mercredi, 24 février 2010

Mes bien chers frères

Comment dire quelque chose explicitement sans le dire explicitement dans le texte ? Par exemple, si vous voulez insister sur le lien maçonnique entre deux ou trois présidents de région... (Les trois points sont là juste par hasard...)

En employant un mot connoté et en l'écrivant entre guillemets pour bien signifier qu'il s'agit évidemment d'une réunion fraternelle, mais de frères d'un genre particulier. On écrit donc : "Gérard Colomb prend le TGV pour voir son "frère" Frêche". Un titre purement informatif en apparence. Il ne va pas attirer l'attention. On aurait pu commettre le même pour le frère François Rebsamen s'il ne s'était fait griller la politesse.

Je cherche dans l'article la mention du mot "franc-maçon". Y a pas ! Et cela ne figure pas non plus en commentaire. Alors pourquoi "frère" dans le titre ? Pour attirer des trolleurs qui crieront une fois de plus au complot maçonnique ? Pour ne pas être accusé de diffamation au cas où l'on voudrait parler d'une forme de secours des "fils de la veuve" ? Pourtant, c'est bien dit, on aurait parlé de "camarade" si l'on était resté dans un lexique purement socialiste et il n'y aurait jamais eu de guillemets. Mais quand on veut parler de maçonnerie, il faut employer toutes sortes de sous-entendus et de précautions oratoires qui ne trompent guère les lecteurs avertis. Est-ce que cela masque vraiment une forme d'accusation ? Non. Est-ce que cela nous apprend quelque chose de plus ? Non. Est-ce que cela risque d'attirer de l'audience si le mot "frère" est dénoncé comme ayant un autre sens que celui qu'on lui prête d'habitude ? Peut-être. Si quelqu'un met les pieds dans le plat. Mais alors ce ne sera pas la rédaction de Rue89. Et c'est profondément hypocrite.

lundi, 13 avril 2009

Le socialiste caché derrière le rideau d'une colonne dans un couloir

Il faudrait un peu savoir.

C'est derrière une colonne (comme dans le théâtre classique français) ?

Une technique classique d'obstruction qui consiste à planquer une dizaine de députés au bon moment derrière une colonne pour faire planter un texte.

Un rideau (comme dans une tragédie shakespearienne) ?

Ils savent parfaitement que je ne peux pas grand-chose au fait que des députés socialistes se dissimulent derrière un rideau rouge et bondissent au moment du vote.

Ou carrément dans les couloirs (qui sont toujours des endroits peu fréquentés et fort discrets comme chacun sait..)

Mes collègues, joints par téléphone vers 14h45, m'ont raconté que le PS avait fait une manoeuvre d'obstruction en planquant une dizaine de députés dans les couloirs.

Ma proposition de réforme constitutionnelle afin de rendre nos institutions vraiment modernes et en phase avec la société actuelle qui doit approuver tous les projets gouvernementaux sera fort simple : tous les rideaux et toutes les colonnes sont désormais interdits dans l'enceinte de l'Assemblée nationale afin de garantir la neutralité du vote, on veillera également à supprimer tout couloir qui permettrait à des députés de l'opposition de se cacher dans un lieu si dissimulé, il faut désormais que le Palais-Bourbon fonctionne en open-space comme dans les 2S2I et toutes les entreprises Web 2.0. Eventrons le bâtiment afin que plus jamais les infâmes socialistes, communistes, verts (et les trois députés de droite qui ont voté contre le projet Hadopi) ne puissent montrer qu'ils vont faire leur acte d'élus républicains : voter la loi.

samedi, 10 janvier 2009

De l'homme qui aime les carottes râpées

Laurent Fabius : Je crois avoir été un des premiers, dès après son élection, à qualifier M.Sarkozy d’omniprésident. J’avais raison et j’avais tort.

