vendredi, 21 mai 2010

Galerie de portraits de cyberdélinquants blogueurs

Voici le portrait d'un dangereux blogueur anonyme qui a osé publier les Provinciales sans même mentionner une identité fictive. Je trouve particulièrement inadmissible qu'on l'ait choisi pour illustrer un billet de banque alors qu'il se livrait à de purs actes de diffamation envers les RR. PP. JJ. et qu'il s'opposait au pouvoir en place.

En voici un autre, non moins dangereux : il s'est présenté sous le pseudonyme de maître Alcofribas Nasier afin de publier des blogues qui ont été fort heureusement brûlés en place publique par la volonté de la sainte Sorbonne. La preuve qu'il s'agissait d'un esprit pornographique, c'est que ses blogues ont créé des termes comme des propos rabelaisiens, un repas gargantuesque ou pantagruélique. Et ne parlons même pas des moutons de Panurge qui montrent combien il aimait insulter les contemporains qui ne pensaient pas comme lui.

Encore un cybercriminel : celui-ci aussi s'est présenté sous pseudonyme. Sa pièce le Tartuffe a été interdite deux fois, avec  juste raison, puisqu'il s'attaquait aux RR. PP. JJ., ce qui semble une manie chez ces détraqués vivant dans un monde virtuel. Lui aussi a fini en effigie sur un billet de banque et je ne comprends pas du tout l'odieux laxisme de ces temps socialo-communistes. Pis, on l'a soupçonné d'être un peu incestueux ou bigame. Ne surtout pas le donner en exemple à notre vertueuse et valeureuse jeunesse. Ses attaques contre la religion chrétienne, par exemple dans Dom Juan, et jamais contre l'islam, témoignent du fait que tout le monde devait devenir musulman selon lui. On le voit d'ailleurs fort bien à la fin du Bourgeois gentilhomme. Aujourd'hui, il défendrait l'intégrisme islamique.  

Et puis un autre enragé contre les RR. PP. JJ. qui n'osait pas signer de son vrai nom. C'est une manie chez tous ces délinquants. La meilleure preuve qu'il a passé sa vie en propos insultants, c'est qu'il a fait de la prison pour cela à la Bastille. Après quoi, il a pris la défense d'autres criminels sous les prétextes fallacieux du droit à la liberté d'opinion et de la tolérance des idées : Callas, le chevalier de La Barre. Et malheureusement, un régime maçonnico-marxiste nous l'a aussi imposé comme effigie d'un billet de banque. Comment avons-nous pu supporter  que tant de gens infâmes deviennent des icônes ?

Un des plus fervents partisans du précédent est ce blogueur qui a osé s'arroger un titre de noblesse qu'il ne possédait pas. Non content de diffuser les oeuvres fanatiques de son modèle, il s'est livré au trafic d'armes afin d'aider des terroristes qui avaient oser proclamé une Déclaration des droits de l'homme en Amérique ! Quelle insolence ! Quelle impudence ! Quel outrage ! Et je frémis en songeant qu'un journal centriste publiant des avis aussi modérés que ceux de MM. Zemmour, Slama, Adler, Rioufol puisse se réclamer par sa devise d'un tel esprit. Rappelons que ce blogueur a été interdit à de multiples reprises et que même l'album de gangsta-rap Le Nozze di Figaro par le bad boy de Vienne, Mozart, a été alors écrit en secret afin d'échapper à une juste et sévère sanction. On voit ainsi que les plus grands cybercriminels s'entraident et il faut mettre fin à ce système qui encourage les pires excès comme la remise en cause des privilèges fondés sur la naissance et donc justifiés par la volonté divine.

Plus grave, voici une blogueuse anonyme qui sous couvert de parler de la cour d'Henri II évoquait en fait celle de Louis XIV et qui prétendait écrire en plus de la fiction alors que les portraits de personnages étaient parfois fort ressemblants. Cela ne permet pas de se prémunir contre les accusations d'insulte ou de diffamation ! Notre admirable président ne s'y est pas trompé, il a déclaré qu'il avait beaucoup souffert de se voir imposer la princesse de Clèves, ce blogue vulgaire qui parle de fidélité, de sincérité, d'honnêteté et d'authenticité. L'examen intérieur est une chose trop obscène pour être livrée ainsi sur la voie publique.

Pourquoi en viens-je à évoquer ces tristes cas de dérapages de la part de blogueurs publiant sous pseudonyme ou dans le plus total anonymat ? Il existe une dérive de la Toile et nous avons vu qu'un certain nombre de ces blogueurs écrivaient n'importe quoi en estimant bénéficier d'une impunité totale sous prétexte qu'ils font de la fiction, qu'ils ne publient pas sous leur vrai nom. Il y a des choses intolérables que l'on ne peut tolérer : décrire comme le fait le prétendu Voltaire des scènes de massacre, de torture, de viol, cela ne se fait pas. Il y a une décence à respecter. Suggérer que le bas peuple puisse avoir des idées, une dignité, du savoir, de l'esprit et de l'amour, comme le fait le prétendu Beaumarchais, c'est inadmissible. Pisser sur Notre-Dame de Paris comme le fait le personnage de Rabelais, c'est un blasphème absolu et on se demande pourquoi il ne s'en prend pas plutôt à une mosquée. Dire que 2 et 2 font 4, qu'il n'y a guère d'autres vérités démontrables comme le fait Molière, c'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles face aux évidences théologiques ou se moquer de la foi du charbonnier. Voilà qui offense toutes les religions révélées. Quant à madame de La Fayette, son cas est éminemment grave : elle a plus bouleversé la scolarité de notre splendide président que Guy Môquet. 

Il était temps de réagir face à tant d'individus malveillants qui menacent notre occident chrétien civilisé. Un sénateur UMP y a pensé. Il propose une loi J'approuve totalement cette proposition qui me semble aller dans le bon sens afin qu'Internet ne soit plus le monde de la jungle. J'espère même qu'elle sera adoptée afin d'en montrer le ridicule. Comment espère-t-il que les 31 millions et quelques de Skyblogs soient en règle avec la loi ? Juste les Skyblogs, hein ! pas même les MySpace ou les comptes Facebook ou Twitter visant à lever l'anonymat ou le pseudonymat des blogueurs.

Cinq ans dans l'île au trésor

fiveontreasureisland.jpgCommençons à célébrer un anniversaire, celui du Petit Champignacien. Le 21 mai 2005 s'ouvrait le Petit Champignacien illustré (et non illustré alors) sur la plateforme québécoise de Monblogue. Une semaine plus tard, mon chef d'établissement faisait interdire ce blogue sur tous les ordinateurs éducatifs de France et de Navarre, puis je ressuscitais deux mois plus tard chez monsieur Hautetfort avec cette fois des illustrations et une accessibilité dans tous les micros de collège ou de lycée. Que dire au sujet de cinq années ? J'ai écrit quelque chose comme 5 300 billets et même plus. Le chiffre m'effraye, je pense que j'aurais dû être moins disert. J'ai enregistré 24 000 et quelques commentaires, il y a là une matière hénaurme si on fouille parce que certains commentaires apportent bien plus que les textes de départ et j'estime qu'un blogue vaut d'abord par ses commentateurs et non par ses trolleurs.

Ensuite, il y a eu des modifications puisque j'ai été plus présent sur Flickr il y a trois ans et demi (18 000 photos à peu près) et dans Twitter (4 400 et des pépettes de tweets) depuis un an. Mon expérience de Twitter me montre bien des choses. On peut ne pas avoir besoin d'écrire un billet dans son blogue. On peut aussi recycler plusieurs tweets dans un billet. On peut également les développer. Ce sont deux formes d'écriture différentes et complémentaires ou contradictoires. On ne dialogue pas alors forcément avec les mêmes personnes que dans un autre réseau et c'est justement ce qui est intéressant. Un lien que j'aurais donné dans mon blogue aurait fait un billet il y a cinq ans ou alors un article de forum Usenet il y a dix ans, je ne le fais plus parce que je fais confiance aux réseaux et aux systèmes de liens : cela se diffusera forcément. Une fois suffit si l'on est bien relié et il ne faut pas abuser de ses lecteurs, à mon honnête avis.

D'ailleurs qui sont les lecteurs du Champignacien ? Eh bien ! je n'en sais fichtre rien. Certains restent pour commenter, d'autres disparaissent après un tour (les trolleurs ou les publicitaires ne durent jamais longtemps chez moi, je ne les entretiens pas). Les plus réguliers ne me ménagent qu'à moitié lorsque j'ai dit une sottise, les autres se terrent sans doute de peur de s'attraper une volée de bois vert de ma part ou d'un de mes commentateurs. C'est un peu ce qui m'étonne : j'ai un lectorat important et très peu de commentariat par billet. Dans d'autres blogues, c'est la proportion exactement inverse, même et surtout si le sujet de billet est inepte ou navigue sur une actualité pipole. J'ai comme l'impression que certains de mes lecteurs doivent se dire : qu'est-ce que je peux raconter d'intelligent ici afin de conserver ma bonne réputation Internet dans ce blogue de gens hyper-cultivés et sans avoir l'air trop idiot ?Mais justement, je parle le plus souvent de sujets très très populaires, et je le prouve.

Je remercie Alice M. qui m'a suggéré cette illustration de manière indirecte, parce qu'elle va bien avec le fond de mon propos. J'ai déjà dit ici ou ailleurs mon admiration pour The Five. Le Club des Cinq en français. L'île au trésor, c'est ce que l'on voudrait tous trouver, mais elle est d'abord dans nos lectures, nos souvenirs, nos vacances ou périodes de vide. Qu'est-ce qu'un blogue sinon un morceau de temps chu hors de la réalité du travail ordinaire ? Il se trouve dans un état de vacance parce que l'auteur écrit durant son temps libre ou lorsqu'il n'est pas trop oppressé par un travail urgent. Il est libre parce que l'auteur qui a commencé un texte peut le finir comme il l'entend ou bien le poursuivre avec ses lecteurs et ses traducteurs. Un blogue, c'est une aventure, c'est une île et un trésor. Certes, on peut croire que l'on reste solitaire dans une île, mais pas si longtemps. Un blogue, comme une île, cela devient vite une aventure collective si on le veut. Et je voudrais remercier d'abord les gens qui m'ont répondu en me donnant des renseignements que je n'aurais jamais trouvés si je n'avais pas ouvert ce lieu. Pierre Enckell par exemple, je ne l'aurais jamais contacté directement et il n'aurait sans doute jamais su que je pouvais avoir quelques réflexions. C'est du hasard pur. Et c'est bien l'île au trésor.

Tout lecteur ou commentateur un peu sensé est cette île au trésor, parce que je me suis enrichi de choses que je n'attendais pas. Je suis sans doute aussi l'île au trésor d'autres personnes, mais je ne peux parler en leur nom.

vendredi, 19 mars 2010

MDA

J'attendais la nouvelle. Depuis un mois, jour pour jour, Marie-Dominique Arrighi n'écrivait plus de notes dans Crabistouilles, Journal d'une nouvelle aventure cancérologique. Ce matin, je pensais écrire un Tweet pour rappeler qu'on ne la lisait plus depuis trente jours. On la savait en unité de soins palliatifs. Je n'osais plus lire son blogue ou alors avec retard, encore moins le commenter. J'avais pris contact avec elle lorsqu'elle avait commencé un premier blogue, Consottisier où elle se moquait des publicités trompeuses, des fausses notices de produits, des noms à la mode, bref de l'univers mensonger de la consommation, car avant d'être responsable éditoriale des blogues de Libération, elle avait tenu la rubrique Vous dans le journal papier avec un humour ravageur. Elle avait eu le bon goût de lier mon blogue et je lui avais donc envoyé quelques commentaires, les noms de marques, les stratégies du langage publicitaire m'intéressent aussi et j'en parle à l'occasion. Ce que j'ignorais alors, c'est que je l'avais déjà citée dans le forum fr.lettres.langue.francaise, car elle avait commis plusieurs entretiens avec Pierre Encrevé, notamment au sujet de la liaison ou du chuintement final des jeunes femmes parisiennes. Elle est intervenue quelques fois ici en signant Marie-Do. Nous avons un peu correspondu en privé à ce moment-là et elle m'a fourni la matière de deux ou trois notes en me refilant des dépêches d'agence qui ne passaient pas dans la presse. Elle s'était montrée alors curieuse de connaître mes conditions concrètes d'enseignement, mes rapports avec l'administration ou la hiérarchie. Je découvre à présent que je la connaissais encore de plus longtemps : elle avait réalisé des émissions de France-Culture que j'écoutais : le Bon Plaisir, les Nuits magnétiques. Mais il avait fallu qu'elle passe par la Toile pour que je retienne son nom. L'année commence mal. Des gens que j'appréciais meurent : Ferrat, Kriss, MDA, Rohmer. Je ne fais pas un billet pour tous, je n'aime pas voir les blogues se transformer en rubrique nécrologique chaque fois qu'une célébrité décède. C'est un travers un peu indécent, une façon de commettre des billets aux sujets faciles et une manière un peu douteuse de faire de l'audience. Pour MDA, c'est un peu différent, j'avais échangé avec elle, tout comme auparavant j'avais un peu échangé avec Dominique Autié, autre blogueur décédé. C'est Pierre Marcelle qui rédige son portrait, elle l'a bien choisi : c'est l'une des meilleures plumes de Libération.

lundi, 22 février 2010

Des classiques en 140 caractères

J'ai découvert grâce à Calvero - du Post* - un compte Twitter intéressant twittclassic. Il vient à peine de commencer vraiment : il s'agit de résumer des classiques littéraires en 140 signes selon la contrainte de la longueur maximun des tweets**. Le style est en parler djeun's, avec du verlan, de l'argot, des abréviations, des anglicismes. La plupart des titres sont évidents, ils sont aisément discernables par le nom des personnages. Cela me rappelle un jeu que j'avais donné déjà ici et dans un forum, il fallait découvrir quels titres se cachaient dans mes résumés en une phrase, parfois en deux mots. C'est l'un de mes billets qui avaient le mieux marché : 86 commentaires, et cela sans aucune polémique.

