dimanche, 31 mai 2009
Hybride consumériste : la pizza conçue comme un sandwich
Les déclinaisons du sandwich sont innombrables selon les origines : hamburger, hot-dog, panini, nem, kebab. Le sandwich est un produit universel qui peut être réinventé par tout un chacun à partir d'une idée de base extrêmement simple. Il existe un autre produit universel qui n'a plus rien à voir avec sa forme d'origine : la pizza. Et voilà que je découvre le résultat monstrueux de leur accouplement : le Piz'Wich ou pizza sous forme de sandwich.
Le monde de la restauration rapide est plein d'inventivité ? Pourquoi ? Parce que l'on ne peut pas vendre aux gens quelque chose qu'ils peuvent fabriquer eux-mêmes à moindre coût et selon leur goût sans leur proposer un mode de vie en plus du produit. Cela explique les croisements de formules, les injections de nouveaux aliments toujours plus exotiques, les noms forgés sur la base de présupposés et de préjugés.
Examinons à présent l'argumentaire des marqueticiens de la marquetique (ou les gars de la profession). C'est édifiant de nullité.
Piz'Wich offre les nombreux avantages d'un sandwich (pas d'assiette, pas de couverts). On peut déjà manger une pizza avec ses doigts si l'on est en bonne compagnie ou seul, mais il faut qu'elle soit petite, ce qui est le cas ici (175 grammes, soit le poids d'une mini-pîzza).
Piz'Wich est un vrai produit "Service". Quel produit ne serait pas l'objet d'un service ? Faut-il donc que l'on ait tant en tête l'idée d'un objet alimentaire conçu comme un gadget pour que l'on se croit obligé de dire que non, pas du tout.
Piz'Wich est un produit sans risque. Du début de l'opération (ouverture du sachet) à la livraison au client (remise de l'étui), Piz'Wich n'est jamais au contact des mains...Derrière, on a une idéologie hyper-hygiéniste destinée à évacuer le fait que c'est un objet industriel dont les composants ne sont pas très clairs et pas très sains (quand je lis le descriptif des ingrédients, c'est à hurler) .
Et le meilleur est pour la fin :
Pas de déchets : 1 produit acheté = 1 produit vendu. Ce produit est vendu ici de manière commerçante pour les commerçants qui pourront délivrer des balivernes, il y a au moins un déchet. Le fameux étui ou sachet protecteur qui est justement au coeur de la campagne marquetingue. Mais on peut dire tout et son contraire dans les mêmes pages.
Maintenant, imaginons les nouveaux produits service innovants : la tortilla sandwich, la flammekueche sandwich, la quiche lorraine sandwich, la tourte au maroilles sandwich et autant de produits gastronomiques locaux et si pittoresques qui ne demandent qu'à être réinventés afin d'être funs, djeuns et urbains actifs..
12:38 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : consommation, alimentation, publicité, marketing, pub
mardi, 14 avril 2009
Pour une publicité variée et équilibrée
Coca-Cola contre-attaque ! L'Empire est de retour ! La célèbre firme de détergents a été heureusement bannie des établissements scolaires, un programme d'information de propagande a été conçu avec des recommandations slogans élaborés par des communicants fort malins avec des textes totalement idiots et débilitants comme "consommez au moins cinq fruits et légumes par jour". Voici donc le nouveau produit de la célèbre entreprise de déboucheurs de toilettes : Minute Maid.
Comme on peut le constater sur ces photos ici et là, la mention obligatoire d'un des cinq slogans pour une bonne hygiène de vie et une bonne alimentation a été détourné et est devenu le slogan même de la marque sous la forme "1/5e des fruits et légumes recommandés par jour". Et nulle part ailleurs de mention du slogan officiel, sauf la signature générique de la campagne "Il est important d'avoir une alimentation variée et équilibrée et d'avoir un mode de vie sain" (amen !) Le tout écrit bien entendu dans le sens de la hauteur en petits caractères illisibles pour le passant pressé. Cette tactique publicitaire en rappelle d'autres : il s'agit exactement du même procédé que celui utilisé par des firmes qui adoptent des slogans en anglais et qui rendent quasiment invisibles les traductions en français ou qui en donnent une traduction fantaisiste quand elles ne se moquent pas de la loi Toubon.
Ce qui est particulièrement comique dans l'affaire, c'est que ce nouveau produit dit énergisant (donc tentant de réagir aux campagnes des boissons de type Red Bull et autres cochonneries) est particulièrement sucré même s'il n'a pas de sucres ajoutés et que le rappel obligatoire aurait dû être "évitez de manger trop sucré ou trop salé". Mais en intégrant la communication le catéchisme du ministère de la Santé directement dans son propre slogan, en récupérant la campagne gouvernementale, CoCa-Cola se refait une santé : un produit présenté comme sain (le beurre), remplaçant les boissons énergétiques en vogue chez les ados (l'argent du beurre) et n'ayant pas besoin de mentionner la formule gouvernementale puisque le produit serait conforme aux recommandations (les fesses de la crémière).
Dans un domaine voisin et ami, la stratégie marquetingue de McDonald's est similaire avec le développement des menus "P'tit" pour désigner des produits différents des hamburgers ou milke-shakes et un peu plus verts ou apparemment plus traditionnels comme des salades, il faut à tout prix se faire pardonner les accusations de malbouffe et devenir éthiquement irréprochable. Mais cela ne va pas jusqu'à détourner les injonctions légales en les prenant comme si l'on avait le seul produit susceptible de répondre exactement aux nouvelles instructions en matière de publicité.
Comme toujours, les demandes d'inscriptions de textes d'origine officielle sont détournées, déformées, récupérées. Est-ce que cela vaut vraiment la peine d'exiger qu'il y ait des instructions à destination des consommateurs ? Oui, si elles contiennent des informations essentielles, mais dans le cas de slogans... C'sst de la provoc' ? Et alors ? .
19:37 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pub, publicité, coca, alimentation, consommation
vendredi, 13 mars 2009
Du nuage de mots à la carte d'achat et surtout à l'idéologie du temps
Je ne me rends pas souvent chez monsieur E.Leclerc (je préfère choisir mes magasins même parmi ceux qui affirment faire du dure discompte), sauf lorsque j'accompagne ma vieille mère quand je le peux. Mais sa publicité pour sa nouvelle carte m'a tapé dans l'oeil et ce pour des raisons bien différentes de celles des consommateurs lambda.
D'abord, les grands panneaux publicitaires m'ont surpris, je me suis dit : "Tiens, des nuages de mots en petites polices et grandes ! On se croirait devant la couverture d'un numéro spécial de Télérama ou des Inrockuptibles, ou bien chez Jean Véronis ou une des pages d'accueil de monsieur Hautetfort".
Puis j'ai regardé mieux. Le tout est en typo sans empattement, comme dans le fameux ouaibe point deux zéro. C'est en couleur orange dominante avec juste un peu de bleu clair pour contrebalancer, comme dans le ouaibe point deux zéro.
