dimanche, 06 décembre 2009

Libérons saint Nicolas !

saint-nicolas.jpgComme on doit le savoir déjà, le comte de Champignac est fortement attaché à son identité alsaco-lorraine. Il vénère donc saint Nicolas dont c'est aujourd'hui, quel hasard ! la fête.

Ce n'est pas sans un certain émoi qu'il a appris que le bon saint Nicolas allait être privatisé ! Au même titre qu'Halloween (marque déposée en France) et le Père Noël (créé par Coca-Cola en empruntant les attributs de saint Nicolas devenu Santa Claus). Misère...

Les conseils municipaux de Nancy et de Saint-Nicolas-de-Port (7.500 habitants) ont en effet voté en juillet dernier le dépôt de quatre marques à l'Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi): "Saint Nicolas", "Le marché de la Saint Nicolas", "Les fêtes de la Saint Nicolas" et "La fête de la Saint Nicolas"

Saint Nicolas, patron de la Lorraine si chère à mon coeur, protecteur des enfants, ne peut être une marque et il ne doit pas être l'objet de détournements commerciaux avec des marchés calqués sur le Chrischkindelmärik alsacien. Ce que l'on nomme marchés de Noël à l'Intérieur et qui est le marché de l'Enfant Jésus en terre plus germanique.

Libérons saint Nicolas ! Libérons la Lorraine toute entière (et bien d'autres contrées septentrionales qui partagent saint Nicolas avec les Lorrains) ! Libérons-nous de l'esprit mercantile !

Je m'étonne quand même que l'on n'ait pas déposé comme marque le Père Fouettard, mais il doit y avoir des raisons...

Je signe la pétition en ligne.

jeudi, 11 décembre 2008

Y'a bon ! (le retour)

J'en avais parlé il y a deux ans : la société Nutrimaine avait passé un accord afin de ne plus utiliser le slogan Y'a bon, suite aux plaintes déposées par des associations. Elle est revenue sur ce protocole, aussi le Mrap l'assigne en justice. Mais là où cela se complique c'est pour la plainte déposée par Nutrimaine contre l'éditeur du disque Le beau temps des colonies. Celui-ci utilisait l'image du tirailleur sénégalais. Nutrimaine a été déboutée en première instance, mais compte faire appel. On résume : il y a une plainte contre le slogan et une autre contre une image proche de celle de la marque, mais non contre un détournement d'une image appartenant à la marque. Pourtant le logo actuel de Banania est fortement stylisé, réduit à une tête schématique - après être passé à une image d'enfant - et le dessin ne reprend plus le tirailleur de l'époque coloniale. C'est au nom de son histoire que Nutrimaine a porté plainte contre Milan Music.

Ci-dessous une affiche de 1920. On peut noter que les couleurs montrent à la fois le chocolat pour la peau, le lait pour le sarouel blanc, le logo de la marque pour la veste et le plumet du fez.

banania.jpg

mercredi, 02 août 2006

Pepsi = caca

Je connaissais déjà pas mal de fausses explications étymologiques pour de prétendus acronymes comme snob, spa, golf, mais je crois que le régime des mollahs iraniens vient de rajouter une énorme couche dans la connerie universelle (il faut dire qu'ils sont déjà champions sans testotérone dans cette catégorie). Figurez-vous que le nom de la marque Pepsi (lien en anglais) voudrait dire “Pay each penny to save Israel” et qu'il faudrait donc boycotter la boisson gazeuse car elle servirait à financer les bombardements contre les petits musulmans. Les barbus n'ont pas pu inventer quelque chose de plus intelligent dans leur combat contre le Grand Satan américain et le Petit Satan hébreu. On retrouve là les figures classiques de la polémologie linguistique : se choisir d'abord un adversaire symbolique (ici Pepsi, cela aurait pu être n'importe quelle autre grande marque), ensuite on invente un complot – de préférence sioniste mais le complot marxiste, jésuite ou maçonnique marche tout aussi bien –, après quoi on sort la preuve suprême : l'étymplogie qui est la science de l'origine vraie et tout le monde des symboles devient transparent ! Et tout le monde de tomber à genoux devant la vérité vraie révélée... La fausse étymologie, c'est d'abord de l'idéologie, de la propagande, de l'endoctrinement, du bourrage de crâne, du décervelage, de la bêtise en barre ! C'est du Da Vinci Code appliqué à la lettre. Courage ! la barbarie est devant nous... On peut faire dire n'importe quoi à n'importe quel mot si on évoque son étymologie inventée pour la circonstance.

mardi, 01 août 2006

Maïscédoine

medium_maiscedoine1.jpgEn allant faire mes courses ce matin, j'ai découvert ça : la maïscédoine. C'est une macédoine de légumes (haricots verts, carottes, navets, petits pois, flageolets) à laquelle on a ajouté du maïs. Un examen de Google me montre que le mot-valise n'est pas très répandu : une soixantaine d'occurrences, principalement dans les magasins en ligne. Néanmoins, on peut le trouver aussi sur un site culinaire, dans les menus de quelques restaurants ou cantines. Il fallait bien que ce genre de produit et de nom arrive un jour : cela fait bien trente ans que les Français ouvrent des boîtes de maïs pour en ajouter le contenu à des salades, donc autant leur offrir le tout en un. J'ai d'ailleurs vu passer toutes les variétés de salades composées avec du maïs : céleri, carottes, concombres, betteraves, soja. Il devient difficile d'échapper au maïs dans les cantines scolaires. Mais, mis à part le changement culturel dans les habitudes alimentaires, cela n'a pas grand sens : une macédoine – terme datant du XVIIIe s. – est forcément un assemblage hétéroclite de légumes (dont la liste n'est pas limitative) ou de fruits ou de grains, comme la jardinière, la salade russe ou l'olla podrida. Il n'y a pas une liste fixe des ingrédients.