samedi, 01 mars 2008
L'an zéro de la photographie
Pourquoi FlickR demande-t-il, lorsque l'on veut afficher une date différente, d'indiquer une date comprise entre 1825 et nos jours ? Le plus ancien cliché de Nicéphore Nièpce n'a été réalisé qu'en 1827, mais certains termes de sa correspondance suggèrent qu'il avait réussi à fixer une image auparavant, dès 1824, sans que l'on ait de traces. Alors, dans le doute, on fixe une date mythique à mi-chemin. Pourtant, il existe des expériences antérieures et on considère en fait que le daguerréotype tel qu'il se développera n'est apparu qu'en 1839. Et puis... la photographie numérique n'était pas encore apparue à ce moment-là... Mais un cliché numérique de 2008 pris à partir d'un cliché argentique de 1908 est-il de 1908 ? Une numérisation de ce cliché de 1908 est-elle encore de 1908 ?
19:41 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : flickr, web, internet, image, photographie, photo, photos
samedi, 15 septembre 2007
La fille de Jean Paulhan et d'Adrienne Monnier
Voici le jeu de fin de semaine. C'est une sorte de portrait en abîme que je propose. L'auteur décrit l'artiste.
Visage ovin, plissé bonne-femme ; trop de soleil toute une vie, sans doute. De l'énergie, de l'autorité. Directe, originale, fichue comme l'as de pique pour être à l'aise, avec des baskets rouges et un anorak bleu roi, mais un collier, parce qu'elle est de sortie. "Moi, dit-elle, péremptoire, avec son petit accent tudesque (cinquante ans qu'elle a quitté Berlin !), je suis la fille de Jean Paulhan et d'Adrienne Monnier."
Une étudiante en sociologie, tombée par hasard dans ce milieu lettré, avec ses appareils photos. "Sans eux, je n'aurais jamais existé. Je ne savais pas ce qu'était un écrivain.
- Et maintenant ?
- Maintenant, oui, je sais. Mais j'ai mes têtes. Si je les sens pas, il n'y a rien à faire..."
Il est facile de deviner l'artiste. Beaucoup moins de trouver l'écrivain qui eut son heure de gloire, notamment chez Pétillon, dans un des épisodes de l'inspecteur Palmer, qui faisait dire à un dramaturge en proie à d'atroces souffrances abdominales que X l'avait assassiné.

17:40 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, photographie, photos, photographies
dimanche, 10 juin 2007
Le français revu
Trouvé par le biais de MediaTIC ce blogue, Parlez-vous français?, qui prend des expressions figées afin de les illustrer par des photographies ou des montages.
17:10 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, blog, internet, web, photo, photos, photographie
vendredi, 19 janvier 2007
Image et piction (4)
30 « À ce moment, j'ai eu cette pensée devant mes yeux. »
« Et comment cela ? »
« J'avais cette piction. »
La piction était-elle la pensée ? Non. Si je décris à quelqu'un la piction, il ne lui viendrait pas la pensée.
31 L'idée de la feuille n'est pas une image de la feuille. Même pas une image qui contiendrait seulement ce qui est commun à toutes les feuilles. Le sens d'un mot n'est pas une image. Nous avons tendance à regarder les mots comme s'ils étaient des noms propres. Et ensuite nous confondons le porteur du nom avec le sens du nom.
32 L'ombre est une sorte de piction. Mais il est absolument essentiel qu'une piction que nous présentons comme l'ombre de quelque chose ne soit pas ce que j'appellerai une piction par ressemblance. Je ne veux pas dire par là que c'est une piction semblable à ce qu'elle représente. Mais seulement qu'elle est correcte quand on y reconnaît une similarité. On pourrait dire une copie. Grosse modo, on peut dire que les copies sont des pictions qu'on peut prendre pour ce qu'elles représentent.
Jacques Roubaud
20:31 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, image, photographie, photos, photographies, oulipo
jeudi, 18 janvier 2007
Image et piction (3)
17 Imaginons une histoire composée de pictions. Il ne nous est pas nécessaire de traduire ces pictions en représentations réalistes si nous voulons les comprendre. De la même manière, nous n'avons pas besoin de traduire des photographies en peintures colorées. Et pourtant, des hommes et des plantes noirs et blancs dans la réalité nous sembleraient invraisemblablement étranges et effrayants. Faut-il dire que quelque chose est une piction uniquement dans un jeu de pictions ?
19 Si on regarde une photographie avec des gens, des maisons et des arbres, on ne ressent pas le manque d'une troisième dimension. Et pourtant il ne serait pas facile de décrire une photographie comme une collection de taches sur une surface plane.
20 Nous voyons la photographie ou la peinture sur notre mur comme si l'objet lui-même (l'homme, le paysage, etc.) Mais cela aurait pu se passer de manière différente. On pourrait par exemple imaginer une tribu différente qui n'aurait pas ce type de relation avec les pictions, où les gens seraient repoussés par les photographies, et considéreraient que les visages sans couleur ou même les visages à échelle réduite sont des choses inhumaines.
Jacques Roubaud
19:20 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : art, arts, peinture, photographie, photos, photographies, peintures