C'est bizarre, mais il me semble que l'expression a été plutôt lancée par Jean Quatremer à partir de juillet 2007 lorsque notre fameux Conducator a voulu se rendre à une réunion des ministres européens des Finances à laquelle il n'était pas convié. Cela se comprend alors un peu mieux : un président français qui fait une intrusion à l'improviste dans une réunion technique de ministres non français, sauf un. Cela me rappelle les aventures de l'homme à la moto sur les belles routes de France qui s'inventait une histoire... Laurent Fabius ou la manière de s'inventer des mots historiques que l'on n'a jamais écrits.

Le libellé du blogue de notre beau motard et amateur de carottes rapées est  : Le blog que je commence aujourd’hui et que je m’efforcerai de tenir chaque semaine comportera une originalité: je l’ai intitulé 50-50. Il comportera en effet au total au moins 50% de positif pour 50% d’éventuels sujets critiques.

C'est en effet d'une originalité confondante. J'ai un robinet formidable qui permet d'alterner l'eau chaude et l'eau froide et vous allez voir comme c'est révolutionnaire quand on mélange les deux !

Je ne sais pas trop, mais j'ai comme l'impression que Lolo se fiche de la tronche du monde depuis un bon tiers de siècle, et il continue comme si l'on n'était pas dupes. 50-50 comme formule d'opposition ? Mais cela ne relève pas de l'arithmétique, il faut voir les textes ou les actes avant de dire qu'ils sont bons à tel degré. C'est absurde de se prononcer avant en voulant être à moitié d'accord, quand finalement il faudra se positionner comme vraiment contre.

jeudi, 20 décembre 2007

Ce n'est pas rien !

Il n'a pas pu éviter sa formule emphatique et hyperbolique favorite, avec c'est quand même quelque chose (n'est-ce pas mâme Michu ou Chabot ?)

Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n’est pas rien.

Ben oui... On finira par le savoir que le Génie des Carpathes sait ce qui a de la valeur... Autant qu'une Rollex ou un costume Dior.

Mais notons que l'on ne sait trop précisément ce qui a de la valeur selon ses dires.

La tradition ? Oui, si l'on veut... Sauf qu'elle est peu respectée et qu'elle va contre la tradition de la laïcité républicaine française. Les autres présidents (et même les rois ou empereurs) ont accepté la charge de manière formelle, mais ne se sont jamais vraiment investis dans une cérémonie officielle comme celle-ci dans la basilique de Latran. La rupture est là.

La France subordonnée à l'Eglise romaine ? C'est possible ! On enterre totalement non seulement les autres églises chrétiennes de France ou non chrétiennes, mais aussi et encore plus le gallicanisme. Vive le parti ultramontaniste ! Je connais des catholiques sincères qui vont avoir des aigreurs d'estomac...

C’est la cathédrale du Pape, c’est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c’est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l’Eglise catholique par ce titre symbolique, c’est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme. 

La république, connais pas... C'est juste un mot pour les discours de Guaino.

La France, mais c'est moi ! 

Le président ? Euh... Oui, il n'est pas rien, ça n'est pas rien un président de la République française qui en plus est chanoine honoraire de Latran. Il y a vraiment de quoi se vanter comme on le fait dans chaque discours... Il n'est vraiment pas rien. Mais plus il le répète, plus on se dit que l'inverse pourrait être la réalité qu'il veut nier à tout prix.

On se dit qu'il n'a jamais lu l'Ecclésiaste. 

 

 

lundi, 19 novembre 2007

Astérix et Obélix, usagers pris en otage

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Aide Obélix et son ami Astérix à pouvoir rallier Opéra-Bastille à partir de Pontault-Combault grâce à cette galère personnelle et modulable. Comment l'utiliser ? Quel itinéraire fluvial leur conseilles-tu afin d'éviter les embouteillages dans les canaux et combien de temps cela leur demandera ? Question subsidiaire : donne le nombre de fois où le mot galère aura été prononcé dans un seul de tes journaux préférés.

jeudi, 25 octobre 2007

Les jeunes (censuré)

Le langage du Front national est une infâmie et une ignominie à peine imaginable. Voici un peu comment une élue de ce parti s'exprime sur son blogue* en rapportant des propos attribués à une tierce personne (suprême perversion si ce courrier n'est pas authentique, mais totalement inventé comme celui des journaux féminins que l'on trouve chez le coiffeur) :

j'étais garée à proximité, et je n'en revenais pas : des "jeunes" (censuré) s'amusaient à lancer des ballons contre des voitures

Alors que j'étais garée, la vitre ouverte, j'ai entendu d'autres "jeunes" (censuré) passer devant des conductrices, et les insulter.

