jeudi, 16 avril 2009
Les jolies statistiques du Figaro
Savourons les analyses statistiques du Figaro :
Dans la Marne, la gendarmerie relève dans la seule commune de Vitry-le-François plus d'une centaine de véhicules incendiés ou dégradés par an.
Le titre de l'article ne fait lui référence qu'aux chiffres de l'année 2008. Or il se trouve que le 15 juin 2008, il y a eu des émeutes - à la suite d'un meurtre dont on ne peut dire s'il était accidentel, raciste ou crapuleux - durant une nuit qui ont conduit à l'incendie d'une soixantaine de voitures, plus des destructions de bâtiments publics et privés, avec accessoirement quelques poubelles enflammées qui compteront comme autant d'actes de vandalisme. Ces faits ne se sont pas produits à cette échelle les années précédentes et ces dégradations ne sont pas une constante durant l'année que nous vivons ou les précédentes. Un phénomène durant une seule nuit gonfle les chiffres de la délinquance ou de la criminalité pour toute l'année qui devient en fait une moyenne régulière si l'on comprend "par an" comme "tous les ans" - ce qui est faux puisque c'est "en un an", "durant un an", "pendant l'année dernière". Il n'y a pas de notion de périodicité, mais de durée. Ce seul chiffre suffit à faire bondir des statistiques brutes qui demandent une vision un peu plus fine et une syntaxe un peu moins orientée, parce qu'en fait les dégradations et incendies sont en baisse sur l'année - c'est un autre type de délinquance moins spectaculaire qui est en hausse quand on regarde les tableaux du Fig.
22:30 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, statistiques
samedi, 21 mars 2009
De la moyenne en statistique
La durée moyenne d'attente d'un mot entre son attestation dans les textes et son entrée dans le dictionnaire est de 16,9 ans.
Ce qui serait plus intéressant serait de savoir quel était l'écart durant les siècles précédents (disons depuis le début du XIXe s. pour ne pas avoir affaire à tous les néologismes de la Révolution qui ont été enregistrés la plupart du temps avant même sa fin) et s'il s'est réduit au cours des cinquante dernières années où tout se serait emballé. Est-ce que l'on accepte plus vite un mot qu'au temps d'Etiemble ? Autre chose serait de connaître aussi la médiane des mots acceptés, parce que certains régionalismes ont pu attendre plus d'un siècle dans leur forme écrite et ils faussent la moyenne qui est tirée alors vers le bas par les multiples anglicismes et les mots techniques plus vite acceptés. Après, il faudrait voir la répartition de ces entrées par date d'ancienneté dans les textes, et si cela concerne une catégorie de mots plus précisément. Parce qu'une moyenne, cela ne veut rien dire d'autre qu'une moyenne. C'est une statistique parmi d'autres qui ne peuvent se prévaloir d'une vérité individuellement. Tous les mots dits nouveaux ne sont pas égaux.
22:18 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, mathématiques, statistiques
vendredi, 12 septembre 2008
Majorité à géométrie variable
Problèmes de calcul dans le journal de référence du soir :
Quelque 70 des 223 députés du PPP (largement majoritaire à la Chambre basse, qui compte 470 sièges) lui ont en effet retiré leur soutien, estimant que le premier ministre sortant n'était plus l'homme de la situation.
Je fais le compte : la majorité absolue se situe à 236 sièges, ce qui signifie que le PPP n'obtient que la majorité relative. Il est sans aucun doute le parti le plus important, mais il doit former une coalition et ainsi être largement majoritaire au sein de l'alliance parlementaire.
