mardi, 11 août 2009
Montréal-sur-Langue
Oh ! enfin un blogue québécois sur la langue, universitaire, mal-pensant et médisant (merci à François Bon). Enfin ! de l'air frais...
C'est de toute manière d'un autre niveau que la future émission sur la langue française de Julien Courbet (rien que le castigne et les premières questions promettent pour le niveau des échanges culturels).
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dimanche, 22 février 2009
Des universités publiques du Québec
Comment peut-on écrire dans un journal parisien de référence ceci ?
Les dix-huit universités que compte le Québec, toutes publiques, "chassent" donc dans les pays francophones (France, Maroc, Tunisie, et bientôt Belgique et Suisse) mais aussi au-delà, notamment au Brésil.
La moitié des universités québécoises sont privées, issues de l'enseignement confessionnel, à commencer par la première d'entre toutes, celle de Laval. Qu'elles répondent aux programmes publics et délivrent des diplômes reconnus nationalement ou qu'elles vivent en grande partie sur des fonds publics, c'est un fait, mais les quelques universités privées de France (Angers, Lille ou les facultés de Paris) le font aussi et ne sont pas devenues d'un coup publiques ! Je veux bien qu'elles mènent exactement les mêmes missions que les universités publiques et à peu près dans les mêmes conditions, mais elles ne sont pas devenues publiques parce qu'elles ne seraient plus confessionnelles. Encore une fois, la méconnaissance du Québec par la presse parisienne de référence me stupéfie. Et plus encore cette façon de ne jamais retraduire les mots ou de ne pas chercher les références des mots dans le pays dont on parle.
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samedi, 14 février 2009
Jeune con !
Que devient l'affaire de l'insulte présidentielle (adjectif à double sens, volontairement choisi) au Québec ? Ceci ;
Il lui reste à corriger son erreur, sinon le Québec lui dira, à sa prochaine visite, ce qu'il disait lui-même d'un jeune marginal de son pays, dans une rue de Paris: «Casse-toi jeune con!».
Le monsieur de la vidéo en question lors du salon de l'agriculture et non une rue de Paris ne me paraissait ni jeune, ni marginal, mais au contraire bien représentatif d'une frange moyenne de la population française: Ce n'est pas ainsi que le fossé d'incompréhension entre le Québec et la France se résorbera. Mais trois erreurs factuelles dans une même phrase, il faut le faire... Normal quand on sait que le patron est Desmarais.
16:38 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française, sarkozy, ump
jeudi, 05 février 2009
Encore un grand malentendu avec le Québec
Quand un député français (et UMP bien entendu) commet un autre impair que celui du mirifique président auprès des Québécois :
S'inquiétant du niveau d'épuisement du premier ministre québécois lors de son passage à Paris, mardi, le député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France / Québec, a lancé tout de go : «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre», provoquant un léger malaise parmi les invités québécois.
M. Lasbrodes s'est expliqué en disant qu'un «ami québécois» lui avait appris cette expression «rimouskoise» et qu'il n'aurait jamais cru que c'était vulgaire ou que cela provoquerait autant de réactions.
Selon Mario Bélanger, lui-même Rimouskois et auteur du Petit Guide du parler québécois, publié chez Stanké, il est fort probable que le député ait été victime d'une blague.
On trouvera chez Laurent d'autres liens sur les réactions québécoises au sujet de cette expression et une explication de son sens.
J'y vois surtout un fait plus sociologique : ce député qui se veut le chantre de l'amitié franco-québécoise estime que le Québec est forcément exotique (peuplé de rudes bûcherons et trappeurs à chemises à carreaux qui sacrent tout le temps), que les expressions québécoises sont forcément toutes savoureuses et anciennes, que pour s'adresser à des Québécois il faut établir la complicité par l'emploi des savoureuses et anciennes expressions québécoises, comme lorsque les colons s'efforçaient de parler petit-nègre face aux Africains, car c'était se mettre à la portée de compréhension de ces grands enfants, ou comme certains hommes politiques français emploient un faux verlan pour s'adresser aux populations de banlieue. Peu importe qu'on lui ait joué un mauvais tour ou qu'il révèle son ignorance du parler québécois : ce qui est plus important, ce sont les présupposés à la base de ce genre de discours. Vouloir faire couleur locale à tout prix par le discours quand on est face à quelqu'un d'ailleurs, c'est le renvoyer à son étrangeté, nier qu'il ait lui aussi des codes sociaux aussi hiérarchisés que les siens, s'imaginer que l'autre s'exprime en toutes circonstances dans une langue familière unique, qu'il comprend alors bien mieux que si on lui parle en français standard et qu'il attend une certaine dignité ou une forme de respect par le niveau de langue utilisé. Réduire l'autre à ce qu'il a de pittoresque et de prétendument charmant dans son parler est une manière de le méconnaître.
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mardi, 03 février 2009
Franc succès du divin président au Québec
Notre splendide président parvient à susciter la gêne, voire l'hostilité à ses propos jusqu'au Québec, et ce même chez les libéraux !
La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec.
