dimanche, 06 juin 2010

La police coupable

Dans l'Oignon :

CELA fait dix ans que la compagnie Alis, basée à Fère-en-Tardenois, utilise « la police coupable ». Rien à voir avec les uniformes ! Il s'agit d'une simple police de caractères, outil artistique à la « Poésie à 2 mi-mots » créée par Pierre Fourny, metteur en scène. Son travail a abouti à la conception d'un spectacle « La langue coupée en deux » en 2001, joué partout en France et même présenté à l'étranger. Mais du jour où la Compagnie décide d'en faire une marque déposée pour proposer des produits dérivés à la vente et ainsi renflouer les caisses, le bouclier s'est levé contre le jeu de mots !
Atteinte à l'ordre public…

Voir ici les documents officiels.

lundi, 08 mars 2010

Mon matériel électoral

J'ai reçu le matériel électoral pour les régionales et j'ai envie de commenter son esthétique ou sa typographie ou ses choix, comme je l'avais fait auparavant pour les municipales ou les cantonales.

Côté PS, PCF et PRG : d'abord du mauve ségolénien dans les slogans et les mots clés, mais aussi du vert gazon anglais et tout le monde pose sur fond de champs de betteraves ou de luzerne. ll y aurait la volonté de récupérer l'électorat écolo ou CPNT que cela ne m'étonnerait pas. Ce qui est marrant, c'est la répétition du slogan "Une équipe mobilisée pour.." à chaque nomination de département. Les photos sont celles de groupes, parce que l'on joue collectif. Et puis on a droit à des nuages de mots pour chaque département, cela fait très Ouaibe 2.0. Dans les photos, on a toujours au moins une personne, généralement une femme avec une tenue un peu rouge afin de rappeler quand même que l'on reste un peu de gauche.

Passons au parti majoritaire, l'UMP et ses annexes Nouveau Centre et CPNT. C'est très simple. On fait tout en bleu ! Les photos de tous les candidats sont sur fond bleu, le texte est écrit en bleu. Mais on ne met en avant que les têtes de listes départementales, les autres candidats de la liste n'existent pas. Comme d'habitude dans la droite autoritaire, on abuse des capitales pour citer tous les élus régionaux qui soutiennent cette liste, l'argument d'autorité fonctionne là. La seule touche un peu personnalisée est une formule de politesse et la signature du candidat tête de liste dans une police qui imite l'écriture à la main. Je note que pour l'UMP, il faut encore s'adresser à des femmes en leur donnant parfois du Mademoiselle... C'est le parti du siècle précédent...

Je regarde Europe écologie et j'ai un nuancier complet des verts possibles dans une palette graphique ! Ce qui est formidable ici, c'est le poids des cautions nationales, on a droit à un mot signé par Cohn-Bendit, Joly et Bové, tous ensemble ! Plus quelques autres personnalités en marge. Les textes manuscrits ne semblent pas provenir de polices d'écriture au contraire de l'exemple précédent. C'est très aéré par rapport au tract UMP qui donne un pavé massif.

L'Alliance écologiste indépendante a peu de choses à me dire. Une première page avec des mots en avant en vert et une deuxième page presque tout en vert ! Le tout dans un graphisme peu lisible. Mais je remarque un slogan écrit en orange pour dire que l'on est "au delà de la droite et de la gauche" (histoire de torpiller le MoDem au passage). 

Il est entendu que dans le tract du MoDem l'orange doit dominer, on a réussi alors à le donner jusque dans la chevelure de la candidate et pas seulement pour les mots importants. Je précise que ce tract qui affiche le soutien de François Bayrou (agrégé de lettres classiques, ex ministre de l'Education nationale) et qui présente une de mes collègues de lettres en tête du département est le seul à afficher une erreur d'orthographe pour le nom de la région écrit sans trait d'union... Je trouve que l'orange est fort peu lisible et ne retient pas plus l'attention que le vert dans un tract.

Quand on commence à examiner les sectes, cela commence à craindre. Le texte de LO est un peu mieux composé que les années précédentes, mais toujours aussi massif : trois gros chapitres, mais fort heureusement des retraits de paragraphe et un surlignement des titres, de la couleur. Une seule photo, celle de la tête de liste régionale. Si j'avais eu envie de médire de LO une fois de plus, c'est raté : il y a une vraie évolution dans la présentation, même si le texte reste toujours un peu copieux par rapport aux autres et que l'on n'utilise jamais le gras, les indentations, les puces dans ce mouvement. C'est très austère. Mais un peu moins qu'auparavant.

La liste NPA-Parti de gauche-Alternatifs est fort bizarre. Elle affiche une double étoile verte et rouge. Mais je cherche en vain ce qui correspond au vert dedans. Tous les mots essentiels, les titres, les phrases importantes sont en rouge. C'est du texte compact comme chez LO, mais sans aucune volonté de vouloir un peu aérer. On ne trouve que les figures de Besancenot, de Mélenchon et de la tête de liste dans des sortes de lucarnes télévisuelles. C'est la seule liste à écrire avec la forme mixte, "les citoyen-ne-s d'origine étrangère sont montré-e-s du doigt".

Je termine par le Front haineux. Là, c'est simple. La photo du candidat, celle du Pénible, le mot du Pénible et du bleu partout sous toutes les formes possibles de la palette, dans les cadres, les caractères. Comme si le bleu était la seule couleur de l'ordre et de notre pays (cela nous rappelle les choix esthétiques d'un autre parti). Le texte est très aéré, parce qu'il se résume en des yaka. Là, on s'adresse aux Françaises et aux Français, pas à Monsieur ou Madame, et on ne cherchera pas à donner des formes mixtes comme au NPA et au Parti de gauche.    

jeudi, 04 février 2010

Как ухаживать русский

Le titre est en russe, mais je ne garantis pas son exactitude vu mon ignorance presque totale de la langue de Pouchkine (mis à part quelques mots courants et des notions grammaticales ou phonétiques assez générales). Il signifie Comment paraître russe. Il aurait pu aussi bien s'intituler Comment paraître grec, arabe, chinois, etc. C'est pas compliqué - comme on dit dans les émissions de vulgarisation. Il suffit de prendre quelques caractères en alphabet cyrillique et de les appliquer dans un énoncé rédigé en français. C'est ce qui se passe pour l'affiche du film Une exécution ordinaire.

