protéine n'effleure personne.
Mais voilà, l'Oignon (pour ne pas le nommer) vient de franchir un seuil : il évoque le centre culturel Napoléon 3, cela sans aucune abréviation. Je sens que cela risque fort de devenir la norme. Je le déplore, car on se coupe d'un passé.
12:15 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : langue française, presse, média, médias, journalisme
dimanche, 29 octobre 2006
Hairen (2)
Orange douce, orange amère
Ô la saveur du fruit de l'oranger !
Mais si l'arbre est stérile,
Si tu demeures
Bouche cousue
Où trouver la saveur ? Et si
Tu meurs, comme pour toi moururent
Tant d'amoureux,
Adieu, saveur...
Nahabed Koutchak
17:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, poésie, poème, arménie
Un problème relatif
Nous prenons au hasard une missive d'un lecteur, et oh ! surprise ! il s'agit de Jean-Claude.
Mon cher et estimé comte, j'ai un grave problème à vous soumettre. Je suis chargé de rédiger le bulletin de liaison de l'association des amis de l'UMP de la ville de P*** et je suis fort ennuyé. Je dois retranscrire le discours de notre grand Nicolas Sarkozy en Lozère et je trouve cette phrase : “Vous êtes la France qui respectez la loi.” J'ai l'impression qu'il y a une faute de grammaire puisque ce n'est pas du tout le genre d'accord que m'a enseigné mon instituteur en blouse grise, mais d'un autre côté je suis déchiré car cela voudrait dire que ce sauveur de la Nation a pu se tromper et ne parle pas correctement le français. Que dois-je faire ? Expliquez-moi comment abréger mes tourments entre ma fidélité à l'école de mon enfance et celle au héros qui nous délivrera enfin de soixante ans de dictature socialiste. Je ne puis désavouer celui qui doit nous tirer des ténèbres et il ne peut vraiment pas s'être trompé, mais d'un autre côté ma vie n'aurait-elle donc été qu'erreur avant lui ?
Mon cher Jean-Claude, il n'y a pas lieu de tergiverser : l'usage fait loi et on se fixe d'abord sur les bons auteurs. Nicolas Sarkozy a amplement prouvé qu'il était un grand auteur historique avec son Mandel qu'il a vraiment écrit de sa plus belle plume, tout seul, sans aucune aide, sans aucune récriture, du premier jet. Il est d'ailleurs honteux qu'on ne lui ait pas attribué alors le Prix Goncourt ou qu'il ne figure pas sur la liste des nobélisables. Comme c'est un grand écrivain, il ne peut se tromper et il faut donc changer les règles de grammaire pour que cela corresponde à son expression et à sa pensée : le verbe d'une proposition relative ne s'accorde pas avec l'antécédent de son sujet, mais avec le mot le plus important de la phrase. Il est vraiment temps d'installer une vraie rupture dans l'Éducation nationale et c'est une occasion pour changer les habitudes. Il nous faut dire non aux privilèges acquis des antécédents de pronoms relatifs. La France ne pourra gagner que grâce à cette audace et ce courage !
16:50 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : humour, ump, politique, langue française


