mercredi, 04 août 2010

Säiliöt

— Ateliers de fausse fabrication de monnaie pour les enfants. Bugey plus, juillet-août.

— Attention donc à ceux qui prendraient la voiture éméchée. L'Union, 16 juillet.

— Le récit conduit aux grabats désastreux du bas peuple victime d'excès en tous genres aggravant à l'extrême son misèrable quotidien. Le Sillon, mai 2010.

— Un nouvel accident de la circulation entre Vallorbe et la douane du Creux fait sortir un Vallorbier de ses gongs. 24 heures, 17-18 juillet.

— Des chiens que l'on soigne en ce moment majoritairement pour des tics : la chaleur favorise l'éclosion des larves et donc des tics. L'Union, 16 juillet.

— Il s'appuie sur ses canes, mais le moral est bon. Nice Matin, 18 juin.

— Fermeture des Cinq-Bonniers en août. C'est une décision rare dans les anales du Centre social. La Voix du Nord, 23 juillet.

— Les bêtes se nourrissent aussi de feuilles, de pouces de chênes. Corse Matin, 21 juillet.

— Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, ne les a pas déferrés  en vue de l'ouverture d'une information judiciaire. Ouest France, 17-18 juillet.  

mercredi, 30 juin 2010

Cregyn

— Quelques automobilistes ont retrouvé leurs véhicules complètement immaculés de boue. Le Progrès, 15 juin.

— Les chauffeurs de bus ont débraillé. Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 juin.

— Les pompiers sont intervenus alors que le camion se consommait sur l'aire de de repos de Lupian. Midi libre, 18 juin.

—[Les salariés] se disent pressurisés au quotidien. Le Télégramme, 18 juin.

— "Il n'y a donc pas de trafic du côté de chez Swann..." Un bon mot (du juge) qui déclenche une légère rumeur de jovialité dans la salle : tous pensent à la chanson de Dave. Les Nouvelles Plus (Versailles), c16 juin. 

mercredi, 23 juin 2010

ჭურვები

— Les policiers avaient repéré une voiture et une moto en plein slalom sur la rocade. Ils ont été placés en garde à vue. Ouest France, 15 juin.

— La gendarmerie a déployé d'importants moyens pour rechercher une adolescente sourde et muette, et qui, de double nationalité marocaine et espagnole, ne parlait pas français. La Dépêche du Midi, 9 juin.

— Monté de son Auvergne natale, il fut un simple gratte-sauce. Le Nouvel Observateur, 6 juin.

— Recherche une personne avec des connaissances arboricoles pour assurer le suivi et l'entretien annuel des verges. Bio nouvelles, juin.

— Son corps a été incarcéré au crématorium de Caen. La Manche libre, 12 juin. 

mercredi, 16 juin 2010

Κελύφη

— Héritière de l'enseignement maritime créé par un édit de Louis XIV, elle [l'École nationale de la marine marchande] prend son envol grâce à Colvert. Presse Océan, 7 mai.

— Il n'avait pas supporté que son entreprise de distribution de vidéos n'avait plus besoin de ses sévices. Métro, 7 juin.

— Quatre ans de privatisation de toutes sortes. Le Pays Briard, 1er juin. On parle de la période de l'Occupation allemande.

— Avant d’accepter l’invitation à déjeuner de Nicolas Sarkozy, mercredi 9 juin, à l’Elysée, le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë, et le président (PS) de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, avaient posé, depuis plusieurs semaines, des conditions. Le président de la République les a exhaussés. Le Monde, 10 juin.

mercredi, 09 juin 2010

צדפים

— L'implantation d'éoliennes à proximité d'habitations peut faire baiser leur valeur. Le Particulier, juin 2010.

— Le mari, épris de boisson, frappait sa femme. La Lozère nouvelle, 28 mai.

— Nous avons l'intention d'activer le partenariat dans un large épouvantail de marques à travers le monde. La Lettre du sport, 28 mai.

— Nous honorons cette unité pour honorer la mémoire de nos descendants. La Voix du Nord, 30 mai.

— Elle fondit une nouvelle congrégation, les Ursulines du Coeur de Jésus. La Croix, 29 mai. 

mercredi, 02 juin 2010

गोले

— Le duo Noun Ya, avec Naïssan Jalal à la flûte et Yvon Pattard au luth arable. Le Réveil, 19 mai.

— Tout a été testé dans des épuisettes sur de la "vraie" peau. Le Nouvel Observateur, 6 mai.

— Stéphanie R. et Marc C. se sont dit oui après quelques années de réfection. Le Progrès, 17 mai.

— On peut se demander à quelle logique obéit la désignation de 15 vice-présidents. Si ce n'est distribuer des prébandes. Midi-Pyrénées info, mai-juin 2010.

— C'est sur la place du Vieux Collège que l'attraction fut la plus vive, dynamitée par l'Amicale Trial. L'Essor 74, 22 mai.

— La canne qui avait dernièrement fait son nid dans une jardinière de la ville n'a pas disparu. La Nouvelle République, 26 mai.

— Déjà quelques éclaircies égaillent cette matinée dans la Marne, les Ardennes et l'Aisne. L'Union en ligne, 2 juin.

mercredi, 19 mai 2010

Kagyló

— Les corps seront eux soumis de nouveau aux terribles cadences dont on vous rabat les oreilles. La Dépêche, 3 mai. Un classique.