une_execution_ordinaire.jpg Vous remarquerez qu'un seul caractère est inversé. Le n qui devient ici la voyelle i ou iže (иже). Elle provient du êta grec que l'on écrit H en capitale et η en bas de casse. Elle se prononçait ê long en grec ancien, puis elle est devenue i comme le iota. Elle a donné naissance à notre H latin, d'abord en capitale. On ne retrouve pas cette inversion dans la couverture du roman de Marc Dugain dont est tiré le film. Ce qui est fascinant dans cette affiche de film, c'est de retrouver tous les clichés au sujet de la Russie éternelle. L'étoile rouge. Le portrait de Staline qui domine les héros sur un mur grisâtre en brique. Le fond de paysage avec le Kremlin. Une police de caractère très stricte et sans empattement, de type Arial (on ne badine pas dans les régimes totalitaires). Et bien entendu, la fameuse lettre inversée parce que c'est la plus facile à utiliser pour faire russe (il y aurait bien eu aussi le b russe, mais il n'y a pas de b dans le titre). Si vous voulez faire grec, il faut vous rabattre plutôt sur le sigma ou l'epsilon, parce que l'on aura pas de n inversé (en fait de h ou de i).

On a affaire là à un truc de graphiste qui se retrouve fréquemment dans les affiches publicitaires, de films ou la bande dessinée. C'est une vieille astuce, lorsqu'Uderzo doit faire parler des Normands, il utilise des o barrés et des a avec rond en chef comme en danois, lorsqu'il fait parler ses Goths c'est en alphabet dit gothique, la Fraktür. On est alors dans l'exotisme déjà connu. Mais ce qui est particulier dans le cas des Russes ou des Soviétiques, c'est que l'on utilise presque systématique le n inversé. Comme si ce monde était l'inverse du nôtre. Un univers où tout serait vu comme dans un miroir par ce minuscule détail. 

mercredi, 27 janvier 2010

Comic Sans : un scandale des droits de l'homme qui dure depuis trop longtemps !

Il est plus que temps de lancer un nouveau grand débat national autour de notre identité. Pour ce faire, j'ai choisi une victime exemplaire : la police de caractères Comic Sans. Je ne suis pas le premier à demander son interdiction complète. Il est temps que ce scandale cesse !

Pourquoi réclamer cette interdiction dans les documents publics ?

- Comic Sans ne permet pas l'utilisation du gras, de l'italique ou des deux attributs ensemble, à la différence de presque toutes les autres polices.
- Comic Sans ne permet pas l'emploi de capitales accentuées, elles ne sont pas dans sa casse.
- Comic Sans est une police qui présente en apparence un aspect respectueux et affectueux du fait de son imitation de la forme ronde des caractères dans les bulles de BD, mais cela ne peut faire sérieux qu'auprès d'enfants de moins de dix ans.
- Comic Sans ne se trouve que dans de mauvais blogues remplis aussi de WordArt, de ClipArt, de gif animés, de pourriards ou de Java qui vous mangent toute la mémoire de votre PC.
- Comic Sans ne correspond précisément à aucun caractère écrit par des lettreurs de BD, mais à une forme moyenne (calculée principalement sur l'échelle de Walt Disney) et le lettrage en BD n'a de sens que par rapport au dessin présent dans les cases. Un lettrage uniforme de BD hors du graphisme d'un dessinateur n'a aucun sens.   
- Comic Sans dans un courrier administratif donne l'impression au lecteur qu'on le prend pour un demeuré. C'est absurde dans le cas d'une lettre de licenciement, de mise en demeure.

Bref, la police Comic Sans avilit et abaisse les lecteurs et les scripteurs à la fois ! On ne peut plus la tolérer dans des documents publics. Elle bafoue les valeurs humanistes auxquelles nous croyons. Elle ne correspond pas du tout à notre degré de civilisation.

C'est pourquoi, je demande :

- la mise en place d'une commission parlementaire ;
- la constitution de réunions publiques en préfecture ;
- une déclaration solennelle du chef de l'Etat (avec discours d'Henri Guaino à l'appui) ;
- une résolution de l'ONU ;
- la formation d'une force armée spécialement consacrée à l'éradication de cette police de tous les PC ;
- l'instauration d'un fichier international des utilisateurs de Comic Sans afin de tracer le parcours de tous ces dangereux individus ;
- leur proscription de la Toile ou de tout accès à un matériel informatique après un avertissement.

Après quoi, nous pourrons lancer aussi un grand débat national contre le WordArt. 


jeudi, 07 janvier 2010

Des métamorphoses judiciaires du trait d'union

Tout commence, semble-t-il, par un billet de Maître Eolas qui s'exprime ainsi.

“Il faut donc décider d’un moyen typographique de distinguer le nouveau nom de famille cumulé, intransmissible d’un bloc”, affirme notre patajuriste. Et puisque l’espace est prise, puisque le tiret est pris, la logique est donc de prendre… deux tirets.
Ainsi, Sganarelle s’appellera Sganarelle Pater—Mater.

Maître Eolas est fort compétent en droit et croit-il en typographie : il sait par exemple que le mot espace est féminin en typographie, il ne se prive pas de le faire remarquer aux ignorants qui ne l'aurait jamais remarqué. Le problème, c'est qu'il utilise un tiret cadratin à la place du double trait d'union et qu'il nomme ce signe comme un tiret (ce qu'il est par la force des choses, mais il n'est alors pas double).

Cela continue avec Pascale Robert-Diard dans un article du Monde et non sur son blogue.

Le double tiret est mort. La nouvelle de ce décès devrait être annoncée officiellement dans une circulaire de la chancellerie "dans les jours qui viennent", selon le porte-parole du ministère de la justice, Guillaume Didier.

Mais heureusement pour elle, elle ne donne pas d'exemples avec un tiret cadratin à la place du double trait d'union, comme Maître Eolas. Cela se poursuit dans Libération, par l'AFP et on a enfin l'explication du mystère.

"La solution du double tiret a été invalidée par le Conseil d'État et elle était parfois assez mal vécue par les familles", a indiqué le porte-parole du ministère de la Justice, Guillaume Didier, confirmant une information du journal Le Monde.

