vendredi, 30 avril 2010

Le jour de la marmotte

C'est un article de l'Huma d'hier qui a attiré mon attention sur la préparation de la présidentielle de 2012 auprès de l'électorat jeune (sous-titre : les pouvoirs public à ton écoute, la Grande Consultation de la nouvelle génération). Le Service d'information du gouvernement a décidé de relancer la méthode Balladur : grande consultation de la jeunesse, même si les réponses peuvent être données par des non-jeunes puisque l'on ne vérifie pas les identités. Et comme on est vraiment moderne, cela s'appelle la Grande Consult'. Le tout parrainé par Skyrock qui est le média jeune par excellence avec sa plateforme de blogues qui déchirent de la mort qui tue...

Je serais un peu moins sévère que l'Huma envers Skyrock qui a d'abord un public populaire et qui a toujours mis en avant son civisme : c'est l'une des plateformes les plus modérées et l'une de celles où il est très difficile de commettre des écarts à la loi (mais pas par rapport à l'orthographe ou à la grammaire, hélas !) L'engagement de Skyrock est une chose ancienne, notamment pour la prévention du Sida ou de la toxicomanie, ce n'est pas simplement du rap bling-bling et ce n'est pas la caricature que l'on en présente souvent. 

Il faut voir le niveau des réponses fermées aux sondages qui posent des questions qui n'en sont pas : l'homosexualité, on peut en parler ? Bien sûr. Vite fait. C'est chaud ! Des cours de remise à niveau pendant les vacances scolaires pour ceux qui veulent se réorienter en cours d'année, t'en penses quoi ? C'est top. C'est bof. Ça marcherait pas. Le "service civique", ça te dit quelque chose ? Bien sûr. Vite fait. Ah oui, c'est le service militaire. Le musée, t'y vas avec qui ? J'y vais pas. Avec le bahut. Avec mes parents. Avec mes potes. Tout seul, personne veut m'accompagner.

On teste certaines initiatives gouvernementales comme le fait de voir une oeuvre du patrimoine cinématographique (j'attends encore la mise en place de cette mesure qui n'est pas encore parvenue dans ma lointaine province), le permis à un euro ça te chauffe (non dit un euro par jour), les stages en entreprise (non rémunérés) ou encore des idées nouvelles comme la pré-majorité à 16 ans ou la défiscalisation des revenus étudiants. C'est une sorte de laboratoire fascinant des idées que l'UMP va mettre en avant, mais le tout dans un langage très décontracté qui rappelle fortement le style présidentiel actuel : tutoiement obligatoire, absence de négation complète, expressions vagues et confuses. Peu importe le sens, il faut créer du bruit et une adhésion à un ensemble de thèmes (sans aucun tabou) qui pourront ensuite se porter sur une personne pouvant les représenter.

On a un mélange un peu bizarre de questions sociétales et générales venant de Skyrock, de questions sur des points très précis de l'action gouvernementale (qui a entendu parler du volontariat international ?), de questions idiotes posées par l'internaute de base (t'utilises Internet pour travailler à la maison ?), de ballons d'essai de l'UMP pour la future élection, le tout dans un style très décontracté. L'UMP avait raté sa plateforme participative avec les Créateurs du possible et je ne sais plus où en sont les JUMP (les jeunes pops) tellement ils ont mis en place de formes de réseaux qui se sont tous fait hara-kiri, parce que l'on ne voulait voir qu'une seule tête. Là, c'est plus sérieux, c'est hors de l'appareil UMP qui est totalement éjecté de la stratégie présidentielle et cela me rappelle la campagne de Mitterrand en 1988, avec la génération Mitterrand de Séguéla lorsque le PS et SOS-Racisme marchaient main dans la main avec NRJ, la radio jeune de l'époque. C'est un peu étrange : on a l'impression de revoir le même film qu'avant comme dans le Jour de la marmotte.

vendredi, 05 mars 2010

Sardouïsme et sarkozysme : la démonologie de l'école

Je reçois une nouvelle lettre de Mariah-Samanthah, jeune sarkozyste de gauche.

Très cher comte, je me demande si mes trois échecs précédents au bac STG ne sont pas dus au fait que je me trouvais soumise à l'idéologie des profs barbus et chevelus de l'école publique où j'étudie. J'ai compris cela en voyant ce texte lumineux du poète Michel Sardou dans le cadre de la thématique Sardouïsme et sarkozysme. Est-ce que ce serait une bonne hypothèse de lecture pour commenter ce texte admirable qui nous dit d'être d'abord nous-mêmes, sans aucun tabou ou complexe.  

J'ai eu l'instituteur qui, dans les rois de France,
N'a vu que des tyrans aux règnes désastreux
Et celui qui faisait du vieil Anatole France
Un suppôt de Satan parce qu'il était sans dieu.

Précisons d'abord le contexte : cette chanson a été écrite et chantée en 1984. La date a un sens : la prise de position de notre chanteur engagé intervient en pleine querelle sur l'enseignement scolaire. Une manifestation avait alors rassemblé un million de personnes emmenées par cars de province afin de défendre l'enseignement privé rebaptisé comme libre (il faut noter qu'en général, l'enseignement dit libre est l'enseignement public dans les autres pays que la France). Deux caricatures s'affrontent,  ce qui permettra de renvoyer les personnages dos à dos, alors que l'on sait qu'il était fortement prescrit dans les instructions ministérielles de toujours dire le plus grand mal de tout monarque et de ne donner à lire que des auteurs dont l'athéisme aurait été certifié par l'inspection générale.

J'ai fait les deux écoles et j'ai tout oublié,
La nuit des carmagnoles, la fin des Assemblées,
Les dieux de l'Acropole et les saints baptisés.
J'étais des deux écoles et ça n'a rien changé.

La leçon est fort simple : le poète déclare qu'il n'a rien appris et il mélange toutes les idées dans un grand galimatias totalement absurde. Mais l'essentiel est préservé : s'il demeure sans aucune culture, il peut rester ou devenir lui-même, totalement naturel et sincère. Ce faisant, le barde se montre fort rousseauïste : seule compte la transparence et la vérité que l'on proclame. D'une certaine manière, Michel Sardou se montre un héritier de Jean-Jacques Rousseau et d'abord un disciple d'un des inspirateurs de la Révolution française. Il faut juste être aussi authentique que le saucisson pur porc, les programmes scolaires n'apprennent rien qu'on ne sache déjà.   

Dans le Lot-et-Garonne,
On bouffait du curé.
On priait la Madone,
Le dimanche en Vendée.
Des cailloux de Provence
Aux châteaux d'Aquitaine,
On chantait la Durance,
On pleurait la Lorraine.

Dans ce passage en forme de name-dropping géographique se cachent deux erreurs historiques fort mineures que le public ne peut apercevoir immédiatement : la Vendée du sud n'était pas chouanne et la Vendée historique n'est pas le département de la Vendée ; la Lorraine n'était plus pleurée dans l'école intemporelle à la mode de la IIIe République que veut mettre en valeur Michel Sardou.

Dans le Rhône et l'Essonne,
On chassait les abbés.
On plantait en Argonne
Des croix de Saint-André.
Des sommets du Jura
Aux jardins de Touraine,
On pleurait la Savoie,
On chantait la Lorraine.

Nous trouvons encore quelques erreurs historiques fort mineures parmi cette liste de clichés. Le département de l'Essonne n'a été créé qu'en 1968. La Savoie a été rattachée à la France en 1860 et a été occupée par l'Italie, sans annexion, entre 1940 et 1944. Mais ce ne sont que des broutilles, il s'agit de mélanger les époques en un tout intemporel : les croix de Saint-André de l'Argonne se réfèrent aux cimetières militaires qui contiennent aussi des stèles musulmanes à croissant ou israélites avec étoile de David ou des plaques sans aucun signe religieux. Ces dernières ne comptent pas du tout. Le tout est de se laisser emporter par le lyrisme de pacotille selon lequel tout se vaut.

Je veux que mes enfants s'instruisent à mon école
S'ils ressemblent à quelqu'un, autant que ce soit moi.
Après ils s'en iront adorer leurs idoles
Et vivre leur destin où bon leur semblera.

Il est entendu que l'école ne peut qu'enfermer dans une idéologie et non libérer. Pour le chanoine du Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance." Pour Michel Sardou, c'est la figure du père qui montre la radicalité de ce sacrifice et il refuse à d'autres le droit de permettre l'émancipation des enfants par l'apprentissage d'une culture plus vaste. Il est entendu que tout savoir nouveau ne peut qu'asservir et que toute idée de tolérance et de neutralité ne peut être qu'une forme d'idéologie de type théologique.

Cette sacrée République qui dit oui, qui dit non,
Fille aînée de l'Eglise et de la Convention,
Elle serait bien heureuse que ses maîtres la laissent
Libre de faire l'amour et d'aller à la messe.

Nous terminons dans un grand n'importe quoi habituel aux couplets finals de Michel Sardou qui mélange tout et son contraire ou ce qui n'a aucun rapport, exactement comme dans les discours improvisés de notre admirable président. On mélange la politique, la religion, l'érotisme et cela n'a aucun sens. Ou plutôt si, cela en a un : la République est pour lui aussi religieuse, voire sainte, et il faut défendre l'école des curés au nom de l'identité nationale. Nous sommes en pleine confusion de toutes les valeurs laïques. C'est en cela que le sardouïsme et le sarkozysme se rejoignent.

jeudi, 04 février 2010

La vocation de la lettre

Parmi les innombrables idioties et inepties du discours sarkozyste, l'une d'entre elles m'irrite particulièrement parce qu'elle contamine tout le langage de mes contemporains du fait d'un psittacisme généralisé : l'expression "avoir vocation à", le plus souvent employée à la forme négative, surtout lorsqu'il s'agit d'expulser des étrangers. Ce tic de langage, insupportable en soi et par soi, trouve son plus bel accomplissement dans la déclaration du porte-parole du ministère de la Justice :

« ce document est une lettre de ministre à ministre et n’avait pas vocation à être publié ».

