samedi, 11 octobre 2008
Renaissance de la perluette
C'est une nouvelle manie : après le détournement des arrobes (lues bêtement at ou arobase par les anglomanes), des signes registered, copyright, euro à la place des lettres a, r, c, e, on voit apparaître dans des logos des esperluettes.
Il y a, par exemple, cette émission de télévision sur la décoration et le bricolage, qui se nomme D&Co, jouant à la fois sur l'initiale de l'animatrice Valérie Damidot et le caractère d'équipe de l'émission. Co est là pour dire compagnie. Sauf que... c'est une abréviation anglaise, en français c'est Cie (avec petites lettres supérieures). On lit anglais, on pense français.
Ou encore Coiff &Co qui peut se lire comme "coiff(ure) (à prix) éco(nomiques)". Passons sur la manie des coiffeurs à employer la troncation sauvage dans leurs raisons sociales ou dans le nom de leurs prestations. Mais ce qui est remarquable ici, c'est que le nom développé de la marque, sans l'abréviation est bien "Coiff and Co" comme le prouve le site de la maison qui filialise. Les jeux de mots idiots entrent souvent dans les noms de salons de coiffure ou de toilettage canin. Le passant ordinaire lira "coiff éco" puisqu'il s'agit d'une enseigne à bas prix (une formule low cost ou discount si vous voulez), sans songer à d'autres services.
Que dire ? La perluette est devenue tendance depuis qu'Orange-France Télécom l'a utilisée dans son logo. On se trouve aussi dans le courant des détournements de signes pour leur attribuer une valeur symbolique : l'arrobe, par exemple, connote le caractère informatique d'une entreprise, d'un film. C'est assez ancien, mais cela devient un peu plus systématique depuis que la moitié de la population possède ou utilise un ordinateur, alors que les claviers de machine à écrire étaient inconnus de la majeure partie des gens. Certes, il y avait bien des gauchisses et anarchisses pour détourner les signes du dollar et de la livre afin de dénoncer l'argent-roi, mais ces signes étaient connus de tous puisqu'ils figuraient sur des billets et largement reproduit. Alors que l'ampersand était marginale en français : on la voyait plus souvent figurer dans des raisons sociales britanniques ou américaines, même si elle appartenait depuis les origines aux divers claviers francophones. Je devais l'expliquer à mes élèves quand je l'employais. Le Monde ne s'y est pas trompé : il a utilisé aussi le signe & pour les titres de certaines de ses rubriques ou pour ses produits commerciaux. La ligature mérovingienne est de plus en plus connue et surtout reconnue. Mais encore... on la voit surtout par son aspect anglais et c'est pourquoi il faut la faire suivre du Co anglais. Cela connote alors une sorte de modernité, de simplicité, d'efficacité.
12:12 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : publicité, marketing, logo, typographie, noms de marques
samedi, 14 juin 2008
Grouik !
Un logo qui a pour vocation de traduire la volonté des Ardennais de se tourner vers l'avenir, tout en assumant entièrement leur passé. D'où un sanglier extrêmement stylisé, dont la hure est orientée vers le nord-est avec une défense qui représenterait Sedan tandis que l'œil symboliserait Charleville-Mézières. La couleur jaune doré du sanglier, tout comme la couleur bleu vert du mot Ardennes renvoient également aux couleurs du département (le jaune doré des pierres de la place Ducale de Charleville-Mézières, le bleu vert de la vallée de la Meuse).
Il faut vraiment être très observateur pour identifier la droite ou le coin supérieur comme l'Est et le Nord ! Parce que si on prend une carte en main sur une route, ce n'est plus du tout pareil. Moi, cela me fait surtout penser au portrait du Père Ubu. Même profil.

14:52 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : géographie, logo, langue française
mardi, 03 juin 2008
Parlons européen, parlons shadock !
A quoi cela sert-il d'affirmer ceci ?
Par ailleurs, l’identité visuelle qui accompagne ce logo réunit, en les mêlant dans un mouvement dynamique, les langues de l’Union européenne et les couleurs des drapeaux de ses États membres.
Si quelqu'un peut retrouver la moindre langue européenne dans ce corps de caractères minuscules pour ce logo en taille réelle, je lui paye son poids en fraises Tagada ! On devine qu'il y a des lettres, mais on se trouve comme un mal-voyant face à un livre qui ne serait pasi mprimé en corps large !
Est-ce que la loupe européenne est aussi fournie pour la lecture vraiment européenne des documents européens de la présidence française de l'Union européenne ? On dirait plus un tableau de Signac décomposé par un publicitaire fanatique de Morse, le tout dans une composition à la Mondrian. C'est très joli ! Je ne le contesterai pas, mais je ne suis pas certain que l'on ait tous la même lecture de ce logo illisible...