En cause, ce passage :
« Pour vous aimer [les Québécois], je n'ai pas besoin de détester les voisins [le reste du Canada], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».
Or, cette déclaration ressemble à un total désaveu de sa propre politique d'immigration et d'identité nationale, fondée sur la chasse au faciès, à l'arrestation des enfants dans les écoles, à la traque de clandestins fabriqués par l'administration, au refus du statut de réfugiés politiques pour des personnes venues de pays dictatoriaux, en instrumentalisant les pires organisations confessionnelles musulmanes, en traquant le prétendu terroriste en Afghanistan hors du mandat confié par l'ONU, à la stigmatisation des origines différentes, à la diffamation de victimes de bavures policières un peu trop basanées, aux camps de rétention, aux menottages musclés dans les avions, à la gabegie financière de retours dans le pays d'origine, en imposant une connaissance préalable de la langue française seulement aux personnes qui ne sont pas venues du monde occidental, à la dénonciation du mouton dans la baignoire ! Si cela ne ressemble pas à une opposition féroce à l'autre...
Aller donner des leçons en matière d'immigration ou d'identité nationale aux Québécois est plus que malvenu : c'est une faute politique, une hénaurme sottise puisque ledit ministère français de l'indignité nationale avait prétendu s'inspirer explicitement de l'exemple québécois (sans les moyens pour des cours de français, mais avec la matraque et les menottes en plus), un tête-à-queue invraisemblable où la politiqué d'affirmation du fait français en Amérique du Nord se voit stigmatisée après avoir été érigée en exemple lors de la campagne présidentielle. Mais nous n'en sommes plus à une contradiction près de la part de quelqu'un qui entend s'ériger en éternel donneur de leçons, même si pour cela il doit fabriquer à présent une sorte de Québécois afin de rendre encore plus illisible l'intolérance et la détestation véhiculées par son propre régime.
17:23 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec, canada, politique, ump, sarkozy
vendredi, 23 janvier 2009
Le taureau rouge fait voir rouge et de travers
Au Québec, on n'aime pas le Red Bull et le nom des événements qu'il parraine :
Le MMF, comme la Société Saint-Jean-Baptiste, en a contre le nom de l’événement, et réclame sa francisation. L’Office québécois de la langue française a déjà réagi en ce sens également. «Red Bull crache sur le français», soutient la présidente du MMF, Sophie Beaupré, ne se privant pas d’un jeu de mot au passage. Elle fait également valoir qu’en Italie, la compagnie a traduit le nom de son écurie de F1. Red Bull devient ainsi Toro Rosso.
En Europe, c'est plutôt la composition du Red Bull ou de ses imitations qui soulève l'indignation. Que je sache, le scandale est plutôt là et réclamer une francisation, c'est accepter que son existence va de soi. Fallait pas l'inviter ! comme on dit...
19:51 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française
jeudi, 20 novembre 2008
Coloc en stock
«Jusqu'à maintenant, les traductions de Tintin ont été faites dans des langues étrangères ou des dialectes, ajoute le spécialiste des langues. Or un Tintin en québécois va donner l'impression que la langue qui se parle ici est un dialecte ou une langue étrangère au français. Ce qui n'est pas le cas. Le québécois, ce n'est pas une langue régionale, c'est une variété nationale du français [au même titre que le français de Suisse, de Belgique ou du Sénégal] et cet exercice d'adaptation va encore répandre des préjugés épouvantables.»
Ben... On trouve quand même quelques belgicismes discrets - parfois corrigés - dans le français dit international de Tintin et certaines des insultes de Haddock sont du pur marollien...
21:16 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, québécois, bande dessinée, bd
samedi, 08 novembre 2008
Idiome, idiotie et idiotisme
De la part d'un correcteur journalistique :
Ceux qui nous disent que l’anglais est facile oublient également les verbes irréguliers, fort nombreux. Et les nombreux idiomes dont le sens est si opaque pour les non-anglophones.
D'habitude, Paul Roux écrit simplement, clairement et nettement. On ne distinguerait guère ses textes de ceux d'un honnête journaliste français. Mais ici, il commet un anglicisme lexical. En effet, un idiome est en français un parler ou la forme régionale, sociale d'une langue, mais non une expression particulière. Le terme exact est idiotisme :
Forme ou locution propre à une langue, impossible à traduire littéralement dans une autre langue. Ex: « Ne pas avoir sa langue dans sa poche » est un idiotisme.Traduite mot à mot en anglais, cette expression ne voudrait rien dire.
On peut d'ailleurs remarquer aussi qu'un idiotisme est une forme figée qu'on ne peut modifier.
« Ne pas avoir sa grande langue dans sa poche » ne veut plus dire grand chose.
Autrefois synonyme de idiotie, arriération mentale.
On comprend que le rapprochement avec l'idiotie puisse rebuter certains, alors que le terme est bien apparenté à idiome. Mais surtout, en anglais, on dit idiom pour idiotisme :
an expression in the usage of a language that is peculiar to itself either grammatically (as no, it wasn't me) or in having a meaning that cannot be derived from the conjoined meanings of its elements (as Monday week for “the Monday a week after next Monday”)
Or, comme Paul Roux est Québécois et en contact avec l'anglais, il a pris le terme anglais plus fréquent et moins connoté que le mot français. C'est typiquement le genre d'anglicisme qui passe presque inaperçu.
