mercredi, 25 novembre 2009

Des guillemets gestuels dans la geste présidentielle

Cette image de notre admirable et magnifique président m'est parvenue par un lien de Monsieur Kaplan sur Twitter. Il comparait alors notre splendide et extraordinaire président à Chantal Goya imitant les oreilles de lapin - ce qui consisterait à le rabaisser grandement. Que nenni ! dus-je dire en moins de 140 signes. Il se demande alors si de Gaulle, Pompidou, Giscard (sans d'Estaing), Mitterrand, Chirac auraient pu commettre le même geste. Je réponds ici non pour les trois premiers : ils sont tous morts* avant l'apparition du signe aux USA. Le quatrième aimait beaucoup Dallas, mais on ne voit pas ce signe dans cette série texanne, et le cinquième ne se repasse plus que de vieux John Ford et Nicholas Ray. 

Il s'agit en réalité des guillemets gestuels étatsuniens que l'on peut observer dans le moindre feuilleton télévisuel venant d'outre flaque et qui sont décrits dans cette page. Je dois dire que cela devenait irritant dans des séries comme Ally McBeal ou Friends en disant "Je veux dire exactement", "Je veux dire seulement", "Je veux dire plus précisément". Il fallait surligner chaque propos considéré comme essentiel afin qu'il n'y ait pas d'équivoque et le résultat se révélait comique après la lassitude du spectateur devant ce nouveau langage des signes. Comme l'emphase est le registre préféré de notre faramineux et formidable président, il ne faut pas s'étonner de leur emploi ici. Notons qu'il y a des variantes avec un ou deux doigts, mais que notre président si sage et si érudit a adopté les quotation marks comme single quote et non comme straight quotation marks. Ce qui montre son niveau d'anglais, puisqu'il connaît l'emploi de l'apostrophe simple dans cette langue barbare.

Ce signe est nouveau en français européen, il est né néanmoins il y a à peine trente ans aux Etats-Unis dans la côte Est, mais notre merveilleux et fabuleux président est à l'affût des moindres nouveautés présentes à la télévision (de préférence tihèfouane) qui diffuse surtout des feuilletons ricains. Alors, comment être résolument moderne et paraître comme un nouveau Kennedy, sinon en adoptant un code gestuel en vigueur dans les programmes industriels que regarde tout le monde ? Cependant, notre fantastique et miraculeux président ne s'est pas aperçu que le code gestuel était employé aussi par dérision dans les feuilletons d'outre Atlantique : les tics de la Nouvelle Angleterre sont raillés aux Etats-Unis mêmes et lorsque les Simpson s'en emparent cela devient un jeu, puisque ces bouseux de Springfield (dont l'Etat reste inconnu jusqu'à cette date) ne sont pas censés avoir intégré le nouveau code des élites de ce pays. Qu'il y ait une ironie, une autodérision et une sorte de running gag n'est pas venu à l'esprit du nouveau personnage des Simpson. C'est dommage pour celui qui se prétend lecteur de Stendhal ou spectateur de Chaplin...

* Que l'on ne me dise pas que Giscard (d'Estaing) n'est pas encore mort, je lis les journaux et je ne peux croire qu'un ancien président se répande aussi stupidement dans des romans grotesques. C'est un imposteur qui signe à sa place.

vendredi, 18 septembre 2009

La pompe à purin du Post : comment orienter le lecteur vers le tas de fumier

Comment faire de l'audience à n'importe quel prix et alimenter la pompe à commentaires (conçue sur le mécanisme de la pompe à phynances chère au Père Ubu) ?

Prenez déjà un pipole. Tout le monde connaît les pipoles grâce à ces magazines d'information ces bouses informes que sont Voici, Gala, Public, Closer, France-Dimanche, Entrevue, Choc, Guts, Ici-Paris et Grazia. (Il me semble que je dois en oublier quelques-unes, mais on n'est pas dans Wikipedia.) Or, cela tombe bien, quand on lit Le Post, on se retrouve confronté à peu près au même genre d'étrons emballés dans un torchon, sauf que c'est plus moderne, puisque c'est en ligne, avec plein de vidéos marrantes autour et même que l'on peut donner son avis.

Or, ce qui est intéressant au sujet d'un pipole, c'est d'abord que tout le monde a un avis circonstancié et argumenté au sujet de sa personnalité profonde, de son psycnisme, de son état physique surtout s'il est question de drogues, de dépendances ou de dopage, sur son histoire dans sa petite enfance, ses drames intimes qui sont toujours pudiquement cachés en étant étalés à la une desdites déjections ou dans les émissions de témoignage. Donc même Ginette qui est femme de ménage à Franprix ou Kévin qui est doctorant en étruscologie à la Sorbonne ont forcément entendu parler des pipoles. Pourtant, l'une sait à peine lire les titres tandis que l'autre décrypte une langue mystérieuse. Autant dire que le pipole n'est pas segmentant et que cela intéresse fort les publicitaires qui aiment les programmes fédérateurs.

Le second intérêt du pipole, c'est qu'il est toujours prêt à dire ou à faire une couennerie quand il ne vit pas un drame intime (le mieux, c'est les deux à la fois). Prenons des pipoles types et bons vendeurs au hasard (Britney Spears, Lindsay Lohan, Paris Hilton), ils semblent avoir été conçus par leurs parents afin de commettre le maximum de couenneries dans le temps le plus rapproché et de préférence en public, parce que sinon ce ne serait pas des pipoles. Le pipole n'existe que parce que l'on parle de lui : Loft Story l'a compris, qui a fait accéder au statut de pipole des personnes n'ayant jamais rien fait dans leur vie ou ne sont pas fils de. Mais il y a une sous-catégorie de pipoles qui non contente de se faire voir au cinéma ou à la télévision veut avoir un avis sur la marche du monde. Le pipole intellectuel en quelque sorte. Celui-là est un bon client pour les émissions de débats de pugilat. Mathieu Kassovitz appartient à cette sous-catégorie.