C'est beau comme tout ! Elle écrit "(censuré)" parce qu'il y avait dans le texte original (si celui-ci existe vraiment) des choses notant la couleur de peau, l'origine géographique ou ethnique. On peut tout imaginer à partir de ça : c'était peut-être simplement Arabes, Maghrébins, Noirs, Africains, mais peut-être aussi bougnoules, melons, pieds de figuier, crouilles, négros, bamboulas, blanches neiges, bananias, et on en passe. Mais en écrivant "(censuré)", on fait croire qu'il serait interdit de nommer sans risquer une accusation de racisme. Or il s'agit bel et bien d'un texte qui met en cause l'origine supposée de ces jeunes (dont la famille peut être française depuis plus longtemps que celle de la candidate FN d'origine allemande), mais sans la citer précisément, et il n'y aurait donc alors aucun racisme dans le texte. Sauf que le mot prétendu "(censuré)" peut être plus ou moins blessant, que chacun peut y poser ce qu'il entend, qu'il n'y a aucun propos raciste écrit mais que l'appel à compléter par soi-même le texte par le mot absent est une manière très basse d'agir, tout en accusant prétendument et par sous-entendu les autorités judiciaires de ne pas autoriser les mots ordinaires comme Arabe ou Noir ou Juif, alors que ce n'est pas du tout le cas. Ce qui importe, pour le législateur comme pour le juge, c'est le contexte et l'intention. Et en inventant les censurés, on fait appel à tous les fantasmes possibles.

* Aucun lien jamais avec le FN ! 

vendredi, 05 octobre 2007

Le Grenelle du portnawak

Borloo fait vraiment très fort :

Il y a 36 millions de Français qui vivent à côté de stations d’épuration pourries ou inexistantes. 

Je demande à voir la carte des stations inexistantes...

Mais il y a d'autres choses comiques comme :

Les peuples du monde savent que le système est essoufflé mais les gens en charge perdent de plus en plus de poids.

On ne met pas assez en cause la surcharge pondérale des images qui ne veulent strictement rien dire. C'est ce qui arrive à tous ceux qui ont travaillé avec Raffarin...

Ce n’est pas une bataille politique, sinon c’est mort. Je ne gagnerai qu’avec la sixième colonne qu’est la jeunesse.

Je me demande d'où sort cette sixième colonne, normalement on parle de la cinquième colonne comme de l'armée secrète qui s'infiltre en territoire ennemi. C'est une référence à la guerre d'Espagne. 

dimanche, 09 septembre 2007

Toi aussi, mange du jambon Madrange !

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Participe à l'effort national sous le signe de notre grand Président inspiré par les forces divines et engage-toi dans les forces du redressement rugbystique ! Oui, toi, jeune Français de l'âge de Guy Môquet, tu dois donner ton corps à la terre qui ne ment pas. Vive la France et faites confiance au brave gendarme qui vient enlever de sales clandestins ! Le rugby sauvera la France ou la France ne sera plus, et mort à tous ceux qui osent parler de pétainisme... Vive l'esthétique nazie puisqu'elle est notre seul rempart, contre quoi ?

lundi, 03 septembre 2007

Soyons rigoureux

Jean-Claude vient encore nous demander des conseils :

Mon très cher comte, je m'apprêtais à écrire dans le bulletin des amis de l'UMP du Haut-Cantal que désormais on devrait faire preuve de rigueur pour les dépenses de pizzas et de coca-cola de nos jeunes pops blogueurs (parce que bon.. on ne va pas leur payer un abonnement à Pizza Hut à vie...), mais on m'a fait savoir en haut lieu que ce dernier terme était totalement déplacé et que si je l'employais on entamerait contre moi des sanctions si je conservais le mot. Pourtant, il me semble qu'il fut un temps où le mot rigueur n'était pas malvenu, sauf dans les cercles communistes. Détrompez-moi, car je ne sais plus que penser.