20:59 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, québec, journalisme
samedi, 25 octobre 2008
Le québécois dans le dico
Le bleuet, par exemple, est une « plante à fleurs bleues » pour le Larousse, puisqu'il s'agit en France d'une plante bien différente de nos petits fruits, célèbres au Lac-Saint-Jean. Dans le nouveau dico québécois, le bleuet sera décrit comme « une baie comestible, produite par des espèces indigènes de l'est de l'Amérique du Nord ».
Et, dans ce dictionnaire, pour les synonymes donnera-t-on en plus de myrtille les beaux noms de brimbelle ou de blue comme dans les Hautes-Vosges où cette baie est fort appréciée et fait partie de la culture locale ? Bon... la brimbelle québécoise est un peu plus grosse que la lorraine, mais elle est de la même espèce.
J'aime bien cette mention :
Les anglicismes, comme les peanuts ou le bowling, sont précédés d'une croix et leur usage est déconseillé.
Vaste problème, comme dirait l'autre, vu l'état du québécois...
21:58 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, francophonie, éducation, enseignement
vendredi, 24 octobre 2008
De l'accord du participe passé
Voici une gigantesque bourde due à Marie-Éva de Villers - l'une des plus importantes lexicographes et grammairiennes québécoises - reprise sans aucun rectificatif par Paul Roux, correcteur pour le groupe La Presse, fort populaire au Québec :
Dans un texte paru en 2004, Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire, a écrit : «Avant l’orthographe d’usage, il nous semble que c’est davantage l’orthographe grammaticale du français qu’il faudrait simplifier. En 1679, l’Académie française décrétait que les participes présents seraient désormais invariables. Pourquoi les académiciens de l’époque n’ont-ils pas jugé utile de faire subir le même sort aux participes passés? Accord du participe employé avec l’auxiliaire être, avec l’auxiliaire avoir, accord du participe passé des verbes pronominaux, accord du participe passé suivi d’un infinitif : que d’heures d’enseignement et de mémorisation nous économiserions si ces accords étaient supprimés! L’invariabilité du participe passé constituerait une nouvelle règle beaucoup plus efficace et facile à retenir que des Rectifications mineures touchant un peu plus de 2000 mots et créant de nouvelles exceptions. Un arrêté ministériel de 1900 en France préconisait l’absence d’accord du participe passé, mais il est malheureusement resté lettre morte.»
L'histoire d'une absence d'accord du participe passé demandée par l'arrêté ministériel Leygues du 26 février 1901 (et non de 1900) n'existe tout simplement pas. Il ne s'agissait que des accords suivant les verbes laisser et faire, les verbes pronominaux, ou de cas comme vu antéposé. Cet arrêté n'a jamais été appliqué dans les faits pendant trois quarts de siècle. En outre, cela n'était valable que pour les examens et les concours de la fonction publique. Cependant, il existe un autre arrêté antérieur, du même ministre, daté du 31 juillet 1900, qui préconisait l'absence d'accord du participe passé dans tous les cas après le verbe avoir (Marc Wilmet, le Participe passé autrement, Duculot, p. 18). Il a été annulé par le décret postérieur de huit mois. Jamais il n'a été question d'absence d'accord en présence de l'auxiliaire être seul ou en position adjectivale ou comme noyau d'une proposition. Et c'est l'arrêté de 1901 qui aurait dû être appliqué puisqu'il remplaçait l'arrêté de 1900 jugé comme trop permissif, laxiste, révolutionnaire. On a une confusion entre deux textes distincts et puis entre ce que disent ces textes et le propos qu'on leur prête. Ce n'est pas faire avancer la cause d'une simplification de l'orthographe et de la grammaire que de se livrer à des amalgames dignes des adversaires de toute réforme.Vu du Québec, ce genre de chicaneries administratives peut sembler sans grand intérêt et assez niaiseux, pourtant il convient d'expliquer un peu le sens et l'origine de ce que l'on veut transmettre, si on tient à faire aboutir vraiment une cause. C'est au prix de la rigueur historique qu'une réforme sera possible, car les adversaires de ces réformes sont prêts à toutes les exagérations et tous les mensonges afin de dévaloriser le progrès.
14:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, orthographe, québec, enseignement, éducation, journalisme
samedi, 16 août 2008
Colonies antillaises
Je ne vois pas très bien pourquoi il y aurait une bévue factuelle dans ce manuel canadien :
LES PIRES BÉVUES
«D'autres peuples vivent encore aujourd'hui sous la domination d'un pays étranger. La France, le Royaume-Uni et les États-Unis, entre autres, possèdent encore quelques colonies. Les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), par exemple, appartiennent encore à la France.»
