samedi, 16 septembre 2006

Sur sur peu sûr

Nicolas Sarkozy s'aligne sur George Bush sur le Moyen Orient.

Je ne trouve pas heureux ce titre du Monde. La préposition tueuse sur y joue un rôle ambigu. Elle est nécessaire dans s'aligner sur, mais on pouvait dire ensuite à propos du, au sujet du, quant au. La préposition finit par contaminer toutes les phases.

dimanche, 03 septembre 2006

Interpeller une voiture

« Le 15 et le 24 août, racontait-il aussi aux prévenus, des effractions et des vols de métaux avaient déjà été constatés. Les gendarmes établirent donc une surveillance du site, et c'est ainsi que le 30 dans la soirée, ils tombèrent sur vous ; il y avait deux voitures, une R21 qui prit la fuite, et une Saxo, qui fut interpellée. »

J'espère que l'on a vite passé les menottes à la voiture, qu'on l'a placée immédiatement en garde à vue en lui ôtant ses lacets, sa cravate, sa montre, et puis qu'on l'a interrogée en se servant du bottin sur sa tête. Il y en a assez des automobiles délinquantes...

lundi, 03 juillet 2006

Un français qui étonne

Quand les correcteurs corrigent à moitié :

 

Alors que son parti a instauré le bilinguisme au pays, un candidat à la direction du PLC a émis vendredi un communiqué de presse bourré de fautes.

 

Trois de ces fameuses erreurs:

«Un grand nombre de Canadiens ne réalise pas (...)»

 

Forme correcte : réalisent

 

Réaliser est un anglicisme pour comprendre, percevoir, se rendre compte. Anglicisme plus ou moins accepté aujourd'hui, mais qui prête à confusion. Très pervers...

 

 

«(...) cette fin de semaine est la dernière chance qu'ils auront de directement impacter la chefferie».

 

Forme correcte : qu'ils auront pour influencer directement

 

 

 Une fin de semaine ne peut être une chance. Il faut faire de la fin de semaine un complément circonstanciel de temps. 

 

«On confronte de grands challenges irrésolus» Forme correcte : challenge est le mot anglais pour défis.

 

 

Confronter des défis me paraît un peu obscur. Et cela devient nébuleux si l'on parle de défis irrésolus. C'est l'éternel problème québécois : des corrections pour les anglicismes lexicaux les plus évidents ou pour l'orthographe, mais peu d'attention pour le sens des phrases, la syntaxe (Choubine, cela ne vous est pas adressé). 

lundi, 26 juin 2006

Objectif : charabia !

Dans la grande série « Je cogne sur tout ce qui parle ou écrit », j'ai décidé de me payer aujourd'hui la publication sur papier glacé et en quadrichromie de mon conseil régional. Il n'y a pas de raisons que je tape toujours sur le charabia des gens de droite. J'ai reçu dans ma boîte aux lettres ce chef-d'œuvre de langue de bois, de naiseries provincialistes et de mauvaise pub. J'extrais juste un paragraphe d'un article consacré à l'organisation des transports.

« Des enjeux spécifiques tels que les liaisons transnationales, transfrontalières et interrégionales seront étudiées ainsi que la complémentarité rail/route pour les transports de voyageurs et les modes "doux" de déplacements comme les vélo routes et les voies vertes. »

Je me demande encore combien d'erreurs cette phrase peut comprendre... Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce que cela peut vouloir dire...

jeudi, 22 juin 2006

Droit de suite

Le CSA livre ses recommandations pour la langue française. Au menu : alternative, dilemme, conséquent et tout de suite. Mais je me dis qu'il abuse au sujet de de suite. L'expression ne s'entend pas souvent à la place de tout de suite, elle est rare dans les médias. Elle est refusée par les puristes, mais elle figure dans le code civil, chez Chateaubriand, Sand, Flaubert, Loti, Veuillot, Edmond de Goncourt, Anatole France, Gide, Bernanos, Stendhal, Barbey, Gobineau, Barrès, Valéry, Napoléon, Gautier, Sainte-Beuve, Montherlant, de Gaulle et on en passe et des meilleurs ! Elle était vivement condamnée dans les années trente, mais cette condamnation ne repose sur rien de sérieux car il n'y a aucune équivoque possible et les deux tours ne sont pas plus mal construits l'un que l'autre. C'est ce qui s'appelle réchauffer de vieux restes pour son repas du soir, en prenant les recueils les plus puristes et les plus normatifs.