vendredi, 02 février 2007

Les mots sont des balles

... comme disait un très haut dignitaire nazi qui a préféré se suicider (entraînant ainsi son épouse et ses enfants dans son sort), en voici une preuve :

Guerre civile" contre "violences confessionnelles". Le choix des termes employés pour définir la situation en Irak continue de faire débat outre-Atlantique. Longtemps réservé à la presse et considéré comme une sorte de positionnement anti-guerre, l'expression "guerre civile" entre dans le lexique des autorités américaines, qui préféraient jusqu'à présent utiliser celui, jugé plus neutre, de "violences confessionnelles".

 

dimanche, 21 janvier 2007

La croix et la bannière

L'actualité de cette fin de semaine est assez vide en faits de langue, mais je suis tombé quand même sur une information : les francophones du Québec n'aiment pas les bannières en anglais. Qu'ils n'aiment pas l'anglais, c'est une chose peu difficile à deviner, et le contraire eût été surprenant. Mais voilà un mot très intéressant. Il est pratiquement tombé en désuétude en Europe où on ne l'emploie plus guère que dans la bannière étoilée chez les journalistes qui évoquent le Stars n'Stripes et puis l'expression figée de la croix et la bannière qui n'est plus bien comprise aujourd'hui puisque cela a glissé du sens d'avec beaucoup de cérémonies, de processions au sens d'avec beaucoup de difficultés, de souffrance chez les plus anciens (quant aux plus jeunes ils ne savent plus ce qu'est cette bannière tellement la religion se perd). Et puis l'origine même du mot est discutée car si on reconnaît l'insigne du ban, on a vu aussi la bande ou le signe. Ces bannières, c'est ce que l'on nomme en Europe des enseignes, mais le mot enseigne renvoie lui aussi au même lexique médiéval sur les marques symboliques d'une appartenance à un domaine. Il y a aussi une extension de sens par métonymie puisque le terme enseigne peut se rapporter à la société même (notamment dans les grandes enseignes, qui devient presque une locution figée car on ne parle pas des petites enseignes) et plus simplement à son magasin où une affiche montre son nom. Toutefois, le mot bannière est revenu en français européen récemment, par le biais des annonces publicitaires sur la Toile, ainsi sur ce blogue on peut voir parfois une bannière pour la SNCF mais c'est ce que l'on nommait il y a dix ans dans la presse un bandeau publicitaire. Je me suis surpris aussi à utiliser le mot bannière pour qualifier le bandeau (streamer en anglais) qui présente le titre du blougue que j'ai à moi, c'est le terme employé par mon hébergeur, mais bandeau aurait été plus en rapport avec le lexique de la presse puisqu'un blougue est un peu un organe de presse. Ce mot semblait presque mort et il revient avec de nouveaux sens.

lundi, 08 janvier 2007

Du pouvoir des mots clés

Je tiens à remercier Ségolène. Hier, je n'ai strictement rien écrit et figurez-vous que le nombre de visites a doublé par rapport à la moyenne habituelle ! Comment puis-je avoir accompli cet exploit ? En écrivant une note de trois mots et un lien, trois fois rien. J'ai constaté qu'environ 14 % des visiteurs de ce mois étaient venus en tapant dans un moteur de recherche soit bravitude, soit bravitude et Ségolène, soit néologisme. Et cela s'est passé durant la seule journée de dimanche. Il y a des raisons à ça : 1) j'ai été un des tout premiers blogueurs à en parler samedi et fatalement le Petit Champignacien arrivait dans les premières occurrences des moteurs de recherche ; 2) le titre était constitué du mot clé, sans même un article devant, ce qui augmentait son référencement. Ensuite, pourquoi dimanche et non samedi ? Parce qu'il y a eu une sorte d'emballement dans la blogosphère et les forums, on est passé à 147 billets sur Blogsearch, 231 sur Technorati. Quand on regarde le fond, ce n'est pas brillant : le néologisme est d'abord un prétexte pour écrire des notes ou des commentaires anti-Ségolène, avec des arguments insultants, en inventant des injures qui finissent en -itude. Le mot est monté en épingle, mais le propos est ailleurs.

Cela dit, la bravitude a cristallisé toute l'attention, alors qu'il y a eu d'autres innovations lexicales de Ségolène en Chine et elles sont plus intéressantes : elle parle des droits humains et des droits individuels. Par droits humains, elle n'entend pas seulement les droits de l'homme (ce qui se traduit par human rights en anglais), mais les avancées sociales, environnementales. Cela permet d'éluder l'expression qui fâche les dirigeants chinois, les droits de l'homme et du citoyen, tout en y faisant allusion. Mais les droits individuels, qu'est-ce sinon les droits de la personne que l'on aura complété de quelques autres ? Dans les deux cas, on a affaire à des constructions adjectivales qui répondent aux constructions traditionnelles, mais qui n'ont pas tout à fait le même sens : le contenu de ces droits dépend du discours qui les explique et les développe. Or ces déplacements sémantiques me paraissent plus représentatifs de la démarche de Ségolène. 

samedi, 06 janvier 2007

Bravitude

Ségolène raffarine en Chine.