— Les Havrais n'avaient pu se rendre en Corse en raison du nuage de fumée suite à l'irruption du volcan islandais. Corse-Matin, 6 mai. Déjà vu plusieurs fois au cours de ces trois dernières semaines.

— Feu vert de Bruxelles pour le déblocage des aides aux ostréiculteurs victimes de la moralité des huîtres juvéniles. Ouest France, 8 mai.

— Le 1er juin 2009, un  A 330 d'Air France reliant Rio à Paris s'était écrasé dans l'océan Atlantique avec 228 morts à son bord. Libération, 10 mai.

— Un fugueur électrocuté... la préfecture de police assure qu'il est originaire de Sevran où la tension reste vive. Le Monde, 6 mai. Le courant passe toujours mal entre la police et les jeunes de banlieue.

mercredi, 12 mai 2010

Skeljar

— Dimanche 26 mai, 10 h 30. Messe avec distribution de pains pénis. Le Perche, 28 avril.

— Si nous avions adopté l'euro, les retombées du crack auraient été encore pires. Marianne, 7 mai. Je crois que l'erreur a été commise dans bon nombre d'articles, tout comme celle consistant à confondre le krach avec le crash.

— Le Biterrois se confit à quelques heures d'entrer dans les arènes. Midi libre, 16 avril.

— Surveillez gorge, yeux, ovaires et l'état de votre véhicule. Le Progrès, supplément TV, "Astrologie", 2 mai.

— Les Niçois restaient fidèles au Piémont Sardaigne avec vigilance et circonscription. Nice-Matin, 2 mai.

mercredi, 05 mai 2010

シェル

— Nous attendons le paiement des oeuvres supplémentaires. Midi libre, 20 avril.

— L'éruption de ce volcan a entraîné une fondaison des glaces. Corse-Matin, 6 avril.

— En 2007, le vélo était utilisé pour moins de 4 % des délacements. Ouest-France, 28 avril.

— Depuis le début de son mandat, la relation de M. Sarkozy avec ses parlementaires est son tendon d'Achille. Le Monde, 5 mai.

— En Afrique, où des populations comme les Papous vénèrent ces monstres d'antan. TV Grandes Chaînes, n° 159.

— Un détenu décède après un suicide. Nice-Matin, 22 avril.

mercredi, 28 avril 2010

Čaulas

— "Entre les tentatrices, on s'est entendues. C'est cool." Et dans son rôle de menthe religieuse, jusqu'où Vanessa est-elle allée ? L'Indépendant, 16 avril.

— Le premier [médecin] a "dévissé sa plaque" et franchi le Rubicond. Le Monde, 10 avril.

— Au cours de la poursuite, l'homme multiplie les accélérations et les freinages, puis enclenche la marche arrière pour percuter attentionnellement la 207 des policiers. Paris-Normandie, 10 mars.

— On les croit insomniaques : on se trompe. Un tiers des seniors dorment 7 ou 8 heures par semaine. Nord-Eclair, 10 avril.

—  Moi ça me choque profondément qu’on puisse intenter au drapeau républicain, y compris dans une photo (…). Il y a un certain nombre de pays où on ne transige pas avec le drapeau national, c’est-à-dire qu’on n’a pas le droit d’intenter au drapeau national d’une manière ou d’une autre. Luc Châtel, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Education nationale, 22 avril.

mercredi, 24 mars 2010

Qxur

— On ne cesse de nous suriner. La Dépêche du dimanche, 7 mars.

— Pas besoin d'attendre le dépouillage. Var-Matin, 13 mars.

— [Le Pen] ne pardonne pas à l'ancien président [Chirac] de l'avoir mis au banc de la classe politique. L'Express, 11 mars.

— Accident mortel : plus de peur que de mal. Ouest France, 17 mars.

— Sulfureuses Onze mille vierges d'Apollinaire. La République du Centre, 13 mars.

lundi, 22 mars 2010

De la Bérézina

Berezina.jpgBon. Tu vois ce splendide tableau du plus pur art pompier du XIXe s. et tu te demandes ce qu'il a à voir avec l'actualité, et tu as raison. On y voit pêle-mêle de la fumée de canon, de la glace, des hommes dans un joli écrabouillage général où on ne comprend strictement rien et c'est beau comme de l'antique, on se croirait aux Thermopyles ou dans les Fourches Caudines, et cela donne de jolis effets graphiques avec plein de mignonnes couleurs belles à voir.

On trouve des dizaines de tableaux similaires par des peintres de troisième rayon qui peignent tous les mêmes scènes : le passage de la Bérézina par les troupes françaises et européennes face à l'armée russe. Le paradoxe, parce qu'il faut bien que l'histoire soit étonnante, c'est que la Bérézina a été une des grandes victoires napoléoniennes et Dieu sait si Bonaparte n'a pas été avare en victoires, c'était un génie du point de vue tactique et stratégique à la fois jusque dans sa campagne de France qu'il mène brillamment dans ma plaine champignacienne. Or il se trouve que cette victoire incontestable pour échapper à l'encerclement par des troupes supérieures en nombre et opérant sur leur propre terrain s'est transformée en synonyme de défaite au même titre que Trafagar ou Waterloo. Le problème, c'est que dans la bataille, plus de trente mille hommes meurent. Ben oui... on meurt beaucoup à la guerre, c'est comme ça et pas pour de faux, comme dans les jeux d'enfants.