Comment une lettre peut-elle avoir vocation à ? Elle n'était pas destinée à une publication, elle devait rester confidentielle, mais comment une lettre pourrait-elle avoir une vocation alors qu'elle est inanimée ? On voit là une forme d'imitation du langage de notre divin président, même dans ses pires travers. L'expression "avoir vocation à" est fort floue, on ne sait pas du tout pourquoi une chose ou une personne devrait avoir vocation. Cela évite aussi de dire que telle chose ou telle personne est interdite, on place l'interdit dans une sorte de zone indéterminée et d'apparence transcendentale, puisque la vocation est une voix supérieure et mystérieuse qui vous appelle ou non. Il n'y a rien à discuter alors. C'est de la métaphysique appliquée au service de la mystification. Pourquoi faut-il parler mal ? Parce que l'on veut mal penser et mal agir avant tout. Un nouveau degré dans l'absurdité vient d'être franchi. Le sarkozysme, c'est aussi cela : la diminution du nombre de mots disponibles pour dire les choses qui sont.

samedi, 12 décembre 2009

Nos ancêtres les Gaulois

asterix.jpgDans le cadre du grand débat sur la prétendue identité nationale, notre magnifique président a déclaré :

Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation.

Certes, je comprends son point de vue, mais enfin... si nos ancêtres à tous les Français sont les Gaulois ne devrions-nous pas d'abord respecter des valeurs païennes et d'abord les dieux des Gaulois ? Pourquoi ont-ils été oubliés dans cet inventaire de toutes les religions qui seraient selon lui le fondement de la France et même de la République (il me semble juste qu'il a oublié quelques personnes au passage, mais lesquelles ?) En quoi seraient-ils moins français ? Et est-ce que les confessions chrétiennes ne seraient pas un peu ostentatoires par rapport à ce qui serait notre civilisation originelle où nous adorions des déesses à poil ? Nous voyons dans l'image ci-contre comment deux braves Français - qui ne savaient pas encore qu'ils étaient déjà français - manifestent leurs valeurs identitaires dans la langue de l'occupant et envahisseur actuel.

mercredi, 09 décembre 2009

Mauvaise copie de sciences-po

Voici deux lignes du discours de notre admirable président au sujet de l'identité nationale. Pas n'importe lesquelles. Les premières.

Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations.

Il est déjà un peu inhabituel de commencer un discours politique intérieure par des considérations sur la politique intérieure d'un autre pays, d'ailleurs non membre de l'Union européenne et ayant gelé (2003) sa demande d'adhésion (1992) à l'Union européenne. Dans le cas où la Confédération aurait été candidate à l'Union, il aurait fallu poser la question aux citoyens suisses et le résultat aurait été sans appel : seuls les cantons romans et Bâle-Ville - qui ont voté contre l'interdiction des minarets - auraient accepté d'être intégrés dans l'Europe. La partie la plus européenne de la Suisse est justement celle qui ne craint pas les minarets et est aussi celle qui abrite le plus de musulmans, d'ailleurs originaires d'Europe centrale. Le débat suisse était faux.  

Il est encore plus inhabituel de voir poser les termes du prétendu débat sur l'identité nationale en ayant recours à la citation d'un vote qui s'est déroulé après que le prétendu débat français a été lancé. Comme si le vote suisse devait légitimer rétrospectivement des interrogations qui n'ont pas lieu d'être. Dans le style lourdingue qu'on lui connaît, Henri Guaino a voulu trouver une accroche afin de développer ensuite amplement son pensum qui sent fortement l'introduction pataude d'un étudiant de première année de Sciences-Po. Commencer par raccrocher le sujet à une question d'actualité afin d'élargir ensuite, même si cela n'a pas vraiment de rapport. L'important, c'est de dire que l'on a posé une question et montré qu'on lit les journaux.

Seulement, le nègre présidentiel se trahit par son inculture des autres civilisations, notamment européennes : il ne s'agissait pas d'un référendum à la mode gaulliste, mais d'une votation et plus précisément d'une initiative populaire fédérale. Le référendum est demandé en Suisse par l'Assemblée fédérale, l'initiative populaire est demandée par un nombre de citoyens et de cantons. Les deux termes sont différents en Suisse, mais pour la plume présidentielle, c'est comme en France et rien n'a changé depuis des siècles. On n'a pas encore vu la queue d'un référendum d'initiative partagée en France depuis la réforme de la constitution, malgré la votation au sujet de La Poste. Mais quand les fausses questions sont posées en Suisse, elles sont plus légitimes que les questions posées en France au sujet de l'avenir des services publics.

Je signale au passage qu'il a existé une initiative populaire fédérale de même type qui a interdit l'abattage de bétail de boucherie sans l'avoir assommé au préalable. Elle a été votée en 1893. Voyons voir. Qui cela pouvait-il bien viser au nom de la lutte contre la souffrance animale ? Il n'y avait pas encore beaucoup de musulmans en Suisse pour exiger de la viande hallal avec égorgement de l'animal conscient, la tête vers l'Est ? Mais, mais... ce devait être donc des juifs ? La loi de 1893 interdisait de fait la viande cachère et maintenant elle interdit aussi la production de viande hallal. Elle s'applique toujours et les viandes rituelles proviennent toujours en Suisse de l'étranger, la France ou l'Allemagne. Sans le dire explicitement, on demandait l'application d'une politique antisémite ou visant à éliminer les juifs les moins intégrés à la communauté suisse qui se définissait par son christianisme avant tout. Ce qui était exigé, c'était l'abandon même de formes religieuses privées, voire de la confession, et mieux de la conversion. Disons-le, il s'agissait d'une forme de persécution douce avec des prétextes humanitaires. Tout en Suisse est fort poli. Mais on sait si bien y respecter son identité nationale (ses vaches, ses montagnes, son chocolat, ses montres de luxe et son secret bancaire). Un exemple d'intégrité !   

J'en reviens à la fameuse tribune guainoïesque. Ce qui me frappe, c'est que l'on n'y parle que de religion, de croyance, de foi. Tout est défini par ce que l'on croit. Le droit à la non-croyance, au doute, au simple scepticisme, à l'indifférence ou à la diversité des attitudes en une personne n'est pas reconnu. Chacun est enfermé dans une bulle et surtout les opinions de libres-penseurs - agnosticisme, athéisme - sont totalement évacuées. Cela n'existe plus dans le délire tribaliste d'un Guaino qui répète à satiété "le peuple". Il faudrait sans cesse se situer en permanence comme la caricature de soi afin de refuser la caricature inexistante de l'autre. La question des minarets ou de la pseudo burqa est du même ordre : exagérer quelques comportements marginaux et leur importance afin de dresser les Français les uns contre les autres par leurs réactions.

Cela finira mal.

mercredi, 25 novembre 2009

Des guillemets gestuels dans la geste présidentielle

Cette image de notre admirable et magnifique président m'est parvenue par un lien de Monsieur Kaplan sur Twitter. Il comparait alors notre splendide et extraordinaire président à Chantal Goya imitant les oreilles de lapin - ce qui consisterait à le rabaisser grandement. Que nenni ! dus-je dire en moins de 140 signes. Il se demande alors si de Gaulle, Pompidou, Giscard (sans d'Estaing), Mitterrand, Chirac auraient pu commettre le même geste. Je réponds ici non pour les trois premiers : ils sont tous morts* avant l'apparition du signe aux USA. Le quatrième aimait beaucoup Dallas, mais on ne voit pas ce signe dans cette série texanne, et le cinquième ne se repasse plus que de vieux John Ford et Nicholas Ray. 

Il s'agit en réalité des guillemets gestuels étatsuniens que l'on peut observer dans le moindre feuilleton télévisuel venant d'outre flaque et qui sont décrits dans cette page. Je dois dire que cela devenait irritant dans des séries comme Ally McBeal ou Friends en disant "Je veux dire exactement", "Je veux dire seulement", "Je veux dire plus précisément". Il fallait surligner chaque propos considéré comme essentiel afin qu'il n'y ait pas d'équivoque et le résultat se révélait comique après la lassitude du spectateur devant ce nouveau langage des signes. Comme l'emphase est le registre préféré de notre faramineux et formidable président, il ne faut pas s'étonner de leur emploi ici. Notons qu'il y a des variantes avec un ou deux doigts, mais que notre président si sage et si érudit a adopté les quotation marks comme single quote et non comme straight quotation marks. Ce qui montre son niveau d'anglais, puisqu'il connaît l'emploi de l'apostrophe simple dans cette langue barbare.

Ce signe est nouveau en français européen, il est né néanmoins il y a à peine trente ans aux Etats-Unis dans la côte Est, mais notre merveilleux et fabuleux président est à l'affût des moindres nouveautés présentes à la télévision (de préférence tihèfouane) qui diffuse surtout des feuilletons ricains. Alors, comment être résolument moderne et paraître comme un nouveau Kennedy, sinon en adoptant un code gestuel en vigueur dans les programmes industriels que regarde tout le monde ? Cependant, notre fantastique et miraculeux président ne s'est pas aperçu que le code gestuel était employé aussi par dérision dans les feuilletons d'outre Atlantique : les tics de la Nouvelle Angleterre sont raillés aux Etats-Unis mêmes et lorsque les Simpson s'en emparent cela devient un jeu, puisque ces bouseux de Springfield (dont l'Etat reste inconnu jusqu'à cette date) ne sont pas censés avoir intégré le nouveau code des élites de ce pays. Qu'il y ait une ironie, une autodérision et une sorte de running gag n'est pas venu à l'esprit du nouveau personnage des Simpson. C'est dommage pour celui qui se prétend lecteur de Stendhal ou spectateur de Chaplin...