jeudi, 04 janvier 2007

Ce qui plaît aux nasmes

Une page de l'atelier est consacrée à une liste de pléonasmes lexicaux (j'ai laissé de côté les pléonasmes syntaxiques, notamment ceux avec pronoms ou prépositions, car c'est difficile d'être général). Rien de très original, si ce n'est l'exhaustivité de la liste (mais avec les mêmes limites que dans le cas des paronymes).

mercredi, 03 janvier 2007

Patronyme est le paronyme de paronyme

J'ai ajouté au site une douzaine de pages sur les différents paronymes. Sur la méthode : j'ai d'abord récupéré une liste sur un autre site ouaibe que j'ai honteusement pompé. Ensuite, j'ai choisi de donner de brèves définitions ou des synonymes plutôt que des exemples comme c'était le cas de la liste de départ. Ce choix est discutable car les sens sont parfois très proches et il n'est parfois pas possible de dire que tel terme serait plus correct qu'un autre dans telle acception. J'ai éliminé quelques faux paronymes qui étaient en fait des homophones. J'ai complété la liste en me servant notamment de Hanse (sauf pour les expressions longues), de Thomas et de Girodet. J'avais aussi de vieilles listes comme documents pédagogiques. Je suis conscient que l'on pourrait allonger encore la liste et j'estime qu'aucune n'est vraiment complète ou parfaite (les vérifications m'ont montré que l'on retrouve plus ou moins la même moitié des mots dans l'un ou l'autre ouvrage). J'ai présenté le tout sous la forme de tableaux à colonnes, ce qui a un air de “Dites, Ne dites pas”. C'est la présentation la plus simple que je connaisse, mais elle a un défaut, elle laisse croire qu'il y a une expression plus juste qu'une autre, ce qui est parfois le cas (comme dans somptuaire et sompteux), mais qui peut relever du choix d'un style (comme dans luxueux et luxuriant). L'autre défaut, c'est que les mots ne sont pas rappelés (si on cherche infraction, il faut voir effraction en prenant l'ordre alphabétique), la présentation est linéaire et non interactive (je suis incapable de programmer une application). Comme c'est un outil avec une visée pratique, je l'ai placé dans l'atelier même si certaines paronomases relèvent plus des amusements de la langue. Quant au découpage du tableau, il fallait un document qui ne fasse pas un mètre, cela donne des premières lettres bien pourvues et puis des dernières lettres réunies, mais bon... cela tient du choix de ne pas répéter les mêmes mots dans une autre entrée. Si vous avez des suggestions au sujet des oublis, je suis prêt à les prendre en compte, mais c'est un peu vider la mer avec une petite cuiller.

vendredi, 15 décembre 2006

Ternir un journal

En effet, la plupart des gens qui avaient jamais rêvé de ternir un journal sur Internet l'ont déjà fait

 

C'est vrai, en rédigeant le Petit Champignacien, mon intention est bel et bien de ternir la réputation des autres journaux et notamment d'un quotidien parisien du soir...

dimanche, 10 décembre 2006

Fadaises du professeur Scrine

Reprenons les imbécillités du professeur Scrine d'Écrans.

Alors que « blog », « mail » et « webcam » arrivent en tête des requêtes (catégorie « Internet ») sur Yahoo France en 2006, on m’a encore demandé – plus ou moins ouvertement il est vrai – des précisions linguistico-éthiques
 

Voilà que ce professeur Scribble fait passer ce qui est une demande de renseignements sur un objet pour une forme habituelle de l'écrit, donc pour l'usage. Je peux demander weblog, weblogue, jouaibe, jouèb(e), sans que ce soit mon propre usage dans mes textes. On a affaire à une première imposture à la fois méthodologique et à la fois sémantique. Si j'avais demandé logiciel en 1998, j'aurais eu beaucoup moins de réponses en français qu'avec software, mais je demandais aussi software parce que je savais que certains tenants du tout-faux-anglais ne voulaient pas entendre parler de logiciel, et ce n'est pas leur usage qui a triomphé. Les attestations de demandes ne sont pas l'usage, c'est juste la représentation de l'offre et donc l'usage de l'offre, lequel changera lorsqu'elle verra que l'usage réel aura changé.

J'en viens au plus important :

L’Etat qui, lui aussi communique, a pris, comme nous tous, le train en marche. Il lui faut désormais « officiellement », définir un usage de la langue du Web jusqu’ici underground, de ces mots nouveaux qui déboulent par milliers comme autant de clandestins à nos frontières langagières.
 
 
Le problème, c'est que l'existence de la CGTN remonte à 1968 et celle de l'OQLF à 1967 (voire 1961 avec la création d'un ministère, soit bien avant la loi 101), et le tout est largement antérieur à la création d'Internet (1969), ou même de la Toile (1989). Cela répond à des mots qui concernent non pas simplement la communication communicante, mais à des réalités bien concrètes comme les produits agricoles, la pêche en mer ou la maintenance industrielle. Tout n'est pas communication et on n'a pas attendu que certains se mettent à taper sur leur clavier pour s'apercevoir qu'il fallait des équivalents dans des domaines un peu plus sérieux que la finance ou les relations publiques... L'histoire ne commence pas avec la naissance d'AOL ou de Compuserve.