On comprend alors l'émotion, le sentiment d'une sorte de désastre. Une armée parvient à échapper à un piège redoutable, au péril des eaux glacées face à un ennemi plus puissant et venu de tous les côtés, elle y laisse un bon nombre des siens et ce qui est sa victoire se transforme en une sorte de débacle. C'est cette image que l'on a retenu dans l'imagerie populaire et dans le langage courant. Parce que la victoire était trop chèrement payée.

Maintenant, pourquoi en parler à présent ? Parce que je lis dans la presse l'idée d'une Bérézina de la droite.

- Plus en raison de la crainte d'une Berezina au niveau national et régional que par rapport aux résultats locaux. La Voix du Nord.
- L'UMP tente d'éviter une Bérézina. Les Echos.
- Ce n'est pas la Bérézina. Ouest-France.
- Outre les réconforts alsacien, réunionnais et guyanais (le divers gauche Rodolphe Alexandre, rallié à Sarkozy, l'a emporté), la berezina se confirme pour la droite. Libération.
-
Dans la Berezina ambiante à droite, la candidate (UMP) à la présidence de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, tire son épingle du jeu. Le Monde.

Et je vous évite les 168 autres mentions de la même expression dans le même contexte, selon ce que me donne Google Actualités. Cela donne tout simplement l'impression d'un cliché que l'on emploie sans bien le comprendre. Je décerne cependant la palme à Libération pour l'emploi de ce cliché à contresens et je tresse une couronne de laurier à son directeur qui en est le spécialiste. 

mercredi, 17 mars 2010

Muszle

- Bouse aux vêtements : être prêt pour les beaux jours à venir. La Voix du Nord, 6 mars.

- Monsieur Jacques M, ancien Saint-Christin de la paroisse d'Orival. Paris-Normandie, 9 mars.

- Il m'a tendu une brèche. Je l'ai saisie. Oise hebdo, 10 mars.

- On appréciera ses pétillantes idées culinaires : gaufre de pommes de terre façon club minute aux auberges confites. Le Progrès, 10 mars.

- Le guide de la lecture géologique de la France [est] publié par le Bureau de recherches généalogiques et minières (BRGM). Le Progrès, 18 février.

- Une pluie de cendres, sans danger, a commencé à s'abattre sur l'île après l'irruption de la Soufrière de Montserrat. L'Indépendant, 19 février.

- Suite à d'importantes pertes boursières, il n'était plus en mesure d'honorer ses clients. Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 26 février.   

samedi, 13 mars 2010

La mesure non légale aléatoire

Il me semble que j'en ai déjà parlé dans ce blogue, mais je peux revenir sur le sujet : il s'agit de l'unité de mesure non légale et totalement aléatoire. C'est un marronnier dans les forums de langue où l'on s'extasie devant la sottise de certains clichés. La plus répandue est le terrain de football pour indiquer une surface :

120 terrains de football, c'est la taille de la future centrale solaire géante dans le nord-est de l'Italie lancée hier par le groupe américain SunEdison.

C'est extrait d'une dépêche publiée par Libération et Yahoo. On appelle cela du journalisme sérieux, puisque l'on se contente de donner des faits, des chiffres qui impressionnent. Mais c'est aussi sujet à caution qu'une courbe graphique publiée par Claude Allègre.

Seulement, même moi qui suis totalement ignorant en sciences fautebalistiques, je sais que la dimension des terrains de foutreballe varie énormément. Cela peut aller du simple à plus du double ! Elle représente de 4 050 m² à 10 800 m², avec une recommandation pour les
matchs internationaux de 7 140 m². On apprécie la précision... Et on ne précise pas s'il s'agit du vrai football européen, nommé soccer aux Etats-Unis et au Canada, ou du faux football américain nommé aussi football.

Parmi les autres unités de mesure aléatoire, nous avons le terrain de golf ou de basket, le garage, la Belgique (le seul pays que l'on peut distinguer de l'espace grâce à ses autoroutes illuminées), le bassin de piscine, la cabine téléphonique (surtout utilisée pour les groupuscules politiques). On estime que le lecteur peut mieux se représenter la surface si on lui donne un équivalent qu'il a eu l'occasion de voir sur les étranges lucarnes, mais justement cet équivalent ne veut rien dire. C'est utilisé uniquement pour dire soit que c'est énorme, soit que c'est minuscule.

Autrefois, on utilisait des pouces, des doigts, des pieds, des pas, mais ils avaient aussi une taille fixée selon les villes ou les provinces ou les pays et cela variait déjà énormément. L'invention du système métrique est un des plus grands progrès accomplis par l'humanité, et d'un autre côté il faut le défaire parce que parler d'ares ou de mètres carrés ne dit plus rien au récepteur lorsque l'on veut avant tout communiquer. On fait alors appel aux émotions, aux sentiments comme ceux des amateurs de foteballe qui peuvent ressentir le caractère impressionnant de la surface. Et alors ce n'est plus un chiffre, ce n'est plus un fait même si on le met en tête de rubrique.

mercredi, 10 mars 2010

снаряды

- Au moins le président lui [Michel Charasse] aura-t-il payé le prix fixé : cette élévation au sein des seins juridiques. Marianne, 27 février.

- Des milliers de manifestants ont manifesté hier contre le président Gbagbo qui a dissolu le gouvernement. Ouest France, 21 février.

- Le week-end, le balai des aînés amènement un joyeux mouvement. Le Monde, 25 février.

- Son fils Maurice reprend les rennes et décide de se lancer dans la vinification. Le Bien public, 26 février.

