mercredi, 04 août 2010

Säiliöt

— Ateliers de fausse fabrication de monnaie pour les enfants. Bugey plus, juillet-août.

— Attention donc à ceux qui prendraient la voiture éméchée. L'Union, 16 juillet.

— Le récit conduit aux grabats désastreux du bas peuple victime d'excès en tous genres aggravant à l'extrême son misèrable quotidien. Le Sillon, mai 2010.

— Un nouvel accident de la circulation entre Vallorbe et la douane du Creux fait sortir un Vallorbier de ses gongs. 24 heures, 17-18 juillet.

— Des chiens que l'on soigne en ce moment majoritairement pour des tics : la chaleur favorise l'éclosion des larves et donc des tics. L'Union, 16 juillet.

— Il s'appuie sur ses canes, mais le moral est bon. Nice Matin, 18 juin.

— Fermeture des Cinq-Bonniers en août. C'est une décision rare dans les anales du Centre social. La Voix du Nord, 23 juillet.

— Les bêtes se nourrissent aussi de feuilles, de pouces de chênes. Corse Matin, 21 juillet.

— Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, ne les a pas déferrés  en vue de l'ouverture d'une information judiciaire. Ouest France, 17-18 juillet.  

mercredi, 21 avril 2010

Sviedinys

— [Elle] devient présidente d'Action contre la Femme. La Voix du Nord, 28 mars.

— Ces rébus sont déposés anarchiquement sur les trottoirs. Corse-Matin, 12 avril.

— Les patrouilles terrestres vers Plouay et Pont-Scorff ont été veines. Ouest-France, 8 avril.

— L'anglais Malcolm McLaren est décédé dans une clinique suisse où il était soigné pour un concert. Le Journal du dimanche, 9 avril.

— Julius Lemac est jugé pour avoir agressé une prostituée en 2004. La Dépêche du Midi, 9 avril.

— La majorité rejette toute proposition tendant à pressuriser les ménages. La Marseillaise, 3 avril.

— Le voici qui [Florent Pagny] apparaît dans un long manteau de cuir noir sur un snakeboard. Nice-Matin, 1er avril.

— Voilà quatre ans que je circule avec cet alambic à vapeur, je n'alimente qu'en bois, je trouve que c'est plus sein. La République de Seine-et-Marne, 5 avril.

Cet établissement est proche d'un quartier sensible mais il ne pause pas de problème. France-Soir, 27 mars.

— Pas de moissonneuse mais une douzaine de copains avec un sceau à la main. Le Progrès, 1er avril.

— L’irruption du volcan islandais, qui depuis jeudi paralyse une grande partie du trafic aérien européen est une catastrophe pour le fret aérien. France-Info.

— Et bien, l’Union européenne, que l’on croit si intégrée, fonctionne exactement comme cela : chacun des vingt-sept Etats membres est resté totalement souverain dans la gestion de son ciel, d’où l’extrême confusion qui règne depuis l’irruption du volcan. Libération, 21 avril.

— Le groupe de villages de vacances a estimé à environ 5 millions d'euros depuis le 15 avril l'impact financier des perturbations causées dans le transport aérien par l'irruption du volcan islandais. Les Echos, 20 avril.

— Air France-KLM recule de 4,70% à 11,85 euros alors que Giovanni Bisignani, le directeur générale de l'Association internationale du transport aérien (Iata), a déclaré ce matin que l'impact économique de l'irruption du volcan islandais sera plus grave pour le transport aérien que celui du 11 septembre 2001. Les Echos, 19 avril.

— AC Ajaccio - Le Havre serait la seule rencontre professionnelle annulée ce week-end en France en raison de l'irruption du volcan islandais Eyjafjöll. L'Equipe, 17 avril.

— L’irruption du volcan et ses conséquences sur le trafic aérien fait craindre au club héraultais ne pas pouvoir récupérer ses internationaux pour la rencontre de Ligue des champions face à Tchekov, jeudi soir. RMC Sports.

— La situation est unique dans l'histoire: le nuage formé par l'irruption du volcan islandais a bloqué les avions au sol pour la quatrième journée consécutive. 24 Heures, 18 avril.

— La situation est unique dans l'histoire: le nuage formé par l'irruption du volcan islandais a bloqué les avions au sol pour la quatrième journée consécutive. Cyberpresse, 18 avril.

— Michael Drieberg est passé par tous les états d’âme depuis que le nuage de cendres – produit par l’irruption du volcan islandais Eyjafjallajökull – se promène dans le ciel européen, provoquant un grounding général dans les aéroports. La Tribune de Genève, 16 avril.

mercredi, 07 avril 2010

Школки

— Armées d'un point américain, les accusées déversèrent leur haine sur l'adolescente. Le Dauphiné libéré, 18 mars.

— [Le commissaire-priseur] Poulain dénonce la petitesse et l'individualisme de ses confrères, accusés de faire couler à petit feu l'institution parisienne. Le Figaro, 20 mars.

— Un concert incontournable de qualité exceptionnelle pour tous les accrocs du blues. La Dépêche du Midi, 27 mars.

— Des contractuels recrutés lors des piques d'absence. Les Dernières Nouvelles, 21 mars.     

vendredi, 19 février 2010

Christophe Barbier, critique gastronomique

On ne peut taper tous les jours sur les mêmes personnages bouffons, je délaisse donc un peu BHL que je laisse aux prises avec Jean-Baptiste Botul et je reviens sur un éditocrate que j'ai déjà interviewé.

J'ai découvert cet édito délirant de l'homme à l'écharpe rouge. Il pose au milieu des bureaux, on voit une équipe de journalistes qui s'affaire debout à l'arrière-plan et on entend le début :

"Aujourd'hui, c'est rillettes, pâté, saucisson à l'Express.fr, mais à Roubaix dans le Quick c'est viande hallal pour tous".

Christophe Barbier est habitué à ces mises en scène avec de grands effets téléphonés largement grotesques. Il y a toujours un gadget scénaristique dans ses mini-clips. Par exemple, ici avec ses deux fauteuils pour représenter la place d'un obèse, on se rend compte surtout qu'il ne connaissait rien à l'alimentation.

Notre homme ne sait pas que le pâté et le saucisson peuvent fort bien ne pas être à base de porc - viande proscrite par l'islam. On trouve des pâtés de canard ou de dinde, des saucissons à partir d'abats d'ânes, de chevaux, de veaux, de moutons, etc. Même les rillettes peuvent être faites avec des entrailles de canard. Mais dans son inconscient, ce genre de préparations charcutières doit forcément inclure du porc. Il confond deux choses totalement différentes : un procédé d'abattage rituel des animaux et le traitement de la viande ensuite qui est découpée, mais aussi travaillée. Il s'agit d'une fausse opposition : le pâté ou la saucisse hallal sont parfaitement possibles et cela existe. Seulement, il faut se raccrocher à l'idée que toute charcuterie est à base de porc et que cela deviendrait interdit. Pour s'intégrer, un musulman devrait accepter de manger du porc ou qu'il y ait eu du porc en contact avec son aliment.

Christophe Barbier se réfère en réalité à un stéréotype et à une image mythologique de la réalité nutritionnelle : le saucissonnage apparaît comme une forme conviviale, simple et détendue de casse-croûte où tout le monde est réuni autour d'une table, où l'on mange à la bonne franquette sans aucun conflit (tandis qu'à Roubaix c'est différent, mais on ne le voit pas). Lorsque l'on regarde le dispositif scénique misérable de l'image, on constate que cela correspond un peu à ce qui se déroule à l'arrière-plan : on voit vaguement une équipe soudée de manière plus ou moins informelle, mais comme d'habitude le texte récité doit expliquer l'image et inversement. En fait, nous ne sommes pas loin des images publicitaires pour les enseignes de restauration rapide qui insistent sur le mode de vie en commun. Cela pourrait se nommer "Ça se passe comme ça, à l'Express.fr".

Cette image est à la fois pauvre et fausse, on pourrait fort bien imaginer d'autres aliments sur les tables, mais il faut faire passer l'opposition entre des gens réunis, heureux, devisant ensemble, et des gens séparés par la barrière culturelle que serait la présence de menus seulement hallals. Nous sommes dans les clichés, ils sont ici au service d'une démonstration qui vise à les renforcer.    


mercredi, 17 février 2010

Tankar

- Un mineur de 15 ans consultait des chiffres pornographiques. L'Orne combattante, 4 février.

- Un autre film français est dans la course : Coca avant Chanel. Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 3 février.

