dimanche, 01 février 2009

De la réalité

J'ai un peu de mal avec cette phrase du CSA :

Il apparaît que plus les programmes sont proches de la réalité française (information ou fiction), moins la diversité est assurée.

Il semble que la réalité ne soit donc pas si réelle que ça.

vendredi, 02 mai 2008

Le Post, ou le temps qui n'existe pas

Les casimirismes du Post me font toujours rire !

On pense souvent au Club Dorothée, Recré A2 , mais on oublie les Minikeums sur France 3 qui ont bercé l'enfance de tous.
Une petite chanson pour vous souvenir. Bonne nuit les posteurs.

Mais ce n'est pas du tout mon enfance à moi ! J'étais déjà un adulte à l'époque des Minikeums et je les entendais cités par des marmots à cette époque. Quel est ce passé totalement fanstasmatique que l'on tente de nous vendre ? Et bien entendu, la rédaction continue à souhaiter une bonne soirée comme si Internet n'était pas un média mondial couvrant tous les fuseaux horaires... 

Oui, je sais que c'est mal de s'acharner sur une victime déjà à terre, mais je pense qu'il y a des choses à dire encore au sujet de la ligne éditoriale assez fumeuse.  

mardi, 29 avril 2008

Ga bu zo meu

1795990105.jpgMai 68 a commencé comme ça, un sinistre 29 avril au soir, à l'heure où l'on devrait écouter les informations de la voix de la France éternelle. Nul doute que la chienlit qui a suivi était uniquement due à une poignée d'anarchistes chevelus qui avaient pris en otage la ORTF et de ce fait Mongénéral et tante Yvonne qui étaient les deux premiers spectateurs des étranges lucarnes.

Cela dit, je suis toujours étonné que l'on n'établisse pas une filiation entre les Shadoks et  le Flagada de Degotte* dont la première version est fort proche par le graphisme avec celui des oiseaux imbéciles. Le nom des Shadoks est déjà inspiré de celui d'un célèbre capitaine haut en couleur, alcoolique et au verbe imagé, alors la piste spirouïque pour le dessin des Shadoks tient également. Il suffit d'ôter l'hélice qui fait l'originalité de cet animal fort apprécié par Franquin.

Pour le plaisir, replongeons-nous dans l'atmosphère si douce de ce 29 avril 1968 et commémorons les révolutions qui nous font rire !   

* Pour lire le premier mini-récit du Flagada, il suffit de demander un courriel d'identification. Je n'ai jamais eu de pub à la suite de ça, c'est sans risque. 

 

lundi, 15 octobre 2007

La doctrine des piqûres

L'abbé Werhlé complétait son enseignement par des leçons de choses sur l'Enfer, Epicure - ses voluptés, ses plaisirs charnels - était son adversaire principal. Cette haine d'Epicure n'a aucune importance, direz-vous. Je ne  suis pas de votre avis. J'ai retrouvé mon cahier. J'ai pu ainsi découvrir que je ne faisais pas très attention au sens des paroles qu'on me donnait à entendre. Pendant trois ans, quand l'abbé Werhlé dictait : "la doctrine d'Epicure", j'écrivais "la doctrine des piqûres". Comment ai-je pu faire cette erreur, moi qui vivais dans la peur d'être piqué par une guêpe ou un serpent ? C'est peut-être le pluriel qui me rassurait. J'avais peur d'une piqûre. Celle qui allait m'arriver inexorablement. Je n'avais pas peur des piqûres en général.

Pierre Dumayet

 

J'ai recopié le nom propre fidèlement, mais il me semble que sa graphie est fausse : il doit s'agir d'un abbé Wehrlé. Ce nom courant en Alsace est un diminutif de Werner, avec un allongement de la syllabe initiale.

samedi, 06 octobre 2007

Mythologie de la péniche

«On n’est pas resté à l’époque de Gabin et de l’Atalante », corrige François Bordry, mais on croit comprendre qu’on n’en est pas loin…

Léger problème... Gabin ne joue pas dans l'Atalante, c'est Michel Simon. Et en fait l'Atalante est tout ce que l'on veut sauf un film qui montrerait le voyage d'une péniche : le navire ne bouge pour ainsi dire pas, toutes les scènes se déroulent soit en ville, soit dans un huis-clos plus proche des Enfants terribles que des romans de Simenon autour des canaux comme le Charretier de la Providence. Et même le dernier plan, repris par Carax dans les Amants du Pont-Neuf, est un plan immobile.