* Que l'on ne me dise pas que Giscard (d'Estaing) n'est pas encore mort, je lis les journaux et je ne peux croire qu'un ancien président se répande aussi stupidement dans des romans grotesques. C'est un imposteur qui signe à sa place.

dimanche, 22 novembre 2009

Sardouïsme et sarkozysme : la déontologie du sergent

Je reçois un courrier de Mariah-Samanthah qui réclame une fois de plus mon aide.

Très cher comte, je suis fort ennuyée parce que dans le cadre du programme de français du baccalauréat STG "Sardouïsme et sarkozysme" notre professeur nous a demandé de comparer deux textes afin de dire lequel exprime le plus notre identité nationale, les saines valeurs de notre glorieuse armée et exalte le plus notre patriotisme. Il faut dire que cela participe aussi à notre cours d'Education civique, juridique et sociale. Je suis très embarrassée parce que je ne sais pas quel est le texte qui serait le plus originaire de l'Anti-France. Je vous les joins afin de connaître votre opinion.

Le premier est bien de Michel Sardou qui en signe les paroles et qui a dû se faire aider tellement le sujet était difficile.

Je suis arrivé un beau matin du mois de mai
Avec à la main les beignets qu'ma mère m'avait faits.
Ils m'ont demandé
Mon nom, mon métier,
Mais quand fier de moi j'ai dit "artiste de variétés",
A ce moment-là,
Je ne sais pas pourquoi,
J'ai entendu rire un type que je n'connaissais pas.

Nous avons affaire à une scène typiquement française avec un brave futur militaire qui vient accomplir son devoir patriotique et qui se montre un peu niais du fait des beignets que sa tendre mère a tenu à lui confier afin qu'il ne meure pas de faim durant cette année loin d'elle. On comprend tout de suite qu'en entrant dans la caserne, il deviendra un homme comme on dit chez Kipling.

Le second texte est écrit par un dangereux apatride anarchiste, Pierre Vassiliu qui n'aurait jamais dû avoir vocation à devenir français.

Y avait la femme d'un militaire qui faisait collection d'képis
Y avait des blancs, des rouges, des verts, c'en était de biens beaux bibis

C'est la femme du sergent qui pour gagner beaucoup d'argent
Levait la jambe à tour de bras quand son mari n'était pas là
Lui dépensait sa solde à boire faut dire que c'était son métier
Aussi le soir fallait le voir parler d'l'Indo et d'la Corée
J'étais dans les rizières j'avais deux hommes à moi
L'un tenant la bannière l'autre me tenant moi

On remarque tout de suite le dénigrement systématique de cette noble et illustre institution qu'est notre armée nationale à travers le portrait d'un sergent comme dans la chanson précédente, mais tout est systématiquement rabaissé ! Notre armée est dégradée et souillée puisque le militaire censé être intelligent car sergent se retrouve incapable de marcher au pas.

Le rire du sergent,
La folle du régiment,
La préférée du Capitaine des Dragons,
Le rire du sergent,
Un matin de printemps,
M'a fait comprendre comment gagner du galon
Sans balayer la cour,
En chantant simplement
Quelques chansons d'amour.
Le rire du sergent,
La fleur du régiment,
Avait un cœur de troubadour.

Bien entendu, cela n'a strictement aucun sens quand on réfléchit et à l'armée il ne faut pas réfléchir, les vers n'ont aucun rapport entre eux, mais cela s'inscrit bien dans un très grand genre littéraire proprement français : le comique troupier ! Il repose d'abord sur l'exaltation de la débrouillardise et du piston plutôt que le travail et l'expérience. Des valeurs proprement sarkozystes, n'en doutons pas. Notons que le sergent en question est fort porté sur la saine et forte amitié virile qui l'incite à prendre en charge de jeunes bleusailles sous son aile protectrice. En revanche, le texte suivant est bien malveillant pour la mission civilisatrice de notre grand pays dans ses colonies.

Pour recevoir ses p'tits amis elle cachait tous ses képis
mettait une robe de chambre kaki et se couchait en chien d'fusil

C'est la femme du sergent qui pour gagner beaucoup d'argent
Levait la jambe à tour de bras quand son mari n'était pas là
Lui dépensait sa solde à boire faut dire que c'était son métier
Aussi le soir fallait le voir parler d'l'Indo et d'la Corée
J'étais dans les rizières j'avais trois femmes à moi
On n'faisait pas d'manière une fois j'te vois ou j'te vois pas

Il s'agit d'une justification de la polygamie qui ne saurait jamais appartenir à notre identité nationale, mais qui est hélas ! courante dans les pays dont les ressortiissants n'auront jamais vocation à devenir français, puisqu'être français cela se mérite et je me demande comment ce monsieur Vassiliu a pu avoir vocation à devenir français, sans doute parce qu'il a été naturalisé lorsque les socialistes se montraient laxistes en matière de droits de l'homme. Il est clair qu'il devrait être renvoyé chez lui si on arrive à savoir d'où il est.

Je m'suis présenté tout nu devant un infirmier.
Moyennant dix sacs, il m'a dit : "Moi, j'peux vous aider."
Je m'voyais déjà
Retournant chez moi,
Mais quand ils m'ont dit
Que j'étais bon pour dix-huit mois,
A ce moment-là,
Juste derrière moi,
J'ai entendu rire un type que je n'connaissais pas.

Voilà un exemple magnifique des valeurs propres à l'identité nationale ! La corruption ne peut exister que dans les autres pays, surtout ceux du tiers monde dont les ressortissants ne sauront jamais avoir vocation à faire partie de notre belle patrie.

Elle répétait les mots d'amour que son mari lui avait appris
c'est pour ça qu'elle disait toujours "feu à volonté toute la nuit"

C'est la femme du sergent qui pour gagner beaucoup d'argent
Levait la jambe à tour de bras quand son mari n'était pas là
Lui dépensait sa solde à boire faut dire que c'était son métier
Aussi le soir fallait le voir parler d'l' Indo et d'la Corée
J'étais dans les rizières j'avais cent hommes à moi
Le flingue en bandoulière on s'cachait dans les bois

Remarquez comme ce sergent-ci est bien moins sympathique que le précédent. Lui pense à tuer avant tout alors que l'armée est une organisation humanitaire et pacifiste qui va sauver la civilisation dans des pays ne l'ayant jamais connue !

Depuis ce temps-là,
Je n'sais pas pourquoi,
Il y a toujours un sergent pour chanter avec moi.

Voilà qui montre ce que doit exprimer la vraie poésie : elle marche en ordre militaire ou sinon elle ne peut être poésie. Et il ne peut pas y avoir de vraie littérature sans que s'exprime à travers elle un soldat de préférence galonné. Elle est faite pour dire quels sont les devoirs de chaque Français fier de l'être.

Un soir d'ivresse elle mourut sous un petit vieillard maniaque
Un général plutôt fourbu lui tomba d'ssus de son hamac

C'est la femme du sergent qui pour gagner beaucoup d'argent
Levait la jambe à tour de bras quand son mari n'était pas là
Lui dépensait sa solde à boire faut dire que c'était son métier
Aussi le soir fallait le voir parler d'l'Indo et d'la Corée
J'étais dans les rizières j'avais mille cons à moi
On marchait à la bière c'était dur croyez-moi !

Comment peut-on insulter ainsi de fiers et courageux soldats qui nous défendent vaillamment contre la barbarie de tous les autres qui ne sont pas nous et qui n'ont jamais su assimiler nos valeurs suprêmes comme le travail, la famille et la patrie ?

mercredi, 18 novembre 2009

Guainoterie : Vichy n'a jamais existé !

Cela m'avait échappé. Voici ce que notre digne et extraordinaire président a déclaré dans la Drôme, lorsqu'il est allé s'adresser aux culs-terreux qui osent déclarer qu'on les prend pour des bouseux un peu niais.

Rien n’est moins dangereux pour la démocratie et pour la liberté que la République, fût-elle une et indivisible. Depuis deux siècles, à part l'expérience de la Terreur, nul totalitarisme n'a menacé nos libertés. C’est que la culture française est irréductible au totalitarisme.

Le Canard dans lequel je lis cette déclaration attribue l'origine des propos à Henri Guaino et cela ressemble en effet à une nouvelle guainoterie. BHL, pour lequel je ne manifeste pas la plus haute estime tant s'en faut, parlait à son sujet de maurrassisme et je crois qu'il avait un peu raison. Parce qu'enfin... comme le relève le Canard, c'est non seulement oublier un triste épisode entre 1940 et 1944, mais aussi les deux empires qui n'étaient pas des "havres de démocratie", or les deux empires ont été établis comme la continuation des deux premières républiques. Les pouvoirs spéciaux au gouvernement en Algérie ne sont pas mal non plus dans le genre de dictature dans une forme démocratique. Il l faudrait également parler des droits et libertés accordées aux "indigènes" de nos colonies, par exemple comment on manifesta le sens de la démocratie à Sétif ou Madagascar au moment de la libération du territoire français en Europe, comment les Martiniquais peuvent apprécier le jour de la Saint-Valentin. Et combien d'autres épisodes... L'armée tirant en rangs serrés contre des ouvriers, des femmes et des enfants à Fourmies, est-ce la meilleure preuve de la défense des libertés ? La Terreur aurait donc été le seul épisode totalitaire de notre pays ? Comme c'est étrange... Il n'y aurait donc pas eu de Terreur blanche au retour des émigrés, au moment de la Restauration ? Pour un fervent lecteur du Rouge et le Noir, cela peut sembler un peu bizarre cette dénégation. Le seul mal aurait donc été la Terreur et pas du tout les divers manquements aux principes de la Déclaration des droits de l'homme qui ont pu survenir ensuite ? Mais qui espère-t-on convaincre ainsi en ne donnant comme seule vraie faute l'époque de Robespierre ? Serait-ce parce que la comparaison avec d'autres époques et une en particulier serait un peu déplacée et inconvenante ? Dans l'opération de récupération de l'électorat d'extrême droite, on a connu plus subtil.  

dimanche, 15 novembre 2009

Le copier-coller de Kennedy en dégradé de plus en plus gris

« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. » John Fitzgerald Kennedy, discours d'investiture du 20 janvier 1961.

