dimanche, 13 juin 2010

Où en est la Belgique ?

Aujourd'hui, les Belges votent — enfin, disons que les Flamands et les Wallons votent — afin de trouver un hypothétique gouvernement qui mettra autant de temps à être formé qu'à gouverner. La Belgique est un pays très compliqué : les francophones se nomment communauté française, mais ils sont Flamands, Bruxellois ou Wallons, les Flamands ont comme langue officielle le néerlandais, mais ils parlent en fait le flamand occidental ou oriental, le brabançon ou le limbourgeois et la région flamande a comme capitale Bruxelles qui n'est pas en Flandre et qui est bilingue. Il y a encore une communauté germanophone, mais on ne va pas s'embêter avec ça, c'est déjà assez compliqué si l'on parle des communes à facilités, alors les cantons rédimés...

Pour comprendre un peu la Belgique, voici une vidéo dont le lien a été donné par lamkyre sur un forum. Êtes-vous prêts pour votre première leçon de néerlandais ? À la fin de ces explications, vous serez capables de faire comme TF1 qui ne sait plus où placer Flandre et Wallonie, ni dessiner leurs contours (mais en indiquant bien les Fourons ce qui n'est pas un mince détail quand on sait ce que cela a provoqué avant BHV).

TF1 redessine la Belgique.jpg

dimanche, 01 février 2009

Miss Belgique

Dorénavant, miss Belgique devra savoir parler français et néerlandais :

Il y a encore un an, Zeynep ne connaissait aucun mot de néerlandais. "Pour moi, c'était un peu difficile, je n'avais jamais suivi de cours et en plus je ne suis pas née en Belgique" témoigne la Miss.

 

vendredi, 25 avril 2008

MSN-er

Si Apple n’aime pas que son vocable podcast soit utilisé à tort et à travers, pour Microsoft c’est le verbe MSN-er de la si gutturale langue hollandaise qui lui reste en travers de la gorge. MSN-er est en effet un verbe que l’on peut trouver dans le dictionnaire néerlandais Van Dale, et cela Redmond ne le supporte pas...

Il me semblait que l'infinitif des verbes en néerlandais avait toujours une désinence en -en, comme en allemand. Un suffixe en -er indique plutôt un nom d'agent ou de personne.  Cette terminaison est en réalité française comme celles de friender et de dé-friender.

samedi, 17 novembre 2007

Du développement séparé

On ne verra donc plus "soldes", mais seulement "solden" ou... "sales", puisque certains esprits malicieux feignent d'avoir compris que le mot anglais n'était, lui, pas interdit.

Le reste de l'article est assez contrasté, nuancé et diversifié quant aux points de vue. (Il semble que l'expression "racisme linguistique" déjà employée par une ministre soit rentrée néanmoins dans le lexique usuel wallon.) C'est étrange : chacune des langues de la Belgique est étrangère aux autres sans pour autant être une langue étrangère. Notons que la troisième langue belge, l'allemand, n'est pas prise en compte dans cet embrouillamini, mais... que se passerait-il si quelqu'un voulait rallier aussi des clients germanophones hors d'Eupen-Malmédy ?

Le titre peut se traduire par un mot afrikaans-anglais fort connu et employé en français... 

samedi, 27 octobre 2007

Racisme linguistique

Cela se gâte de plus en plus en Belgique, et il ne manquait plus que la commune des Fourons pour rendre la situation encore plus incompréhensible (elle avait déjà déclenché l'une des plus graves crises auparavant et avait permis une plus grande partition) :

Le bourgmestre de Fourons a déclaré ce samedi que cette menace ne l'impressionne nullement et qu'il n'en restait pas moins que Maingain est un "raciste linguistique".

Le tort du conseiller ? Avoir dit qu'il n'était pas obligé comme conseiller communal de s'exprimer en néerlandais puisque cela ne s'applique qu'aux bourgmestres (maires) et aux échevins (adjoints) selon la loi fédérale belge. Il serait difficile d'accuser les Belges d'être racistes entre eux tellement leurs origines sont mélangées entre Flamands et Wallons qui changent de région : le racisme linguistique est donc la seule issue puisque la seule différence est de langue. Cela ne vous rappelle rien ?

jeudi, 18 octobre 2007

Le rat parle-t-il verlan ?

Ah ! je me demandais s'il y avait un IgNobel un peu langagier cette année et c'est quand même arrivé, une fois de plus (parce que les savants fous, cela existe aussi dans les sciences du langage et pas seulement chez les inventeurs de bombes) :

En linguistique, l’étude espagnole montrant que les rats ne font pas toujours le distinguo entre du japonais parlé à l’envers et du néerlandais parlé à l’envers (Journal of Experimental Psychology, vol. 31, n° 1, janvier 2005, pp. 95 à 100). 

Cela me plonge dans des abîmes de perplexité sur les motivations et les hypothèses de départ de ces chercheurs. Sans compter le fait qu'on ne sait pas si les rats font bien la différence entre les deux langues à l'endroit...

jeudi, 21 décembre 2006

Les rames lourdes d'algues

Les rames lourdes d'algues au repos En d'accablantes brumes

La lourde voile risée au rivage bourbeux

Et sur leurs humbles visages la lampe

Après le combat du jour tisse le sourire du soir.