- "Lorsque Nana levait les bras, on apercevait, aux feux de la rampe, les poils d'or de ses aisselles", écrivait Balzac. Le Monde, 7 février.

- Les morts pourront rester, les vivants iront se faire enterrer ailleurs. Le Télégramme, 20 février   

mercredi, 03 mars 2010

граната

- Le spectacle a été précédé de plusieurs allocations très fortes. Isère magazine, février.

- Malgré les nombreuses injections des militaires, l'automobiliste a tracé sa route dans un véhicule volé. Le Dauphiné libéré, 22 février.

- La lame d'une dizaine de centimètres n'aurait pénétré que de cinq centimètres dans sa chaire. Les Nouvelles des Yvelines, 9 février.

- Son visage poupon, son corps figé dans une froideur statuaire n'expriment rien. Le Monde, 9 février.

- Lors de ces contrôles [d'alcoolémie], un conducteur a tenté de se soumettre au contrôle. Le Dauphiné libéré, 22 février.

- Le secteur du parc aquatique s'est révélé le plus aquifère (47 % de l'eau consommée...) Bulletin municipal de Nyons, janvier.

mardi, 02 mars 2010

L'invité dans la campagne

- La sécurité s'invite dans la campagne. Le Monde, LCP

- Le social s'invite dans la campagne. Libération

- Le péage urbain s'invite dans la campagne. Le Parisien, le Figaro

- Le racisme s'invite dans la campagne UMP. L'Humanité

- L'égalité s'invite dans la campagne électorale. idem

- La CGT s'invite dans la campagne. France 2

- La société civile s'invite dans la campagne. La Vie

Etc. Je n'ai pas relevé toutes les occurrences de l'expression, je me suis contenté de quelques médias nationaux au sujet des élections régionales. On peut trouver encore d'autres déclinaisons de la formule avec des noms d'hommes politiques. Le sujet m'a été suggéré par une réflexion de Samuel Laurent (ex du Figaro.fr, nouveau du Monde.fr) qui peste contre la titraille répétitive des dépêches d'agence ou des articles. On a bien évidemment affaire à un cliché. Il est déjà ancien, on le trouve pour les élections présidentielles étatsunienne ou française par exemple.

Qu'est-ce à dire ? Une campagne électorale suit une forme de scénario, elle obéit à un calendrier qui établit les dates de certaines opérations, de certains rituels médiatiques. Normalement, elle suit un cours fixe et les programmes ou les discours sont prévisibles. Mais il arrive souvent quelque chose d'inattendu : un candidat diffamé, une déclaration scandaleuse, une affiche malveillante, un fait-divers spectaculaire, une catastrophe naturelle. C'est l'intrus qui bouleverse l'histoire déjà écrite. Et il devient ainsi qui s'invite sans que les autres acteurs le veuillent. Cela donne une forme de rebondissement dramaturgique. L'histoire ronronnerait trop sans cela. Mais à force de répéter l'expression, elle perd de son intérêt et on n'y prête plus attention.   


dimanche, 28 février 2010

Pique, et pique et Trotsky colégram

Olivier du Boeuf qui pleure m'a signalé cet article de l'Oignon qui vaut son pesant de moutarde tellement il est puant de stupidité, de malveillance, de diffamation et de portnawak. Il se termine ainsi :

Espérons que ce gentil garçon apprenne un jour à faire la différence entre un « pic » et une pique. Qu'il sache néanmoins que la presse est libre, et à l'union peut-être un plus qu'ailleurs en PQR, que nous ne sommes au service d'aucun parti ni même de celui du maire de Vouziers.

Rappeler à un trotskyste (et dans le cas présent un éventuel trotskyste puisqu'il est élu sans étiquette) ce que c'est qu'un pic, c'est je crois une épreuve des plus sadiques. Par les moustaches de Staline, la barbe de Lénine et la chevelure du Che, je ne me serais jamais permis de commettre des plaisanteries au sujet de piolets ou de matériel d'escalade parmi une assemblée avec des trotskystes. Le mot pic est hautement suspect alors.

samedi, 27 février 2010

BHL, Botul, Ségolène, Mouchard et moi

Ségolène Royal ferait bien de se taire par moment. Surtout lorsqu'elle prend la défense de BHL. Je lis ainsi dans le quotidien de réference.

J'observe l'incroyable chasse à l'homme déclenchée contre lui pour une obscure histoire d'auteur sous pseudonyme qui l'aurait prétendument piégé. Et je trouve que le débat intellectuel tombe vraiment, en la circonstance, sous le niveau zéro (le journal Libération n'a-t-il pas été contraint de fermer tous ses forums de discussion "accrochés" aux articles de et sur Bernard-Henri Lévy, tant ils étaient envahis de commentaires antisémites ?).

