mercredi, 10 février 2010
Un sonnet inédit de Stéphane Mallarmé
A la suite de l'affaire Botul, voici un message publié autrefois dans un forum de langue française qui a permis de bien égarer un agrégé de lettres et futur docteur, enseignant à présent la poésie très catholique dans une université fort catholique. Il y a vu la main d'un célèbre poète du XIXe s. à cause de certains indices présents dans les circonstances de la trouvaille. L'orthographe et la typographie étranges du texte de présentation ont été scrupuleusement respectées.
Mon oncle qui habite Tournon a trouver dans une vielle malle dans son grenier une correspondance(époque??)
Il y a une lettre datée de 1867 à un certain H.C, qui contient un poéme vraiment bizzarre auquel je ne comprends pas grand chose(ils y a même des mots qui n'existent pas!)
La signature est quasiment illisible(l'encre est passée).Mon oncle dit que la malle appartenait à un ami de son grand-père. Je ne sais pas si cette poésie vaut quelque chose et je n'y comprends presque rien. Il y a d'autre poèmes(2ou3) encore plus obscurs que j'ai prêté à un type instituteur qui est dans mon immeuble. Il dit que c'est du charabia. Bon je copie, mot à mot:
Si le marbre, au parfait de la pierre érudite,
M'explique sous la clef la courbe qu'il se doit
Du bras d'une main fine, à l'extrême d'un doigt
Indolent dans l'effort que son don nécessite,
Ô gardienne du dôme où l'or frais facilite
D'ombres, dont le partage a jumelé l'émoi,
Si la tunique verse un peu de désarroi
Sur ton pied qu'à demi l'essor las sollicite,
Ces courbes, qu'a flattées le cueillir où tu tends,
S'écoulent dans la paume innombrable du temps
Et le plein onctueux pallia l'étroitesse.
Romaine dont la cendre emplira le cyprès,
Toi qu'un ciseau doubla du pur contour si près,
Va, pour ce voeu sans fin, fêtant ta morbidesse.
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mardi, 09 février 2010
Du botulisme et de ses dégâts secondaires sur la vie intellectuelle française
Un de nos plus grands philosophes, romanciers, cinéastes, reporters a été victime d'un malheureux accident de la citation lorsqu'il a évoqué la conférence de Jean-Baptiste Botul, après-guerre, devant les néo-kantiens du Paraguay*. S'il avait pris la peine de s'interroger à l'étymologie, il aurait vu que le nom était fort suspect par sa forme et qu'il avait autant de vraisemblance que celui du mathématicien Nicolas Bourbaki (lequel m'a bien amusé au collège avant que je ne devienne nul en mathématiques lorsqu'il a fallu ne plus réfléchir mais appliquer des formules).
En effet, Botul dérive nettement de botulus, "boyau", en latin classique, terme devenu ensuite botellus. Il s'agirait d'une des origines hypothétiques du mot boudin en français. Or, lorsque l'on possède quelques connaissances un peu pataphysiques et oulipiennes, on sait que dans le calendrier du Père Ubu, la saint Boudin (apôtre) se fête le 22 avril. Et qui est attentif à l'esprit jarryesque sait combien les notions tripales (andouille, abatis, farce, couenne, saucisse, choucroute, etc.) sont importantes pour se pénétrer de concepts dépassant l'entendement. On connaît le goût de Jarry pour la scatologie comme sous-partie de la 'Pataphysique. D'autre part, le même étymon latin devient buticula en bas-latin. Ce qui donne naissance à notre bouteille. Mais la sainte Bouteille est aussi vénérée le 9 septembre dans l'alphabet ubuesque. Elle s'inscrit dans une série hagiographique qui comprend sainte Cuite, sainte Poire, etc. On connaît le goût de Jarry pour la fée verte (c'est pourquoi il y a un saint Sucre).