Il rentre dans un sujet polémique avec un avis que l'on pourrait qualifier de candide : le 11 septembre 2001 (pas le 11 septembre 1973 qui ne lui dit rien et qui ne dira rien aux téléspectateurs ou aux commentateurs du Post). Cela tombe fort bien, il y a eu d'autre pipoles aussi capables de fines analyses que lui à avoir eu des positions identiques : Marion Cotillard et Bigard, ce grand humoriste fort catholique. On rentre alors dans le processus de recyclage des informations anciennes qui est si cher au Post. A partir d'une information, il est possible de faire une foule de  pages nouvelles avec les mises à jour, les mises en perspective, les appels à débat. Ce qui devrait tenir en deux lignes devient un flux d'informations d'âneres qui ne disent rien de plus.

Mais quand on tient un bon sujet de polémique, il ne faut surtout pas le lâcher. Il doit y avoir les pour et les contre. Cela tombe bien, les avis sont tellement opposés que l'on va obtenir un excellent débat de haute tenue morale une bagarre de saloon. D'un côté les complotistes traités de négationnistes, de l'autre des partisans de la raison qui en viennent à des rapprochements insensés. Le but, c'est de faire de l'audience, on le rappelle, donc il faut que le sujet attire le plus possible de trolleurs, de propos dignes du point Godwin et de faire monter la sauce afin que n'importe qui intervienne en disant n'importe quoi sur ce qu'il n'a pas lu ou vu. On le rappelle, le but du Post n'est pas d'informer ou de permettre une discussion : il est d'abord d'attirer des commentaires qui vont déclencher de nouvelles lectures de pages et donc de nouvelles rentrées publicitaires.

J'en viens à l'essentiel après ces prolégomènes de haute volée. Voici un extrait d'un article de la rédaction du Post (pas d'un des blogueurs invités ou d'un posteur) :

Si l'on parle de dérapage pour Mathieu Kassovitz, l'attitude de Frédéric Taddéï n'est pas non plus passée inaperçue.

À l'origine du débat, Frédéric Taddéï aurait "laissé dire" Mathieu Kassovitz, accuse le journaliste Renaud Revel, de L'Express.

Mais le journaliste n'est pas le seul, "un éminent spécialiste de la télévision, François Jost, s'effare que Kassovitz ait pu parler 'sans la moindre contradiction'", selon Arrêt sur Images.net.

Ce qui attire mon attention, c'est la dernière phrase. J'ai lu la brève d'@si auparavant et je donne une autre partie du billet qui n'a visiblement pas été lu ou qui a été intentionnellement été mal lu :

Mais Taddei n'est pas Ardisson. Et ses accusateurs n'ont sans doute regardé que l'extrait de l'émission posté sur Dailymotion. S'il laisse parler Kassovitz, c'est pour mieux le laisser déchiqueter ensuite posément, gentiment, avec compassion (on est en famille) par le reste du plateau. L'écrivain Hélène Cixous s'étonne tranquillement de l'impunité dont bénéficient les plus gros bobards complotistes anti-américains (Kasso : non non non, chuis pas complotiste). Tout aussi tranquillement, Ismaïl Kadaré raconte comment une vie entière sous la dictature albanaise l'a définitivement immunisé contre les énormités de la propagande anti-américaine (Kasso ne répond rien. Pas révisé le Wikipedia sur l'Albanie, sans doute). Seul l'autre pipeul présent, Marin Karmitz, fonce dans la muleta, et remporte le point Godwin, en assimilant Kassovitz aux négationnistes ( véhémente protestation de Kasso : faut pas tout mélanger, Auschwitz, c'est prouvé, tandis que New York, c'est pas prouvé).

Ce que je lis, c'est une ironie à l'égard de François Jost, puis dans la phrase suivante envers Renaud Revel qualifié de "non moins éminent journaliste-médias". Tous les deux n'ayant pas regardé l'émission en question, mais un extrait accessible en ligne. Ce sont deux journalistes issus de la presse écrite qui sont mis au banc des accusés par le procédé traditionnel en rhétorique de l'antiphrase. Cette figure disparaît complètement dans la version du Post qui laisse croire qu'@si décerne à François Jost son onction. Quel est donc le but de cette citation fallacieuse ?

Il s'agit d'abord d'évacuer l'idée qu'il ait pu y avoir une ou plusieurs contradictions en public. Si même Schneidermann déclare qu'il n'y a pas eu de contradiction, c'est donc que cela doit être vrai. Croire à une citation mensongère, ce serait trop compliqué à penser pour le commentateur moyen du Post qui y voit le seul lieu de son expression libre et entière, même s'il dit autant d'âneries que Cindy Lauper tout en se croyant supérieur à elle puisqu'il peut se moquer de sa personne qu'il connaît mieux que tout le monde. Ensuite, il faut bien recentrer le message sur ce qui permet de déclencher un débat une bataille rangée : le 11 septembre a-t-il vraiment eu lieu ? Les gens, enfin les posteurs, ne comprendraient pas les subtilités d'une analyse trop intellectuelle qui consisterait à dire qu'il y a eu une discussion après. Enfin, on jette aux lions deux noms : celui de Kassovitz certes déjà, mais aussi celui de Taddei qui peut devenir coupable de ne pas avoir censuré interrompu l'invité comme l'aurait fait un autre journaliste. Le titre de l'article est éloquent à ce sujet : "Bigard : la liberté de penser est menacée". Bigre ! Bougre ! Foutre ! Fichtre ! Fouchtra ! Et biouchtragueries ! La liberté de penser de monsieur Bigard, ce grand catholique si fervent, me paraissait se situer au niveau le plus fondamental : celui sur lequel il s'assied. Si l'on ne veut pas orienter les discussions algarades ainsi.

