mercredi, 03 décembre 2008
De l'innovation
Voici ce que dit la prétendue ministre de la Justice :
"Ce serait une innovation importante dans notre droit, elle mérite d'être examinée avec beaucoup d'attention".
Une innovation que de revenir au droit tel qu'il existait avant le XIXe s. et de généraliser l'incarcération d'enfants de bas-âge alors que ce n'était permis qu'à titre exceptionnel pour les mineurs de treize ans ? En quoi le fait de poser la barre à douze ans plutôt qu'à treize ans pour un emprisonnement (et non pas une mesure éducative comme un placement en foyer) modifierait-il le sens de la responsabilité pénale des mineurs qui existe déjà, malgré ce que dit la fausse ministre ? Parce qu'il est déjà possible pour un juge d'emprisonner un mineur. La loi le permet. Mais il faut bien forcer tous les juges rouges à prendre des décisions obligatoires et automatiques.
La gardesse des Sceaux, des montres Cartier et des robes Dior n'a pas tout à fait la même conception de l'histoire que les juristes. Comment peut-on présenter comme une innovation ce qui est un retour en arrière et un détricotage des multiples révisions des lois sur les mineurs ? L'ensemble des mesures pénales ou éducatives existe déjà, mais ce que l'on veut installer dans l'opinion et dans les textes, c'est qu'il serait normal d'emprisonner un mineur et anormal de le faire à titre exceptionnel.
17:36 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, rachida dati, justice, droit