Le rapprochement entre botulisme et botulisme ne doit rien au hasard. Il s'agit bien d'un projet pataphysique qui envisage le contenant comme contenant du contenu (en soi, par soi et pour soi comme diraient les existentialistes) sous la métaphore d'un boyau empli de viandes ou d'une bouteille emplie de liquides et de diverses substances. Bref, d'un corps vivant et non d'un esprit désincarné qui ne serait qu'une pure apparence faisant tous les jours la même promenade et les mêmes repas aux mêmes heures dans les rues de Nueva Koenigsberg. Notre philosophe de moins en moins chevelu n'examine pas un seul instant une lecture qui poserait Jarry et ses héritiers comme l'un des plus grands courants de pensée contemporains, d'ailleurs issu d'une longue tradition par anticipation.
Le manque de connaissances littéraires et linguistiques de notre immense penseur national l'a empêché de voir que derrière l'oeuvre de Botul se cachait en fait une entreprise oulipienne et pataphysique. Pourtant, il se sert - comme beaucoup de cuistres - de la fausse preuve étymologique afin de prouver l'exactitude de ses idées. Et ce n'est en fait que de l'enrobage de gâteau indigeste.
* Bien sûr, si Jean-Baptiste Botul avait prononcé cette conférence en Poldévie, le soupçon aurait été plus grand. Mais je ne suis pas certain que notre meilleur représentant de commerce en chemises blanches eût été capable de plus de discernement que lorsqu'il se trouvait à la frontière géorgienne selon ses dires. La Poldévie pourrait exister aussi bien dans un de ses romans-reportages tant il est brouillé avec la géographie. Cela aurait la même réalité, puisqu'il l'a dit.
16:51 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, oulipo, humour, philosophie, littérature
lundi, 25 janvier 2010
140
Je voudrais vous faire découvrir un compte Twitter qui mérite le détour parce qu'il est original et que j'aurais aimé avoir eu cette idée. Il s'agit de Centquarante. Pourquoi Centquarante ? Parce qu'il y a 140 caractères dans un tweet. Cela donne des fictions courtes et fantaisistes toutes écrites dans le format imposé. La contrainte devient une vertu. Voilà qui nous change des réflexions sur le temps ou le menu, de bien des banalités qui sont le lot quotidien de beaucoup de twitteriens. Cela me rappelle un peu les nouvelles en trois lignes de Fénéon, sans sa noirceur, ou bien les amorces de nouvelles de Kafka dans son journal, toutes proportions gardées. Je sais que certains se sont essayés au haïku en tweets, mais ce sont surtout des anglophones. Il me semble qu'il existe aussi des limericks en tweets, mais ils sont difficiles à trouver à cause de l'homonymie. Il était aussi évident que l'OuTwiPo apparaîtrait, mais il me semble manquer de rigueur oulipienne. Quels autres genres brefs et très formels peuvent se trouver présents dans Twitter ? (C'est une vraie question.)
18:47 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : twitter, oulipo
mercredi, 20 janvier 2010
Paralipomènes pour une archéologie du lien entre sardouïsme et sarkozysme
Mariah-Samanthah me demande de nouveau secours.
A l'aide cher comte ! Voici le texte que notre prof barbu et chevelu qui doit voter Europe Ecologie ou MoDem nous a donné dans le cadre du programme national "sardouïsme et sarkozysme" pour faire un bac blanc de français. Il dit que cela correspond au niveau des STG et que c'est compatible avec le débat sur l'identité nationale, mais moi je ne comprends strictement aucune des références historiques ou culturelles. Je suis perdue dans cette époque si différente de la mienne.
Quand je pense à la vieille Anglaise
Qu'on appelait le "Queen Mary"
Echouée si loin de ses falaises
Sur un quai de Californie
Les falaises en question sont les falaises de Douvres telles que les découvre un Français se rendant dans l'archipel depuis Calais. Or, il semble que le Queen Mary partait en réalité de Southampton vers l'Amérique. L'erreur n'est que de cent miles et de quelques dizaines de yards. En tout cas, la Grande-Bretagne doit être entourée de falaises sur toutes ses côtes, tout comme la Normandie. Mais elle permet de mettre en valeur la différence de niveau de l'altitude et de la noblesse britannique avec la bassesse étatsunienne. Il est entendu dans le discours du poète que tout ce qui se réfère au Nouveau Monde est inférieur, car profondément mercantile surtout si on associe la Californie à Hollywood et Disneyland. Cela ne l'empêche nullement d'avoir chanté le contraire auparavant. Comme tous les grands artistes, il est en proie à ses contradictions internes qui le font souffrir.