Le vrai débat au sujet de ce que lisent ou voient des journalistes issus de la presse écrite (qui écrivent par ailleurs sur la Toile en disant portnawak comme sur le papier) est éliminé donc et réduit à la liberté de penser est-elle ou non en danger ? La réponse est dans le titre, heureusement ! Le Post vous donne la parole ! et vous permet de dire ! tout ce que vous pensez ! même sur ce que vous ne connaissez pas (et n'économisez jamais les points d'exclamation à son sujet). Les censeurs, ce sont les autres, les méchants, les pas beaux. Et pendant ce temps, la marmotte enrobe les clics dans du papier alu qui plaira beaucoup aux publicitaires grâce à un débat à deux balles.

dimanche, 01 février 2009

De la réalité

J'ai un peu de mal avec cette phrase du CSA :

Il apparaît que plus les programmes sont proches de la réalité française (information ou fiction), moins la diversité est assurée.

Il semble que la réalité ne soit donc pas si réelle que ça.

vendredi, 09 janvier 2009

Qui veut gagner des millions ?

millions.jpg

vendredi, 02 janvier 2009

Dakar argentin

La géographie est complètement tourneboulée, puisque voici encore une fois le Dakar argentin. On parlait déjà du Paris-Dakar par ellipse, voire du Dakar, mais on découvre un rallye qui ne partait déjà plus de Paris depuis longtemps  et qui n'arrive même plus à Dakar ! On commence à avoir un peu l'habitude, mais alors pourquoi continuer à parler de Paris-Dakar ou de Dakar ? Est-ce que cela voudrait dire que le nom Dakar est synonyme de raid d'imbéciles friqués et bardés de logos publicitaires qui s'achètent une bonne conscience en écrasant des indigènes et en bousillant des routes de fortune au nom de la civilisation qu'ils apportent ? Est-ce parce que le nom Dakar ou Paris-Dakar est déposé comme un nom de marque, comme pour une lessive ou un soda ?

vendredi, 27 juin 2008

Ceci n'est pas une pipe

Quand on connaît un peu la politique publicitaire de Ryanair faite de coups de gueule, de provocations, de vulgarités, d'outrances beaufesques, de sexisme, on se dit que ce n'est pas un lapsus, mais un buzz bien volontaire et destiné à être repris et amplifié ensuite sur la Toile, ou plutôt pour lequel on citera la Toile comme l'élément principal du buzz (né à la télévision, repris par la presse traditionnelle qui se dédouane à peu de frais, une fois de plus) :

D'ailleurs, cela a été le cas lors de la conférence de presse organisée par Michael O'Leary, le patron de Ryanair, à l'aéroport de Düsseldorf. Dans son discours, l'homme annonce la mise en place d'un nouveau service en classe affaires : il évoque des "blow jobs".

 

mardi, 03 juin 2008

Mort du compagnon de Michel Drucker

C'est chez Morandini.com (je ne lis pas Morandini, mais son ennemi préféré, Schneidermann) :

L'inséparable compagnon de Michel Drucker dans "Vivement Dimanche" était âgée de 10 ans.

Elle s'est éteinte des suites d'un cancer des os.

Diable... Aurait-on voulu suggérer ainsi que le gendre idéal n'était pas zoophile ou infidèle à sa chère Dany ? Il y a des formes de pudeur qui laissent un peu pantois. On prend encore plus de pincettes qu'avec Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé... Compagnon serait-il un terme générique pour tout animal, même lorsque celui-ci a un nom spécifiquement féminin et que tout le reste du texte emploie le féminin ? Olga était-il/elle un(e) transgenre ? Quelles autres perversions Michel Drucker dissimule-t-il ? Vous le saurez bientôt !

 

lundi, 12 mai 2008

Comment la presse participe à sa servitude volontaire

(J'avais commencé à écrire ce texte en commentaire à mon billet lisible ici, puis je me suis dit qu'il serait dommage de le laisser juste dans le flux des commentaires, parce que les remarques ouvrent d'autres sujets.) 

A propos de l'hénaurme bourde présidentielle, les premières réactions sont venues de la blogosphère. J'avais fait part de mon étonnement quelques minutes après avoir lu ces lignes ahurissantes au sujet de l'enseignement primaire, j'expédiais la question assez vite, car j'avais eu un sursaut d'étonnement. Jules de Diner's Room a comparé plus attentivement les programmes précédents un peu après ce billet :

Billet repris par Embruns de Laurent.Ce qui lui donne une visibilité bien plus grande.
Je n'ai pas exploré la blogosphère ou les forums indépendants en ligne pour savoir s'il y avait d'autres mises au point dans le même temps.
Le lendemain, Tian invité du Post (qui n'a pas que des défauts) corrigeait le tir du billet de la rédaction avec un nouveau billet vite placé en une.
Je reviendrai sur ce billet.
Aujourd'hui, c''est Rue89 qui s'y colle avec un article de Sébastien Ledoux, enseignant chercheur.C'est le texte qui a suscité le plus de réactions et les plus intéressantes au sujet de la mémoire : le public n'est pas le même que celui du Post (même s'il le recoupe parfois), les discussions sont toujours plus suivies.

Je reviens au billet de Tian. Il a été enrichi de deux extraits de journaux télévisés (France 3 et TF1) qui donnent la parole à des spécialistes de l'éducation démontrant que le président a fait une annonce qui n'apportait aucune nouveauté par rapport aux programmes en vigueur. Pourquoi ? Sans doute par la protestation d'enseignants de base et aussi sans doute parce que les protestations plus officielles sont venues. Ceux-ci se sont exprimés dans les forums ouverts à la suite des articles au sujet de l'annonce présidentielle. Voir que TF1 fait mieux que le Monde, cela ne manque pas de piquant, voir que France3 est moins à la solde du pouvoir que Libération voilà qui ne laisse pas de surprendre. (Cliquez pour voir les réactions.)

Or je constate plusieurs faits :
1) Les enseignants se sont bien mobilisés dans ces forums pour dire qu'il s'agissait d'une imposture ou d'une ânerie. Ils ont dû le répéter sans être vraiment entendus par tous ceux qui répondaient sans lire les réponses précédentes.