Jusqu'en 1946, les département antillais faisaient bien partie des colonies françaises, il n'y a aucun peuple autochtone sur place, et ils ont changé de statut ensuite pour devenir DOM-TOM avec la création de l'Union française. Mais il existe des partis indépendantistes et autonomistes dans ces îles ou dans les autres DOM-TOM-POM et ils dirigent la plupart des collectivités locales. Ils parlent bien explicitement de colonie et de situation de colonisation afin de dénoncer la situation misérable d'un point de vue économique et social dans laquelle se trouvent ces anciennes dépendances. Bien sûr, du point de vue de la République française et surtout de la métropole, il n'y a plus de colonies et nous serions tous égaux. Seulement, pour les habitants de ces régions, la colonie est une réalité encore présente par des réglements spéciaux : s'il y a une bévue, elle est d'ordre politique, car il ne faut plus parler de colonies pour les autorités françaises. Le sujet est fort piégé, les indépendantistes corses estiment par exemple être dans une situation coloniale même si leur île a toujours appartenu au territoire national sans que l'on fasse une distinction entre les individus comme pour les colonies du type des Antilles. Selon la perception des différents partis, on peut dire qu'il y a colonie ou non. Cela peut froisser les autorités françaises et donc constituer une bévue politique et diplomatique, mais cela ne serait pas si mal accueilli dans les îles où on verrait une reconnaissance d'un combat légitime.
18:21 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : guadeloupe, martinique, antilles, québec, canada
dimanche, 27 juillet 2008
Quand les pourrielleurs s'excusent pour leur qualité de langue
Comment reconnaître un pourriel canadien d'un autre rédigé aussi en français ? Le pourriel canadien contiendra ça en fin de message :
Le comité pour y avoir plus d'information sur ce festival qui vous sera trop proffitable
16:02 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, spam, pourriel, publicité, québec, festival mondial de la jeunesse
jeudi, 10 juillet 2008
De la pratique du golf en français
Selon Gérald Pelletier, le Québec souffre toutefois moins de ce problème [les anglicismes] que la France.
«Le golf reste un sport plutôt élitiste en France. Et chez ces élites, maîtriser l'anglais est valorisé.»
Je connais une excellente manière de pratiquer le golf sans anglicisme et sans risque de perdre : jeter le manuel à la poubelle et jouer comme on le souhaite, avec ses règles et ses mots que l'on invente au fur et à mesure. Bien sûr, on n'est plus très bien considéré socialement, mais cela permet d'éliminer une foule d'ennuyeux ou de prétentieux de son carnet d'adresse en très peu de temps. D'ailleurs, s'ils se déclarent choqués, c'est qu'ils ne vous méritaient pas et non l'inverse.
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mercredi, 02 juillet 2008
A corps et à cri
Dans un journal de référence du soir :
Une vingtaine de villages à majorité cris (Amérindiens) ou inuits ont connu leur heure de gloire au temps de la traite des fourrures et des baleiniers.
Je dois supposer que les Inuits ne sont pas Amérindiens puisque leur adjectif n'est pas suivi de la parenthèse nécessaire. Qu'est-ce qui pouvait déranger la lecture dans cet article ? Le fait que l'orthographe française Cri est similaire à celle d'un nom commun ? Alors que la graphie anglaise Cree* ne comporte pas d'équivoque. On pense donc que le lecteur de l'Hexagone ne peut reconnaître les Crees qu'il avait rencontrés pourtant dans quelques romans farvestiens. En revanche, il ne peut avoir de doute sur la nature des Inuits depuis qu'on lui a dit qu'il ne fallait surtout pas les appeler Esquimaux, même si les arguments tiennent plus de la légende. Vu le contexte, on se doutait quand même un peu que les Cris étaient des personnes, accessoirement amérindiennes.
* On peut noter que Wikipedia en français titre sa page avec Cris et offre une adresse avec Cree.
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lundi, 30 juin 2008
Eucharistie
La semaine dernière, la médiatrice du Monde inventait un mot québécois : clabaudage au lieu de clavardage. Elle n'a pas corrigé ses propos malgré les commentaires publiés à la suite de sa chronique. Puis ce fut le rédacteur en chef de Paris-Match qui célébra les 400 ans du Québec au lieu de Québec, mais qui fit preuve aussi de créativité en matière de lexicologie québécoise :
La journaliste [de la Presse] s'amuse toutefois que Gilles Martin-Chauffier ait inventé un juron québécois en citant dans une chronique "Eucharistie" parmi les blasphèmes favoris des Québécois comme "tabernacle", alors que personne "même pas un ouvrier qui vient de s'aplatir le doigt avec un marteau ne profère un tel juron".
On ne retombe pas seulement dans l'ignorance, mais aussi dans le cliché comme la fois précédente. Un mot sonne québécois, semble typique et pittoresque même si on ne le vérifie pas (les dictionnaires de français québécois existent, sont disponibles en poche et en France ! voire sont en ligne). Ici, le cliché, c'est tous les Québécois profèrent des jurons liés aux sacrements et aux objets du culte comme hostie ou ciboire, ils ne peuvent donc sacrer que par l'eucharistie. C'est ainsi que l'on fabrique une sorte de québécois un peu imaginaire à l'usage des francophones d'Europe (l'inverse n'est pas moins vrai d'ailleurs). Mais cela paraîtra vraisemblable dans l'Hexagone puisque cela correspond à une certaine image du québécois (cette langue si savoureuse qui n'a pas changé depuis Clovis, Dagobert et Charlemagne).