Le journal Libération n'a pas fermé les commentaires des articles suite à des dérives antisémites, mais il les a fermés par avance en publiant le premier article sur la question Botul et en rappelant que BHL était actionnaire du journal, membre du comité de surveillance. Comme lorsque cela se produit pour les articles sur toute personne ayant part à l'actionnariat ou à la direction de ce journal, il n'y a eu aucun commentaire à aucun moment. C'est déjà arrivé lorsque Laurent Mouchard (alias Joffrin) donnait son point de vue sur les conflits sociaux dans son journal ou tentait un triple-salto arrière afin de se justifier au sujet de ses propos nettement diffamatoires concernant l'épicerie de Tarnac. Le niveau zéro est atteint quand on ne vérifie pas ses informations et que l'on colporte des versions dites officielles. Les propos antisémites abondent dans les réactions sous d'autres articles de Libération, mais cela ne semble absolument pas gêner la direction et le conseil de surveillance. C'est même l'un des journaux en ligne où l'on trouve le plus de textes racistes en commentaire (je veux bien avouer que le Fig ou Marianne ou le Nouvel Obs ne sont pas mal placés non plus dans ce cas), et personne n'y trouve rien à redire puisque l'on ne fait pas référence à BHL dans l'article. Il serait aussi peut-être un peu temps que Libé balaie devant son pas de porte et ne fasse pas croire à des choses infondées afin de servir son actionnaire.

mercredi, 24 février 2010

Lupine

- On peut arriver pour une simple radio et ressortir avec des poings de suture au visage. Le Monde, 17 février.

- Les protections de plastique seraient peu à peu remplacées par du bois et de la taule. Le Figaro, 15 février.

- Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a nommé l'ancien commissaire européen Jacques Barrot, élu du Haut-Rhin. Le Monde, 23 février. 

- Le compositeur polonais [Chopin] fêtera le bicentenaire de sa naissance prochainement. L'Aisne nouvelle, 6 février.

dimanche, 14 février 2010

Munéraire

Une école munérique, ce doit être une école dans laquelle on doit se battre pour étudier :

Charleville, nouvelle école munérique rurale dans le Sud-Ouest marnais Quand les clics remplacent les craies

 

mercredi, 10 février 2010

Náboje

- Meurtre-et-Moselle. Un chauffeur routier se tue sur l'autoroute. L'Alsace, 27 janvier.

- C'est la caserne d'Ali-Baba. L'Union, 31 janvier.

- Un triporteur, un pouce-pouce chinois. L'Indépendant, 25 janvier.

- A Villiers-le-Bel; là où les banlieues se sont embrassées. L'Est républicain, 3 février.

- Elle se baisait sur une défense stricte des droits individuels. L'Indépendant de l'Yonne, 29 janvier.

- Ils ont aperçu le véhicule qui fessait des embardées sur la chaussée. L'Union, 2 février.

- Sur l'hôtel de l'unité, j'accepte les décisions prises. Jean-Marie Bockel, le Figaro, 3 février.

dimanche, 24 janvier 2010

Bassesse oblige

Je lis ce propos d'Elkabbach et je m'interroge :

"Vous êtes un cinéphile, ça me fait penser à un vieux film magnifique avec Alec Guiness, Noblesse oblige : le bateau coule et le capitaine salue et coule dans la dignité".

Quand on connaît l'intrigue du film, on sait que ce capitaine (d'ailleurs joué Alec Guiness comme pour les autres membres de sa famille) est justement le seul qui n'a pu être assassiné par le personnage principal qui a éliminé tous les concurrents pour son accession au duché. Ce n'est qu'une péripétie du film, non son épilogue. Or ce personnage qui est le fil conducteur rédige en prison ses mémoires avant son exécution, ce qui donne lieu à des retours en arrière comme celle-ci, inspirée d'ailleurs d'un fait réel ou du moins rapporté par la presse. Qu'est-ce que cela veut dire ?

On est dans le débat totalement piégé dès le départ. Plusieurs hypothèses sont possibles ensuite (je ne connais pas l'émission).

Bayrou reconnaît sa cinéphilie, dit qu'Elkabbach a mal résumé le film, puis il le raconte. Il se piège, car il doit avouer alors qu'il a assassiné tous les rivaux qui pouvaient prétendre à la possession des sigles UDF et MoDem.

Bayrou rentre dans la métaphore afin de dire qu'elle est fausse d'un pur point de vue cinéphilique, sans relever l'énormité d'Elkabbach, mais cela ne relève pas le débat pour autant. On est dans la langue de bois.

Bayrou dénonce le procédé totalement faussé par ce genre de comparaisons biaisées qui n'ont pas lieu pour des personnes de la majorité. On lui répond alors que tout le monde est également traité. La bonne vieille blague !

Je ne sais comment il a répondu et au fond je m'en fiche. Ce qui m'importe, c'est de voir comment un journaliste très brillant arrive à aligner un homme politique aussi brillant, qu'il aurait pu ménager quelques années plus tôt s'il avait été du même côté. On amène un fait anecdotique et accessoire comme le fait essentiel, on fait appel à une culture supposée devant laquelle il ne faudrait pas se défausser. On attend de savoir s'il va répondre à des choses comme : intrigue réelle du film, bateau coule, ou bien s'enfermer dans l'assassinat de tous ses adversaires au sein de son parti (alors qu'on n'a jamais posé la question à Mitterrand, Chirac ou Sarkozy !) Ce genre de questions à multiples ouvertures et fortement culturel est le pire de la bassesse à mon avis : il ne faut que prendre la bête dans les filets. Ce n'est pas du vrai journalisme, même si cela en a l'apparence.  

samedi, 23 janvier 2010

D'une ellipse historique

Les critiques de BD du journal de référence sont parmi les pires du monde. Ils écrivent ainsi :

Né à Strasbourg, le 25 septembre 1921, Jacques Martin fait partie des derniers "monstres sacrés" de la BD classique d'après-guerre. Le nom de cet auteur français, qui rejoint la Belgique après la mort de son père, juste avant la seconde guerre mondiale, reste également lié à ceux d'Hergé, Edgar P. Jacobs ou Bob De Moor, fondateurs et piliers du journal Tintin né en 1946.