Voilà les risques de recopier des morceaux de dépêches mal écrits ou mal traduits. On observe aussi le double sens de majoritaire : qui obtient la moitié des suffrages plus un ou qui obtient la majorité qualifiée (par exemple les deux tiers des voix), et puis qui est supérieur en nombre aux autres groupes pris individuellement et non en totalité. L'idée d'un groupe majoritaire est fort relative, car tout dépend de ce que l'on prend comme mode de calcul au départ, comme échantillon de population ou même comme situation. Que l'on applique cela à des notions ethniques (le peuple khukhurbitacéens est majoritaire dans le Yaourtstan, mais en fait il représente moins d'un dixième de la population) ou religieuses (les adeptes de l'Eglise du Nombril Sacré sont majoritaires dans ce pays alors que les adorateurs pratiquants sont moins nombreux que les non-croyants) et l'on voit alors les dérives possibles au sujet de chiffres tordus dans le sens de la majorité qui arrange.
22:36 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, journalisme, presse, statistiques
jeudi, 01 mai 2008
Mon nombril
Qu'est-ce qui m'intéresse dans la vie ? Mon nombril. Et ce nombril porte un autre nom : stats.
Dans le classement Wikio, je recule de 79 places pour me retrouver en 592e position. Mais ce n'est pas grave, car je constate l'avancée fulgurante d'Olivier qui se hisse à la 21103e position à la force de ses biceps. J'ai un peu moins écrit ces derniers temps, il est donc normal que je recule dans ce classement.
Mais que vois-je également dans mes stats ? Hier, j'ai eu 1 149 visites et 3 390 pages vues sans doute dues au fait que j'avais cité Le Post il y a deux jours. C'est le double de mon trafic habituel et une telle fréquentation n'était plus arrivée depuis la présidentielle où j'avais vaguement parlé de la bravitude. Cela m'avait valu alors des foules de trolls que j'ai vaillamment repoussés un par un, sans insultes. Cela dit, je devrais remettre sur le tapis un nouveau sujet polémique afin d'être bien visible dans la blogobulle. Et puis je pense que c'est Le Post qui a surtout profité de mes questions, parce que je peux toujours attendre pour des retours. Je ne me fais pas d'illusions.
Ce qui me fait rire actuellement, c'sst le comportement de Technoratatouille. Résumé des épisodes précédents : Technobouillie reçoit régulèrement le widget de monsieur Hautetfort sur les derniers blogs mis à jour. Et l'affiche donc comme un lien nouveau vers un blogue. Puis s'avise que cela lui bousille tous ses référencements et donc pénalise les blogues Hautetfort qui sont mis à jour en les rétrogradant systématiquement. Et puis maintenant, la page d'accueil d'Hautetfort est prise comme une page nouvelle et une citation de blogue (alors qu'il y a juste la mention du dernier blog mis à jour. Bref, je passe ainsi en deux jours d'une Authority de 268 à une de 282. Je remonte dans ce classement idiot après être descendu de la 1200e place mondiale et d'une Authority de 1 200, mais c'est parce que ce bousin ne fonctionne pas correctement !
15:43 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, technorati, statistiques
mardi, 01 avril 2008
Jour de stats
C'est le premier du mois, donc c'est le moment de pratiquer l'activité favorite du blogueur : se chatouiller le creux du nombril. Pour ce faire, le blogueur est un être étrange qui dispose d'un outil imparable, un sextoy à base d'algorithmes incompréhensibles ou inaccessibles : les statistiques !
Passons donc à l'exercice imposé du début de mois, le classement Wikio. Je perds 65 places et ne suis plus qu'en 513e position, mais certes j'avais regagné deux cents places le mois précédent après en avoir perdu plus de quatre cents auparavant et donc tout est bien dans le meilleur des mondes. Vous me direz que je n'ai pas trop à me plaindre par rapport à d'autres champignaciens comme le boeuf qui pleure, lequel pointe à la 46254e place sur quelque 60 000 blogues recensés. Ou par rapport au député bogosse de Champignac qui ne figure même pas dans le classement ! Pourtant, il délivre régulièrement sa prose sur son blogue et même dans Rue89, mais il n'existe pas dans la vie virtuelle de Wikio ! Je suis quand même heureux d'enfoncer largement le blogue du député aux très longues dents, 3055e seulement. Tant d'efforts de marquetingue, de bruchingue, de coupes de champignac et de dentifrice pour rien ou presque... Je suis donc le Champignacien le plus populaire.