Quand je pense à la vieille Anglaise
J'envie les épaves englouties
Longs courriers qui cherchaient un rêve
Et n'ont pas revu leur pays
La vieille Anglaise fait allusion au surnom anglais du Queen Mary, The Old Queen. Ce n'est pas une traduction exacte, mais cela constitue une transition habile vers le refrain qui suit où vieille Anglaise et France se répondent. Les autres vers sont d'inspirations clairement rimbaldienne et évoquent le Bateau ivre. A moins que ce ne soit Oceano Nox ! Et pourquoi pas Baudelaire ? Tout est permis lorsque l'on joue sur les clichés.
{Refrain:}
Ne m'appelez plus jamais France
La France elle m'a laissé tomber
Ne m'appelez plus jamais France
C'est ma dernière volonté
Le refrain, très patriotique, met en valeur un exemple du volontarisme gaullo-pompidolien de l'époque, honteusement sabordé par les forces giscardo-mitterrandienne, tout comme notre Concorde, notre Caravelle, nos Mirage, nos Rafale, notre DS, notre char Leclerc, notre Minitel, notre ORTF, nos centrales nucléaires, etc. Il met en valeur l'identité nationale : rappelez dans votre copie que le nom France est alors lourdement symbolique et que l'on ne peut brader ainsi un patrimoine avec un tel nom à n'importe qui (par exemple des Norvégiens qui sont incapables de devenir européens et qui rebaptisent le bateau en anglais).
J'étais un bateau gigantesque
Capable de croiser mille ans
J'étais un géant, j'étais presque,
Presque aussi fort que l'océan
On sent là une inspiration profondément baudelairienne. Avec sa coque de géant, ce navire était incapable de continuer à voguer dans un monde devenu trop petit. Ou alors un rappel du Hugo des Travailleurs de la mer qui abonde en géants.
J'étais un bateau gigantesque
J'emportais des milliers d'amants
J'étais la France, qu'est-ce qu'il en reste ?
Un corps-mort pour des cormorans
Notons ici le jeu de mots final et la touche subtilement baroque du squelette. Bien entendu, il est défendu de se poser des questions au sujet du genre du navire, puisque le France est devenu la France d'un coup de baguette magique et que l'on a affaire à une métaphore de son propre pays. Il s'agit d'exalter la grandeur de ce pays, même si l'on vend des navires, des avions, des voitures ou des armes aux autres pays qui ne sont que des charognards. L'important est de conforter l'image de la France comme pays de l'amour et de la grandeur. Même et surtout au cours du débat de l'indignité nationale.
18:19 Publié dans Lectures méthodiques, analytiques et pataphysiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, chanson, langue française
dimanche, 27 septembre 2009
Perros et Perec
Dans une lettre de 1965 à Jean Paulhan, Georges Perros (de son vrai nom Georges Poulot) démentait se cacher derrière le nom de Georges Perec qui venait d'obtenir le prix Renaudot pour les Choses. Il ne s'agissait que d'une plaisanterie entre amis, Perros était un inconnu complet qui ne livrait que des notes de lecture à la NRF ou à la Comédie Française et n'avait publié qu'un livre de poèmes et un d'aphorismes. Mais Perec était tout aussi inconnu l'année précédente, malgré quelques articles. Le romanesque était totalement éloigné à Perros alors qu'il plaisait à Perec qui avait des idées stendhaliennes, voire verniennes. Ce qui est profondément troublant, c'est que les deux sont morts d'un cancer du larynx à trois ans de distance et c'était le moment où je constituais ma culture littéraire, autant dire que les deux disparitions m'ont frappé.