Bizarre... Il me semblait qu'avant la couleur complémentaire du bleu foncé était le rouge foncé chez monsieur E.Leclerc. Tout aurait donc été adouci et on aurait aussi adopté des polices sans empattement depuis lors ? Et que dire des mots d'ordre présents sur la carte ou les pancartes ? Prix bas ? On est d'accord même si on ne sait pas que cela veut dire des salaires bas, des horaires très flexibles, des contrats précaires. Développement durable ? On eet d'accord même si on ne sait pas que cela veut dire plus d'impôts injustes. Culture ? On est d'accord même si on ne sait pas ce que cela veut dire vente des meilleurs vendeurs. Santé ? On est d'accord même si on ne sait pas que monsieur E.Leclerc se bat afin de récupérer le marché juteux de la pharmacie après avoir phagocyté celui de la parapharmacie et qu'il attend beaucoup de l'automédication ou de la hausse des taux de déremboursement de consultations médicales. Equilibre alimentaire ? Encore un slogan gouvernemental qui est repris tel quel et qui ne trouve guère de traduction concrète vu les offres de promotion dans les rayons, offres d'ailleurs largement subventionnées par des producteurs que l'on étrangle financièrement en les forçant de vendre à perte sous peine de n'être plus référencés.
Tout cela est bel et bon, on vit dans le meilleur dss mondes ouaibe point deux zéro. Mais ce qui me stupéfie le plus est de voir le mot "culture" écrit en trois ou quatre tailles de caractères différents et avec la même graphie, comme si les pubeux n'avaient jamais compris ce que veut dire un nuage de mots. Ils sont encore dans l'idée qu'il faut répéter, répéter et encore répéter exactement la même imbécillité pour qu'elle devienne vraie, et c'est encore l'idée du vieux monde qui tente de copier maladroitement le nouveau monde avec les mots d'ordre du pouvoir actuel qui tente d'habiller à une sauce nouvelle des décisions fort anciennes et désagréables. Les impostures communicationnelles de monsieur E.Leclerc seraient risibles si des gens ne les prenaient pas comme la vérité sans se souvenir de la campagne publicitaire de la veille. Un monde de valeurs fausses pour inciter à acheter encore et toujours dans un endroit qui serait prétendument soucieux du bien-être des autres. Et puis un grand virage pseudo-écolo après la campagne ratée pseudo-soixante-huitarde et gauchiste.
23:54 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : consommation, marketing, écologie, publicité, pub, langue française
dimanche, 04 janvier 2009
Sarkoland

23:16 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, publicité, pub, bling bling, sarkozy
vendredi, 02 janvier 2009
Dakar argentin
La géographie est complètement tourneboulée, puisque voici encore une fois le Dakar argentin. On parlait déjà du Paris-Dakar par ellipse, voire du Dakar, mais on découvre un rallye qui ne partait déjà plus de Paris depuis longtemps et qui n'arrive même plus à Dakar ! On commence à avoir un peu l'habitude, mais alors pourquoi continuer à parler de Paris-Dakar ou de Dakar ? Est-ce que cela voudrait dire que le nom Dakar est synonyme de raid d'imbéciles friqués et bardés de logos publicitaires qui s'achètent une bonne conscience en écrasant des indigènes et en bousillant des routes de fortune au nom de la civilisation qu'ils apportent ? Est-ce parce que le nom Dakar ou Paris-Dakar est déposé comme un nom de marque, comme pour une lessive ou un soda ?
11:10 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, publicité, pub, marketing, commerce, télévision
lundi, 22 décembre 2008
Communiquer imbécilement
Je m'interroge sur le sens et la construction de la phrase du grand communicant Thierry Saussez :
C'est ainsi que l'on a changé, avec la sécurité routière, le rapport à la voiture, que l'on a fait reculer les discriminations ou éclairé l'opinion sur les enjeux de l'environnement.
Soit. Ce grand communicant a travaillé il y a trente ans sur la sécurité routière et il est bon de le rappeler (surtout si les résultats ont été obtenus ces quinze dernières années) , mais alors quel peut bien être le rapport avec la lutte contre les discriminations (dont on ne précise pas la nature) ou bien les enjeux de l'environnement (au sujet desquels on ne dit strictement rien) ? Je me demande si le grand communicant sait construire des phrases acceptables en français courant...
Communiquer autrement ? Certes, mais alors ne pas communiquer pour ne rien dire.
22:59 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, média, médias, presse, journalisme, pub
Les adieux du ténor
On ne va pas pleurer sur ce faux départ à la Luis Mariano ou Tino Rossi ou Johnny ou Loïc Le Meur :
Je suis fréquemment dénigré, attaqué personnellement, et malgré tous mes efforts pour expliquer, écouter, tenir compte des avis, je sens que beaucoup de ces attaques n'ont pas pour objectif de progresser, mais de blesser.
Dire que Wikio est d'abord une entreprise commerciale et que ses classements sont plus que suspects, c'est faire preuve d'acharnement contre une personne alors que le principe même d'un classement a été visé, ainsi que la méthode fort étrange et secrète... Si Wikio pouvait s'arrêter, je ne me réjouirais pas, parce que je sais que la même sottise de classement peut renaître ailleurs et autrement, et puis Wikio continuera après ce coup de bluff, il y a trop d'argent dans la partie - surtout après avoir vendu un faux classement de blogs dits féminins pour Elle, grâce à son épouse.
22:15 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kelblog, chappaz, leftblog, politique, pub, marketing, publicité
dimanche, 21 décembre 2008
Pas de champignac pour les mineurs
On connaissait déjà les avertissements pour les sites interdits aux mineurs du fait des images ou des textes pornographiques présents dessus, mais j'ignorais qu'il pouvait y avoir des avertissements aussi stupides que stériles comme celui-ci :
Pour visiter le site de notre maison, vous devez être en âge d’acheter et de consommer de l’alcool selon la législation de votre pays de résidence.
S’il n’existe pas de législation sur ce sujet, vous devez être âgé de 18 ans au moins.
Certes, la vente d'alcool est à présent totalement interdite aux mineurs en France alors qu'il existait un flou législatif auparavant selon l'âge ou le type d'alcool, mais enfin... les élèves qui préparent des BEP, des bac professionnels, des bac techniques agricoles avec mention viticulture ne sont pas encore majeurs et peuvent vouloir se renseigner aussi sur le produit qu'ils vendront. De même, les élèves qui suivent certaines formations commerciales ou hôtelières (la mention oenologie toutefois n'intervient que si l'on est majeur au début de la formation) ont un peu intérêt à connaître le produit qu'ils vanteront. Ils sont en contact avec les boissons de tous types et on ne peut pas faire comme si elles n'existaient pas.