* Oui, pour une fois, je peux dire du bien de quelqu'un du Post. J'apprécie les billets de Calvero qui se tient loin des pipoleries, des faits-divers sordides et de la politique des petites phrases à la petite semaine.

** Hier, Chantal Jouanno, ministricule de l'Environnement, aurait mieux fait de se taire, une nouvelle fois. Elle a déclaré : "Je me suis beaucoup interrogée de savoir si j'allais ou non utiliser Twitter. Twitter, c'est 120 signes écrits, donc c'est un SMS court. On ne peut pas dire grand chose." Eclat de rire général. On peut dire deux sottises en 169 caractères.

Post-scriptum :

Le lien vers ce billet sera l'objet d'un tweet bien entendu, Twitter cela sert aussi à donner des liens et à faire circuler une information. J''informe aussi que mon compte Twitter est en accès libre pour une période de deux ou trois semaines. Il s'agit d'une expérience, je verrai après si je le laisse en accès non protégé. Il faudra que je fasse régulièrement le ménage, parce que les pourrielleurs s'abonnent afin de se constituer des listes d'adresse, ils sont vite repérables ils ont des milliers d'abonnements et peu d'abonnés.

dimanche, 14 février 2010

Munéraire

Une école munérique, ce doit être une école dans laquelle on doit se battre pour étudier :

Charleville, nouvelle école munérique rurale dans le Sud-Ouest marnais Quand les clics remplacent les craies

 

jeudi, 11 février 2010

Le délicat féminisme du Post

Quand on ne sait pas trop quoi écrire, que faire ? Taper sur Le Post ! Il y a toujours du mal à dire au sujet du site poubelle du journal de référence. Même quand on est à court d'idées, on peut y trouver son inspiration tellement il y a à redire sur la forme.

Le Post divise ses billets et articles en cinq grandes catégories : Faits-divers, Politique (c'est le fonds traditionnel), Médias, Web (l'ancien Buzz qui permet de parler de pipoleries) et maintenant Conso. Or, c'est là que les choses commencent à coincer. Je lis les titres de la catégorie Conso. On y parle de prix, de marques, de publicité, de surcharge pondérale, de pouvoir d'achat, voire de grève, jusque-là rien de plus normal et légitime. Seulement, il y a quelques hic. 

- Quoi de plus excitant que de coucher avec des types qu'on ne connaît pas ?
- Le secret des amours de vacances enfin dévoilé.
- Pour aimer il faut avoir un intérêt financier ou professionnel.
- "Sois mère et tais-toi." Je dis non !
- Tu fais tellement vieille que tout le monde t'appelle Mireille Mathieu.
- Tu es juste jalouse parce que tu sais que je vais prendre mon pied.
- 6 % des couples ne veulent pas d'enfant, pourquoi ?

J'abrège, je ne retiens que les derniers, mais je garde le meilleur pour la fin :

- Elle met sa virginité aux enchères sur Internet... et accepte une offre de 32 000 $ !

Je m'étonne que les redoutables féministes qui lisent mon blogue ne se soient pas encore emparées de cette question. Parce qu'enfin... on parle là de féminité, de sexe, de maternité sous la forme consumériste. Certes, c'est du sous-Cosmopolitan avec des titres provocateurs ou racoleurs, mais dans les journaux dits féminins, il y a des rubriques Sexo. Ailleurs (dans les journaux sérieux comme celui de référence), on classerait cela prudemment en Société. Dans des journaux plus grand public, ce serait Vous ou Psycho. Mais au Post, c'est de la consommation. On est très décomplexés au Post. Les sentiments, cela peut faire partie de ce qui est monnayable et tarifable. Je m'étonne aussi que les virulentes féministes qui pestent dans leurs blogues au sujet d'un misérable foulard de rien du tout ne s'interrogent pas au sujet de l'existence d'une minute blonde qui me fait rire tant elle ressemble à un canular situationniste destiné à provoquer du bruit. Mais la blogobulle féministe s'empare de sujets plus importants, comme le fait d'être mieux représentée dans Wikio ou d'avoir un classement distinct dans Wikio (le tout avec des représentations assez peu flatteuses pour les catégories de blogues).

Mais malgré tout, classer, c'est penser et surtout construire la pensée des autres. Il ne suffit pas d'obtenir une bonne note dans un classement, il faut voir aussi quelle est l'idéologie présente dans le classement. Et là... ce n'est vraiment pas féministe, ou alors juste par goût de la provocation.

mercredi, 03 février 2010

Il écrit ses titres à la va-comme-je-te-pousse

Quel est le dernier truc ou tic d'écriture de titres du Post ? Voilà le genre de question que j'aime me poser en regardant le site poubelle du quotidien de référence. On connaissait déjà la forme interrogative qui appelle à la réaction ou le deux-points faussement explicatif ou la citation de propos de témoins ou d'interviouvés entre guillemets pour faire plus vivant, maintenant nous avons droit au storytelling. Je sais bien que pour Le Post, c'est du storytelling permanent mais cela ne se manifestait pas autant au niveau de la titraille. A quoi avons-nous affaire ?

- Il utilise la carte bleue de sa copine pour jouer au poker (Confessions intimes).
- Il se brûle avec les braises de sa cheminée...
- A 11 ans, il frappe un enseignant : la directrice appelle la police (Gros moyens).
- Perdu de nuit sur une mer de glace, il est sauvé grâce à une webcam.
- Trop de Noirs en NBA : il souhaite lancer une équipe 100 % blanche ! (Noir c'est noir).
- Alpes-Maritimes : dans la rue, il tue une femme et se suicide.
- Quatre secondes avant l'arrivée du train... ils arrivent à s'extraire de leur voiture.
- Il fait tomber la peau d'un fruit sur le trottoir : verbalisé !

Quel est le point commun entre tous ces titres ? Eh bien à chaque fois l'on utilise un pronom personnel sans donner de renseignements sur l'identité de la personne (dans le troisième cas, on peut supposer que c'est un élève de l'école, mais cela ne va pas plus loin). Nous avons des individus indéterminés au départ, nous ne savons rien du flambeur escroc, nous ne savons rien du promeneur alpin, nous ne savons rien du gros raciste étatsunien. Et nous voulons savoir. Cela fonctionne exactement comme les affiches-couvertures de Détective, de Qui ? Police et de Spécial Dernière que l'on regardait éberlués en rentrant de l'école : "Elle découpe au couteau électrique l'amant de sa mère qui la violait depuis des mois sous les yeux de son fiancé consentant". De grands moments de poésie... Pas de noms, pas de qualificatifs, juste une histoire dont on voudrait connaître un peu plus les circonstances. De purs anonymes qui pourraient être vous et moi. Et puis des verbes d'action en priorité. Et avant tout du présent de narration pour rendre la scène plus présente sous vos yeux.

Le fait-divers se prête admirablement à ce type d'exercice. Mais enfin... lorsqu'on regarde les titres. Le 1 est une escroquerie banale. Le 2 un incident domestique qui arrive des centaines de fois (et je suppose que l'on va avoir droit à une longue compilation de toutes les brûlures comme lorsque Le Post avait adopté la recension systématique des morsures par des molosses). Le 3 se passe de commentaire, cela arrive au moins une fois par semaine sur le territoire français. Restent deux vrais faits-divers un peu spectaculaires et un qui est insolite. Là, on a la matière d'une histoire un peu originale, mais le reste est surdimensionné. Qui voudrait s'intéresser à une histoire d'accident domestique ou de duperie comme il en arrive tant chaque année ? Il faut donc que cela fasse plus histoire. Pour cela, on laisse planer le doute sur l'identité des personnages avec le pronom personnel et on engage déjà le lecteur dans la construction de l'histoire à venir par une phrase verbale. On se projette dans ce qui n'existe pas encore.


mercredi, 27 janvier 2010

Comic Sans : un scandale des droits de l'homme qui dure depuis trop longtemps !

Il est plus que temps de lancer un nouveau grand débat national autour de notre identité. Pour ce faire, j'ai choisi une victime exemplaire : la police de caractères Comic Sans. Je ne suis pas le premier à demander son interdiction complète. Il est temps que ce scandale cesse !

Pourquoi réclamer cette interdiction dans les documents publics ?

- Comic Sans ne permet pas l'utilisation du gras, de l'italique ou des deux attributs ensemble, à la différence de presque toutes les autres polices.
- Comic Sans ne permet pas l'emploi de capitales accentuées, elles ne sont pas dans sa casse.
- Comic Sans est une police qui présente en apparence un aspect respectueux et affectueux du fait de son imitation de la forme ronde des caractères dans les bulles de BD, mais cela ne peut faire sérieux qu'auprès d'enfants de moins de dix ans.
- Comic Sans ne se trouve que dans de mauvais blogues remplis aussi de WordArt, de ClipArt, de gif animés, de pourriards ou de Java qui vous mangent toute la mémoire de votre PC.
- Comic Sans ne correspond précisément à aucun caractère écrit par des lettreurs de BD, mais à une forme moyenne (calculée principalement sur l'échelle de Walt Disney) et le lettrage en BD n'a de sens que par rapport au dessin présent dans les cases. Un lettrage uniforme de BD hors du graphisme d'un dessinateur n'a aucun sens.   
- Comic Sans dans un courrier administratif donne l'impression au lecteur qu'on le prend pour un demeuré. C'est absurde dans le cas d'une lettre de licenciement, de mise en demeure.

Bref, la police Comic Sans avilit et abaisse les lecteurs et les scripteurs à la fois ! On ne peut plus la tolérer dans des documents publics. Elle bafoue les valeurs humanistes auxquelles nous croyons. Elle ne correspond pas du tout à notre degré de civilisation.

C'est pourquoi, je demande :

- la mise en place d'une commission parlementaire ;
- la constitution de réunions publiques en préfecture ;
- une déclaration solennelle du chef de l'Etat (avec discours d'Henri Guaino à l'appui) ;
- une résolution de l'ONU ;
- la formation d'une force armée spécialement consacrée à l'éradication de cette police de tous les PC ;
- l'instauration d'un fichier international des utilisateurs de Comic Sans afin de tracer le parcours de tous ces dangereux individus ;
- leur proscription de la Toile ou de tout accès à un matériel informatique après un avertissement.

Après quoi, nous pourrons lancer aussi un grand débat national contre le WordArt. 


dimanche, 17 janvier 2010

Le porte-parolat du Mouvement populaire au travail

L'UMP ou plutôt le Mouvement populaire, comme l'a rebaptisée son secrétaire général, possède deux porte-paroles. Je dois avouer qu'ils sont fort consternants. Ni l'un, ni l'autre ne maîtrisent le moins du monde la langue française alors qu'ils sont censés défendre la trop fameuse identité nationale.

Commençons par le plus catastrophique des deux, l'inévitable Frédéric Lefebvre. Le Mouvement populaire présente un encadré J'Aime/J'aime pas* que l'on devine calqué sur la syntaxe présidentielle qui déteste les négations complètes et j'y lis ceci dans la catégorie J'aime.

Ma Femme Valérie , mes enfants Quentin et Alix …et toute ma famille.