Le ministère de la Justice n'est pas capable de distinguer trait d'union et tiret cadratin ou semi-cadratin ! Il emploie un mot pour l'autre, comme l'immense majorité des Français et c'est repris tel quel d'abord. Pourtant, il y a une différence visuelle assez évidente entre Sganarelle Pater—Mater et Sganarelle Pater--Mater. Fort étrangement, ce sont les journalistes de l'AFP qui ont rectifié l'erreur de langage et surtout l'erreur typographique de Maître Eolas : il s'y connaissent mieux qu'en droit. Cependant, on peut douter des spécialistes du droit quand ils utilisent des mots approximatifs à la place des mots exacts et surtout des signes incorrects à la place des signes justes. Cela relativise grandement les jugements au sujet de la patajustice qui s'appuient sur la connaissance du genre du mot espace.

mardi, 04 août 2009

Le Blanc Signe 2

Le Blanc Signe, Ou L'Etranger Accent


(Feuilleton estival, populaire et franco-britannique.)

Chapitre 2
Dispute Dans Le Lobby

(Où l'on fait connaissance avec les membres d'un typical club d'excentriques français.)

Avertissement : toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait pas le fruit d'une pure coïncidence.

Une voix : LE MONSIEUR TE DEMANDE DE LUI LACHER LE COUDE, MON PETIT PROTOU !
Une autre voix : Ben tiens... Je ne te serre pas dans mes bras, i a gourrance... superfion, je t'invite très gentiment à passer le premier... Mais si tu ne veux pas... Je ne vais pas t'obliger à me céder la politesse...
La première voix : LE MONSIEUR TE DEMANDE DE LUI LACHER LE COUDE, MON PETIT PROTOU !
L'autre : Continue comme cela à crier... Je ne t'entends pas... Et tu peux pas savoir comme c'est moche ces caps inaccentuées...
Le premier : LE MONSIEUR TE DEMANDE DE LUI LACHER LE COUDE, MON PETIT PROTOU !
Une troisième voix : Messieurs, messieurs ! Un peu de tenue, voyons, vous donnez une image déplorable de la France devant des étrangers, qui plus est des étrangers britanniques, lesquels nous sont encore plus étrangers.
Le deuxième : Superfion possède un style fort riche... Cela ne fait pas un pet...
Le troisième : Je n'attendais pas moins de vous et de vos obsessions scatologiques !
Le premier : LE MONSIEUR TE DEMANDE DE LUI LACHER LE COUDE, MON PETIT PROTOU !
Le deuxième : Tiens... Voilà la mouche du coche... On l'attendait çui-là... Toujours à faire du vent...
Le troisième : Puisque la discussion est impossible, je vous ignorerai et je vous conseille de faire de meme de votre coté.
Le deuxième : C'est cela... Ignore-moi... Cela ne m'interdit pas de relever tes conneries... Tiens... Tu veux que je te dise... Il y a un temps tu ne serais intervenu que pour corriger les deux accents que tu viens d'oublier. T'avais rien trouvé de mieux à dire...
Le troisième : Vous savez que je ne m'adonnais plus à ce sport depuis longtemps.
Le premier : LE MONSIEUR TE DEMANDE DE LUI LACHER LE COUDE, MON PETIT PROTOU !
Le deuxième : Marrant... Et tu peux me dire, Mr 2
tiens, t'aurais bien fait de réfléchir à ton pseudo, ce que tu fais ici chez l'ennemi héréditaire ?
Le premier : LE MONSIEUR TE DEM... (Bruits divers : coup de boule, chute d'un corps sur le parquet verni, bris d'un vase coréen de la période Park-Hing)
Le deuxième : Y a pas à dire... Ça soulage... On ne s'entendait plus s'engueuler... Tu disais, Mr 2 ?
Le troisième : Ce comportement violent de votre part ne m'étonne plus et je vous prierais de laisser vos considérations anales pour le milieu des imprimeurs avinés.
Une quatrième voix : Messieurs, messieurs ! L'heure est grave, ne nous laissons pas diviser. Nous sommes venus ici à Londres comme le firent auparavant le comte d'Artois, Chateaubriand et...
Le deuxième : Je placerais bien Hugo à cet endroit-là aussi... Ne pas oublier Hugo... Tiens... Je réciterais bien les « Chatiments », mais le titre est dénaturé... Cela me donne encore plus envie de chialer...
Le quatrième (poursuivant comme si de rien n'était) : ...et feu le Général ! Dans les plus sombres heures de notre Histoire la Providence a toujours assuré le Salut de la France. Messieurs, de part le Roy, je vous en conjure : avancez ! Il y va de la survie de notre Nation et de sa grandeur.
Le deuxième : C'est la raison... Avançons... Chuis pas chien... Je vais prendre le Nécromant sur mes épaules... Et puis il ne sera pas dit qu'il ne passera pas le premier, je vais entrer à reculons... Non mais !

Les quatre étranges visiteurs pénètrèrent enfin dans le salon de Loufock Hoax. Pendant ce temps, le docteur Pacson réussit à dissimuler ses sous-vetements de cuir dans une robe de chambre de soie, il recouvrit aussi d'un voile pudique les statuettes ithyphalliques qui ornaient avec beaucoup de charme ce coquet intérieur d'un couple britannique modèle, et il ota toutes les corbeilles pleines de cachets d'ecstasy de crainte que les visiteurs ne croient avoir affaire à des dragées de bapteme
auquel cas, il eut été bien en peine de donner le nom de sa descendance.

(A être continué.)

lundi, 03 août 2009

Le clavier plus ou moins mal tempéré

Petite liste des erreurs typographiques courantes

Sur les blogues, on peut découvrir des erreurs de présentation qui sont dues à une mauvaise utilisation du clavier. Tout d'abord, il convient de préparer son billet dans un traitement de texte, ce qui permet d'accéder aux caractères spéciaux, de se servir du correcteur orthographique et de sauvegarder un texte qui peut être avalé par la plateforme sans aucune possibilité de le récupérer.

1. Le trait de soulignement _ n'est pas équivalent à un tiret long d'énumération ou de dialogue
–. Le premier est plus bas que le second, lequel n'est pas visible sur le clavier.

