dimanche, 24 janvier 2010
Bassesse oblige
Je lis ce propos d'Elkabbach et je m'interroge :
"Vous êtes un cinéphile, ça me fait penser à un vieux film magnifique avec Alec Guiness, Noblesse oblige : le bateau coule et le capitaine salue et coule dans la dignité".
Quand on connaît l'intrigue du film, on sait que ce capitaine (d'ailleurs joué Alec Guiness comme pour les autres membres de sa famille) est justement le seul qui n'a pu être assassiné par le personnage principal qui a éliminé tous les concurrents pour son accession au duché. Ce n'est qu'une péripétie du film, non son épilogue. Or ce personnage qui est le fil conducteur rédige en prison ses mémoires avant son exécution, ce qui donne lieu à des retours en arrière comme celle-ci, inspirée d'ailleurs d'un fait réel ou du moins rapporté par la presse. Qu'est-ce que cela veut dire ?
On est dans le débat totalement piégé dès le départ. Plusieurs hypothèses sont possibles ensuite (je ne connais pas l'émission).
Bayrou reconnaît sa cinéphilie, dit qu'Elkabbach a mal résumé le film, puis il le raconte. Il se piège, car il doit avouer alors qu'il a assassiné tous les rivaux qui pouvaient prétendre à la possession des sigles UDF et MoDem.
Bayrou rentre dans la métaphore afin de dire qu'elle est fausse d'un pur point de vue cinéphilique, sans relever l'énormité d'Elkabbach, mais cela ne relève pas le débat pour autant. On est dans la langue de bois.
Bayrou dénonce le procédé totalement faussé par ce genre de comparaisons biaisées qui n'ont pas lieu pour des personnes de la majorité. On lui répond alors que tout le monde est également traité. La bonne vieille blague !
Je ne sais comment il a répondu et au fond je m'en fiche. Ce qui m'importe, c'est de voir comment un journaliste très brillant arrive à aligner un homme politique aussi brillant, qu'il aurait pu ménager quelques années plus tôt s'il avait été du même côté. On amène un fait anecdotique et accessoire comme le fait essentiel, on fait appel à une culture supposée devant laquelle il ne faudrait pas se défausser. On attend de savoir s'il va répondre à des choses comme : intrigue réelle du film, bateau coule, ou bien s'enfermer dans l'assassinat de tous ses adversaires au sein de son parti (alors qu'on n'a jamais posé la question à Mitterrand, Chirac ou Sarkozy !) Ce genre de questions à multiples ouvertures et fortement culturel est le pire de la bassesse à mon avis : il ne faut que prendre la bête dans les filets. Ce n'est pas du vrai journalisme, même si cela en a l'apparence.
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jeudi, 10 septembre 2009
De la récup'
J'adore Christophe Ginisty. Ses déclarations, toutes frappées au coin du bon sens de ma grand-mère atteinte d'Alzheimer, toutes remplies de clichés vieux comme mes robes, sont écrites dans un charabia invraisemblable que l'on n'enseigne guère que dans les écoles de RP (relations publiques, autre nom des pubeux qui ont honte de la réalité de leur métier). Si l'on ajoute le fait qu'il milite comme dissident Modem, le portrait est complet et on comprend pourquoi il ose des phrases comme :
Nous sommes face à un pouvoir décomplexé qui est entre les mains des "théoriciens du karcher". Ils n'ont jamais caché leurs inclinaisons à pratiquer un populisme douteux, surfant sur la peur de l'autre et le rejet de la diversité.
Le gouvernement français actuel penche en effet du même côté raciste que le gouvernement italien du clown transalpin. Mais il n'a rien à voir avec la tour de Pise ! Le problème des pubeux, c'est qu'ils n'ont jamais ouvert un livre de français ou un dictionnaire, quand bien même seraient-ils inscrits au Modem afin de faire oublier qu'ils s'expriment aussi mal que les gens qu'ils dénoncent prétendument et qui sont issus des mêmes écoles qu'eux; Frédéric Lefebvre aurait pu s'exprimer exactement dans les mêmes termes pour dire le contraire !