Première conclusion, Frédéric Lefebvre n'aime pas la typographie et les règles de ponctuation ou de mise en majuscule. Cela se vérifie ensuite dans son parcours où il ne croit pas bon et juste de terminer ses phrases par des points et où il fait suivre chaque deux-points par une capitale pour bien mettre en valeur sa fonction par un titre ronflant. Mais le meilleur vient ici :

Député des Hauts-de-Seine (après qu’André Santini soit nommé Ministre )

Frédéric Lefebvre et la syntaxe, cela fait deux aussi. Je sais qu'il déteste l’injustice, la malveillance, le sectarisme, les envieux, la mauvaise foi, l'égoisme [sic]. Mais il ne devrait pas lui être interdit de consulter parfois un livre de grammaire ou un dictionnaire.

Passons à son comparse un peu moins haut en couleur, Dominique Paillé. Il nous apprend ceci :

28 mai 1956 : Naissance à Les Aubiers (79) où la douceur de vivre et la sérénité de la population ont bercé mon enfance

et :

Mars 1989 : Maire de Les Aubiers, retour aux sources pour une vingtaine d’années et début d’une carrière d’élu

Personnellement, je ne ferais pas confiance à un maire qui ne sait pas utiliser la syntaxe correcte pour parler du nom de sa commune. Bien entendu, lui aussi déteste l'injustice et cela semble un leitmotiv dans tous les profils du Mouvement populaire. Ils sont tous fort originaux...

* Ce genre de catégorie est digne des cahiers d'adolescentes pré-pubères qui sont encore en train de chercher le grand amour ou des Skyblogs qui ont des modèles de textes à écrire tout faits.  


samedi, 16 janvier 2010

Si on ne peut dire non

Dans le système Loïc Le Meur, il y a une chose que l'on retrouve partout : le refus du mot non et de tous les mots négatifs. Un truc élémentaire que l'on apprend dans les écoles de commerce (cela prend deux ans, tellement il faut s'adapter au niveau des étudiants...) Donc quand LLM demande de le rejoindre sur sa plateforme Seesmic je me pose des questions en voyant son message pour Twitter. On me demande de confirmer en cliquant et il n'y a strictement rien pour décliner l'invitation ! Comme je ne suis pas encore complètement idiot, je me dis qu'il y a forcément un piège. Et il se trouve là : "Click the link above to give us permission to send you information." Oui, vous n'avez pas besoin de choisir de vous désabonner ou de décliner l'invitation, mais si vous vous abonnez vous allez recevoir alors des catalogues de pubs non demandées parce que vous aurez souscrit au contrat qui peut être toujours révisable. Moi, durant mes études littéraires, j'ai appris à écrire non et à bien l'affirmer. Mais cela n'existe pas dans ce système hypocrite : "If you do not want to confirm, simply ignore this message." On pêche des adresses au hasard par un robot et puis on demande en anglais (!) de faire comme on veut. Mais ce que je veux, c'est ignorer ces messages intrusifs qui s'apparentent à des pourriels. Ma culture est d'abord francophone, elle est en faveur de l'opt-in et non de l'oup-out, je n'ai jamais demandé à Loïc Le Meur de venir inonder mon compte Twitter de milliers de publicités, je ne crois même pas que Loïc Le Meur soit derrière ce message automatique de sa plateforme, et en fait je m'en fous totalement. Je veux parler à des humains, pas à des robots ! Je dis encore non. Et cela ne fera pas de moi un héros pour autant.

Du rôle du deux-points

Le Post a tenté une journée sans points d'interrogation dans les titres, mais n'a pas tenu très longtemps. Il a ensuite tenté une journée sans deux-points et c'était encore plus difficile à tenir. Mais à quoi peuvent donc servir les deux-points dans un titre ? se demandera le jeune lecteur sagace et futé. Apprends donc, jeune lecteur sagace et futé, que le Petit Champignacien a mené l'enquête pour t'apprendre à décrypter (comme on dit à @rrêt sur images) tout ce qui fait l'actu (comme on dit chez Demorand). Le Post est un observatoire fascinant et répugnant pour cerner l'avenir de la presse : on y voit les nouvelles méthodes d'écriture et celles-ci s'illustrent d'abord dans les titres, les étiquettes et les liens.

Que veut dire un deux-points pour le commun des mortels ? En premier, c'est l'introduction d'une citation après mention du locuteur.

- Vincent Peillon : "Si je faisais des coups médiatiques, ça se saurait".

 

Le problème, c'est que les citations ne sont pas forcément sourcées dans le titre.

- Marche silencieuse pour Hakim : "Hakim n'aurait pas souhaité une vengeance".

Remarque ici, jeune lecteur sagace et futé, que j'ajoute un point à la fin des titres. Normalement un titre est sans point, mais ici on a des citations entre guillemets qui auraient dû être terminées avant par le point même s'il n'était pas présent dans le discours. C'est un léger problème de forme, on ne critique pas les titres, on les clique ou on les lie ! Et un point final, c'est une source d'erreur possible pour un lien parce que cela se voit mal dans une URL. Le problème vient ici qu'en fait la deuxième partie n'est pas vraiment une composante du texte qui n'affiche que le premier élément dans la titraille. Il s'agit donc d'un ajout de la rédaction pour rendre le billet du posteur plus attractif que par le seul élément purement informatif et cela ne modifie pas l'URL.

Mais pourquoi ajouter donc une citation non sourcée dans le titre ? me demande alors le jeune lecteur sagace et futé, cela n'apprend rien ! Certes, mais la citation entre guillemets fait tout de suite plus vrai, c'est du témoignage, en brut, en vrai, en direct. Il s'agit d'un procédé courant et classique du journalisme, on place une phrase prononcée ou écrite soit en titre, soit en exergue par l'intertitrage et cela agit sur les cellules nerveuses comme un appel (croit-on). Le lecteur attisé par ce stimulus se précipite alors sur la page en question. Il a quelque chose qui lui est offert à ronger comme un os pour un chien. Le fait n'est pas propre au Post, mais aussi au fameux journal de référence du soir lorsqu'il accorde des tribunes à nos grands décideurs de la chose publique.

La distinction est plus complexe. On a d'abord la notion de rubriquage.

- Haïti : le monde du sport et des people se mobilise.

Là, cela se complique parce qu'il existe aussi des titres sans deux-points et pourtant avec rubriquage.

- Levallois-Perret Bardot joue le mépris avec Balkany.

Quelle différence entre les deux ? Le premier n'a aucune étiquette, le second est tagué, classé dans une catégorie et certainement géolocalisé. Cela me semble triste pour Haïti qui aurait dû avoir son étiquette propre vu l'émotion que les événements suscitent. Le deux-points permet aussi de se situer dans les pages et il joue alors comme un ersatz de surtitre puisque les pages de liens ne permettent pas vraiment d'afficher la mise en page d'un journal traditionnel en papier. Est-ce que le deux-points a encore un sens dans ce nouvel espace de lecture ? Je n'y crois guère. Mais alors à quoi peut-il encore servir ? me demande le jeune lecteur sagace et futé.

Il faut en venir à la distinction sémantique thème-rhème. Le thème, c'est ce qui est supposé connu. Le rhème, c'est l'information nouvelle que l'on apporte sur le thème.

- Plus belle la vie : Qui Benoît choisira-t-il ?

Plus belle la vie, tout le monde connaît, et surtout pour dire qu'on ne regarde pas ou ne veut pas voir. C'est donc obligatoirement le thème et le rhème est le reste. Comme il n'y a aucune information dans le rhème, on peut se demander si le thème n'est pas général. Mais ce n'est pas toujours dans le même ordre :

- Une semaine d'actu sur le Post : qu'avez-vous retenu ?

Le rhème est alors le fait d'avoir lu certains faits de la semaine du Post et seulement de lui. Ce qui est fascinant dans les sites dits participatifs, c'est cette volonté de s'autocentrer : l'actu (comme on dit chez les branchouilles) n'existe pas chez les autres même si on les lie ou agrège. Cela existe aussi dans Rue89 ou Bakchich sous forme de récapitulatifs que l'on croyait réservés aux journaux papiers en fin d'année et de pseudo bêtisiers sur les étranges lucarnes. Le deux-points introduit là aussi un comportement communautaire que l'on peut relier à l'étiquetage. Je ne suis pas certain que ce soit un progrès.

Il y a d'autres choses à dire au sujet du deux-points (causatif ou conclusif), mais la pente de mon texte m'a entraîné ailleurs. Quatre ou cinq exemples ne font pas une démonstration, je me promets de revenir sur le rôle du deux points avec une autre perspective. Il y a de vrais problèmes de lecture, de classement derrière.

vendredi, 15 janvier 2010

Où l'on examine la taille des messages

Je veux écrire une réponse dans un blogue hébergé par Blogspot (Google donc) et on me répond que ma réponse est trop longue. Elle atteint "4096 characters" me dit-on dans une langue à laquelle je ne comprends strictement rien et que je ne veux surtout pas lire. Cela m'était déjà arrivé sur Le Post où la limite est de 2 000 caractères. Je veux bien admettre que ce soit une barrière contre des copicollages abusifs, des publicités malvenues, de la propagande déplacée à la mode @FLefebvre_UMP, des trolls que l'on n'aurait jamais voulu lire. Mais c'est une barrière idiote, elle n'arrêtera jamais celui qui veut déverser à tout prix sa prose puisqu'il sait dans le message d'avertissement où se situe la limite. Cela ne peut retarder que les robots et encore, ils ont aussi leurs messages d'erreur pour les humains qui reprendront cela à la main. Je peux comprendre que Le Post s'épargne bien des pourriels vu son trafic et décourage ainsi tous les sales pourrielleurs pornographes, nazis ou casinocrates de la Terre, je comprends moins qu'un blogue aussi confidentiel que le mien place une barre d'accès. Cela n'a pas de sens. Quand on a en moyenne une dizaine ou une vingtaine de réponses par jour, il est inutile d'employer les grands moyens des grands médias et de sortir le marteau des sorcières. Une bonne rétromodération suffit si on a le temps d'agir dans la journée et que votre hébergeur n'aime déjà pas les pourrielleurs. D'autant que les pourrielleurs font souvent très bref.

Je déteste profondément l'idée selon laquelle un discours devrait être dit dans un nombre de mots déterminé (selon la norme des concours administratifs et des examens publics où on doit en plus quantifier à la place de l'examinateur) ou de caractères (selon la norme anglo-saxonne et à présent universelle grâce à la Toile). Un discours de moins de 140 caractères et un de plusieurs milliers de mots peuvent se valoir, mais c'est à nous seuls qu'appartient le droit de le dire après les avoir lus. On peut vouloir s'inscrire dans un genre (le SMS, le haïku, le limerick, l'aphorisme, le slogan), mais pourquoi devrions-nous imposer à d'autres des règles qui ne correspondent pas à leur écriture du moment ? Je peux écrire en deux mots comme en mille et je n'aime pas devoir briser mon élan sous prétexte que j'ai atteint le nombre de caractères autorisés. Les formes brèves sont aussi légitimes que les longues et inversement. Le tout est de savoir ce qu'elles veulent dire, et ce n'est pas gagné parce que cela demande parfois de la discussion.

mardi, 12 janvier 2010

Renouvellement des chiens écrasés

J'ai appris avec consternation et indignation l'odieux attentat dont a été victime le malheureux compagnon à quatre pattes de mon collègue Guy Bedos (oui, on est confrères puisque l'on fait tous deux des revues de presse). Les journaux se sont tout de suite emparés de cette épouvantable tragédie qui concerne la France entière et ils ont eu parfaitement raison de dénoncer l'ignominie des assassins de ce paisible quadrupède pourtant profondément intégré à la réalité locale.

Le Post a bien compris qu'il était extrêmement important après cet atroce drame de la ruralité et de l'insularité terroristes réunies d'évoquer d'autres affaires non moins graves.
Le chien électrocuté.
Le chien explosé.
Le chien noyé.

On a évité le chien pendu, le chien empoisonné, le chien égorgé, le chien lapidé, le chien enterré vivant, le chien défenestré, le chien cloué à une porte de grange, et j'en passe. Les rédacteurs du Post n'ont pas trouvé suffisamment de faits-divers sur le même sujet dans la même journée. Il faut remarquer un fait : lorsque Le Post tient un thème, il cherche à le décliner de toutes les manières possibles durant plusieurs heures ou jours. Là, le thème était le chien maltraité et on a fouillé toutes les poubelles de la presse pour trouver des sujets voisins, parce qu'un pauvre petit toutou cela suscite l'apitoiement de bon nombre de personnes amies de certains animaux. La semaine prochaine, si le chat d'une autre célébrité est sauvagement assassiné par un chauffard alors qu'il pourchassait paisiblement un pigeon en bon chat qui se doit, ce sont des foules de félins qui fourniront la matière des articles. Puis on pourra décliner aussi avec le rat ou le varang d'une chanteuse gothique, si l'on veut.