En réalité, le négociant en champignac se protège contre une possible incitation des mineurs à la consommation d'alcool puisque son site est avant tout publicitaire, mais enfin... pour avoir un peu travaillé dans le vignoble, j'ai vu bien des exposés et des panneaux réalisés par des mineurs au sujet des fameuses maisons de champignac ; ils avaient aussi visité les caves, les pressoirs, et y avaient été bien accueillis. Mais sur la Toile, on prend des mesures de précaution qui ne valent pas dans la réalité. Si je demande un jour prochain un dossier historique sur ce qui fait l'objet de fierté de ma province, devrais-je dire à mes élèves de passer outre cet avertissement sans aucune valeur ? Serai-je en tort alors que c'est en relation directe avec l'économie locale et les perspectives d'emploi ?
12:12 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vin, oenologie, marketing, pub, publicité, internet, web
jeudi, 11 décembre 2008
Y'a bon ! (le retour)
J'en avais parlé il y a deux ans : la société Nutrimaine avait passé un accord afin de ne plus utiliser le slogan Y'a bon, suite aux plaintes déposées par des associations. Elle est revenue sur ce protocole, aussi le Mrap l'assigne en justice. Mais là où cela se complique c'est pour la plainte déposée par Nutrimaine contre l'éditeur du disque Le beau temps des colonies. Celui-ci utilisait l'image du tirailleur sénégalais. Nutrimaine a été déboutée en première instance, mais compte faire appel. On résume : il y a une plainte contre le slogan et une autre contre une image proche de celle de la marque, mais non contre un détournement d'une image appartenant à la marque. Pourtant le logo actuel de Banania est fortement stylisé, réduit à une tête schématique - après être passé à une image d'enfant - et le dessin ne reprend plus le tirailleur de l'époque coloniale. C'est au nom de son histoire que Nutrimaine a porté plainte contre Milan Music.
Ci-dessous une affiche de 1920. On peut noter que les couleurs montrent à la fois le chocolat pour la peau, le lait pour le sarouel blanc, le logo de la marque pour la veste et le plumet du fez.

18:54 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, politique, pub, publicité, nom de marque, colonialisme, justice
samedi, 29 novembre 2008
Neige de culture
Je le découvre par la France Inter, on ne dit plus neige artificielle, mais neige de culture !
Où est la culture dans l'artifice et l'artefact ? Je me demande.
C'est beau comme les verres à neige tombante des magasins vendant des produits pittoresques du pays (vous savez, les tours Eiffel que vous renversez pour voir les flocons tomber une fois que vous les avez mises à l'endroit).
22:25 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, publicité, marketing, pub
dimanche, 23 novembre 2008
La théorie du kouglof
Des kouglofs de grand-mère, on n'en trouve guère dans l'Intérieur, mais pourtant :
Comme le kouglof de mamie, l'impact sur les groupes humains obéit à certaines recettes ; ce pro des ressources humaines à Reims livre les siennes dans un ouvrage.
J'aimerais bien savoir où l'on peut trouver en France des kouglofs de grand-mère qui ne serait pas alsacienne ou lorraine. Cela ne fait pas partie de la culture française commune et cela n'a aucun sens, cela ne rappelle aucun souvenir pour 95 % des Français. C'est une idiotie de pseudo-communicant qui ne s'est pas aperçu qu'il n'utilisait que ses propres références ou qu'il faisait appel aux kouglofs industriels vendus en supermarché.
Mais on peut poursuivre dans les âneries :
» Un livre sur le charisme personnel. Qui s'adresse à « tous ceux qui ont un rôle de leader à tenir, pas seulement des chefs d'entreprise : une mère de famille à sa façon est aussi dans ce cas ! »
Un charisme non personnel me semble plus qu'impossible dans le sens d'autorité. Tout charisme est forcément personnel. C'est un pléonasme. Ce bonimenteur (et menteur peu bonisseur) emploie des mots qu'il ne comprend même pas !
13:12 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : marketing, publicité, pub, langue française, journalisme, presse
dimanche, 12 octobre 2008
Le babacoolisme redevient commercial
En ce moment, la mode des coeurs dans des phrases revient. J'ai remarqué, cet été, de plus en plus de t-shirts I love NY ,alors que je croyais que cela avait totalement disparu avec les derniers hippies revenus de Katmandou. De la même manière, j'ai noté la publicité de la Caisse d'épargne qui reprenait ce vieux slogan très nunuche et seventies avec son I love LA (pour Livret A et évoquant aussi les initiales de Los Angelès), un nouveau magazine grand public n'ayant rien à voir avec le vieux I Love English bien connu dans les collèges. Et j'en passe. Toujours avec l'inévitable coeur rouge à la place du verbe. Et puis il y a une publicité de Sony-Ericson avec comme slogan, cette fois en français, "J'aime écouter la perfection". Seulement, ce qui se trouve à la place du coeur, c'est le logo de la marque. Original... Et ce logo reprend en fait le symbole du Tao ! On reconnaît parfaitement la boucle et le point, même si une partie seulement du dessin a été repris. Ce dessin représente l'union des forces contraires, le Yin et le Yang, afin de montrer qu'il faut parvenir à la paix, la plénitude et l'harmonie universelle dans son âme (amen !) La mignonne bouboule est en outre assortie de jolies couleurs verte et bleue afin de faire penser un peu au sort de la planète (à sauver de toute manière) ou bien à une sorte de communion mondiale (grâce à la musique qui parle directement au coeur). On pouvait penser échapper aux tics linguistiques anglomanes, mais c'est juste un décalque francophone ; on pouvait penser échapper à la niaiserie des coeurs rougeoyants, mais on nous refourgue la même imagerie à la sauce orientale : on pouvait penser échapper au tropisme de la grande cité, mais on nous refile la planète toute entière sur les bras. Et le pire, c'est que ce symbole du Tao reconfiguré a été repris à droite et à gauche, jusqu'à susciter des procès pour plagiat. Alors qu'il traîne un peu partout, plus ou moins bidouillé. Remplacer un signe assez tarte et convenu par un autre qui ne l'est pas moins, il fallait l'oser.
13:30 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : marketing, publicité, pub
dimanche, 07 septembre 2008
Une publicité modèle
Il y a actuellement sur la Toile beaucoup de billets pour dénoncer une campagne de publicité dite sexiste de la part de Monoprix. J'avoue que si l'auteur de ces affiches avait voulu faire parler de son produit, il a réussi son coup même si on dit du mal de lui.
Pourquoi réagit-on surtout à cette image plutôt qu'à celle qui montre un adolescent en treillis affimant "On peut être écolo et écolier" ? Le slogan dans le premier cas est cllvant : il énonce un choix de mode de vie, alors que le deuxième est vraiment consensuel et fort sympathique (qui ne voudrait pas participer au sauvetage de la planète en recyclant tout et n'importe quoi ?) Chacune des images correspond à un âge de la vie d'un enfant, donc du consommateur.