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dimanche, 22 juin 2008
Clabaudage
La médiatrice du Monde écrit dans sa chronique :
A leur décharge, les journalistes ne sont pas linguistes, et le recours aux dictionnaires a des limites : on peut, éventuellement , traduire "chat" par "causette", comme le recommande le Larousse, mais "clabaudage", suggéré par le Grand dictionnaire québécois (à la pointe de ce combat), paraîtrait encore plus étrange.
Er se fait reprendre dans les réactions des abonnés du journal vespéral :
Le grand dictionnaire Québécois traduit "chat" par "clavardage". Et comme il peut être consulté en ligne gratuitement, tout Le Monde peut vérifier.... http://www.granddictionnaire.com/btml/fra/r_motclef/index800_1.asp
Résidant au Québec je n'ai jamais entendu le mot clabaudage, il n'est pas en usage. Par contre le mot clavardage pour traduire {chat} est couramment utilisé. Il signifie discuter à partir d'un clavier et le verbe est bien sûr clavarder. Ce sont des mots qui expriment exactement ce qu'ils veulent dire puisque dérivés du mot clavier.
Mais certains auparavant pensaient que le mot était bien employé au Québec :
J'aime bien clabaudage...
Chat est plus photogénique que causette et clabaudage,comme le lob naturalisé français à côté de la chandelle québécoise.
Quant à la traduction de "chat" par "clabaudage", je l'adopte absolument comme parfaitement savoureuse et appropriée !
On se demande où Véronique Maurus a été chercher son clabaudage informatique qui n'est pas du meilleur goût pour désigner une conversation, vu ses connotations péjoratives. Je n'ai pour ma part, en dix ans d'exploration de la Toile québécoise, jamais vu le moindre clabaudage pour désigner une discussion électronique en direct*. Une recherche gouglesque me montre que cela n'a jamais été le cas. Alors pourquoi assure-t-elle que c'est un terme québécois ? Parce qu'elle cite de mémoire un mot (clavardage) qu'elle a entendu ou qui lui a été rapporté mais qu'elle a mal enregistré, ou un mot qu'elle a lu mais sans retenir sa forme (la variante claviardage, par exemple, est fréquente, par association avec le caviardage qui est une censure). Ensuite, elle a commis la faute journalistique par excellence : ne pas vérifier ses sources, d'autant plus qu'elle les indique... Venant de la part de la médiatrice, cela ne pardonne pas.
Quant aux réactions des premiers abonnés, elles illustrent bien des préjugés et des ignorances : 1) je fais confiance à mon journal de référence et je me contente de donner mon opinion pour ou contre sans réfléchir, ni chercher 2) le mot a des sonorités un peu savoureuses (ou un aspect peu "photogénique"), donc c'est du québécois, parce que seuls les Québécois ont ces mots si typiquement français... On pourrait monter un canular avec de prétendus néologismes québécois, la majorité des lecteurs français marcheraient, parce qu'ils ont une représentation de la langue québécoise (officielle ou populaire) très éloignée de la réalité : ils ne lisent pas les forums québécois, les journaux québécois et sont pour la plupart incapables de citer un romancier (je ne parle même pas d'un poète) québécois. Pour eux, le Québec est un monde étrange avec des inventions forcément savoureuses ou inesthétiques (au choix) et puis l'état de la langue française du Moyen Âge conservé tel quel dans la glace de ce pays froid (mais à la population chaleureuse). Juste un Etat où l'on projette ses fantasmes identitaires, comme dans un miroir déformé. Le Québec doit être bizarre ou ne pas être.
* La notion de discussion en direct est plus que discutable pour les journaux en ligne : j'ai ainsi découvert récemment ce que je soupçonnais depuis longtemps. Les "chats" de Libé, par exemple, sont non seulement filtrés par des journalistes-retranscripteurs qui écrivent à la place de l'invité (je connaissais la pratique), mais en outre l'invité peut répondre par téléphone à des questions qui ont été sélectionnées et il ne voit pas l'ensemble des questions qui sont arrivées, ne fait pas le tri, ajoute sa réponse une demi-heure après. Daniel Schneidermann l'a avoué dans un des derniers "chats" de Libé. On pourrait parler plutôt de discussion à partir de questions pré-enregistrées.
12:04 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, internet, web, presse, journalisme
vendredi, 30 mai 2008
Des plaques d'immatriculation
Pendant que les Français se battent de manière absurde pour conserver la mention de leur département d'origine sur la nouvelle plaque d'immatriculation permanente - alors que cette mention pourra figurer malgré tout sur la plaque -, les Canadiens se lancent aussi dans le particularisme, cette fois linguistique :
La plaque ontarienne portant le slogan "YOURS TO DISCOVER" existe maintenant avec un slogan équivalent en français, qui est "TANT A DECOUVRIR".