Passons à d'autres statistiques. Je suis au 16329e rang mondial chez Technobouillie. Avec 1 920 réactions dont les trois quarts sont fausses et une autorité de 306, on baisse encore mais lentement comme tous les blogues Hautetfort qui s'étaient retrouvés dans le Top 2K et avec une autorité supérieure à 1 000... Je n'ai jamais compris ce que voulait dire l'authority chez Technocrasse, mais c'était autrefois un argument de poids chez des blogueurs qui faisaient semblant de comprendre cette alchimie afin de dire que certains blogueurs dans leur sphère étaient influents et d'autres non. Mon autorité finira bien par rejoindre un niveau plus réaliste, parce que même 306 c'est encore exagéré. Je constate toutefois que Technobiture n'absorbe plus systématiquement tous les pings du widget H&F des derniers blogues mis à jour, mais cela continue quand même un peu.
Passons aux statistiques internes : figurez-vous que je m'achemine vers des chiffres astronomiques. 4 286 notes et celle-ci sera la 4287e ! Le tout en moins de trois ans. 17 881 commentaires, si, si... Et pourtant je les ferme au bout d'un mois ou j'en supprime pour cause de pourriel ou de texte illégal ou de doublon. On débouchera une bouteille virtuelle de champignac au 20 000e commentaire et à la 5000e note, ce qui peut se faire dans le courant de l'année. Mais ce qui m'épate, ce sont les chiffres de recherche du mois précédent : mon billet méga-t'oeufs a fait l'objet de 1,57 % des lectures. Et dans les requêtes on a oeufs de 2,22 %, chocolat 1,25 %, oeufs de paques 1,07 %, cloches 0,80 %, oeuf de paques 0,53 %, oeuf de 0,44 %, paques 0,44 %. Ce qui fait que près de 7 % des visites (sur 50 % des requêtes non directes) de ce blogue sont motivées par un vieux billet sur les vacheries chocolatées à l'occasion des fêtes de Pâques. J'avais d'ailleurs eu la surprise de voir que ce billet était l'un des dix plus lus chez Hautetfort le mois précédent (autant vous dire qu'il était dixième). Il faut que je fasse quelque chose au mois de mai au sujet du muguet et au mois de décembre pour les bredele, parce que ce genre de billet me rapporte toujours des visites. Je ne sais pas ce que cherchaient ces gens, mais ils ont pu avoir des renseignements un peu plus sérieux que mon billet par les liens ou par les commentaires sur les différentes traditions de Pâques. Comme c'est le 1er avril, j'aurais dû penser à écrire quelque chose sur les poissons, mais cela m'a échappé et je n'aurai donc pas de visites au sujet de cette coutume. Il faut que je pense à cultiver mes marronniers afin de gonfler un peu mes 500 ou 600 visiteurs habituels, je suis loin de mes scores de la période présidentielle ... Parce que ce n'est pas avec un chiffre de fréquentation aussi ridicule que je pourrai ajouter des annonces Google automatiques ( du genre, si vous écrivez pour dire du mal de la scientologie, la scientologie s'invite dans vos pubs automatiques) ou des bannières de pub et puis des écrans de pub à cliquer ou à fermer ou des fenêtres défilantes de pub. Parce que mon seul but dans le blogage est de me vendre, mais alors très cher... Sinon cela ne vaut pas la peine.
Du côté du supplément vraiment illustré, j'ai 3 771 photos très très mal classées et un peu plus de 10 000 vues (oui, on ne parle plus de visites ou de visiteurs uniques, chaque possibilité de commentaire ou de lecture de commentaire ou de note donne lieu à une vue). Ce qui m'amuse, c'est que l'une de mes photos les plus fantaisistes ait été la plus visitée, 227 vues ! Soit deux fois plus que la seconde. Et c'est parce que j'avais publié un lien depuis le Champignacien, mais cela continue d'augmenter encore un peu petit à petit. Il y en a de plus de réussies ou intéressantes, mais c'est le lien qui crée la curiosité.
