jeudi, 17 juin 2010
Andy prefers not to...

Le Andy de cette chanson n'est pas Warhol, mais Andy Capp bien moins connu en France.
On connaît fort peu la BD britannique en France, à la différence de la BD étatsunienne. Pourquoi cette différence ? J'estime que c'est à la fois pour des raisons économiques et culturelles.
Lorsque j'ai lu des revues de BD anglaises, je les ai trouvées absolument déplorables : mauvais papier, impression calamiteuse, dessin fait à la chaîne, lettrage fait à l'imprimerie. Rien qui donne envie de lire ou de conserver ou de rechercher. Si je compare aux hebdos franco-belges de la même époque ou même des petits formats reprenant des BD italiennes, c'était vraiment très en dessous. Il n'y avait rien de vraiment exportable. Pourtant la Grande-Bretagne n'a jamais manqué de talents pour l'illustration, le dessin de presse. C'est un paradoxe : un pays fait pour le dessin a tourné le dos à la BD.
La BD britannique existe pourtant, mais elle est marginale comme le cinéma britannique. Certes, il y a le cas d'Alan Moore qui est un des plus grands scénaristes vivants. Mais il a été d'abord reconnu parce qu'il a publié aux USA, en reprenant des séries étatsuniennes existantes. Il leur a apporté une touche européenne et sophistiquée, comme il a contribué à faire revivre des mythes littéraires. C'est un auteur à part, il est britannique, mais il a obtenu son succès ailleurs qu'au Royaume-Uni et son univers brasse des cultures diverses. Bon, mais Moore est un scénariste et pas un dessinateur.
Quels Anglais ont réussi à publier en France ? On a Sydney Jordan avec Jeff Hawkes. C'est une série de science-fiction fort honorable, très bien dessinée. Certes, c'est sur le mode space opera avec des tas de petits monstres verts et de menaces intergalactiques, mais ce n'est pas méprisable. Le seul problème, c'est que chaque hebdomadaire avait sa série de science-fiction et une seule : Guy l'Eclair, Luc Bradefer, les Pionniers de l'Espérance, l'Epervier bleu, etc. La science-fiction est un genre segmentant, il ne plaît pas du tout aux filles et elle peine pour les garçons, donc on l'évite au maximum dans les journaux. Ensuite, Jeff Hawkes était une série publiée en comic strips et elle n'avait pas été reprise par Opera Mundi qui diffusait les BD quotidiennes américaines dans la presse généraliste. Certes, il y a eu quelques albums publiés en France, mais l'intégrale s'est arrêtée au tiers parce que l'intérêt du public n'était pas là : c'était de la SF rétro, mais sans la nostalgie des lectures d'enfance.
On a aussi plus anciennement Jane. Encore un comic strip. Mais cette fois d'un genre très particulier : la BD pour bidasses. L'héroïne est le plus souvent en petite tenue et dans des situations embarrassantes où sa poitrine peut être dévoilée tout en étant masquée. Il s'agit d'une BD destinée à remonter le moral des troupes (c'est un genre à part dont je pourrai parler une autre fois). Jane combat donc pour préserver sa vertu et la survie du monde libre face aux méchants nazis. Elle réussit admirablement à cacher les parties les plus intéressantes de son corps tout en les suggérant. Cela ne pouvait donc pas passer dans la presse française à cause de la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse et destinée avant tout à contrer les BD d'origine étatsuniennes, mais aussi italiennes, belges et fatalement anglaises. Cette loi imbécile, votée par les communistes et les gaullistes, a créé une censure débile. Mais Jane continuait d'être publiée dans les journaux grand public au Royaume-Uni et elle devançait bien des héroïnes déshabillées de la prétendue apparition des héroïnes.
En fait, un seul personnage britannique a un peu pris en France. Andy Capp. Son nom est déjà un programme. Il est un handicapé de la vie : chômeur professionnel, amateur de jeux de fléchettes, pilier de pub, partant pour tous les paris sportifs les plus débiles, exploiteur de sa femme qui travaille elle !, bagarreur invétéré, grande gueule devant une pinte, ignorant de tout mais dominant toute situation. C'est le modèle du beauf anglais dans sa plus grande splendeur. Bien entendu, il s'exprime avec le cockney slang, il ne dépasse pas la limite de son quartier et sa vision du monde est extrêmement réduite comme on le voit dans l'illustration : la visière de sa casquette l'empêche de regarder les autres ou interdit que l'on voit son visage pleinement. C'est un être buté, béta, butor et d'une mauvaise foi redoutable. Le nom du personnage s'accorde avec cet accessoire essentiel : la casquette ! (the cap en anglais).