- L'atttentat de Karachi a coûté la vie à quatorze morts. La Dépêche du Midi, 3 février.

Cette dernière coquille est un grand classique, puisque l'on trouve également dans le Monde, le 11 février :

- Ce tremblement de terre qui a coûté la vie à plus de 80 000 morts, le 12 mai 2008.

Dans l'Oignon du 16 février, on ne découvre toujours pas de cadavres, mais encore des squelettes.

- En ouvrant la porte dans le cadre de sa mission, il a découvert un squelette.

C'est un classique de l'Oignon, les corps en décomposition deviennent vite des squelettes pour ses journalistes, comme je le remarquais il y a seulement trois mois.

samedi, 06 février 2010

Le décryptage du décryptage

Je suis sorti de La Ferme radiophonique en lisant ceci :

Le deuxième enseignement est que les médias traditionnels nous manquent pour comprendre et pour décrypter l’actualité qui nous parvient.

Je me dis alors que comprendre suffirait. Mais non... il faut décrypter encore. Comme s'il y avait un message codé par derrière.

Depuis que Daniel Schneidermann a érigé le décryptage d'images dans son émission télévisée comme modèle d'explication, ce terme est devenu une vraie plaie en journalisme. Tout le monde décrypte ou décode. On n'explique plus, on ne commente plus, on ne livre plus les faits ou ne donne son opinion, on décrypte. Cela a l'avantage de paraître neutre par rapport à une parole publique qui serait d'avance suspecte par essence.

Décryptons donc l'emploi de ces mots dans la presse. Il y a le présupposé que nous autres lecteurs, spectateurs, auditeurs ne lisons, voyons, entendons les choses exactes et que nous sommes plongés comme dans le monde de la caverne platonicienne. Nous ne savons rien du vrai monde et nous n'en voyons que les ombres fugitives. On va donc nous révéler la vérité... Laquelle se révèle en fait fort décevante. Il y a à la base que nous gentils lecteurs-spectateurs-auditeurs n'aurions jamais pu comprendre les évidences sans l'indispensable travail de décryptage. C'est en fait assez insultant. Vous ne savez pas lire, nous allons lire à votre place.

Où trouve-t-on le plus le mot décryptage ? D'abord dans les surtitres. Ensuite et surtout dans Libération. 1 091 occurrences. Cela surclasse les Echos, le Figaro, l'Humanité, la Croix, le Monde très largement. Je ne suis pas sûr de la valeur des moteurs de recherche de ces différents journaux, mais c'est bien l'impression que j'avais au départ.

Ensuite, à quoi cela s'applique-t-il ? Eh bien à tout et portnawak. Je vois dans le site du Fig (cinq fois moins d'occurrences que Libé, ce qui rend la tâche plus légère) que cela peut se rapporter au sport, à la politique, l'économie, les idioties péremptoires et haineuses d'Eric Zemmour, la mode, la bagnole, l'économie, Michael Jackson, le cinéma, la consommation, les débats sociétaux, l'art, la littérature, les faits-divers,  etc. N'en jetez plus ! Tout peut devenir objet de décryptage.

Que retire-t-on de l'exploration de ce surtitre obligatoire pour les articles que l'on veut mettre en exergue ? L'impression d'un grand foutoir. Au lieu de hiérarchiser l'information, cela contribue à la rendre très confuse. Une opinion d'Eric Zemmour sur le port du voile ou des mots à ne pas dire n'est pas un décryptage que je sache, mais une opinion ou un billet d'humeur qui ne dévoile rien sauf des préjugés. Seulement la faire passer pour un décryptage lui donne un aspect objectif qu'elle n'a jamais eue. Et passez muscade !

Je remercie monsieur Kaplan de m'avoir offert la matière de ce billet qui est fort incomplet.   

mercredi, 03 février 2010

Il écrit ses titres à la va-comme-je-te-pousse

Quel est le dernier truc ou tic d'écriture de titres du Post ? Voilà le genre de question que j'aime me poser en regardant le site poubelle du quotidien de référence. On connaissait déjà la forme interrogative qui appelle à la réaction ou le deux-points faussement explicatif ou la citation de propos de témoins ou d'interviouvés entre guillemets pour faire plus vivant, maintenant nous avons droit au storytelling. Je sais bien que pour Le Post, c'est du storytelling permanent mais cela ne se manifestait pas autant au niveau de la titraille. A quoi avons-nous affaire ?

- Il utilise la carte bleue de sa copine pour jouer au poker (Confessions intimes).
- Il se brûle avec les braises de sa cheminée...
- A 11 ans, il frappe un enseignant : la directrice appelle la police (Gros moyens).
- Perdu de nuit sur une mer de glace, il est sauvé grâce à une webcam.
- Trop de Noirs en NBA : il souhaite lancer une équipe 100 % blanche ! (Noir c'est noir).
- Alpes-Maritimes : dans la rue, il tue une femme et se suicide.
- Quatre secondes avant l'arrivée du train... ils arrivent à s'extraire de leur voiture.
- Il fait tomber la peau d'un fruit sur le trottoir : verbalisé !

Quel est le point commun entre tous ces titres ? Eh bien à chaque fois l'on utilise un pronom personnel sans donner de renseignements sur l'identité de la personne (dans le troisième cas, on peut supposer que c'est un élève de l'école, mais cela ne va pas plus loin). Nous avons des individus indéterminés au départ, nous ne savons rien du flambeur escroc, nous ne savons rien du promeneur alpin, nous ne savons rien du gros raciste étatsunien. Et nous voulons savoir. Cela fonctionne exactement comme les affiches-couvertures de Détective, de Qui ? Police et de Spécial Dernière que l'on regardait éberlués en rentrant de l'école : "Elle découpe au couteau électrique l'amant de sa mère qui la violait depuis des mois sous les yeux de son fiancé consentant". De grands moments de poésie... Pas de noms, pas de qualificatifs, juste une histoire dont on voudrait connaître un peu plus les circonstances. De purs anonymes qui pourraient être vous et moi. Et puis des verbes d'action en priorité. Et avant tout du présent de narration pour rendre la scène plus présente sous vos yeux.

Le fait-divers se prête admirablement à ce type d'exercice. Mais enfin... lorsqu'on regarde les titres. Le 1 est une escroquerie banale. Le 2 un incident domestique qui arrive des centaines de fois (et je suppose que l'on va avoir droit à une longue compilation de toutes les brûlures comme lorsque Le Post avait adopté la recension systématique des morsures par des molosses). Le 3 se passe de commentaire, cela arrive au moins une fois par semaine sur le territoire français. Restent deux vrais faits-divers un peu spectaculaires et un qui est insolite. Là, on a la matière d'une histoire un peu originale, mais le reste est surdimensionné. Qui voudrait s'intéresser à une histoire d'accident domestique ou de duperie comme il en arrive tant chaque année ? Il faut donc que cela fasse plus histoire. Pour cela, on laisse planer le doute sur l'identité des personnages avec le pronom personnel et on engage déjà le lecteur dans la construction de l'histoire à venir par une phrase verbale. On se projette dans ce qui n'existe pas encore.


Kabuklar

- Pour moi, cette affaire, c'est l'abnégation de la crise. Le Progrès, 23 janvier.

- Un moins bouddhiste invité d'honneur de la ville. La Provence, 19 janvier.

- Melsa Mandon est suivie comme son ombre par un reporter à noeud pape. Le Monde, 23 janvier.

- Les Clermontois, avec Nalaga comme chef de fil. La Montagne, 24 janvier.

- Dans le Tarin. A Burlats, près de Castres. Le Bien public, 24 janvier.

samedi, 23 janvier 2010

Plantu et le coup du lapin

Dans le journal de référence, le dessinateur de référence s'exprime ainsi, selon son interviouveur :

Concernant la censure, Plantu, dessinateur au Monde, aime raconter cette anecdote : "Qu'importe que, sur un bateau, il soit interdit de prononcer, selon la superstition, le mot "lapin". Je me fiche de dire au capitaine le mot "lapin", du moment que je peux dénoncer les conditions d'exploitation de l'Indonésien qui est dans la soute." Manière de dire que s'il faut dénoncer les interdits, plutôt que d'achopper dessus, le plus efficace est de les contourner.