Ce qui est un peu étrange au sujet de Perros, c'est qu'il passe pour breton aux yeux de beaucoup au point que Miossec le chante au nom de la bretonnitude dans la commune où il vivait une partie de l'année, lui rende hommage, alors qu'il n'avait que sa résidence secondaire en Bretagne. Mais c'est aussi le cas de Perec qui paraissait avoir un nom breton et non juif polonais. Ces idées préconçues sont un peu absurdes et je me demande si Perec ne pourrait pas devenir aussi un Breton même s'il n'a aucune attache avec la Bretagne ou été chanté par des bardes bretons.
11:48 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, littérature, musique, chanson
jeudi, 04 juin 2009
Pluriels gastronomiques
Sur le modèle de la règle des cuistres pseudo-italianisants qui écrivent un spaghetto, des spaghetti, un canellono, des canellloni, nous vous proposons une extension de cette règle à tous les plats, mets, breuvages d'origine étrangère qui se terminent par -o ou par -i afin de bien marquer leur exotisme et leur caractère étranger à la langue française : ils ne doivent jamais avoir de pluriel en -s.
Italo-japonais : un susho, des sushi.
Ttalo-russe : un zakousko, des zakouski, un pirojko, des pirojki.
Italo-grec : un rako, des raki.
Italo-écossais : un whisko, des whiski.
Italo-suisse : un roesto, des roesti.
Italo-belge : un waterzoo, des waterzoi.
Italo-indien : un poulet colombo, des poulets colombi.
Italo-espagnol : un chorizo, des chorizi.
Nous pouvons étendre la même règle aux noms qui se terminent en _a ou en -e, sur le modèle d'une pizza, des pizze.
Italo-espagnol : une paella, des paelle, une tortilla, des tortille.
Italo-maroco-tunisien : un tajina, des tajine.
Italo-grec : une feta, des fete.
Italo-belge : une caricola, des caricole.
Italo-russe : une solianka, des soliake, une vodka, des vodke.
Ces règles fort intéressantes et utiles prouveront de manière certaine que non seulement vous êtes gastronome et fin oourmet, mais en outre polyglotte accompli et fort ouvert aux autres cultures pourvu qu'elles puissent conserver leur aspect authentique et original. Ce pluriel fonctionnera comme un marqueur social qui vous permettra d'intégrer pleinement une classe cultivée et cosmopolite. En effet, il n'est rien de plus haïssable que la marque de pluriel en -s française, celle-ci n'existe dans aucune autre langue européenne comme on le sait, mais il est bien trop difficile d'apprendre toutes les marques de pluriel possibles alors autant simplifier les choses en inventant le nombre gastronomique sur un modèle simple qui ne devra rien au -s petit-bourgeois des monolingues.
19:54 Publié dans OuGraPo | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ougrapo, oulipo, langues, langue française, cuisine, gastronomie
jeudi, 15 janvier 2009
Mini-vrac
Un collectionneur d'aptonymes ; le couvreur Letondu, les hôteliers Clochard, les pompes funèbres Leveuf, la menuiserie Laplanche, le portraitiste Guillotin...
If You Seek Me Amy, la dernière chanson de Britney Ze Pire fait scandale.
RFI supprime 200 postes sur 1 000 et 6 langues (allemand, albanais, turc, serbo-cioate, polonais, laotien) sur 19.
16:29 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, oulipo, langues, dialecte, patois, radio, argot
samedi, 03 janvier 2009
Contrepets à la Delporte
Voici une liste (une fois n'est pas coutume, j'ai dit que je détestais les listes, mais pas toutes). Ce sont les titres des histoires d'Arnest Ringard par Jannin (mâtin !), Franquin (mazette !) et Delporte (mamma mia !) Comme Delporte était fort porté sur les jeux de mots idiots (et encore plus s'ils étaient très mal élevés), je vous invite à regarder les messages cachés :
Où la taupe agile, avec un reçu, fait bouger son corps.
Où Arnest Ringard emballe des files de trous.
Où Arnest Ringard rêve acrobatiquement de se narrer dans la piscine.
Où Arnest Ringard se perd avec sa torche bien suspendue.
Où Arnest Ringard ne craint pas les pâles mines.