On lit ensuite quelques paragraphes plus bas :

Pendant la guerre, affecté au titre du service du travail obligatoire (STO) aux usines Messerschmitt, à Augsbourg, il en ramène des carnets de croquis récemment publiés (Carnets de guerre, éd. Casterman). A son retour, il collabore à l'hebdomadaire belge Bravo ! pour lequel il crée Monsieur Barbichou.

Il y a un problème. Cela permet de négliger un épisode peu connu de la vie de Jacques Martin lorsqu'il se trouvait en fait toujours encore en France entre septembre 41 et février 43 et qu'il participait aux Chantiers de jeunesse du régime de Vichy (mais comment cela aurait-il été possible s'il résidait déjà en Belgique qui était zone interdite en 40 et qu'il aurait dû être soldat en 39 ?) Il a commis alors beaucoup de dessins d'inspiration pétainiste. Il ne pouvait guère échapper au STO, puisqu'il était déjà dans une institution vichyste, mais d'autres en grand nombre se sont esquivés lorsque cela fut imposé à sa tranche d'âge en février 43. Les Chantiers de jeunesse étaient obligatoires comme le service militaire avant et après, on peut subir et ne pas se soumettre ; mais commettre des dessins de propagande dans ce cadre est d'une autre nature. Admettons... on n'est pas sérieux quand on n'a qu'à peine vingt ans et que l'on n'a pas tout lu, tout vu, tout entendu, tout compris des enjeux - et d'ailleurs quand et comment le pourrait-on ?

Si nous savons mal l'histoire qui sera, en revanche, nous connaissons très bien l'histoire qui est et nous pouvons la récrire à notre guise. Jacques Martin n'a eu de cesse d'occulter cet épisode infame où il montrait qu'il avait été en fait un Français comme les autres sans aucun courage et se laissant porter par les événements décidés par une autorité supérieure, un Français ordinaire soumis et collaborateur qui accepte les codes du nouveau régime. Je n'ai aucune envie de me livrer à une psychanalyse sauvage du personnage, d'autant que je manque de moyens documentaires, mais cet épisode me semble expliquer une large part des affabulations postérieures de Martin. Il avait commencé à mentir sur son passé durant la guerre, il a continué ensuite mais en rendant son rôle héroïque comme celui d'Alix ou Lefranc face à quelqu'un qui était incapable de tenir le pouvoir (par exemple Hergé qu'il aurait bien pu remplacer à son avis).

L'ellipse du Monde est fort significative de toutes les ambiguïtés de Jacques Martin, apparement attaché à la vérité historique et surtout soucieux d'inventer la sienne afin de ne pas dire la vérité. Il n'a jamais été ses personnages, sauf en rêve et ensuite dans les fictions qu'il a créées. Mais dans le journal de référence, on ne veut surtout pas poser les questions qui dérangent, sauf si elles commencent à déranger aussi chez les autres. Eh bien ! posons la question qui fâche : pourquoi les albums de Jacques Martin plaisent-ils tant aux gens d'extrême droite et s'en souviennent-ils avec autant d'émotion au point de le célébrer à tour de bras ? (Je sais aussi qu'ils plaisent aussi aux homosexuels, aux amoureux de l'Antiquité, des langues anciennes, etc., mais ce n'est pas le problème.)

jeudi, 14 janvier 2010

Le vrai cauchemar à la Hitchcock

Un article de l'Oignon a retenu mon attention par son titre.

Un vrai cauchemar à la Hitchcock.

Cela fait peur, hein ? Avouez que cela vous fiche la trouille... Vous n'en menez pas large en lisant cela ! Qu'a-t-il donc bien pu se passer pour que le maître du suspense soit ainsi convoqué ?

La lecture de l'article vous apprendra qu'un paisible village champignacien de 60 habitants est cerné par des nuées de centaines de milliers d'étourneaux. Si l'étourneau peut en effet former exceptionnellement des bandes de cent mille volatiles, il me semble difficile que celles-ci puissent en compter plusieurs centaines de milliers au dessus d'un petit village. On ne compte en effet que trois millions et demi de couples en France, selon une estimation moyenne. Ce qui doit faire, rapporté à la superficie du territoire, quelque chose comme cent mille couples (le double dans l'hypothèse haute) pour toute la Champignacie. Cela voudrait dire que toute la population de sturnidés champignacienne s'est regroupée dans ce seul village viticole. L'étourneau est aussi classé comme nuisible dans bien des départements, je pense que ce doit être le cas ici du fait du grand pouvoir des vignerons et des céréaliers dans la région... L'étourneau du nord de la Loire est aussi normalement un animal migrateur au contraire de celui du sud qui est nicheur, il est donc rare d'en voir autant durant la froide saison. On comprend donc le cri d'alarme d'un maire en détresse et pour cela on emploie les grands moyens de l'emphase.

D'abord, qui dit nuées d'oiseaux dit Hitchcock. C'est un cliché presque inévitable dans un tel cas. On aurait dit assassinat dans une douche, on aurait aussi dit Hitchcock. Et si l'on doit parler d'une intrigue à suspense vaguement policier ou d'espionnage, on dira également "à la Hitchcock". L'expression étant entendue comme un compliment pour exprimer une forme de perfection du genre. "À la Hitchcock" est un terme superlatif en soi. On pourrait en trouver de similaires dans d'autres genres : un humour à la Marx Brothers, de la magie à la Méliès, un salmigondis à la Marguerite Duras.