Autre problème, Gabin n'a joué qu'une seule fois un rôle de capitaine de péniche dans un film mineur, la Belle Marinière. Je doute que beaucoup de personnes l'aient vu... Et dans la Péniche de l'amour, cette péniche n'est qu'une sorte de taudis pour marginaux et où Gabin n'est même pas marinier. Et qui peut dire qu'il a vu ce film ? Mais on associe aisément Gabin aux rôles de marin* du fait de films bien plus marquants qui se déroulent en réalité dans des ports de mer et puis parce que Gabin a bel et bien servi dans la marine. D'ailleurs, la plupart du temps il n'est pas en mer, mais en permission ou sur le point d'embarquer.

Bon... Un film qui ne traite absolument pas des canaux et des mariniers et où on ne voyage pour ainsi dire pas. Un acteur que presque personne n'a jamais vu sur une péniche. Et puis malgré tout une sorte d'image d'une autre époque qui s'installe, comme une sorte de passé recomposé. Une image fausse, mais qui semble s'imposer malgré tout parce qu'elle correspond à ce que l'on croit attendre. Une forme de mythologie. Il n'y a pas tellement d'oeuvres autour de la batellerie. Alors on se fabrique une sorte de filmographie par association d'idées.  

* Quand Gabin revient en France après la guerre, il a pris du grade : il est devenu armateur dans la Marie du port. C'est le passage du Gabin prolétaire, troufion ou voyou au Gabin patron, commissaire ou caïd.

samedi, 15 septembre 2007

Facilement marketable

Petit florilège d'une émission de décervelage pour ados :

Pas de chichis, press start pour mon intro, pas de blèmes, on en place une pour mes accros, faut que ça donne, il faut que ça le fasse.*

Celui-là, alors là, il m’a… whoua !

Vous êtes une belle brochette de staïles.

En chant, il a un truc extrêmement wise.

Vous n’avez pas le level pour être à Popstars.

La grande force de cette version, c’est qu’elle est extrêmement cash, c’est la réalité des maisons de disques.

Est-ce qu’il est facilement marketable ?

Un grand moment de journalisme critique ! Et je n'ai pas diffusé le pire... Cela m'a mis les poils...

* Cela ressemble surtout à une imitation. 

 

lundi, 09 juillet 2007

Bon Usage Story

La Voix a visiblement envie de se faire un peu d’argent en ce début de semaine… La mission du jour : interdiction de prononcer une insulte ou de faire une faute de Français [sic pour la capitale] !

Cet ordre est, je crois, inapplicable, vu le profil des secréteurs, mais comme la production ne bénéficie pas forcément des conseils d'un maitre Capello, tous les espoirs restent permis.

jeudi, 28 juin 2007

Je est beaucoup d'autres

Grave problème grammatical à Secret Story :

Marjorie elle-même s’est trahie aujourd’hui… Alors que les candidats discutaient dans le jardin, elle a ainsi à plusieurs reprises parler de “nous” pour évoquer ce cas : “Tatiana a buzzé pour nous” a-t-elle dit avant que ses camarades lui demandent pourquoi elle parlait ainsi au pluriel. “Tout le monde se doute qu’on est plusieurs” a-t-elle lâché.

Comment ? De quoi ? Ce blogue reste élitiste et culturel... Que l'on ne m'accuse surtout pas de rabaisser le niveau de mon lectorat par des sujets racoleurs !