Mais le professeur Scribble a bien d'autres soucis, il emploie la rhétorique la plus grossière et primitive pour assener un parti-pris en faveur du tout-anglais, il se livre à l'amalgame entre le partisan d'un mot français ou francisé et puis un ministre aux actions discutables :

C’est ainsi que de petits Sarko anonymes regroupés au sein de la Commission de terminologie et de néologie (organe central d’un vaste dispositif, vous n’imaginez pas), qui déjà valident le vocabulaire en floraison des différents corps de métier (on ne dit pas camrecorder, mais caméscope, eh oui) en partenariat avec l’Académie française, l’Académie des sciences, l’Association française de normalisation et l’Institut national de la langue française, décident désormais du « bon usage » sur le Web.
 


Qualifier les partisans de courriel ou de blogue de petits Sarko (ce qui serait un pléonasme pour certains) est assez malveillant. On demande simplement un mot à la place d'un autre, on ne matraque pas, on n'insulte pas, on n'agresse pas, on ne met pas en prison ou dans un centre de rétention, on ne menotte pas, on ne jette pas dans un charter (un vol nolisé), mais bien entendu dans le présupposé de l'auteur des lignes Sarkozy est connoté comme négatif et synonyme de facho, Le Pen, Mussolini, Hitler et de tas d'autres termes qui vaudraient un point Godwin. C'est caca. Le dénigrement sans argumentation tient lieu de logique. Et à part qualifier les gens qui osent parler de termes français comme de petits Sarko, quelle est donc l'argumentation du professeur Scribble ? On voit la fausseté du procédé lorsque l'on feint de voir que le terme anglais exact (camrecorder, le plus souvent camcorder)  est placé en face de son équivalent français afin de faire croire que le terme serait rentré dans l'usage avant la commission et cela sans mentionner le fait que caméscope est un nom déposé par Sony.

Le pauvre professeur Scribble attrape des bribes au passage, parce qu'il y a bien des ratés dans l'affaire :   

On a ainsi une « fenêtre intruse » pour pop-up, « dialogue en ligne » (qui a finalement remplacé « causette », Journal officiel du 16 mars 1999) pour tchat, ou encore « bloc-notes » pour blog.
 

 

Le problème, c'est que le tchat n'existe que dans le pseudo anglais du professeur Scribble et qu'il s'insurge contre une forme de pseudo français au nom de son pseudo anglais.

On voit son absence de réflexion et surtout de méthode quand on lit des phrases comme celle-ci :

Comme en 68 les filles balançaient leur soutiens-gorge, l’usage langagier fait la nique aux règles ; le Bled, le Bescherelle, Robert et les autres semblent alors relégués aux oubliettes d’une époque qu’on voudrait révolue, et seuls les sites officiels et commerciaux conservent un minimum (et parfois un miniminimum) d’orthodoxie.
 
 

Le Bled n'est pas un manuel de grammaire fournissant des règles de grammaire, mais un (ou des) livre d'exercices. Le Bescherelle est aussi un dictionnaire du XIXe s. et c'est un manuel de grammaire normative. Les différents Robert enregistrent d'abord l'usage et n'ont jamais eu une intention normative, comme c'est signalé dans la première préface. Mais en faisant passer les Robert pour des ouvrages normatifs, on peut faire croire alors que l'on serait du côté de la liberté vraiment libre alors que l'on fait dans le portnawak à coup d'approximations abusives et de grosses caricatures. Le Robert représente justement ce qui lui semble un des usages et il l'enregistre comme tel, il ne se pose pas du tout comme le représentant d'une règle unique (d'ailleurs laquelle ?) face à un usage unique (d'ailleurs lequel ?) On a juste ici la fabrication d'hypostases : l'usage et la règle comme des icônes désincarnées, coupées de toute réalité, sans aucun respect pour les auteurs, par simple visée idéologique. Cela ferait bien rire Alain Rey de le poser en pape de l'orthodoxie langagière, mais de cela le professeur Scribble ne se soucie guère tant il est préoccupé à se fabriquer des adversaires à sa mesure en leur inventant des propos.

Apocope, mot à tout faire

J'avais déjà écrit ici avant l'été tout le mal que je pensais du supplément Écrans de Libération, un cahier sans aucune hiérarchie, sans aucune ligne éditoriale, sans maquette, sans choix et surtout avec des articulets plus que discutables au sujet du cyberjargon. La partie Lexique de ce supplément était bien la plus faible et cela continue cette fois avec les chroniques du professeur Scrine (comprendre Screen). Petite revue de détails, je vais couper cela en plusieurs épisodes car il y a de la matière et les problèmes sont différents à chaque fois.

Le 27 octobre, on parle de pourriels et on évoque un mot nouveau, le spat (qui n'est qu'une variante de la pub intrusive).