Enfin, l'ai-je suffisamment joué dans le genre "j'en ai une plus grosse que vous et elle va plus loin ?"
11:31 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, statistiques, flickr
vendredi, 07 mars 2008
Ouroboros
A quoi servent donc les blogues traitant des médias et par qui sont-ils lus ? Petits éléments de réponse :
Juste un petit post pour vous dire que je viens de recevoir mes logins pour tester la nouvelle version de Wikio. Je regarderai ça en détail ce week-end.
Intéressant... On n'apprend strictement rien en dehors du fameux tisingue. Ou bien du moussage de l'auteur.
Et puis :
Mais j’ai 10 invitations à donner donc si vous voulez la tester aussi laissez moi vos coordonnées dans les commentaires.
Alors là, je dis que c'est très fort ! D'autant que ces prétendues invitations comme VIP sont envoyées à qui en veut s'il adresse un courrier à beta@wikio.com et en écrivant dans le sujet “intruders". On est bien loin des marches du palais des festivals de Cannes.
Cela se nomme le marquetingue viral. Un truc génial pour faire croire que chacun est meilleur que les autres, puisque lui sait et pas les autres, que lui peut faire naître le désir chez les autres, soit de l'imiter, soit de le dépasser. Il faut d'abord créer la pénurie pour susciter le besoin, et puis après on compte sur le bouche à oreille des faiseurs d'opinion, des locomotives (comme on dit dans les boîtes de nuit) ou des blogueurs influents (comme on dit dans la blogobulle) qui déclarent avec aplomb : "Mais comment ? Tu ne connais pas Wikio, dans quel monde vis-tu ? Moi qui suis un blogueur influent, je suis bien placé dans Wikio" ou bien "Comment ! Tu en es encore à l'époque de l'ancien Wilkio ? Alors que moi j'ai accès à la version Beta pour laquelle on m'a fait l'honneur de me désigner officiellement comme testeur" et "Depuis que je parle de Wikio, mes stats ont explosé !". Et de quoi parle Wikio ? De la blogobulle ! Ses classements, ses sources, ses baronnies et ses coteries. C'est le serpent qui se mord la queue.
Et à part cela, est-ce qu'il y a le moindre élément de réflexion dans mon billet narcissique ? Il semblerait que oui, mais perdu au milieu. Reprenez au début.
22:49 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, wikio, statistiques
dimanche, 04 février 2007
Entre de vivants piliers
Dans Pointblog, je lis l'information suivante : 28 % des internautes américains auraient déjà tagué du contenu (billets de blogues, photos, vidéos, sons en podcast ou non). Le chiffre m'apparaît énorme, bien trop élevé, et je pense qu'il faut entendre par utilisateurs d'Internet les personnes qui mettent en ligne du contenu et non celles qui se contentent de naviguer sur la Toile ou de consommer ces contenus même si des plateformes comme Flickr permettent d'enrichir la photo d'un autre avec des étiquettes si l'on dispose de son compte Flickr. Il me semble que l'usage des étiquettes reste assez restreint parce que les internautes et parmi eux les blogueurs n'en perçoivent pas toujours l'intérêt ou l'organisation.