Les publicités de Monoprix ont toujours été très bon marché et ce à dessein : jeux de mots à deux balles, esthétique des plus rudimentaires, imagerie jonglant sur les conventions sociales (ce que l'on nomme le présupposé), second degré permanent. Il n'y a pas à se révolter plus ici que pour les campagnes précédentes qui jouaient sur les Working Girls ou les businessmen tout droit sortis de films américains : Monoprix a toujours fait des pubs décalées et fort cheap, comme E. Leclerc. Mais, bien sûr, cela peut heurter un autre présupposé : on n'a pas envie de voir les petites filles rêver de devenir des top models ou des princesses alors qu'elles sont plus sollicitées par d'autres publicités bien plus au premier degré, qui leur conseillent explicitement comment ressembler à Barbie ou Paris Hilton. Ce qui dérange dans cette publicité, c'est qu'elle dit la réalité des autres publicités.
La typographie totalement foutraque (mélangeant lettres clignotantes style seventies, écriture cursive, lettres gothiques et pâtés d'encre) montre que le discours n'est pas unique même si une cohérence est conservée par le choix du noir et du rouge sang. La fillette avec son bonnet d'âne adopte en fait une attitude et un regard de sorcière (ce que laissent entendre les lettres gothiques). Mais cela ne peut pas faire rêver des petites filles, d'autant que le modèle de robe présenté n'est pas des plus glamour, loin de là, et elles ne peuvent pas savoir à quel univers ancien se réfèrent les lettres à points ou bien le bonnet d'âne. Cela ne s'adresse en fait qu'aux parents, aux adultes qui peuvent reconnaître des codes anciens juxtaposés. La cible est claire : faire réagir les parents, quitte à provoquer en additionnant des signes contradictoires. On peut alors plaquer tous les discours - par exemple contre le sexisme dans la pub - que l'on veut et l'effet est obtenu. C'est de la publicité qui se moque des autres publicités et qui se distingue ainsi.
11:43 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : publicité, pub, commerce, langue française
jeudi, 14 août 2008
Acheter plus pour dépenser plus
La chaîne de magasins Bricorama a utilisé un slogan d'une rare stupidité, mais d'une efficacité certaine : « Cet été, + j'achète, + je fais des économies ». Examinons-le.
Il est construit sur le principe d'une équation, ce que rappelle le symbole mathématique dans une phrase construite. La présence des signes mathématiques dans les slogans ne tient pas seulement à une volonté de raccourci par abréviation, à un désir d'un langage plus direct et plus moderne, mais aussi à l'idéologie véhiculée par ce type de messages. Les chiffres – et donc aussi les symboles - sont censés être plus objectifs que les mots complets. Lorsqu'un produit est vanté à l'aide des symboles x - =, l'accent est mis sur des qualités supposés mesurables : qualité, quantité, prix, variété. Le produit ou le service ne fait pas appel – en apparence – aux autres désirs du consommateur (réussite sociale ou culturelle, valorisation sexuelle ou affective, sensibilité écologique ou sécuritaire), mais à une forme d'évidence qui n'est pas du tout évidente. Quand je vois un slogan avec l'apparence d'une formule mathématique, je me méfie instantanément du message délivré - c'est surtout valable pour les opérateurs téléphoniques qui font ainsi avaler les clauses bizarroïdes de leurs contrats par cette sorte de langage simplifié.
Or, il y a bien ici un implicite. Le message est d'abord centré sur le destinataire qui prend fictivement la parole en disant « je ». Il y a une action incitative (achetez plus pour économiser plus) dissimulée. Ensuite, le présupposé, c'est que ce destinataire est mû par la question du pouvoir d'achat ou de la vie chère (puisque les médias en parlent), ce qui se traduit en langage de la rue ici par « faire des économies » et non par « acheter moins cher ». On évite les termes négatifs qui dévaloriseraient le fait important : l'achat.
Cependant, ce slogan présente un paradoxe : il faut dépenser plus (acheter) pour gagner plus d'argent (faire des économies). Le prix unitaire du produit baisse lorsque sa quantité augmente, mais la dépense totale est plus élevée alors et le besoin d'une grande quantité du produit n'est pas forcément nécessaire. Les économies réalisées n'existent sans doute pas : imaginez, vous avez besoin de quatre vis et de quatre pas pour fixer une étagère au mur. Faut-il alors acheter ces objets par dizaines ou centaines afin de faire des économies en comptant le prix du produit à l'unité, sachant que vous n'utiliserez probablement jamais le stock restant ou que vous devrez racheter des vis parce que vous aurez égaré ce stock ? Quand on observe l'utlité, plus on achète, plus cela coûte cher pour le résultat.
Mais cela doit fonctionner chez la plupart des consommateurs, puisque le mot plus est toujours valorisé, surtout s'il est redoublé (travailler plus pour gagner plus).
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mercredi, 21 mai 2008
Le marquetingue viral de Reverso
J'en avais déjà fait part hier. Je m'étonnais de la présentation de la version Reverso du Littré. Cela continue.
(Paris - Relax news) - Le célèbre dictionnaire d'Emile Littré est désormais disponible sur Internet. La consultation de cette référence de la langue française est proposée gratuitement et dans son intégralité depuis cette semaine.
Les internautes amateurs de belles lettres peuvent donc désormais consulter depuis leur ordinateur cette mine d'informations qui se compose de 80.000 entrées, avec une catégorisation des différents sens et usages des mots ou expression, et quelque 200.000 citations d'auteurs comme Stendhal, Balzac, etc.
Le dictionnaire d'Emile Littré existe désormais en version numérique. Accessible gratuitement à l'adresse littre.com celui-ci propose 80.000 entrées, avec une catégorisation des différents sens et usages des mots et des expressions.
Tombé dans le domaine public depuis longtemps, le Littré est désormais accessible sur le web. Le fameux Dictionnaire de la langue française d’Emile Littré, publié à l’origine entre 1863 et 1877 par Hachette, est consultable sur le site de l’entreprise Reverso, plutôt spécialiste des logiciels de traduction.
C'est étrange... Trois articles en ligne sur cinq écrivent "désormais". Et seulement deux d'entre eux indiquent que le Littré était déjà accessible gratuitement en ligne, après avoir été en outre numérisé par les éditions Redon.
Trois textes de journaux numériques sur les nouvelles technologies qui emploient le mot désormais alors qu'il est inapproprié. Trois sur cinq qui oublient de préciser qu'il existait depuis trois ans une version plus complète et tout aussi gratuite en ligne. Tout cela sent le communiqué de presse recopié à la virgule près, mais la palme revient à un cinquième journal qui fait carrément dans la désinformation :
Reverso offre le Littré aux internautes
À l'heure où certains éditeurs tentent de donner un second souffle au Littré imprimé, le site reverso.net propose l'intégralité du dictionnaire de référence de la langue française sur Internet. Tombé dans le domaine public, l'ouvrage était déjà disponible sur support numérique payant, mais aucun site d'envergure n'avait pris les devants en le publiant gratuitement sur le Net. Il revient ici dans une version dépoussiérée et franchement pratique à utiliser.