Le spat, cousin germain du spam, sévit, lui, avec le même genre de contenus mais sur les messageries instantanées. D’ailleurs, spat viendrait de l’apocope de spam et tchat, procédé linguistique qui donne aussi video + blog = vlog ou blog + sphere = blogosphère, etc.

 

Le problème, c'est que s'il y a bien apocope (coupe de la fin) de spam, ce n'est pas le cas de chat où on a affaire à une aphérèse (coupe du début. En outre, on ne part pas en anglais de tchat (francisation partielle de chat). Le tout se nomme mot-valise ou portmanteau-word. C'est le même procédé que dans informatique (information et automatique), mais pas le même que dans blogosphère : blog (mot non valise provenant de l'aphérèse de weblog) est un élément formant comme sphère et on a alors un banal mot composé, exactement comme dans télévision ou automobile. Bref, le professeur Scrine emploie des termes compliqués (apocope) qui en jettent plein les yeux face aux Béotiens, mais il ne se soucie pas du tout de leur sens, de la précision apportée par le terme technique et il se fiche un peu de savoir si ce qu'il dit ne ressemble pas à un gigantesque gloubiboulga pseudo-linguistique qui mélange en plus l'anglais et le français. Vlog est bien un mot-valise lui, mais c'est video qui est apocopé tandis que log ne subit aucune modification (tout comme dans weblog). Tout cela me fait songer à la niaiserie des personnes qui emploient sans cesse acronyme à la place de sigle ou éponyme dans le sens erroné d'au nom identique.

jeudi, 07 décembre 2006

Un originaire, des originaires

Normalement, originaire est seulement adjectif. Mais si j'en crois Bernard Thibault, c'est aussi un substantif : « cette action contre les discriminations dont sont victimes les originaires d'outre-mer s'inscrit dans un combat de longue date. » Google relève 748 exemples réels (sans inflation donc sur les duplications), toujours dans le cas des originaires des DOM-TOM sous une forme ou une autre.

mardi, 05 décembre 2006

Emballimentation

Fans de mode, Pascal Monfort et Alexandra Jean célèbrent, eux, «l'emballimentation».

Jusqu'à présent ce terme était un hapax réservé à une revue sur le junkfoodisme. C'est le deuxième mot-valise formé à partir d'aliment avec alicament.  

mercredi, 29 novembre 2006

Première à répétition

Pour cette première, les rendez-vous se feront à raison d'un vendredi par mois.

C'est fort bien car ainsi les participants de la dernière de la fin de l'année auront aussi droit à une première.

samedi, 25 novembre 2006

Le sens des traditions

Je découvre que l'année 2007 est une année qui possède une longue existence déjà derrière elle :

Les vendeurs colporteurs de presse, ces hommes et ces femmes qui distribuent toute l'année L'Ardennais à nos abonnés portés [???], déposeront bientôt dans les boîtes aux lettres le traditionnel calendrier de l'année 2007.

 

mercredi, 22 novembre 2006

Complices, comparses et autres consorts

Chapons, foies gras et consorts égayeront les tables et les palais des gourmets et gourmands.

Je ne sais si la chair du duc d'Édimbourg est aussi tendre et raffinée que l'affirme la journaliste... 

lundi, 20 novembre 2006

Parents recomposés

On commence à appliquer à une famille l'adjectif recomposé, on finit par l'appliquer aux membres de cette famille par métonymie : Libération écrit sans rire parents recomposés. Leurs moitiés sont séparés d'eux et ils se sont unis ailleurs, mais quand même... l'ellipe est hardie. 

samedi, 18 novembre 2006

Du sexe des mollusques

Quand on écrit sur la cuisine en utilisant des mots étrangers, il se produit toujours de drôles de changements. J'ai déjà évoqué ici le cas du ou de la roesti, du ou de la goulasch, on pourrait aussi parler des tagliatelles ou des spaghettis. Cependant, il y a des fois où le genre et le nombre devraient être clairs :

De deux choses l'une, on le cuit dans sa coquille, ce qui flattera son instinct sédentaire ou... on l'en entirpe délicatement. La Pecten maximus appréciera.

Le genre de l'adjectif est évident, le mot pecten (peigne, rateau, puis par métonymie carde, poils, puis par métaphore des êtres velus) est masculin. Ici, c'est le genre de coquille que l'on a employé par syllepse.

De la fine tartelette au clafoutis, en passant par un intéressant tapas qui cherche à sublimer la chair de la coquille. 

Certes, on est habitué à voir le mot tapas employé au pluriel, notamment dans bar à tapas, mais c'est bien parce que l'on propose plusieurs tapas à la vente, ou que l'on ne va pas se contenter d'un seul amuse-gueule. D'ailleurs, le mot tapa (couvercle) est aussi féminin en espagnol, la terminaison est évidente, on a moins d'hésitations que pour les mots féminins italiens. Cela désignait à l'origine la soucoupe que l'on posait sur le verre afin que les insectes ne souillent pas le liquide.


mardi, 31 octobre 2006

Que faire des crétins

«Beaucoup de garçons de café meurent sans avoir vu s'accomplir leur rêve d'établissement.»

«Le Chinois est doux, poli [sic], ami de la joie, mais poltron, vénal, vindicatif.».