Le discours est ensuite décliné ainsi en France (je passe les versions étatsuniennes, dont celles obamesques) :

« Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays ». Ségolène Royal, le lendemain de sa victoire aux primaires socialistes dans un appel aux militants et sympathisants, le 19 novembre 2006.

« On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs. On ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays. » Nicolas Sarkozy au sujet de l'identité nationale, 12 novembre 2009.

C'est un peu bizarre, mais je crois qu'il y a une très grosse différence entre le discours de Kennedy et puis le dernier qui exprime le rétrécissement de la citoyenneté. Je me sens pris d'une sympathie incongrue pour Kennedy par rapport à son avatar dégénéré et franchouillard qui croit bon de reprendre la phrase de Kennedy face à la Porte de Brandebourg et où  il confond Brüher (bouillon) et Brüder (frères) dans son texte. Cette différence, c'est celle d'une époque où l'on pouvait parler de rêve américain, mais peut-on parler de rêve français quand on demande d'accomplir des devoirs sans rien au delà de ce que l'on possède déjà ou que l'on veut vous retirer ce que vous avez déjà péniblement gagné ?

Revoyons les mots de Kennedy : citoyens du monde. C'est tout ce que l'on veut sauf un débat au sujet de la présence de la burqa afin de complaire à son électorat le plus raciste, c'est tout ce que l'on veut sauf un discours évoquant les fraudes aux assurances sociales afin de satisfaire les discussions poujadistes de bistrot, c'est tout ce que l'on veut sauf un discours nationaliste. C'est un discours noble, peut-être insincère vu la politique suivie après, mais noble malgré tout parce qu'il demandait un dépassement personnel, un engagement. Et cette noblesse, je ne la trouve pas dans les restrictions de 2009. Bien au contraire.  



mardi, 10 novembre 2009

Généalogie du devoir de réserve

En 1853, Népomucène Raoult - illustre ancêtre de notre ex ministre de l'Intégration (sic !) - écrivait au ministre des Affaires ecclésiastiques et  l'Instruction publique, cette bafouille :

Le livre, les Châtiments, dans lequel l'écrivain Victor Hugo juge que "cette France-là" est criminelle (celle de notre empereur, de Morny et de Haussman) relève d'une prise de position inacceptable. Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de l'Empire et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me parait utile de rappeler à ces grands esprits le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité.

Demain, une lettre de Sosthène de Raoult dénonçant le sectarisme de Voltaire dans l'affaire du chevalier de La Barre et ses séjours en Allemagne - ce qui prouve qu'il est un très mauvais Français du fait de sa crainte de la Bastille. Puis une d'Arsène Raoult condamnant l'intolérance d'Emile Zola au cours de l'affaire Dreyfus et son départ pour le Royaume-Uni. Une d'Aristarque Raoult demandant qu'Etienne Dolet et Rabelais soient brûlés et que leurs livres soient interdits, car contraires à notre sainte religion catholique. Une de Théodobert de Raoult jugeant que les Essais de Montaigne sont une justification de la sauvagerie et qu'il conviendrait de faire passer cet ancien magistrat à la grande question afin qu'il soit un peu plus modéré dans ses affirmations. Une de Gonzague de Raoult exigeant la condamnation totale du Tartuffe qui ne respecte pas nos plus nobles institutions. Une de Gontrand de Raoult commandant que l'on ne représente plus jamais le Mariage de Figaro qui offre un fort mauvais tableau de l'état de notre pays et de notre justice. Une de Gombert de Raoult (un patriote fier de l'être) envoyée au siège de la Milice et à la rue Lauriston pour que l'on identifie le mauvais Français écrivant le Silence de la mer sous le pseudonyme de Vercors, ce qui prouve l'absence totale de courage et de morale de cet écrivain qui dénigre l'oeuvre collaborationniste du maréchal de manière provocatrice. Une de Philbert Raoult demandant à André Malraux la radiation de la nationalité française tous les signataires de l'appel des 161 et des journalistes de l'Express qui nuisent au bon moral de nos vaillantes troupes de pacification en Algérie qui savent torturer en respectant un code de déontologie fort démocratique. La famille Raoult a été fort productive en lettres de dénonciations au cours de notre histoire et elle s'est toujours appliqué à traquer le totalitarisme des écrivains qui ne respectent pas leur devoir de réserve. De lettres, elle n'a que celles-là, tant elle ne sait pas s'exprimer en français.

lundi, 09 novembre 2009

La rhétorique qui travestit l'histoire et la géographie

«On veut prendre un avion. Tous les vols commerciaux sont pleins, alors on loue un avion privé (...), poursuit Philippe Martel. De la mairie, nous sommes allés porte de Brandebourg, il faisait nuit. Il y avait du monde, continue-t-il. Là, on croise François Fillon qui était tout seul. On n'a pas été étonnés de le voir, car il était un grand spécialiste de défense et de relations internationales. On est partis à Check point Charlie et là, on a rencontré une famille allemande qui, en nous entendant parler, nous a abordés - c'était des francophones, un couple avec enfant - et nous a dit: "la liberté est en marche, n'ayez pas peur de la réunification allemande".

Le gros problème de ce genre de déclaration, c'est que la Porte de Brandebourg était à... Berlin-Est, dans le secteur soviétique ! Elle était entourée d'une sorte de no man's land et jamais Kennedy ne s'est adressé à la foule berlinoise sous la porte de Brandebourg ou sur la Pariser Platz, puisqu'il était en face dans le monde dit libre. C'était le lieu le plus fortifié et le plus désert de l'ex-Alllemagne de l'Est. Si Philippe Martel, Alain Juppé et notre splendide président ont d'abord visité ce lieu, c''est qu'ils s'étaient rendus en RDA d'abord, puis qu'ils sont passés à l'Ouest par le fameux Check Point Charlie. Le RPR avait-il des liens privilégiés avec le Parti socialiste unifié d'Allemagne, le SED (ou le vrai nom du PC allemand de l'Est) ? Cela ne m'étonnerait guère, vu les liens que Xavier Bertrand a établi entre l'UMP et le Parti communiste chinois (en attendant le coréen du Nord ou la junte birmane).  La Porte de Brandebourg était invisible de l'Ouest, non seulement à cause du mur, mais aussi de tentures qui avaient été placées devant afin qu'il n'y ait pas d'images de l'édifice entier. Quand on voit les images de Kennedy en 63, il est sur une estrade, en hauteur, face à la Porte, mais on ne voit rien d'elle, il n'y a aucune photo de Kennedy devant cette porte. C'est par un effet rhétorique et purement textuel que l'on parle de son discours devant la Porte de Brandebourg, parce que ce lieu lui était interdit tout comme aux Allemands de l'Ouest et de l'Est. La Porte de Brandebourg n'existait plus que dans les textes, pas dans les images ou alors celles du passé. Elle était la figure de l'interdiction et comme telle elle ne pouvait être représentée puisqu'elle n'était pas vue. Mais quand on veut mythifier l'histoire, on est prêt à transformer une figure de style en réalité politique.

dimanche, 08 novembre 2009

Notre prestigieux président dans les textes qu'il signe

Notre divin et admirable président ne sait vraiment pas s'exprimer en français alors qu'il tient absolument à l'identité nationale :

Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter [sic] ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche.

Dire qu'il est ridicule une fois de plus serait superfétatoire. Il devrait engager de meilleurs nègres pour tenir ses comptes 2.0.

Je republie ce texte qui avait déjà été édité le 8 novembre. Le texte était inaccessible et il renvoyait aux commentaires d'un autre billet.

samedi, 17 octobre 2009

Ma conversation de blogueur avec Laurent Joffrin

Aujourd'hui, le Petit Champignacien interroge Laurent Joffrin, le directeur de Libération, au sujet du prochain numéro à paraître de ce journal.