On nomme rubrique des chiens écrasés les faits-divers sans grande importance pour le public. Le Post sait comment faire monter la sauce à partir de choses banales. Lorsqu'il est arrivé un accident dû à un molosse qui avait un peu trop taquiné les membres d'enfants en bas âge, il a tout de suite réagi en alignant une masse de faits-divers en quelques jours, tous sortis du néant, puis plus rien après. Comme si cela n'existait plus. Mais, pendant quelques jours, il a obtenu son lot de réactions de colère ou au contraire de défense. On va voir défiler toutes les occasions de mauvais traitements à animaux familiers ou NAC. Puis cela disparaîtra pour revenir plus tard. Cela marche par vagues. 

samedi, 09 janvier 2010

Petites corrections inaperçues

Il y a des changements dans le correcteur orthographique de Firefox. J'ai découvert cette semaine à la faveur de commentaires qu'il commençait à intégrer les capitales accentuées, j'ai ainsi écrit dans d'autres blogues les noms Épinal, États-Unis, Église, Étienne, et il m'a proposé la version exacte alors qu'auparavant il imposait la version en bas de casse pour état ou église, par exemple. On peut également écrire le e dans l'o ligaturés : Œuvres, œuvres

C'est un vrai progrès, mais il reste encore du travail à faire pour intégrer le c cédille capitale ou le a accentué capitale. Le premier devrait être aisé à obtenir puisque cela ne concerne presque qu'un mot, la forme abrégée de cela en tête de phrase. J'espère le voir cette année. Le second est plus compliqué, il s'agit aussi d'une question de syntaxe et de sémantique. Et ces changements impliquent l'augmentation d'un dictionnaire de base qui ne pourra jamais comprendre toutes les formes.

Je ne pense pas que l'option désactiver le correcteur orthographique soit très intelligente, même si on estime qu'il comporte des erreurs ou des lacunes. On raisonne toujours mieux à deux que tout seul et il vaut mieux avoir une autre lecture, même si c'est face à une machine. Ou sinon, on agit en robot de ses propres ignorances ou écritures à la volée.   

dimanche, 03 janvier 2010

Inventaire 2009 (2)

Le second semestre de mon blogue ressemble un peu au premier, mais en plus étrange et agité. Je n'ai plus eu de demandes au sujet de saint Nicolas ou des bredele en décembre, mais il suffirait que j'écrive de nouveau à ce sujet pour qu'il y ait de nouveau des requêtes.

Polémiques :

bobo 5,15% en juillet (kduc s'acharne pour trouver des traces de boboïsme chez moi), cela représente quelque chose comme 3 000 pages vues ce mois après toutes ses recherches les mois précédents et je me demande ce qui me vaut cet honneur. Il tenait pourtant tellement à m'étiqueter comme bobo...

Le Post : cela fait partie des choses habituelles depuis que j'ai sorti l'artillerie lourde contre ce pseudo-journal. Je peux ne plus écrire au sujet de ce machin, cela me poursuivra toujours et au fond je m'en moque.

Hervé Chabaud : il était prévisible que le grand éditorialiste de l'Oignon et sa famille se rendent sur le site du Champignacien, mais en fait ils sont restés peu de temps et n'ont pas cru bon de poursuivre puisque je ne fais pas de fixette sur le superbe historien. J'ai juste reçu un message comminatoire de la sœur Chabaud à laquelle j'ai répondu sèchement, cela s'est arrêté là et c'est tant mieux. Mais on pourra retrouver du Hervé Chabaud quand il sortira une nouvelle énormité, ce qui ne saurait tarder.

Pelleton : je me dispute depuis dix ans avec Bruno Guiblet qui publie dans Usenet sous le nom de Pelleton et il a fallu qu'il cherche les mentions de son pseudo alors que je n'ai jamais fait allusion à lui dans mon blogue sous quelque forme que ce soit. Il y a une forme de sottise qui m'étonnera toujours.

Thélès : là, c'est une polémique plus justifiée à laquelle j'ai participé avec Irène Delse contre une maison d'édition aux conditions plus que spéciales. Les responsables de cette maison sont venus inspecter mon blogue pour voir s'il n'y avait pas matière à délit étant donné que je les mettais en cause à la suite d'Irène.

Le français comme il se fait
infirmer confirmer, antéchronologique ou antichronologique,

Expressions :

quand même, avoir vocation à, vocation à, boire comme un polonais, saoul comme un polonais [je me demande ce que tous ces Polonais viennent faire ici], calcaire et expression, coup de calcaire, expressions : querelles d'Allemands [au moins c'est clair et précis], farpaitement, bon courage, flambant neufs, la nostalgie du passé, communication phatique, argot se calculer, groseille, expression bon courage [c'est bien de demander d'abord l'expression]

Mots rares :

rastaquouère, achodronplasie, displopie, paidophile, apophétie, metteure en scène

Francophonie :

insulte belge [c'est une manie ! il n'y aurait d'insulte que belge...], deuxième langue au monde [c'est mal parti pour le français], dictionnaire de rimes Belgique [pourquoi des rimes belges, je ne comprends pas], compléments circonstanciels

Langues étrangères :

clavier arabe, Google arabe, clavier arab, Maxime Gorki caractères russes, insultes néerlandais [cela change des belges !]

Citations culturelles obscures :
les désanimé, copie de la boîte de 1914-34, le garçon à la pomme, Heuvath, exance, tableau Vermeer, Léon Gambetta fautes de grammaire

Choses étranges :

bibelot kitsch, cerveau reptilien [cela vient du fait que j'ai cité la chanteuse aphone qui vantait les cinq ou six cerveaux de monmari], titit, ampoules [parce que j'ai sans doute parlé du recyclage des ampoules], slogans électoraux,

Noms de marques :

Roux et Combaluzier, Banania [j'ai du Banania un mois sur deux depuis que j'en ai parlé], beaujolais nouveau [comme de bien entendu, cela date de novembre]

Littérature :

le conte de Barbe Bleu [sic], Bob et Bobette chants, Monsieur Choc, Traduit de la Nuit, Comprenne qui pourra Eluard, les Armes miraculeuses, la Chouette aveugle extrait, créer acrostiches Bible

Grandes questions intellectuelles :
infractus du myocarde peu t il prendre l avion, vidéo de l'émission d&co de Valéry [sic] Damidot,
Anastasie conte enfant, jus citron yeux, grammaire historique, mysmo, tableau+profondeur, tatouage plume

Personnages et lieux célèbres :

Debouze, Aglaé et Sidonie, Alcanter de Brahm, Nicolas Demeurant [sic !], Russier [allusion à Gabrielle], Tarnac, Brunehaut [mais que vient-elle fiche dans mon blougue, je me le demande toujours]



samedi, 02 janvier 2010

Inventaire 2009 (1)

C'est la nouvelle année et voici le moment des inventaires avant soldes. Pour un blogue, cela consiste d'abord en statistiques et j'avoue que c'est proprement ennuyeux alors. Je préfère donner les mots clés les plus recherchés, parce qu'ils peuvent dire quelque chose. Mais attention ! Comme 80 % du trafic de ce blogue est direct (agrégateurs, favoris), cela n'a pas une grande signification pour déterminer le profil des lecteurs les plus réguliers, il s'agit alors de gens venus là par hasard et qui pour beaucoup ne sont jamais revenus.

Comme c'est un peu fastidieux, j'ai préféré livrer ce relevé en deux temps, voici donc seulement le premier semestre. J'ai aussi éliminé les mots clés qui renvoyaient directement au blogue. Les mots ou expressions se révèlent presque toujours pertinents : j'ai traité chacun de ces sujets, parfois sérieusement, d'autres fois non. Mais presque tous les mots sont présents dans au moins un billet ou un titre. Ce qui m'étonne, c'est la diversité des sujets, mais c'est un peu le reflet de ce qu'est mon blogue : une sorte de grand foutoir où l'on trouve des choses à la fois profondes et légères, miraculeusement sans liens directs avec l'actualité la plus immédiate. J'ai éliminé les doublons et j'ai procédé à une sorte de regroupement un peu arbitraire. Les capitales sont de mon fait.

Expressions :

quand même, ahem, battre froid, saoul comme un Polonais, sodomiser les diptères, défense de trépasser, doh, avoir vocation à, farpaitement,

Mots rares :
rastaquouère, le petit de buffle, enfreinte, alphabète, polisser, achodronplasie, baptistaire, cagade

Noms de marques :

Banania, Red Bull, tartiflette, Roux-Combaluzier, Vosgiflette, chanson y'a bon Banania, réglisse américain

Francophonie :

Québec, insulte belge, verbs irréguliers en française, dilf exemple exercice, accord du participe avec le verbe avoir, si conditionnel, dédier substantif [???]

Langues étrangères :

prononcer limerick, langues en voie de disparition, clavé [sic] arabe, clavier arabe

Littérature :

les Armes miraculeuses, papa coud maman brode, petit poème d'amour en français, la Sigale [sic] et

la Fourmi, Salut Galarneau, Traduit de la nuit, bd lexique, la Chouette aveugle, Caen ville au cent cloché [sic], Enlace moi que je renaisse Mahmoud Darwich

Polémique :

Leftblog, Agora Vox, Le Post, kduc, bobo, Vendredi, Gilles Borck

J'avoue que je me suis lancé dans des guéguerres tout azimut, contre le journalisme citoyen d'Agora Vox, contre la wikiomanie des Leftblogs, contre le contenu poubelle du Post, contre la manipulation des textes par Vendredi et je constate que certaines personnes recherchent aussi leur nom ou leur pseudo sur ce blogue afin de savoir si je dis du mal d'elles et comment. Gilles Borck est par exemple un petit élu UMP que j'ai cité une seule fois par hasard dans un relevé d'article de l'Oignon à cause de la guéguerre intra-umpienne rémoise, mais il doit veiller à son e-réputation.

Fêtes :

oeufs de, chocolat, oeufs de paqu, cloches

Cela correspond au mois de mars, j'ai toujours de telles demandes à cette période et décembre ressemble à mars.

Sémantique :

slogans électoraux, origine du mot frichti

Personnages célèbres :

Barraton, Alain Rey, Vasarély, Brunehaut, Aglaé et Sidonie, Alcanter de Brahm

Histoire :

l'histoire des avions

Incompréhensible :
titit, caniche, mysmo, shih tzu, maladie de Sharko, beurette en mal de sexe

Régionalismes : empierger, Michel Tamine le parle [sic] de Champagne, expressions lorraines


vendredi, 01 janvier 2010

Nouvelles Lettres persanes VII

De Rica à Usbek, à Alep

Bien cher Usbek, il n'est pas de jour sans que je sois assailli par des Français qui me demandent ce qui se passe en ce moment dans mon pays. Comment le saurais-je au juste mieux qu'eux, puisque je ne vois que ce qui se trouve dans les étranges lucarnes européennes et les gazettes ? Je leur répondais alors qu'ils disposaient d'une presse libre de toute pression politique, honnête envers ses lecteurs et indépendante des pouvoirs d'argent pour leur rapporter les faits tels qu'elle les constate. L'on me répliquait alors que ce n'était pas suffisant, que l'on ignorait la vérité puisque la presse persane est notoirement aux ordres du régime quand les journalistes ne sont pas arrêtés. Je me suis étonné : les journalistes français dépendraient-ils d'abord de la presse persane ? N'y aurait-il donc pas des envoyés extraordinaires ou des correspondants locaux ? Ne feraient-ils pas leur travail, quitte à être arrêtés pour espionnage, condamnés, puis renvoyés après maintes négociations chez le Grand Satan ? Si eux ne prenaient pas de risques pour informer le reste du monde, que ne risquerait donc pas un Persan qui tenterait de sortir des images de son pays ?

Bien plus surprenant, quelques publicistes français m'ont déclaré qu'ils étaient heureux d'assister enfin à une révolution en direct grâce à la messagerie de petits bleus Twitter. Ce service aurait permis de rassembler des foules de centaines de milliers de personnes aux quatre coins du pays et même faire se soulever les campagnes. Je me suis étonné, Twitter ne compte guère que dix mille abonnés en Perse, dont seulement un sur dix se révèle vraiment actif. Mais pas du tout ! me rétorquait-on, vous n'y connaissez rien, il y a trop longtemps que vous êtes sorti de Perse et vous n'avez plus de contact avec votre pays ! Tout est parti de Twitter afin de lancer les mots d'ordre et c'est extraordinaire de voir la première révolution deux point zéro. Il semble que les Français aiment beaucoup les révolutions, c'est l'un des peuples les plus révolutionnaires de la Terre, ils aiment et célèbrent leurs révolutions passées car ils en ont fait beaucoup afin de passer le temps et susciter la sympathie des autres peuples, ils aiment et soutiennent maintenant les révolutions des autres pour lesquelles ils trouvent des noms fort poétiques, bref, la révolution est une sorte de distraction comme une autre surtout quand elle se passe chez les autres. L'on m'a cité alors des exemples de messages écrits en anglais par des gens établis en Grande-Bretagne comme des preuves de la mobilisation par Twitter des foules populaires persanes qui ne parlent le plus souvent que le persan, l'arabe, l'azéri, le kurde. Comme je formulais de plus en plus de doutes sur la qualité de Persan des auteurs, on m'a accusé de ne pas être moi-même vraiment persan, car sinon j'aurais été capable de montrer moi aussi quelques minuscules billets ou des gravures figées et animées venues de Perse.