D'autres perles de Pierre Larousse sont lisibles en ligne, par exemple ici (cela tourne surtout autour du sexe pour ces extraits) où on cite Que faire des crétins par Pierre Enckell (qui écrivait sur ce blogue il y a quelques mois) dans la collection Points-Seuil.

dimanche, 29 octobre 2006

Congolité

La congolité serait le nouveau critère politique dans l'ex-Zaïre et cela selon le modèle de l'ivoirité, mais je ne trouve que 193 occurrences pertinentes contre 460 pour la zaïrité plus ancienne.

jeudi, 05 octobre 2006

Éponyme, j'écris ton nom

La fausse acception du terme éponyme a encore frappé :

Pendant tout ce temps, il s'est vendu du "chaume", acception usuelle pour le blanc liquoreux provenant du reste du coteau, que leurs promoteurs pensaient bien eux aussi sacraliser dans une appellation éponyme.

Appellation éponyme de quoi ? C'est le village de Chaume qui est l'éponyme des deux appellations chaume et quarts-de-chaume puisqu'il leur donne son nom. Une nouvelle fois un rédacteur a cru qu'éponyme voulait dire “portant le même nom”.

dimanche, 24 septembre 2006

Bien sonné

Veste bleue sur chemise vichy, décontracté et souriant, « Poivre » est arrivé sur les coups de 17 h 30 bien sonnées.

Je ne sais pas si j'aurais employé le féminin pluriel dans un tel cas. Matines bien sonnées, quatorze heures bien sonnées (mais midi ou minuit bien sonné), cela ne me choque pas et c'est l'accord ordinaire, mais si on passe à une fraction (trente, et demie, et quart, moins le quart), il me semble alors que le neutre sous la forme du masculin singulier doit l'emporter car on n'a pas affaire à un vrai nom d'heure. Et puis, ce qui est plus dérangeant, c'est que bien sonné veut dire un compte rond, une heure pleine et pas une fraction, même si on peut sonner les demies. Ce n'est pas synonyme de tardivement. 

dimanche, 10 septembre 2006

Inondabilité

Ah ben tiens... voilà un mot qui ne figure ni dans le Robert, ni dans le TLFi, mais qui se trouve présent sur 16 000 pages de la Toile et dans des textes officiels :

Après l'établissement d'une carte d'inondabilité dans la Marne, il est apparu que le site de « La Marnaise » était concerné. 

mardi, 05 septembre 2006

Retour de la colonisation

Le Conseil représentatif des associations noires de France demande aux éditions Le Robert de retirer les Petit Robert 2007 de la vente à cause de la définition du mot colonisation jugée trop positive. Récemment, le MRAP avait fait retirer une version du Nouveau Littré qui reprenait des définitions du XIXe s. sans l'indication de leur date de rédaction sur le même plan que les définitions modernes. Le même MRAP avait fait fermer pendant plusieurs mois le dictionnaire des synonymes de l'université de Caen parce qu'il ne comprenait pas le fonctionnement d'un tel ouvrage informatique. Les dictionnaires sous la menace des groupes de pression ? 

dimanche, 03 septembre 2006

Interpeller une voiture

« Le 15 et le 24 août, racontait-il aussi aux prévenus, des effractions et des vols de métaux avaient déjà été constatés. Les gendarmes établirent donc une surveillance du site, et c'est ainsi que le 30 dans la soirée, ils tombèrent sur vous ; il y avait deux voitures, une R21 qui prit la fuite, et une Saxo, qui fut interpellée. »

J'espère que l'on a vite passé les menottes à la voiture, qu'on l'a placée immédiatement en garde à vue en lui ôtant ses lacets, sa cravate, sa montre, et puis qu'on l'a interrogée en se servant du bottin sur sa tête. Il y en a assez des automobiles délinquantes...

Foire attitude

En ce moment, Champignac est occupé par sa foire agricole annuelle. Tous les Champignaciens se pressent pour voir les énormes moissonneuses-batteuses, les produits de terroir purement authentiques et fermiers, les chanteurs ringardissimes (Frank Alamo, Demis Roussos, Pascal Sevran, Lara Fabian, Natasha St-Pier...) Mais ce qui me retient, c'est le slogan de la plaquette de programmes : “Foire attitude”. Et la charabia attitude, est-ce que cela n'existe pas ? Depuis la rock'n'roll attitude du jeune militant UMP d'origine belge, la positive attitude de la meilleure amie de Raffarin et des écoles maternelles, la fraîche attitude du lobby maraîcher qui vend sa salade, le mot attitude est employé à toutes les sauces et avec la construction anglo-saxonne. 

samedi, 02 septembre 2006

Espace de mémoire

J'ai découvert avec stupéfaction que le monument aux morts des différentes guerres du XXe s. de ma bonne ville était désormais nommé : « Espace de mémoire ». Je connaissais déjà les lieux de mémoire, mais là je trouve que le cabinet municipal a fait vraiment fort dans le charabia en utilisant le mot « espace » qui est déjà mis à toutes les sauces dans des appositions sauvages (espace santé, loisir, culture, détente, enfants, fumeurs, etc.)

