dimanche, 16 novembre 2008
Verrine
Dans l'émission (très intéressante même pour les grands enfants) Maman, les petits bateaux, Noëlle Bréham évoque le mot verrine en parlant de son contenu, par lequel elle est fascinée. Or il y a vingt ans Henriette Walter dans le Français dans tous les sens déplorait que ce beau mot lorrain de verrine ne soit pas plus repris tellement il est utile et simple, c'est vrai qu'il était encore régional :
20:01 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : noël, francophonie, langue française, lorraine, vosges, régionalisme, patois
mardi, 11 décembre 2007
La recette de la quiche lorraine
C'est un lorrain un peu particulier, pas forcément celui que je connais et il m'a l'air parfois un tout petit peu trop alsaco-mosellan comme dans l'exemple ça gets ? ou picardo-champenois comme dans l'exemple de la chouille, ou argotico-gitan comme dans l'exemple se péter la tchave. Tout n'est pas du parler régional propre à une région et issu d'une région, mais peut parfaitement venir d'ailleurs : dans un cas, les têtes de Holtz de l'Est, dans un autre les cultivateurs de betteraves de l'Ouest, enfin les voyous parisiens qui reprennent des expressions roms ! Et je ne parle même pas de chouffe qui vient tout simplement de... l'arabe de banlieue ! Oui, des zivas du Neuf-Trois qui te font des breakdances sur fond de rap hardcore en pyjama blanc et à capuche... Ce n'est pas du folklore lorrain, tout ça, et il ne faut pas voir du patois dès lors qu'un mot est populaire dans des bars branchés et jeunes d'une préfecture de province.
21:42 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, alsace, alsacien, lorrain, lorraine
mercredi, 05 décembre 2007
La foire à Saint-Nicolas
Drôle de légende photographique dans le Monde : Nancy organise chaque année une fête traditionnelle avec des "manele" (photo ci-contre) et du chocolat chaud.
La raison ? L'article parle dans son début d'un défilé pour la Saint-Nicolas qui s'est tenue samedi et dimanche à Nancy, soit avec plusieurs jours d'avance sur le calendrier afin que tout le monde puisse y participer (sauf les employés travaillant en fin de semaine). C'est pourquoi le journal de référence du soir rappelle l'événement festif qui s'est déjà déroulé six jours avant le moment officiel... Voilà déjà pour la date traditionnelle... En outre, le défilé organisé par la municipalité est de création fort récente et son but est fort simple : contrer l'offensive du marché de Noël de Strasbourg (ou de ses ersatz qui se répandent un peu partout en France), puisque celui-ci a gagné la première place du tourisme de courte durée à cette période de l'année. Le bilan cette année est catastrophique : un quart de participants sur ceux qui étaient présents les années précédentes. L'animationnite et la festivaliose ne réussissent pas toujours...
Le 6 décembre, c'est la Saint-Nicolas, fête de l'ancêtre du Père Noël et patron des Lorrains. Nancy organise, chaque année, une fête traditionnelle en son honneur. Depuis le XIIe siècle, Nicolas est le saint de l'Europe du Nord.
Puis le rédacteur évoque ensuite la gastronomie alsacienne où les manalas (ou manale) tiennent une grande place durant la période de l'Avent comme les schnackele, les bredele et les Saint-Nicolas en pain d'épices.
En Alsace, il apporte ce jour-là les "manele" (petits bonshommes en pâte briochée) et le chocolat chaud aux enfants sages qui reprennent en choeur : "Ils étaient trois petits enfants/Qui s'en allaient glaner aux champs", chanson immortalisée par Gérard de Nerval dans La Sylphide (1852).
Mais justement ! les manalas ne sont pas lorrains et ne sont en aucun cas liés aux traditions de cette région chère à mon coeur. Il y avait juste la superposition de plusieurs opérations commerciales diverses à citer, puisque le rédacteur évoque par la suite le palmarès du foudingue, ou foutage de tronche. On commence par évoquer la tradition, avec des festivités qui ne doivent strictement rien à la tradition, puis on célèbre le prétendu renouvellement, le tout en mélangeant tout et n'importe quoi par association d'idées.