Mais en même temps, Andy Capp est profondément sympathique : on aime qu'il filoute l'aide sociale lorsqu'on lui demande de trouver un emploi ou qu'il se moque du révérend et de ses sermons moralisateurs ou qu'il truande le représentant de son propriétaire venant lui réclamer son loyer. C'est Guignol à la sauce anglaise ! Bien avant Stephen Frears, Ken Loach, Mike Leigh, le quart-monde avait eu sa place dans le monde des images, et d'une manière plus dévastatrice. Mais depuis il est devenu plus acceptable : j'ai appris qu'il avait cessé de fumer alors qu'il avait toujours un mégot au bec.
Il y a un paradoxe chez Andy Capp : c'est un héros immobile qui ne cesse de bouger. Il ne sort jamais de son quartier pour vivre des aventures dans le monde, mais tout vient à lui. Et pis, c'est lui qui provoque les bagarres afin d'animer les fins de soirée en pub ou de créer un peu de convivialité dans une rue.
Un autre fait remarquable chez lui, c'est qu'il est presque toujours représenté de profil, parce qu'il marche ou court (souvent vers sa pinte de bière ou alors parce qu'il fuit le représentant de l'ordre). On est dans une représentation qui ne s'adresse jamais directement au lecteur, mais qui lui demande de lire pleinement : la présentation systématiquement latérale ou frontale des personnages est une forme de distanciation.
Pourquoi ai-je choisi cette illustration et non celle d'un album français ?
— Il me semble que l'on perd beaucoup d'Andy Capp lorsqu'on ne le lit pas dans sa langue, même si on ne la comprend pas complètement.
— C'est un album à l'italienne et les albums de ce type conviennent mieux à ce genre de productions en comic strips, même si la plupart des albums à l'italienne ont été des échecs commerciaux en France.
— Je voulais signaler qu'il existe aussi des albums BD en Grande-Bretagne, même s'ils sont d'une qualité nettement inférieure à celle des albums franco-belges ((typographie immonde, image agrandie, pas de couverture originale, brochure, papier douteux). Mais cela existe malgré tout et il serait bon que nos ennemis anglais s'intéressent plus à la BD non étatsunienne.
Le titre de la note dit à quel autre personnage Andy Capp me fait penser.
18:06 Publié dans Soulever la couverture | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, langue anglaise
dimanche, 05 octobre 2008
Mon candidat pour la carpette anglaise : Bernard Kouchner
Est-ce que l'on peut m'expliquer la nécessité pour un ministre des Affaires étrangères de la France de s'exprimer en anglais lors d'une interviouve pour un journal d'un pays dont la langue offficielle n'est pas l'anglais, mais qui est par ailleurs candidat à'l'Organisation internationale de la francophonie et qui posséde au moins un dixième de francophones sur son sol ?
« Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, tient à préciser que, durant son interview en anglais avec les journalistes du Haaretz publiée ce jour, il a utilisé le mot « hit » et non « eat » à propos d’une hypothétique réaction israélienne s’agissant de l’Iran.
Il évoquait, en effet, l’éventualité d’une frappe israélienne destinée à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.
Il regrette le malencontreux quiproquo que cette confusion phonétique a provoqué. »
Au delà de cette lamentable bourde entre locuteurs non anglophones de naissance (native tongue speakers), comme on peut s'y attendre dans un pidgin dont on ne maîtrise pas tous les phonèmes, c'est quand même une certaine idée de la France qui est en jeu. Est-ce que le Quai d'Orsay ou Haaretz (le journal de référence en Israël) sont trop pauvres pour avoir recours à des traducteurs du français et de l'hébreu ? Quelle idée cela donne-t-il de la diplomatie actuelle de la France et de son rayonnement ? Je sens déjà que tous les souverainistes sont en train de s'étouffer et ils ont raison face à tant de déraison. Notre grand donneur de leçons humanitaires avec brushing impeccable et coup de menton en avant est mûr pour une bonne nomination au prix de la carpette anglaise. On peut être rassurés au sujet de notre divin président, son anglais est tellement catastrophique et indigne d'un bachelier qu'il lui faut obligatoirement un traducteur afin de ne pas provoquer des éclats de rire. Et je me demande comment on peut laisser passer une interviouve non relue et corrigée au ministère des Affaires de plus en plus étranges alors que la communication est strictement contrôlée pour des ministères bien moins importants ou vitaux qui exigent le texte avant parution. Ce n'est plus de l'amateurisme, c'est de la désinvolture complète.
17:09 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, ump, sarkozy, langue anglaise
jeudi, 31 juillet 2008
Les coûts volent bas
On ne sait pas seulement maltraiter le français à l'Oignon, on aime bien aussi défigurer l'anglais :
Le tourisme est en pleine mutation. On en a terminé avec les vols à 5 euros pour la Tunisie. Les « Low coasts » (voyages pas chers) connaissent aujourd'hui leurs limites.