LPCI : Bonjour, monsieur Joffrin, je suis content de voir que vous reconnaissiez l'existence de la blogobulle dont je suis un éminent représentant. Je serais heureux de mettre mon talent reconnu et salué par tous au service de votre plateforme.
LJ : Attention ! nous à Libé, nous avons un cahier des charges très précis au sujet des blogues que nous hébergeons et les règles que nous édictons sont assez sévères parce que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer n'importe quoi sous le couvert de l'anonymat. Nous à Libé, nous sommes avant tout soucieux de notre indépendance et de notre code de déontologie que nous avons fait approuver par un vote solennel. Nous à Libé, nous ne pouvons pas laisser passer n'importe quel type de commentaire !
LPCI : Certes, mais enfin... quand on lit les réactions au bas de certains articles du journal papier, on peut se dire que les blogues sont bien mieux surveillés et contrôlés.
LJ : Détrompez-vous ! Nous à Libé, nous fermons les commentaires des articles dès lors que l'on parle de la vie interne de Libé. C'est un processus parfaitement démocratique que j'assume entièrement comme directeur mandaté par le principal actionnaire. Nous à Libé, nous sommes très attentifs à la liberté d'expression et il est hors de question que l'on remette en cause le sens de notre indépendance par des commentaires malveillants au bas de mes éditos. Mais pour le reste, tout le monde peut dire ce qu'il veut au bas des autres articles non payants. Nous ne sommes quand même pas au Figaro, nous à Libé, et nous pouvons accepter l'irrespect qui est la marque de fabrique de notre titre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous à Libé avons repris un titre issu de la résistance.
LPCI : Soit, mais j'ai du mal à comprendre votre stratégie Web 2.0. Vous avez des blogues en nombre réduit qui sont tous modérés soit par leur auteur ou par un modérateur, des articles qui sont ouverts à des commentaires qui sont mal modérés depuis l'Inde ou Madagascar et puis des articles sur lesquels vous ne voulez pas de réactions.
LJ : Nous à Libé, cela se discute de manière démocratique, donc si tout le monde ne demande pas que j'ouvre les commentaires sous mon éditorial, eh bien ! on ne les ouvre pas, surtout si cela pourrait mettre en cause ma gestion.
LPCI : On m'a dit que vous prépariez un grand coup pour lundi. Pourriez-vous nous en dire plus ?
LJ : Oui, nous à Libé avons décidé de faire de Pal Sarkozy le directeur artistique et le rédacteur en chef de notre édition. Je peux déjà vous montrer la photo de Une d'un numéro de cent pages avec couverture glacée.

sarkopal.jpg

 

 

 

LPCI : C'est impressionnant, mais pourquoi ?
LJ : Nous à Libé, nous avons une tradition de donner des numéros à illustrer ou commenter par des personnes qui ne sont pas des journalistes de formation, c'est notre combat démocratique afin de nous ouvrir à la société civile. On a eu ainsi des numéros dirigés par des rédacteurs en chef exceptionnels comme Ben, Buren, Calvin Klein, Isabelle Adjani, Kent Hutchison, Spencer Tunick, Carla Bruni. Nous à Libé, nous sommes très attachés à la liberté d'expression et nous avons pensé qu'il était bon d'apporter un regard différent sur le sarkozysme, grâce à ce discours décalé. 
LPCI : J'ai un peu de mal à comprendre. Vous voulez dire que Pal Sarkozy va illustrer tout votre journal au nom de l'antisarkozysme ?
LJ : Attention ! Je n'ai jamais dit cela, nous à Libé nous ne sommes pas dans l'antisarkozysme, mais nous estimons nécessaire de donner la parole à tout ce qui fait la vie culturelle contemporaine et de témoigner de notre indépendance totale. Nous à Libé, nous l'avons choisi parce que c'est un grand artiste et non simplement pour son nom. ll n'est pas question d'exclure Pal Sarkozy sous le prétexte qu'il serait le père du président actuel ! Nous à Libé, nous ne voulons pas faire ce genre de discrimination.
LPCI : Mais enfin ! ses peintures sont nulles à chier et je reste poli. On croirait un tableau patriotique de la Corée du Nord !  Pourquoi lui et pas un autre ?
LJ : Nous à Libé, nous pensons qu'il n'a pas plus de droits qu'un autre et pas moins qu'un autre. Il est normal qu'un peintre universellement reconnu puisse s'exprimer dans nos colonnes, parce que c'est cela l'exercice démocratique de la république. Pourquoi devrions-nous le bannir sous le prétexte qu'il serait le père de son fils ?
LPCI : Mais vous faites un journal antisarkozyste d'après ce que je peux lire parfois ?
LJ : Pierre Marcelle ou Gérard Lefort n'expriment pas ce que nous pensons, nous à Libé. Ils sont libres, puisque notre fonctionnement à nous à Libé est démocratique, mais comme la décision de confier un numéro entier à Pal Sarkozy a été prise sans qu'ils disent quoi que ce soit puisqu'ils étaient absents lors de l'assemblée générale, c'est le processus démocratique qui s'applique. Je ne vois pas du tout où est le problème. Nous ne pratiquons aucun favoritisme lié au nom puisque Pal Sarkozy nous a fait un prix pour ses services.
LPCI : C'est juste très moche comme style et puis l'apologie de Sarkozy par son père.
LJ : Nous à Libé, nous estimons qu'il faut rester équilibrés dans les critiques du nouveau régime. On peut donc autoriser, toujours de manière démocratique, des articles contre le petit-fils puisque nous mettons en avant le grand-père.
LPCI : Cela dit, dans tout entretien de blogueur qui se respecte il doit y avoir une choucroute, où est-elle ?
LJ : Ce n'est pas de la choucroute, mais de la goulasch que j'ai préparée pour notre futur invité.
LPCI : Argh !

 

P.-S. J'avais commis jeudi un Tweet où je disais en gros : "Pal Sarkozy, peintre du dimanche, déclare : si l'on attaque le président, c'est moi qui suis visé". Puis j'avais promis une interview de Pal Sarkozy avec un fort accent hongrois pour le lendemain, interview que je n'ai jamais écrite. Rimbus s'est donc emparé de mon idée (sans l'accent hhhongggrrrois dont je voulais l'affubler). Je ne le lui reproche pas, je ne sentais pas du tout l'idée d'une interview de Pal et cela me semblait limité. Puis, l'idée de l'interview de Joffrin suggérée avant par JBB (le Charançon libéré) me laissait un peu en panne parce que je ne voyais pas d'angle précis. En reprenant mon idée, Rimbus m'a permis de savoir ce que je pouvais écrire en m'évitant de développer. Je ne lui en veux donc pas de me copier puisqu'il m'a déchargé d'une tâche. Pas plus qu'à JBB, qui m'avait confronté à un délicat problème de style que j'ai du mal à saisir tellement il est gluant. Ils sont les coauteurs indirects de ce texte, je n'aurais pas fait le rapprochement sans eux.       

jeudi, 10 septembre 2009

La décision d'honnêteté

Notre admirable et splendide président prend des leçons de syntaxe auprès de Jean-Pierre Raffarin (le meilleur professeur pour ne plus savoir comment parler français depuis Georges Marchais), il déclare ainsi :

"Je l'ai signé, je le fait. C'est une décision d'honnêteté. Si on ne le fait pas, on n'est pas honnête"

Si je veux m'exprimer en bon français et pas dans un patois picto-mercato-raffarinien, je dirais que c'est une décision honnête, une décision prouyant mon honnêteté ou dictée par mon honnêteté, mais pas dans ces termes informes tout juste bons à servir d'argumentaire commercial à des étudiants en BTS action-vente. Dire décision d'honnêteté, c'est fort ridicule ! Mais notre nouveau régime ne craint pas ce travers. On peut craindre dans les mois prochains : la décision de probité, la décision de sincérité, la décision de courage, la décision d'intelligence, la décision de culture, la décision de;.. etc. Le tic raffarinien peut être décliné à toutes les sauces ! Le perroquet qui nous sert de président peut en modifier les formes et cela passera pour le français qui se parle, tout le monde l'imitera.

lundi, 22 juin 2009

Interdisons Zorro !

J'ai reçu ce courrier que je retransmets.

Monsieur le Premier ministre, je tiens à dénoncer ce délinquant notoire qui dissimule honteusement son visage durant des manifestations sur la voie publique contre l'ordre établi afin de ne jamais être reconnu. J'ai pris une photo pour vous montrer que l'individu en question est du genre particulièrement violent, vu l'arme qu'il exhibe avec provocation. J'espère que ce signalement vous permettra d'identifier ce dangereux anarchiste, car m'a-t-on dit il aurait une forte influence auprès des jeunes enfants bien trop influençables qui seraient tentés de l'imiter dans ses actions désespérées et absurdes. J'ose espérer que vous interdirez lors des prochains carnavals d'écoles maternelles de tels déguisements qui donnent de funestes idées d'origine même pas française à notre saine jeunesse. J'espère aussi vivement que madame Alliot-Marie ou madame Albanel interdiront fort vite les films, les romans et les bandes dessinées qui donnent un si triste exemple à nos chères têtes blondes, quitte à faire voter une nouvelle loi totalement inutile et inefficace. Il n'est pas admissible de laisser nos enfants être ainsi pervertis et de les voir se transformer en terroristes ferroviaires le long des lignes du TGV. Interdisons donc ces lectures pernicieuses afin de préserver la liberté de penser.

Votre dévoué Jean-Claude, responsable des UMP seniors du Cantal-Atlantique. Zorro.jpg

vendredi, 19 juin 2009

La parole conative de notre divin président

Les paroles présidentielles peuvent être expliquées de bien des façons, il est possible de voir la fonction métalinguistique à l'oeuvre comme Olivier qui s'interroge sur les manifestations de sincérité, mais moi après coup, je me suis demandé quel était l'interlocuteur réel de notre divin président :

Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: "C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement.

Pourquoi la position du journaliste changerait-elle quelque chose au sens du propos ? Serait-ce une allusion à l'apologue des deux brigands qui entourent le Christ ?  Le mauvais bandit était bien sûr à gauche...

Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule.

Là, il interpelle clairement le journaliste, mais il le fait comme si celui-ci était un juge ou un procureur qui avait livré ses arguments à charge.

Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez.

Pourquoi "pas vous" ? Parce qu'il a dit "c'est ridicule" et qu'il a peur que l'on confonde l'attaque sur les soupçons et puis une attaque sur la personne qui pose des questions sur ces soupçons ? Er on glisse vers le public plus général après la prise à partie d'un seul qui ne rapportait pas son opinion.

Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements).

Le journaliste en question n'a que les éléments établis par les juges d'instruction et répercutés par les associations de victimes. Il n'est pas un juge ou un procureur ou un avocat et il ne peut se substituer à eux. Mais on fait comme si l'on se trouvait devant un tribunal.

C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils [sic] enquêtent.

C'est exactement ce que la justice a fait et ce sur quoi le divin président était interrogé. Le journaliste en question n'a pas enquêté afin de détenir une autre vérité que celle détenue par les juges d'instruction dont il relaye les éléments.

Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus.

Première nouvelle que l'absence de secret d'Etat. Notons ici que le vous s'adresse plus au public ici qu'au journaliste.

14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir).

Encore une fois une implication du journaliste à l'aide d'un argument particulièrement tordu, il repose sur l'implication de l'interlocuteur dans ce qu'il aurait dû forcément connaître comme son interlocuteur (puisqu'il doit être assez âgé pour avoir connu cette période). Si lui n'a pas entendu parler de commissions à ce moment-là, donc personne n'a pu en entendre parler. On apprécie le syllogisme.   

Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: "Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c'est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu'est-ce que vous voulez
que j'aille répondre là-dessus."

Et on finit par s'adresser au public en général en feignant de répondre au journaliste.

Que retenir de tout cela ?

1) Le magnifique président tente de déstabiliser ses interlocuteurs en mettant en cause d'abord leur position. C'est une réaction primaire qui devient plus complexe ensuite avec de fausses implications.

2) Il les implique dans la fiction de son récit, même si celui-ci est totalement déconnecté de la réalité (la fable de l'absence de secret d'Etat est particulièrement cocasse et digne d'un ancien régime de l'Est).

3) Il confond le journaliste qui pose des questions légitimes et le juge qui enquête et dont le journaliste reproduit certaines conclusions provisoires. Il faut faire sortir la question du débat en confondant les personnes.

4) Il jongle sans cesse sur les pronoms comme vous (l'interlocuteur et la foule) ou on (lui ou la foule). La fonction conative est extrêmement forte dans cet extrait et je l'ai soulignée. Elle doit s'adresser à la fois au perturbateur et puis à l'audience plus générale

5) Il essaye de se mettre néanmoins l'interlocuteur dans la poche en l'exonérant d'une faute (pas vous) après l'avoir vertement admonesté, tout en pratiquant le système de la douche écossaise.

6) Il finit par une séquence émotion devant laquelle chacun doit s'incliner comme il se doit. On est sommés de se taire.

Mais répondre à des questions de journalistes sur des affaires d'Etat ne signifie pas se livrer à de pénibles effets d'avocat de tribunal correctionnel de sous-préfecture de province en croyant avoir les gros rieurs de son côté.

mardi, 16 juin 2009

Comment déchiffrer le petit-nègre

Note spéciale à nos amis africains qui ne sont jamais entrés dans l'histoire et qui ne savent pas s'exprimer dans un français aussi correct et soutenu que celui de notre splendide président lorsqu'il lit du Guaino ou qu'il improvise.

En français petit-nègre de sous-développés culturels, on dit : "On ne veut plus de vous, partez !" Voilà qui traduit l'inculture manifeste des Noirs au delà de l'outrage à notre divin président.

En français de France (mère des arts, des armes et des lois), on dit en langage soutenu ceci afin de montrer son lien direct avec le bas peuple en s'exprimant comme est supposé le faire un sous-prolétaire alcoolique ou un marginal sous l'emprise de stupéfiants.

Notons que le Noir, qui est bête par essence (surtout au Gabon), ne sait s'exprimer envers ses supérieurs qu'en employant le vouvoiement lorsqu'il veut montrer son mépris envers ses maîtres naturels. C'est bien la preuve qu'il est incapable d'accéder à la raison, puisque la langue française est d'une logique proprement cartésienne (la preuve en est que Descartes était français). Il montre ainsi sa soumission à la juste mission que s'est fixé notre admirable président puisqu'il respecte encore des formes de politesse et de civilités devenues totalement dérisoires et archaïques pour nos dirigeants français.

Bien entendu, dans cette affaire, ce sont les médias qui sont à l'origine de cette protestation maladroite des Gabonais : ""Ce n'est pas la personne du président qu'on huait (...) c'est l'image qu'on a donnée de ce pays (le Gabon), la nouvelle du décès annoncée de façon prématurée, cela a été très mal ressenti", a ensuite commenté devant des journalistes français l'ambassadeur de France à Libreville Jean-Didier Roisin."

Il est évident que les Gabonais s'en prenaient de manière fort maladroite (ils ne savent pas lire, ni écrire) aux médias de l'ultra-gauche française comme le Point.fr (auxquels ils n'ont pas accès d'ailleurs) qui avaient osé attenter ainsi à la mémoire de l'immense président Bongo, cet humaniste qui a su oeuvrer afin de devenir plus riche que son pays. Il est évident qu'il n'était jamais question de Françafrique, de pillage des ressources de ce pays, d'exploitation par quelques compagnies comme Total, Bouyghes et Bolloré. Mais les Noirs sont bêtes de naissance et par atavisme, bien entendu, et ils ne savent donc pas s'exprimer aussi clairement qu'un représentant du pays de Descartes et d'Elf. Il importe à nous autres occidentaux, détenteurs de valeurs aussi fondamentales que le cours des actions du Cac40, leur apportions enfin la lumière et permettions enfin de replacer leurs propos dans leur sens réel.

lundi, 08 juin 2009

Pour un Grenelle de la littérature et de la langue

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et le gaspillage des ressources naturelles de notre sainte mère la Planète, notre divin président a décidé de nommer un comité Odule placé sous le patronage du grand écrivain international Paolo Coelho, mondialement reconnu, afin de voir comment faire en sorte que la littérature et la langue réduisent leur empreinte écologique - puisque la survie de la Planète dépend de tous. Les livres constituent un incroyable gâchis écologique qui détruit des arbres, produit de l'effet de serre à cause de l'encre imprimée et induit des frais de stockage ou de transport trop importants par rapport au bénéfice que l'on serait en droit d'attendre d'eux.

Quelques pistes sont envisagées :

- Etablissement d'un bilan carbone des oeuvres littéraires en fonction de la longueur des phrases, de leur complexité et de leur difficulté de compréhension, de la sophistication ou de la rareté du lexique. Une échelle de 1 à 100 pourrait ainsi être établie (de Francis Mizio ou Marc Lévy à Proust ou Joyce). Une étiquette parfaitement visible en couverture permettrait ainsi de comprendre que Dante ou Shakespeare polluent plus sûrement la Planète que Christine Angot et Camille Laurens. Une taxe sur ce genre d'oeuvres nuisibles pourrait être envisagée (N. B. : Penser à créer des critères adaptés pour que la Princesse de Clèves soit lourdement taxée). Cette sous-commission sera dirigée par Claude Allègre, choisi à la fois pour ses connaissances scientifiques reconnues de tous et sa parfaite maîtrise des langues ou du style.

- Obligation pour les enseignants de lettres et de langue de pratiquer au moins une heure de cours par semaine consacrée exclusivement à l'apprentissage des abréviations et de l'écriture SMS en lieu et place de l'orthographe ou de la grammaire. Une sous-commission présidée par Phil Marso interrogera les différents acteurs de l'Education nationale et leur demandera pourquoi par pur élitisme elles ne luttent pas de manière efficace contre le gaspillage de papier et le poids des sacs d'école. Un bilan carbone de chaque copie d'élève pourrait être établi aussi en fonction de la longueur de ses phrases et de ses textes, il pourrait faire partie de la notation au DNB et au bac de manière à valorieer les élèves attentifs à l'écologie en n'écrivant rien ou presque sur une page. 

- Privatisation de toutes les bibliothèques publiques et obligation aux nouveaux prestataires de service de procéder à un recyclage écologique de la matière des ouvrages qui n'auront pas été empruntés depuis cinq ans. Les bibliothèques gaspillent une grande partie de l'énergie nationale afin de conserver dans des conditions idéales des ouvrages que plus personne ne veut lire. Est-il raisonnable de maintenir de tels coûts alors que la Planète va mourir du fait de l'égoïsme de certaines élites ? La sous-commission dirigée par Steevy Boulay, critique littéraire reconnu de tous, interrogera les bibliothécaires et documentalistes au sujet des ouvrages à détruire en premier.     

- Suppression progressive des livres imprimés pour mal-voyants qui sont écrits trop gros, avec trop de pages, pour trop peu de public. Chacun sait que les mal-voyants n'existent pas et que ce terme ne relève que d'un politiquement correct à la mode américaine. Une enquête conduite par Gilbert Montagné montrera que les mal-voyants sont soit de vrais voyants, soit des aveugles. Une solution possible (la sous-commission évacue la question oiseuse du braille) serait l'écoute de chansons par téléchargement légal.


En avant, vers un monde plus juste, plus libre, plus responsable et plus conscient de son passé comme de son avenir ! Des matins glorieux nous attendent parmi cent mille fleurs ! 

vendredi, 05 juin 2009

L'oeil était dans le bouillon...

A quoi vous fait songer cette image tirée d'une récente couverture de Charlie-Hebdo ?

sarkojetevois-original.jpg








A cela ?

blake.jpg












Mais Blake est trop ésotérique et il nous renvoie au mystère de l'origine de notre regard sur le monde que nous créons et par lequel nous sommes créés ou détruits d'un regard. Son dieu est dans un oeil qui semble ne pas avoir de face et qui peut être dans un corps plus infini.