Mon cher Jean-Claude, il faut bien comprendre qu'il existe une rigueur et une rigueur. La première est socialo-communisto-trotsko-anarchisse et elle signifie que le pauvre peuple sera affamé, saigné, éviscéré, pendu aux crocs de boucher ! C'est la rigueur selon Pierre Mauroy, ce dangereux terroriste dont nous nous sommes enfin défaits avant qu'il amène les chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Mais il existe une autre rigueur, plus correcte et respectueuse des personnes, c'est la rigueur de la gestion qui doit être revendiquée par notre glorieux gouvernement qui travaille très dur. Aucun des deux mots ne doit être confondu. Afin d"éviter toute ambiguïté, je vous propose d'appeler revalorisation la rigueur : vous déclarez que dans le cadre de la revalorisation des pizzas des jeunes pops blogueurs, vous leur fournirez désormais un jambon-beurre-cornichon. Cela passera très bien auprès d'eux si vous leur parlez d'un sandwich revalorisé et vous ne confondrez plus les deux sens différents du mot rigueur !

jeudi, 30 août 2007

Blog de discussion

Ah ah ! On trouve du nouveau : les blogs de discussion ! Ne cliquez pas sur l'adresse du comité Théodule Attali, le site ouaibe est encore en accès restreint.

Je m'imaginais jusqu'à présent qu'un blogue était précisément un espace de discussion, avec des commentaires en réponse aux billets ou brèves, mais non... il faut bien spécifier que c'est ouvert à la discussion. Je veux bien admettre qu'il existe quelques blogues n'acceptant pas les commentaires (Stalker ou Vive le feu ! pour les plus notables), mais il faut remarquer qu'il s'agit surtout d'une spécialité des hommes politiques qui soliloquent très souvent, par peur d'avoir à modérer les propos. Alors on insiste bien lourdement pour signifier que des messages peuvent être affichés. Cela doit être une spécialité du gouvernement actuel, car on ne trouve l'expression ailleurs que chez la beurette de service.

mardi, 28 août 2007

La main au charbon

Nadine Morano n'est guère un modèle d'éloquence ou de modération et elle s'emploie activement à justifier sa réputation :

Nadine Morano, également porte-parole de l'UMP, a enfoncé le clou ce mardi lors du point presse de rentrée du parti : «Nous, on a les mains dans le cambouis et dans le charbon, d'autres ont les mains dans les poches».

Mettre la main au cambouis, dans le cambouis, je veux bien. Mais mettre la main dans le charbon ? On va au charbon ou on est au charbon, ce qui veut dire au taf, au turbin, au boulot. Si on met la main dans le charbon, il faut alors s'appeler Scaevola !

lundi, 27 août 2007

Réinventer la roue pour le fil à couper le beurre servant à fabriquer l'eau tiède

Je lis ceci :

Nicolas Sarkozy a "enregistré très favorablement la proposition du Haut conseil de l'éducation (HCE) que le sport fasse partie du socle commun de connaissances et de compétences" tel qu'il est défini par la loi Fillon, selon le porte-parole de l'Elysée, David Martinon.

Et je me dis que c'est bizarre, parce que justement c'est déjà le cas... Faire passer une nouvelle loi pour promulguer ce qui l'a été il y a quelques mois, c'est un peu la spécialité de la maison. Cela se nomme la rupture.

vendredi, 24 août 2007

L'effet gant de toilette

Depuis que je suis devenu sarkozyste et membre de l'UMP, je bénéficie d'une ligne directe avec le Maître de nos pensées, de nos actions et de nos discours afin de lui faire part des problèmes qui m'empêchent de me consacrer totalement à la valeur travail et à l'identité nationale.

Je me réveille et je commence à me laver. Mais je suis pris d'un doute. J'appelle donc l'homme providentiel et universel.