Plantu confond deux faits différents. Les lapins - considérés autrefois comme rongeurs étaient interdits sur les navires -, mais on pouvait parfaitement les nommer, puisqu'ils n'inspiraient pas de peur sauf celle de voir le navire infecté par des maladies à cause des déjections ou que la nourriture disparaisse et soit souillée. Le mot qui était interdit était le mot "corde". Parce que la seule corde du navire servait à pendre les mutins ou à leur faire subir le supplice de la cale mouillée. Toutes les cordes d'un navire à voile ont un nom particulier selon leur taille et leur emplacement, sauf une. Celle qui se rapporte à la torture et à la mort. On ne parle pas non plus de corde dans la maison d'un pendu. Cette superstition liée au mot s'est aussi étendue au théâtre, puisque les premiers machinistes qui travaillaient dans les cintres des théâtres classiques étaient à l'origine d'anciens marins qui pouvaient manoeuvrer des machineries complexes afin de faire descendre le char des dieux sur Terre. C'est resté comme une tradition, et comme on ne comprend plus ce qu'est le théâtre ancien ou la marine à voile, cela permet de parler de choses en apparence absurdes. 

Pourquoi alors évoquer la fausse peur du mot "lapin" chez les marins ? Celui-ci évoque l'idée de l'innocence et de l'insouciance pour le lecteur moyen qui ne voit là qu'un adorable nouvel animal de compagnie, un personnage de cartoons ou bien un bon plat. Ah ! comme il devient sympathique le lapin avec nos représentations contemporaines ! Mais en posant le nom "lapin" comme interdit, Plantu peut se permettre de dire qu'il dénonce les véritables interdits non dits, ceux qui seraient à fond de cale comme l'Indonésien (version moderne de l'esclave noir) qui travaille dans la soute à charbon ou qui est convoyé clandestinement. Il oppose ainsi faussement le haut et le bas, le faux (en haut) tout en superstition et le vrai (en bas), le mot (lapin) et la réalité (l'Indonésien caché), l'interdit apparent et l'interdit porteur de sens.

Or, en fait, c'est bien le mot "corde" qui était interdit et pour des raisons bien plus graves que le simple fait d'avoir peur d'un lapin ou d'un mot ! Il s'agit de l'interdit suprême, celui que l'on pose sur le nom de la mort et surtout de la mort indigne que l'on ne saurait jamais désigner comme telle. On se trouve dans une situation bien pire que celle de la simple exploitation de la misère humaine : dans le cas où des hommes avaient un droit de vie et de mort sur d'autres hommes, qu'ils soient sur le pont ou dans la cale. Est-il si anormal que des marins aient conservé le souvenir si anormal ? Cela les rend-il moins humains ? Interdit-on encore les lapins ou le mot "corde" dans les embarcations surchargées pour réfugiés ou émigrés clandestins ? Proscrit-on les mêmes choses dans les navires poubelles sous pavillon bananier ? Je ne crois pas. On n'y parle pas vraiment français, ou à peine. Ces expressions ne voudraient rien dire sur ces navires, d'autant que la plupart des Français ne les comprennent plus, Plantu le premier. La réalité a si peu changé en si peu de siècles alors que les mots de la réalité ancienne se sont perdus dans la confusion et l'autojustification.

samedi, 16 janvier 2010

Du rôle du deux-points

Le Post a tenté une journée sans points d'interrogation dans les titres, mais n'a pas tenu très longtemps. Il a ensuite tenté une journée sans deux-points et c'était encore plus difficile à tenir. Mais à quoi peuvent donc servir les deux-points dans un titre ? se demandera le jeune lecteur sagace et futé. Apprends donc, jeune lecteur sagace et futé, que le Petit Champignacien a mené l'enquête pour t'apprendre à décrypter (comme on dit à @rrêt sur images) tout ce qui fait l'actu (comme on dit chez Demorand). Le Post est un observatoire fascinant et répugnant pour cerner l'avenir de la presse : on y voit les nouvelles méthodes d'écriture et celles-ci s'illustrent d'abord dans les titres, les étiquettes et les liens.

Que veut dire un deux-points pour le commun des mortels ? En premier, c'est l'introduction d'une citation après mention du locuteur.

- Vincent Peillon : "Si je faisais des coups médiatiques, ça se saurait".

 

Le problème, c'est que les citations ne sont pas forcément sourcées dans le titre.

- Marche silencieuse pour Hakim : "Hakim n'aurait pas souhaité une vengeance".

Remarque ici, jeune lecteur sagace et futé, que j'ajoute un point à la fin des titres. Normalement un titre est sans point, mais ici on a des citations entre guillemets qui auraient dû être terminées avant par le point même s'il n'était pas présent dans le discours. C'est un léger problème de forme, on ne critique pas les titres, on les clique ou on les lie ! Et un point final, c'est une source d'erreur possible pour un lien parce que cela se voit mal dans une URL. Le problème vient ici qu'en fait la deuxième partie n'est pas vraiment une composante du texte qui n'affiche que le premier élément dans la titraille. Il s'agit donc d'un ajout de la rédaction pour rendre le billet du posteur plus attractif que par le seul élément purement informatif et cela ne modifie pas l'URL.

Mais pourquoi ajouter donc une citation non sourcée dans le titre ? me demande alors le jeune lecteur sagace et futé, cela n'apprend rien ! Certes, mais la citation entre guillemets fait tout de suite plus vrai, c'est du témoignage, en brut, en vrai, en direct. Il s'agit d'un procédé courant et classique du journalisme, on place une phrase prononcée ou écrite soit en titre, soit en exergue par l'intertitrage et cela agit sur les cellules nerveuses comme un appel (croit-on). Le lecteur attisé par ce stimulus se précipite alors sur la page en question. Il a quelque chose qui lui est offert à ronger comme un os pour un chien. Le fait n'est pas propre au Post, mais aussi au fameux journal de référence du soir lorsqu'il accorde des tribunes à nos grands décideurs de la chose publique.

La distinction est plus complexe. On a d'abord la notion de rubriquage.

- Haïti : le monde du sport et des people se mobilise.

Là, cela se complique parce qu'il existe aussi des titres sans deux-points et pourtant avec rubriquage.

- Levallois-Perret Bardot joue le mépris avec Balkany.

Quelle différence entre les deux ? Le premier n'a aucune étiquette, le second est tagué, classé dans une catégorie et certainement géolocalisé. Cela me semble triste pour Haïti qui aurait dû avoir son étiquette propre vu l'émotion que les événements suscitent. Le deux-points permet aussi de se situer dans les pages et il joue alors comme un ersatz de surtitre puisque les pages de liens ne permettent pas vraiment d'afficher la mise en page d'un journal traditionnel en papier. Est-ce que le deux-points a encore un sens dans ce nouvel espace de lecture ? Je n'y crois guère. Mais alors à quoi peut-il encore servir ? me demande le jeune lecteur sagace et futé.

Il faut en venir à la distinction sémantique thème-rhème. Le thème, c'est ce qui est supposé connu. Le rhème, c'est l'information nouvelle que l'on apporte sur le thème.

- Plus belle la vie : Qui Benoît choisira-t-il ?

Plus belle la vie, tout le monde connaît, et surtout pour dire qu'on ne regarde pas ou ne veut pas voir. C'est donc obligatoirement le thème et le rhème est le reste. Comme il n'y a aucune information dans le rhème, on peut se demander si le thème n'est pas général. Mais ce n'est pas toujours dans le même ordre :

- Une semaine d'actu sur le Post : qu'avez-vous retenu ?

Le rhème est alors le fait d'avoir lu certains faits de la semaine du Post et seulement de lui. Ce qui est fascinant dans les sites dits participatifs, c'est cette volonté de s'autocentrer : l'actu (comme on dit chez les branchouilles) n'existe pas chez les autres même si on les lie ou agrège. Cela existe aussi dans Rue89 ou Bakchich sous forme de récapitulatifs que l'on croyait réservés aux journaux papiers en fin d'année et de pseudo bêtisiers sur les étranges lucarnes. Le deux-points introduit là aussi un comportement communautaire que l'on peut relier à l'étiquetage. Je ne suis pas certain que ce soit un progrès.

Il y a d'autres choses à dire au sujet du deux-points (causatif ou conclusif), mais la pente de mon texte m'a entraîné ailleurs. Quatre ou cinq exemples ne font pas une démonstration, je me promets de revenir sur le rôle du deux points avec une autre perspective. Il y a de vrais problèmes de lecture, de classement derrière.

jeudi, 14 janvier 2010

Le vrai cauchemar à la Hitchcock

Un article de l'Oignon a retenu mon attention par son titre.

Un vrai cauchemar à la Hitchcock.