A ceci ?

oeildieu.jpg












L'oeil de Dieu - qui avait été repris parmi les symboles francs-maçons après toute l'imagerie chrétienne, puisque les premiers francs-maçons devaient affirmer leur foi. D'où cela vient-il ? Pas de ces vers célèbres :

Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Mais d'une idée bien plus ancienne :

Au maître chantre. Psaume de David. Eternel, tu m'as sondé et tu m'as connu.
Que je sois assis ou debout, tu en as connaissance ; Tu découvres de loin ma pensée,
Tu me vois marcher et me reposer Et tu as une parfaite connaissance de toutes mes voies.
Car la parole n'est pas sur ma langue, Que voici, Eternel, tu connais déjà tout.
Devant, derrière, tu m'enserres, Et tu mets ta main sur moi...
Science trop merveilleuse pour moi ! Et si élevée que je ne puis y atteindre.
Où irais-je loin de ton Esprit Et où fuirais-je loin de ta face ?

Il est plaisant de voir un journal qui se dit laïque reprendre des symboles profondément religieux, même dans la franc-maçonnerie traditionnelle. Peut-être est-ce l'oeil de Hugo exprimant alors la conscience de l'homme criminel plus que le regard d'une puissance supérieure sur son sujet comme dans l'imagerie chrétienne, mais si la forme de l'oeil détaché de tout corps n'appartient plus trop à la culture contemporaine à forte conscience idéologique, elle continue à vivre de manière informelle dans la publicité qui multiplie les détails agrandis sur des parties du corps et la connotation ancienne n'a pas totalement disparu.

Et nous nous trouvons dans cette polysémie : celui qui voit est le juge suprême qui sait tout de l'accusé ou qui est le martyr (étymologiquement le témoin). Il y a là une ambivalence que je ne lèverai pas. L'autre point à relever est le renversement de l'instance d'autorité, car celui qui veut voir tout à travers des caméras, des portiques de sécurité, des logiciels espions, des veilles internet, des contrôles d'identité, des écoutes, des petites délations est désigné comme celui qui peut être jugé. Situation abominable lorsque l'on se veut l'oeil d'un autre et que l'on a abandonné sa propre conscience à celle de l'Un.

lundi, 01 juin 2009

Hardiment, élançons-nous vers le prix du maire de Champignac !

chiffon rouge agité par la droite

une partie de la gauche fonce à nouveau sous les banderilles

tomber sous le sabre du torero

certitudes de l'âge des tranchées

regagner les abris

enfiler les vieux uniformes

la tunique de Nessus

la violence de l'état de nature

nous élancer hardiment hors des tranchées et des sentiers battus

Personne au PS n'a donc eu le courage de dire à Manuel Valls qu'il s'exprime comme un pied en accumulant les pires poncifs d'une prose digne d'un discours de comices agricoles ? Les métaphores les plus grotesques et rebattues se retrouvent dans son propos ! Ce n'est pas en accumulant les clichés langagiers que l'on devient un tribun populaire. Bientôt, il pourra égaler Raffarin en charabia et phraséologie inepte (le tout pour masquer une idéologie assez peu ragoûtante malgré les contorsions mentales).

samedi, 30 mai 2009

Les disciples de Guaino sont des ânes encore plus bardots que lui

L'Oignon mène depuis l'élection d'Adeline Hazan à la mairie de Reims une campagne insidieuse de dénigrement de la nouvelle municipalité de gauche et écologiste qui n'existait pas du tout lorsque l'ancienne municipalité de droite pouvait être mise en cause. Voici un exemple !

Un adjoint un peu gêné qui dit d'abord pour sa défense qu'on ne peut pas mettre un policier derrière chaque tagueur ! Un adjoint qui précise ensuite qu'il ne faut pas toujours s'attacher au nombre de tags, mais à leur surface ! Un adjoint qui signale qu'à Reims l'enlèvement des tags est gratuit, contrairement à d'autres villes. Un adjoint qui au final accepte tout de même de reconnaître qu'il y a un vrai problème que la Ville ne sait pas endiguer et entend régler, non pas en augmentant le nombre de caméras en ville (les tagueurs mettront des cagoules) mais en amorçant le dialogue à destination de ces jeunes (le plus souvent) qui utilisent cette forme d'expression culturelle.

On remarquera d'abord la vigueur de l'anaphore toute guainotienne, une anaphore cela semble donner de la vigueur au propos. Il s'agit de dénoncer avant tout une personne en mettant en relief ses qualités et dans les faits on ne voit que des banalités ensuite alors que le ton de début et de fin de phrase devraient inciter à l'indignation.

Placer un policier derrière chaque tagueur ? Mais la proposition (refusée) est idiote parce qu'on ne sait pas où les tagueurs interviendront, ni qui ils sont. On voudrait donc prévoir les crimes comme dans Minority Report ? Ce serait inconvenant de dire une évidence ?

Mieux, cet article s'attaque à cet adjoint au sujet de la surface des tags alors que le journaliste publie par ailleurs un article sur le même sujet en insistant sur ladite surface qui augmente. On n'est pas à une contradiction près.

Mais ce qui a été voulu a été obtenu, il fallait que l'on place d'abord le message de la vidéo-surveillance dans tous les lieux possibles et puis il fallait absolument dénigrer l'attitude d'un élu sans lui reprocher un seul fait précis, mais juste par l'intonation des phrases. Beaucoup d'anaphores épiques, beaucoup d'exclamations indignées, comme s'il s'agissait d'une affaire totalement infâme et passible de la Haute Cour de justice de la République. Pour aboutir à quoi ? A une nouvelle mise en cause de la nouvelle municipalité de gauche et surtout à l'acceptation des thèses sécuritaires du nouveau régime de notre Conducator qui veut des caméras et des portiques partout.

Si l'on prend le fond, ce n'est pas une attaque contre la municipalité actuelle, mais quand on regarde les constructions de phrases cela devient un pamphlet véhément. Et que l'on ne me dise pas que l'Oignon ne roule pas pour une victoire de l'UMP à Reims en 2013. La route est déjà bien balisée...

jeudi, 28 mai 2009

Mélanges journalistiques, littéraires et langagiers

Voici une petite série de brèves (dont l'actualité est déjà un peu altérée) :

Peuples.net nous apprend que la Princesse de Clèves, dénigrée à plusieurs reprises par le magique président, est au programme provisoire du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure de 2010. La première fois que notre Kennedy français en avait parlé, c'était justement à propos d'un concours administratif.

On découvre par Facebook les lectures présidentielles (le Rouge et le Noir, Pierre et Jean, Françoise Sagan), mais lorsque le génie de Neuilly évoque de vive voix son admiration pour Zola, il parle des Rougeon-Macquart. On voit sa familiarité avec cette fresque sociale. Source Bibliobs.

Des journalistes en ligne s'indignent de l'article de Xavier Ternisien au sujet des conditions de travail déplorables dans ces rédactions qui servent de robinets à dépêches à peine récrites ou croisées. D'autres s'interrogent sur l'utilité de l'emploi de l'expression "forçats du Web" qui ne se trouvait pas dans le texte de l'édition papier, mais bien comme titre dans la version du Monde.fr. Eric rappelle qu'Albert Londres avait fait un reportage en 1923 à Cayenne sur les bagnards et forçats, et il y voit un renversement ironique*. Je rappelle en commentaire qu'en 1924 le même Albert Londres faisait un reportage sur le Tour de France et évoquait les "forçats de la route". Si Londres lui-même - ce modèle du grand journalisme - a employé la même analogie dès l'année suivante, c'est qu'il voyait une justification par les conditions de vie et de travail. Quoiqu'outrancière, la métaphore n'est pas déplacée ou incorrecte : elle est juste accrocheuse.

Restons sur le même sujet. Martin Vidberg montre par le dessin comment les journalistes en ligne rédigent leurs papiers : toutes les informations, vraies ou fausses, sont mises au conditionnel - ce qui évite de les vérifier, de les croiser et de les recouper.

Hier, dans son émission sur France-Inter (9h 30-10 h), Colombe Schneck a dénoncé le fait que les suggestions de recherche par Google Search associent des noms propres de journalistes aux mots "juif" ou "homosexuel". Ces suggestions sont faites automatiquement sur la base de recherches antérieures par l'ensemble des utilisateurs de Google. Or, ce genre de colocation (occurrence simultanée de deux mots) ne se produit qu'en France, comme si on voulait voir s'il y a un lobby derrière un journaliste. Pierre Haski s'en fait l'écho. Petite précision, il s'agit d'un module de Google Search : Google Suggest qui apparaît sous la forme d'une petite fenêtre avec un déroulant.

* Ne pas hésiter à ouvrir les liens en commentaire chez Eric pour voir les différentes facettes d'une discussion qui se tient à différents endroits.


samedi, 23 mai 2009

Inique

Lucky Luke, Ruée sur l'Oklahoma, page 40.

La scène se passe dans une rédaction de journal.

Le croque-mort : Vous n'abusez pas un peu du terme "inique" ? Depuis que vous l'avez découvert dans le dictionnaire, vous l'employez tout le temps...

Coyotte Will (le rédacteur) : C'est un joli mot... De plus, les citoyens ne le comprennent pas... Alors ils lui donnent la signification qu'ils veulent...

Cases suivantes, des pancartes :

Dopey et Lucky Luke sont iniques !

Dopey ! Lucky ! assez inique !

Ce sont toujours les mêmes qui iniquent !

[Coyotte Will me fait songer à un haut personnage de l'Etat que je me garderai bien de nommer...]

mercredi, 13 mai 2009

Métaphores lorraines

Nous répondons à une demande de Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, cadres de l'UMP du Cantal-Maritime.

