vendredi, 02 octobre 2009
Le chafouin et le pitre
Il est parfois beau le pseudo-anticonformisme de pseudo-gauche de Marianne, il s'autorise de belles approximations et de beaux amalgames afin de faire croire qu'il est totalement indépendant et qu'il ne reepecte pas les réputations établies. Ainsi, sous la plume de Philippe Cohen qui fait dans les raccourcis grossiers et racoleurs comme ceux que l'on peut trouver en commentaires que l'on appelle lourdement :
Le gouvernement de Giscard – sous l’influence de Simone Veil - qui a interdit le chagrin et la pitié, ce film de Marcel Ophuls.
1) Le film n'a jamais été interdit à la diffusion, mais il ne fut pas diffusé à la télévision et ce pendant dix ans. On l'a projeté en salle dans les circuits parallèles fort nombreux alors, et il eut le bénéfice d'un bouche à oreille à cause de ce refus d'achat pour la télévision à deux chaînes publiques que l'on apparenta à une censure tellement les mots étaient vifs dans les années soixante. Tout était censure alors.
2) Cela ne s'est pas passé sous un gouvernement Giscard qui n'a jamais existé, mais d'abord sous la présidence de Georges Pompidou et un gouvernement Chaban. Simone Veil faisait partie du conseil d'administration de l'ORTF alors et elle ne deviendra ministre que cinq ans plus tard seulement. Le film était autofinancé et devait ensuite être acheté par l'ORTF qui n'était pas propriétaire des droits, sans quoi le film n'aurait jamais pu être vu par des cinéphiles comme Woody Allen (ne cessant de le voir et le revoir et y traînant ses dernières conquètes amoureuses).
3) Le film a quand même été diffusé à la télévision sous la présidence Giscard à la télévision dix ans plus tard, lorsque Simone Veil eut quitté le gouvernement Barre. La coïncidence est troublante, mais on ne peut pas dire que cette présidence avait interdit totalement le film à cause de Simone Veil ou qu'elle était sous son influence.
Parler d'interdiction à propos de tout et n'importe quoi sans voir la réalité des faits, c'est s'exposer au ridicule et surtout au discrédit quand il y a de réelles censures dans les médias dominants, mais ici non le Chagrin et la Pitié n'a jamais été interdit du tout ! Pas plus qu'un film de Pierre Carle ou de Jean Vigo n'est interdit sur TF1 ! C'est juste la loi du marché et du conseil d'administration, le film était une initiative privée et c'est la loi du privé qui s'est appliquée. Mais tout est bon à dire dans les démonstrations fausses à dessein. La semaine suivante, Marianne prend une position totalement opposée et tout aussi courageuse. Et si Philippe Cohen se contredit une fois de plus, c'est que l'on lui en veut pour ce qu'il est et non pour ce qu'il dit, déclarera la courageuse et brave rédaction de Marianne qui lutte ardemment contre la langue de bois et le politiquement correct dans un grand élan patriotique journalistique digne des plus belles démocraties publications populaires.
00:09 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, histoire, cinéma; film, ww2