Le problème, c'est que le droit donné aux francophones de l'Ontario va susciter l'animosité des anglophones du Québec qui ne peuvent faire traduire "Je me souviens" (pour "Je me souviens que né sous le lys, je croîs sous la rose", la devise des armes du Québec qui ne possède qu'une langue officielle, le français, mais on oublie souvent la suite du slogan). Le latin aurait fait trop prétentieux et maudit français, n'aurait pas permis d'affronter aux têtes carrées... Ce n'est pas la seule province à offrir un slogan en deux langues, mais le Nouveau-Brunswick est lui officiellement bilingue à la différence de l'Ontario anglophone avec facilités pour la grosse communauté francophone (ledit slogan néo-brunswickois ne date que du début de cette année) :
Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore le slogan, c’est « Ici on peut… Être » et en anglais « Be… in this place ». Comme plusieurs, j’ai failli m’étouffer à la première lecture de ces dites phrases miracles. Plus on les lit, plus on en parle, mais malheureusement, moins on comprend !
Que les différents slogans soient idiots et mal conçus, cela va de soi. Mais ainsi, anglophones et francophones pourront se rencontrer entre indigènes du même lieu ou bien s'insulter, comme les Français qui ajoutent fièrement à l'arrière de leur véhicule des autocollants CH'TI, BZH, EL, EH, OC... afin de dire qu'ils ne sont pas réductibles au numéro de leur département d'occasion. Sans compter les multiples autres signes identitaires comme les taureaux basques, les têtes de Maure, les sangliers ardennais, les drapeaux Gwan ar du, les cigognes alsaciennes, plus ceux qui veulent à tout prix se faire identifier comme Européens ou anarchistes ou chrétiens ou adeptes de la feuille de cannabis, et j'en passe et des meilleurs.Mais pourquoi veulent-ils montrer qu'ils sont quelqu'un de particulier pour les autres alors qu'ils agissent comme la masse ? On daube souvent les Américains du Nord à propos de cette exhibition des signes d'appartenance à un quelconque groupe, et on fait exactement comme eux ! Y compris pour les numéros de département.
22:45 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, québec, canada, voitures, plaques d'immatriculation
samedi, 29 mars 2008
Les Québécois dictent leurs mots aux maudits Français
Les Québécois vont pouvoir proposer indirectement les québécismes d'usage courant qui entreront dans le Petit Larousse et le Petit Robert. Quand je dis Québécois, j'entends l'homme de la rue, le premier venu et non un lexicographe ou un universitaire, comme c'est déjà le cas. Ce sont donc des Québécois ordinaires qui feront remonter les mots qu'ils voudraient voir figurer dans les ouvrages de ces maudits Français. Il y aura cependant un double tri, d'une part avec un jury composé d'autorités linguistiques du Québec, d'autre part au niveau des maisons d'édition françaises qui conservent leur contrôle éditorial.
Si les équipes des dictionnaires français ont accepté aussi facilement (le Multidictionnaire est lui un produit purement québécois quoique traitant du français standard), c'est qu'il existe un enjeu financier important : il se vend 100 000 PLI par an au Canada sur environ 800 000 à 1 000 000 d'exemplaires. C'est le marché francophone le plus important après celui de la France, il représente 10 à 15 % des ventes et il assure la plus-value. Les gains seraient plus minimes en Suisse ou en Belgique, vu la taille des populations respectives. Pour d'autres dictionnaires courants comme le Flammarion ou le Hachette, voire le Nouveau Littré, la lutte n'est pas égale.
D'un côté, l'on a une promotion de la langue française et de l'usage des dictionnaires par cette sorte de concours. Mais d'un autre, l'on a aussi une valorisation de ses particularismes (qui peuvent parfois être bien particuliers). C'est donc ambigu, à la fois ouverture à l'autre pour être reconnu comme autre et puis expression populaire qui peut être prise par certains comme un exercice démagogique. Il y a aussi le risque de l'incompréhension : pourquoi tel mot que j'emploie fréquemment n'a-t-il pas été retenu ? Ce n'est donc pas du français, comme on me l'a souvent répété* ? Le mode de sélection des termes dans un dictionnaire d'usage n'est souvent pas très bien compris et il y a un risque de dispute langagière -- une de plus -- au Québec à ce sujet. La seconde ambigüité tient au fait que ces maisons d'édition sont avant tout des entreprises commerciales et que ce n'est pas simplement un intérêt pour la langue du pays de l'hiver qui dictera l'introduction de mots ou de sens québécois : il faut une petite dose de régionalismes pour contenter un peu toutes les clientèles, mais trop de chacune les mécontenterait toutes. Or, cette opération ouvre les vannes et peut faire croire qu'un dictionnaire n'est pas d'abord un choix opéré dans la réalité bien plus multiple. Si cela se déroule de manière pédagogique, les avantages seront supérieurs aux inconvénients, mais cela peut aussi se retourner.
* Je n'ai pas envie de m'étendre sur le sujet de la norme québécoise (en fait des normes québécoises) par rapport au français standard ou français européen débarrassé des particularismes régionaux, y compris ceux de l'Île-de-France.