2. Les guillemets français «» ne s'obtiennent pas en tapant des chevrons << >>. De même, les guillemets anglais "…" ne s'obtiennent pas avec deux apostrophes successives ''  (ce défaut se voit plus avec certaines polices que d'autres).

3. Le symbole degré ° doit être réservé aux degrés °F, °C. Il ne peut remplacer le petit e en lettre supérieure des ordinaux : 3e. Pas plus que pour le petit o en lettre supérieure des énumérations : 1o (primo). Il n'a pas la même taille que celui-ci, ni le même œil. Il vaut mieux éviter d'imiter des lettres supérieures quand on n'en a pas la possibilité.

4. Appuyer simplement sur la touche Retour (ou entrée) équivaut à créer un nouveau paragraphe avec un interlignage. Si l'on souhaite seulement un retour à la ligne, comme dans le cas de la poésie, il convient d'employer la touche Maj combinée à la touche Retour. L'espacement entre les différents vers d'une strophe et celui entre les strophes sera différent.
Rappelons que l'emploi de la seule touche Retour peut générer automatiquement des listes à numéros ou à puces, alors que Maj+Retour supprime la numérotation comme dans le retour à la ligne que je viens d'effectuer.

5. La barre oblique / ne peut être utilisée dans une énumération à la place d'une parenthèse fermante : 1). La barre dans ces cas relève de pratiques manuscrites, pour des raisons de rapidité. Après un nombre ordinal ou une lettre à valeur de nombre dans une liste, on place soit un point, soit une parenthèse fermante, mais pas les deux à la fois.

6. Une fort vieille erreur des dactylos consistait à employer le zéro 0 à la place du O en capitale où inversement. L'œil est différent. De même, on voit parfois des textes saisis par OCR où le chiffre 1 remplace un l en bas-de-casse.

7. Il est fort laid de commencer une phrase par « Ca » alors que le C cédille majuscule existe et est disponible dans les caractères spéciaux : « Ça ». Mieux vaut écrire encore « Cela ».

8. Le symbole de section § n'est utilisé que dans les abréviations : ch. 3, § 1, l. 7. Il n'a pas à être employé pour introduire un paragraphe.

9. Les parenthèses et les crochets sont des signes de sens différents :
– les parenthèses dans une citation indiquent un passage omis ou supprimé, notamment avec des points de suspension (...) ;
–  les crochets marquent une interpolation « Le criminel [Jean D.] déclara (...) ».

10. Justifier un texte avec fer à droite conduit à des lignes contenant beaucoup de blanc si l'on écrit des mots longs et que l'on ne dispose pas d'un trait d'union insécable ou conditionnel permettant la coupure d'un mot en fin de ligne. Autant se passer de la justification.

lundi, 04 mai 2009

Le CSA me les casse grave...

Comment prononcer ? Je préfère laisser le choix au locuteur, mais je sais qu'il est impardonnable d'écrire le oe ou e dans l'o sans la ligature œ quand elle est exigée par l'histoire et que l'on se pique de lettres classiques ou d'une prononciation académique. 

Comment prononcer les syllabes contenant un « oe » suivi d’une consonne, tels « Œdipe », « oenologie » ou « oecuménisme » ?

Au lieu de se prononcer en matière de prononciation, le CSA devrait penser d'abord à balayer devant sa porte et à se poser des questions d'orthotypographie de base ! En outre, on appréciera l'absolue incohérence de ces articles entre les capitales et les bas de casse...

vendredi, 27 mars 2009

Vendredi, ou la vie des coupeurs-colleurs sauvages

Ces deux notes de bas de page d'un billet de LSP n'ont pas été reprises dans la une de Vendredi (l'hebdomadaire qui n'avertit pas les blogueurs qu'ils seront recopiés, coupés, réécrits, retitrés, émasculés de leurs liens ou de leurs attendus, mais qui se félicite de leur offrir une vitrine incomparable afin de leur faire de la publicité en toute gratuité et qui leur demande de ne plus lire d'autre journal) :

* Cette déclaration bouffonne, très comparable à celle attribuée à Marie-Antoinette sur la brioche, sera peut-être considérée plus tard comme la marque de la déconnexion définitive des “élites” par rapport au bas peuple.

* Ce qui est quand même bien plus élégant que “né avec une cuiller en argent dans la bouche”. Le grec porphura signifiait “pourpre”, cette matière colorante rouge vif extraite d’un mollusque, le murex, et qui servait à teindre les habits des hauts dignitaires. Ce mot a donné aussi porphyre (roche rouge foncé).

Ce qui est plaisant, c'est que l'on perd alors tout ce qui est plaisant. La première note en noir était motivée par ce passage : "et l’auteur de la fameuse phrase sur les montres Rolex*" qui désignait un célèbre publicitaire. La deuxième en rouge par celui-ci : "Si un héritier, mâle de préférence, naissait pendant son quinquennat, il serait porphyrogénète (du grec porphurogenêtos, “né dans la pourpre”*)".

Or, que je sache, Vendredi est imprimé en couleur. On aurait pu conserver la plaisanterie au sujet de la couleur rouge, manifestée par la typographie. Cela aurait pu être considéré comme une incidente au cours d'une phrase, mais non, pas du tout... Il faut couper le sujet même dans sa forme ou lorsque la forme parle du fond et dit les possibilités métalinguistiques et poétiques d'un blogue. Il est particulièrement cocasse de voir que l'appel de note en noir disparaît totalement, que celui en rouge passe en noir, et que l'on perd tout ce qui fait le jeu de l'écriture au sujet des couleurs sur la Toile par cette mise à plat.

