samedi, 30 septembre 2006
Miss Monde contre l'ONU
Comment 200 pays peuvent-ils participer à l'élection de Miss Monde alors qu'il n'y en a que 192 à l'ONU ? Au fait, dans quelle tenue étaient Miss Vatican, Miss Ordre souverain des chevaliers de Malte, Miss Émirats arabes unis ou Miss Iran ? Et est-ce que Miss Somaliland, Miss Front Polisario, Miss Tibet, Miss Casamance ont pu concourir dans cet étalage de viande crue ?
22:55 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : humour
Les rêveuses
Le texte de Claudel est extrait de l'Œil écoute, recueil d'essais ; l'article avait été publié dans la NRF en janvier 1939 sous le titre "Quelques exégèses". Claudel décrivait ainsi la reproduction dans son journal en décembre 1938 : « Une femem qui dit le Benedicite, les yeux fermés devant une table servie : pains (l'un coupé, l'autre entier), pichet, plat avec jambon, assiette, couteau en surplomb, à l'extrémité un livre, un tablier, une sonnette. » Il ne fait aucune allusion au détail qu'il juge essentiel ensuite. Dans l'article, il ne parle plus de prière, mais la religion est rappelée par une surinterprétation allégorique de ce qui est pour lui une sonnette. En juillet 1933, il en parlait ainsi dans son journal : « Autre Maes, une femme en rouge, priant devant la nourriture : une écuelle, deux ?, du saumon, des pains. Au mur un sablier, des clefs. » On notera la transformation du saumon en jambon avant sa disparition : le pain avait un sens plus symbolique pour lui. La sonnette n'est pas encore présente.

Qu'est-ce qui a intéressé Claudel dans ce tableau ? Bien sûr le recueillement, mais ce n'est pas simplement un recueillement religieux comme le montre le changement de titre de Une vieille femme en prière ou Une femme en prière à La Rêverie. Claudel a fait trois voyages aux Pays-Bas en 1933 et 1934. À chaque fois, il a évoqué dans son journal puis dans son "Introduction à la peinture hollandaise" (même recueil) de 1935, les tableaux de Nicolaes Maes qui présentent des femmes seules et concentrées sur des occupations soit domestiques, soit spirituelles. Les éléments très concrets du repas l'ont retenu, il prend autant de soin à les énumérer que les objets dont il donne une lecture religieuse alors que ce sont des objets ordinaires. Le second point qui a pu le retenir, c'est le comique de la situation : une femme perdue dans ses pensées qui va voir toutes ses prières et tous ses efforts ruinés en un instant par le chat dont elle ne se préoccupait pas. Le sens comique de Claudel existe (confer Protée ou l'Ours et la Lune), même s'il est un peu lourdaud. Il a trouvé dans ce tableau la traditionnelle opposition entre le haut (la prière, les objets qui rappellent l'esprit, le temps) et le bas (le repas, l'animal). Le troisième point, c'est la présence des clés. Or Claudel est l'auteur d'une exégèse de la clé, il emploie aussi le terme dans un de ses essais. C'est un hugolien et comme tout hugolien, il voit le rôle symbolique de la clé, en écartant bien entendu son sens sexuel ou son sens politique. Dans les quatre tableaux de Maes que Claudel décrit dans son journal, il revient à chaque fois sur le détail des clés. La clé, c'est celle qu'il veut donner au lecteur.

Ce tableau est ainsi décrit par Claudel : « Une autre liseuse de N. Maes, cette fois de face. Il y a toujours la clef et dans le renfoncement un flambeau, une cruche et des livres fermés. Sur la table un gros livre ouvert (la Bible, Amos), à côté d'un tambour de dentellière (la raison humaine qui entrecroise les fils ?), mais qu'elle ne lit pas, car elle a les yeux fermés. La main recourbée sur la bouche. Au mur, un objet indistinct que je crois être un robinet (ayant un rapport avec la cruche et la clef de la cave). » Claudel ne retient pas ici le thème de la rêverie, mais transforme celle-ci en réflexion religieuse. La femme est ailleurs, les livres sont clos ou renversés, les clés ne sont pas rangées : ce qui est souligné, c'est l'absence du regard et les femmes de Maes dans ses scènes domestiques ne regardent jamais le spectateur, la scène que l'on voit n'est pas celle du personnage. Ainsi de cette autre toile, la Servante endormie ou la Servante paresseuse.
