mardi, 31 janvier 2006
Bach en automne
J'ai connu jadis les jours de marches, les ormes vers le soir énumérés
De borne à borne sous le soleil chromatique,
L'auberge à la nuit où fument quenelles de foie et cochon frais.
Jadis à libres journées j'ai marché jusqu'à Hambourg écouter le vieux maître
Haendel en chaise de poste s'en est allé
Distraire le roi de Hanovre ; Scarlatti vagabonde dans les rues d'Espagne
Ils sont heureux.
Mais à quoi serviraient les pédales des orgues, sinon
À signifier la route indispensable ?
Sur ce chemin de bois, usé comme un cavalier, chaque jour que ce fût
Sous les trompettes de Pâques ou les hautbois jumeaux de Noël
Sous l'arc-en-ciel des voix d'ange et d'âmes
De borne à borne répétant mon terrestre voyage, j'ai arpenté
La progression fondamentale de la basse.
Au-dessus de la route horizontale par où les négociants partent non sans péril
Marchander aux échoppes de Cracovie
Les perruques, les parfums, les peaux apportées des éventaires de Novgorod,
Seule l'alouette s'élance dans la verticale divine.
Avant qu'à la suite de son Soleil
Hors de la tombe, de l'ordre, l'âme éployée ne parvienne à jaillir.
La terre apprise avec effort est nécessaire.
Jean-Paul de Dadelsen
19:15 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Championnat de ligue zéro
Bientôt, selon que vous parlez flamand ou français à Bruxelles, vous ne pourrez plus jouer dans la même équipe de football et surtout dans le même club. Un pas de plus vers l'Apartheid... À quand deux équipes de football distinctes pour représenter la Belgique dans les championnats ?
16:35 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Le sommeil de la raison
C'est un entrefilet qui a attiré mon attention sur les Goya, les récompenses du cinéma espagnol. J'ai fait un petit tour dans Google Actualités et j'ai trouvé 37 articles sur Goya. 12 concernaient le peintre, 2 un film anglais qui porte son nom, 2 employaient le nom du peintre dans des comparaisons. On trouve encore 1 styliste prénommée Goya et... 5 mentions de Chantal Goya ! Elle existe donc encore ? Il nous reste donc 15 articles sur le cinéma espagnol. Ce qui est fort peu pour le cinéma d'un pays voisin possédant une grande langue de culture. Le Nébuloscope présente un paysage très contrasté : si Francisco est bien représenté, Chantal est de la même taille et les plus gros mots clés sont pour elle (sauf artistes ou art, bien entendu) ! Mais les prix espagnols ont une part restreinte. Que s'est-il passé pour que l'actualité de Chantal Goya connaisse un pic ce mois-ci ? Et pourquoi est-elle encore plus souvent citée que le peintre ?
15:26 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Nos ennemies, les bêtes
Il y a quinze jours, je parlais de la grippe classique, distincte de la grippe aviaire. Libération fait très fort avec ce titre : « La grippe toute bête arrive dans l'Hexagone ». Toute bête pour dire que cette grippe est simple, banale. Mais hum... le jeu de mots avec les bêtes qui transmettent le virus H5N1 s'imposait-il vraiment ?
11:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Anticlérical (46)
Il y avait à Saint-Serein
Un sacristain, un vrai serin
Vraiment sans cervelle ;
Toutes les nouvelles,
Même un décès, le laissaient serein.
Saint-Serein est l'église de Bethon.
06:15 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Anticlérical (45)
Il y avait à Saint-Nicaise
Un chanoine aimant ses aises
Détestant les piques,
Qu'on fasse la nique
Lorsqu'il s'asseyait sur sa chaise.
Saint-Nicaise est une église de Reims, elle porte le nom d'un des premiers évêques.
06:10 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Anticlérical (44)
Il était à Saint-Théodulphe
Un moine cultivant les ulves
Dans un bénitier
Comme un saladier.
Le supérieur maugréait : « Umpfff... »
Saint-Théodulphe est l'église de Villiers-aux-Nœuds. Les lecteurs apprécieront la rime en -ulve que j'ai su habilement éviter.
06:00 Publié dans Limericks champignaciens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 30 janvier 2006
Le chemin
Tout paraît sans recours
Tout meurt tout se poursuit
La solitude pleure
Mais l'arbre vit
Et la graine en silence
se nourrit sans savoir
qu'elle est pour nous semence
Aveugle et sans espoir
elle vit son chemin
qui n'est que de croissance
Et n'a pas de projet
Rêve obscur qui se pense
Ne sachant même pas
qu'elle est toute espérance
Puissé-je en mon désert
être graine et connaître
ce même amour sans voix
Et cette voie sans pas
Georges Haldas
18:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Chienne d'année
Il convient de célébrer dignement l'année du chien par des mets de choix.
Sachons respecter les traditions ancestrales. Bon appétit !
17:05 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Contrex et ville
Poursuivons les histoires d'eaux minérales. Il en est une qui a fait de sa dénomination géographique une marque : Contrexéville est devenue Contrex, mon partenaire minceur en 1954. Le slogan correspond à la cure d'amaigrissement. Le nom abrégé suit une formation populaire traditionnelle, mais il reprend aussi la terminaison sonore en -x d'un grand nombre d'autres produits. Lorsqu'on regarde le graphisme de la marque, on l'identifie à ses lettres de taille inégale. Cependant, ce graphisme n'est pas neuf : il reprend en fait les formes qui étaient utilisées juste après guerre comme on peut le voir sur cette affiche. Toutefois, la hampe du t a été réduite par la suite et le nom s'inscrit entre un C enveloppant et un X dynamique. Tout aussi intéressant, on constate que le rose d'origine a disparu. Ce rose rattachait l'eau bleue à la roche gréseuse des Vosges.
Le X de Contrex est devenu suffisamment significatif qu'il a entraîné une modification de la communication de la mairie de Contrexéville. Celle-ci présente un logo particulier sur son site. Ce logo a été élaboré il y a un an, il montre un C enveloppant et en forme de cours d'eau, un X penché imitant celui de la marque, le V majsucule en forme de jet d'eau est une reprise de l'ancien logo de la marque Contrexéville. Pour que l'identification de la ville à la marque soit plus forte encore, le e de liaison entre Contrex et ville est dans une couleur différente, ou encore il est abaissé sur le titre du magazine municipal. La marque ne tire plus son prestige du lieu, mais le lieu de la marque : c'est la ville de la Contrex. 
14:30 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