Dans un salon de la bonne société, chacun m'assiège et me demande des nouvelles de Perse que j'aurais reçues par le réseau des réseaux. J'explique alors que les communications ont été momentanément coupées, qu'elles sont souvent soumises au bureau de la censure. Ah ! ah ! s'exclame-t-on, nous en étions sûrs, c'est à cela que l'on reconnaît les dictatures, il serait grand temps que l'on vous libère. Chacun de s'enthousiasmer et de crier mort à la tyrannie, écrasons l'infâme et vive la liberté ! L'un de ces beaux esprits à la longue mèche noire et à la chemise blanche largement déboutonnée se propose de lever une brigade internationale de libérateurs à la seule condition d'avoir avec lui une équipe des étranges lucarnes pour le suivre lorsqu'il pose en treillis ou avec une veste reporter multipoche, et je me demande pourquoi il ne figure pas plus souvent dans les catalogues de vêtements. Un philosophe qui ne parle jamais qu'en citant un livre à la main, le directeur d'une station publique de boîtes parlantes, un marchand de réclames, une sous-vizirette aux robes de mauvais goût s'écrient en chœur : à bas toutes les censures ! jouissons sans entrave ! sous les pavés la plage ! L'ancien directeur d'une gazette du soir s'enthousiasme et déboutonne son costume trois-pîèces : nous sommes tous Persans ! Il est prêt à offrir son corps, pourvu que cela se passe à des milliers de lieues. Chacun d'affirmer sa solidarité la plus entière avec le peuple persan opprimé L'on m'assure alors que je dois m'estimer bien heureux de résider dans le berceau de la démocratie et le pays des droits de l'homme. Comme j'évoque la situation de quelques compatriotes dont le firman a été refusé par le vizir des dimmis et de la révolution nationale, qui seront renvoyés dans leur pays où ils risquent la mort, je sens un très grand froid de la part de mes interlocuteurs qui ne comprennent pas mon manque d'enthousiasme et de patriotisme, alors que je devrais agir en bon persan.

Serais-je donc un terroriste si je ne les félicitais pas de leurs choix judicieux à notre place ? Le directeur barbichu d'une autre gazette rompt le silence en déclarant que ce n'est pas grave, il suffira aux Persans s'ils sont en danger de le contacter par le biais de son compte Twitter dont il donne l'adresse et tout s'arrangera comme dans le meilleur des mondes possibles. Cela permettra alors de lancer une grande mobilisation et ainsi l'on démontrera l'utilité des outils deux point zéro. Je sors très vite et je tombe dans le couloir sur deux autres philosophes, père et fils, le premier recouvert déjà d'un casque de cheveux et ressemblant à la grande chanteuse locale Mireille Mathieu, ils m'assaillent de questions dont ils donnent la réponse aussitôt et me demandent si je suis prêt à mourir pour la Përse et donc pour la liberté et pourquoi je ne suis pas encore mort, aurais-je quelque chose à me reprocher ? Je balutie quelques mots pour dire que je suis retenu ailleurs et je me retrouve dans l'escalier face à un hippopotame que l'ascenseur avait refusé de monter à cause du poids : Alexandre Adler ! Comme il occupe toute la largeur de l'escalier, je ne peux que l'écouter et si je n'avais pas reflué vers l'ascenseur il était prêt à me convaincre que j'étais un espion soviétique et maoïste. Il me lance alors qu'il saura bien me retrouver sur Twitter et dira aux autres Persans que je ne suis pas un vrai patriote. Que de gens bienveillants pour notre pays, que de lumières voulant le guider et quelle admirable logique pour réclamer plus de liberté pour la Toile iranienne quand en France établir on songe à établir les mêmes usages qu'en Perse pour la Toile. Vraiment, nous sommes tous frères et il est si bon que le monde soit uni dans une compréhension universelle.

A Paris, le 6 de la lune de Chalval

jeudi, 31 décembre 2009

Sur les chemins aux sentiers qui bifurquent

Une chose amusante lorsque l'on ne dispose pas de son propre ordinateur hors de chez soi, c'est de découvrir certaines ressources que vous auriez négligées chez vous. Ainsi de la saisie semi-automatique dans Google. On cherche un blogue, on commence à taper son nom dans la fenêtre et des suggestions s'affichent par un menu déroulant. Or, ces propositions viennent des résultats de la base de données de Google Trends : plus une série de caractères a été demandée auparavant, plus elle sera aisément mise en avant. Je parle de chaîne de caractères et non pas de mots, de noms, de locutions ou de phrases, parce que cela peut ne pas être quelque de sémantiquement ou syntaxiquement fondé. Parfois, il suffit de deux lettres pour qu'une suggestion soit offerte, la séquence Tw- me donne le choix entre tous les Twitter et tous les Twilight, mais non les nombres twelve ou twenty que l'on aurait pu croire plus fréquents. Ils sont juste moins demandés dans cet enchaînement (Twenty year girl devrait pourtant bien fonctionner, mais il faut sans doute écrire twenty en entier pour qu'un nouvel embranchement se crée). Parfois, c'est au bout d'un seul mot ou deux que la machine devine ce que vous auriez pu écrire et qui est en réalité ce que les autres ont écrit. L'algorithme peut se révéler totalement muet, ou bien se déchaîner presque à chaque mot si vous écrivez une phrase. C'est un outil fort capricieux. 

J'avoue que chez moi, je déteste la saisie semi-automatique qui me transformerait en une sorte de robot de ma machine avec des phrases ou des mots déjà enregistrés. En outre, cela a le don de briser tout élan de la phrase lorsque l'on tape un texte ou toute démarche volontaire lors d'une requête. Néanmoins, si on l'applique aux noms de certains blogues et sites participatifs un peu longs ou complexes, on a des surprises. Voici donc ce que je trouve en cherchant certains d'entre eux. Le vrai nom du blogue ou du site a été volontairement effacé. C'est à vous de retrouver le nom caché, c'est souvent facile.

Vous voyez  tout est bien  South Park  la page au lieu du site attendu

Crise dans  le couple  le couple que faire  le bâtiment  un couple  le notariat  les transports  le monde  le BTP

En attendant  Godot  minuit  bébé  l'or

Langue   de boeuf  blanche  de bois  de but  de boeuf sauce madère des signes

La boîte  à pizza  à chansons  à musique  à merveille  à outils  à outils  à scrap

Arrêt maladie  Nicolo  Blanco  de principe  Perruche  Arcelor  Arrighi  maladie sortie autorisée

Rue  Sésame  du commerce  Montgallet  des écoles  du commerce soldes  de la fête

Journal d'un  vampire (2, 3, film, sortie)  chat (assassin)

Les mots sont des fenêtres  ou des murs  des pistolets chargés  des planches  des armes  des êtres  vains  les passants mystérieux de l'âme

Le chasse  marée   spleen Grenoble  montagne les Gets  montagne  spleen  marée Auray Grenoble Saint-Vaast Gisors


Pour tous ces sites, il ne s'agit pas du tout de pages confidentielles avec dix lecteurs qui s'autofélicitent en rond, certains des blogues ont en outre été cités ici et puis je n'ai choisi que des pages écrites par des gens que j'estime ou que j'apprécie. Certaines locutions ne fonctionnent pas toujours même si le nom est fort développé ou assez courant, les requérants n'ont sans doute pas employé le début de la construction en assez grand nombre : les embranchements commencent au millier de résultats dans Google Trends. Il faut un terme un peu significatif pour que commencent des suggestions vous concernant. Le début "le petit" (sans guillemets) donne ainsi : Nicolas, Prince, Journal, Marmiton, paumé, Chaperon rouge, Robert, mais aucun Champignacien, pas assez illustre dans ce cas. Les requêtes concernant le nom de mon blogue ne procèdent pas ainsi, elles n'incluent que rarement l'article ou l'adjectif. Le nom de l'auteur, le titre, le sous-titre ou slogan, l'adresse URL sont autant d'entrées, et parfois un mot est plus clé qu'un autre. Nous sommes dans un étrange labyrinthe où chacun devient le minotaure des autres. 

mardi, 22 décembre 2009

De la métamorphose du captcha

Certains de mes commentateurs ont dû apercevoir ou saisir déjà un morceau de code si l'on voulait publier un commentaire. Cela porte un nom, c'est un captcha. Un rétro-acronyme d'origine anglo-saxonne pour Completely Automated Public Turing Test To Tell Computers and Humans Apart forgé en 2000 à partir des expressions "I catch you" et "I gotta you", soit "vous êtes piégé". En gros, un essai automatique pour voir si vous êtes un être humain et non un robot publicitaire ou une machine voulant extraire des données, le nom de Turing est là pour faire bien et se situer dans l'histoire informatique avec un grand symbole. Le captcha peut dépendre du bloguemestre ou de son serveur, mais on le trouve aussi dans des sites de paiement en ligne. Comme je n'ai pas de compte payant chez monsieur Hautetfort, je ne maîtrise pas du tout l'irruption d'un captcha et je suis aussi obligé de m'y soumettre : cela dépend seulement des attaques de pourriels chez mon fournisseur.

Le captcha a le don d'irriter les lecteurs ou parfois les acheteurs en ligne qui y voient parfois une forme de censure déguisée ou de protection abusive. Il faut dire que d''abord le code mélange le plus souvent chiffres et lettres, les lettres étant aussi bien en bas de casse qu'en capitale, comme dans tout bon code qui se respecte, et le tout n'ayant strictement aucun sens dans aucune langue. C'est un principe de base de la cryptographie. Mais il y a pis ! Le captcha pour ne pas être lu par les machines est écrit en signes légèrement ou énormément déformés sur le même principe que le WordArt (pour ceux qui ont fait de la pré-PAO ou de la PAO). Or les déformations graphiques présentent beaucoup de défauts : parfois les caractères sont trop petits pour être lus correctement, parfois elles sont trop proches, parfois les couleurs trop pâles ne permettent pas la reconnaissance, parfois les signes sont similaires à d'autres puisque cela ne respecte plus les conventions habituelles. Je suppose que bien des personnes se sont énervées devant ces codes à faire rentrer, mais qui étaient systématiquement refusés puisque non valides. Pour les personnes souffrant d'un déficit visuel (le terme recouvre un très grand nombre de situations), c'est un handicap supplémentaire. 

Le captcha est donc un emmerdeur. Bien plus grave, il se révèle à présent assez inefficace pour les machines qui peuvent reconstituer les signes de départ, les pourrielleurs et les pirates ont toujours un temps d'avance sur la technique que l'on tente de leur opposer. C'est pourquoi depuis disons environ trois mois, la plateforme de blogues de Google, Blogspot, est venue à des captcha plus aisément reconnaissables et surtout syllabisés : par exemple, je lis sur un blogue de Blogger citions, cloonel, preeph, nolitzo. Cela n'a pas de sens et un seul de ces codes se trouve dans un dictionnaire français, mais c'est un pur hasard. L'algorithme utilisé par Google ne génère plus des signes de manière totalement aléatoire comme cela se fait pour un bon code, les signes sont moins déformés, il n'emploie plus que des bas de casse afin d'éviter les confusions entre signes apparemment identiques comme I et 1 ou O et 0 et surtout il pratique une construction totalement syllabique afin de pouvoir être prononcé par des humains. C'est, je pense, un très grand changement vu la place de Google, parce que cela veut dire que le captcha n'existe plus comme tel et que la protection de ses données doit se trouver ailleurs et autrement qu'avec une formule magique.

vendredi, 04 décembre 2009

Le rat de bibliothèque

Je connaissais déjà deux autres Champignac blogueurs ou plutôt blogueuses : l'une assez jeune, l'autre collectionneuse de cactus. Voici un quatrième Champignac, mais il est anglophone : c'est The Count of Champignac auquel j'emprunte cette illustration. J'espère qu'il ne m'en voudra pas, elle correspond aussi au thème de ce blogue. Cela m'amuse de faire un billet avec l'image de mon homonyme. On peut y ajouter un commentateur régulier de Paul Jorion. Ce dernier n'est pas moi, il pourrait y avoir confusion dans ce dernier cas, puisque Paul Jorion est fidèlement lu par certains de mes commentateurs gauchistes. Autant dire que le pseudo devient un peu encombré. On compte également plusieurs Zorglub dont un d'extrême droite (ce qui ne m'étonne guère), une Marsupilamima journaliste culturelle dans Twitter et ayant un blogue,  d'innombrables Fantasio dont on ne sait si c'est inspiré plutôt par Musset ou par Jijé.    

