dimanche, 16 novembre 2008

Verrine

Dans l'émission (très intéressante même pour les grands enfants) Maman, les petits bateaux, Noëlle Bréham évoque le mot verrine en parlant de son contenu, par lequel elle est fascinée. Or il y a vingt ans Henriette Walter dans le Français dans tous les sens déplorait que ce beau mot lorrain de verrine ne soit pas plus repris tellement il est utile et simple, c'est vrai qu'il était encore régional :

2. Région. (Franche-Comté, Lorraine). Pot à confiture en verre (d'apr. Tuaillon Région. 1978).

Du contenant au contenu, pourquoi pas ? La synecdoque est amusante. Mais il faut dire surtout que le nom de la verrine a été popularisé par les prétendus beaux livres destinés à des cadeaux de fêtes de fin d'année. Et je ne retrouve plus du tout les verrines de ma mère. De simples bocaux, de pots de verres fort humbles. Quoique contenant des confitures de mirabelle ou de rhubarbe ou de brimbelles bien plus suberbes, des fastes d'or et de rubis. Mais la verrine donnée à tout le monde dans le grand tourbillon commercial de Noël, c'est un trésor de mon enfance qui se trouve soudain jeté sur la voie publique ! Et j'aimerais maintenant que ce très joli et précieux mot lorrain redevienne seulement propre aux Lorrains. Je n'aime pas l'éblouissement factice de ces livres pour Noël, je préfère ceux que j'ai lu autrefois. Dire que c'était un terme de patois auparavant...

mercredi, 11 juillet 2007

Galéjades

Je lis la suite d'Adèle Blanc-Sec dans Télérama et je suis plutôt content de voir que Tardi a retrouvé enfin son coup de pinceau alors que les derniers épisodes étaient passablement ratés du point de vue graphique (mais il avait fait pire la fin d'Ici Même ou de Griffu étaient aussi infectes). 

Cependant, je m'interroge. Il nous donne des dialogues en pseudo-argot de la Belle Epoque et vachtement parisien à la Audiard-Céline-Prévert, sauf que ça coince par moments.

On est en 1925, quartier Saint-Lazare. La vioque (c'est son nom) passe sa vie à trimballer sa charrette de marchande des quatre saisons et dit : "Arrêtez les bévues ! Si Blaise y galèje pas, faut toucher à rien et aller voir les cognes dare-dare, fissa et rapido, sans hésiter, voilà c'que j'en dis !" (page 5). 

Moi, je veux bien, mais enfin... galéjer était employé chez Daudet en 1888 certes, mais est-ce que cela faisait déjà partie du parler populaire parisien en 1925 ? Je ne crois pas, il faudra attendre au moins Pagnol pour que ce terme marseillais soit répandu partout. 

(Au passage je signale que toutes nos références antérieures au TLFi sont devenues fausses du fait de son changement d'adresse.) 

jeudi, 21 septembre 2006

Un peu de midi et quart

Tournure étrange dans l'Oignon. Je me demande si le journaliste ignore la syntaxe ou bien utilise un régionalisme que je ne connaissais pas : Il doit être un peu de midi et quart.

dimanche, 13 août 2006

Dessous de plat

Alors là je me demande s'il y a vraiment un particularisme régional québécois ou belge pour le dessous-de-plat :

Grâce aux recherches étymologiques et ethnographiques, Le Nouveau Petit Robert va plus loin encore. On apprend ainsi qu'égratigner s'emploie tout autant en Haïti, tout comme dessous-de-plat est aussi usité en Belgique.

C'est un terme qui est couramment employé en français hexagonal même s'il est en rivalité avec sous-plat. C'est le mot qu'on utilise dans ma famille, je me demande si je ne suis pas belge ou québécois d'une certaine manière.

samedi, 01 juillet 2006

Silence à Raon

On prononce Raon-l'Étape,

Mais avant dix-neuf cent quatorze on disait Ran.

Le nom est tombé dans la trappe

Quand la guerre était le seul nom de tous les champs.

vendredi, 30 juin 2006

Rouge-Gazon

Les marcaires retrouvent à Rouge-Gazon

Des pâtures fort vertes,

Et sans aucune alerte

Ils ne demandent de ce nom la raison.

 

Il fallait que je continue un peu mes quatrains lorrains puisque je suis lassé pour un temps des limericks et du Nouveau Fontanier. Une autre raison, c'est que la catégorie est vide. Le nom “gazon” est traditionnel dans les Hautes-Vosges pour désigner des herbages d'estive. Le marcaire est un gardien de vaches qui est aussi fromager sur les chaumes ou sommets sans arbres. La place de l'adjectif “rouge” est typique du lorrain et elle montre une transposition de l'allemand. Il faut noter encore que les Alsaciens disent le Rouge-Gazon car ils pensent au sommet, les Lorrains disent Rouge-Gazon car ils pensent au lieu-dit là où se trouvaient les maisons de marcaires.      

jeudi, 22 juin 2006

Fau et usage de fau

Ce fau est un faux orthographique :

Le faux de Verzy, planté à Champignac en 1861, a rendu l'âme. Un symbole du parc du petit Jard que la municipalité compte bien remplacer par un autre faux.

Et cela continue tout au long de l'article, le faux, le faux, alors que le singulier est bien un fau, mais des faux au pluriel, du latin fagus, « hêtre ». Il en reste encore deux dans la même rue, mais dans des jardins privés, derrière des murets. Signalons aussi que jard et parc sont synonymes, un jard est un jardin en Champignacie.