Or on a un exemple journalistique récent de mauvaise lecture des étiquettes. Voici un article du site alter Bellaciao qui reprend une thèse exposée d'abord dans Marianne : les huit premières vidéos que l'on obtient sur Dailymotion avec le mot clé Présidentielle sont celles de Marie-Georges Buffet et leur audience paraît disproportionnée avec ce que serait l'audience réelle du Parti communiste. Mais si l'on utilise le mot clé Royal ou Sarkozy, on observe des chiffres bien plus élevés comme le remarque ce chercheur qui tient un blogue particulièrement intéressant sur l'emploi des images (merci à Jean Véronis de l'avoir lié). Je ne vais pas rentrer dans le compte des visionnages, dans le contenu des vidéos, même si je pense que les chiffres de Dailymotion montrent des réalités beaucoup plus subtiles qu'une prétendue manipulation par des robots au service des ennemis du PCF afin de le discréditer : il faut tenir compte du fait que le téléchargement a pu se faire en plusieurs moments ou a pu être réédité à une autre date (le nombre de visionnages ne correspond pas au nombre de personnes derrière l'écran, ce n'est pas parce que vous ouvrez dix fois un livre afin de le finir ou de le relire qu'il a été lu par dix personnes). Ce qui me retient surtout, c'est la lecture simpliste de l'étiquette “Présidentielle”, laquelle figure moins dans les vidéos mises en ligne au sujet de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy (d'autres étiquettes sont préférées), et puis une lecture simpliste de la hiérarchisation des informations : une vidéo peut-être plus populaire ou plus commentée ou plus vue en fonction d'un mot clé, mais la popularité indique les notes attribuée par les internautes et les liens pointant et non le fait d'avoir été regardée.
J'en arrive à un nouveau point : ce que l'on nomme étiquette (tag) peut correspondre aussi non point à la définition d'un contenu, mais aussi à sa hiérarchisation selon sa valeur. Le site AgoraVox proposait déjà de noter les articles en fonction de leur intérêt, ce qui me paraît être du sondage à l'emporte-pièce avec une question très mal fichue et une absence de garantie (rien n'empêche de voter plusieurs fois si on sait comment changer ou masquer son IP) : on observe des détournements car le contenu ou la thèse ne sont pas forcément notés, le vote peut correspondre en fait au thème, si je suis contre le port de cravates à pois, je peux voter contre un article sur les cravates à rayures, à fleurs et à pois. L'exemple est un peu caricatural, mais c'est pourtant ce qui arrive notamment pour les textes sur la politique (un billet sur le Front national ou sur Microsoft, par exemple, entraîne des votes négatifs surtout à cause du sujet et non du propos). Cette notation permanente a été étendue ensuite aux commentaires et toujours avec la même imprécision de la question. Elle est directement issue de l'univers Wiki où chacun peut se faire membre d'un jury pourvu qu'il ait apporté déjà un certain nombre de contributions déjà, mais chez Wikipedia il existait un premier filtre afin d'éviter le défouloir. Ce système s'est étendu ensuite aux formules qui proposent des pseudo-forums (comme YahooAnswers ou LycosAnswers) où le créateur du fil seul juge, et maintenant à Google Groups. Or dans ce dernier cas, Google n'est pas propriétaire ou hébergeur des forums (sauf pour ses propres groupes), il reprend en fait les forums Usenet après avoir racheté les archives de DejaNews et il n'a jamais demandé aux personnes l'autorisation de les publier. Mais on a assisté à un gigantesque détournement de textes comme si Google était à l'origine de ces forums de discussion et maintenant les personnes qui ont écrit en toute confiance sur Usenet sont notées en permanence par celles qui évoluent dans le seul univers de Google, cela sans qu'elles le sachent ou puissent répondre, sauf à prendre un compte Google. On est dans le jury populaire permanent, mais au service d'une entreprise qui a des volontés monopolistiques. Autant, je pense que Wikipedia ou YahooAnswers présentent quelques garanties contre des manipulations (même si ce ne sera jamais parfait), autant je trouve le comportement de Google abusif et source d'abus.