17:18 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, dictionnaire, larousse, québec, québécois
vendredi, 14 mars 2008
Stop ou Arrêt ?
La guerre des panneaux de signalisation au Québec : les panneaux Arrêt sont devenus obligatoires et ont commencé à remplacer les panneaux Stop ou bien les deux mentions ont été indiquées à la fois (Arrêt-Stop), puis le panneau Stop a été proscrit, enfin la double mention a été interdite mais en maintenant la possibilité du Stop. Tout cela en moins de vingt ans ! Si bien que cela cafouille d'une municipalité à l'autre ou dans une même ville. Ils sont fous ces Québécois ! Ils en viennent à avoir une signalisation plus absurde que celle de la Belgique et ils se battent toujours pour un mot sans que l'on sache qui a raison, mais l'affaire est aussi politique...
15:43 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, québec
samedi, 01 mars 2008
La vie de la banquise
Sur la glace, c'est la version québécoise d'on the ice ou d'en rade ?
Le projet est présentement sur la glace en raison de la poursuite intentée par Rowling et Warner.
20:01 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, franglais, journalisme, presse
dimanche, 10 février 2008
De la dépêche d'Ems au SMS
Environ tous les cinq ans, nous assistons à une nouvelle «crise» linguistique. Surgissent alors nos angoisses identitaires et nos craintes de disparaître.
Je ne dirais pas que le Québec traverse une crise linguistique tous les cinq ans, c'est en fait tous les mois ou au mieux tous les deux mois. Que ce soit pour le ministre seulement anglophone chargé de la francophonie, la lobbyiste anglophone nommée au conseil supérieur de la langue française, l'obscur dépanneur de Montréal qui affiche en anglais seulement, le CEGEP perdu au fond des bois qui donne des sujets mal rédigés, l'annonce des rectifications orthographiques dans les écoles avec dix-sept ans de retard, l'établissement d'une norme québécoise dans les dictionnaires, les accommodements raisonnables, les insultes d'animateurs anglophones ou bien français sur TV5, le sous-titrage ou le doublage des films, et bien d'autres choses encore... Tout est crise au Québec, ce pays encore plus étrange et bizarre que la Belgique. Mais ce qui est rassurant, c'est que les crises y sont linguistiques alors qu'elles sont médiatiques en France. On s'interroge ici sur la réalité d'un SMS ! On est tombés bien bas depuis la dépêche d'Ems qui a précipité la chute du Second Empire. Les querelles linguistiques au Québec offrent plus d'air frais que cette histoire de SMS...
17:55 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, ump, sarkozy
lundi, 04 février 2008
La Gruyère est québécoise
Voiià de quoi alimenter l'indignation de Ponte Facto : le Grubec est un fromage québécois qui est qualifié de suisse au Canada !
Sans parler des constructions faites à partir de mots-valises comme Fredondaine (créé à partir des mots «fredonner» et «bedondaine»), Grubec («gruyère» et «Québec») et Buchevrette («bûche», d’après la forme cylindrique du fromage et «chevrette»).
On ne connaît pas dans la Belle Province le système français et européen des AOC, de même que dans l'ensemble des pays de culture anglo-saxonne, mais là on atteint la plus grande confusion. Notons quand même que le gruyère québécois est plutôt un gruyère (du moins avec son apparence de gruyère sans trou) et non un emmental comme cela arrive souvent en France dans le langage oral ou de la presse. Il existe des gruyères français en Alsace, Franche-Comté et Lorraine, mais ils sont de confection différente du gruyère suisse, ils ne se nomment pas simplement gruyère et ils ne se définissent pas comme fromages suisses. Il manque une culture et une histoire fromagères au Québec parce qu'il n'y a jamais eu de rivalités de recettes de terroirs ou de vallées minuscules. On y est aux débuts de l'invention des nouveaux noms qui sont en fait souvent des noms de marques et non d'appellations.
22:44 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alimentation, fromages, nourriture, langue française, suisse, québec, noms de marques
lundi, 21 janvier 2008
Pauvre Jarry !
Boufre! Comme dirait Rabelais, notre ancêtre à tous.
C'est bien beau de s'indigner de l'éviction de la littérature française au Québec, mais encore faut-il la connaître au préalable et la citer correctement.
20:52 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, journalisme, presse, média, médias, québec
lundi, 10 décembre 2007
Pour le meilleur et pour le mal
Les mauvaises traductions automatiques (je triche, cela vient de La Presse canadienne, une agence absolument catastrophique par rapport à tout ce qui se trouve au Québec) :
Durant son allocution, elle a remercié sa "belle Cydney" qui lui reste fidèle pour le bon et pour le pire.
Good and worst existe en anglais, mais ce n'est pas aussi équilibré qu'en français où l'on a deux superlatifs irréguliers de même niveau : le meilleur et le pire. On ne dira jamais assez que le français est une langue bien plus logique et plus ordonnée.