On signale l'existence du CD-ROM de Redon, mais pas du tout celle du site gratuit de François Gannaz et, cerise sur le gâteau, on déclare sans rire qu'il s'agit de l'intégralité de ce dictionnaire ! Après avoir supprimé entre le tiers et la moitié du texte ! Le service commercial de Reverso sait faire valoir ses arguments à ceux qui n'avaient pas consulté le Littré avant. Et il assure aussi un service de veille, puisque j'ai eu droit à un commentaire venu de cette société hier, à la suite de mon billet légèrement sceptique sur les capacités de l'objet par rapport aux autres dictionnaires électroniques ou sur le respect de l'oeuvre.
Et cela marche fort bien... Je relève à cette heure quinze blogues au moins qui reprennent au mot près ces dépêches ou plutôt ces communiqués de presse. Le marquetingue viral fonctionne. Même si les perroquets en question se trompent et ne regardent pas l'objet.
14:24 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, reverso, dictionnaire, littré, pub, journalisme, web
mercredi, 30 avril 2008
E. Leclerc milite pour la décroissance
Dans la boîte aux lettres de mon immeuble, j'ai découvert le dernier catalogue publicitaire de E. Leclerc (sauveur de la planète grâce à ses sacs réutilisables et surtout vendables) avec ce slogan : "Pour vivre heureux, vivons moins cher". Cela m'a laissé quelques minutes interloqué, puis je suis parti vers la poubelle de tri sélectif pour le papier à recycler que cet immense écologiste n'utilise pas, lui préférant le papier glacé.
Cela dit, la formule est intéressante. Voyons un peu ce qui se passe dans le cerveau reptilien des marqueteux d'E. Leclerc. On part du principe qu'E. Leclerc est forcément un contestataire, qu'il est obligatoirement du côté des plus démunis et qu'il propose des idées iconoclastes. C'est son fond de commerce, se faire passer pour le gauchiste du commerce ! Quitte à détourner les affiches de 68 avant tout le monde, l'an dernier. Comme 68 est un peu trop présent sur les rayons de librairies et dans la presse, il faut qu'il se distingue. Qu'est-ce qui peut être (en apparence) un poil revendicatif et susceptible de faire passer E. Leclerc pour un syndicaliste de base ? Le thème du pouvoir d'achat ! Certes, mais c'est un peu trop vu. Et si on essayait la décroissance ? C'est follement tendance chez les altermondialistes. Oui, mais comment vendre de la décroissance afin que cela nous rapporte plein de sous ? Partons de quelque chose que tout le monde connaît, comme un proverbe. Personne ne résiste à la sagesse des nations.
Et voilà comment on se retrouve avec un slogan à la fois inepte et contradictoire. On commence par un infinitif à valeur générale "Pour vivre heureux". C'est valable pour n'importe qui, n'importe quand, n'importe où. C'est la reprise du proverbe classique qui berce le cher consommateur, mais surtout cela introduit déjà le thème un peu gauchiste de la recherche du bonheur à la place du profit. On ne pourra pas nous qualifier de sales capitalistes. Là où ça se gâte, c'est dans la deuxième partie "vivons moins cher". Parce qu'il s'agit d'une injonction où cette fois le consommateur est impliqué. "Vivons cachés", cela marche, l'agent est le même. "Vivons moins cher", cela pose des problèmes. C'est le caddie du cher client qui doit être moins cher et non la personne du client. Sauf que... les économies sont effectuées sur les rétributions des producteurs (salauds de paysans !), les salaires des magasiniers déjà au Smic (et avec exonérations sociales si on joue bien sur les zones franches) et des caissières à temps partiel subi, des chauffeurs routiers toujours au bord de l'illégalité du fait des dépassements d'heures, bref, sur tous les gens qui sont moins chers pour le marché du travail. Parce que la décroissance ne va pas s'appliquer aux cadres et aux actionnaires, faut pas rêver ! Le rêve, c'est du travail encore moins cher ! Oui, mais la caissière d'E. Leclerc, cela lui fait une belle jambe de payer moins cher sa nourriture puisqu'elle est déjà payée moins cher. Alors, à qui ce slogan s'adresse-t-il ? Aux personnes qui ont encore maintenu ou augmenté leurs revenus et qui se donnent bonne conscience en jouant à achetons plus pour montrer que nous sommes partisans de la décroissance ! Bref, cela se mord la queue, mais un pseudo consensus est énoncé quand même grâce à la logique apparente de l'équation posée par le proverbe.
10:37 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : décroissance, 68, soixante huit, commerce, marketing, pub, publicité
vendredi, 18 avril 2008
Mythologie du pare-buffle
Je vois cette publicité de Honda pour un modèle de 4x4 :
"Le pare-buffle en ville est-il une priorité ?"
Chacun répondra bien sûr "Non" d'un seul cri.
Le slogan est illustré par une belle image de buffle bien cornu qui montre le danger de ce type d'accessoire automobile. En effet, le pare-buffle ne protège pas contre les bovidés, mais adopte les formes des cornes du bestiau en débordant sur les côtés avec des angles saillants (et si tel est le cas, le pare-buffle en question est strictement interdit). Il y a déjà une foule de paradoxes dans cette question rhétorique :
- le pare-buffle n'est pas formé linguistiquement tout à fait comme un pare-choc, il est aussi nommé par analogie avec les cornes dudit buffle du fait de son dessin et non pour protéger seulement contre les buffles, mais cela fait si cow-boy et authentique (vous avez vu beaucoup de taureaux foncer contre un tracteur ?) ;
- le pare-buffle pur et dur, avec angles saillants, n'est de toute manière pas utilisé en France, c'est par analogie avec ce type d'accessoires que l'on nomme pare-buffles les pare-chocs surdimentionnés et avancés des 4x4, alors que l'on a grandement rogné les cornes en question afin de les rendre plus conformes à la législation, mais en conservant certains de leurs aspects mastocs ;
- on a retenu l'image du buffle broutant dans la sauvage savane africaine et contre lequel on devrait se défendre de ses assauts, ce qui n'a plus lieu d'être en ville (bien sûr... on ne voit pas souvent des troupeaux de buffles sur les Champs-Elysées, sauf le jour du 14-Juillet).
J'en viens maintenant au second terme important de la question, le mot "priorité". On voit un beau buffle au milieu d'un passage piéton. Et cela renvoie donc à la fois à la priorité que le possesseur de 4x4 accorde à ses goûts, valeurs, idées, et à la priorité sur la route. Il y a un double sens du terme. L'ambiguïté est levée dans la réponse : "Faire la part belle [noter la paronymie avec pare-buffle] au design et aux technologies qui respectent aussi les piétons et les autres conducteurs, c'est la priorité." Amen. Allez en paix, mon fils !