2) Cette parole d'expert n'est pas remontée jusqu'à la direction de ces deux journaux de gauche ! (Je ne parle même pas du Figaro, ses forums sont des grands moments comiques.)

3) La réactivité a été d'abord du côté des sites particpatifs en ligne, puis de la télévision ! Je veux bien que le viaduc soit long, mais la presse écrite possède une rédaction en ligne. Rien... Pas même une petite mise au point.

4) Les textes des réactions en ligne sont de quatre ordres :
a) Ceux qui connaissent les programmes et les rappellent.
b) Ceux qui dérivent vite sur d'autres sujets (commémoration obligatoire, vote noir, etc. parfois avec des relents douteux).
c) Les plus insidieux et pervers qui viennent d'une frange anti-islamiste et anti-Noirs qui veulent relativiser cet esclavage particulier dans un contexte plus général de la traite inter-africaine et arabe (lesquelles ont existé, ont permis le commerce triangulaire, mais ne sont pas le sujet d'étude qui est les conséquences de la découverte d'un nouveau monde pour les sociétés occidentales.

J'ai bien sûr éliminé les neuneus qui se félicitent de la mesure, ils ne représentent que les moutons de Panurge, n'ayant rien à dire sur rien. 


Il y a dans ce dernier point un relativisme assez nuisible et une forme de propagande par de petits groupes qui se servent de ce prétexte. D'une part, il ne permet pas de voir qu'il y a une transformation du monde par la naissance du capitalisme (et non par un système féodal ou latifundiste), qu'il y a une transformation des cultures, qu'il y a une exigence de vérité sur un passé partagé entre les Français. Cette traite est ce qui a fait devenir plus tard citoyens français des descendants d'esclaves. C'est aussi important que l'histoire des déchirements européens autour de l'Alsace-Moselle et c'est un point qui ne doit pas être dissout, minimisé, perdu dans un grand ensemble de l'esclavage sous tous les temps et toutes les latitudes. Cela a un sens dans la République et dans l'histoire de la France. Car enfin... les Domiens sont Français depuis plus de générations que mes ancêtres (lesquels appartenaient au Saint-Empire romain germanique).

Mais enfin... ce qui me retient avant tout est l'absence de réaction de la presse écrite. Alors que les protestations sur la présence de cet enseignement dans les programmes affluent sur les forums ouverts par ces journaux, les rédactions font comme si elles ne lisaient pas les textes qui figurent en réponse à leurs articles. Je peux encore comprendre cela d'un Alain Duhamel qui ne sait pas se servir d'un ordinateur et qui ignore que des gens écrivent en réponse à ses éditoriaux sous forme de tisane soporifique, mais j'ai de sérieux doutes sur les prétendues interactivité et proximité que l'on nous a si longtemps vantées comme ce qui allait réconcilier le journaliste et le lecteur. A quoi servent les forums en ligne des journaux de presse écrite s'ils ne permettent pas une remontée de l'information ? Ce sont des défouloirs que l'on n'a pas besoin d'ouvrir ? L'information ne va-t-elle toujours que dans un seul sens ? celui de l'entonnoir ? du producteur au consommateur ? La parole d'un expert non homologué comme un instituteur ne vaut-elle donc pas même le plus petit rectificatif ? Celle d'un expert aussi omniscient que le divin président est-elle plus forte que la mention des programmes préfacés par l'actuel ministre de l'Education nationale (autrefois sous-ministre à l'Enseignement scolaire) ? Il me semble que l'on devrait un peu s'interroger dans les rédactions sur la manière de retransmettre des informations officielles, puis sur celle de ne pas savoir lire ses lecteurs. Au delà de la gigantesque bourde présidentielle (une de plus après le parrainage des petits morts de la Shoah ou la sanctification du non-résistant Guy Môquet), il y a la question du statut des paroles qui est posée : celle du très illustre président ne souffre aucune contradiction dans la presse écrite, ses paroles saintes sont reprises sans grande correction ou sans vérification de ses affirmations absurdes, celle des blogues est forcément source de tous les dangers. Et d'abord celui de la réalité. Pourquoi maintenir une fausse participation des lecteurs à la suite d'articles puisque de toute manière ce n'est pas lu par la direction des journaux ou par les rédacteurs  ?

mardi, 06 mai 2008

La voix de la France et la voix des francophones

La confusion a atteint un sommet lorsque le président de la République a affirmé, le jour même de la fête de la Francophonie, le 20 mars dernier, en évoquant notamment le rôle de TV5 Monde: «Je veux renforcer les moyens de diffusion de la culture française dans le monde.» Cette phrase en dit long: pour beaucoup de Français, et notamment pour le premier d'entre eux, la Francophonie c'est la France; la langue française c'est la France.

Je partage entièrement, quoi que je sois Français, cette analyse de Louise Beaudoin sur le traitement ubuesque de la francophonie par mon pays. Louise Beaudoin est l'ancienne ministre péquiste chargée des affaires francophones, de la culture et des relations internationales au Québec. Une femme qui n'a pas sa langue dans sa poche, comme elle l'a prouvé quand elle était aux affaires. A quoi sert de défendre une culture franco-française (ou plutôt hexagonale) en anglais auprès de pays qui ont adhéré à l'Organisation internationale de la francophonie et où le français tient une place plus que marginale ? Le traitement du dossier France-Monde est ahurissant par le mépris ou l'ignorance exprimés envers nos partenaires vraiment francophones. Mais ce n'est qu'une partie d'un lourd contentieux.

 

vendredi, 02 mai 2008

Le Post, ou le temps qui n'existe pas

Les casimirismes du Post me font toujours rire !

On pense souvent au Club Dorothée, Recré A2 , mais on oublie les Minikeums sur France 3 qui ont bercé l'enfance de tous.
Une petite chanson pour vous souvenir. Bonne nuit les posteurs.