Cela fait peur, hein ? Avouez que cela vous fiche la trouille... Vous n'en menez pas large en lisant cela ! Qu'a-t-il donc bien pu se passer pour que le maître du suspense soit ainsi convoqué ?

La lecture de l'article vous apprendra qu'un paisible village champignacien de 60 habitants est cerné par des nuées de centaines de milliers d'étourneaux. Si l'étourneau peut en effet former exceptionnellement des bandes de cent mille volatiles, il me semble difficile que celles-ci puissent en compter plusieurs centaines de milliers au dessus d'un petit village. On ne compte en effet que trois millions et demi de couples en France, selon une estimation moyenne. Ce qui doit faire, rapporté à la superficie du territoire, quelque chose comme cent mille couples (le double dans l'hypothèse haute) pour toute la Champignacie. Cela voudrait dire que toute la population de sturnidés champignacienne s'est regroupée dans ce seul village viticole. L'étourneau est aussi classé comme nuisible dans bien des départements, je pense que ce doit être le cas ici du fait du grand pouvoir des vignerons et des céréaliers dans la région... L'étourneau du nord de la Loire est aussi normalement un animal migrateur au contraire de celui du sud qui est nicheur, il est donc rare d'en voir autant durant la froide saison. On comprend donc le cri d'alarme d'un maire en détresse et pour cela on emploie les grands moyens de l'emphase.

D'abord, qui dit nuées d'oiseaux dit Hitchcock. C'est un cliché presque inévitable dans un tel cas. On aurait dit assassinat dans une douche, on aurait aussi dit Hitchcock. Et si l'on doit parler d'une intrigue à suspense vaguement policier ou d'espionnage, on dira également "à la Hitchcock". L'expression étant entendue comme un compliment pour exprimer une forme de perfection du genre. "À la Hitchcock" est un terme superlatif en soi. On pourrait en trouver de similaires dans d'autres genres : un humour à la Marx Brothers, de la magie à la Méliès, un salmigondis à la Marguerite Duras.

Vient ensuite le cauchemar, et surtout le vrai cauchemar. Un cauchemar simple ne saurait frapper suffisamment les esprits. Tout le monde a connu en rêve des cauchemars, certains ont vécu des drames qu'ils nomment alors cauchemars sans que ce soit totalement épouvantable. C'est une sorte de métaphore hyperbolique afin de souligner sa détresse. Mais le vrai cauchemar indique d'abord que cela se passe dans la vie réelle et non en rêve, ensuite que ce cauchemar est encore plus cauchemardesque que les autres cauchemars réels. Que ledit vrai cauchemar soit en fait les prédations et les déjections de la gent ailée importe peu, ce qui va se superposer à l'esprit du lecteur c'est l'image des bandes d'oiseaux du film The Birds qu'il a sûrement vu. Parce que le spectateur du film l'a vu comme un cauchemar permanent ou un film censé susciter de mauvais rêves. Les trois locutions (vrai, cauchemar, à la Hitchcock) s'enchaînent d'autant mieux que cela semble correspondre au sujet (une invasion d'oiseaux sur le territoire des humains), mais c'est plaqué sur une réalité que l'on tente d'adapter dans le texte en évoquant les centaines de milliers d'oiseaux qui doivent être nettement moins nombreux et surtout qui sont moins meurtriers que ceux du film. Pourtant, c'est cette image qui peut rester du titre et de l'illustration.

mercredi, 13 janvier 2010

เปลือก

- Les négociations auront intérêt à se dérouler dans la sérénité, sous peine de froisser les égaux. L'Union, 26 décembre.

- Il faudra qu'un successeur se fasse rapidement connaître pour reprendre les rennes de la présidence. L'Union, 28 décembre.

- Je suis enseignant à l'école élémentaire Eugène-Allanic depuis cinq anes. Ouest-France, 6 janvier.

- 2 maîtres-nageurs diplômés d'Etat organisent un stage de la nation pour les enfants de 5 à 12 ans. Le 97-6, 25 décembre.

- Parce qu'un voeu risque trop souvent de rester pieu, voici quelques conseils. Le Figaro, 2-3 janvier.

mardi, 12 janvier 2010

Renouvellement des chiens écrasés

J'ai appris avec consternation et indignation l'odieux attentat dont a été victime le malheureux compagnon à quatre pattes de mon collègue Guy Bedos (oui, on est confrères puisque l'on fait tous deux des revues de presse). Les journaux se sont tout de suite emparés de cette épouvantable tragédie qui concerne la France entière et ils ont eu parfaitement raison de dénoncer l'ignominie des assassins de ce paisible quadrupède pourtant profondément intégré à la réalité locale.

Le Post a bien compris qu'il était extrêmement important après cet atroce drame de la ruralité et de l'insularité terroristes réunies d'évoquer d'autres affaires non moins graves.
Le chien électrocuté.
Le chien explosé.
Le chien noyé.

On a évité le chien pendu, le chien empoisonné, le chien égorgé, le chien lapidé, le chien enterré vivant, le chien défenestré, le chien cloué à une porte de grange, et j'en passe. Les rédacteurs du Post n'ont pas trouvé suffisamment de faits-divers sur le même sujet dans la même journée. Il faut remarquer un fait : lorsque Le Post tient un thème, il cherche à le décliner de toutes les manières possibles durant plusieurs heures ou jours. Là, le thème était le chien maltraité et on a fouillé toutes les poubelles de la presse pour trouver des sujets voisins, parce qu'un pauvre petit toutou cela suscite l'apitoiement de bon nombre de personnes amies de certains animaux. La semaine prochaine, si le chat d'une autre célébrité est sauvagement assassiné par un chauffard alors qu'il pourchassait paisiblement un pigeon en bon chat qui se doit, ce sont des foules de félins qui fourniront la matière des articles. Puis on pourra décliner aussi avec le rat ou le varang d'une chanteuse gothique, si l'on veut.

On nomme rubrique des chiens écrasés les faits-divers sans grande importance pour le public. Le Post sait comment faire monter la sauce à partir de choses banales. Lorsqu'il est arrivé un accident dû à un molosse qui avait un peu trop taquiné les membres d'enfants en bas âge, il a tout de suite réagi en alignant une masse de faits-divers en quelques jours, tous sortis du néant, puis plus rien après. Comme si cela n'existait plus. Mais, pendant quelques jours, il a obtenu son lot de réactions de colère ou au contraire de défense. On va voir défiler toutes les occasions de mauvais traitements à animaux familiers ou NAC. Puis cela disparaîtra pour revenir plus tard. Cela marche par vagues. 

jeudi, 07 janvier 2010

Du langage par signaux dans la majorité présidentielle

C'est Daniel Schneidermann qui avait attiré mon attention sur le nouveau grand cliché de la majorité présidentielle : l'envoi de signaux et surtout de signaux forts. A la veille de Noël, je n'avais pas cru bon de rebondir, mais j'avais bien conservé le sujet en notes pour un billet que voici.

Que trouvons-nous à l'origine de la fameuse signalétique ?

smoke.png

D'abord des signaux boursiers :

Ce signal relance le mouvement en direction de la résistance à 87.50 EUR, correspondant au sommet historique. TF1-LCI.
C'est donc à elles de donner le signal du changement. Le quota de boursiers n'est certainement pas une méthode brillante. Les Echos.
Mieux vaut un signal prix qu'un signal quantité. Cette théorie, bien argumentée dans le rapport Rocard, est classique et solide. Les Echos.
Le MACD est positif et supérieur à sa ligne de signal. Cette configuration confirme la bonne orientation du titre. TF1-LCI
L'analyse technique donne peu de signaux clairs à court terme. TF1-LCI.
Les indicateurs stochastiques ne donnent pas de signaux clairs pour les jours à venir. TF1-LCI.
Alors on aura les deux : une couche de signal-prix sur la couche de signaux-quantités déjà en place. Les Echos.
Ces prix devraient en principe donner les bons signaux pour que les investissements vers des systèmes moins carbonés se fassent au plus vite. Or on peut craindre que la financiarisation des marchés ne se traduise par des volatilités excessives qui brouillent les signaux économiques réels. Les Echos.