Ce que nous nommons étiquette est donc très variable, cela ne correspond pas forcément à une réflexion sur la place d'un contenu dans un ensemble de connaissances, mais aussi à une pure impulsion ou à une tactique. L'étiquette ne garantit en rien la pertinence d'un propos. Sur la plateforme Hautetfort où j'écris, je suis un gros consommateur d'étiquettes : je tague énormément mes billets et je navigue souvent par les mots clés en allant d'étiquette en étiquette. Si on prend certains mots clés, on verra que je suis sinon le premier, du moins dans les premiers de certaines étiquettes populaires (littérature, écriture, oulipo, poésie, langue française, humour, par exemple). Mais c'est dû à plusieurs choses : 1) je publie régulièrement 2) des personnes ont perdu des places parce qu'elles n'ont plus publié avec des étiquettes depuis un long moment (elles en sont restées aux communautés) 3) les variantes graphiques apparaissent (j'ai dû rejoindre les étiquettes poésies et poèmes au pluriel) 4) la popularité d'une étiquette entraîne automatiquement un afflux de billets sans rapport avec l'hypéronyme (par exemple du football en littérature) parce que la popularité est considérée naïvement comme la place la plus fréquentée et la plus lue. Ensuite, si l'on tente de lire la liste de ces mots clés sans voir de plébiscite ou d'intérêt sociologique, on voit que cela correspond à trois phénomènes :
a) le panurgisme puisqu'il suffit qu'un mot clé soit mis en avant pour qu'il y ait un effet d'entraînement ;
b) l'opportunisme en utilisant un mot clé dit populaire, cela par une lecture naïve de la hiérarchie ;
b) la difficulté de classer les notions, il suffit d'aller dans les tags anglais ou français pour voir que cela se rapporte autant à la langue qu'à des considérations sur les habitants.
Cela me conduit à l'idée que l'un des grands vides dans l'enseignement, c'est l'apprentissage de la recherche et de l'organisation documentaire. Bien sûr, depuis quinze ans, on est en train d'y remédier par des nouvelles pratiques, mais je crois que l'intelligence dite collective ne pourra pas se faire sans un travail sur l'analogie, or c'est l'aspect lexical le plus négligé.12:05 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, éducation, enseignement, statistiques
dimanche, 01 octobre 2006
Statistiques de Technorati
J'ai repéré un comportement étrange dans Technorati. Je savais que certaines plateformes de blogues ou certains blogues n'étaient pas repris parce qu'ils n'avaient pas de flux RSS, mais cela reste normal. Je savais aussi que l'on conservait des liens défunts. En revanche, je me suis posé des questions lorsque j'ai vu que j'étais passé du 100 000e et quelque rang au 55 000e et quelque. J'ai été encore plus intrigué lorsque j'ai vu que dix nouveaux blogues me liaient et étaient affichés, mais que le nombre total de blogues me liant n'avait pas changé et que le nombre de liens avait augmenté. Enfin, je résume car en fait j'ai observé depuis un mois l'arrivée de ces blogues nouveaux : un, puis deux, etc. et chacun ne faisant pas progresser le résultat.
J'ai vu alors qu'un blogue sous WordPress comptait pour plusieurs, que tous ses liens en marge de chaque article récent étaient comptabilisés comme s'ils étaient des liens différents alors qu'il s'agit simplement de favoris ou de la blogoliste. Le comportement erratique de Technorati selon les heures ou les blogiciels n'est plus pour me surprendre, mais je me demande s'il n'a pas une difficulté de lecture particulière envers WordPress où les liens seraient démultipliés et répétés sous différentes formes. Je ne peux expliquer la manipulation de manière technique, mais je vois que les statistiques sont fausses pour cet aspect.
17:56 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, statistiques, statistique, moteurs de recherche, browser
mercredi, 02 août 2006
Des rectifications
Un article bien confus dans la Libre Belgique au sujet des rectifications orthographiques. J'en extrais ceci :
Une enquête a été réalisée en 2002 et 2003 (et publiée en 2006) auprès de 306 étudiants francophones (en langues et littératures romanes et classiques ou en dialectologie pour la plupart) pour déterminer le pourcentage de personnes connaissant ou appliquant la nouvelle orthographe. Résultat: les Belges viennent en tête. Un peu plus de 60 pc des étudiants qui ont répondu aux questionnaires affirment connaitre («connaître» en orthographe traditionnelle) les rectifications de 1990. Nous sommes suivis de près par les Suisses qui répondent positivement à plus de 53 pc. Viennent ensuite les Québécois à 38 pc, et enfin les Français, qui trainent les pieds avec 10 pc.
