mercredi, 13 mai 2009

Métaphores lorraines

Nous répondons à une demande de Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, cadres de l'UMP du Cantal-Maritime.

Au secours, comte chéri et adoré ! Mon abominable prof de français marxiste, chevelu et barbu est encore une fois en grève à l'approche des examens et pendant les ponts ! Comme il sait que je suis une sarkozyste de gauche, il m'a tendu un piège avec sa séquence "La  prétérition et l'ineffable dans le mitterrandisme". Vous seul pouvez m'aider, parce que je ne comprends strictement rien au texte de Patricia Kaas qu'il nous avait photocopié avant de partir en congé maladie peu avant les vacances. Vous savez que j'ai absolument besoin de ce bac STG que je présente pour la troisième fois afin d'être acceptée en BTS Force de vente ! 

Jaloou-ou-ouse !
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !

Posons la problématique d'abord : Patricia Kaas, cette chanteuse exemplaire des années Mitterrand, est d'abord la voix de la France et surtout d'une région plus admirable que toutes les autres, d'autant qu'il faudra la soutenir pour cette admirable épreuve de l'Eurovision : j'ai nommé la Lorraine. Patricia Kaas est la Lorraine par excellence. On peut donc dire que toute la chanson sera une allégorie de l'histoire de cette région martyre.

Grâce à cette métaphore, nous pouvons établir que les responsables de la jalousie sont François Mitterrand et le père Chérèque qui ont revendu à bas prix les outils de la sidérurgie lorraine (représentée par Patricia Kaas). Cela fait évidemment allusion aux manifestations de l'époque.   

Jalou-ou-ouse !
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me noooiiie

Relevez d'abord l'antithèse du troisième vers qui définit tout l'art de la chanteuse (mais évitez surtout de dire que Carla ne pourrait jamais hurler trop bas). Développez ensuite sur la métaphore du dernier vers en imaginant un parc d'attraction en Lorraine à la place des usines et des mines.

Je fouille tes poches, je lis tes lettres
J'écoute aux portes, oui je te guette
J'ai mal, je pleurs, je vérifie
Non, je n'crois pas tout c'que tu m'dis
T'avais qu'à pas mentir !

Imaginez donc la Lorraine trahie qui attend toujours les promesses faites à Rombas et Pompey par Mitterrand en 84, comme aujourd'hui votre héros à Gandrange.


Et quand tu mens, je r'ssens là-dedans
Mon cœur, mon cœur qui fout le camp
Je crois que j'vais mouriiiir
Mais je meurs pas, non je suis là
Je veux pas m'arracher de tooii
J'm'en fous, j'aime mieux souffriiiiii-i-i-i-ir

Représentez-vous le dilemme de la personne qui veut croire et ne peut croire. Rappelez-vous de vos notions de la tragédie classique. Nous avons affaire à une héroïne racinienne de pure race.


Jalou-ou-ouse ! (Jalouse )
Jalouse de tout !
Je soupçonne toooouuuu-ou-ou-out !
Casse-cou !
Jalou-ou-ouse !
(Jalouse )
Tu n'imagines pa-a-aaas
Je hurle tout baaaa-a-a-aas
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Et je me nooooiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie
Je me nooooooiiiiiiiiiiie

Concluez en disant que cet hymne aurait pu triompher à l'Eurovision si le jury avait été moins corrompu, dissolu et incompétent.

Ah zut ! je viens de m'apercevoir que je contreviens à Hadopi.