Ces phrases sont du pur charabia ne voulant strictement rien dire, comme il se doit dans des textes économiques, qui tiennent plus des sciences occultes du type astrologie ou chiromancie que d'une analyse un peu rationnelle. En économie financière, on pense de manière illogique et on raconte n'importe quoi pourvu que cela ait une apparence de sérieux. Il ne faut donc pas s'étonner ensuite de trouver un ministre de l'Intérieur racontant ainsi que le nombre de voitures brûlées lors des fêtes constitue un "signal positif" alors qu'il est plus important qu'il y a dix ans. C'est le langage des grandes écoles : "Il est exact que les grandes écoles, avec plus ou moins d'enthousiasme, ont commencé à donner des signaux positifs aux élèves moins favorisés par l'origine sociale." (Les Echos, toujours.) On ne pense pas en termes d'action, mais de signaux qui sont clairs, positifs ou forts (le langage est réduit à sa plus simple expression, le contenu du signal importe peu, tout est dans la tendance.)

Dans cet univers totalement clos, on ne s'exprime pas comme le reste de la population, on lui envoie des signaux parce qu'elle est loin, très loin. Et ce langage à part fournit ensuite celui des principaux journalistes politiques ou économiques du pays ou des fameux décideurs. Comme nous subissons une politique du chiffre à tout prix, il est normal de voir que la réalité sociale de ce pays soit traitée exactement comme une valeur boursière.

lundi, 04 janvier 2010

Décryptage de décryptages

J'avoue que le mot décryptage m'insupporte particulièrement. Il est apparu en 95 lorsque l'émission Arrêt sur images a été diffusée. Il s'est diffusé ensuite dans le reste de la presse, et on le trouve comme titre de rubrique du Monde, de Libé ou de Rue 89. C'est profondément crispant ! Même l'Oignon qui n'est pas suspect de boboïsme parisien se fend d'une cinquantaine de rubriques décryptage. Donc tout le monde journalistique décrypte, comme si on n'avait pas pu comprendre par soi-même ce qui était dit ou écrit. Il y aurait une volonté caché des autres journalistes et les vrais journalistes nous la diraient. On accumule alors les Vrai-Faux, Intox-Désintox auxquels il faut croire. Et on est priés de croire la vérité décryptée puisque l'on a levé le mystère.

Que l'on pense par soi-même et que l'on cherche les réponses sans les demander toutes faites, c'est une chose qui n'effleure pas l'esprit des responsables de cette titraille idiote. Décrypter est devenu le mot d'ordre même si les réponses sont fausses en définitive. On fait croire qu'il y aurait une vérité secrète que seul le journal pourrait révéler et que le lecteur n'aurait jamais pu comprendre sans lui. On décrypte et on encrypte aussi pour faire valoir le statut du média.

Pourquoi les titres des articles du Post sont-ils tous interrogatifs ?

Voici quelques titres d'articles.

Grippe A: trop de vaccins commandés, faisant des labos "les grands vainqueurs" ?
Campagne de vaccination contre la grippe A : combien cela va-t-il nous coûter tout ça ?
Disparition de Francesca, 10 mois : Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas.
Hadopi est officiellement née : qui osera porter plainte contre ce texte ?
Le No Sarkozy Day aura-t-il finalement lieu ?
Eric Zemmour sur RTL : que pensez-vous de sa première chronique ?
Fourgon bancaire attaqué près d'Aubagne : 6 millions d'euros volés ? 
Que disent ces pâtes alors qu'une enquête va être menée en Italie sur leur prix ?
J-2 avant les soldes : faites-vous des repérages ?
Google Nexus One, et si c'était lui qui allait nous faire publier [sic] l'iPhone ?
Berlusconi bientôt en duo avec Carla ?
Pour 2012, Fabius vote DSK ou Aubry, et vous ?
Une semaine d'actu sur Le Post, qu'en pensez-vous ?

On aura reconnu le style inimitable du Post.fr, le grand site poubelle du quotidien français de référence. Comment reconnaître un article du Post.fr entre tous à la seule vue de son titre ? C'est fort simple : il se termine le plus souvent par un point d'interrogation. Pourquoi ? Le Petit Champignacien n'hésite pas à vous le dévoiler.

Il existe deux grandes écoles de titres journalistiques : les informatifs et factuels du modèle des Echos ou de la Tribune, les incitatifs et accrocheurs du modèle de Libé ou Charlie-Hebdo (je laisse de côté les titres militants parce que c'est un cas particulier). Souvent, c'est un peu plus mélangé dans la presse généraliste et il est à présent difficile de ranger un titre dans une catégorie plutôt que dans une autre. Le titre incitatif est censé nous donner envie de voir le texte complet puisque nous avons été surpris, le titre informatif doit nous apporter l'essentiel du contenu et on voit ensuite les détails. Mais Le Post.fr a inventé une formule de titraille originale : le titre qui sert de relance au lecteur pour qu'il aille non seulement lire le texte, mais aussi participer à son élaboration.

Cela commence d'abord par un faux mystère ou un prétendu scandale. Même si l'information est sûre, il faut que le lecteur se pose des questions et on invente des doutes afin qu'il ouvre la page. Ensuite, on lui demande son avis, même s'il n'en avait aucun sur un sujet dont il ignorait tout la minute précédente. Il faut susciter sa réaction afin d'engendrer ensuite d'autres articles qui serviront de récapitulatifs en reprenant ses propos. Pour cela, on est dans un mode de communication plus proche des émisssions de radio avec standard téléphonique ouvert en permanence que de la presse écrite. D'où la forme interrogative récurrente. C'est en fait plus proche de l'oral que pour les autres sites participatifs qui ont des titres calqués sur ceux de la presse écrite. Les rédacteurs sont dans la relance permanente de leurs lecteurs-publieurs, comme un animateur radio face à ses auditeurs dans une libre antenne, et le site est plus un média chaud qu'un autre par ce trait stylistique. Le procédé est assez grossier, mais il fonctionne efficacement.  

mercredi, 16 décembre 2009

Sliogán

- [Le camp n°2] fut tour à tour camp de prisonniers allemands, puis français, camp de réfugiés amanites. Le Pays roannais, 4 décembre.

- Si tenté que le drame de samedi soit lié au jeu du foulard. Le Parisien, 7 décembre.

- Résiste aux chocs à l'eau jusqu'à 20 barres. Le Dauphiné, 6 décembre. Au sujet d'une montre.

- Un individu a pénétré dans la boucherie V. apparemment au moyen d'un tourne-vice. La Provence, 6 décembre.

- Gérard Leclerc directeur de LCP, qui fait une remarque sur le bouclier fiscal , est rembarré comme s’il n’était que le porte voie de Martine Aubry. Marianne2.

- Pour sortir de cette situation, les ingénieurs d'EDF pourront aller faire un tour dans la centrale nucléaire de R. E. Ginna, exploitée par Constellation Energy, tête de pont de l'électricien français aux Etats-Unis. Son tôt de disponibilité a atteint 100% en 2007. Philippe Douroux.

jeudi, 03 décembre 2009

L'horreur acceptable : un squelette près de chez vous

Halloween est passé et pourtant l'Oignon fait encore dans le gore comme d'hab' !

Voici d'abord le titre :

Il vient réclamer des loyers, il découvre_un_squelette !

On lit un peu interloqué ce qui suit. Le squelette devient plus précis.

Le mauvais payeur entre guillemets était même si bien mort que l'homme de loi, accompagné du serrurier, a découvert le locataire en question réduit à l'état de squelette, avec lunettes sur le nez et montre au poignet, mais sans plus de chair sur les os.

Je ne sais pas qui était le professeur de biologie du journaliste en question, mais pour faire un squelette parfait il faut des années même avec une exposition à la lumière ! La décomposition d'un corps ne peut se produire entièrement en sept ou huit mois. C'est déjà assez difficile et long pour des corps simples comme des feuilles mortes qui ne s'évanouissent pas du jour au lendemain (on ne parle même pas de cuir ou de plastique parce que cela devient vite compliqué). Si le journaliste s'était un peu intéressé au recyclage des objets, il aurait pu constater que la chair humaine ou non se maintient fort longtemps puisque c'est de la chair. Un organisme complexe, très inventif et résistant. L'image du squelette dans un appartement est une absurdité totale : elle vient des images de vesternes où l'on nous présente des squelettes sous un soleil de plomb en plein désert de la mort qui tue avec quelques vautours aux alentours. La réalité est plus sordide : un corps en liquéfaction et semblant sortir de la Nuit des Morts-Vivants ou d'un autre film de Romero, des résidus de la chair partout autour, une odeur de puanteur infinie. Bref, c'est horrible.