Mais ce n'est pas du tout mon enfance à moi ! J'étais déjà un adulte à l'époque des Minikeums et je les entendais cités par des marmots à cette époque. Quel est ce passé totalement fanstasmatique que l'on tente de nous vendre ? Et bien entendu, la rédaction continue à souhaiter une bonne soirée comme si Internet n'était pas un média mondial couvrant tous les fuseaux horaires... 

Oui, je sais que c'est mal de s'acharner sur une victime déjà à terre, mais je pense qu'il y a des choses à dire encore au sujet de la ligne éditoriale assez fumeuse.  

mardi, 29 avril 2008

Ga bu zo meu

1795990105.jpgMai 68 a commencé comme ça, un sinistre 29 avril au soir, à l'heure où l'on devrait écouter les informations de la voix de la France éternelle. Nul doute que la chienlit qui a suivi était uniquement due à une poignée d'anarchistes chevelus qui avaient pris en otage la ORTF et de ce fait Mongénéral et tante Yvonne qui étaient les deux premiers spectateurs des étranges lucarnes.

Cela dit, je suis toujours étonné que l'on n'établisse pas une filiation entre les Shadoks et  le Flagada de Degotte* dont la première version est fort proche par le graphisme avec celui des oiseaux imbéciles. Le nom des Shadoks est déjà inspiré de celui d'un célèbre capitaine haut en couleur, alcoolique et au verbe imagé, alors la piste spirouïque pour le dessin des Shadoks tient également. Il suffit d'ôter l'hélice qui fait l'originalité de cet animal fort apprécié par Franquin.

Pour le plaisir, replongeons-nous dans l'atmosphère si douce de ce 29 avril 1968 et commémorons les révolutions qui nous font rire !   

* Pour lire le premier mini-récit du Flagada, il suffit de demander un courriel d'identification. Je n'ai jamais eu de pub à la suite de ça, c'est sans risque. 

 

samedi, 01 mars 2008

Collection d'erreurs en images

De méchants "charognards affamés" se complaisent à relever les erreurs de grammaire ou de vocabulaire commises à la télévision, que ce soit dans les journaux, les reportages, les publicités. Ces terroristes qui emploient des "méthodes dignes de la Stasi" ont même agressé le splendide président de la République et le ministre de l'Education nationale ! Veut-on qu'ils finissent "comme Jean Zay" ? Aujourd'hui, on ne peut plus tenir des propos privés à la télévision sans que cela ne se retrouve sur Internet : il serait temps de mettre un terme aux agissements des blogueurs qui ne font que reprendre le Zapping ! Ce sont des  "staliniens ", des "lepénistes",  ces dénonciations ont des "relents des années trente".

* Tous les termes entre guillemets ont été employés par des politiques de l'UMP au cours de ces dernières semaines à propos d'autres écarts.

lundi, 15 octobre 2007

La doctrine des piqûres

L'abbé Werhlé complétait son enseignement par des leçons de choses sur l'Enfer, Epicure - ses voluptés, ses plaisirs charnels - était son adversaire principal. Cette haine d'Epicure n'a aucune importance, direz-vous. Je ne  suis pas de votre avis. J'ai retrouvé mon cahier. J'ai pu ainsi découvrir que je ne faisais pas très attention au sens des paroles qu'on me donnait à entendre. Pendant trois ans, quand l'abbé Werhlé dictait : "la doctrine d'Epicure", j'écrivais "la doctrine des piqûres". Comment ai-je pu faire cette erreur, moi qui vivais dans la peur d'être piqué par une guêpe ou un serpent ? C'est peut-être le pluriel qui me rassurait. J'avais peur d'une piqûre. Celle qui allait m'arriver inexorablement. Je n'avais pas peur des piqûres en général.

Pierre Dumayet

 

J'ai recopié le nom propre fidèlement, mais il me semble que sa graphie est fausse : il doit s'agir d'un abbé Wehrlé. Ce nom courant en Alsace est un diminutif de Werner, avec un allongement de la syllabe initiale.

mercredi, 10 octobre 2007

Au sergent de Waterloo

Un honorable correspondant bruxellois (que je remercie puisque maintenant Google ne me donne plus accès aux actualités d'outre-Givet) me conduit vers ce passage d'un article d'un journal dont le titre évoque un pays libre et encore prétendument entier :

La caméra cachée mettait en évidence une liste noire de spécialistes d'Hergé que la société Moulinsart ne désirait pas voir apparaître dans le reportage.

Oui, c'est vraiment très mal de montrer qu'il y a censure et il vaut mieux censurer ce genre de passages par voie de justice, le juge a eu raison d'interdire qu'on révèle ce qui est su et connu dans tous les milieux de la BD à travers livres, articles, interviews, mais qui était dit pour une fois de manière explicite justement par ceux qui ne voulaient plus voir certains noms. Ce correspondant m'indique que la censure est conne et je repondrais que non ! elle est très belge, puisqu'elle autorise la deuxième partie de l'émission télévisée, qu'elle attire l'attention sur ce qui a été censuré et que celle-ci maintenant encore plus de retentissement dans le monde malgré sa non-diffusion. On disait bien qu'ils censuraient tout, ils avouent censurer sur liste de noms et pris la main dans le sac, ils demandent à la justice que leur action avouée n'apparaisse pas à l'écran, mais manque de bol : cela va se retrouver sur la Toile et on aura sans doute bientôt les extraits via Dailymotion ou Youtube (je vous invite à les signaler ici) ! Les Thénardier de Moulinsart peuvent commencer à compter leurs plumes...

samedi, 06 octobre 2007

Mythologie de la péniche

«On n’est pas resté à l’époque de Gabin et de l’Atalante », corrige François Bordry, mais on croit comprendre qu’on n’en est pas loin…

Léger problème... Gabin ne joue pas dans l'Atalante, c'est Michel Simon. Et en fait l'Atalante est tout ce que l'on veut sauf un film qui montrerait le voyage d'une péniche : le navire ne bouge pour ainsi dire pas, toutes les scènes se déroulent soit en ville, soit dans un huis-clos plus proche des Enfants terribles que des romans de Simenon autour des canaux comme le Charretier de la Providence. Et même le dernier plan, repris par Carax dans les Amants du Pont-Neuf, est un plan immobile.