Ce tableau-ci présente lui aussi un thème comique, mais cette fois la composition est plus proche du théâtre puisque l'on a un personnage qui s'adresse au spectateur de manière frontale, que l'on observe dans l'encadrement d'autres personnages qui pourront être les témoins de la scène et qui pourront observer le désordre, car c'est bien de désordre dont il s'agit, exactement comme pour les deux premiers tableaux. Pas de clés ici, aucun livre, mais simplement la femme qui n'est pas là, qui ne nous voit pas. Ce tableau est à rapprocher de celui-ci de Vermeer.

Cette toile, la Jeune fille assoupie, a d'abord été décrite comme la Servante ivre, assoupie à sa table. Justement par analogie avec le tableau précédent de Maes. Or on ne trouve pas trace d'ivresse dans ce tableau ou de condition ancillaire, mais c'est comme toujours chez Vermeer une occupation qui ne dit rien, une scène qui possède une histoire sans aucun signe sur ses causes, un regard qui ne se préoccupe pas du spectateur (sauf bien sûr la Jeune Fille à la perle ou au turban). C'est un moment seulement, et ce qui importe c'est le jeu de la lumière, la disposition des cadres, la répartition des couleurs. Chez Vermeer, on n'est plus dans la scène de genre comme chez Maes : on entre dans la peinture comme langage propre. Maes n'est pas le peintre religieux et allégorique que Claudel veut voir, c'est un peintre de transition qui prend des sujets quotidiens en mélangeant les aspects profanes – le repas, l'auberge, la broderie ou l'épluchage des légumes ! – avec des aspects plus spirituels comme les livres, très présents dans les intérieurs néerlandais de l'époque. Mais Maes pose déjà la question du regard sur les toiles.
14:50 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : art, arts, peinture, littérature, écriture
La langue des éléphants
Non, on ne va pas parler du combat des chefs au PS. Normalement, la langue des dresseurs d'animaux sauvages – et notamment de fauves – dans les cirques est l'allemand puisque le cirque a été créé en Russie par des Allemands et des Roms germanophones. On n'a pas la même tradition dans les zoos, mais enfin... le zoo de Zürich est situé dans un canton alémanique. Or il se trouve que le directeur du zoo de Zürich a décidé que la langue dans laquelle les dresseurs dirigeront les sept éléphants du zoo sera... l'anglais ! Cela rappelle le comportement farfelu de Giscard d'Estaing s'adressant en anglais à ses chiens et le montrant, tout fiérot, sur les étranges lucarnes. Mais cela en dit long sur le fait que l'anglais est devenu la cinquième langue de la Confédération, surtout chez les germanophones.
10:38 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, allemand, langue allemande, suisse, zurich
vendredi, 29 septembre 2006
Hêsukhia
Hêsukhia ne blogue plus. Ou plutôt ne blogue presque plus. Il donne momentanément un signe de sa présence ou de sa disparition, une image qui se déforme ou qui s'évanouit ou qui échappe aux souris, des mots qui se disposent au hasard et qui ne seront plus les mêmes dans le même ordre. Ses archives ont disparu; Il n'y a que la page d'accueil. Chaque apparition d'une fausse note sur un sujet insignifiant est juste un signe de l'instant avant l'effacement total. Bien sûr, on lui écrit, on lui répond : tu ne vas quand même pas nous quitter, tout supprimer ? Mais il a déjà commencé à effacer tous les commentaires anciens en effaçant ses notes. Hêsukhia court, une image après l'autre, chacune supprimant l'ancienne, et peut-être sans image à la fin. Il écrit encore dans les commentaires et là sa logorrhée le reprend puisque l'idée d'une absence pousse ses amis à lui demander de répondre. En n'étant plus présent, il devient plus présent.
19:51 Publié dans Les caractères des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, internet, humour, web
Notes de passage (3)
J'avoue, monsieur, qu'il y a un genre de lettres dont je m'accorderais mieux que les autres, mais ces lettres-là ne sont permises qu'à mon cœur, et si ma main a eu l'audace de lui en dérober quelques-unes, un imprimeur ne doit pas être le dépositaire de ce larcin. Quand les lettres tendres sont trop indifférentes, elles sont faibles et ne méritent pas d'être imprimées. Si au contraire elles sont trop passionnées, celui qui les reçoit en est assez jaloux, ou du moins le doit être pour les sauver de l'impression.
Mais quand il serait possible que le seul homme qui a des lettres tendres de moi en fît si mauvais ménager qu'il vous fût possible d'en faire imprimer sans mon consentement, croyez-vous qu'une lettre qui est belle aux yeux d'un amant parût telle aux gens désintéressés ? Non, monsieur : il y a certaines fautes dans les lettres d'amour qui font leur plus grande beauté, et l'irrégularité des périodes est un effet des désordres du cœur qui est beaucoup plus agréable aux gens amoureux que le sang froid d'une lettre raisonnée. Croyez-moi donc, monsieur, avouez que mes lettres amoureuses sont trop tendres pour être exposées à d'autres yeux que ceux de l'amour même.
