mardi, 25 juillet 2006
Déraillement typographique
Voici une phrase que j'ai relevée dans le Monde :
Dès 2012, la plateforme aéroportuaire de Roissy - Charles-de-Gaulle - la deuxième en Europe - pourra être reliée en vingt minutes depuis Paris (gare de l'Est).
Elle m'a paru exemplaire des difficultés qui se posent pour l'emploi du tiret et du trait d'union.
Nous avons :
a) deux traits d'union qui entrent normalement en cas de nom de lieu composé (Charles-de-Gaulle), il n'y a rien à redire même si les Belges n'aiment pas employer ce genre de forme ;
b) un trait d'union pour indiquer la jonction entre deux lieux, c'est un sujet fort disputé ;
c) deux tirets d'incise pour isoler la deuxième en Europe et ces tirets (cadratins ou demi-cadratins) sont devenus de simples traits d'union.
Dans le cas b, on recommande parfois l'emploi d'un double trait d'union, ou bien d'un cadratin, ou bien l'emploi d'une espace avant et après le trait d'union. Par exemple :
* Vitry-le-François--Saint-Dizier ;
* Vitry-le-François–Saint-Dizier ;
* Vitry-le-François -- Saint-Dizier ;
* Vitry-le-François – Saint-Dizier.
Ce n'est pas sot, mais tout le monde ne comprend pas. En outre, il y a un risque de d'élimination pour le demi-cadratin et c'est bien ce qui se produit puisque l'incise – la deuxième en Europe – suivait exactement le nom de la jonction (laquelle comprenait un nom composé) et que le cadratin (—) ou demi-cadratin (–) a été réduit au trait d'union (-). La phrase était donc à la fois mal rédigée, mal ponctuée et souffrait d'une typographie faible. Il aurait fallu éliminer l'incise ou placer l'information dans un autre corps de phrase puisqu'il y a collision des conventions ici.
19:39 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : typographie, presse, langue française, ponctuation, tiret