Autre problème, Gabin n'a joué qu'une seule fois un rôle de capitaine de péniche dans un film mineur, la Belle Marinière. Je doute que beaucoup de personnes l'aient vu... Et dans la Péniche de l'amour, cette péniche n'est qu'une sorte de taudis pour marginaux et où Gabin n'est même pas marinier. Et qui peut dire qu'il a vu ce film ? Mais on associe aisément Gabin aux rôles de marin* du fait de films bien plus marquants qui se déroulent en réalité dans des ports de mer et puis parce que Gabin a bel et bien servi dans la marine. D'ailleurs, la plupart du temps il n'est pas en mer, mais en permission ou sur le point d'embarquer.

Bon... Un film qui ne traite absolument pas des canaux et des mariniers et où on ne voyage pour ainsi dire pas. Un acteur que presque personne n'a jamais vu sur une péniche. Et puis malgré tout une sorte d'image d'une autre époque qui s'installe, comme une sorte de passé recomposé. Une image fausse, mais qui semble s'imposer malgré tout parce qu'elle correspond à ce que l'on croit attendre. Une forme de mythologie. Il n'y a pas tellement d'oeuvres autour de la batellerie. Alors on se fabrique une sorte de filmographie par association d'idées.  

* Quand Gabin revient en France après la guerre, il a pris du grade : il est devenu armateur dans la Marie du port. C'est le passage du Gabin prolétaire, troufion ou voyou au Gabin patron, commissaire ou caïd.

samedi, 15 septembre 2007

Facilement marketable

Petit florilège d'une émission de décervelage pour ados :

Pas de chichis, press start pour mon intro, pas de blèmes, on en place une pour mes accros, faut que ça donne, il faut que ça le fasse.*

Celui-là, alors là, il m’a… whoua !

Vous êtes une belle brochette de staïles.

En chant, il a un truc extrêmement wise.

Vous n’avez pas le level pour être à Popstars.

La grande force de cette version, c’est qu’elle est extrêmement cash, c’est la réalité des maisons de disques.

Est-ce qu’il est facilement marketable ?

Un grand moment de journalisme critique ! Et je n'ai pas diffusé le pire... Cela m'a mis les poils...

* Cela ressemble surtout à une imitation. 

 

dimanche, 29 juillet 2007

Trécon

C'est un marronnier à présent :

Quant au maire de Trécon (Marne), il doit défendre seul avec sa femme l'honneur de sa commune, dont le conseil municipal aurait refusé de verser l'obole. Mais, soucieux de préserver la paix de son village, il n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

 

 

vendredi, 27 juillet 2007

Vlaams déblocage

De façon générale, en juillet, mois des soldes, le Flamand est plutôt en quête de bonnes affaires vestimentaires alors que les Wallons sont à la recherche d'articles de loisirs (GPS, lecteurs MP3, remorque, piscines...).

Passionnante étude linguistique... Euh... et les Flamands francophones, les Wallons néerlandophones, les Bruxellois ou les germanophones, ils sont où dans cette enquête ?

mercredi, 25 juillet 2007

Doh !

C'est bizarre... on a francisé totalement le titre de la série en ôtant le pluriel anglais alors que ce n'était pas le cas à la télévision française. Et les usages veulent que l'on fasse bien entendre le s.

dimanche, 01 juillet 2007

Le roi des Belges est une femme

Je n'y crois pas ! La Belgique est vraiment le pays le plus surréaliste qui soit et ses journalistes sont en fait de grands humoristes...

jeudi, 28 juin 2007

Je est beaucoup d'autres

Grave problème grammatical à Secret Story :

Marjorie elle-même s’est trahie aujourd’hui… Alors que les candidats discutaient dans le jardin, elle a ainsi à plusieurs reprises parler de “nous” pour évoquer ce cas : “Tatiana a buzzé pour nous” a-t-elle dit avant que ses camarades lui demandent pourquoi elle parlait ainsi au pluriel. “Tout le monde se doute qu’on est plusieurs” a-t-elle lâché.

Comment ? De quoi ? Ce blogue reste élitiste et culturel... Que l'on ne m'accuse surtout pas de rabaisser le niveau de mon lectorat par des sujets racoleurs !

mardi, 26 juin 2007

Swimming pool

La maison ne recule pas devant les sacrifices et elle vous offre une exploration d'un objet mythique contemporain :  la piscine.

Pourquoi la piscine ? A cause de Secret Story bien sûr... Comment faire une émission ayant beaucoup d'audience sans une piscine ? En faisant un plateau où les gens iront chanter ! Eh... mais c'est alors la StarAc' alors ? Ben oui... le menu est simple : plateau ou piscine. Si les gens que l'on montre comme des fauves en cage ne peuvent se présenter sur un plateau afin de pousser la chansonnette à deux balles avec des tas de canards, il faut les plonger dans une piscine. 

La piscine remonte à la plus haute antiquité comme en témoigne l'étymologie de son nom (il est toujours important de préciser l'étymologie quand on va dire un truc très tordu), c'était le bassin à poissons. Donc on observe des poissons dans l'aquarium de la télévision. C'est rigolo de voir des poissons rouges ou des truites, sauf que l'on ne peut rester plus de deux minutes devant un spectacle aussi fascinant, à moins d'en faire l'élevage et alors on y prêtera de l'attention. Et justement, il s'agit de faire de l'élevage de carpes en appuyant sur 1 ou 2 avec son portable, un peu comme les enfants nourrissent ou font mourir leur tamagochis. Secret Story (le nouveau nom de Loft Story ou de Big Brother), c'est cela : vous êtes con, nul, moche, pauvre, électeur de l'UMP, mais vous avez un pouvoir secret grâce à nous sur la vie des autres exactement comme vous auriez un pouvoir sur votre tamagochi ou votre poisson rouge. 