Mais il existe l'horreur acceptable, et ainsi le cadavre devient squelette. Un squelette, c'est plus présentable qu'un vrai mort avec son odeur épouvantable. C'est plaisant, un squelette. On en a tous croisé un que l'on surnommait Arthur en salle de biologie, comme dans les Disparus de Saint-Agil. On peut l'aimer, le squelette. Alors que le cadavre, c'est la mort totale. Dans la rédaction de l'Oignon, on se demande comment frapper le lecteur sans trop le choquer quand même et on se dit que cadavre serait trop brutal (même si l'on ne néglige pas les articles sur les faits divers les plus sordides) alors qu'un bon vieux squelette des familles est propre, lisse et surtout sans aucune trace de vie puisque ce ne sont que des os ! Le squelette est une métaphore parfaite de la mort complète et achevée que ne peut être le cadavre. Mais il est dommage que cette mort de l'organisme dure pendant des années et ne soit pas achevée en six mois selon un schéma de pensée idéal. D'ailleurs, comment aurait-on pu dater le décès sans aucun élément de chair ?   

mercredi, 02 décembre 2009

Kinkhoorn

- Deux d'entre eux font la chaîne pendant que le dernier fait le gué. L'Union, 27 novembre.

- Qu'il y ait des financements de chairs... Le Courrier de l'Ouest, 18 novembre.

- Remplacement des abris excitants par des abris neufs. Le Courrier picard, 18 novembre.

- Le gouvernement a multiplié les orties depuis quelques semaines. La Dépêche du Midi, 24 novembre.

- C'est grâce à l'école de sa fille que le poteau rose a été découvert. Le Journal de Saône-et-Loire, 20 novembre. C'est le grand classique qui donne son nom à ce type d'erreurs pour Chris.

- Le Palais-Bourbon, une croisière sur la scène et le tour des monuments étaient au programme de l'escapade parisienne. La Montagne, 19 octobre.

- 90 % des morts sur la route vivent dans les pays en voie de développement. Le Monde, 22 novembre.   

mercredi, 18 novembre 2009

Kerak

- Notre conseil : entre-deux-mères, château Sainte-Marie. Saveurs, hors- série n° 5, hiver 2009.

- Jusqu'à ce jour comme tous les hêtres humains, son regard s'est porté sur un jeune garçon. L'Essor savoyard, 5 novembre.

- Ce praticien avait profité de la vulnérabilité de ses patients pour subordonner des témoins. La Dépêche du Midi, 2 novembre.

- Le débat est non seulement récurant mais aussi régulièrement passionné. Le Républicain lorrain, 22 octobre.

- Des fonds baptismaux. L'Union, 21 octobre.

- Justement, c'est là que le bas blesse. Martine voudrait savoir pourquoi elle se retrouve dans les 9 licenciés. L'Union, 18 novembre.

- Comme une autre de ces camardes, elle aussi en partance forcée de l'entreprise, elle va être décorée de la médaille du travail pour 35 ans de présence. L'Union, 18 novembre.

jeudi, 12 novembre 2009

Skulp

- Je vois avec plaisir le très joli minou de Marie Drucker. L'Est républicain, 28 septembre.

- Au Conseil constitutionnel, [Chirac] échange des pics avec Giscard, son plus vieil ennemi. Le Télégramme, 5 novembre.

- Mélomane de la peau : femmes 4 000 cas ; hommes 3 420 cas. Le Dauphiné libéré, 3 novembre.

- Le reste du temps, tout est emprunt de courtoisie, d'ironie, d'une ingénuité armée. Libération, 27 octobre, au sujet de Balladur.

- Hubert D. a reçu vendredi soir la médaille du mérite diocésain des mains du père Païen. Le Progrès, 20 octobre.

mercredi, 04 novembre 2009

Muschel

- Madame Cohen-Solal, adjointe au Maire de Paris pour le commerce et l'artisanat, a fait rejeter le voeu de l'UMP en narguant du fait... Les Nouvelles du 12e, septembre 2009.

- 1982. Renflouage du "Mary Rose", vaisseau de guerre qui avait coulé en 1545 dans la rate de Portsmouth. La Voix du Nord, 13 octobre.

- Belote, nain jaune ou rami ont toujours la côte. L'Est républicain, 19 octobre.

- Des sceaux de merde ont été déversé sur le paillasson de mon fils. Le Dauphiné libéré, 15 octobre.

- M. Soultani aurait dirigé et participé à une séance de tortue le 1er juillet 2005, alors qu'il était ministre d'Etat. Le Courrier, 27 octobre.

- Mouy s'engage à payer ses dettes pour entériner l'âge de guerre. Oise Hebdo, 21 octobre.

- C'est que la réforme des bases castrales servant à établir les impôts locaux est un sujet extrêmement sensible. La Voix du Jura, 29 octobre.

- En quoi est-elle nouvelle, cette Astra quatrième du non ? L'Automobile, novembre 2009.

- En grandissant, les alevins brochets deviennent anthropophages et peuvent se dévorer entre eux. La Nouvelle République du Centre-Ouest, 19 octobre.

- Faire le ménage dans un cimetière ne me choque pas. J'ai l'habitude de le faire pour mes beaux-parents. Le Républicain lorrain, 30 octobre.  

mercredi, 21 octobre 2009

La rubrique impérative

Je n'avais pas encore fait attention à ce mot introducteur dans les titres du Point en ligne, mais il est récurrent :

REGARDEZ

On signale une vidéo dans le corps d'un article rédigé, parfois suivie d'autres images arrêtées. Pourquoi mettre en évidence et même avant le titre ce mot ? D'abord, parce que l'on n'a pas de petits gadgets qui signalent la présence d'un son ou d'un film, comme cela se fait dans d'autres médias en ligne. Ensuite, parce que l'on est dans une croyance ancienne qui consiste à s'imaginer que si l'on dit aux gens "Regardez" ils vont regarder forcément. Puis, on peut se dire que cela peut dispenser du nom de rubrique, il est inutile de classer le texte qui accompagne la vidéo du moment que celle-ci est annoncée par le mot "Regardez". Jamais un lecteur sur la Toile ne peut avoir une lecture intuitive à partir d'un signe codifié. Le lecteur va suivre automatiquement, car dans l'imaginaire de certains dirigeants de journaux il attend avant tout des images et de préférence animées. Enfin, ce qui est le plus comique, c'est que cette forme singe celle du journal télévisé : "Regardez donc nos superbes images filmées avec beaucoup de talent par notre grand reporter Schmuck".

L'impératif est la forme privilégiée du journal télévisé (sachez encore, voyez donc, écoutez ce que dit Schmoll, passons à un autre sujet) alors que l'infinitif est la forme préférée des journaux quotidiens et des magazines pour leurs titres de rubrique parce que plus générique. On a juste ici affaire à une forme de télévisualisation de journaux qui publient sur la Toile. Comme s'il ne devait pas y avoir d'écriture propre à la Toile, mais une adhésion à des modèles totalement dépassés. Cela me rappelle plus les réclames des années soixante qu'un véritable passage à l'ère numérique. Un singulier retour en arrière.

 

Slige

- L'exquise plus globale du projet devrait être présentée à la fin de l'année. Le Dauphiné libéré, 8 octobre.

- A l'exposition fruitière de Garche, les gourmands se sont jetés sur les cachots. Le Républicain lorrain, 7 octobre.

- Fermeture des services de cartes crises. La Montagne, 13 octobre.

- Nous avons également à la carte, du saumon fumé, du foie gras ainsi que les déserts. Ouest France, 11 octobre.

- De très nombreux Vitrollais ont rendu hommage au maire sur les cahiers de doléance. La Provence, 9 octobre.

- Il semble qu'il soit décédé d'un infarctus lors de sa pause alors qu'il était en plein travail. Le Progrès, 15 octobre.

- Dominique de Villepin et ses quatre co-détenus. Libération Champagne, 12 octobre.

samedi, 17 octobre 2009

Ma conversation de blogueur avec Laurent Joffrin

Aujourd'hui, le Petit Champignacien interroge Laurent Joffrin, le directeur de Libération, au sujet du prochain numéro à paraître de ce journal.