Où Arnest Ringard émet des doutes sur la prune.
Où Arnest Ringard plante des choses en riant.
Où Arnest Ringard admet que la Ginette ne se présente pas aux visites de tape-écologie.
Où Arnest Ringard ne voit pas la chute en rose.
Où Arnest Ringard astique son nain quand il fait un pâteux.
Où Arnest Ringard, épuisé, n'entend pas tout le fil.
Où Arnest Ringard ne peut qu'ouïr lorsqu'il n'a pas de jus à la maison.
Où Arnest Ringard et sa taupe constatent que les perturbations de nos masses nous rendent sourds.
Où Arnest Ringard se livre fort bête à la communication.
Où Arnest Ringard se fait une cassette qui lui donne la voix branlante.
Où Arnest Ringard qui s'échauffe prend l'égouteur à la bile.
Où la taupe, facétieuse, nous rectifie avec ses émissions.
Où Arnest Ringard se meut avec sa couche.
Je vous laisse chercher ce que Delporte a bien pu vouloir dire, m'enfin... publier de telles horreurs en 78 dans un magazine familial et catholique comme Spirou, cela ne se faisait pas ! Il faudra quinze ans pour que l'on revoie la taupe. Et ce n'est pas mieux :
Envoyer des fées aux pièces.
Les routes vont et viennent par bicycle.
Le pendule, l’encart et ce mage–là verse.
Une bonne détection fait la joie errante.
Mais que coûtent ces fouilles sur le terrain de seize ?
Arnest se montre bien trop ravioli pour se faire corner.
Le sale examen autorise une meilleure visite de la baie.
De manière étrange, ces autres titres figurent eux dans la bibliographie du journal. Il faut dire que la génération Petit Spirou et Titeuf était passée entre-temps. Mais on a dû sucrer un titre vraiment trop scandaleux dans le numéro 2944.
Ce billet est un prélude à celui que je prépare sur le langage de Jannin dans Germain et nous : au menu ses belgicismes non corrigés et puis toutes les grossièretés qu'il a osé écrire dans ce journal si familial et si catholique (con, connard, cul, chiant...) bien avant Titeuf et de manière bien plus explicite que les auteurs du Pilote pour enfants en 68. Je viens de le relire et il me semble un chaînon important vers la nouvelle bande dessinée.
05:13 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contrepets, oulipo, bd, bande dessinée, langue française
mercredi, 31 décembre 2008
Message obamesque
Fable express en rimes enchaînées
Pour cette nuit de réveillon
L"on sort chacun les cotillons,
L'on pose de grandes guirlandes.
Landaises ou bien de Guérande,
Rendons grâce à toutes ces co-
Quilles. Qu'il est bon pour l'écot !
Comme cuisine sans nulle aide,
L'est de rôtir le palmipède.
Morale à l'américaine comme le homard :
Liesse, huîtres, cane !
19:04 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, oulipo, humour
jeudi, 13 novembre 2008
Un papou de moins
Le dernier fut de trop.
La biographie Wikipedia de François Caradec, auteur qui a guidé mon éducation littéraire durant mon adolescence, a déjà été modifiée ce soir.
19:33 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, pataphysique, humour, langue française, littérature, bd
vendredi, 09 mai 2008
Impro-verbes (20)
C'est une suite un peu décousue et sans cohérence autour de Mai-68 et de sa célébration obligatoire. Cela part un peu dans tous les sens et cela tire à tout-va, car je me suis laissé porté par les mots, les sons ou les slogans.
Qui trop écoute André Glucksmann
Deviendra tôt un être monomane.
Tel se prend pour Cohn-Bendit,
Puis se connaît comme maudit.
Comme le dit Dany le rouge,
Il ne faut plus que ça bouge.
Benni Levy, comme béni-oui-oui.
L'ange de Jambet nous fait
Une belle enjambée comme méfait.
Alain Geismar, bonjour les dégâts,
Deux Geismar, y en a marre.
Qui a lu Serge July se dit
Aujourd'hui qu'est-ce que je lis ?
Alain Sauvageot, sauvageon mais pas trop.