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mardi, 01 décembre 2009

Et le mot de l'année est... buzz, comme les années précédentes !

Ce qui est plaisant avec les locuteurs anglo-saxons, c'est qu'ils fabriquent autant de mots de l'année qu'ils ont de comités, d'associations, de sociétés qui veulent se singulariser en fabriquant de faux palmarès selon leur envie promotionnelle (le palmarès est une habitude très anglo-saxonne qui nous a valu en France des choses innommables comme le Top50 ou le Hit-Parade ou des stations de radio FM pour jeunes et moins jeunes qu'il aurait mieux valu bannir avant de libéraliser les ondes). Ainsi, le New Oxford American Dictionary avait élu unfriend comme mot de l'année. Unfriend est un terme employé dans Facebook et cela semble donc tout de suite plus branché. Mais quand on passe à un concurrent comme le Global Language Monitor, cela devient Twitter. Là, attention ! c'est du sérieux, on ne vote pas, on se réfère à un algorithme qui détermine quel est le mot le plus populaire, de manière totalement neutre et prétendument scientifique, alors que Twitter draine un public scripteur dix ou vingt fois moins nombreux que Facebook. Les deux sites sont concurrents et il est obligatoire que les différentes associations pour le mot anglais le plus populaire soient aussi en concurrence. Elles choisissaient sans doute auparavant dans la presse papier en regardant vaguement ce que l'on achetait le plus et maintenant elles regardent ce dont on parle sur la Toile. Et on assiste au combat de néo-titans à pied d'argile : Facebook contre Twitter pour le titre du mot de l'année ! Il faut compter encore avec les mots de l'année des différents dictionnaires anglais qui se sont déroulés auparavant et qui font alors l'objet d'annonces publicitaires, exactement comme pour des Miss Pomme de terre issue de Picardie élues par un comité local. C'est fort ridicule, mais les Britanniques et les Etatsuniens ne comprennent pas encore que toute cette publicité grossière les dessert à la longue et que plus ils en useront, moins on croira leurs classements, même en faisant semblant de croire à des algorithmes sacrés et surtout secrets. La première question est celle de la légitimité et de la pertinence de tels classements qui bouffent de la place dans les informations prétenduments nouvelles. C'est du bruit avant tout, qui se nourrit de ce qui est censé faire le plus de bruit.

samedi, 07 novembre 2009

Lire Twitter

Comment entrer dans un compte Twitter alors que la personne que vous voulez suivre est en accès privé ? Je me suis posé la question, puisque je protège mes données. 

Repérez d'abord les personnes qu'elle suit, c'est aisément accessible par Google même si le profil est protégé, vous avez aussitôt accès au dernier Tweet publié en cliquant sur la liste des Following. Bien sûr, vous ne pouvez suivre les discussions en entier, mais vous savez ce qui a été dit dans les dernières minutes. Autant dire que c'est frustrant, sans aucun compte personnel.

Une autre bonne source serait de servir des listes Twitter, mais justement elles ne reprennent pas les messages des comptes en accès protégé à la différence des profils qui peuvent les afficher. C'est un peu bizarre cette différence de traitement. La seule liste, celle d'Irène, qui m'inscrit comme twitterien ne reprend pas du tout mes messages diffamatoires envers des élus de la République. Heureusement pour elle ! Je me pose des questions sur la responsabilité de la personne qui accepte des flux qu'elle ne contrôle pas.

On peut aussi compter sur les RT (ou re-tweets), mais c'est aléatoire et tout dépend de qui l'on suit. Il est possible de savoir ce qui est écrit par quelqu'un en privé alors, mais cela nécessite une énergie énorme pour un résultat ridicule. On peut aussi lire des textes ou des images, des vidéos publiés dans un format plus large, sans la barrière du compte Twtter, lorsque l'utilisateur a voulu se servir d'une autre plateforme tout en faisant un lien, mais il faut savoir quand il les a écrits. C'est beaucoup de temps gaspillé. 

J'en viens à l'essentiel. Twitter protège des données et ne les protège pas. Un compte protégé ne l'est pas absolument, tout peut être accessible en temps réel si l'on trouve la bonne porte d'entrée ou si le message a été repris, puisque c'est la règle de base de ce réseau. Il est donc totalement faux de croire que ce soit totalement privé lorsque l'on protège ses données, cela ne prémunit que contre les pourrielleurs. Le système est poreux à la base et c'est ce qui fait son efficacité.

Ce qui est le gros problème, c'est l'articulation entre privé et public. Un compte privé comme le mien n'est pas totalement privé puisque tout peut se retrouver ailleurs, tout peut s'échapper de mon compte, il n'y a que la confiance pour les personnes que j'accepte qui permette la tenue de ce compte. J'ai déjà vu des blogoguerres chez Embruns à partir de messages Twitter où public et privé étaient mélangés et c'est bien le problème de Twitter, non des blogues ou des forums Usenet. Il y a une réflexion à commencer.

mardi, 27 octobre 2009

[Publicité] L'identité nationale vue de mon kebab

Comme tout blogueur influent parmi bien d'autres, je suis invité à parler de nouveaux produits innovants et novateurs afin de faire bénéficier de nouvelles entreprises de ma notoriété et de mon influence. C'est pourquoi Mehmet et Kemal qui tiennent le kebab de la grand-rue de Champignac m'ont demandé de dire ce que je pense de leur jeune pousse. Je vous livre mes impressions en vrac, comme elles me sont venues pendant que je disputais le bout de gras.

J'apprécie particulièrement l'apparition d'une choucroute hallal dans la carte des menus. Le premier turc, pardons truc qui me vient à l’esprit quand je regarde la série des nouveaux plats comme le petit salé kebab, la quiche lorraine sucuk, c’est Wow ! en voilà un turc, pardons un truc qui va déménager. Ensuite je cherche à comprendre un peu la recette, et là c’est vrai que ça se corse légèrement.

Je dois avouer qu'il est assez dépaysant de déguster de tels produits et j'ai donc décidé de les interroger.

LPCI : N'avez-vous pas l'impression de vous attaquer à l'identité nationale en proposant une choucroute hallal ?
Mehmet : Mais la choucroute n'est pas un plat d'origine française ou alsacienne, elle vient de Chine via l'Egypte et les marins grecs !> Kemal : La choucroute peut être faite avec toutes les viandes, même le poisson, et n'importe quel légume en saumure.
LPCI : Est-ce que ce ne serait pas trop provocateur de proposer une choucroute sans porc ? Est-ce compatible avec le fait d'être français ! Mehmet : Je ne vois pas du tout pourquoi la choucroute serait une marque identitaire ou comment il pourrait y avoir une choucroute plus française que les autres>Kemal ; Notre choucroute est garantie d'origine, puisque nous respectons les traditions millénaires de sa confection pour les navires méditerranéens.
LPCI : Soit, mais votre choucroute va heurter les sensibilités régionales qui ne peuvent concevoir de choucroute qu'alsacienne et donc française.
Mehmet : C'est le lot de tous les jeunes investisseurs qui ont du mal à apporter du cash-flow et ne peuvent mettre en avant leur branding.
Kemal : On doit développer plus notre plan de développement et on doit trouver des business-angels afin de nous permettre de développer notre business-plan, mais tout cela est à l'étude.
LPCI : Mais enfin, vous vous attaquez à l'identité nationale et aux valeurs de la République !
Mehmet : Business is business.
Kemal : Je dirais même plus, business is business.

Note.  Mehmet et Kemal ne ne nous payent pas en kebabs pour que nous disions du bien de leur kebab, mais pour que nous en parlions.


mercredi, 21 octobre 2009

La rubrique impérative

Je n'avais pas encore fait attention à ce mot introducteur dans les titres du Point en ligne, mais il est récurrent :

REGARDEZ

On signale une vidéo dans le corps d'un article rédigé, parfois suivie d'autres images arrêtées. Pourquoi mettre en évidence et même avant le titre ce mot ? D'abord, parce que l'on n'a pas de petits gadgets qui signalent la présence d'un son ou d'un film, comme cela se fait dans d'autres médias en ligne. Ensuite, parce que l'on est dans une croyance ancienne qui consiste à s'imaginer que si l'on dit aux gens "Regardez" ils vont regarder forcément. Puis, on peut se dire que cela peut dispenser du nom de rubrique, il est inutile de classer le texte qui accompagne la vidéo du moment que celle-ci est annoncée par le mot "Regardez". Jamais un lecteur sur la Toile ne peut avoir une lecture intuitive à partir d'un signe codifié. Le lecteur va suivre automatiquement, car dans l'imaginaire de certains dirigeants de journaux il attend avant tout des images et de préférence animées. Enfin, ce qui est le plus comique, c'est que cette forme singe celle du journal télévisé : "Regardez donc nos superbes images filmées avec beaucoup de talent par notre grand reporter Schmuck".

L'impératif est la forme privilégiée du journal télévisé (sachez encore, voyez donc, écoutez ce que dit Schmoll, passons à un autre sujet) alors que l'infinitif est la forme préférée des journaux quotidiens et des magazines pour leurs titres de rubrique parce que plus générique. On a juste ici affaire à une forme de télévisualisation de journaux qui publient sur la Toile. Comme s'il ne devait pas y avoir d'écriture propre à la Toile, mais une adhésion à des modèles totalement dépassés. Cela me rappelle plus les réclames des années soixante qu'un véritable passage à l'ère numérique. Un singulier retour en arrière.

 

mercredi, 23 septembre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Alain Duhamel

N'hésitant pas à braver les plus grands dangers, je me suis risqué à vouloir interroger le maître de la chronique politique depuis cinquante ans, Alain Duhamel lui-même. Il n'a pas hésité à m'accorder un rendez-vous quand il a appris que son article avisé et déjà publié dans Libération, l'Echo du Cantal maritime, la Dépêche de la Haute-Moselle, l'Eclair du Calvados libéré, le Républicain du Pays de Cholet, l'Intransigeant des Charentes-Réunies serait aussi repris dans le Petit Champignacien illustré chaque semaine contre rémunération. Il a donc accepté le principe d'un portrait.

LPCI : Monsieur Duhamel, je vous remercie de me recevoir dans votre salle de conférence de sciences-po avec cette tasse de tisane de verveine-orange.
AD : Tout le plaisir est pour moi, mais pourrais-je voir votre carte de journaliste avant ? Je ne veux plus répondre à des questions de non journalistes.
LPCI : Vous ne répondez plus à vos étudiants et à vos collègues enseignants ?
AD : Le problème n'est pas là, il est infiniment plus complexe et singulier, mais voyez-vous la fièvre, la théâtralisation, la contagion, la dénonciation, le scandale, la polémique se sont emparé des nouvelles technologies. Tout est mis immédiatement et sans aucun recul, sans perspective critique, sans explication sur la place publique à cause d'Internet. Je ne veux donc plus m'adresser qu'à des journalistes titulaires de la carte de presse en toutes circonstances.
LPCI : Vous parlez encore en famille, j'espère ?
AD : Plus du tout ! Depuis que des étudiants de sciences-po qui avaient leur carte à l'UDF comme moi et qui m'avaient gentiment invité pour une réunion politique de notre famille ont mis en ligne des propos qui auraient dû rester privés, je me méfie de tout, car c'’est de l’information sauvage, du journalisme barbare, de la traque totale.
LPCI : Votre femme ?
AD : Elle n'a pas sa carte de presse et je ne peux pas savoir si elle n'est pas en train de me filmer ou de m'enregistrer. Comme elle n'est pas journaliste, je ne veux plus accorder aucun crédit à ses propos. Ce matin, elle m'a dit que la femme du boucher était partie vivre en ménage avec la fille du boulanger, selon ce qu'elle a entendu chez le poissonnier. Bien entendu, je ne l'ai pas crue, puisque mon épouse n'est pas une source autorisée et qu"elle a réagi sous le coup de l’instantanéité, de l’émotivité et de l’irrationel. J'ai décidé que nous devions faire chambre à part et que nous n'ayons plus aucune relation afin d'éviter que l'on trouve sur la Toile une sex-tape, comme l'on dit, de nos ébats.
LPCI : Cela peut être vrai cependant.
AD : Tant que cela ne sera pas certifié par un journal fait par des professionnels ou écrit sur un site tenu par des professionnels, je me refuserai d'y croire ! Il convient aux vrais professionnels de savoir ce qui est important ou non et de savoir le mettre en perspective pour ceux qui n'ont et n'auront jamais leurs capacités d'analyse et de synthèse.
LPCI : Et vos enfants, petits-enfants, vous ne leur parlez plus du tout ?
AD : En effet. J'ai constaté qu'ils manipulent tout le temps des portables et figurez-vous que j'ai appris récemment que c'est ainsi que l'on trouve des images volées, or le mobile photographe couplé avec la vidéo reporter assurent  (sic) le despotisme de la transparence comme le rappelait fort justement Henri Guaino. Je refuse donc désormais de voir mes enfants et petits-enfants tant qu'ils n'auront pas tous leur carte de presse. 
LPCI : Vous promenez encore bien votre chien ?
AD : Non, je me méfie aussi de lui. On m'a parlé de micro-caméras cachées dans les colliers et que dirait-on si l'on voyait une vidéo brute où je demande à mon caniche de pisser ou de chier un peu plus vite ? Il faudrait restituer la scène dans son contexte, moi aussi j'étais pris d'une envie pressante et je ne pouvais pas la satisfaire devant tout le monde. Nous vivons dans le monde du 1984 d'Orwell où il devient indécent de dire ce que l'on pense. Croyez que cela choque le libéral profond que je suis parce que sans l'intermédiaire du journaliste détenteur d'une carte de presse, cela devient une pente irrépressible vers la délation, vers la calomnie ou vers l’injure.
LPCI : Je m'étonne que vous ne m'ayez pas encore proposé une choucroute.
AD : Une choucroute, mais pourquoi ?
LPCI : Aucun rapport, et merci monsieur Duhamel.
AD : N'oubliez pas de publier ma chronique surtout !

vendredi, 18 septembre 2009

La pompe à purin du Post : comment orienter le lecteur vers le tas de fumier

Comment faire de l'audience à n'importe quel prix et alimenter la pompe à commentaires (conçue sur le mécanisme de la pompe à phynances chère au Père Ubu) ?