vendredi, 01 septembre 2006

Mini-vrac

Je me demande si je ne devrais pas ouvrir plutôt une note fourre-tout pour les différents nouveaux régionalismes (Belgique, Suisse, Canada) du Petit Larousse, car d'autres articles vont paraître dans la presse de ces différents pays. C'est un marronnier, bien entendu, tout comme le coût de la rentrée scolaire, les revendications d'enseignants ou de parents, les premières impressions de bambins, les auto-satisfecit de ministres de l'Éducation nationale. Cela correspond aussi à une stratégie marquetingue bien étudiée : Larousse et Robert consacrent quelques régionalismes, les ouvrages bénéficient alors d'une publicité dans la presse locale et se vendent mieux sur place. C'est la Belgique qui ouvre la scène.

Les belgicismes faisant leur apparition, cette année, sont: accoucheuse, bidon (arranger les bidons), boîte (à tartines), brique (avoir une brique dans le ventre) et cuisine-cave. 

Je ne me pose pas la question du sens de ces expressions, mais plutôt de leur place dans un dictionnaire : est-ce vraiment souvent employé ? Est-ce que d'autres belgicismes ne seraient pas plus pertinents ?

Autre actualité. Alain Rey publie une biographie de Furetière chez Fayard et on annonce aussi de sa part une histoire de la langue française chez Perrin, il en avait déjà parlé il y a quelques années. Sa retraite du Robert, puis de France-Inter lui réussit. Si le Furetière s'annonce déjà comme une référence pour le grand public, l'histoire de la langue française ne va pas de soi vu le nombre considérable d'ouvrages précédents, j'espère qu'elle sera subjective et personnelle. 

Enfin, samedi après-midi, une émission d'hommage à Bertrand Jérôme sur France Culture. 

dimanche, 27 août 2006

L'énergie brouillonne

Brice Hortefeux n'est pas un modèle d'intelligence et d'éloquence, on le savait et on peut en juger avec cette image inspirée par la mode capillaire de monsieur Schönberg :

M.Sarkozy était représenté par son bras droit Brice Hortefeux, secrétaire général  délégué de l'UMP, qui a salué l'"énergie originale, broussailleuse, inventive,  indépendante de Jean-Louis Borloo".

 

 

mercredi, 23 août 2006

86 etc.

Libération publie depuis le début de l'été une BD passionnante et fort riche de l'auteure américaine Alison Bechdel. Je soupçonne le journal de faire des coupes dans les planches car il y a trop d'ellipses, mais ce qui m'a retenu hier c'était la mention du verbe “eighty-sixed” dont je reproduis la définition telle qu'elle a été imprimée (et traduite) dans une case spéciale de la bédé : “eight.y. six ou 86 [a'te-siks'] v. tr. eight.y-sixed, eight.y.six.ing, eight.y-six.es ou 86.ed ou 86.ing, 86.es. Arg. 1. Refuser de servir (un client indésirable) dans un bar ou un restaurant. 2 a. Vider, éjecter. 2 b. Jeter, écarter (Peut-être à cause du bar-restaurant le Chumley's au 86 Bedford Street à Greenwich Village, New York).” Il faut préciser que l'auteure est lesbienne, ce qui montre la portée de ce verbe.

 

J'ai trouvé d'autres graphies, soudées ou avec apostrophe à la place du point. Le sens du y n'est pas clair du tout. Je ne connais aucun verbe argotique français formé à partir d'un nombre. Des locutions oui, mais jamais un changement de catégorie verbale aussi radical.

samedi, 19 août 2006

Le comment du pourquoi

Dans le Pourquoi des choses (Le Cherche-Midi, 2006), l'historienne Anne Pouget donne une série d'explications sur des locutions. On y trouve des choses fort classiques et attendues ou trop vues, mais aussi des assertions assez surprenantes. Comme pour beaucoup de compilations à très bas prix, on a affaire à un salmigondis de cas étranges conçus pour épater l'autodidacte, avec une apparence d'érudition destinée à rassurer le chaland et puis un grand flou historique pour une sorte de temps ancien indéterminé où n'auraient existé pratiquement que des gueux, des seigneurs et des valets. Je n'ai pas retenu toutes les locutions où je voyais une erreur parce que pour certaines cela aurait été du chipotage (piaule) ou bien cela aurait demandé une longue dissertation (au diable-vauvert). Je n'ai pas pu tout vérifier soigneusement puisque je n'ai pas sous la main le TLFi ou le DHLF.

Blague à tabac
« Les marins récupéraient ces poches (bags) [le gosier du pélican], les tendaient comme du cuir, les préparaient et y plaçaient le tabac à fumer ; les femmes allaient même jusqu'à les décorer de broderies diverses pour les rendre plus attrayantes (...) Blague à tabac est en fait l'altération de bag. »
Le Petit Robert donne comme origine le néerlandais balg, enveloppe, avec une métathèse (1721). Il n'est pas besoin d'imaginer une histoire où le pélican se ferait martyriser une fois de plus, ces poches ou sacs ont existé de tout temps.