Au secours, comte chéri et adoré ! Mon abominable prof de français marxiste, chevelu et barbu est encore une fois en grève à l'approche des examens et pendant les ponts ! Comme il sait que je suis une sarkozyste de gauche, il m'a tendu un piège avec sa séquence "La  prétérition et l'ineffable dans le mitterrandisme". Vous seul pouvez m'aider, parce que je ne comprends strictement rien au texte de Patricia Kaas qu'il nous avait photocopié avant de partir en congé maladie peu avant les vacances. Vous savez que j'ai absolument besoin de ce bac STG que je présente pour la troisième fois afin d'être acceptée en BTS Force de vente ! 

Jaloou-ou-ouse !
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !

Posons la problématique d'abord : Patricia Kaas, cette chanteuse exemplaire des années Mitterrand, est d'abord la voix de la France et surtout d'une région plus admirable que toutes les autres, d'autant qu'il faudra la soutenir pour cette admirable épreuve de l'Eurovision : j'ai nommé la Lorraine. Patricia Kaas est la Lorraine par excellence. On peut donc dire que toute la chanson sera une allégorie de l'histoire de cette région martyre.

Grâce à cette métaphore, nous pouvons établir que les responsables de la jalousie sont François Mitterrand et le père Chérèque qui ont revendu à bas prix les outils de la sidérurgie lorraine (représentée par Patricia Kaas). Cela fait évidemment allusion aux manifestations de l'époque.   

Jalou-ou-ouse !
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me noooiiie

Relevez d'abord l'antithèse du troisième vers qui définit tout l'art de la chanteuse (mais évitez surtout de dire que Carla ne pourrait jamais hurler trop bas). Développez ensuite sur la métaphore du dernier vers en imaginant un parc d'attraction en Lorraine à la place des usines et des mines.

Je fouille tes poches, je lis tes lettres
J'écoute aux portes, oui je te guette
J'ai mal, je pleurs, je vérifie
Non, je n'crois pas tout c'que tu m'dis
T'avais qu'à pas mentir !

Imaginez donc la Lorraine trahie qui attend toujours les promesses faites à Rombas et Pompey par Mitterrand en 84, comme aujourd'hui votre héros à Gandrange.


Et quand tu mens, je r'ssens là-dedans
Mon cœur, mon cœur qui fout le camp
Je crois que j'vais mouriiiir
Mais je meurs pas, non je suis là
Je veux pas m'arracher de tooii
J'm'en fous, j'aime mieux souffriiiiii-i-i-i-ir

Représentez-vous le dilemme de la personne qui veut croire et ne peut croire. Rappelez-vous de vos notions de la tragédie classique. Nous avons affaire à une héroïne racinienne de pure race.


Jalou-ou-ouse ! (Jalouse )
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !
Jalou-ou-ouse !
(Jalouse )
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie

Concluez en disant que cet hymne aurait pu triompher à l'Eurovision si le jury avait été moins corrompu, dissolu et incompétent.

Ah zut ! je viens de m'apercevoir que je contreviens à Hadopi.

samedi, 09 mai 2009

Par la barbe de Rackham le Rouge !

licorne.jpgSi vous avez vu cette image, c'est que vous êtes forcément un pirate de l'Internet à votre propre insu !

 

En effet, j'ai reproduit ici une image publiée sur la Toile à partir d'un blogue qui lui même reprenait cette image d'un album pirate (et fort mal imprimé) de Tintin en chinois numérisée je ne sais trop où. Certes, les couleurs sont atroces et peu conformes à l'original ou aux versions ultérieures, certes on ne comprend strictement rien au texte quand on n'est pas sinophone, mais votre propre piratage est parfaitement avéré puisque vous avez téléchargé cette image en même temps que vous avez voulu lire mon blogue. La Fondation Moulinsart par son représentant Nick Rodwell à l'éthique reconnue de tous les bédéistes, Denis Olivenne (avec la caution de Jean Daniel et dee installations sanitaires de Claude Perdriel), Christine Albanel munie de son pare-feu pour OpenOffice, Maxime Le Forestier et son parachutiste, Juliette Gréco en compagnie de Belphégor...  vont vous poursuivre comme les Erynies ou l'œil dans la tombe pour avoir bafoué les droits patrimoniaux et non moraux de leurs productions indispensables,

Pour éviter une telle mésaventure, il ne vous reste plus qu'à installer chez vous un mouchard payant, non interopérable qui espionnera tous vos faits et gestes sur vos PC et portables et qui vous désignera comme un criminel si vous lisez encore ce blogue. qui est aussi simple, claire et lucide que le geste du capitaine Haddock !
C'est possible maintenant grâce à la loi Hadopi.

Y a-t-il un grammairien à l'Elysée ?

Les anaphores idiotes et lassantes de la prose pompière d'Henri Guaino continuent de jouer des tours à la syntaxe présidentielle lors des discours officiels :

Les troupes coloniales montrent un courage admirable. Tout le temps qu'ils participeront à l'épopée de la 1ère Armée, ils se battront pour la France comme s'ils se battaient pour leur mère-patrie. Ils ne seront économes ni de leur peine, ni de leur sang. La France n'oubliera jamais leur sacrifice.

 

vendredi, 08 mai 2009

Vers la manif très virtuelle

Le député champignacien vous (nous) prend pour des abrutis incapables de comprendre la subtilité des médias ouaibedeuxpointzéro et en particulier de Fesse-Bouc  :

Benoist Apparu s'explique à son tour : « Vous connaissez les journalistes, sur un quart d'heure d'interview, ils n'en retiennent que trente secondes. Ce que je voulais dire, c'est qu'il y a autant de monde dans les réseaux sociaux que dans les AG de grévistes. Sauf que là il y a une transparence totale puisque vous avez le nom de chaque membre du groupe en question. On peut même imaginer des manifs virtuelles. »

Je peux me créer autant d'identités que je veux sur Fesse-Bouc en une journée. Il suffit de se créer autant d'adresses faites à la chaîne sur les sites qui ne vérifient pas les identités dans la vie réelle et d'annuler les cookies. L'existence réelle d'une personne sur Fesse-Bouc ne prouve en aucun cas qu'elle ne possède pas non plus de multiples avatars. Cela fonctionnait de la même manière dans les forums de journaux en ligne ou de sites participatifs trop ouverts qui permettait à un individu de faire à la fois les questions et les réponses, ou de grossir son fil d'une foule de votes. L'extrême droite a abusé et continue à abuser de ce système qui ne leurre que les plus naïfs. Imaginer des manifestations virtuelles à partir de personnes qui auront dix, vingt, trente identités est tout simplement crétin. Il n'y a justement aucune transparence dans ce type de manipulations puisque rien n'assure de l'existence des membres de Fesse-Bouc ou de Copains d'avant, sauf les liens, les interventions multiples et l'ancienneté (mais rien n'empêche non plus quelqu'un d'avoir deux ou trois identités cohérentes et séparées sur le même support pendant une longue période s'il fait preuve de prudence dans ses sphères d'intervention). On repassera pour la transparence ! C'est du même niveau que le traçage de l'IP par la loi Hadopi, du très bas de gamme.

jeudi, 07 mai 2009

Les petits soldats de la Sarkozie

Les militants UMP montrent qu'ils ne savent pas s'exprimer et qu'ils ignorent les règlements administratifs.

Plus loin, Philippe L***, 42 ans, de C***, retraité de l'Armée intervient en homme libre qu'il est maintenant.
« On le descend ! »
« En raison de mon droit de réserve et de mon statut, je ne pouvais adhérer auparavant. Mais sachez que tout chef qui bosse bien ou mal est critiqué quoi qu'il en soit ».

Rompez !

Le devoir de réserve n'existe pas réellement, même si on l'invoque tout le temps. Il y a des obligations diverses liées à la nature des différentes fonctions ou des différents grades : pour un militaire, l'appartenance à un parti ou à un syndicat est tout simplement interdite et il convient de ne pas nuire par ses propos ou son attitude à son administration, mais un autre fonctionnaire ou contractuel de l'Etat peut ne pas être soumis à une obligation de discrétion aussi forte que celle qui affectera son supérieur hiérarchique. Il n'empêche que certaines prises de parti fort à droite sont fort bien acceptées dans l'armée, voire encouragées, et que je n'ai pas vu souvent ce fameux devoir de réserve au cours de mon séjour en Allemagne... 

Enfin... confondre droits et devoirs, voilà une attitude fort soldatesque et fort umpesque... Tellement, cela ressemble à un régime caporaliste. 

mardi, 21 avril 2009

La minute de l'agression

Notre admirable, splendide et incommensurable président l'a décidé :

"Je veux qu'on travaille pour voir dans quelles conditions la victime pourrait être traitée aussi bien que le délinquant et dans quelles conditions on pourrait voir que la victime elle aussi ait le droit à la minute de l'agression qu'elle subit", a déclaré le chef de l'Etat


Diable ! cela voudrait-il donc dire que les avocats soient prévenus avant les agressions ds leurs futurs clients afin qu'ils soient sur les lieux avant même les policiers, les gendarmes, le SAMU ou les pompiers ?

dimanche, 22 mars 2009

Le français décomplexé

Pour clore la semaine de la langue française, le Parisien fait l'éloge du splendide orateur qu'est notre président de droit divin. Florilège de ses hautes paroles fort bien mesurées dans une prose scandée que n'auraient pas reniée Bossuet ou Chateaubriand :

« Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts… »

« On se demande c’est à quoi ça leur a servi ? »…

« On commence par les infirmières parce qu’ils sont les plus nombreux. »


cleves.jpg

Reproduction d'un objet dangereux, archaïque et inutile qui ne vaudra jamais une Rolex.

Signalez gratuitement et anonymement à vos amis policiers les possesseurs d'une de ces armes.