Quelques remarques sur la présentation de l'article, sur l'analyse de l'enquête et enfin sur le fond. Le titre “Les Belges maîtrisent la réforme” est faux et il contredit les conclusions. On voit qu'il s'agit d'un échantillon d'étudiants non représentatifs de la population. Ensuite, on évoque une réforme qui n'existe pas ; il y a des rectifcations avec une double orthographe possible. Enfin, l'article finit par le fait que la plupart des journaux belges (à part le Ligueur où écrit Henri Landroit, farouche partisan des rectifications) n'appliquent pas les nouvelles règles et qu'il n'y a pratiquement pas de publicité sur ces graphies.
Passons à l'enquête. On ne peut prendre au sérieux un échantillon de 306 personnes pour tirer des conclusions comme ici, ce n'est pas une mesure statistique valide pour avoir une photographie de la société. Avec un tel chiffre, il faut multiplier les questions pointues, demander des précisions, recouper les réponses, retracer les histoires, écrire des présentations. C'est un travail sociologique de fond qui va bien avec la durée de l'enquête sur deux ans, normalement un sondage est une coupe à un instant n. Le journaliste a retenu un chiffre qui l'intéressait, mais qui est faux puisque rien ne dit que la même méthode a été appliquée dans les autres pays. Ensuite, l'échantillon est bien particulier : des étudiants (donc jeunes, ouverts, informés, cultivés) qui plus est dans des disciplines littéraires (une comparaison avec les disciplines scientifiques ou techniques aurait été intéressante). Ce sont en outre ceux qui ont accepté de répondre, la marge d'erreur peut être de plus de cinquante pour cent. Enfin, la question retenue est le fait de connaître l'existence des rectifications et non pas de connaître leurs principes, encore moins de savoir les appliquer ou les expliquer. Le glissement sémantique est de taille : 80 % des Français jugent que Sarkozy est populaire, cela ne veut pas dire qu'ils l'aiment pour autant et on se moque du populo en jouant sur les deux sens de populaire. Les comparaisons avec le Québec sont d'ailleurs fausses quatre ans après l'enquête car il y a eu voici deux ans un fort mouvement pour mettre en application les rectifications dans l'administration et l'enseignement.
Parlons du fond. Cela baigne dans un gloubiboulga délectable. Tout est mélangé. Les féminisations qui sont en œuvre au Québec depuis vingt ans, en France et en Belgique depuis dix ans ; les francisations de termes anglais qui ne sont pas identiques en Europe et au Québec, et puis les rectifications. On apprend que les mots nouveaux sont apparus depuis 1993 ! Ah bon ? Il n'y avait pas de mots nouveaux auparavant ? Et que faisaient l'OQLF et la DGLF pendant ce temps ? Nos dictionnaires étaient figés depuis les Gaulois ? Quant au mélange entre les deux orthographes chez certains locuteurs comme preuve d'une non lmaîtrise, eh bien ! les deux orthographes sont admises. Certains dictionnaires, comme le Robert ou celui de l'Académie, ne retiennent parfois qu'une partie des rectifications (voir Josette Rey-Debove “Les rectifications au banc d'essai du Robert”). On peut rechigner à écrire j'argüe (1990), j'arguë (1975) et préférer j'argue. On peut aussi avoir souvent écrit interpeler, imbécilité, évènement, charriot sans connaître la réforme – et c'est la fréquence de ces prétendues fautes qui est une des motivations de certains changements.
Il reste un fait : la plupart des enseignants de français en France n'ont jamais entendu parler de ces rectifications et ceux qui en ont une vague idée ignorent souvent leur contenu.
11:26 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, orthographe, lexique, dictionnaire, presse, journalisme, statistiques