Mai 68 : la police vous parle tous les soirs à 20 heures ;
Mai 2008 : la police vous parle sur LCI à toute heure.
La cote du Raymond Aron
Permet des comptes ronds.
Sous les pavés des faux révolutionnaires
La place des futurs best-sellers.
Un petit pavé dans la gueule
Et on se sent moins seul.
Chez BHL, c'est comme au BHV,
Tout est à acheter et est achevé.
Ne cours plus camarade, ta retraite à taux plein est derrière toi !
18:09 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, proverbes, parodies, mai-68, soixante-huit
lundi, 07 janvier 2008
Papa pique et maman coud (6)
Papa boit et maman boite ;
Elle est toujours aux abois !
Parce que quoi il en soit :
Pourquoi se rend-il en boîte ?
19:27 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
dimanche, 06 janvier 2008
Papa pique et maman coud (5)
Papa choit et maman choie ;
Il tombe parce qu'il boit,
Elle le prend sous ton toit
Pareille à ma Mère l'Oye.
16:12 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
samedi, 05 janvier 2008
Papa pique et maman coud (4)
Papa tond et maman tonne ;
Il élève des moutons,
Elle file un mauvais coton,
Car des boutons, ils lui donnent.
16:26 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
vendredi, 04 janvier 2008
Papa pique et maman coud (3)
Papa pare, maman part ;
Il brode de la dentelle,
Elle dit : "On se sépare".
Il ne s'occupait pas d'elle.
16:58 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
jeudi, 03 janvier 2008
Papa pique et maman coud (2)
Papa paraît, maman pare ;
Il paraît aux faits-divers,
Elle pare à ses revers
Comme comparse à la barre.
17:48 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
mercredi, 02 janvier 2008
Papa pique et maman coud (1)
Papa pique et maman coud
Sur le principe des parités oulipiennes, des petits quatrains construits sur deux verbes paronymes, mais plutôt l'un à terminaison féminine. Les parités associent le papa et la maman, puis l'on imagine le fiston avec un jeu de mots calamiteux. J'ai changé la règle en éliminant le rejeton, mais aussi en prolongeant les assonances et allitérations sur les autres vers. J'en ai composé quelques-uns durant ces vacances, j'ai noté des idées, il y a aura donc du matériel pour une quinzaine de jours, et puis comme pour les limericks, chacun peut y aller du sien ! Le titre est de Charles Trenet.
Papa sert et maman serre ;
Il sert au café des verres,
Elle serre des pois verts
En conserves sans impair.
13:39 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, humour
dimanche, 11 novembre 2007
Fable express (43)
Un vil garnement que la faim démange
Voit une quiche sur un rebord de fenêtre.
Oh ! sans cette quiche je ne puis être !
Moralité :
Donc quiche ôte, de là mange !
22:37 Publié dans Fables express | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, écriture, humour, poésie, poésies, poème, poèmes
samedi, 10 novembre 2007
La semeuse (3)
Qu'elle oublie son portefeuille, juste à côté de moi, sur le lit. Qu'il glisse de son sac pendant qu'elle cherche un petit peigne rose.
Je n'avancerai pas vers lui une main sournoise. Plutôt je laisserai échapper son contenu et aiderai, généreux, à la ramasser.
D'abord la carte d'identité ouverte en tombant sur ses nom, prénoms, date de naissance, taille, peut-être même signe particulier, sur la photographie qui l'a surprise à quinze ans, quand elle portait encore les cheveux longs, à la veille des vacances.
Il y aura aussi une lettre d'amour jamais envoyée, une calculatrice extra-plate et, pêle-mêle dans la pochette à fermeture éclair, un peu d'argent liquide, un billet de Monopoly plié en huit, un poème griffoné sur un rectangle de carton, un début d'herbier, la carte de visite d'un médecin acupuncteur, une toute petite clé inutile et cinq autres prétextes à une reconnaissance.
De ce prélude à l'intimité, bien sûr, elle va me priver, mais comme pour compenser d'avance la défaite infligée, elle se laisse embrasser, me traite, rieuse, de grand barbare doux.