21:45 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, politique, modem
samedi, 08 novembre 2008
La Nouvelle Farce aime les sas
Il y a des fois où j'ai vraiment du mal à comprendre les métaphores écologistes et idiotes du MoDem champignacien, dignes de la prose du maire de Champignac :
Et si ces six premiers mois n'étaient qu'une introduction? La mise en souffle, le sas ouvert sur les horizons larges de la société du XXième siècle, cette société qu'il nous reste à construire aussi éloignée que possible de celle qui ne repose souvent que sur la seule surface des choses, brillante et virtuelle...
Normalement, un sas c'est un tamis, donc un instrument qui sert à filtrer ou à retenir ! Et par extension, c'est un local qui permet de se débarrasser de ce qui vient justement du milieu extérieur. Un sas totalement ouvert ne peut exister, puisque le sas sert justement à séparer les éléments dans un espace réduit. Fort heureusement, les sas dans les centrales nucléaires ne sont pas grands ouverts et celles-ci ne ressemblent pas à des moulins ouverts à tous les vents (quoique... en y réfléchissant bien...)
23:06 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : modem, écologie, langue française
mercredi, 22 octobre 2008
Semestrialiser
L'agrégé de lettres classiques François Bayrou s'exprime ainsi pour parler de la réforme à venir de son successeur (et ancien conseiller), l'agrégé de lettres classiques, Xavier Darcos :
Transformer en modules et semestrialiser la classe de seconde au lieu d'avoir une construction du savoir dans le long terme, couper le savoir en tranches et le faire selon la logique du zapping, c'est une catastrophe.
Semestrialiser ? Diable... Pourtant, le semestre existe déjà à l'université afin de favoriser les passerelles, dans des formations supérieures pour permettre les stages, dans certaines formations moins élevées comme des CAP, et même parfois... au collège comme pour des itinéraires de découverte afin de regrouper des heures. Le problème n'est pas l'organisation par semestres (pas plus idiote qu'autre chose étant donné ce qu'est la brièveté d'un troisième trimestre au lycée entraînant une quasi absence de notes), mais la possibilité qu'une matière optionnelle hors du tronc commun puisse être abandonnée en cours d'année ou au cours du cycle suivant. Ce qui risque de se traduire par un joyeux bordel - et je reste poli -, lorsque l'on connaît la vitesse de réaction et le courage de l'administration de l'Education nationale : des classes en sous-effectif ou en sureffectif, des classes sans enseignant et des enseignants sans classe, des salles inadaptées et d'autres vides selon les possibilités d'emploi du temps, des affectations arbitraires afin d'alimenter les flux d'élèves et beaucoup de rancoeurs.
L'agrégé de lettres classiques aurait pu employer comme complément de transformer le mot semestre, plus courant dans la langue. Mais il voulait montrer le caractère monstrueux de la réforme en cours de discussion. Rien de mieux qu'un néologisme. Ce qui permet de glisser sur le fait que les modules existaient déjà depuis bien avant que François Bayrou ne soit ministre et que ceux de français et de mathématiques disparaîtront du fait de la réduction des horaires d'élèves. Semestrialiser, cela vous a un air terrible qui indique un processus artificiel du fait de son suffixe.
17:36 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, enseignement, éducation, profs, langue française, modem, bayrou
samedi, 17 mai 2008
Antiphrase
Enfin, la jeune formation politique a du renoncer à se rebaptiser "Solid" - pour "Social, libéral, démocrate" - des doutes s'étant exprimés sur une appellation jugée"trop ébouriffante" par certains élus NC.
L'origine est marqueteuse, il fallait s'en douter :
S'il [le nom Solid] devait être retenu, cette nouvelle appellation d'origine contrôlée par « une agence de communication politique très connue sur la place de Paris », selon Hervé Morin, devrait être révélée à la rentrée.
Le problème, c'est que le nom prête surtout à raillerie. Solide, un centriste ? Comme allié, ce ramassis de traîtres n'a guère montré une solidité de convictions et un grand attachement à son candidat. Solide, alors que ce parti a besoin d'un autre ultra-majoritaire pour obtenir des élus, ou pire encore de liquide ? Solide, alors qu'il est réduit à un groupuscule d'élus locaux et tout juste avec un groupe parlementaire dans une seule des deux assemblées ? Si la proposition n'a pas été retenue, ce n'est pas tant parce qu'elle aurait décoiffé, mais parce qu'elle était ridicule ! C'était la voie directe vers la guignlisation.