Secréteur

Jusqu'à présent, le substantif secréteur désignait un ouvrier dont le travail est en rapport avec le verbe secréter. Mais, depuis peu, on a vu naître une autre espèce de secréteur, dérivée du nom secret dans son sens premier et non plus en rapport avec le tannage des peaux. Fascinante, cette histoire de gens à poil(s)... Comment ? Je fais tout pour avoir de l'audience facile et j'abaisse le niveau de mon blogue ? Pas du tout...

mardi, 26 juin 2007

Swimming pool

La maison ne recule pas devant les sacrifices et elle vous offre une exploration d'un objet mythique contemporain :  la piscine.

Pourquoi la piscine ? A cause de Secret Story bien sûr... Comment faire une émission ayant beaucoup d'audience sans une piscine ? En faisant un plateau où les gens iront chanter ! Eh... mais c'est alors la StarAc' alors ? Ben oui... le menu est simple : plateau ou piscine. Si les gens que l'on montre comme des fauves en cage ne peuvent se présenter sur un plateau afin de pousser la chansonnette à deux balles avec des tas de canards, il faut les plonger dans une piscine. 

La piscine remonte à la plus haute antiquité comme en témoigne l'étymologie de son nom (il est toujours important de préciser l'étymologie quand on va dire un truc très tordu), c'était le bassin à poissons. Donc on observe des poissons dans l'aquarium de la télévision. C'est rigolo de voir des poissons rouges ou des truites, sauf que l'on ne peut rester plus de deux minutes devant un spectacle aussi fascinant, à moins d'en faire l'élevage et alors on y prêtera de l'attention. Et justement, il s'agit de faire de l'élevage de carpes en appuyant sur 1 ou 2 avec son portable, un peu comme les enfants nourrissent ou font mourir leur tamagochis. Secret Story (le nouveau nom de Loft Story ou de Big Brother), c'est cela : vous êtes con, nul, moche, pauvre, électeur de l'UMP, mais vous avez un pouvoir secret grâce à nous sur la vie des autres exactement comme vous auriez un pouvoir sur votre tamagochi ou votre poisson rouge. 

Venons-en à l'objet de notre propos : la piscine. Elle commence à apparaître dans les villas hollywoodiennes de célébrités du cinéma muet. Elle est immédiatement associée au luxe, à la vie plaisante et au grand air, aux grands espaces, et surtout au cinéma. Le surface de la piscine est comme la toile sur laquelle se projette les images qui font rêver. Est-ce un hasard si Billy Wilder fait commencer son film Sunset Boulevard sur une scène de piscine où le héros-narrateur surnage et parle d'outre-tombe ? Est-ce un hasard si les dernières images retenues de Marilyn Monroe sont justement celles de la piscine de Something's Got to Give ? Et on imagine tout au sujet de ce film inachevé (elle aurait nagé nue, elle aurait eu une combinaison couleur chair). Et puis de Deray en Ozon, combien de swimming pools comme autant de métaphores du cinéma ! Mais depuis chacun a sa petite piscine dans son petit pavillon de petite banlieue de petite ville, et alors cela change de sens : c'est juste un lieu convivial où l'on se touche entre proches étrangers comme les barbecues.

La piscine est le lieu du fantasme, celui de la scène que tout le monde attend, elle est l'écran sur lequel vont s'afficher les désirs que l'on aura suscités. On sait depuis Loft Story 1 que l'on peut tout attendre d'une piscine du fait des ébats aquatiques de Loana et Jean-Edouard, sauf qu'on n'a rien vu vraiment et que les spectateurs sont frustrés même s'ils laissent entendre d'un air égrillard qu'ils ont tout vu. Donc, dans Secret Story il ne s'agit plus simplement de filmer la surface de la piscine comme cela se faisait avant (on ne savait pas ce qui se passait sous l'eau), mais bien dans la piscine : cela devient de la 3D et vous n'allez pas en croire vos yeux. Il faut aller encore plus loin dans le dévoilement de faux secrets et afficher encore moins de profondeur par cette nouvelle profondeur. 