Madame de Villedieu en 1667, si j'en crois Jacques Drillon
18:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture
La patte avide du chat
Pour le jeu de fin de semaine, j'ai choisi un peintre peu connu, mais qui fut l'élève d'un autre bien plus célèbre. Le tableau qui est décrit porte un autre titre que celui qui lui a été donné par l'écrivain : ce dernier s'est trompé et il a attribué à cette œuvre le titre d'une autre toile du même peintre, avec le même type de personnage dans une autre pose. D'ailleurs, le second tableau (qui possède plusieurs titres, mais le titre en français dans l'original est le plus connu) a lui-même inspiré un troisième peintre célèbre, du même pays. Vous voyez que l'affaire est compliquée. L'écrivain ? Eh bien ! disons que tout le monde ne l'aime pas, par exemple une blogueuse qui est pourtant représentée en abîme dans le tableau. Je trouve la confusion intéressante car elle montre le détournement fréquent de notre auteur vers son idée centrale. D'ailleurs, le thème ou le second titre du deuxième tableau ne pouvait que lui déplaire.
C'est une vieille femme, les yeux fermés, les mains jointes, coiffe et guimpe blanches, manches rouges bordées de noir qui prie toute seule devant ce repas solitaire qu'elle s'est préparé à elle-même. Il y a deux pains, l'un intact et l'autre entamé, un pot de soupe, il est bien chaud, à côté de cette assiette blanche, un pichet, et attention ! sur le rebord de la table un couteau oblique, dont le manche surplombe le vide. Au mur dans un enfoncement les objets symboliques, chers à notre X, qui sont un sablier, deux livres, l'un fermé, l'autre ouvert, deux clefs, et une sonnette en qui je n'ai aucune peine pour ma part à voir symbolisée la Résurrection des Morts. Mais toute l'explication de la composition est dans le coin de droite en bas.
C'est presque invisible, un chat, qui de la patte attire à lui la nappe, déterminant ainsi, dans une direction accentuée par le couteau, un triangle dont l'évasement embrasse toute la composition, la géométrie lumineuse du bas correspondant au déversement ténébreux de la partie supérieure.
Ici donc, comme dans beaucoup de tableaux hollandais, il y a à la fois immobilité et mouvement, un état d'équilibre miné par l'inquiétude, dans l'espèce la patte avide du chat.
14:55 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, art, arts, peinture, écriture
jeudi, 28 septembre 2006
Charabia, mon amour
Je donne de nouveau quelques extraits du dernier méfait du pire cacographe de l'Oignon :
— QUATRE-VINGTS places de stationnement supplémentaires permettant ainsi de répondre à un besoin: avec, notamment, la mise en œuvre de cette donne née de la concertation, le député-maire Bruno Bourg-Broc donnera les trois coups de la création de la Zac (zone d'aménagement concertée) Jean-Talon.
— Close est en effet la collecte des observations sur ce secteur rive-gauche, situé face à la brasserie, avec aujourd'hui le lycée comme figure de proue.
Je n'ai pris que les deux phrases les plus horribles, mais le reste est aussi écrit dans une syntaxe bancale et absurde.
18:47 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, presse, journalisme, grammaire, média, médias
Notes de passage (2)
LE POINT DE SUSPENSION
Pour Jeune K.
Lorsque je me suis éveillée, je l'ai vu tout de suite, au... Il avait l'air un peu stupide, un peu inutile, trop désigné, comme ceux qu'on... Un fait certain – et j'aime les faits certains, quoi qu'ils... – c'est que je ne supportais plus de le voir au dessus de...
Je me suis donc levée, et j'ai... Je me suis frictionné le cou, lavé les oreilles, les dents et les aisselles, comme si de rien n'était, mais ma tête... Comment ai-je pu... A la suite de quelles hésitations, voilà ce qui...
Bref, la matinée se passe de cette manière, à ces menues occupations presque automatiques, mais un peu vaines, qui font la vie de...
Ensuite, je me suis appliquée à bien observer les carreaux rouges dont le sol est irrégulièrement couvert, ces carreaux en hexagones qui me rappellent ma... mon... Mon but était d'éviter la porte, parce que je savais pertinemment que si la... Tout de même l'habitude me faisait... Une fois les carreaux observés, dénombrés, rangés par catégories, il fallut bien... J'étais assise sur le lit, les mains ouvertes sur les genoux, et je les regardais sans pouvoir... Il est vrai que je ne les ai jamais...