Cette côte basse est une cot(t)e mal taillée.
11:46 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue anglaise
mardi, 08 juillet 2008
Actualités régionales
J'apprends qu'il n'existe qu'un seul dictionnaire américain, le Merriam-Webster. "Subprime entre dans le dictionnaire américain". Heureusement, on n'a pas écrit "dans le dictionnaire" de manière absolue, comme c'est trop souvent le cas. Ce qui est amusant, c'est de voir l'angle choisi par les médias pour traiter le marronnier des mises à jour de dictionnaires : chez TF1, on donne dans l'actualité des journaux télévisés via les subprimes, et puis on enrobe le tout avec quelques mots exotiques comme soju ou prosecco afin de donner une touche de légéreté et de mettre un peu l'eau à la bouche. Mais le choix de ZDNet est totalement différent : malware, webinar, fanboy ou netroots. Le public n'est pas le même, il n'a pas les mêmes attentes, le même arrière-fond culturel et les mêmes compétences de lecture. L'un ne comprendra pas de quoi parle l'autre lorsqu'il évoque un malware alors que subprime lui parlera puisqu'on lui en a déjà parlé dans ses médias à lui. Et cela deviendra donc un mot admis, puisqu'il est dans le fameux dictionnaire (peu importe alors qu'il soit américain), il est inutile de proposer une traduction en français la vérité vient des Etats-Unis et d'eux seuls. Il est un fait étrange, c'est que l'actualité des dictionnaires anglo-saxons soit aussi bien relayée en francophonie, on aimerait que l'attention soit aussi vive pour les dictionnaires italiens, espagnols, allemands, néerlandais (pour ne parler que des plus proches voisins). Pourquoi parle-t-on aussi peu souvent dans les dépêches d'agences francophones des nouvelles entrées dans les dictionnaires portugais ou polonais ou grecs ou turcs ? Je me le demande...
20:18 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : dictionnaire, langues, langue anglaise, langue française, informatique, médias, média
vendredi, 27 juin 2008
Ceci n'est pas une pipe
Quand on connaît un peu la politique publicitaire de Ryanair faite de coups de gueule, de provocations, de vulgarités, d'outrances beaufesques, de sexisme, on se dit que ce n'est pas un lapsus, mais un buzz bien volontaire et destiné à être repris et amplifié ensuite sur la Toile, ou plutôt pour lequel on citera la Toile comme l'élément principal du buzz (né à la télévision, repris par la presse traditionnelle qui se dédouane à peu de frais, une fois de plus) :
D'ailleurs, cela a été le cas lors de la conférence de presse organisée par Michael O'Leary, le patron de Ryanair, à l'aéroport de Düsseldorf. Dans son discours, l'homme annonce la mise en place d'un nouveau service en classe affaires : il évoque des "blow jobs".
21:11 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : publicité, télévision, argot, langue anglaise
lundi, 28 avril 2008
Du boycottage
En anglais, le verbe « to boycott » et son substantif « boycott » sont donc nés suite à cette affaire. En français, les dérivés « boycotter » et « boycottage » ont suivi. Historiquement, c'est donc le terme « boycottage » qui prévaut. L'usage correct du français voudrait qu'on le préfère à son petit frère.
Oui, oui, oui. Sauf que 1881 et 1888 pour l'un et l'autre terme (selon le DHLF), cela ne fait pas une grande marge historique. On peut répéter les mots historique et historiquement, ils ne veulent strictement rien dire et ils sont parfois mensongers lorsqu'on n'indique pas les dates exactes d'apparition. Il y avait juste deux termes qui se combattaient dans une époque proche et un a été plus tôt attesté par écrit. Cela arrive pour beaucoup de mots anglais aujourd'hui et on devrait accepter alors tous les mots venus directement de l'anglais parce qu'ils seraient antérieurs aux mots français. Il faut un peu de temps pour que la langue prenne ses marques. Avec de tels raisonnements, on peut défendre e-mail (erreur !) contre courriel, ou blog (horreur ! contre blogue. L'histoire n'est pas la raison ultime, la première forme française n'est pas préférable ou sinon nous devrions écrire dans le français de la Chanson de Roland, et faire français par un suffixe n'empêche pas de faire anglais par la prononciation (entendu ce véquende, un païpe-line totalement saugrenu de la part d'une journaliste qui croyait parler je ne sais quelle langue...) Je préfère boycottage, même si je trouve qu'il déforme passablement le lien entre la graphie et la prononciation du français, à boycott, mais mes raisons ne seront pas historiques : l'histoire, c'est juste le paillasson des certitudes et des dogmes ! On décrète ensuite que tel mot devient plus correct parce qu'historique et antérieur de sept ans ! Une paille qui est une poutre...