Le paradoxe de la piscine est celui-ci : plus on tente de se l'approprier, moins on a de chance de le posséder ; plus on cherche à voir au delà des deux dimensions de l'écran, moins on pourra savoir ce qui se passe dans une autre dimension ; plus on s'intéresse à des gens dont le cerveau est en bocal, moins on a de chances de réfléchir ; plus on pense moins, plus on consomme pour les gens qui gagnent plus sans travailler plus. Et pourtant la piscine est bien une des images du cinéma tel qu'on le rêverait.


mardi, 19 juin 2007

Première déclaration officielle d'un nouveau ministre

... qui a été invité à prendre des cours de diction et d'élocution pendant quatre mois avant son entrée en fonction. Remarquez la belle métaphore introductive au sujet du plaquage qui est complètement plaquée sur l'objet à vendre. C'est le type de publicité ringardissime : on justifie par un argument totalement bidon la présence d'une personnalité qui s'exprime ensuite dans une bouillie verbale, slogan débile (mon jambon star), gros plans successifs sur l'objet à vendre, fausse interviouve comme dans les spots de campagne de l'UMP. Mais je me demande si Madrange gardera encore ses pubs : cela pourrait être mis sur le temps de parole du gouvernement.

samedi, 12 mai 2007

Eurovision comme

Eurovision comme cette fort lisse image,
Ou comme cestuy-là qui cria sa chanson,
Et puis est retourné, plein d'usage et pognon,
Vivre entre ses parents la geste de ses gages !

Quand reverrai-je, hélas, de ma petite image
Venir le souvenir, et en quelle saison
Reverrai-je mes séances à la télévision,
Qui m'est une prébende, et beaucoup d'avantages ?

 

Pour la suite, je la laisse à la libre inspiration de tous. 

 

mardi, 14 novembre 2006

Champignathon

Parmi les inévitables rituels du mois de novembre j'avais négligé le téléthon. Ce terme est apparu aux États-Unis en 1955 et en France en 1987. Il s'agit d'un mot composé issu de la contraction de télévision et de marathon Ce procédé fort courant en anglais est souvent décrié lorsqu'on tente de l'utiliser en français, ce sont les partisans du tout-anglais qui le trouvent fort laid, mais seulement en français et jamais en anglais. Le marathon est pris au sens d'épreuve de longue durée et non plus de compétition sportive où l'on court la distance séparant la ville de Marathon à Athènes. Seulement voilà, le téléthon a engendré de nouveaux dérivés avec un suffixe -thon qui en vient à désigner toute œuvre de charité faite en public, de manière médiatisée et ostentatoire, puis à toute émission de télévision qui demande l'aide du public.

Lecteur sagace et avisé, sauras-tu retrouver ce qui renvoie bien à l'étymologie du marathon dans les mots suivants ? Aneton, anetona, dansothon, nagethon, radiothon, reggaeton, marchothon, sécurithon, quillethon, bernadettothon, kissathon, sidathon, lavethon, sarkothon, berçothon, saucithon, cyclothon, rogathon, clopothon, tricothon, eurothon, roulothon, poteauthon, animathon, patinthon, rockathon. 

samedi, 28 octobre 2006

Palmarès des animateurs

J'entends parler de druckerisation d'un chanteur, le terme voulant dire qu'on en fait quelqu'un de plan-plan, consensuel, sans aucun aspect provocateur ou anticonformiste. Au palmarès des noms d'animateurs qui servent à former des noms des noms d'action, Michel Drucker remporte la palme tellement il doit sembler s'apparenter à la variété mollassonne, à la fausse gentillesse amicale, au cirage de pompes et aux invitations de l'agité de Neuilly : 23 occurrences réelles. Il devance donc largement la fogielisation (4), l'ardissonisation (2). Là, c'est le modèle inverse pour faire croire que l'on est plus libre : on donne dans la fausse provocation, la méchanceté gratuite et le saccage des invités. Parmi nos amis les comiques chansonniers à deux balles, c'est la bernisation qui domine (4) contre la ruquierisation (2) et la bouvardisation (2). J'ai en vain cherché des traces de Guy Lux, de Léon Zitrone, des Carpentier et de Danielle Gilbert : l'histoire est injuste. Le gendre idéal les a tous enterrés, il a fini par incarner l'animateur lisse à lui tout seul. Prochain épisode, les critiques littéraires.

Note : Je n'ai pas pris le nombre total de références, mais les résultats pertinents.