17:15 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, langue française, média, médias, lorraine, alsace
vendredi, 12 octobre 2007
L'Amérique, l'Amérique
Il y eut un continent dédié
A un marin,
Non loin du Rhin
L'Amérique naquit à Saint-Dié.
Le nom donné à l'Amérique provient du Gymnase vosgien réuni à Saint-Dié. Je suis né à Saint-Dié, comme l'Amérique.
20:33 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, lorraine
samedi, 22 septembre 2007
Lyautey
Les honnêtes gens de Thorey
Aimaient tout ce qui porte le nom de maréchal,
Mac Mahon, Pétain ou pour les fers à cheval,
Et leur plut le nom de Lyautey.
La commune de Thorey-Lyautey comporte le nom du personnage en question, parce qu'il y est mort dans son lit et qu'il y avait son château.
19:45 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, lorraine, poème, écriture, littérature
Raon
Les habitants de Raon-l'Etape
En avaient assez d'être pris pour des cochons.
Ils firent passer à la trappe
L'ancienne façon de bien prononcer ce nom.
Cela mérite quelques explications. L'ancienne prononciation de Raon était /rã/, tout comme pour Laon ou Craon ou un faon, un taon... En fait, elle n'a changé que lors de la guerre de 14-18 de par la présence de troupes venues d'autres régions qui n'avaient connaissance de ce nom que par sa graphie, puisque la ville était sur la ligne de front, notamment au début de la guerre durant les combats au col de la Chipotte. Or il se trouve qu'en dialecte lorrain, et plus précisément en patois vosgien, une ran (au féminin) c'est un local pour les porcs comme le montre cette page en citant ran d'poché : réduit de cochons. Le mot ran est de la même famille que rang, rangée. Le porc était dans une sorte de stale, isolé des deux ou trois autres congénères qui partagent son petit logement en grosses pierres (et ouvert sur le dessus afin de pouvoir lui verser sa pâtée dans son auge sans ouvrir la porte). Il existe d'autres Raon : sur Plaine, aux Bois, lès Léau, la petite. Toutes sont dans le massif vosgien. Ah ! et le premier vers a huit syllabes, pas neuf.
17:15 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, lorraine, poème, écriture, littérature
lundi, 03 septembre 2007
Chemin faisant
A Cheniménil, on chemine,
Parmi le chant des merles,
Vers le Château-sur-Perle
Qui nous est bien plus qu'une mine.
22:19 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, écriture, humour, lorraine, poésie, poésies, poèmes
dimanche, 02 juillet 2006
Sous le tilleul
Autrefois, dans la république de La Bresse,
On rendait la justice
Sur le chanté, ses lices
Montraient que la ville était chez elle maîtresse.
La ville de La Bresse était ville libre du duché lorsque mes ancêtres étaient encore allemands. Le chanté était le champ du tilleul, ban communal, où se réunissaient les citoyens afin de délibérer.
16:46 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : régionalismes, lorraine, langue française, histoire
samedi, 01 juillet 2006
Silence à Raon
On prononce Raon-l'Étape,
Mais avant dix-neuf cent quatorze on disait Ran.
Le nom est tombé dans la trappe
Quand la guerre était le seul nom de tous les champs.
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vendredi, 30 juin 2006
Rouge-Gazon
Les marcaires retrouvent à Rouge-Gazon
Des pâtures fort vertes,
Et sans aucune alerte
Ils ne demandent de ce nom la raison.
Il fallait que je continue un peu mes quatrains lorrains puisque je suis lassé pour un temps des limericks et du Nouveau Fontanier. Une autre raison, c'est que la catégorie est vide. Le nom “gazon” est traditionnel dans les Hautes-Vosges pour désigner des herbages d'estive. Le marcaire est un gardien de vaches qui est aussi fromager sur les chaumes ou sommets sans arbres. La place de l'adjectif “rouge” est typique du lorrain et elle montre une transposition de l'allemand. Il faut noter encore que les Alsaciens disent le Rouge-Gazon car ils pensent au sommet, les Lorrains disent Rouge-Gazon car ils pensent au lieu-dit là où se trouvaient les maisons de marcaires.
20:45 Publié dans Quatrains lorrains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, littérature, régionalisme, lorraine