20:32 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, nouveau centre, solid, udf, modem, langue française, publicité
jeudi, 10 avril 2008
Le mythe du congrès fondateur
Voilà un truc qui m'épate : un parti qui se donne un congrès fondateur alors qu'il existe déjà.
"Vous aurez des surprises", a déclaré le ministre de la Défense lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. M. Morin, qui a reçu à dîner la semaine dernière une vingtaine de sénateurs centristes, a précisé que ces adhésions interviendraient "avant le congrès" fondateur du Nouveau centre les 16 et 17 mai à Nîmes.
Parce que si je regarde bien... Le Nouveau Centre a déjà déposé des statuts afin de pouvoir bénéficier des subventions publiques avec l'aide d'un amendement UMP et surtout de la candidature de toute la famille Morin et de ses domestiques aux législatives (c'est tout juste si l'on n'a pas échappé au canari Morin dans le Cantal-Maritime ou au poisson rouge Morin dans les Pyrénées-des-Hautes-Alpes), présenté d'autres candidats aux municipales et cantonales, revendiqué un ministre et deux ou trois sous-ministricules. Mais il faut un congrès fondateur ! Une grand-messe qui permet de se faire de la publicité et surtout de se hisser du col. Le congrès fondateur est plus important que tout le reste : le PS par exemple n'existait pas selon certains avant Epinay et surtout l'arrivée de Mitterrand qui avait adhéré la veille ou fait semblant d'adhérer (donc sans adhérer vraiment, parce qu'en bonne stratégie mitterrandienne, il ne faut jamais se découvrir et laisser tous les doutes possibles). Le MoDem n'était pas avant son congrès fondateur conduit un Bayrou saisi par l'esprit de Lanzo Del Vasta, mais il se nommait MoDem quand même et s'est présenté néanmoins aux législatives avec l'étiquette MoDem sans qu'il y ait eu le moindre congrès fondateur avant. Qu'est-ce donc que ce congrès fondateur si le parti (ou le syndicat ou l'association) a déjà déposé ses statuts et est reconnu comme tel, avec subsides à l'appui ? Un mythe pour caméras ! Parce que le congrès fondateur dans une grande salle de spectacle, sur une estrade, avec la foule qui applaudit à l'unisson et puis l'ensemble des leaders réunis main dans la main ou poing levé ou main tendue, cela vous a tout de suite des airs de meetings cubains unanimistes qui sont un peu plus affriolants que des réunions dans des salles administratives assez banales. On peut alors chanter la Marseillaise, l'Internationale ou un Te Deum. Cela résonne. Cela ne raisonne pas.
17:18 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, nouveau centre, udf, modem, ump, morin
mercredi, 05 mars 2008
Du côté des cantonales
J'ai reçu les professions de foi des candidats aux cantonales de Champignac. Rien à dire sur le fond, sauf que...
- La candidate du Front Haineux n'a pas sa bobine ou sa signature ou un discours adapté sur le document. On a affaire à un vulgaire tract national (en quadrichromie certes), mais sans aucun rapport les sujets locaux et sans mention de la candidate. On pourrait faire élire un singe sur une telle base.
- Le document MoDem utilise systématiquement la couleur orange pour les titres de rubrique ou les idées importantes. C'est un peu lassant. En revanche, l'UMP a renoncé au bleu-blanc-rouge par prudence et s'est rabattue sur un ocre fadasse à la place du rouge, couleur qui n'est pas si loin de l'orange du MoDem. Il faut brouiller les pistes.
- Le MoDem, le PS, et l'UMP utilisent des polices faussement manuscrites, afin de personnaliser le document (formule de politesse, signature, slogan), mais on voit qu'une des signatures n'est pas écrite à la main (je laisse deviner le parti).
- Le candidat PS insiste lourdement et à plusieurs reprises sur le fait qu'il vit et travaille dans le canton, qu'il est champignacien depuis sa "plus tendre enfance", histoire de suggérer que ce n'est pas le cas de tous...