Ce qui est donc vendu, c'est le 4x4 sans pare-buffle, alors que les 4x4 pouvant circuler en France n'ont justement pas de pare-buffles proprement dit ! Mais comme cet argument est récurrent chez les anti-4x4, on fait comme si on supprimait ce qui était de toute manière plus ou moins interdit. C'est juste un 4x4 avec un pare-choc un peu plus réduit que les autres et puis quelques gadgets technologiques. En fait, il s'agit d'une publicité ne tenant compte que d'un seul des reproches contre les 4x4. Un 4x4 Canada Dry comme en témoigne le slogan "Le 4x4 bien sous tous les rapports". Comme si le 4x4 pouvait devenir politiquement correct et parfaitement éthique en alignant un seul accessoire sur celui des autres voitures. Mais le problème, c'est qu'il faut malgré tout se distinguer d'une façon ou d'une autre... Donc en conservant quand même l'idée que c'est un 4x4 malgré tout, soft, mais 4x4, de ce fait différent de la voiture de tous les péquenots aux alentours (que l'on respecte malgré tout, parce que l'on doit être moralement impeccable même s'ils ne nous méritent pas).
Ce qui m'amuse énormément, c'est la tonne de bons sentiments qui sont déversés dans l'argumentaire : "A son volant, priorité à la sécurité et au respect des piétons, des autres conducteurs, de vos passagers, et aussi bien sûr, de vous-même". N'en jetez plus ! Le respect des autres et de soi, cela commence par sa propre conduite, pas par l'objet possédé. Mais c'est un truc assez fascinant chez les possesseurs de 4x4, il faut absolument qu'ils se sentent bons et bien sous tous rapports. On les retrouve systématiquement dans les opérations pseudo-humanitaires les plus farfelues, comme s'ils devaient être les zorros de la planète et de tous les peuples qui meurent de faim ou de la guerre. Maintenant, ils viennent au secours des piétons en ne menaçant plus de les écraser au passage parce qu'ils n'auraient plus un pare-buffle inexistant auparavant. Quelle noblesse d'âme ! Quelle grandeur ! Il faut s'incliner...
19:20 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : publicité, 4x4, langue française, pub, marketing, écologie
mercredi, 16 avril 2008
Ch'maroilles
Tous les mercredis, l'Oignon publie une page Terroirs. On a droit aux prix de la foire aux bestiaux, aux communiqués des associations agricoles régionales, à un sujet général sur l'agriculture, à un ou deux produits dits de terroir. On croirait le journal de Jean-Pierre Pernaud, mais par écrit. Il manque juste des articles sur le dernier sabotier ou le dernier rémouleur du village de Kamini. Faut dire que la Champignacie est d'abord une région qui vit de sa cambrousse, et l'Oignon se doit de soigner les images mythiques du monde rural avec toutes ses traditions même lorsqu'elles ont plus à voir avec le marquetingue, la grande industrie et les cuisines pour collectivités.
Cette semaine, c'est le maroilles. Tiens ? me dis-je, ch'maroilles, c'est nin champignacien. Que nenni ! comme vous l'apprendrez par la suite, le maroilles est bien lié à ma région. Le boom du maroilles est annoncé en une : "Les ventes de maroilles dopées par les Ch'tis". Je pense tout de suite que les pavés ont été vendus deux fois plus et qu'on doit maintenant tremper le maroilles dans la bière à Strasbourg, dans l'anisette à Marseille, dans le kir à Dijon, dans le cidre à Caen. Je me reporte à l'article.
Dans le chapeau, on assure que "avec près de 10 % de hausse de consommation, le Maroilles surfe sur la vague du film « Bienvenue chez les Ch’tis »." Notez le "près de" qui sera fortement relativisé ensuite. Puis on déclare " chacun veut découvrir le caractère bien trempé de ce fromage." Ce "chacun" sera aussi l'objet d'une forte restriction par la suite.
Un représentant de la corporation du maroilles vient tempérer l'enthousiasme : "Il y a une augmentation des ventes significatives grâce à l’effet ch’tis. On peut considérer que cette hausse oscille entre 5 et 10 % des ventes." Les 10 % ne sont donc que l'hypothèse haute. Ce n'est pas exactement ce qui s'appelle bénéficier d'une vogue.
On arrive à modérer le "chacun" du chapeau : "Ce sont surtout des régionaux qui nous achètent, ils se le réapproprient." Bien... ce sont donc les Picards et les Nordistes (et accessoirement des Champignaciens ayant des attaches picardes) qui reprennent du maroilles. Ce n'est pas demain qu'on le dégustera sur une terrasse place Kleber ou du Capitole ou des Arsenaulx ou du Tertre. C'est donc la séquence "les régionaux parlent aux régionaux".
On poursuit par une artisane qui ne voit pas vraiment l'augmentation. "Pourtant c’est vrai que nous avons quelques clients habituels qui en achetaient un peu plus pour leurs collégues". On reste donc dans la clientèle locale et dans l'effet de miroir. Et le dopage des ventes est encore plus relativisé : "nous avons des gens venus exprès sur le stand pour découvrir ce qu’était un Maroilles, ils n’en avaient jamais vu. Il y a déjà eu un effet de curiosité." Voilà ! un épiphénomène, mais marginal et peut-être éphémère. D'abord parce que si le maroilles est bien présent en grandes surfaces en cherchant bien ou dans les fromageries spécialisées, il n'a jamais bénéficié de campagnes de publicité et surtout d'étalage nationales. Ensuite, parce que le succès des Ch'tis n'avait pas été anticipé par les fabricants de maroilles (on ne va pas fabriquer plus de fromages qu'on ne pourrait en vendre quand même !) Enfin, parce que l'on est dans la méthode Coué : mangeons plus de maroilles entre nous aut' afin de faire croire à toute la France entière que le maroilles se vend de mieux en mieux et est devenu ce que chacun veut sur sa table, même à Ajaccio ou à Bayonne. C'est un effet miroir. Mais d'ici la fin de l'année, quand le film sortira en DVD et qu'il sera aux heures de grande audience sur TF1, je vous garantis de belles campagnes de pubs en affiches 4 par 3 et des tas d'éventaires de supermarchés pour le maroilles, parce que l'on ne va plus rater une si belle occasion qui permet de se mesurer au camembert ou au roquefort. Le grand commerce commence...
Vous voulez manger du maroilles ? Vous en mangerez jusqu'à crier pitié ! Cet article survend une mode du maroilles par son chapeau, son titre, son annonce en une, histoire de créer le futur engouement que l'on présuppose. Et le tout sera dit dans un pseudo-picard du plus bel aloi.
13:17 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, gastronomie, fromage, ch'tis, langue française, pub, marketing
samedi, 05 avril 2008
Sarko-pub
... totalement pourrie, mais dont je copie le début (le titre est éloquent "je fais le beau pour moins que Sarko"*) :
Moi j'ai trouve un site ou l'on peut acheter les memes montres que les riches mais 40 fois moins chers. Personne ne voit la difference et c'est dingue mais les femmes y font vachement gaffe..
Elles ne voient pas la différence et pourtant elles l'observent ?
je me fais plus mater qu'avant !!