 

Les voilà attablés. Les mots simples, accueillants,

Le sommeil de l'enfant qui, joyeux et las, pèse sur la chambre ;

Les lentilles, le poisson, les radis rosés

Et le souffle des femmes qui soulève leur sein.

 

Ils se reposent paisibles après la tâche journalière

Partageant entre amour et sommeil la pieuse nuit d'été.

Pour moi ? La désolation lasse d'une lourde veillée

Et la pesante solitude qui martèle mes tempes.

 

Karel Van de Woestijne 

mercredi, 20 décembre 2006

Arrivés à ton éternel horizon

Arrivés à ton éternel horizon

Prêts à subir tes passions séculaires

Avec nos rêves les plus troublés

Et la calme fierté de nos regrets

 

Accueillants à toutes les consolations

Reconnaissants pour toute douleur,

Ainsi nous contemplons l'or de ton orient

Et le courroux de ton sombre couchant.

 

Ainsi sous le vêtement de nos chimères

Notre poitrine est lacérée par la vie

Sur nos lèvres est le sel de nos larmes

Mais dans nos cœurs ton sel nourrissant.

 

Ô mer fragile en tes temples de vagues

Et forte d'un vent encore survivant

Étendue comme une femme impudique,

Nue ainsi qu'un enfant innocent,

 

Ô mer qui dans le matin incertain

Te morfonds dans l'attente,

Cachant la tempête en ton sein

Et ton pâle visage dans la lumière :

 

Vois, nous avons atteint ta vie

Dans l'angoisse de notre éternité

Avec nos rêves les plus troublés

Et la calme fierté de nos regrets...

 

Karel Van de Woestijne

 

mardi, 19 décembre 2006

L'échelle et la corde

L'échelle et la corde, la paille, le froid luisant

De la bassine et du couteau... Le frissonnant matin dissimule et attend.

Inerte l'air. Et les silences écoutent le silence.

Plus sourde est la maison que nuit d'hiver sous la neige.

— Le chaudron nettoyé où l'on a cuit de lourdes drêches.

Et la bête est dehors. Des doigts gourds mais experts tâtent.

La truie frémit, l'œil de biais... Et le jour

Est pareil à une morte que je ne pus aimer...

— Vide est le jour. Écoute à l'écurie trépigner les chevaux.

Vide est le jour. Les cloches de Noël tintent caverneuses...

 

Mon Dieu, je fus cette tête sur laquelle vous prouviez votre grâce.

Ils le savaient. Et ils me gavèrent comme cette bête

Qui nourrissait leurs désirs et que sacrifiera leur plaisir.

Leur rancune nourrissait mes ardentes convoitises.

Je devins beau et ne compris pas leur envie...

L'heure est venue, mon Dieu, où ils vont m'immoler

Et — rien où ma défense puisse cramponner l'angoisse...

 

— Vide est le jour. Les cloches de Noël tintent caverneuses.

 

Karel Van de Woestijne   

 

 

lundi, 18 décembre 2006

Je te lie au cœur du verbe

Je te lie au cœur du verbe, comme l'arbre

T'enferme aufond des crevasses résineuses de sa dure écorce,

Ainsi que le fleuve te lave ou t'enchaîne dans ses flux

Selon que la marée les cingle ou les réprime.

 

Comme le vent te saisit dans les tourbillons de sa force

Maussade ou sous le poids de la lourde chaleur d'été,

Comme le soleil qui brandit sa torche au milieu de sa course

Où que tu ailles ou viennes en ton voyage.

 

Je te lie au cœur du verbe, du mètre et du nombre

Afin que dans la danse une et diverse de la cadence

Dans la souplesse des rythmes et de leur chute

 

Année, celui qui lit ou goûte en méditant mon vers

Et déplore sa fugace existence livrée à la fuite des saisons

Se réjouisse l'âme de l'éternelle beauté que tu lui prêtes.

 

Karel Van de Woestijne 


samedi, 09 septembre 2006

Pot-pourri belge

Je fais un petit vrac au sujet de la Belgique car il me semble qu'en ce moment l'actualité linguistique du royaume est un peu plus riche que d'habitude.

D'abord, on apprend que les Wallons ont conscience que les Flamands font plus d'efforts qu'eux pour parler l'autre langue.

Ensuite, les élections communales (municipales en France) sont l'objet de polémiques dans deux communes à facilités de la banlieue bruxelloise : les convocations sont rédigées en flamand pour des francophones.

Les propos du président flamand Yves Leterme (la Belgique ça est compliqué, le président flamand a un nom français et le président wallon un nom flamand) sur l'incapacité des Wallons à apprendre le néerlandais ont fait beaucoup de vagues et une plainte est envisagée contre lui pour racisme. Je ne donne que peu de liens, mais l'affaire a fait couler beaucoup d'encre. 

Dans une commune flamande, le français et toutes les autres langues autres que le néerlandais sont interdits dans les écoles y compris dans les cours de récréation.

Tout cela sur fond de complot nazi de la part de militaires flamands, de mise en cause du parti raciste Vlaams Belang dans cette affaire et après les crimes racistes d'Anvers, d'attaques flamandes incessantes contre le prince héritier qui serait soutenu exclusivement par les francophones. La Belgique a une drôle d'allure ces temps-ci.