Couper des notes ne serait pas un acte grave quand elles ne disent rien de sérieux, pensera-t-on. Mais qu'est-ce que cela veut dire lorsque l'on ne voit pas le rapport étroit et ludique entre le corps du texte et la note ? Lorsque l'on reproduit malgré tout un appel de note en noir et non en rouge, sans note afférente, parce que l'on ne maîtrise pas le couper-coller ? La subtilité littéraire ou typographique serait-elle donc impénétrable à la rédaction de Vendredi ? Certes, la plaisanterie est mineure et facile, mais il y avait un jeu qui n'a pas été vu parce que l'on s'est focalisé - plus d'un mois après la publication du texte ! - sur l'érudition et le mot rare (porphyrogénète) sans regarder le détail du texte et la motivation des notes qui peut justement être dans les notes de bas de page...

jeudi, 06 novembre 2008

La revanche du y trématé

elays.jpgVoici un nouveau produit qui va compléter ma collection de ÿ trématés. C'est le troisième ou quatrième produit commercial que je découvre avec ce glyphe. Les patronymes et les toponymes sont un peu plus nombreux. Mais pourquoi un ÿ trématé ? Tout simplement parce que cette gamme de soins pour le visage et le corps est à base de champignac ! Le ÿ évoque donc bien la flute de champignac surmontée de deux petites bulles et puis renvoie aussi à la ville d'Aÿ qui donnait autrefois son nom au champignac : on disait jusqu'au début du XIXe s. du vin d'Aÿ ou un aÿ. L'autre motivation tient peut-être au fait que ce y trématé est aussi employé par la marque Sÿsleya, ou Sunleÿa de Sisley, qui est "l'antiride de toutes les rides" - un autre produit de beauté donc. Il y a donc une légère imitation du nom alors que ce produit se situe dans le même créneau commercial. Hum...

Un autre fait à noter, c'est l'utilisation de la forme d'un blogue et non d'un site : cela permet un meilleur référencement dans les moteurs si les pages sont régulièrement actualisées, mais il n'y a que quelques brefs rédactionnels au cours du mois de septembre. Le produit est tout nouveau et je crois qu'il ne doit guère dépasser la vente régionale. Ces blogues à caractère publicitaire sont un peu gênants quand ils ne s'affichent pas explicitement comme tels, mais en général ils sont choisis par de petites entreprises et cela indique les capacités de conception d'un site.

Pour rappel :

 

La geste du y trématé.

L'inévitable retour du y trématé.

Mission : y trématé.

samedi, 11 octobre 2008

Renaissance de la perluette

C'est une nouvelle manie : après le détournement des arrobes (lues bêtement at ou arobase par les anglomanes), des signes registered, copyright, euro à la place des lettres a, r, c, e, on voit apparaître dans des logos des esperluettes.

Il y a, par exemple, cette émission de télévision sur la décoration et le bricolage, qui se nomme D&Co, jouant à la fois sur l'initiale de l'animatrice Valérie Damidot et le caractère d'équipe de l'émission. Co est là pour dire compagnie. Sauf que... c'est une abréviation anglaise, en français c'est Cie (avec petites lettres supérieures). On lit anglais, on pense français.

Ou encore Coiff &Co qui peut se lire comme "coiff(ure) (à prix) éco(nomiques)". Passons sur la manie des coiffeurs à employer la troncation sauvage dans leurs raisons sociales ou dans le nom de leurs prestations. Mais ce qui est remarquable ici, c'est que le nom développé de la marque, sans l'abréviation est bien "Coiff and Co" comme le prouve le site de la maison qui filialise. Les jeux de mots idiots entrent souvent dans les noms de salons de coiffure ou de toilettage canin. Le passant ordinaire lira "coiff éco" puisqu'il s'agit d'une enseigne à bas prix (une formule low cost ou discount si vous voulez), sans songer à d'autres services.

Que dire ? La perluette est devenue tendance depuis qu'Orange-France Télécom l'a utilisée dans son logo. On se trouve aussi dans le courant des détournements de signes pour leur attribuer une valeur symbolique : l'arrobe, par exemple, connote le caractère informatique d'une entreprise, d'un film. C'est assez ancien, mais cela devient un peu plus systématique depuis que la moitié de la population possède ou utilise un ordinateur, alors que les claviers de machine à écrire étaient inconnus de la majeure partie des gens. Certes, il y avait bien des gauchisses et anarchisses pour détourner les signes du dollar et de la livre afin de dénoncer l'argent-roi, mais ces signes étaient connus de tous puisqu'ils figuraient sur des billets et largement reproduit. Alors que l'ampersand était marginale en français : on la voyait plus souvent figurer dans des raisons sociales britanniques ou américaines, même si elle appartenait depuis les origines aux divers claviers francophones. Je devais l'expliquer à mes élèves quand je l'employais. Le Monde ne s'y est pas trompé : il a utilisé aussi le signe & pour les titres de certaines de ses rubriques ou pour ses produits commerciaux. La ligature mérovingienne est de plus en plus connue et surtout reconnue. Mais encore... on la voit surtout par son aspect anglais et c'est pourquoi il faut la faire suivre du Co anglais. Cela connote alors une sorte de modernité, de simplicité, d'efficacité.

mercredi, 08 octobre 2008

Coeurs d'acier, ou l'échec des correcteurs (1)

-chaland.jpgJ'ai lu récemment Cœurs d'Acier, la réédition des deux tomes publiées en 1990 par Champaka. Je connaissais la première partie en bande dessinée signée seulement par Chaland dans Spirou en 82, mais non la suite qui est illustrée par Chaland et racontée par Yann Le Pennetier, dit Yann. Les deux volumes avaient été publiés en volumes fort chers et fort limités. Et je dois dire qu'en 18 ans, le travail d'édition de texte le plus élémentaire ne s'est pas amélioré... Champaka peut soigner le graphisme, il manque un correcteur-réviseur dans cette maison.

Précisons le cadre : l'histoire a été interrompue brutalement dans Spirou parce qu'elle prenait une tournure inattendue dans cette maison si catholique qui avait déjà mal digéré d'autres bandes iconoclastes. Chaland a eu ensuite le droit d'éditer et de poursuivre l'histoire, à condition que le visage et le nom des personnages n'apparaissent pas dans les pages inédites. Cela nous vaut des dessins avec des masques ou des ombres pour Spirou et Fantasio, mais aussi un nombre considérable de bévues dans la rédaction de la réédition comme je l'expliquerai dans un deuxième ou troisième épisode. Parce que depuis l'on a rétabli le nom des personnages dans le texte courant et cela ne colle plus.

Mais penchons-nous plutôt sur de simples problèmes de typographie. On va y voir la difficulté du scénariste de BD à passer à une forme romancée.