- La candidate du MoDem s'engage à tenir un blogue "où chacun d'entre vous pourra m'interpeller et s'exprimer" ! Mais c'est avant l'élection qu'il fallait le tenir, Stéphanie... La politique 2.0, c'est une course de fond.
- J'en viens au candidat du PCF au document le plus austère (noir et blanc, typographie des plus réduites, une seule police, on se croirait revenus dans la RDA des années septante, restrictions budgétaires obligent) et ce slogan écrit en corps 48 : "Donnez-vous des élus(e) utiles". J'ai envie d'adhérer au PCF pour pouvoir corriger les textes des candidats !
12:44 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française, ps, modem, ump, pcf
mercredi, 13 février 2008
La nouvelle farce
A Champignac, nous avons une quatrième liste en compétition pour les municipales. Elle se présente comme arc-en-ciel (orange-rose très pâle-vert). Ce qui est amusant dans son programme sur le site en ligne, c'est qu'un article sur deux commence par "Nous pensons que..." et que certains ne sont pas finis. Exemple :
Néanmoins, la politique culturelle constitue un élément important du rayonnement culturel de notre ville et dans ce domaine, nous affirmons la volonté de la mettre en œuvre en direction de tous les (...)
Où cliquer pour lire la suite ? On ne le dit pas... On restera sur ces points de suspension comme dans d'autres pages. Résumé des épisodes précédents : chacun des sites électoraux de Champignac est mauvais, mais chacun à sa manière.
Je vous laisse aussi juges du style : le rayonnement culturel dépend de la politique culturelle... Mais bon sang ! c'est bien sûr !
21:59 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ps, vert, modem, blog, internet, web, châlons
dimanche, 16 décembre 2007
Problème
Je me suis laissé entraîné dans une dispute chez Laurent Gloaguen. J'ai reproché à un intervenant le fait de parler de problème de l'immigration.
Poser l'immigration comme un problème est à mon avis une manière de répondre par avance à ce qui est d'abord un fait. On utilise le présupposé lié au mot problème comme celui d'une difficulté, d'un danger, d'une agression possible.
Or il n'existe pas de problème de l'immigration. Cela peut se faire dans les crânes creux de ceux qui s'imaginent un tiers monde déferlant par des pirogues ou des cargos poubelles jusque sur nos côtes (après avoir payé lourdement les passeurs de clandestins). Il n'existe en fait que des problèmes de politiques nationales. Il y a des pays où il ne fait pas bon vivre (famine, guerre civile, dictature, banditisme généralisé). Il y a aussi des pays où la vie peut être meilleure. Et notre grandissime président a déclaré qu'il était prêt à accueillir tous les opprimés de la Terre et même à leur accorder la nationalité française (si, si, cela a été le cas pour les infirmières bulgares). On doit donc accueillir selon lui toute la misère du monde. Ce qu'il ne fait pas, cela va de soi.
Mais dire que l'immigration est un problème, cela me semble donner de celle-ci une idée au préalable. On ne parle pas de problème sans intention. Si je parle du problème du cumul des indemnités ministérielle et présidentielle du magnifique président, ou du problème de sa participation à une société d'avocat, ou de son augmentation de plus de 200 %, ou de son implication comme ministre dans un achat d'immeuble, on voit bien que j'ai une idée derrière la tête.
La rhétorique d'extrême droite a toujours consisté à poser l'immigration comme un problème parce qu'elle prétendait apporter des solutions. Il faut sortir de la logique qui consiste à penser qu'elle pose de bonnes questions ! Parce que les réponses sont déjà dedans...
17:04 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (51) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, ump, sarkozy, udf, modem, racisme
lundi, 26 novembre 2007
Le vieil Alsacien
Rions avec Jean-Marie Cavada.
Je regarde avec beaucoup de sympathie notamment en effet l'initiative de Jean-Marie Bockel qui est par ailleurs un vieil Alsacien comme moi.