Venons-en à l'objet de notre propos : la piscine. Elle commence à apparaître dans les villas hollywoodiennes de célébrités du cinéma muet. Elle est immédiatement associée au luxe, à la vie plaisante et au grand air, aux grands espaces, et surtout au cinéma. Le surface de la piscine est comme la toile sur laquelle se projette les images qui font rêver. Est-ce un hasard si Billy Wilder fait commencer son film Sunset Boulevard sur une scène de piscine où le héros-narrateur surnage et parle d'outre-tombe ? Est-ce un hasard si les dernières images retenues de Marilyn Monroe sont justement celles de la piscine de Something's Got to Give ? Et on imagine tout au sujet de ce film inachevé (elle aurait nagé nue, elle aurait eu une combinaison couleur chair). Et puis de Deray en Ozon, combien de swimming pools comme autant de métaphores du cinéma ! Mais depuis chacun a sa petite piscine dans son petit pavillon de petite banlieue de petite ville, et alors cela change de sens : c'est juste un lieu convivial où l'on se touche entre proches étrangers comme les barbecues.

La piscine est le lieu du fantasme, celui de la scène que tout le monde attend, elle est l'écran sur lequel vont s'afficher les désirs que l'on aura suscités. On sait depuis Loft Story 1 que l'on peut tout attendre d'une piscine du fait des ébats aquatiques de Loana et Jean-Edouard, sauf qu'on n'a rien vu vraiment et que les spectateurs sont frustrés même s'ils laissent entendre d'un air égrillard qu'ils ont tout vu. Donc, dans Secret Story il ne s'agit plus simplement de filmer la surface de la piscine comme cela se faisait avant (on ne savait pas ce qui se passait sous l'eau), mais bien dans la piscine : cela devient de la 3D et vous n'allez pas en croire vos yeux. Il faut aller encore plus loin dans le dévoilement de faux secrets et afficher encore moins de profondeur par cette nouvelle profondeur. 

Le paradoxe de la piscine est celui-ci : plus on tente de se l'approprier, moins on a de chance de le posséder ; plus on cherche à voir au delà des deux dimensions de l'écran, moins on pourra savoir ce qui se passe dans une autre dimension ; plus on s'intéresse à des gens dont le cerveau est en bocal, moins on a de chances de réfléchir ; plus on pense moins, plus on consomme pour les gens qui gagnent plus sans travailler plus. Et pourtant la piscine est bien une des images du cinéma tel qu'on le rêverait.


jeudi, 21 juin 2007

Un peu de tout

Dans le genre d'absurdités au sujet des langues, je me demande comment le directeur de la recherche de Google peut affirmer qu'il y a 100 billions de mots ou 95 billions de phrases sur la Toile... La définition d'un mot n'est pas la même dans chaque langue et la présence d'un point quelconque dans un alphabet latin ne signifie nullement qu'une phrase serait finie. Affirmation péremptoire et indémontrable.

En Suisse alémanique, chaque canton y va de sa graphie locale pour les noms de lieux, ce qui embête bien les romands car une même rivière peut se nommer différemment en changeant de canton. La Thurgovie a changé plus de la moitié de ses noms en trente ans ! Il vaut mieux ne pas avoir de vieilles cartes...

L'impossibilité de prononcer certains phonèmes propres à une langue ou de reproduire un accent serait d'origine génétique. La bêtise qui consiste à vouloir tout expliquer par la génétique doit être aussi d'origine génétique...

Il convient de se méfier du FBI.

samedi, 12 mai 2007

Eurovision comme

Eurovision comme cette fort lisse image,
Ou comme cestuy-là qui cria sa chanson,
Et puis est retourné, plein d'usage et pognon,
Vivre entre ses parents la geste de ses gages !

Quand reverrai-je, hélas, de ma petite image
Venir le souvenir, et en quelle saison
Reverrai-je mes séances à la télévision,
Qui m'est une prébende, et beaucoup d'avantages ?

 

Pour la suite, je la laisse à la libre inspiration de tous. 

 

jeudi, 26 avril 2007

Odeurs de sentines

Le clown politique préféré de TF1 pour ses émissions-poubelles, André Santini, a encore frappé :

André Santini, soutien UDF de Nicolas Sarkozy, se faisait encore plus radical, jugeant que ce débat Royal-Bayrou serait une "une imposture". "C'est anti-démocratique, c'est même anticonstitutionnel. C'est une imposture, c'est du théâtre de boulevard", avait-il expliqué.

Il faudra que l'on m'explique en quoi la présence ou l'absence d'un débat est inscrite dans la constitution ou que l'existence d'un débat serait par nature contre la démocratie... Quel sens donner à la démocratie en refusant aux autres le droit au débat ? Quel sens donner à la constitution quand on invente des articles bouffons sans aucune réalité ? Où est le théâtre de boulevard ? C'est tellement stupide qu'il ne faudrait même pas le relever...

mardi, 24 avril 2007

Deux langues : écrit et oral

Les incorrections les plus courantes de la langue parlée - négations tronquées, invariabilité des participes passés et des pronoms relatifs composés, accord des adjectifs ou fautes de genre - sont systématiquement rectifiées.
 
En revanche, aucune correction n'est apportée aux propos des intervenants, qu'il s'agisse de lapsus, d'impropriétés, d'emprunts à des langues étrangères ou de tournures de phrases particulières.

Et la limite entre les deux n'est pas claire...

jeudi, 21 décembre 2006

Le réveil des marmottes

Le 6 décembre, France 3 diffusait dans son 19-20 des images données comme celles de tireurs d'élite américains abattant des talibans en Afghanistan. Sauf que... les barbus en question étaient des marmottes embusquées dans les Rocheuses et décrites à l'origine comme de la vermine à éliminer. Les images venaient en fait du site YouTube. Je ne sais trop où un internaute a démonté l'affaire, mais en tout cas Arrêt sur images a révélé le fait aux téléspectateurs dimanche et la chaîne s'est alors excusée.