Premier épisode : une orthotypographie absurde

Exemple 1 :

- Ce malheureux est une victime de l'Iranga. Son pauvre petit esprit est définitivement prisonnier ! Affirma Spirou, après avoir examiné l'œil du groom raide comme la justice Belge.

Deux erreurs de typo à la fois. Mais on a aussi :

- Beati pauperes spiritu ! soupira Spirou... Bienheureux les pauvres d'esprit.

Et deux nouvelles erreurs, mais différentes. Ou en les mélangeant :

- Audaces fortuna juvat ! Lui répliqua Fantasio.

 

Exemple 2 :

- Vous semblez en savoir long sur ce sujet ! Comment diable..., commença le jeune homme-léopard travesti, oubliant son chagrin.

Et puis :

- Ou plutôt un ramassis de ramollis du bulbe prêts à tout pour imposer leurs chimères, fût-ce à l'aide de l'Iranga, comme le malheureux Bogongo semble en avoir fait les frais..., philosopha sentencieusement Spirou.

 

Exemple 3 :

- Ça serait possible d'avoir une couque et une tablette de chocolat Côte d'Or ! hasarda timidement Fantasio.

Et à la ligne suivante !

- Que personne ne bouge, bande de guignols, nous sommes armés ! Hurla la Momie, brandissant une arme, qu'elle venait de subtiliser à ce grand escogriffe de Fantasio dans l'escalier.

 

Je veux bien que la surabondance de points de suspension soit là pour faire plus BD et souligner les ellipses inévitables de ce genre. Je veux bien aussi que les changements constants de verbes de paroles soient humoristiques. Mais enfin... on aurait pu vérifier un peu l'emploi des capitales (il y a par exemple aussi un Babiroussa), des italiques, des points ou virgules. Les contradictions abondent au sein d'une même page. Pourtant ce n'est pas le plus grave. J'ai constaté des contradictions de style du fait de l'autorisation de publication des noms de personnages pour cette nouvelle version. Ici, nous n'avons affaire qu'aux maladresses de quelqu'un qui est habitué à ne pas utiliser de formules de présentation du style direct et à ne pas savoir ce qu'est l'italique puisque cela n'apparaît pas en manuscrit dans une BD. Or il était question de texte imprimé.

 

Prochain épisode : un entrefilet qui n'en est pas un

 

mardi, 03 juin 2008

Un blogue littéraire ferme

J'avais découvert Dominique Autié dans l'ancien blogue de Jacques Layani où nous commentions tous deux. Je ne le connaissais pas vraiment, juste par ce qu'il écrivait sur son blogue ou ailleurs. Je l'avais immédiatement placé dans ma blogoliste à la catégorie Littérature dès l'ouverture de cette version du blogue. Philippe[s] de L'esprit de l'escalier et surtout Feuilly de Marche romane lui rendent hommage, ils l'avaient suivi depuis plus longtemps à travers différents blogues et forums. Cela me rappelle la disparition de Jean-Pierre Lacroux, il y a six ans, avec lequel Dominique Autié partageait certains traits comme le souci de l'édition et de l'imprimerie soignées ou le choix méticuleux et pondéré des mots à placer sur un fait, et puis autour d'eux une communauté informelle de gens qui ne les avaient découverts que sur la Toile et grâce à la Toile, alors qu'ils étaient des hommes du livre.

mercredi, 30 avril 2008

La typographie de Rue89

Une question à la noix que je me pose, comment Rue89 arrive-t-elle à obtenir à la fois des espaces variables dans chaque ligne de ses billets comme si le texte était justifié à droite et à gauche en même temps, tout en affichant une justification à gauche seulement ? Normalement, la justification à gauche devrait annuler les espaces variables des lignes, mais ce n'est pas le cas. Je ne comprends pas cette logique.

mardi, 12 février 2008

Typo du cinéma

La légende veut que Ed Benguiat, l’un des plus grands typographes de la fin des années 70, et Woody Allen prenaient leur petit déjeuner dans le même diner du New Jersey. Un jour, Woody Allen lui aurait demandé conseil pour une bonne typographie, et Benguiat lui aurait suggéré la Windsor qu’il appréciait particulièrement. Et le jeune cinéaste l’aurait suivi presque religieusement.

Je devrais essayer de la trouver, elle me plaît beaucoup. Elle est claire, simple, sans prétention, tout en conservant des éléments un peu grotesques dans les empattements, mais elle souligne aussi bien l'aspect cinématographique par sa hauteur de corps, comme si on se trouvait juste en dessous de l'écran, au premier rang des fauteuils.

mercredi, 19 décembre 2007

Les Fromages de Suisse, passionnément lourds

Je tombe sur une publicité en double-page pour les fromages de Suisse. Et je me dis que le texte a l'air d'être traduit par un Italien de l'allemand, ou d'un suisse allemand... Cela fourmille de capitales dans tous les sens : "Selon des traditions immuables [sic], Les Fromages de Suisse sont fabriqués artisanalement..." "Le Gruyère AOC suisse est originaire d'une région appelée La Gruyère". Il y a aussi des phrases un peu étranges comme "Chaque Fromage de Suisse d'AOC est attaché à sa région et son terroir [sic]"

Cela s'étend aux noms de fromages : le Gruyère, l'Emmentaler, la Tête de Moine. Et de manière bien plus absurde, cela continue pour les adjectifs : la Tomme Vaudoise, le Vacherin Fribourgeois AOC. C'est une sale manie des producteurs : mettre des capitales aux noms d'appellation de vins, de pains ou de fromages, alors que ce ne sont pas des noms de marque. Parfois c'est écrit à contresens : le L'étivaz AOC. Avec redoublement de l'article donc, le nom est étivaz sans majuscule.

Mais ce qui est plus surprenant, c'est le fait de faire suivre ou nom chaque fromage du nom de sa protection. Ainsi, le Gruyère AOC suisse, mais l'Appenzeller® avec une protection américaine pour des noms de marque. C'est un peu surprenant de voir cette insistance, cela ne se fait pas vraiment quand on cite des noms de fromages français. D'ailleurs, il n'y a que deux fromages à avoir en plus de la mention AOC celle de suisse : le gruyère et l'emmental(er). Pour une bonne raison : il faut faire comprendre que les gruyères et les emmentals fabriqués en France ne sont pas des AOC... Sur le site de l'association interprofessionnelle, ce n'est guère meilleur : des capitales qui bondissent un peu partout en dépit des règles orthotypographiques françaises.

