lundi, 25 août 2008
Semelles de vent et semelles à clous
Au sujet de la maison des Ailleurs :
Mme Rimbaud y a habité six années avec ses quatre enfants, jusqu'en 1875. C'est l'époque où Arthur Rimbaud fréquente le collège voisin. Il a entre 15 et 21 ans. Le poète étant particulièrement précoce, c'est exactement la période de sa création poétique. Pénétrer dans cette maison aujourd'hui, c'est donc l'occasion de palper toute cette émanation intellectuelle.
Heureusement que l'on mentionne que la sinistre mère Cuif y a séjourné six ans, parce que pour l'un de ses enfants cela a été nettement plus bref et moins régulier.
19 août 1870, première fugue à Paris, puis séjour de quinze jours à Douai durant le mois de septembre.
7 octobre 1870, deuxième fugue vers la Belgique. Le voyageur aux semelles de vent est ramené au début du mois suivant par la police. Il ne fréquente plus le collège qui est de toute manière fermé à cause de la guerre. Il n'y remettra plus les pieds, tout en conservant des liens avec son maître Izambard.
21 février 1871 au 10 mars 1871, troisième fugue à Paris ! (La plus mystérieuse de toutes et la plus suspecte d'interprétations bizarroïdes.)
Septembre 1871, établissement à Paris d'abord chez les Verlaine.
Décembre 1873 : séjour de trois semaines à Charleville avant un retour à Londres.
Janvier 1875 : séjour à Charleville, puis départ pour l'Allemagne.
Octobre-décembre 1875 : dernier séjour à Charleville.
(Je passe sur les séjours à Roche ou Bouillon entretemps.)
Si l'on compte large, Rimbaud a vécu moins de trois ans dans cette maison et il en est surtout parti très souvent.
Et est-ce que l'on ne pourrait pas aussi savoir où Rimbaud s'est inspiré en Belgique ou en Angleterre ou horreur ! à Paris ?
17:41 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, poème, rimbaud
samedi, 17 novembre 2007
Pauvre Rimbaud !
Grand moment de délire de Jean-Louis Murat* dans le Monde (je donne juste un extrait choisi parce que tout le reste vaut son pesant de champignons hallucinogènes) :
En trois ans, Rimbaud a écrit l'équivalent de quinze disques ! Le mot qui revient le plus souvent dans sa correspondance avec sa mère et sa soeur, c'est "paysan". Il voulait l'être, il avait tous les catalogues de Manufrance, et mettait de l'argent à gauche pour cela.
Pour rappel : la Manufacture des armes et cycles de Saint-Etienne est devenue Manufrance en 1947 seulement. Ensuite, elle n'a commencé à éditer ses catalogues qu'à partir de 1892. Soit un an après la mort du Rocheux à Marseille ! Et il avait fini son oeuvre poétique vers 1876 (les avis divergent sur la date exacte de l'arrêt poétique, à un ou deux ans près). Mais le Rimb' était sans doute un plagiaire par anticipation. Il n'empêche que si Rimbaud demandait en effet des ouvrages techniques ou des catalogues d'outils et d'instruments, c'était après avoir accompli son oeuvre poétique et seulement dans un but très pratique et commercial en Afrique : il n'a jamais rêvé dessus, alors que le petit Murat a pu être fasciné par les catalogues de Manufrance dans son enfance à lui.
* Lequel s'indigne aussi de la pratique des pseudonymes sur la Toile alors que l'article mentionne son nom d'artiste ! Il veut ressembler au maréchal d'Empire auquel il a emprunté son nom...
21:38 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, poésies, poèmes, poème, rimbaud, murat
vendredi, 29 juin 2007
Faire chougnette
Une fois n'est pas coutume : je ne dirai pas de mal de l'Oignon. Je me contente de renvoyer à ce court billet de Yanny Hureaux, écrivain et journaliste de l'Oignon (si, si, c'est possible de cumuler les qualités), au sujet de la semaine du patois, en l'occurrence ardennais. Ah ! j'ai découvert aussi qu'un morceau d'une couverture ayant appartenu à Rimbaud était parti à 20 000 euros chez Sotheby's. Cela fait cher le mouchoir de laine mitée.
12:03 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, dialecte, patois, rimbaud