Vient ensuite le cauchemar, et surtout le vrai cauchemar. Un cauchemar simple ne saurait frapper suffisamment les esprits. Tout le monde a connu en rêve des cauchemars, certains ont vécu des drames qu'ils nomment alors cauchemars sans que ce soit totalement épouvantable. C'est une sorte de métaphore hyperbolique afin de souligner sa détresse. Mais le vrai cauchemar indique d'abord que cela se passe dans la vie réelle et non en rêve, ensuite que ce cauchemar est encore plus cauchemardesque que les autres cauchemars réels. Que ledit vrai cauchemar soit en fait les prédations et les déjections de la gent ailée importe peu, ce qui va se superposer à l'esprit du lecteur c'est l'image des bandes d'oiseaux du film The Birds qu'il a sûrement vu. Parce que le spectateur du film l'a vu comme un cauchemar permanent ou un film censé susciter de mauvais rêves. Les trois locutions (vrai, cauchemar, à la Hitchcock) s'enchaînent d'autant mieux que cela semble correspondre au sujet (une invasion d'oiseaux sur le territoire des humains), mais c'est plaqué sur une réalité que l'on tente d'adapter dans le texte en évoquant les centaines de milliers d'oiseaux qui doivent être nettement moins nombreux et surtout qui sont moins meurtriers que ceux du film. Pourtant, c'est cette image qui peut rester du titre et de l'illustration.

dimanche, 10 janvier 2010

La famille Cabu rafle tout !

Comment peut-on dire qu'Isabelle Monin, épouse Cabut, a été la créatrice ou la fondatrice de la Gueule ouverte ? C'est repris dans tous les recopiages de dépêches d'agence. Fournier ne livre que trois numéros de son journal, avant son décès prématuré, mais il en avait rédigé et dessiné presque l'entièreté et Isabelle Monin n'apparaît qu'ensuite dans ce journal ou dans Charlie-Hebdo. La Gueule ouverte, c'était l'oeuvre de Fournier d'abord, mort trop prématurément, et il a fallu qu'il lutte pendant un ou deux ans pour le faire admettre à Cavanna et Choron (cf "Ma véritable histoire d'Hara-Kiri hebdo" par DDT, disponible dans tous les anciens Siné-Hebdo). Elle est la mère de Mano Solo, soit, et c'est triste pour sa famille. Mais elle n'est pas du tout la mère de la Gueule ouverte qu'elle a reprise après la mort de Fournier, comme rédactrice en chef, et dont elle a prolongé la courte vie. Pourquoi éliminer le nom de Fournier ou l'histoire de ce journal dans une nécrologie ou pourquoi  attribuer à la mère de Mano Solo un rôle qui n'a jamais été le sien ? Que veut-on mettre en avant ? Et pourquoi ce recopiage servile partout ?

mercredi, 06 janvier 2010

Istiridye

- Benoît XVI a été jeté à terre par une femme manifestement déséquilibrée. Le Journal de Saône-et-Loire, 27 décembre.

- J'ai vu cette dame appuyée sur une cane. La Dépêche du Midi, 2 décembre.

- En sciant du doigt, il se mutile. Le Dauphiné libéré, 20 décembre.

Le mur du çon a été attribué à Nadine Morano qui fait décidément tout pour être classée hors-concours :

Demain, si je vais à Vichy, vous allez me parler de Pétain... Je n'ai pas à me justifier pour venir à Charmes [ville natale de Maurice Barrès]... C'est comme si on disait : "L'édit de Nantes a été signé à Versailles. Il a créé la guerre entre catholiques et protestants. On ne vient plus à Versailles." Vosges-Matin, 15 décembre.

Le Canard fait justement remarquer que l'édit de Nantes a été signé par Henri IV à... Nantes en 1598, comme l'indique son nom. Il met fin aux guerres de religion et ne les crée pas. Elles commencent officiellement par le massacre de Wassy en 1562. J'ajoute que le petit-fils d'Henri IV signe la révocation de cet édit à Fontainebleau en 1685*, que les persécutions reprennent alors, que le palais ou la ville de Versailles n'existaient pas sous Henri IV : c'était un simple petit village dont il ne reste rien et il y a un siècle d'écart entre les deux événements. Il existe bien un édit de Versailles, signé en 1787 par Louis XVI, mettant un terme aux persécutions de protestants. Et c'est ce genre de personnes ignorantes de l'histoire de France qui prétend débattre de l'identité nationale !

*Louis XIV a aménagé officiellement à Versailles en 1682 lors de l'achèvement de la Petite et de la Grande Ecurie, mais la cour est encore itinérante, parce que les constructions ne sont pas toutes achevées : l'église Notre-Dame commence seulement à être construite.

dimanche, 03 janvier 2010

Chick Bill

Tibet est mort et j'avoue que c'est un très grand soulagement pour la BD franco-belge, j'ai repris des nouilles deux fois en entendant la nouvelle. J'espère que l'on ne reprendra surtout pas ses séries afin de prolonger plus longtemps le coma qui était le leur ! Il y avait cinquante ans qu'il nous abreuvait de mauvaises collections mal dessinées sur des scénarios imbéciles. Mais ce qui m'interroge est alors ce passage du Monde :

"Outre le cow-boy Chick Bill, ce western destiné au très jeune public met en scène l'Indien Petit Caniche, le shérif Dog Bull et son souffre douleur Kid Ordinn, des personnages à tête d'animaux dans le style de Disney".