Mirobolant
Toujours dans le même ouvrage. « Contrairement à l'apothicaire qui se contentait de vendre des remèdes naturels, le mire (le médecin) pratiquait l'art de guérir. Pour suivre l'état de santé du malade, il regardait, à la lumière du jour, les urines recueillies dans un récipient de verre. Il les mirait, d'où le nom de mire donné au médecin. Mais la profession devait s'acquitter d'un impôt élevé, appelé obole. D'où le terme de mire obolant, auréolé de prestige. »
Il faut se méfier dès qu'il y a des jeux de mots faciles et des historiettes comme ici. Si le mire était bien celui qui examinait, il n'a aucun rapport avec l'adjectif mirobolant.Le myrobolan était le nom donné à différents fruits séchés, à partir du grec muron « parfum » et de balanos « gland » (XIIIe s.) L'adjectif familier mirobolant apparaît en 1835, à partir de myrobolard (1737). On est loin du Moyen Âge ou des médecins de Molière.

Prendre son pied
« Après avoir achevé la bête, on procède à la « cérémonie du pied », accompagnée par la sonnerie des cors. Le veneur lève le pied de l'animal et le coupe à la première jointure, puis il le pose sur une cape ou un linge et, faisant le tour des invités, il le présente à celui d'entre eux qu'il veut tout particulièrement honorer. Cet « honneur du pied », moment de jouissance et de récompense ultime consiste pour l'hororé à prendre son pied. »
Malheureusement, l'expression n'a aucun rapport avec la vénerie, elle provient du monde de la pègre : c'était la part de butin (1881). Le sens de part, mesure d'argent est lié au sens de pied comme mesure de longueur, puis de manière figurée comme base de mesure abstraite. On passe ensuite aux extensions liées au butin : satisfaction, rassasiement (1899) et enfin plaisir sexuel.

Bibine
« Dans le Paris des grandes heures de l'échafaud [notons la précision de la date], on appelait « bibine » une taverne où les pauvres diables allaient manger pour quelques sous. L'une des plus célèbres portait le nom évocateur de L'azart de la fourchette. Les miséreux se pressaient autour d'une marmite remplie d'eau bouillante, dans laquelle cuisaient toutes sortes de restes : os, têtes de chat, sabots de cheval, becs de volatiles, queues de lapin, arêtes de poisson. Les clients plongeaient tour à tour une longue fourchette dans cette « soupe » ; on ramenait un bec de canard, un œil de poule, selon « l'azart ». Chaque tentative coûtait un sou, payable d'avance, d'où l'idée d'appeler « bibine » une bière ou un alcool de piètre qualité faisant penser au goût du bouillon évoqué ci-dessus. »
Il convient de se méfier de ces anecdotes à la fois trop précises dans leurs détails pittoresques et assez incohérentes sur les faits historiquement prouvables : on ne trouve pas de terme bibine voulant dire taverne, on ne sait ce qu'est ce sou. En fait, la bibine apparaît fort tardivement (1890) et son origine est probablement onomatopéique, du radical bib- boire, comme dans bibere en latin (boire), biberon, et les termes d'ancien français bibaille, bibat, bibaux, bibet, bibeton. Je soupçonne fort l'auteur d'avoir forcé le rapport entre le bouillon et la boisson dans le seul but de donner une description bien chargée.

Fou
Sur les échecs. « Il représentait l'officier (aufin ou alfil), lorsque le jeu se répandit, alfil se transforma en afil, fil, puis fol qui, en français, signifie fou. » Hélas ! le fou était un éléphant dans les jeux indien et arabe, or al-fil veut dire éléphant en arabe.

Mettre au violon
« À Paris, la prison du baillage, située dans les galeries du Palais de justice, servait spécialement à enfermer pages et valets qui troublaient trop souvent par leurs cris et leurs jeux les audiences du parlement. Par stipulation de bail qui remonte au temps de Louis XI, un violon devait être fourni par le luthier des galeries du Palais afin de rendre moins pénible la captivité de ces artistes. On disait ainsi d'un valet emprisonné qu'il avait été mis au violon. »
Il y a deux problèmes : le violon n'apparaît pas en France avant les guerres d'Italie, soit un peu après Louis XI, ensuite l'expression figurée n'est attestée qu'en 1790, sans doute par analogie entre les cordes et les barreaux de la prison. Anne Pouget donne une explication identique d'ailleurs pour l'expression mettre au psautier ou mettre en prison : les prisonniers auraient eu un psautier ou recueil de psaumes pour s'occuper et se repentir. En réalité, elle reprend des légendes du XIXe s. Je cite Littré :
« Quant à violon, prison, Génin, Récréat. t. I, p. 226, dit que, dans le XIVe siècle, psaltérion, sorte d'instrument de musique, avait pris le sens de prison, parce que mettre au psaltérion, c'était mettre en pénitence pour chanter les psaumes avec le psaltérion, et que, le psaltérion ayant passé de mode, on y avait substitué le violon. D'autres ont dit que le violon était un local de la Conciergerie où l'on enfermait les perturbateurs pendant les audiences, en leur laissant la liberté de jouer du violon. M. Kastner, dans sa Parémiologie, remarque que le psaltérion était un cep en bois où l'on passait les pieds des gens que l'on condamnait à cette punition : Robert le fournier, pour le soupçon d'avoir robé Colin le varlet, rompu sa huche, et y prins onze solz tournois, fut mis ou cep dit salterion desdites prisons, Lett. de rémiss. 1377. Il remarque en outre qu'en allemand Fiedel ou Geige, qui signifie violon, a aussi le sens du cep des anciennes prisons. Il en conclut que violon a été dit, à l'imitation des Allemands, pour cep, qu'il a remplacé le psaltérion, et que du sens de cep le violon a passé au sens du lieu où était le cep. C'est de ce sens de cep que violon a pris celui de mauvais sujet. » On voit ainsi qu'il n'y a aucun besoin d'imaginer des détenus en possession d'un livre ou d'un instrument de musique par mesure de clémence.