Vieil Alsacien est un argument politique pour indiquer une proximité de pensée, un courant philosophique ? C'est nouveau... Et en quoi le fait d'être issu d'une famille de notables alsaciens (père notaire et adjoint d'un maire MRP, oncle archiprêtre et compagnon de la Libération) fait-il de quelqu'un plus un Alsacien que les autres ? D'une vieille famille alsacienne, soit. Et encore... si on ne remonte pas trop dans le temps, parce que les racines pourraient se trouver ailleurs.
Le problème, c'est que Jean-Marie Cavada n'est pas un vieil Alsacien ou d'une vieille famille alsacienne : né à Mirecourt dans les Vosges où il a fait toute sa scolarité, études poursuivies ensuite à Nancy donc en Lorraine encore ! Il n'a séjourné en Alsace que durant cinq ans, d'abord pour son service militaire, puis aux informations régionales de Strasbourg. Moi qui suis d'une famille vosgienne et qui ai longtemps vécu en Alsace, je me dis parfois un peu Alsacien sur les bords, mais je ne me définirais pas comme un vieil Alsacien ou un vieux Vosgien. On peut avoir de l'amour pour ces régions, mais de là à se donner des brevets d'ancienneté et à en faire une base pour un programme politique...
Le propos intervient comme un cheveu dans la soupe. C'est normal : le style de la phase appartient à cette langue spéciale qu'est le jeanmariecavada. Elle consiste à ouvrir toutes sortes de remarques en marge du propos essentiel, sans aucun rapport avec le sujet principal, sans se préoccuper le moins du monde de leur cohérence et de leur adéquation à la réalité. On ne sait jamais comment le propos finira, tant il y a de circonlocutions baroques et d'effets de brume... Quand, dans la suite de cette phrase coupée, Cavada précise qu'il se considère comme de gauche, cela a à peu près autant de véracité que pour le vieil Alsacien. De gauche ? Depuis quand ?
16:37 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, cavada, modem
mercredi, 06 juin 2007
Modulateur-démodulateur
Il n'a fallu que quelques heures pour que le fameux Parti démocrate de François Bayrou (dont les initiales en PD étaient un peu dérangeantes) soit appelé familièrement Modem. Quelques remarques au sujet de ce nouveau sigle.
D'abord, l'homme au tracteur met en avant son engagement auprès d'une certaine boboblogosphère (le candidat face à Santini est particulièrement cocasse) et cela permet à la presse de se payer des titres jouant sur les mots à propos des connexions, des mots de passe, des réseaux, etc. Tout un lexique d'origine informatique qui rentre dans le langage usuel (quelle ne fut pas ma stupéfaction d'entendre une caissière de supermarché dire qu'elle allait demander Alt-Ctrl-Suppr à la caissière en chef qui devait venir simplement avec une clé).
Ensuite, l'abréviation est faussement coupé puisque cela devrait faire MD ou Moudé, voire Moudém. Mais il faut bien insister sur le côté branché et moderne. Modem, la troncature est fausse : le digramme notant la voyelle ou est coupé, la seconde syllabe de démocrate est coupée à moitié. Passons, puisqu'il existe d'autres sigles coupés ainsi afin de faciliter la prononciation comme Assedic.
Toutefois, ce qui est remarquable dans le Modem, c'est sa typographie anglo-saxonne : capitale interne et absence d'accent, MoDem. C'est venu un peu plus tard que la prétendue création spontanée de l'abréviation venue de la base. Comme s'il avait fallu corriger le nom du fait de la fréquence du mot modem sur la Toile (démodulateur est sans accent car cela correspond au nom anglais d'origine, le mot composé n'a jamais été francisé). Et je suppose qu'en fait le nom de Parti démocrate était seulement en référence au parti américain du même nom, tout comme avant la Nouvelle UDF était seulement en référence au New Labour de Blair.
Enfin, le nouveau nom est bizarre : UDF-MoDem, soit Union pour la démocratie française (exit donc la nouvelle) et Mouvement démocrate, comme s'il fallait se préserver du Nouveau Centre qui voulait utiliser aussi le sigle UDF et comme si ce parti dit nouveau n'existait que de manière virtuelle. MoDem, cela ressemble à McDo. C'est du hamburger avec plusieurs couches à la consistance d'un papier buvard.
11:34 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : udf, modem, bayrou, ps, royal, politique, socialiste