Régine Detambel
Tous les timbres qui illustrent ce livre sont de l'année précédant immédiatement la naissance de l'auteure.
18:04 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, oulipo
jeudi, 08 novembre 2007
La semeuse (2)
Un dimanche, je chausse des sabots fourrés de velours et dans sur la place des villes. Je suis le fifre d'une troupe folklorique.
Accoudée à la fenêtre du bordel, elle prend des poses câlines et m'invite à la rejoindre. Elle essaie de prendre mes mains mais je joue du fifre. Elle voudrait atteindre ma bouche, mais le fifre la défend. Elle hurle de rage et le son du fifre confère à sa voix une tessiture de sirène.
Régine Detambel
Oui, ce tableau plus qu'archi-reproduit dans les manuels scolaires est très ambigu, malgré ou à cause de son aspect innocent.
17:23 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, peinture, art, arts, écriture, oulipo
mercredi, 07 novembre 2007
La semeuse (1)
Elle est la dixième épouse de l'émir du Koweit. Avec une parure de stylographes, elle rédige ses Mémoires. Il y a très loin la mer qu'elle ne voit pas. Alors elle orne ses marges d'arabesques qui veulent dire des vagues.
De cinq à sept heures, elle lit des vers de poètes persans. Demain, elle se voilera.
Je pars à sa recherche, dans les villes d'Orient. Au Caire, à Istanbul, à Beyrouth, je donne son signalement : "Une jeune Anglaise avec des cheveux clairs, des yeux encore fermés." Au pied des minarets, je joue du rebab à deux cordes. Je récite le Coran à des chiens infidèles.
Un jour, elle passe dans son carrosse princier. Les chevaux ont la queue tressée.
Il me semble que leur crinière est parfumée.
Elle s'éloigne. Moi, assis en tailleur devant un stylet et une tablette de cire, je lis les Vies parallèles.
Régine Detambel
Je publie en même temps que le texte l'image du timbre qui figure en vignette dans le livre et qui a donné naissance à ce texte. Qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne sais.
18:30 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, oulipo
mardi, 06 novembre 2007
Fables express (41)
A Paris-Chevreuse
Un maître de conf'
Etudiait à donf'
Le rôle de l'apostrophe dans les romans
Qui baratinent sur les sentiments.
Moralité :
L'élision dans "j'creuse".
18:00 Publié dans Fables express | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : humour, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, oulipo
Fables express (40)
Lors des ducasses, chacun gagne
Selon sa vélocité
Ce qu'il veut sur le mât de cocagne.
Moralité :
Lille y a des lots d'hissés.
15:39 Publié dans Fables express | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, écriture, poésie, poésies, poème, poèmes, humour
lundi, 15 octobre 2007
Mortefont
Il était une fois à Mortefont
Beaucoup de personnages
Venus du fond des âges
Pour s'animer au milieu des monts.
Mortefont est le village imaginaire de Pierre Véry dans l'Assassinat du Père Noël. Les communes aux alentours sont toutes réelles, mais Mortefont correspond à trois ou quatre villages autour de la Vézouse, une petite rivière de Meurthe-et-Moselle. Le film, tourné sous l'occupation, a déplacé l'action en Savoie pour des raisons pratiques (les gendarmes se perdent dans les Vosges sous la neige et font un détour par l'Alsace). Si bien qu'il a fait perdre tout l'aspect régional autour de saint Nicolas et n'a plus conservé que le Père Noël... américain (joué en outre par un acteur mort en déportation, car soupçonné d'être juif).

19:55 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humour, poésie, poésies, poème, poèmes, écriture, oulipo
samedi, 13 octobre 2007
Rouge-Gazon (2)
Au Rouge-Gazon,
Les seules filles sont des vaches,
Le fromage est la seule tâche
Pour tous les garçons.