-- Allo, Nicolas Sarkozy ?

 -- Bonjour, monsieur le comte, merci de me réveiller à quatre heures du matin ! Je vois avec plaisir que vous appartenez à la France qui se lève tôt et cela vous honore !

-- Excusez-moi de vous déranger, mais comment est-ce que je dois tenir mon gant de toilette ? En le tournant vers la gauche ou vers la droite ?

-- Je tiens à vous parler franchement et sans détours : est-ce que votre gant de toilette a un doigt comme une moufle ?

-- Ben non... C'est un gant rectangulaire à bouts droits.

-- Alors, je tiens à vous le dire en ami et c'est bien parce que nous sommes entre nous, peu importe la droite ou la gauche pourvu que ce soit bien enfilé.

-- Merci beaucoup, monsieur le président, qu'est-ce que je ne pourrais pas faire sans vous ! 

Notre président est un grand homme et il s'applique à répondre aux plus humbles, même aux victimes des gants de toilette comme moi. 

mercredi, 22 août 2007

Ministère de la Sélection linguistique

Si c'est d'ennui qu'il s'agit, je peux vous proposer un ministère de la Solitude dominicale ou, tiens ! un ministère du Banquet républicain pour y partager quelques cassoulets méridionaux afin d'épancher quelques délires d'Hexagone. J'en ai plein comme ça, des ministères à proposer. Tiens ! un ministère de la Conjugaison du plus-que-parfait, un ministère de la Sélection linguistique, un autre de la Dépigmentation, un autre encore qui interdirait de rouler les r, un qui défriserait les cheveux, un de la couleur des yeux.

Magyd Cherfi du groupe Zebda

Sarkozysable

C'est ce que Michel Rocard dit à son sujet. "Je suis sarkozysable."

Pathétique et lamentable.

La vieillesse est un naufrage, comme disait l'autre. 

Comment finir une carrière en reniant toutes ses convictions précédentes.

Mais il est vrai que Rocard et le Petit Monier ont déjà quelques points communs, en particulier le massacre de la langue française et l'inconscience du ridicule.

samedi, 14 avril 2007

La mise en actes d'objectifs nouveaux en réponse aux problèmes posés

Nous avons l'immense chance à Champignac de posséder la section du Parti socialiste la plus bête de France (juste après celles de la Septimanie) et ce n'est pas sans fierté que je rapporte ce fragment d'un dépliant luxueux en quadrichromie du docteur-candidat socialiste : “la solution est de favoriser la mise en actes d'objectifs nouveaux en réponse aux problèmes posés”. Je cherche les objectifs nouveaux, les mises en actes et les problèmes posés. Y en a pas après ! Mais bon sang... on ne s'adresse pas aux masses populaires (comme aurait dit Georges Marchais) ou aux gens (comme aurait dit Robert Hue) avec un charabia aussi absurde et ce n'est pas les insulter que de refuser pour eux les phrases aussi fumeuses que celle-là. Ce langage délirant, totalement lisse et déconnecté de la réalité s'entretient de lui-même, un peu comme les descriptifs de défilés de mode. Il a coûté des élections, mais on le perpétue. Cela ne veut rien dire, cela ne parle pas, cela n'évoque rien. 

jeudi, 22 mars 2007

La valeur charabia

Dans la boîte aux lettres de mon immeuble, j'ai trouvé un ensemble de petits tracts de l'UMP. Je lis ça et mes yeux ont du mal à se remettre de l'horreur qui suit : le titre “La valeur travail”. Argh ! Encore une de ces constructions néo-adjectivales sorties des boîtes de pub créatives et des communicants de la com à la con... Cela continue sur la troisième page (la deuxième est entièrement occupée par la photo du Conducatore) : “Mes Chers Concitoyens* [on a la majusculite aiguë à l'UMP], Je veux** être le Président de la valeur travail.” Pas du travail comme valeur, pas de la valeur du travail ou des valeurs du travail, non : de la valeur travail. Je suis désolé, mais la construction me paraît légèrement barbare même si hélas ! elle n'est que trop répandue dans le domaine commercial (comme espace nature santé) ou administratif (du type bureau enquête accident)...