Faire ripaille
« Amédée VIII de Savoie, antipape après le grand schisme d'Occident sous le nom de Félix V, de 1439 à 1449, décida de renoncer à la tiare en se retirant dans le prieuré de Ripaille, au bord du lac Léman, après avoir fait ériger la Savoie en duché. Lui et ceux de ses seigneurs qui l'avaient suivi étaient venus là pour se faire ermites. Mais, loin de s'astreindre aux rigueurs du cloître, ils passèrent leurs journées à manger, boire et faire la fête, jusqu'à la mort d'Amédée en 1451. Ainsi faire ripaille, c'est faire bonne chère, mener joyeuse vie. »
Le seul problème, c'est que le mot apparaît un siècle plus tard, en 1579, à partir du néerlandais rippen, gratter, palper. L'homonymie est trompeuse. Mais l'hypothèse du toponyme se trouve déjà chez Littré, or il convient de se défier des étymologies de Littré, souvent fantaisistes quand elles ne sont pas dépassées :
« Ripaille, château sur le bord du lac de Genève où Amédée duc de Savoie, qui fut depuis antipape sous le nom de Félix V, se retira et fut accusé de se livrer à la bonne chère, d'où faire ripaille : Ripaille, je te vois ; ô bizarre Amédée, Est-il vrai que dans ces beaux lieux, Des soins et des grandeurs écartant toute idée, Tu vécus en vrai sage, en vrai voluptueux, Et que, lassé bientôt de ton doux hermitage, Tu voulus être pape et cessas d'être sage ? VOLT. Ép. 76. Ripaille est l'augmentatif de ripa, rive (ainsi dit " pour ce qu'il est à la rive du lac, " BONIVARD, Chr. de Genève, II, 1).
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE :
    RIPAILLE. - ÉTYM. Ajoutez : Un correspondant du Courrier de Vaugelas, 15 juin 1876, p. 10, demande, en présence des difficultés au sujet d'Amédée et du château de Ripaille, s'il ne s'agirait pas, dans la locution, de Ripailles, maison de campagne à Villeneuve-lez-Avignon, où s'établit en 1803 une société de francs-buveurs. Ce qui écarte cette conjecture, c'est que ripaille et faire ripaille se trouvent dans des textes du XVIe siècle, sans parler de maître Adam et de La Fontaine, qui, au XVIIe siècle, se sont servis de la locution. On a contesté que ripaille, au sens de bombance, dérivât du château de Ripaille. Mais ce passage de Monstrelet ne laisse pas de doute à ce sujet : " Et quant au gouvernement de sa personne, il [Amé, duc de Savoie] retint environ vingt de ses serviteurs pour luy servir ; et les autres qui se meirent prestement avecques luy, en feirent depuis pareillement, chacun selon son estat. Et se faisoient luy et ses gens servir, au lieu de racines et d'eau de fontaine, du meilleur vin et des meilleures viandes qu'on povoit rencontrer, " MONSTRELET, Chroniques, 1434 ; t. II, p. 100, Paris, 1572. C'est de la sorté qu'on a dit faire ripaille comme faire bombance. »

lundi, 14 août 2006

Le nouvel anglais

Dans Courrier international, cet extrait d'une revue de presse :

Le web a changé l'anglais plus radicalement que toute autre invention, y compris le papier, et il l'a fait beaucoup plus rapidement", explique le quotidien britannique The Times, qui se penche sur la révolution linguistique en cours. "Selon Paul Payack, qui dirige l'Observatoire de la langue (The Global Language Monitor), une association californienne, la langue anglaise compte actuellement 988 974 mots et en accueille chaque mois 1 000 de plus. A cette vitesse, l'anglais adoptera son millionième mot à la fin du mois de novembre. A titre de comparaison, pour chaque nouveau mot dans la langue française, 20 apparaissent en anglais.

Rappelons toutefois que la manière de définir et de compter les mots n'est pas la même en français et en anglais, que les décomptes anglais comprennent un très grand nombre de vocables morts depuis des siècles, rares jusqu'à l'hapax compris, régionaux et même extrêmement dialectaux ou spécialisés ou farfelus.