LPCI : Bonjour, monsieur Joffrin, je suis content de voir que vous reconnaissiez l'existence de la blogobulle dont je suis un éminent représentant. Je serais heureux de mettre mon talent reconnu et salué par tous au service de votre plateforme.
LJ : Attention ! nous à Libé, nous avons un cahier des charges très précis au sujet des blogues que nous hébergeons et les règles que nous édictons sont assez sévères parce que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser passer n'importe quoi sous le couvert de l'anonymat. Nous à Libé, nous sommes avant tout soucieux de notre indépendance et de notre code de déontologie que nous avons fait approuver par un vote solennel. Nous à Libé, nous ne pouvons pas laisser passer n'importe quel type de commentaire !
LPCI : Certes, mais enfin... quand on lit les réactions au bas de certains articles du journal papier, on peut se dire que les blogues sont bien mieux surveillés et contrôlés.
LJ : Détrompez-vous ! Nous à Libé, nous fermons les commentaires des articles dès lors que l'on parle de la vie interne de Libé. C'est un processus parfaitement démocratique que j'assume entièrement comme directeur mandaté par le principal actionnaire. Nous à Libé, nous sommes très attentifs à la liberté d'expression et il est hors de question que l'on remette en cause le sens de notre indépendance par des commentaires malveillants au bas de mes éditos. Mais pour le reste, tout le monde peut dire ce qu'il veut au bas des autres articles non payants. Nous ne sommes quand même pas au Figaro, nous à Libé, et nous pouvons accepter l'irrespect qui est la marque de fabrique de notre titre. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si nous à Libé avons repris un titre issu de la résistance.
LPCI : Soit, mais j'ai du mal à comprendre votre stratégie Web 2.0. Vous avez des blogues en nombre réduit qui sont tous modérés soit par leur auteur ou par un modérateur, des articles qui sont ouverts à des commentaires qui sont mal modérés depuis l'Inde ou Madagascar et puis des articles sur lesquels vous ne voulez pas de réactions.
LJ : Nous à Libé, cela se discute de manière démocratique, donc si tout le monde ne demande pas que j'ouvre les commentaires sous mon éditorial, eh bien ! on ne les ouvre pas, surtout si cela pourrait mettre en cause ma gestion.
LPCI : On m'a dit que vous prépariez un grand coup pour lundi. Pourriez-vous nous en dire plus ?
LJ : Oui, nous à Libé avons décidé de faire de Pal Sarkozy le directeur artistique et le rédacteur en chef de notre édition. Je peux déjà vous montrer la photo de Une d'un numéro de cent pages avec couverture glacée.

sarkopal.jpg

 

 

 

LPCI : C'est impressionnant, mais pourquoi ?
LJ : Nous à Libé, nous avons une tradition de donner des numéros à illustrer ou commenter par des personnes qui ne sont pas des journalistes de formation, c'est notre combat démocratique afin de nous ouvrir à la société civile. On a eu ainsi des numéros dirigés par des rédacteurs en chef exceptionnels comme Ben, Buren, Calvin Klein, Isabelle Adjani, Kent Hutchison, Spencer Tunick, Carla Bruni. Nous à Libé, nous sommes très attachés à la liberté d'expression et nous avons pensé qu'il était bon d'apporter un regard différent sur le sarkozysme, grâce à ce discours décalé. 
LPCI : J'ai un peu de mal à comprendre. Vous voulez dire que Pal Sarkozy va illustrer tout votre journal au nom de l'antisarkozysme ?
LJ : Attention ! Je n'ai jamais dit cela, nous à Libé nous ne sommes pas dans l'antisarkozysme, mais nous estimons nécessaire de donner la parole à tout ce qui fait la vie culturelle contemporaine et de témoigner de notre indépendance totale. Nous à Libé, nous l'avons choisi parce que c'est un grand artiste et non simplement pour son nom. ll n'est pas question d'exclure Pal Sarkozy sous le prétexte qu'il serait le père du président actuel ! Nous à Libé, nous ne voulons pas faire ce genre de discrimination.
LPCI : Mais enfin ! ses peintures sont nulles à chier et je reste poli. On croirait un tableau patriotique de la Corée du Nord !  Pourquoi lui et pas un autre ?
LJ : Nous à Libé, nous pensons qu'il n'a pas plus de droits qu'un autre et pas moins qu'un autre. Il est normal qu'un peintre universellement reconnu puisse s'exprimer dans nos colonnes, parce que c'est cela l'exercice démocratique de la république. Pourquoi devrions-nous le bannir sous le prétexte qu'il serait le père de son fils ?
LPCI : Mais vous faites un journal antisarkozyste d'après ce que je peux lire parfois ?
LJ : Pierre Marcelle ou Gérard Lefort n'expriment pas ce que nous pensons, nous à Libé. Ils sont libres, puisque notre fonctionnement à nous à Libé est démocratique, mais comme la décision de confier un numéro entier à Pal Sarkozy a été prise sans qu'ils disent quoi que ce soit puisqu'ils étaient absents lors de l'assemblée générale, c'est le processus démocratique qui s'applique. Je ne vois pas du tout où est le problème. Nous ne pratiquons aucun favoritisme lié au nom puisque Pal Sarkozy nous a fait un prix pour ses services.
LPCI : C'est juste très moche comme style et puis l'apologie de Sarkozy par son père.
LJ : Nous à Libé, nous estimons qu'il faut rester équilibrés dans les critiques du nouveau régime. On peut donc autoriser, toujours de manière démocratique, des articles contre le petit-fils puisque nous mettons en avant le grand-père.
LPCI : Cela dit, dans tout entretien de blogueur qui se respecte il doit y avoir une choucroute, où est-elle ?
LJ : Ce n'est pas de la choucroute, mais de la goulasch que j'ai préparée pour notre futur invité.
LPCI : Argh !

 

P.-S. J'avais commis jeudi un Tweet où je disais en gros : "Pal Sarkozy, peintre du dimanche, déclare : si l'on attaque le président, c'est moi qui suis visé". Puis j'avais promis une interview de Pal Sarkozy avec un fort accent hongrois pour le lendemain, interview que je n'ai jamais écrite. Rimbus s'est donc emparé de mon idée (sans l'accent hhhongggrrrois dont je voulais l'affubler). Je ne le lui reproche pas, je ne sentais pas du tout l'idée d'une interview de Pal et cela me semblait limité. Puis, l'idée de l'interview de Joffrin suggérée avant par JBB (le Charançon libéré) me laissait un peu en panne parce que je ne voyais pas d'angle précis. En reprenant mon idée, Rimbus m'a permis de savoir ce que je pouvais écrire en m'évitant de développer. Je ne lui en veux donc pas de me copier puisqu'il m'a déchargé d'une tâche. Pas plus qu'à JBB, qui m'avait confronté à un délicat problème de style que j'ai du mal à saisir tellement il est gluant. Ils sont les coauteurs indirects de ce texte, je n'aurais pas fait le rapprochement sans eux.       

mercredi, 14 octobre 2009

カキ

- Quatre ministres du gouvernement ont dû démissionner pour diverses affaires de dépôts de vin. Libération, 5 octobre. Cela se passe en Grèce.

- Il n'y a pas eu de pluie et les raisins sont saints. Midi libre, 2 octobre.

- Les quatre chenilles ouvrières organisatrices du vide-greniers. La République des Pyrénées, 15 septembre.

- L'action menée hier par les jeunes agriculteurs de la Creuse s'est déroulée sans accro. L'Est républicain, 2 octobre.

- Mais dans quel crâne d'œil... a pu germer cette "bonne idée" ? Var-Matin, 4 octobre. Au sujet de la cagnotte contre l'absentéisme scolaire.

- Cent quatre-vingts portions de moules-frites et de phare breton. Le Dauphiné libéré, 14 octobre (ce qui me paraît un peu rapide comme information, sachant que le Canard est imprimé la veille du mercredi).

samedi, 10 octobre 2009

Ma rencontre de blogueur avec Alain Finkielkraut

J'ai décidé de rencontrer l'un des radiosophes les plus connus de France afin de parler de sa vision d'Internet.