Cinq heures sonnèrent au gros cartel Empire posé sur... L'angoisse me prit alors brusquement, me rougit le visage d'un coup, comme... Désespérément, je cherchai à penser aux... à relier les... Mais cette chose au-dessus de moi, qui me menaçait... Mon corps se vrillait de l'intérieur, je croyais devenir... C'était là, à la verticale de ma tête, et je ne parvenais pas à la... Il eût fallu l'exorciser, la... Rien ne me rassurait, la sueur m'inondait le visage... Le tremblement me prit et ne me lâche qu'au moment de...
Pas avant six heures, je fus tout à fait calmée et prête à... Ce que je fis, après que j'eus senti dans ma poitrine... Je me penchai donc, et tirai la... Je la déroulai sans hâte, car ma résolution était prise, enfin la croyais-je tout du moins, en... Maintenant, il fallait...
Je montai sur la chaise, la seule qu'on ait.. Je passai la corde dans le...
Puis, je donnai un coup sec à la chaise, sans...
Afin de, pour une fois, dans ma vie, terminer une phrase tout en restant suspendue.
Jacques Drillon
18:29 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, ponctuation, humour
Vrac francophone
Le sommet de la francophonie apporte son flot d'articles. On trouve dans l'Express un entretien avec la ministre française, Brigitte Girardin, le propos est convenu, creux et rempli d'autosatisfaction à la fois. Même tonalité chez Abdou Diouf dans le Petit Journal, le journal des Français à l'étranger. Le fait que la francophonie est devenue une sorte de monstre qui a plus des visées politiques que linguistiques ne les dérange pas. On préférera à ces discours informes et mollassons le libre propos de Cerquiglini qui souhaite une réappropriation de la francophonie au sens linguistique par les Français.
Le sommet est dominé par la question du Liban et le président Lahoud a très mal pris le fait qu'on ait invité son Premier ministre et non lui : il accuse Chirac de lui en vouloir. Le Figaro s'en fait l'écho comme le Monde ou Libération, Dans les journaux arabes, on accuse aussi Harper. Mais parallèlement, le président Gbagbo boycotte le sommet et envoie son Premier ministre, d'autant que Chirac demande des élections plus honnêtes en Côte-d'Ivoire. Il y a là un curieux mélange des genres, d'autant que le Soudan a demandé à devenir observateur et que cet autre conflit doit être évoqué.
Bien entendu, on retrouve le mythe de la Roumanie francophone et francophile, ici et là. Cela repose sur une vision très partielle et partiale de l'histoire roumaine...
Chirac annonce aussi une charte pour l'accueil des étudiants étrangers, mais ce qui n'est pas dit c'est que les conditions pour obtenir un visa ont été durcies depuis deux ans, notamment en imposant un examen linguistique dont les frais sont à la charge des étudiants. De la même manière, on demande aux autres pays de ratifier la convention pour la diversité culturelle, et on oublie la charte européenne des langues minoritaires et régionales qui n'est toujours pas ratifiée par la France. On a l'impression d'un double discours où les belles paroles tiennent lieu d'actes.
18:05 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française
mercredi, 27 septembre 2006
Notes de passage (1)
Rêvé de C. P., j'ignore pourquoi. Peut-être parce que le discours du maire, hier soir, m'a fait rire. C. P. prend souvent un mot pour un autre, surtout quand il parle à la radio. C'est parfois très cocasse. Dans mon rêve, je l'avais mis à la tribune de l'Assemblée nationale. Dans la nuit, je me suis répété son discours pour ne pas l'oublier, et je riais tout seul, en dormant. Cela donnait à peu près cela (j'en oublie sans doute !)
« Ce musicien est entouré d'une pléthore d'instrumentures. D'ailleurs, la presse de son pays l'a monté en flèche, et sans qu'il ait eu besoin de marcher sur les brisées de ses collègues, avec lesquels il s'est coltiné dans sa jeunesse. Le jazz, c'est son carré d'orties ; il s'y réfugie dans ses moments d'isolation, de tristesse, tout comme à l'instar de Samson François. Mais ses collègues l'ont agonisé d'injures : ils sont peu compréhensibles, et nous rabattent les oreilles de ses fraxes, si j'ose dire. Lui n'est pas condescendé à leur répondre, avec son magnanisme adverbial. S'il l'avait fait, il les aurait décimés par une hécatombe. »
Jacques Drillon
19:29 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, langue française, humour, écriture