22:38 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, traduction, presse, journalisme
mercredi, 05 septembre 2007
Définitions sauvages
Cela ressemble un peu aux (fausses) perles du bac :
«homicide '.meurtre à domicile», «xénophobe : qui a peur quand il est enfermé», «autochtone : qui aime vivre la nuit. . .», «sporadique : drogué du sport».
Le titre du dossier est stupide : il ne s'agit pas d'illettrisme ici, mais d'inculture. Et parler de fautes est encore plus bête. On lira plutôt cet entretien avec le dangereux gauchiste Alain Rey pour les quarante ans du Petit Robert et son plaidoyer envers le français.
Ajout : bien entendu, dans l'édition en ligne du Nouvel Obs, le titre est fautif (je reprends le terme que ces Diafoirus emploient) : le scandale de l'illetrisme. Les donneurs de leçons feraient bien de se saisir d'un bon miroir...
19:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
samedi, 01 septembre 2007
Quatre sans coups
C'est imaginatif, mais c'est complètement idiot ;
Grâce à une guide épatante, notre visite s'assortit d'une leçon d'étymologie. On apprendra entre autres que l'expression «faire les 400 coups» a pour origine la bombarde, un petit canon du Moyen-Âge qui se disloquait après 400 coups.
L'expression est récente et ne doit rien au Moyen Âge. Quatre est un intensif présent dans un grand nombre d'expressions usuelles. Coup est pris dans le sens figuré d'occasion et non de tir. On a peine à se figurer un canon qui serait programmé on ne sait comment pour se disloquer au bout d'un nombre exact de tirs (les bombardes devaient fonctionner sans doute sous un système Windows à l'époque). Et on a encore plus de peine à voir le rapport entre ledit canon et un individu qui accumule en fait des bêtises, des bonnes chances ou des délits, mais sans être forcément sanctionné. Comme toujours dans les cas d'étymologie suspecte, on a une petite histoire à la clé, un peu absurde, mystérieuse ou insolite, mais n'ayant aucune référence sérieuse. Il n'y a pas besoin d'inventer le passé...
16:15 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, journalisme, média, médias
vendredi, 31 août 2007
Ça va ouatcher !
Je viens de découvrir, sur les panneaux JCDecaux de ma belle villle; la nouvelle campagne publicitaire de SFR qui s'est associé les fameuses Têtes à claques québécoises (les humoristes québécois, c'est comme les chanteuses québécoises : insoutenables et insupportables). Une belle horreur... En plus du slogan en franglais et dans un sens incompréhensible, l'esthétique retenue est celle des rires niais et des figures grimaçantes, bariolées et mal dessinées, à côté desquels Bottero passerait pour Hokusai. Un comble dans le plus pur mauvais goût, mais c'est destiné aux adolescents amateurs de jackasseries crétineries. L'opérateur compte en fait sur le buzz le bruit et puis le fameux ouaibedeuxpointzéro avec des tas de goodies cadeaux Bonux à télécharger... C'est effrayant de bêtise.
16:39 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, publicité, pub, québec, web, internet
mercredi, 13 juin 2007
Bac version 2.000
"C'est très facile", explique Christophe Lecomte, 20 ans. "Si on se trompe, on peut tout effacer et recommencer", explique-t-il. En revanche, "pour les fautes d'orthographe, il n'y a pas de correcteur".
Hum... j'ai accueilli un élève handicapé paraplégique au bac et il avait bien droit à son correcteur orthographique car son micro n'était pas passé par tous les tests et d'ailleurs comment pourrait-on tout contrôler alors qu'on ne vérifie même plus les calculatrices ? Je pense que cela suppose l'élaboration de nouveaux sujets qui fassent plus appel à l'imagination et à la créativité, mais si on me dit que l'orthographe ne peut plus être vérifiée sur un PC je me dis que l'on se fout en très gros des élèves, des correcteurs, des journalistes, des lecteurs et des parents ou de toute la communauté éducative ...
22:50 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
Holistique
J'ai dû ouvrir mon dictionnaire quand j'ai découvert cette nouvelle bagarre québécoise (une de plus, cela commençait à manquer et le mois allait devenir un peu morne sans aucune castagne linguistique venue du Canada, je suis heureux que le Québec existe encore : on y parle encore de choses importantes qui ne se disent plus en France !) :
Dans ce sens, le choix de l'épithète «holistique» pour caractériser le mode d'évaluation proposé est révélateur du contexte dans lequel oeuvrent tous les professeurs de français au collégial, notamment ceux dont l'essentiel de la clientèle provient de la classe moyenne. Ces derniers ne savent plus comment «guérir» ces élèves issus du secondaire du mal qui les accable, soit une faible maîtrise de leur langue maternelle, notamment à l'écrit.
17:37 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
jeudi, 05 avril 2007
Vimy
La langue française a été malmenée dans des panneaux explicatifs du monument commémoratif canadien de la bataille de Vimy, en France, dont le 90e anniversaire sera célébré lundi, selon la télévision de Radio-Canada.
Le fait est dû à la réalisation de ces panneaux par des bénévoles qui ont aussi traduit les textes. Le site du monument.
18:03 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : québec, langue française, histoire