Prenez déjà un pipole. Tout le monde connaît les pipoles grâce à ces magazines d'information ces bouses informes que sont Voici, Gala, Public, Closer, France-Dimanche, Entrevue, Choc, Guts, Ici-Paris et Grazia. (Il me semble que je dois en oublier quelques-unes, mais on n'est pas dans Wikipedia.) Or, cela tombe bien, quand on lit Le Post, on se retrouve confronté à peu près au même genre d'étrons emballés dans un torchon, sauf que c'est plus moderne, puisque c'est en ligne, avec plein de vidéos marrantes autour et même que l'on peut donner son avis.

Or, ce qui est intéressant au sujet d'un pipole, c'est d'abord que tout le monde a un avis circonstancié et argumenté au sujet de sa personnalité profonde, de son psycnisme, de son état physique surtout s'il est question de drogues, de dépendances ou de dopage, sur son histoire dans sa petite enfance, ses drames intimes qui sont toujours pudiquement cachés en étant étalés à la une desdites déjections ou dans les émissions de témoignage. Donc même Ginette qui est femme de ménage à Franprix ou Kévin qui est doctorant en étruscologie à la Sorbonne ont forcément entendu parler des pipoles. Pourtant, l'une sait à peine lire les titres tandis que l'autre décrypte une langue mystérieuse. Autant dire que le pipole n'est pas segmentant et que cela intéresse fort les publicitaires qui aiment les programmes fédérateurs.

Le second intérêt du pipole, c'est qu'il est toujours prêt à dire ou à faire une couennerie quand il ne vit pas un drame intime (le mieux, c'est les deux à la fois). Prenons des pipoles types et bons vendeurs au hasard (Britney Spears, Lindsay Lohan, Paris Hilton), ils semblent avoir été conçus par leurs parents afin de commettre le maximum de couenneries dans le temps le plus rapproché et de préférence en public, parce que sinon ce ne serait pas des pipoles. Le pipole n'existe que parce que l'on parle de lui : Loft Story l'a compris, qui a fait accéder au statut de pipole des personnes n'ayant jamais rien fait dans leur vie ou ne sont pas fils de. Mais il y a une sous-catégorie de pipoles qui non contente de se faire voir au cinéma ou à la télévision veut avoir un avis sur la marche du monde. Le pipole intellectuel en quelque sorte. Celui-là est un bon client pour les émissions de débats de pugilat. Mathieu Kassovitz appartient à cette sous-catégorie.

Il rentre dans un sujet polémique avec un avis que l'on pourrait qualifier de candide : le 11 septembre 2001 (pas le 11 septembre 1973 qui ne lui dit rien et qui ne dira rien aux téléspectateurs ou aux commentateurs du Post). Cela tombe fort bien, il y a eu d'autre pipoles aussi capables de fines analyses que lui à avoir eu des positions identiques : Marion Cotillard et Bigard, ce grand humoriste fort catholique. On rentre alors dans le processus de recyclage des informations anciennes qui est si cher au Post. A partir d'une information, il est possible de faire une foule de  pages nouvelles avec les mises à jour, les mises en perspective, les appels à débat. Ce qui devrait tenir en deux lignes devient un flux d'informations d'âneres qui ne disent rien de plus.

Mais quand on tient un bon sujet de polémique, il ne faut surtout pas le lâcher. Il doit y avoir les pour et les contre. Cela tombe bien, les avis sont tellement opposés que l'on va obtenir un excellent débat de haute tenue morale une bagarre de saloon. D'un côté les complotistes traités de négationnistes, de l'autre des partisans de la raison qui en viennent à des rapprochements insensés. Le but, c'est de faire de l'audience, on le rappelle, donc il faut que le sujet attire le plus possible de trolleurs, de propos dignes du point Godwin et de faire monter la sauce afin que n'importe qui intervienne en disant n'importe quoi sur ce qu'il n'a pas lu ou vu. On le rappelle, le but du Post n'est pas d'informer ou de permettre une discussion : il est d'abord d'attirer des commentaires qui vont déclencher de nouvelles lectures de pages et donc de nouvelles rentrées publicitaires.

J'en viens à l'essentiel après ces prolégomènes de haute volée. Voici un extrait d'un article de la rédaction du Post (pas d'un des blogueurs invités ou d'un posteur) :

Si l'on parle de dérapage pour Mathieu Kassovitz, l'attitude de Frédéric Taddéï n'est pas non plus passée inaperçue.

À l'origine du débat, Frédéric Taddéï aurait "laissé dire" Mathieu Kassovitz, accuse le journaliste Renaud Revel, de L'Express.

Mais le journaliste n'est pas le seul, "un éminent spécialiste de la télévision, François Jost, s'effare que Kassovitz ait pu parler 'sans la moindre contradiction'", selon Arrêt sur Images.net.

Ce qui attire mon attention, c'est la dernière phrase. J'ai lu la brève d'@si auparavant et je donne une autre partie du billet qui n'a visiblement pas été lu ou qui a été intentionnellement été mal lu :

Mais Taddei n'est pas Ardisson. Et ses accusateurs n'ont sans doute regardé que l'extrait de l'émission posté sur Dailymotion. S'il laisse parler Kassovitz, c'est pour mieux le laisser déchiqueter ensuite posément, gentiment, avec compassion (on est en famille) par le reste du plateau. L'écrivain Hélène Cixous s'étonne tranquillement de l'impunité dont bénéficient les plus gros bobards complotistes anti-américains (Kasso : non non non, chuis pas complotiste). Tout aussi tranquillement, Ismaïl Kadaré raconte comment une vie entière sous la dictature albanaise l'a définitivement immunisé contre les énormités de la propagande anti-américaine (Kasso ne répond rien. Pas révisé le Wikipedia sur l'Albanie, sans doute). Seul l'autre pipeul présent, Marin Karmitz, fonce dans la muleta, et remporte le point Godwin, en assimilant Kassovitz aux négationnistes ( véhémente protestation de Kasso : faut pas tout mélanger, Auschwitz, c'est prouvé, tandis que New York, c'est pas prouvé).

Ce que je lis, c'est une ironie à l'égard de François Jost, puis dans la phrase suivante envers Renaud Revel qualifié de "non moins éminent journaliste-médias". Tous les deux n'ayant pas regardé l'émission en question, mais un extrait accessible en ligne. Ce sont deux journalistes issus de la presse écrite qui sont mis au banc des accusés par le procédé traditionnel en rhétorique de l'antiphrase. Cette figure disparaît complètement dans la version du Post qui laisse croire qu'@si décerne à François Jost son onction. Quel est donc le but de cette citation fallacieuse ?

Il s'agit d'abord d'évacuer l'idée qu'il ait pu y avoir une ou plusieurs contradictions en public. Si même Schneidermann déclare qu'il n'y a pas eu de contradiction, c'est donc que cela doit être vrai. Croire à une citation mensongère, ce serait trop compliqué à penser pour le commentateur moyen du Post qui y voit le seul lieu de son expression libre et entière, même s'il dit autant d'âneries que Cindy Lauper tout en se croyant supérieur à elle puisqu'il peut se moquer de sa personne qu'il connaît mieux que tout le monde. Ensuite, il faut bien recentrer le message sur ce qui permet de déclencher un débat une bataille rangée : le 11 septembre a-t-il vraiment eu lieu ? Les gens, enfin les posteurs, ne comprendraient pas les subtilités d'une analyse trop intellectuelle qui consisterait à dire qu'il y a eu une discussion après. Enfin, on jette aux lions deux noms : celui de Kassovitz certes déjà, mais aussi celui de Taddei qui peut devenir coupable de ne pas avoir censuré interrompu l'invité comme l'aurait fait un autre journaliste. Le titre de l'article est éloquent à ce sujet : "Bigard : la liberté de penser est menacée". Bigre ! Bougre ! Foutre ! Fichtre ! Fouchtra ! Et biouchtragueries ! La liberté de penser de monsieur Bigard, ce grand catholique si fervent, me paraissait se situer au niveau le plus fondamental : celui sur lequel il s'assied. Si l'on ne veut pas orienter les discussions algarades ainsi.

Le vrai débat au sujet de ce que lisent ou voient des journalistes issus de la presse écrite (qui écrivent par ailleurs sur la Toile en disant portnawak comme sur le papier) est éliminé donc et réduit à la liberté de penser est-elle ou non en danger ? La réponse est dans le titre, heureusement ! Le Post vous donne la parole ! et vous permet de dire ! tout ce que vous pensez ! même sur ce que vous ne connaissez pas (et n'économisez jamais les points d'exclamation à son sujet). Les censeurs, ce sont les autres, les méchants, les pas beaux. Et pendant ce temps, la marmotte enrobe les clics dans du papier alu qui plaira beaucoup aux publicitaires grâce à un débat à deux balles.

samedi, 05 septembre 2009

13 raisons de mort d'un blogue

Il y a dans la vie des blogues un sujet récurrent, mais que l'on n'aborde que lorsqu'il arrive une nouvelle fois : la mort d''un blogue. Pourquoi un blogue doit-il s'arrêter ? Il a ses commentateurs réguliers, ses abonnements à des flux, son trafic en progression, son classement Wikio ou Technorati en hausse, et puis plus rien. Parfois l'auteur s'exprime dans un dernier billet, parfois dans un commentaire chez quelqu'un d'autre, parfois il ne dit rien, parfois c'est un sujet de polémique. Je recense les diverses raisons en donnant les pseudos de blogueurs ou le nom de leur blogue, mais sans aucun lien. Comment mettre fin à un blogue de manière convaincante ?

1. Vous êtes mort et vous envoyez votre avis de décès d'outre-tombe. C'est le cas de Dominique Autié. Mais la mort est une excuse un peu facile pour les gens qui attendaient leur manne quotidienne. Mais si vous voulez revenir, il faut trouver autre chose pour être pris au sérieux. La mort est de toute manière impardonnable.

2. Votre hébergeur vous dit que vous avez atteint le maximum de l'espace disponible. Vpis devez prendre un abonnement payant ou alors payer encore plus de bande passante. Là, on peut se dire que l'hébergeur a été mal choisi ou que le sujet du blogue n'était pas adapté.

3. Variante du précédent ; votre hébergeur vous dit que votre blogue n'existera plus d'ici trois ou six mois et que vous pouvez transférer tous vos fichiers sur une autre solution payante qu'il propose : c'est le cas des anciens U-blog et Tooblog. Mais comme vous ne comprenez rien aux manipulation, vous perdez des fils de commentaires, des images, etc. ou vous ne pouvez rien récupérer parce que vous ne comprenez rien aux explications très simples de guiques qui se la jouent.

4. Version différente du précédent ; vous avez décidé de passer à un autre logiciel et vous constatez qu'il est incompatible avec le précédent comme Jules de Diner's Room. Que faire ? Ecraser le blogue précédent ou créer un nouveau nom de domaine ?

5. Vous avez perdu vos identifiants tellement vous avez de comptes différents sous une foule de pseudos. Ce n'est pas grave, il vous reste encore plein d'autres blogues, mais ceux-ci sont peut-être moins bien classés que le premier.  

