jeudi, 04 juin 2009
Pluriels gastronomiques
Sur le modèle de la règle des cuistres pseudo-italianisants qui écrivent un spaghetto, des spaghetti, un canellono, des canellloni, nous vous proposons une extension de cette règle à tous les plats, mets, breuvages d'origine étrangère qui se terminent par -o ou par -i afin de bien marquer leur exotisme et leur caractère étranger à la langue française : ils ne doivent jamais avoir de pluriel en -s.
Italo-japonais : un susho, des sushi.
Ttalo-russe : un zakousko, des zakouski, un pirojko, des pirojki.
Italo-grec : un rako, des raki.
Italo-écossais : un whisko, des whiski.
Italo-suisse : un roesto, des roesti.
Italo-belge : un waterzoo, des waterzoi.
Italo-indien : un poulet colombo, des poulets colombi.
Italo-espagnol : un chorizo, des chorizi.
Nous pouvons étendre la même règle aux noms qui se terminent en _a ou en -e, sur le modèle d'une pizza, des pizze.
Italo-espagnol : une paella, des paelle, une tortilla, des tortille.
Italo-maroco-tunisien : un tajina, des tajine.
Italo-grec : une feta, des fete.
Italo-belge : une caricola, des caricole.
Italo-russe : une solianka, des soliake, une vodka, des vodke.
Ces règles fort intéressantes et utiles prouveront de manière certaine que non seulement vous êtes gastronome et fin oourmet, mais en outre polyglotte accompli et fort ouvert aux autres cultures pourvu qu'elles puissent conserver leur aspect authentique et original. Ce pluriel fonctionnera comme un marqueur social qui vous permettra d'intégrer pleinement une classe cultivée et cosmopolite. En effet, il n'est rien de plus haïssable que la marque de pluriel en -s française, celle-ci n'existe dans aucune autre langue européenne comme on le sait, mais il est bien trop difficile d'apprendre toutes les marques de pluriel possibles alors autant simplifier les choses en inventant le nombre gastronomique sur un modèle simple qui ne devra rien au -s petit-bourgeois des monolingues.
19:54 Publié dans OuGraPo | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ougrapo, oulipo, langues, langue française, cuisine, gastronomie
mardi, 22 août 2006
Abrédérivations
Les abréviations des numéraux ordinaux sont codifiées, on place en petites lettres supérieures l'élément qui suit le chiffre et on n'utilise que le minimum de lettres : 1^er au masculin ou 1^re au féminin, 2^d au masculin et 2^de au féminin, 2^e au singulier et 2^es au pluriel. Mais il faut voir aussi les formes qui ne sont pas issues de nombres et dont le radical ne peut être écrit en chiffres. Considérons déjà que les graphies n^me et n^ième (PR1) pour énième sont fausses puisqu'elles reprennent un élément inutile pour l'une et que ce n'est pas une abréviation du tout pour l'autre. La seule bonne graphie en suivant la série des nombres serait : n^e. De la même manière, on aurait x^e pour ixième ou xième. La lettre peut être lue par son nom de la même manière que les nombres. Penchons-nous maintenant sur quelques abréviations d'adjectifs ou de noms qui partent d'adverbes : le tantième sera le t^e, le quantième (forme soutenue) peut devenir le q^e, le combientième être le c^e. Je m'arrête un instant car je constate que l'on va confondre c^e (combientième) et c^e (comte comme dans c^e d'Happotikerr), mais comme la première forme est déjà considérée comme fautive...
Mais le pénultième et l'antépénultième ? Je propose de faire pour le premier une abréviation simple p^e, et pour le second une semi-composée : antép^e. On pourrait à la rigueur admettre pén^e, mais ce serait déroger à la règle de la plus courte abréviation possible. On aura ainsi un système bien régulier. On peut l'étendre à ultime, anciennement ultième, u^e. Cela permet alors d'augmenter les abréviations d'adverbes : 1° (primo), 2° (secundo ou deuxio, deuzio suivant le registre de langue), et donc u°, ultimo, e° eskimo.
Reste une question : les ordinaux belges ou suisses. Il faut prendre alors un élément du radical, on distinguera ainsi s^e (septantième) de 7e et de 70e, o^e ou h^e (octantième ou huitantième) de 8e et de 80e. Ce qui fiche tout par terre, c'est le nonantième car on va le confondre avec n^e qui veut dire nième ou énième. Il faut donc l'écrire non^e, ce qui n'est guère heureux puisque l'on peut croire que c'est un nonième, un nombre qui n'existe pas, tel zérotième ou zéroïème (0^e)*. Viennent ensuite les nombres improbables, et là le trait d'union peut servir : 40-12^e (quarante-douzième), 50-12^e (cinquante-douzième).
* Je m'interroge d'ailleurs : pourquoi zérotièmement n'aurait-il pas droit de cité comme premièrement, deuxièmement ?. Cela définirait assez bien certains préambules où l'on entend surtout des captatio benevolentiæ et des prétéritions. Et ultièmement si l'on veut dire que l'on en finit avec le sermon ? Pénultièmement, pour signaler que le calvaire va bientôt prendre fin ? Antépénultièmement pour dire que l'heure du vin d'honneur se rapproche ?
17:23 Publié dans OuGraPo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, ougrapo, oulipo