C'est superbe ! Sarkozy devenu objet de pub pourrie sur la Toile. Pouvons-nous avoir de splendides argumentaires du même type pour les gros stylos fabriqués par des détenus de longue durée, les lunettes d'aviateur d'un adepte de la scientologie dans un film d'il y a un quart de siècle, les jeans mal taillés fabriqués en Chine, les costards rayés de mafiosi dont même Woody Allen ne voudrait pas dans un film où il se moquerait de Coppola ou de Scorcese, les bracelets de cuir style gangstah que réprouverait Spike Jones himself ?
Je proposerais d'abord un stage de remise à niveau en langue française au pourrielleur idiot afin qu'il puisse atteindre ses objectifs. Attention ! je suis très cher ! L'heure, cela vaut une Rollex et cela peut augmenter si l'on n'a pas le niveau de français suffisant.
23:08 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : publicité, sarkozy, politique, ump, langue française, pub
jeudi, 13 décembre 2007
Loch Lomond Forever !
Vous connaissez tous le capitaine Haddock ? Vous aimez cet ivrogne fort sympathique malgré ses énormes colères ? Eh bien ! sachez qu'il a permis à une marque de naître et de se faire connaître. J'explique.
En 1941, dans le journal le Soir (dit le Soir volé par les Belges), Hergé a créé le capitaine Haddock dans l'histoire du Crabe aux pinces d'or. On découvre ensuite la marque de whisky préférée du capitaine dans l'Etoile mystérieuse. C'était la marque Loch Lomond !
Mais attendez... Le nom du lieu le Loch Lomond est réel et on peut le visiter en Ecosse. Il y avait bien une distillerie, elle portait tout simplement un autre nom de fabricant. Il n'y avait pas de whisky Loch Lomond avant ou alors avec une autre graphie et à une époque plus ancienne d'un siècle et demi. Toutefois, la distillerie du coin en question et qui porte à présent le nom de Loch Lomond n'a ouvert qu'en 1965, soit à l'époque où Hergé a repris le graphisme de l'Île noire afin de corriger les multiples erreurs de la première édition couleur à la demande de son éditeur britannique (on ne trouvera pas de mention de wagon Loch Lomond dans la première version en noir et blanc en 1938, ni je crois dans la version couleur de 1943). Et cette distillerie s'est ensuite servie des dessins d'Hergé pour vendre son eau de vie. Oui, selon le mot d'Oscar Wilde, la réalité imite la fiction.
20:35 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : humour, bd, bande dessinée, marques, publicité, pub
samedi, 24 novembre 2007
L'instrument de poignet
C'est samedi, donc je savoure les publicités du Figaro-Magazine. Certes, je ne peux plus que rêver à une hypothétique richesse depuis que Technorati a trouvé la parade à mon ouaiberanquingue. Donc je regarde les pubs de ce que j'aurais pu acquérir si je figurais encore parmi les meilleurs blogues mondiaux. Et bien sûr, je tombe sur celle de Bentley et Breitling (puisqu'il n'y a pratiquement que des pubs pour des montres valant au moins une dizaine d'années de RMI, avec parfois un article de propagande UMP ou de promotions d'artistes Téhèfun entre elles).
Breitling a créé une ligne de chronographes et montres d'exception baptisée "Breitling for Bentley". Fruits d'une grande recherche esthétique, ces instruments de poignet intègrent les signes distinctifs de la célèbre marque britannique.
Je me demande si la haute précision technique propre à ces deux marques britanniques va jusqu'à s'exercer à la correction de la langue et au choix de ses publicitaires. Parce qu'instrument de poignet, cela ne veut strictement rien dire... Et en outre, certains pourraient avoir l'esprit fort mal tourné en lisant une telle formulation !
J'attends les prochaines publicités du même type amphigourique.
- Des instruments de nez : des lunettes ou un lorgnon.
- Des instruments de cheveux : une barrette, un peigne ou un chouchou.
- Des instruments de doigts : une bague, un dé à coudre, un gant Mappa.
Des instruments de pieds, de crâne (le bonnet de rappeur, par exemple), de ventre (très bien pour les fabricants de bandages herniaires)...
Oui, le luxe, la classe, le bling-bling, cela a ses limites : celles de la langue qui est parlée par tout le monde.
16:20 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : publicité, pub, langue française, marques
mardi, 20 novembre 2007
De l'homme-machine
Une publicité pour une montre suisse (autant dire que cela fait tout de suite au moins deux années de SMIC, sans regarder au détail, mais c'est peut-être trop bon marché pour notre überprésident aux montres dignes de films de science-fiction). Je pioche ça dans le Fig-Mag qui est un répertoire absolument colossal d'imbécillités. Le slogan est aussi crétin et bon marché que la montre est onéreuse et sophistiquée :
"Si cette montre s'arrête, appelez un médecin. Cela signifie que vous n'avez plus bougé depuis 7 jours."
Oui, on peut goûter un humour absurde, mais il y a surtout un implicite. Je suppose donc que le fait de bouger (et de faire des tas d'autres choses amusantes) sans sa montre est une preuve de non-vie ou de maladie grave. Comme si le fait de vivre sans montre au poignet n'était pas possible pour un être humain... D'ailleurs, c'est dit à la fin du descriptif : "Conçue pour les hommes"*. Je n'appartiens pas tous les jours ou toutes les semaines à l'espèce humaine, de ce fait... Vivre sans montre, c'est ne plus être vivant dans l'inconscient de ces gens qui veulent que chacun exhibe sa montre über-performante et jamesbondesque. Comme si le fait d'avoir le temps à son poignet voulait dire en être le maître et avoir la maîtrise de sa vie ! Comme si le fait de porter son phallus et son ureus mécaniques en évidence donnait plus de vie ! On est dans la pensée magique...
* On doit imaginer aussi qu'une femme ne pourra pas faire fonctionner cette magnifique machine avec des tas de rouages compliqués qu'elles ne peuvent pas comprendre même si elles bougent comme les hommes.
17:09 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pub, publicité, humour, politique
dimanche, 18 novembre 2007
Moisissures
En allant voir chez Padawan, j'ai constaté que je n'avais pas été le seul à lire "moisi" dans la publicité pour "le mois! Carrefour". Lui-même et d'autres (Joël Ronez, Matoo cités en lien) constatent aussi qu'ils n'ont pas été les seuls. La date de péremption est dépassée, mais j'ai vu des affiches 3x4 encore récemment : les emplacements publicitaires coûtent très cher et il est inutile de remplacer toutes les affiches dans une cambrousse comme la mienne. Pourquoi n'en avais-je pas parlé alors ? Parce que je songeais alors à un autre texte sur les constructions de noms d'opérations commerciales, texte qui n'a pas été écrit ensuite.
16:11 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pub, marques, marketing, commerce, typographie
Actualité du foudingue
Ce qui ne me réjouit pas, c'est de voir que l'horreur linguistico-culinaro-mondaine nommée fooding puisse devenir un nom commun et qu'elle ne soit pas réservée à une société qui pourrait faire ensuite faillite...
15:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : noms marques, pub, cuisine, alimentation
Couleur privée
Les temps sont durs pour le magenta. L'opérateur Deutsche Telekom, dont le logo comprend un "T" de cette teinte, a en effet choisi de déposer cette couleur à titre de marque (CTM 002534774). Selon l'entreprise, le magenta est partie intégrante de son logo, ce qui interdit à quiconque de l'utiliser sans son autorisation, et cela même sur un ordinateur.
Selon Courrier international qui reprend La Reppublica. L'image qui suit est donc illégale.

15:29 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : pub, marques, noms de marques, marketing, images, image, peinture
jeudi, 15 novembre 2007
The New Beaujolais
La campagne de pub du fameux détergent et répulsif bien connu sous le nom de beaujolais nouveau est intitulée "It's Beaujolais Nouveau Time" (traduit en petit par "le beaujolais nouveau est arrivé"). Quand on se connecte au site, on nous demande si "Are you légal drinking age ?" et que c'est "Access restricted to legal drinking age (+18 years old)" comme si les lois étaient les mêmes dans tous les pays du monde... Ensuite, on a droit à un panorama de la planète avec quelques villes symboliques : London cela peut passer, Beijing je commence à tiquer, mais alors à Moscow plus rien ne va ! C'est la forme anglaise qui a été retenue ! Cela continue après avec la Beaujolais Nouveau Story, les Beaujolais Nouveau News (si, si...), la Beaujolais Nouveau Party, le tout en choisissant la version française et non l'anglaise... Tout aux couleurs de l'anglais pour faire désormais international, puisque le beaujolais nouveau se vend de moins en moins bien en France et qu'il y est de plus en plus victime d'odieux articles comme celui-ci... Cela fait plus funny, groovy et trendy, my dear !
17:27 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : vin, beaujolais nouveau, humour, publicité, pub, marketing
vendredi, 14 septembre 2007
Much Ado About Nothing
Les Anglais se rebellent contre la bêtise :
Un groupe militant pour la défense de la langue anglaise a décidé de s'attaquer à la multiplication des affiches d'information avec des slogans qui reviennent à "parler pour ne rien dire", comme ces panneaux de la police demandant de "ne pas commettre de crimes".
16:43 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, publicité, pub
Infinitif et cosmétologie
Mes lectures de Madame Figaro me procurent de grandes satisfactions. En observant les publicités pour produits cosmétiques, j'ai pu remarquer la prédominance de l'infinitif. Certes, il y a d'autres morphèmes présents, notamment les adjectifs en cascade (ingrédients actifs certifiés bio) ou l'accumulation incohérente (soin lifting repositionnant fermeté anti-rides) ou encore le charabia pseudo-scientifique (au Pro-Xylane et à l'Acide Hyaluronique pour un prodigieux pouvoir de jeunesse), mais les infinitifs ont une valeur de programme.
On commence doucement par Sephora : avancer en beauté. C'est un slogan. L'avantage de l'infinitif, c'est qu'il est non marqué en personne. Cela peut donc être à la fois la devise de la marque et une injonction envers la cliente. Cela peut être aussi le boniment introducteur. L'Oréal : créer de nouvelles cellules et rajeunir visiblement (sic !) la peau (ou lisser intensément la peau), c'est possible. Mais l'infinitif peut être plus centré sur la destinataire du message. Lancôme : Mieux que lifter ? Repositionner...
- Dès 30 ans, l'important c'est d'effacer les premiers signes de l'âge.
- Dès 40 ans, la vraie différence, c'est de repositionner les volumes du visage.
- Dès 50 ans, l'essentiel, c'est de reconstruire profondément la peau.
- Dès 60 ans, la révolution, c'est de restructurer la peau.
L'infinitif est mis en valeur par la construction disjointe "c'est... de", on parle alors de thématisation : le sujet essentiel, c'est l'infinitif. Il est utilisé dans une valeur modale, il a une fonction de but, de destination. Mais pourquoi l'infinitif ? Toujours pour son aspect non marqué, cette fois d'un point de vue temporel. L'infinitif énonce une vérité générale qui vaut pour hier, aujourd'hui et demain. Et il est fort important de nier le temps quand on vend des produits anti-âge, de manière paradoxale.
On notera deux constructions fréquentes : soit un préfixe négatif (dé-, ex-), soit un préfixe itératif (re-). Le discours alterne entre les phrases de suppression et celles de retour, on est dans la manipulation, la transformation. Mais le sens négatif est évité en général. Je prends l'articulet para-publicitaire d'une des journalistes : chacune des accroches de mini-paragraphes commence par un verbe. Raffermir, fortifier, éclairer, régénérer, défroisser. Il s'agit à chaque fois de vendre un produit comme s'il était unique, qu'il n'avait qu'un but bien précis, celui qui correspond à l'attente de la cliente et qu'il comble totalement. Parce qu'il existe aussi un sens absolu dans l'emploi de l'infinitif isolé : son action semble être tout, même si elle n'existe pas. C'est ce que l'on trouve par exemple dans l'infinitif exprimant la rêverie, comme le petit Nicolas s'exclamant à cinq ans : Ah ! devenir le plus grand de tous !
16:19 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, publicité, pub, mode, marques
vendredi, 31 août 2007
Ça va ouatcher !
Je viens de découvrir, sur les panneaux JCDecaux de ma belle villle; la nouvelle campagne publicitaire de SFR qui s'est associé les fameuses Têtes à claques québécoises (les humoristes québécois, c'est comme les chanteuses québécoises : insoutenables et insupportables). Une belle horreur... En plus du slogan en franglais et dans un sens incompréhensible, l'esthétique retenue est celle des rires niais et des figures grimaçantes, bariolées et mal dessinées, à côté desquels Bottero passerait pour Hokusai. Un comble dans le plus pur mauvais goût, mais c'est destiné aux adolescents amateurs de jackasseries crétineries. L'opérateur compte en fait sur le buzz le bruit et puis le fameux ouaibedeuxpointzéro avec des tas de goodies cadeaux Bonux à télécharger... C'est effrayant de bêtise.
16:39 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, publicité, pub, québec, web, internet
jeudi, 30 août 2007
Renversant

Je fais souvent mes courses chez monsieur Match. Vous ne connaissez pas forcément les Match, car vous ne vivez pas dans mes froides contrées, alors sachez que cette chaîne se caractérise par une typographie assez singulière pour certains mots clés de ses prospectus ou affiches : la lettre culbutée comme l'indique son logo. Mais cela s'étend à d'autres choses, et ici je me dis qu'il y a un léger problème d'accent, ce n'est plus renversant mais tourneboulant. (Mis à part ça, le placard est d'une esthétique de beauf...)
21:55 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : pub, publicité, orthographe, langue française, marques, supermarché, alimentation