6. Votre patron ou votre hiérarchie vous cherche des ennuis après avoir découvert votre blogue (cas de Bereno inspecteur du travail, d'Un blog de flic, de Garfieldd, du Blog de prof de ZEP, de Petite Anglaise, etc.) Comme vous êtes sous le coup ou sous la menace d'une sanction disciplinaire, voire d'une révocation ou d'un licenciement, vous supprimez le blogue ou le placez en accès restreint. Mais en tout cas, vous recevrez un soutien formel de tous.

7. Au contraire, vous êtes promu comme M. KA de la Boîte à images ou Alain Birenbaum du blog NRV en passant à une plus grosse boîte comme Arrêt sur images ou Le Post. Vous avez le choix entre laisser des archives disponibles pour tous pendant un temps limité et des archives accessibles à certains. Mais vous avez su monnayer votre passage à une sphère un peu moins amateur que les blogues.

8. Vous partez à San Francisco ouvrir une jeune pousse afin de réaliser un nouveau défi qui licencie la moitié de son personnel un an plus tard et cherche une nouvelle capitalisation et un nouveau plan bizness. Modèle Loïc Le Meur. C'est risqué et il faut avoir déjà beaucoup d'argent au départ. Ce n'est pas avec un Skyblog que l'on y arrive, même s'il est plus lu que le blogue dit influent.

9. Vous dites que la pression publique est insupportable, vous ne voulez plus répondre aux questions piégées et bolcheviques du Monde ou participer aux petits déjeuners infernaux de France-Culture ou être invité face aux impertinents du Médef ou devoir justifier votre place de premier des classements, et vous jouez votre diva en annonçant votre arrêt du blogage, mais non du commentaire. Puis vous publiez des billets chez les autres comme invité, puis un nouveau blogue comme Meilcour, puis vous rouvrez votre blogue Versac. Et vous jouez à cache-cache afin de vous faire désirer.

10. Vous comprenez que votre entourage immédiat (parents, collègues, voisins, amis) vous lit. Vous avez de plus en plus de mal à faire la part des deux identités et l'une empêche l'autre de s'exprimer, cas de Pascal de Finis Africae.

11. Vous n'avez plus rien à dire, du moins sous cette forme. Il est temps de passer à une autre identité, cas de Narvic de Novövision. Variante : vous n'avez plus rien à dire ou vous avez l'impression de vous répéter, quelle que soit la forme. Un conseil : faites des listes, comme celle-ci, ou des chaînes afin de prolonger l'agonie.

12. Vous attirez trop de trolls et il se distribuerait des paniers entiers de points Godwin dans chacun de vos fils de commentaires. Votre blogue ressemble à un grand portnawak et vous ne voulez plus avoir à censurer des gens ignobles (surtout si vous êtes contre toute censure). C'est ce que l'on pourrait nommer les blogues Calimero.

13. Vous avez bu trop de Guinness à République des blogs ou aux raouts de Vendredi et vous avez fait une fausse manipulation en voulant parler en bien de cette dernière rencontre constructive ou du mal des gens que vous avez vus.


Je me suis arrêté à un chiffre impair, parce que la liste n'est pas limitative. Elle peut être complétée.

mercredi, 12 août 2009

Proctologie, mon amour

Relevé sur LSP cette forme de numérisation :

C’est par celte collaboration de tous les anus
et adnùrateurs de Villon et de Rabelais que s’éla-
borera, d’une part, l’établissement du texte de ces
auteurs, de 1 autre, le commentaire indispensable
qui devi’a les interpréter

qui provient du site suivant. Oui, les OCR sont des amis des belles lettres ! Mais dans le cas précis de Villon et de Rabelais, il n'était pas inutile de mentionner que leurs amis étaient des anus et l'erreur devient intéressante, littérairement parlant parce que cela ouvre sur certains aspects inaperçus de leurs oeuvres. Nous avons affaire au hasard objectif, comme disait Breton.

lundi, 03 août 2009

Le clavier plus ou moins mal tempéré

Petite liste des erreurs typographiques courantes

Sur les blogues, on peut découvrir des erreurs de présentation qui sont dues à une mauvaise utilisation du clavier. Tout d'abord, il convient de préparer son billet dans un traitement de texte, ce qui permet d'accéder aux caractères spéciaux, de se servir du correcteur orthographique et de sauvegarder un texte qui peut être avalé par la plateforme sans aucune possibilité de le récupérer.

1. Le trait de soulignement _ n'est pas équivalent à un tiret long d'énumération ou de dialogue
–. Le premier est plus bas que le second, lequel n'est pas visible sur le clavier.

2. Les guillemets français «» ne s'obtiennent pas en tapant des chevrons << >>. De même, les guillemets anglais "…" ne s'obtiennent pas avec deux apostrophes successives ''  (ce défaut se voit plus avec certaines polices que d'autres).

3. Le symbole degré ° doit être réservé aux degrés °F, °C. Il ne peut remplacer le petit e en lettre supérieure des ordinaux : 3e. Pas plus que pour le petit o en lettre supérieure des énumérations : 1o (primo). Il n'a pas la même taille que celui-ci, ni le même œil. Il vaut mieux éviter d'imiter des lettres supérieures quand on n'en a pas la possibilité.

4. Appuyer simplement sur la touche Retour (ou entrée) équivaut à créer un nouveau paragraphe avec un interlignage. Si l'on souhaite seulement un retour à la ligne, comme dans le cas de la poésie, il convient d'employer la touche Maj combinée à la touche Retour. L'espacement entre les différents vers d'une strophe et celui entre les strophes sera différent.
Rappelons que l'emploi de la seule touche Retour peut générer automatiquement des listes à numéros ou à puces, alors que Maj+Retour supprime la numérotation comme dans le retour à la ligne que je viens d'effectuer.

5. La barre oblique / ne peut être utilisée dans une énumération à la place d'une parenthèse fermante : 1). La barre dans ces cas relève de pratiques manuscrites, pour des raisons de rapidité. Après un nombre ordinal ou une lettre à valeur de nombre dans une liste, on place soit un point, soit une parenthèse fermante, mais pas les deux à la fois.

6. Une fort vieille erreur des dactylos consistait à employer le zéro 0 à la place du O en capitale où inversement. L'œil est différent. De même, on voit parfois des textes saisis par OCR où le chiffre 1 remplace un l en bas-de-casse.

7. Il est fort laid de commencer une phrase par « Ca » alors que le C cédille majuscule existe et est disponible dans les caractères spéciaux : « Ça ». Mieux vaut écrire encore « Cela ».

8. Le symbole de section § n'est utilisé que dans les abréviations : ch. 3, § 1, l. 7. Il n'a pas à être employé pour introduire un paragraphe.

9. Les parenthèses et les crochets sont des signes de sens différents :
– les parenthèses dans une citation indiquent un passage omis ou supprimé, notamment avec des points de suspension (...) ;
–  les crochets marquent une interpolation « Le criminel [Jean D.] déclara (...) ».

10. Justifier un texte avec fer à droite conduit à des lignes contenant beaucoup de blanc si l'on écrit des mots longs et que l'on ne dispose pas d'un trait d'union insécable ou conditionnel permettant la coupure d'un mot en fin de ligne. Autant se passer de la justification.

jeudi, 09 juillet 2009

Ma rencontre de blogueur avec Frédéric Mitterrand

Afin de conforter ma situation de blogueur très influent et souvent repris dans les médias en ligne ou cité par tous les apprentis blogueurs qui veulent gagner en notoriété, authority de Technorati, classement de Wikio, invitations de Vendredi, abonnements de Netvibes, ReTwittages, mentions dans les pages saumon du Figaro, je me suis décidé à rencontrer le nouveau ministre de la Culture. En effet, on ne peut devenir un blogueur influent que si l'on rencontre un personnage influent et si l'on rapporte son entretien inédit.

LPCI : Monsieur Mitterrand, je suis heureux d'être reçu par vous dans ces superbes appartements de la rue de Valois qui dépassent en prestige la villa Médicis.

FM : Je suis particulièrement heureux de recevoir un blogueur aussi influent que vous dans ces lieux prestigieux et de discuter librement et à la bonne franquette autour d'une choucroute républicaine et citoyenne. Remarquez combien je suis plus simple que mon oncle...

LPCI : Encore une choucroute ! Déjà chez Nadine Morano et Henri Guaino...

FM : Que voulez-vous ? Mon directeur de cabinet m'a recommandé de ne surtout pas servir de pizza à des blogueurs, parce que cela donnerait trop l'impression d'être dans la culture hacker et du logiciel libre. Je dois donner l'impression que je suis chiraco-compatible tout en portant le nom de Mitterrand, et comme j'ai peu de goût pour la tête de veau, j'ai préféré aller au plus simple. Vous voyez, je peux vous comprendre, moi aussi je pirate les codes des représentations sociales.

LPCI : Justement parlons de la loi sur le piratage, s'il vous plaît.

FM : Ah ! quel ne fût pas le malheureux destin de cette pauvre loi Hadopi I, trop vite chargée par tous les vils courtisans de sociétés informatiques, tous occupés à dénigrer cette nouvelle princesse auprès des malheureux députés incompétents trop prompts à croire toutes les rumeurs ou de ceux plus corrompus qui sont stipendiés par l'industrie du logiciel libre. Que de complots d'agents de l'étranger n'ont pas été tramés durant ces riches heures d'histoire contre la liberté du commerce  qui ne fait qu'un avec celle de l'esprit qui ne fait qu'un avec le gouvernement auquel j'appartiens et qui serait sans esprit sans moi. Dans l'esprit corrompu et décadent de ces assemblées, l'on a vilipendé les accoutrements de cette malheureuse princesse Hadopi I qui n'avait comme seul tort que d'être trop libre et trop nouvelle dans un monde agonisant qui se mourait de manière funèbre, funéraire et funeste dans la déliquescence, la dégradation et la déréliction de son miroir renvoyant tel celui du Portrait de Dorian Gray la triste vérité sinistre, sombre et malheureuse de son destin inéluctable et fatal : "Non ! tu n'es pas la plus belle en ce royaume !"

LPCI : Où voulez-vous en venir ?

FM : Il faut imaginer ce qu'aurait pu être le sort de Hadopi I si elle n'avait pas été victime des chauffards du Conseil constitutionnel et si son destin n'avait pas été fracassé sous un pilier de la Déclaration universelle des droits de l'homme comme celui de Diana jadis, il y a longtemps, autrefois, il y a tellement longtemps ! Que n'aurait-elle pu faire tellement elle était dotée de dons par ses marraines-fées, Franck Riester, Christine Albanel, Denis Olivennes, Alain Minc et ce grand souverain qui est si magnanime ? Oui, on l'a assassinée de façon meurtrière, criminelle et mortelle, mais heureusement une nouvelle Hadopi nous est née. Voyez donc comment cette tragédie est dramatique ! Combien avons-nous été de témoins éplorés et pleurant devant cette figure magnifique et grandiose qui symbolisait tout ce qu'il y avait de plus symbolique pour les grands républicains amoureux de la royauté et des royalties ! Que n'aurait-on dit contre nous si nous n'avions pas agi afin de réserver des revenus de rente à ceux qui en possédaient déjà plus qu'assez ! Cette pauvre et malheureuse princesse Hadopi I dont la pureté virginale, mariale, immaculée et immarcesible était restée d'une blancheur candide d'aube aurorale malgré tous les pires tourments que lui avaient infiligés les vils courtisans socialistes, trotskystes, linuxistes crypto-anarchistes et autres communistes castristes, guévaristes ou chevazistes avait été cependant souillée d'une tache indélébile que rien ne saurait jamais effacer puisqu'ils avaient cru l'abaisder au plus bas de leur propre abjection. Mais heureusement, il était des esprits purs, comme moi, qui ne pensaient qu'à sauver le sens même de la civilisation et de la culture de manière purement désintéressée, gratuite et sans regarder aux frais de fonction.

LPCI : Qu'est-ce à dire ?

FM : Avant de décéder d'une mort funèbre, funeste et funéraire, bien entendu malheureuse et due à des forces obscures autant qu'inconnues ou mystérieuses, la princesse Hadopi I avait prévu de donner naissance à une héritière Hadopi II qui est presque son portrait craché et qui porte tous les espoirs de la pérpétuation de la dynastie afin de donner de belles images autorisées et de source légale au bon peuple. Notre devoir républicain, c'est d'assurer cet avenir futur à cette princesse qui permet de faire croire que l'on va plus respecter la constitution et les droits fondamentaux, ces institutions malheureuses et décadentes.

LPCI : Je vous remercie infiniment de cet échange fort utile.

FM : Mais je vous en prie, toute la choucroute décadente a été pour moi.