Finalement, c'est un peu lourd. Tout comme la gastronomie suisse d'ailleurs.     

samedi, 15 décembre 2007

w00t

Que signifie "w00t", mélange de lettres et de chiffres qui a été désigné comme le mot de l'année 2007 par le dictionnaire en ligne américain Merriam-Webster ?

Le gros problème, c'est que le Monde en ligne utilise une police de caractère qui fait que l'on distingue mal à l'écran la différence entre le chiffre 0 et la lettre O en minuscule. Il fallait donc préciser le mélange. Il nous assure après :

Pour les puristes, le "t" de w00t peut se remplacer par un "7", pour donner "w007" signifiant que le joueur a mis une raclée à son adversaire.

Là, il n'y a plus de problème de lecture, puisque l'on voit la différence entre les deux signes 7 et T, comme entre 4 pour A, 3 pour E, 9 pour G, 5 pour S, 2 pour Z. On connaissait l'erreur fréquente des dactylos qui tapaient un 0 à la place d'un O, cela arrive parfois sur Internet et il y a des gens pour utiliser indifféremment l'un ou l'autre. Une autre erreur fréquente est de faire un I capitale à la place d'un l bas de casse ou d'un 1 chiffre, ou bien d'employer une police qui ne permet pas de bien les distinguer à l'écran. Si c'est imprimé, la forme est fixe. Si c'est sur écran, on ne sait pas toujours très bien ce que l'on envoie et comment ce sera lu, ni pour la police, ni pour la table de caractères, ni pour l'encodage. Donc est-ce que w00t existe vraiment sous cette seule forme ?

Pour ceux que le langage geek rebute, "woot, woot, woot" est aussi le cri de victoire lancé par Julia Roberts dans le match de polo de Pretty Woman...  

Phrase écrite avec un vrai O, mais qui ne se lit pas différemment des 0 précédents dans la version en ligne. 

 

dimanche, 18 novembre 2007

Moisissures

En allant voir chez Padawan, j'ai constaté que je n'avais pas été le seul à lire "moisi" dans la publicité pour "le mois! Carrefour". Lui-même et d'autres (Joël Ronez, Matoo cités en lien) constatent aussi qu'ils n'ont pas été les seuls. La date de péremption est dépassée, mais j'ai vu des affiches 3x4 encore récemment : les emplacements publicitaires coûtent très cher et il est inutile de remplacer toutes les affiches dans une cambrousse comme la mienne. Pourquoi n'en avais-je pas parlé alors ? Parce que je songeais alors à un autre texte sur les constructions de noms d'opérations commerciales, texte qui n'a pas été écrit ensuite. 

vendredi, 25 mai 2007

Alcanter de Brahm était un plagiaire

Révélations inattendues et stupéfiantes au sujet du point d'ironie qui serait apparu en fait au XVIIIe s. Les preuves sont . L'information vient de la liste Typographie. Cependant, un membre éminent de la liste a fait observer que la forme d'un point interrogant chez Dolet au XVIe s. était identique déjà.

vendredi, 27 octobre 2006

La typo qui tue

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 Je veux bien que le t de Stuart soit muet en français classique (et qu'il ne faut pas dire Stiuarte, Stiouarte ou Stiouarde), mais on indique un peu trop la prononciation du t qui tombe dans cette affiche. Et à part ça, on ne dirait pas une affiche de cinéma avec son générique qui file vers la ligne de fuite ? Pourquoi donc une affiche de théâtre comme une affiche de cinéma ? Je me le demande...

samedi, 14 octobre 2006

Effrayer les capitalisés

C'est un sous-titre du Monde en capitales... Oui, les capitales du Monde m'effrayent puisqu'elles ne sont pas accentuées et qu'il y a en outre une coquille.

mercredi, 26 juillet 2006

Comptes de films

medium_4_30.jpgAvec l'habitude de ne plus traduire les titres de films et de garder leur titre en angl, pardon en langue internationale, le diable peut bien se nicher dans des détails. Le titre est 4:30, ce qui se lit quatre heures trente (ce n'est pas la durée du film, heureusement, mais un moment du film). Et puis le chroniqueur qui rapporte un propos du cinéaste écrit : «Dans 4h30*, dit-il, il n'y a pas d'hommes, pas de femmes, juste de l'être humain.» Mais alors, mais alors, pourquoi le distributeur a-t-il conservé le séparateur d'unités américain et n'a pas pris le symbole international de l'unité ? C'est une nouvelle manie pour faire vraiment international, on l'avait déjà vu avec M:I:III. Il me semble qu'il y a encore deux ou trois autres titres du même acabit. En tout cas, c'est amusant de voir un titre de film avec plusieurs versions écrites comme qui devient parfois 8 1/2 faute de caractères spéciaux, voire Huit et demi alors que chacun sait qu'un titre commençant un chiffre se place dans une liste avant un titre commençant par une lettre. Heureusement, on a évité le sous-titrage en anglais comme pour 10 de Kiarostami qui est vendu sous le titre Ten et personne ne l'a écrit 8,5 ou pire 8.5.

* Libé se trompe dans la typo : il faut un espace avant et après le symbole.

medium_huitetdemi.gifmedium_ten.gifmedium_mission-impossible-3.jpg

mardi, 25 juillet 2006

Déraillement typographique

Voici une phrase que j'ai relevée dans le Monde :

Dès 2012, la plateforme aéroportuaire de Roissy - Charles-de-Gaulle - la deuxième en Europe - pourra être reliée en vingt minutes depuis Paris (gare de l'Est). 

Elle m'a paru exemplaire des difficultés qui se posent pour l'emploi du tiret et du trait d'union.

Nous avons :

a) deux traits d'union qui entrent normalement en cas de nom de lieu composé (Charles-de-Gaulle), il n'y a rien à redire même si les Belges n'aiment pas employer ce genre de forme ;

b) un trait d'union pour indiquer la jonction entre deux lieux, c'est un sujet fort disputé ;

c) deux tirets d'incise pour isoler la deuxième en Europe et ces tirets (cadratins ou demi-cadratins) sont devenus de simples traits d'union.