Comment cela a-t-il été possible ? Tourt simplement parce que la vidéo en question est assortie des étiquettes (tags) : 11 septembre, guerre, Afghanistan, sniper. C'est du moins ce que nous apprend Libé dans un articulet qui n'est pas en ligne. Les diverses descriptions se contredisent aussi un peu, mais elles vont dans le sens qui était donné par la chaîne.

Il y a plusieurs problèmes. Laissons de côté celui des images détournées et réinterprétées avec un nouveau discours. C'est de l'histoire ancienne et cela date des débuts de la peinture, Internet n'est qu'une nouvelle couche dans l'histoire des falsifications ou des canulars. Un autre problème me semble plus important. Jusqu'à présent, c'était les documentalistes qui choisissaient les mots clés dans une liste ou thesaurus sur laquelle ils s'entendaient tous plus ou moins car ils ont étudié les méthodes de classement, ils disposent des mêmes ouvrages de référence et ils se consultent entre eux. Or l'avènement des étiquettes dans ce que l'on nomme le Web 2.0 change la donne : nous devenons tous plus ou moins des documentalistes sans en avoir toujours les compétences, le goût, le sérieux, la rigueur. J'avais déjà râlé ici au sujet des Hautetfortonautes qui se croient malins et rusés en utilisant les mots clés les plus populaires, ce qui fait que certains billets sur le foot ou les feuilletons télé se retrouvent en littérature ou en politique parce que ce sont les tags. Un billet mal classé sera ou perdu, ou mal compris, ou participant à du bruit (donc non pertinent), mais dans le cas d'images les étiquettes joueront le rôle de leurre. Il ne s'agit donc pas d'écrire correctement ses tags, il faut aussi apprendre à lire ceux des autres et à ne pas en être dupes : ce qui se lit sur la boîte n'est pas forcément le contenu réel. La documentation devient plus vite accessible et en plus grand nombre, mais de manière paradoxale elle doit être encore plus soumise à la critique.

mardi, 14 novembre 2006

Champignathon

Parmi les inévitables rituels du mois de novembre j'avais négligé le téléthon. Ce terme est apparu aux États-Unis en 1955 et en France en 1987. Il s'agit d'un mot composé issu de la contraction de télévision et de marathon Ce procédé fort courant en anglais est souvent décrié lorsqu'on tente de l'utiliser en français, ce sont les partisans du tout-anglais qui le trouvent fort laid, mais seulement en français et jamais en anglais. Le marathon est pris au sens d'épreuve de longue durée et non plus de compétition sportive où l'on court la distance séparant la ville de Marathon à Athènes. Seulement voilà, le téléthon a engendré de nouveaux dérivés avec un suffixe -thon qui en vient à désigner toute œuvre de charité faite en public, de manière médiatisée et ostentatoire, puis à toute émission de télévision qui demande l'aide du public.

Lecteur sagace et avisé, sauras-tu retrouver ce qui renvoie bien à l'étymologie du marathon dans les mots suivants ? Aneton, anetona, dansothon, nagethon, radiothon, reggaeton, marchothon, sécurithon, quillethon, bernadettothon, kissathon, sidathon, lavethon, sarkothon, berçothon, saucithon, cyclothon, rogathon, clopothon, tricothon, eurothon, roulothon, poteauthon, animathon, patinthon, rockathon. 

samedi, 28 octobre 2006

Palmarès des animateurs

J'entends parler de druckerisation d'un chanteur, le terme voulant dire qu'on en fait quelqu'un de plan-plan, consensuel, sans aucun aspect provocateur ou anticonformiste. Au palmarès des noms d'animateurs qui servent à former des noms des noms d'action, Michel Drucker remporte la palme tellement il doit sembler s'apparenter à la variété mollassonne, à la fausse gentillesse amicale, au cirage de pompes et aux invitations de l'agité de Neuilly : 23 occurrences réelles. Il devance donc largement la fogielisation (4), l'ardissonisation (2). Là, c'est le modèle inverse pour faire croire que l'on est plus libre : on donne dans la fausse provocation, la méchanceté gratuite et le saccage des invités. Parmi nos amis les comiques chansonniers à deux balles, c'est la bernisation qui domine (4) contre la ruquierisation (2) et la bouvardisation (2). J'ai en vain cherché des traces de Guy Lux, de Léon Zitrone, des Carpentier et de Danielle Gilbert : l'histoire est injuste. Le gendre idéal les a tous enterrés, il a fini par incarner l'animateur lisse à lui tout seul. Prochain épisode, les critiques littéraires.

Note : Je n'ai pas pris le nombre total de références, mais les résultats pertinents.   

vendredi, 06 octobre 2006

Argante

Argante nous annonce à chaque fil attention ! dans quelques minutes l'ancien Superintendant des Finances va parler. Ou bien : demain, je vous promets une réponse du Prévot de Justice qui vient de m'écrire à l'instant. Que ne nous écrivent-ils directement sans effet d'annonce et roulement de tambours ou sons de trompes. Mais Argante tient à faire savoir qu'il possède des relations, mieux de hautes relations, et il l'écrit avec plus de majuscules encore lorsque ces relations sont des plus médiocres. Argante aime transformer son blogue en une sorte de chat comme si c'était de la radio en direct et que les prétendus puissants étaient accessibles seulement par sa ligne de téléphone ou son adresse électronique, comme si répondre à ces personnes était un acte extraordinaire comparable seulement au moment où le Roy touchait les écrouelles. Parce que c'est ainsi que le voit la foule amassée autour de lui : il va nous faire apparaître le Grand Sénéchal de François III, il va nous montrer le Grand Maître des Écuries de Jacques Ier, il va nous enfin nous montrer qui était le Père Joseph de Charles XI !  Ou la maîtresse secrète de Georges Ier ! Et tous de rire dans leur propre abjection, juste avant qu'ils ne s'emportent contre les émissions de téléréalité.