* Noter le masculin comme prétendu neutre, il n'y a même pas l'inclusion du féminin comme de Gaulle ou Giscard ou Mitterrand ou Jospin le faisaient, il n'y a même pas l'emploi d'un mot épicène comme Chirac en a l'habitude (mes chers compatriotes). On est dans un registre viril...

** Tous les paragraphes commencent de manière volitive : je veux, je souhaite...


lundi, 05 février 2007

Les chiens de garde (4)

Chaque homme pense, sans autre interruption que les courtes trêves de son sommeil et de ses maladies, au monde qu'il touche, qu'il voit, qu'il subit, sur lequel s'applique son action. Il est bien forcé de penser à ce monde, toute sa vie est comme un long commentaire des provocations du monde. Il forme des pensées conformes aux activités qu'il y déploie.

Cet homme n'est jamais solitaire, mais mêlé et lié à une collection ou à des collections d'hommes de qui les avis, les jugements, les passions et les mœurs gouvernent ses idées, son attente, ses songes. La manière dont il perçoit les objets naturels et les exigences sociales n'est pas une question privée.

Il faut demander à chaque homme comment il perçoit les éléments de sa vie : son activité, son bonheur, son malheur reponsent sur cette perception. Il faut ensuite savoir les sources de la perception, si elle naquit d'une expérience réelle ou d'une leçon  rabâchée par quelque maître étranger à sa vie. Il faut demander à chacun s'il y a un accord ou un pénible écart entre les perceptions et les idées qu'il répète, et ses véritables épreuves du monde.

 

Paul Nizan 

samedi, 27 janvier 2007

Thatchériser

J'ai découvert ce mot hier dans Libé. Il est dû à un des multiples conseillers et responsables publicitaires de Nicolas Sarkozy (j'ai renoncé à les compter...) Le mot me surprend car il est pris dans une acception positive alors qu'en France madame Thatcher est vraiment le repoussoir absolu. Je fais une petite recherche et je découvre que depuis un mois ou deux le terme est employé dans un sens valorisant par les cercles libéraux ou libertariens. En poussant un peu plus (les occurrences sont peu nombreuses), je vois qu'il a d'abord été utilisé par les milieux anarchistes, communistes, républicains, altermondialistes, gauchistes... Et cela depuis 2003 au moins ! Thatchériser, cela veut dire libéraliser, communautariser, individualiser à outrance et se moquer des valeurs de solidarité ou d'intégration pour les libéraux, sans regarder les dégâts humains ou sociaux. Donc c'est bien. Mais pour des gens de gauche, c'est exactement ce qui était déjà en œuvre et qui était négatif. La reprise d'un mot négatif comme valeur affichée est un classique, je crois que l'exemple le plus illustre est le mot impressionnisme qui était d'abord une insulte. Donc thatchériser la France, ce serait bien pour les libéraux. Cependant, le propos est plus fin et dialectique : Thatcher est le mal absolu pour les Français, Blair est un compromis médiocre, donc on annonce le pire pour obtenir des concessions. C'est plus une stratégie qu'une opinion. Ensuite, c'est étrange, mais le discours de droite va s'alimenter à gauche et très à gauche afin de reprendre des termes ou des concepts pour les renverser et piéger ceux qui employaient ces mots. 

lundi, 22 janvier 2007

Un oranger

"Leur histoire, c'est un ciel irlandais", convient un intime.