Rouge-Gazon est un lieu-dit de Saint-Maurice-sur-Moselle, commune de naissance et de résidence de Pierre Pelot. On dit le Rouge-Gazon ou Rouge-Gazon. C'était un lieu d'estive pour les marcaires comme l'ensemble des Hautes-Chaumes dans le sud du massif vosgien. Le marcaire était un bouvier-fromager, parfois aussi un peu bûcheron ou maçon pour son habitat, parfois un peu braconnier ou contrebandier pour vivre (mais ce ne sont pas des choses à dire...), qui vivait en marge du village pendant plusieurs mois. Le nom de gazon est répandu dans les Hautes-Vosges pour parler des prairies en hauteur, au dessus de la forêt, là où les monts sont chauves : Gazon du Faing (faing = zone plus ou moins marécageuse), Gazon du Faîte. L'antéposition de l'adjectif est courante en Lorraine à la différence du reste de la France. Je me répète.
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Si je compose des vers non de douze syllabes,
Mais de treize, ce ne sont plus des alexandrins,
L'on dira que comme poète je ne vaux rien
Puisque ma superbe prosodie avance en crabe.
Et s'il me prend la fantaisie d'écrire des strophes
Avec treize vers, ce sera une catastrophe !
Aboli le sonnet, évanoui le douzain
Formé de quatre tercets ou bien de trois quatrains.
Je pourrais avec un rondeau préserver le bon train
Des rimes qui de loin en loin toutes se répondent,
Mais comme j'en ai employé plus de deux sans frein,
Il est incertain que cette excuse me seconde.
Ce poème est parfaitement régulier cependant...
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samedi, 29 septembre 2007
Saulxures
On vit à Saulxures
Des tas de choses et des histoires peu sûres,
Et puis dans les eaux
De la Moselotte flottent des oripeaux.
Saulxures-sur-Moselotte est le village natal de ma mère et le lieu où elle sera enterrée à côté de son père. On prononce normalement comme pour le nom du linguiste ou de l'alpiniste, puisque le x vosgien vaut s et que le l ne vaut rien. Ce qui m'a amusé dans ce texte, c'était de jouer entre présent et passé par une forme verbale équivoque.
20:59 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, oulipo
vendredi, 28 septembre 2007
La Bresse
Dans l'ancienne république de La Bresse
On ne savait de quelle branche
Ou bien de quelle terre franche
Comme une brèche faisait que l'on y naisse.
La Bresse est le village de mon grand-père maternel et le berceau de cette lignée depuis au moins le XVIe s. C'était une sorte de ville libre sous l'ancien duché de Lorraine, depuis le XVIIe s. et jusqu'à la Révolution, administrée par des consuls et une assemblée réunie sur le chanté (ou champ du tilleul). Deux étymologies s'affrontent pour ce nom : soit un embranchement (de bras) avec l'idée de la division de la vallée en deux parties, soit à partir d'un lieu essarté donc formant une brèche dans la forêt des Hautes-Vosges. Enfin, les difficultés des noms et des prénoms identiques dans les arbres généalogiques de la région et puis ce statut de ville frontière où sont venus se réfugier des Alsaciens et des Souabes durant la guerre de Trente-Ans, et bien après, m'ont fait songer au rapport métaphorique avec une parenté.
P.-S. : l'article de Wikipedia est rempli d'idioties sur les Phéniciens dans les Vosges ! Mais on trouve le même genre d'âneries au sujet de la Bretagne ici.
23:29 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, oulipo
dimanche, 23 septembre 2007
Xamontarupt
Dans la vallée de Xamontarupt
Ça monte et ça descend
Dans le sens ou la pente des rus
De tous les prés naissant.
Xamontarupt (prononcer sa-mon-ta-ru, le x vosgien est un s comme dans Bruxelles et Auxerre) est le village natal de mon père. L'élément xa- renvoie à une région de marais comme beaucoup de noms vosgiens comprenant un x. Quant à rupt, il est parfaitement compréhensible : c'est le petit ruisseau, le ru dans sa graphie ancienne.
17:52 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, oulipo
dimanche, 09 septembre 2007
Rouge-Gazon
Qui est à Rouge-Gazon
Bouge dans la verdure,
Car le nom n'est de saison
Et n'est non plus vrai ou sûr.
20:05 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, oulipo