Le seul problème, c'est que cela n'existe en fait que dans les trois premiers épisodes (le troisième servant de transition avec des personnages plus anthropomorphiques ou humains), et après les personnages sont seulement humains. Puis on a des dizaines d'aventures avec des personnages humains, toutes plus identiques les unes que les autres, sans jamais la moindre once d'originalité. Mais quand on connaît le nom du spécialiste en BD du Monde, on ne peut guère s'étonner de telles sottises.    

samedi, 02 janvier 2010

Le mystère de la septième bière trappiste

Voici un sujet qui m'a été suggéré à l'insu de son plein gré par mon honorable correspondant bruxellois Stéphane De Becker, spécialiste en Orval, zwanze et Pléiade. Il m'apprend que la Libre a repris un texte de Libé. Je ne remue pas plus un sourcil que cela, mais je me penche sur l'article et je découvre alors ceci :

Des bières trappistes, la Belgique en a pourtant à revendre. On connaît la Chimay à étiquette bleue, blanche ou rouge ou l’Orval ou les Rochefort 6, 8 ou 12 que l’on trouve dans les bons supermarchés. Seules six abbayes belges et hollandaises ont autorité dans la fabrication de ces élixirs.

Hop là ! comme dirait Papa Talon. Mon sang belgophile (on est Belges jusqu'aux bords de la Seine et jusqu'au Rhin, César dixit) ne fait qu'un bond. Comment ? Six abbayes trappistes belges dont au moins une néerlandaise ? Je compte. Westmalle, Westvleteren, Achel (côté flamand), Chimay, Orval, Rochefort (côté wallon), cela fait bien six. Toutes en Belgique. Où est le problème ?

Il est du côté de l'abbaye trappiste située dans le Brabant néerlandais. La marque La Trappe de l'abbaye d'Onze-Lieve-Vrouw van Koningshoeve qui a été longtemps le sujet de disputes judiciaires. Elle peut se targuer à nouveau d'être une authentique bière trappiste, mais les autres moines trappistes en Belgique ne parlent que des six abbayes, toutes belges. La septième est le canard boîteux de la bande. Donc, oui les bières trappistes se font aussi aux Pays-Bas, mais non il n'y a que six abbayes trappistes pour faire de la bière. Ces Belges me semblent un peu Normands sur les bords.

Ben voyons ! Il faut pouvoir à la fois se garantir d'une origine plus flamande (on avance le fait qu'il y aurait une trappiste néerlandaise), puis on se réfugie dans sa belgitude (il n'y a que six abbayes trappistes, toutes belges), et bizarrement les noms des trois bières que l'on retrouve dans tous les supermarchés sont seulement les noms des trois bières issues d'abbayes wallonnes et pas ceux d'abbayes flamandes. Comme s'il y avait un discours flamingant derrière. Or ce discours ne dit pas ce qu'est la fameuse septième bière trappiste : une production industrielle qui a le droit d'étiqueter authentiquement trappiste sur ses bouteilles, mais qui n'est pas reconnue comme telle par les autres trappistes qui ne se comptent que par six. Et le brave grand reporter de Libé avale tout cela parce qu'il est venu sur les lieux de la meilleure bière du monde. Mais pas du meilleur baratin publicitaire à connotation ethnique.

mercredi, 30 décembre 2009

Conchigle

- Jacques H., au corps anglais. Le Dauphiné libéré, 19 décembre.

- La bonne chair constitue pour le Français l'élément symbolique le plus souvent attaché aux fêtes de fin d'année. TV Magazine, 13 décembre.

- Le président de station des sauveteurs en maire a remis sa démission. Hebdo 22, 10 décembre.

- Une femme béluga - appartenant à une famille de cétacé très rare dont les oeufs donnent le caviar - donné vie à un petit mâle en pleine forme. Direct Soir, 18 décembre.

Poubelle Soir du groupe de presse Poubelle Bolloré fait très fort. D'abord, en parlant de femme et non de femelle. Ensuite, en s'imaginant que les cétacés pondent des œufs alors que ce sont des mammifères et non des poissons: les seuls mammifères à pondre des œufs sont les monotrèmes comme l'ornithorynque. Enfin, en confondant le béluga proche du narval et le béluga poisson. Leur nom commun vient simplement de leur couleur blanche (la racine bel- veut dire blanc dans les langues slaves).

- Il nous faut encore des suceuses pour pouvoir draguer. France Guyane, 11 décembre.  Le préfet aa sujet de travaux contre l'envasement.

- L'équipée [saoudienne] chassait le faucon dans une région [du Niger] où les rebelles touaregs et Al-Qaeda sont actifs. Libération, 30 décembre.

Il ne s'agit pas vraiment d'une coquille, mais d'une erreur du journaliste qui a confondu chasse du faucon et chasse à l'aide d'un faucon sans doute à cause d'une mauvaise traduction de dépêche et d'une certaine inculture. La fauconnerie n'est plus trop pratiquée en Europe, mais elle reste une des formes nobles de la vénerie pour les élites des pays du Golfe. De véritables expéditions sont montées en Afrique afin de pratiquer cette chasse de manière traditionnelle à cheval, animal aussi noble et précieux que le faucon pour les princes arabes.