LPCI : Bonjour monsieur Finkielkraut, merci de me recevoir aussi aimablement.
AF : Je ne vous dis pas bonjour, depuis que j'ai eu connaissance de votre rendez-vous infernal, je vis dans la terreur et l'épouvante.
LPCI : Mais pourquoi donc ? Un blogue peut servir à célébrer les gens que l'on estime et...
AF : Les blogues servent à une véritable fureur de la persécution; Et il n'y a pas que les blogues, c'est toute la planète internet qui est devenue une immense foule lyncheuse qui me fait peur. Oui, je vis dans la peur la plus totale, comme si je me retrouvais pris au piège du ghetto de Varsovie face aux hordes féroces et meurtrières des nouveaux barbares qui se sont emparés de la technologie afin de tuer toute forme élevée de culture. Vous me faites peur, je l'avoue.
LPCI : Pour détendre un peu l'atmosphère, il est traditionnel dans les rencontres de blogueurs que l'on discute autour d'une bonne choucroute, je ne la vois pas, pourquoi ? 
AF : Ah ! Je devais bien me douter que vous vous déchaîneriez contre moi d'une manière démentielle et sauvage !
LPCI : Mais pourquoi ? La choucroute, c'est agréable.
AF : Vous avez voulu jouer sur le sens de mon nom propre et je soupçonne chez vous une sorte d'antisémitisme qui ne veut pas s'avouer comme tel. Je me nomme Finkielkraut et pas Sauerkraut ! Il n'y a que les antisémites à avoir pratiqué l'amalgame entre la tête de chou et les Juifs. Voilà pourquoi je vis dans un monde d'horreur qui me répugne de plus en plus, puisque nous nous éloignons de toute forme de civilisation du fait de l'arrivée des vandales comme à la fin de l'Empire romain.
LPCI : Mais Gainsbourg a lui-même chanté l'homme à la tête de chou et il n'était pas naz...
AF : Vous me parlez d'un de ces histrions de bas-étage fasciné par le monde black, black, black qui a tant participé à la perte de nos valeurs et de nos repères occidentaux, comme si les chansons pour le top 50 pouvaient être placées sur le même niveau que la poésie la plus pure, par exemple celle de Péguy.
LPCI : Péguy aurait donc parlé de la choucroute lui aussi ?
AF : Oui, bien sûr; Tenez, voici ce qu'il écrit en 1914, juste avant de monter au front et d'y mourir, cela s'intitule Epitre aux Germains. Cela ne rend son écrit que plus poignant.

Au nom du Père ; et du Fils ; et du Saint-Esprit ; ainsi soit-il.
Préservez-nous toujours de la diabolique choucroute que les méphistophélesques cohortes germaniques répandent partout où elles passent.
Choucroute de sorcières dans laquelle barbote une infecte pourriture à peine masquée par la saumure;
Choucroute du mal absolu qui détruit nos forces les plus vives alors que nous devrions nous lier à la terre qui nous a fait naître et qui nous empêche de tuer tous les païens qui vivent outre-Vosges.
Choucroute de l'apocalypse qui brise notre vigueur morale et l'amour que nous devons à nos ancêtres.
Choucroute eschatologique et scatologique dans laquelle se perdent les homùes qui n'ont pas su trouver leur voie et leur voix dans Notre Seigneur.


Il y a comme cela cinq mille vers débutant tous par le mot choucroute, ce qui montre la force oratoire et la grandeur admirable de la pensée éthique de Péguy.
LPCI : D'accord, mais enfin... Je ne suis pas venu là pour vous accuser, je ne suis pas de la Gest...
AF : Me poser des questions, c'est déjà une attitude inquisitoriale totalement inadmissible et qui démontre à quel niveau de bassesse l'on se retrouve aujourd'hui puisque tout le monde peut dire n'importe quoi n'importe où sans avoir la moindre autorité sur le sujet. tenez, moi-même, je ne suis pas philosophe de formation, je n'ai fait que lettres modernes, et pourtant je passe comme tel sur France-Culture ou dans le Monde, on m'invite à donner des cours à Polytechnique alors que je devrais me retrouver à devoir enseigner les règles de conjugaison et de politesse à des sauvages sans-papiers dans un collège de banlieue de la région parisienne vu le niveau de mes diplômes et des concours que j'ai passés, je parle souvent de livres ou de films que je n'ai ni lus ni vus mais sur lesquels j'ai un avis définitif et transcendant. L'imposture est générale et franchement, cette époque me fait peur. Je suis persuadé que je serai la prochaine victime d'un lynchage médiatique par une foule en furie, remplie d'une hystérie démentielle que je n'ose imaginer tellement la haine est générale pour tout ce qui est grand, beau, culturel. Comment tout un chacun aurait-il le droit de faire sur son blogue ce que j'ai toujours fait dans mes émissions de haute tenue morale en me posant en procureur inflexible sans que je sache de quoi l'on parle exactement ? Cela me fait peur toute cette concurrence... Je vis dans le cauchemar d'être critiqué ou cité pour mes propos.
LPCI : Merci beaucoup monsieur Finkielkraut pour ce témoignage émouvant.

mercredi, 07 octobre 2009

улитка

- On a l'impression que la politique agricole de la France est circoncise à la Haute-Normandie. Paris-Normandie, 14 septembre;

- Le dossier sera défendu par maître G., avocat au bureau de Paris. Tiercé magazine, 17 septembre.

- L'association invitait les passants à signer des cartes manifestant l'hostilité aux yeux de poules élevées en batterie. Sud-Ouest, 22 septembre.

- Cet homme avait tiré sur son épouse à coups de fusil... Il est sorti tout seul, très abattu. 20 minutes, 28 septembre.

- Le commandant Y. laisse une compagnie qui fonctionne bien et dont la délinquance est maîtrisée. La République des Pyrénées, 17 septembre.

vendredi, 02 octobre 2009

Le chafouin et le pitre

Il est parfois beau le pseudo-anticonformisme de pseudo-gauche de Marianne, il s'autorise de belles approximations et de beaux amalgames afin de faire croire qu'il est totalement indépendant et qu'il ne reepecte pas les réputations établies. Ainsi, sous la plume de Philippe Cohen qui fait dans les raccourcis grossiers et racoleurs comme ceux que l'on peut trouver en commentaires que l'on appelle lourdement  :

Le gouvernement de Giscard – sous l’influence de  Simone Veil - qui a interdit le chagrin et la pitié, ce film de Marcel Ophuls.

1) Le film n'a jamais été interdit à la diffusion, mais il ne fut pas diffusé à la télévision et ce pendant dix ans. On l'a projeté en salle dans les circuits parallèles fort nombreux alors, et il eut le bénéfice d'un bouche à oreille à cause de ce refus d'achat pour la télévision à deux chaînes publiques que l'on apparenta à une censure tellement les mots étaient vifs dans les années soixante. Tout était censure alors. 

2) Cela ne s'est pas passé sous un gouvernement Giscard qui n'a jamais existé, mais d'abord sous la présidence de Georges Pompidou et un gouvernement Chaban. Simone Veil faisait partie du conseil d'administration de l'ORTF alors et elle ne deviendra ministre que cinq ans plus tard seulement. Le film était autofinancé et devait ensuite être acheté par l'ORTF qui n'était pas propriétaire des droits, sans quoi le film n'aurait jamais pu être vu par des cinéphiles comme Woody Allen (ne cessant de le voir et le revoir et y traînant ses dernières conquètes amoureuses).

3) Le film a quand même été diffusé à la télévision sous la présidence Giscard à la télévision dix ans plus tard, lorsque Simone Veil eut quitté le gouvernement Barre. La coïncidence est troublante, mais on ne peut pas dire que cette présidence avait interdit totalement le film à cause de Simone Veil ou qu'elle était sous son influence.

Parler d'interdiction à propos de tout et n'importe quoi sans voir la réalité des faits, c'est s'exposer au ridicule et surtout au discrédit quand il y a de réelles censures dans les médias dominants, mais ici non le Chagrin et la Pitié n'a jamais été interdit du tout ! Pas plus qu'un film de Pierre Carle ou de Jean Vigo n'est interdit sur TF1 ! C'est juste la loi du marché et du conseil d'administration, le film était une initiative privée et c'est la loi du privé qui s'est appliquée. Mais tout est bon à dire dans les démonstrations fausses à dessein. La semaine suivante, Marianne prend une position totalement opposée et tout aussi courageuse. Et si Philippe Cohen se contredit une fois de plus, c'est que l'on lui en veut pour ce qu'il est et non pour ce qu'il dit, déclarera la courageuse et brave rédaction de Marianne qui lutte ardemment contre la langue de bois et le politiquement correct dans un grand élan patriotique journalistique digne des plus belles démocraties publications populaires.

mercredi, 30 septembre 2009

вустрыцы

- La force de la coulée a visiblement ébranlé la matrice, qui a quitté ses rails. La Provence, 19 septembre.

- Anne-Marie Charcot était hier sur le terrain afin de dresser en compagnie des producteurs de vin un bilan des vidanges. La Dépêche du Midi, 19 septembre.

- [Le suspect] a été placé en garde à vue. Un autre incendie, moins important, semble lui être amputé. Ouest France, 15 septembre.

- De l'opéra en direct avec "Mireille" de Gounod. C'est à ce compositeur autrichien que l'on doit le célèbre air des bijoux. Télé moustique, 8 septembre.

- [Roman Polanski] a été marié à Sharon Stone. Birenbaum, Europe 1, 29 septembre.