17:15 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : europe, présidence française, union européenne, logo, publicité, politique
lundi, 07 avril 2008
Jésus reviens parmi les siens !
Je cherche Jésus, je ne le vois pas ;
Un nouvel élu villiériste a sorti devant sa mairie le drapeau de la Vendée, le double coeur sacré et entrelacé de Jésus, aux côtés du drapeau tricolore…
Je distingue plutôt une sorte de croix d'allure très bizarre, pouvant faire un peu songer à une croix de Lorraine sans l'être vraiment, et puis en effet un double coeur en forme de flamme assez frontiste et proche des symboles fachos italiens. Mais Jésus ? Je ne le vois pas ! Où est-il dans l'image ? Il y a au contraire une confusion des valeurs par cette symbolique qui mériterait d'être dénoncée, parce que la figure du Sacré-Coeur n'est pas vraiment celle d'une pseudo-croix de Lorraine. Je serais gaulliste, je m'insurgerais contre ce détournement et surtout contre la confusion avec des partis à vocation totalitaire. Parce que ce drapeau vendéen, c'est un mélange des genres peu admissible. Jésus n'y est pour rien et n'y est pas ! Ce n'est pas la présence d'une croix (ou d'un Jésus absent) qui est scandaleuse, mais les amalgames voulus dans cet emblème.
15:23 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : web, blog, internet, villiers, vendée, logo, mpf
jeudi, 26 juillet 2007
Charcutaille
Porte-drapeau, le haut du château d'eau du site de Pouldreuzic, dans le Finistère, a été transformé en boîte de pâté géante.
Je trouve ces métaphores un peu lourdes à digérer.
16:00 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : marque, marques, pub, logo, langue française, marketing
jeudi, 12 juillet 2007
Fourre-tout
Une brève revue de blogues.
Le Petit Musée des marques revient sur l'affaire Bil Toki contre Momo le homard -- ou l'affaire des numéros de département comme signes appartenant à une marque. Il publie des extraits du jugement dans un premier billet. Ensuite, il revient sur la campagne menée par Julou Compagnie afin de préserver ses droits contre le fabricant de tee-shirt basque. C'est sacrément édifiant et on aurait tort de voir dans la société bretonne une pauvre victime.
Pascal de Finis Africae se demande s'il existe d'autres films que la Passion du Christ de Mel Gibson qui comporteraient du latin. Au programme, un extrait de la Vie de Brian en lien vidéo et en transcription, quelques citations d'un obscur péplum allemand. Toujours, au sujet du latin de cuisine, il remarque que beaucoup de noms de marques ou de produits ou de société sont terminés aujourd'hui en -eo : Poweo, Dreameo, Evadeo, Scoopeo, Moneo, Senseo, Valeo. Il y a des modes chez les marqueteurs.
J'enchaine sur le billet de Language Hat au sujet du latin punique ou phénicien. On y apprend que saint Augustin usait de termes puniques dans son latin et que Plaute a écrit un monologue entier en punique.
Céline de Naked Translations remarque qu'un grand nombre d'acronymes récents sont en rapport avec l'urbanisme. En dehors du célèbre, nimby il y a aussi banana, numby, nope, lulu et cave. Qui a dit qu'architecte n'était pas une insulte ?
Ada se demande comment sa fille récupère l'usage du turc chaque année lors des vacances, si cela pourra se poursuivre, comment s'opère le travail de la mémoire.
Corinne Lesne de Big Picture remarque qu'aux Etats-Unis on ne donne pratiquement plus de noms d'hommes célèbres aux écoles. Cela donne des noms impersonnels, liés souvent à la nature. Sans doute une manière d'éviter les dissensions au sujet du choix d'un nom qui se référerait trop à une race, à une religion, voire qui serait tout simplement sexué... Fort étrangement, en France la tendance est en revanche à donner de plus en plus des noms de personnes vivantes ou récemment décédées.
Très fort ! Un site français (disons important) illustre un article sur les blogues japonais avec un camembert légendé en caractères japonais... Faut pas se géner quand on n'a pas d'infographiste ! BNP-Paribas est trop pauvre...
Maréchal, nous voilà ! Le grand retour à Vichy se confirme comme le montre M. KA de la Boîte à images à propos de la campagne des BOF de Rungis.
17:55 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : marque, marques, pub, logo, langue française, marketing, latin
vendredi, 06 juillet 2007
22, le fric !
Maintenant, on sait que les numéros de département appartiennent à une marque et ne sont plus des appellations publiques.
14:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : marque, marques, pub, logo, langue française, marketing