Dans le cas b, on recommande parfois l'emploi d'un double trait d'union, ou bien d'un cadratin, ou bien l'emploi d'une espace avant et après le trait d'union. Par exemple :

* Vitry-le-François--Saint-Dizier ;

* Vitry-le-François–Saint-Dizier ;

* Vitry-le-François -- Saint-Dizier ;

* Vitry-le-François – Saint-Dizier.

Ce n'est pas sot, mais tout le monde ne comprend pas. En outre, il y a un risque de d'élimination pour le demi-cadratin et c'est bien ce qui se produit puisque l'incise – la deuxième en Europe – suivait exactement le nom de la jonction (laquelle comprenait un nom composé) et que le cadratin (—) ou demi-cadratin (–) a été réduit au trait d'union (-). La phrase était donc à la fois mal rédigée, mal ponctuée et souffrait d'une typographie faible. Il aurait fallu éliminer l'incise ou placer l'information dans un autre corps de phrase puisqu'il y a collision des conventions ici.    

vendredi, 07 juillet 2006

Invisi'Fx

Vu une publicité pour un gel coiffant de la société L'Oréal. J'aime beaucoup les noms des produits L'Oréal : ils sont toujours de mauvais goût (moins que les noms de marques chez E. Leclerc, mais pas loin). Celui-ci n'échappe pas à la règle : Invisi'FX. On aura reconnu l'apostrophe de coiffeur qui réunit deux mots par une fausse coupe et qui souligne un calembour piteux comme Imagin'Hair ou Imagina'Tif. Invisi' pourquoi ? Parce que le produit est international et qu'écrire invisible le fermerait au marché d'autres pays qui n'ont pas le même suffixe. Ensuite, cela souligne le fait que la suite du nom est un suffixe comme le gel est un suffixe de la coiffure ! Ils sont malins les commerciaux... Donc FX est le suffixe et cela se prononce èf-ix en français, ce qui fait un effet de fixateur. Pas bête du tout, pas bête. Il faut en avoir dans le ciboulot pour trouver cette épellation. Et là où je reste en arrêt, c'est devant le slogan : « Your style, your studio » (tout en capitales). Je rassure tout de suite les Québécois qui viendraient à me lire, c'est traduit par : votre style, votre studio. Et c'est justement la raison pour laquelle je me gratte le crâne : mon studio ? Je comprends alors que le studio en question est simplement la ligne de produits de L'Oréal « Studio Line ». Pourquoi Studio ? Parce qu'Actor's Studio et compagnie. Mais alors ce n'est pas un nom commun ? Ben si... Parce que les commerciaux de L'Oréal sont toujours très malins et ils patronnent  une opération artistique offrant des studios à des plasticiens. La marque ne marchait plus, on ne la remarquait plus, donc on la relance en faisant comme si elle était déjà banalisée, entrée dans le langage courant. Vraiment pas sots, les commerciaux de L'Oréal. Le problème , c'est que la stratégie est tordue et que le pékin doit déchiffrer le degré oméga du truc.

vendredi, 30 juin 2006

Guillemettomanie

J'ai déjà évoqué ici la typologie des titres d'articles. C'était au sujet de Google qui contraint les journaux anglo-saxons à adopter de plus en plus des titres remplis de mots clés, donc à choisir des titres informatifs de plus en plus banals au détriment des titres accrocheurs ou évocateurs.

Il existe un autre distinguo parmi les titres : les titres inventés et les titres de citation. Le titre inventé peut consister en une citation d'expression liée à l'actualité ou bien présente dans la tradition, mais il ne prend pas une phrase ou un extrait de phrase pour le mettre en évidence comme ayant une source unique. Le titre citation intervient généralement dans deux genres d'articles. D'abord les reportages ou les témoignages. On repère alors une forte présence de la première personne qui authentifie une expérience unique. Cela semble du fait brut (« J'ai survécu à l'enfer de... », « On m'a traité comme... ») et on est en fait dans le registre de l'émotion. Ce qui est attendu, c'est une identification du lecteur au narrateur ou bien à la personne dont on rapporte le récit. Ensuite, les entretiens et les déclarations officielles. Cela paraît aussi factuel et cela ne l'est jamais puisque la coupe présente une orientation de la lecture de l'article. On peut avoir aussi une manipulation préalable de la part de l'auteur des propos qui a prévu le choix des rédacteurs, c'est notamment le cas des petites phrases ou des mots (abracadabrantesque, pschitt). L'extrait n'est pas toujours pertinent car il peut masquer le propos essentiel.

En règle générale dans la presse sérieuse, on évite les titres citation ou alors on a recours aux tournures du discours direct (Le président de la République a déclaré : « Salauds de pauvres ! »). Le médiateur du Monde a déjà exprimé sa défiance envers ces titres fallacieux qui ne sont pas factuels et qui n'avouent pas leur orientation. Toutefois, ils ont tendance à se multiplier. Cela a commencé notamment par les intertitres et les encadrés, mais ces titres entre guillemets interviennent de plus en plus souvent dans les unes, les ouvertures de séquences. Le lecteur a alors l'impression d'une pipolisation de l'information puisque le système est calqué sur celui des magazines bas de gamme : on donne la parole aux gens et on le montre par de gros guillemets bien visibles. La lecture d'un titre citation est complexe car elle demande de regarder un très grand nombre de niveaux stratégiques différents et en fait la citation se présente comme simple, évidente, authentique.

Pourquoi est-ce que j'en parle ? Aujourd'hui, à cause du départ de Serge July, Libération est atteint de guillemettite aiguë. J'ai compté seize titres sous forme de citations de phrases et six d'expressions. J'y ajoute les dix lettres de lecteurs, le délire de Villepin, le tout alors sans guillemets comme c'est la tradition. Mais ce sont tous des titres citations. Je prends le Monde du même jour : six titres phrases et quatre titres avec des expressions entre guillemets, la moitié est d'ailleurs dans le cahier Livres qui joue sur un autre registre (la parole sacrée de l'écrivain). On est dans les eaux habituelles d'un quotidien, exactement comme cela se fait d'habitude au Figaro ou à Libération. Je me méfie des titres entre guillemets, cela ressemble trop aux trucs des farces et attrapes.