Eh bien moi, je ne comprends pas ce que cela veut dire. Cela peut désigner autant le ciel tranquille et pur que celui qui est sujet aux tempêtes ou aux nuages passagers ou aux brouillards. Cela n'a aucun sens et le propos était peut-être en sens inverse de ce qui est suggéré par le verbe de parole.

vendredi, 19 janvier 2007

Journées du patrimoine

Décidément, Sarkozy a voulu faire une campagne centrée sur les monuments les plus visités de France, on croirait une publicité pour touristes ; après le mont Saint-Michel (deuxième monument de France), voilà le viaduc de Millau qui est parmi les cent monuments les plus fréquentés de France ! Et après on aura Notre-Dame-de-la-Garde ou de Fourvière, la montagne Sainte-Victoire, la cathédrale de Chartres ou de Strasbourg ou d'Amiens, le beffroi de Lille ou d'Amiens, le mont Sainte-Odile, le mont Blanc, le Haut-Koenigsbourg, Tancarville, Cordes, Carnac, Cro-Magnon et tout ce que l'on peut trouver de folklorique ou de patrimonial. Il faudrait éviter quand même Versailles, Vichy, Sedan, l'île de Ré, Clairvaux... Ce serait mauvais dans une campagne de cartes postales...

mercredi, 17 janvier 2007

Sarre cause

J'ai vraiment peur pour la campagne du PS et de Ségolène si l'on commence à inviter et surtout à écouter Georges Sarre (malheureusement, l'imbécillité de naissance n'a jamais figuré parmi les motifs d'exclusion  et elle ne figure pas parmi les refus d'alliance dans les statuts du parti) :

Au nom du MRC, Georges Sarre y va de son conseil : "Le rassemblement pour Sarkozy est meilleur que ce qu'il pouvait craindre

Il y a une chose que je ne comprends toujours pas : comment Chevènement, qui est quelqu'un d'intelligent, d'éloquent, de vif et de cultivé, quelqu'un que j'estime bien, a-t-il pu conserver un tel personnage dans son équipage et l'envoie-t-il comme son représentant ? Parce que si on commence à recenser les bourdes de Sarre, on n'a pas fini... Et quand je pense qu'on lui a trouvé une petite circonscription de fin de carrière, je me dis que les pauvres électeurs n'ont pas fini de rire...

lundi, 15 janvier 2007

Une campagne de néologismes ?

Décidément, ce sera la campagne des mots nouveaux. Après la bravitude qui a fait couler beaucoup d'encre et d'octets, qui a suscité la nullitude, ou la duplicitude (pour ne parler que de néologismes de la part de politiques), après la bourde lexicale de Françoise Panafieu qui parlait de l'expéditivité de la justice chinoise, voici la fiscacophonie de Valérie Pécresse. C'est un mot-valise formé de fiscalité et de cacophonie, avec une parfaite soudure des deux éléments et un sens immédiat. En règle générale, les campagnes électorales sont peu riches en mots nouveaux, ce sont des expressions que l'on préfère éviter pour ne pas être incompris. On préfère ce qui est lisse et on laisse ce genre de bons mots pour les autres périodes. Il y a eu bien sûr le verbe turbuler de Chevènement en 2002 et puis surtout la constance de l'extrême droite qui abonde en mots nouveaux extrêmement péjoratifs, mais ces derniers ont souvent été testés auprès d'un auditoire ou d'un lectorat avant et il y a souvent dans ce courant non pas une volonté d'ordre, mais bien de transgression des interdits.

mardi, 24 octobre 2006

De la politique comme un loft

Pourquoi les commentaires des deux billets du blogue de Guy Birenbaum qui appelaient à commenter en direct les interventions des candidats à la candidature du Parti socialiste me font-ils irrésistiblement penser aux commentaires en direct qui fleurissaient sur les forums à l'occasion du Loft 1 et 2 ? Même absence de recul, même prise à partie, mêmes arguments superficiels et stupides sur une attitude supposée, même volonté de montrer le moment où quelqu'un a failli ou bien a triomphé, même pauvreté de la pensée (y compris chez les journalistes professionnels qui réagissent comme les midinettes et les kakous face à Steevy, à Loana ou à Kenza). On a affaire à la caricature de ce que peut être un blogue dans un tchat permanent, vide de sens, propre à toutes les dérisions, sans aucune ligne directrice pour faire un débat. S'il y a une parodie de démocratie, elle est là : faire croire ou croire que toutes les paroles se valent si elles sont dites en même temps ? On est entrés dans la loftisation de la démocratie...