21:03 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, français, histoire
jeudi, 17 avril 2008
L'anglais vu comme langue régionale de France, ou comment se sortir du piège de l'Eurovision
«Depuis 52 ans qu’existe le concours, les candidats représentant la France ont toujours chanté en langue française», a souligné Alain Joyandet [secrétaire d'Etat à la Francophonie depuis que le traitre Jean-Marie Bockel a été victime d'Omar Bongo,TotalElfFina et Vincent Bolloré réunis].
Ah bon ? Affirmation un peu rapide, parce que l'on peut appeler ça du français ? Oh ! excusez-moi, c'est une des langues régionales de France, ce que n'est pas l'anglais, malheureusement. Donc ça reste français malgré tout... Il y a pourtant une solution très simple pour se sortir de ce guépier : décréter que l'anglais ne sera plus considéré que comme une des langues régionales et minoritaires de France et ne sera alors enseigné que dans les territoires abritant une population qui refuse de s'exprimer dans une autre langue. Comme cela on pourra chanter aussi en anglais à l'Eurovision. On peut lancer une option langue et culture régionale anglaise dans les départements du Gers et de la Dordogne (si chère à Xavier Darcos, mon estimé ministre) à titre expérimental, en attendant la suppression de l'anglais comme matière de langue vivante 1 au collège et au lycée. Ainsi l'anglais ne sera plus considéré comme une langue étrangère, mais comme une composante de l'identité française au même titre que le basque, le picard, l'alsacien, le flamand, le corse... Juste un truc folklorique limité à quelques départements et communes bien délimitées. Une option facultative en 4e et seulement s'il y a une demande des parents anglophones qui devront prouver le besoin d'un tel enseignement et surtout garantir le nombre d'élèves nécessaires pour l'ouverture d'une section.
17:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise, eurovision, breton
vendredi, 07 mars 2008
Nous irons à Montréal à cheval
Une chose est sûre pour moi à propos du Québec ; si je dois le visiter un jour, je n'emprunterai que les transports communs, parce qu'avec une voiture, c'est la panne assurée ou bien le compte bancaire dans le rouge, faute de parler la même langue !
64 % des mécaniciens parlent désormais d’une courroie de ventilation, tandis que 6 clients sur 10 choisissent encore la retentissante expression strap de fan. Mais comme personne n’est parfait, 82,6 % des mécaniciens téléphonent au towing, plutôt qu’à la dépanneuse. Et 59 % disent dash au lieu de tableau de bord. Finalement, l’expression volet de départ demeure marginale. L’écrasante majorité des mécaniciens (94,2 %) préfèrent encore parler du choke.
Cela me fait aussi peur que le langage de la bourse ou de la mode en France. Mais au moins je n'ai pas besoin de m'intéresser à ces domaines ou de dépendre d'eux...
16:32 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
samedi, 01 mars 2008
La vie de la banquise
Sur la glace, c'est la version québécoise d'on the ice ou d'en rade ?
Le projet est présentement sur la glace en raison de la poursuite intentée par Rowling et Warner.
20:01 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, franglais, journalisme, presse
vendredi, 29 février 2008
English World
Trouvé sur le blogue de Jean Quatremer :
Un Britannique qui comptait accomplir un grand voyage pédestre de deux ans et demi entre Bristol, en Angleterre, et le lieu de naissance de Gandhi, en Inde, a dû arrêter son aventure en France à cause de la barrière de la langue.
L'excentricité est une solide tradition britannique, la méconnaissance d'autres langues aussi...
20:11 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, humour, francophonie
lundi, 11 février 2008
French Bashing
Mr Rude will be French and smelly.
Sympathique l'accent français dans une série télévisée anglaise... Je mets un lien vers le Sun, exemple typique de la pire culture britonne ; hypocrisie et racisme à la une.
Cela dit... Ce n'est pas avec l'überprésident que la réputation d'impolitesse et d'arrogance des Français peut s'améliorer...
12:40 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
dimanche, 10 février 2008
De la dépêche d'Ems au SMS
Environ tous les cinq ans, nous assistons à une nouvelle «crise» linguistique. Surgissent alors nos angoisses identitaires et nos craintes de disparaître.
Je ne dirais pas que le Québec traverse une crise linguistique tous les cinq ans, c'est en fait tous les mois ou au mieux tous les deux mois. Que ce soit pour le ministre seulement anglophone chargé de la francophonie, la lobbyiste anglophone nommée au conseil supérieur de la langue française, l'obscur dépanneur de Montréal qui affiche en anglais seulement, le CEGEP perdu au fond des bois qui donne des sujets mal rédigés, l'annonce des rectifications orthographiques dans les écoles avec dix-sept ans de retard, l'établissement d'une norme québécoise dans les dictionnaires, les accommodements raisonnables, les insultes d'animateurs anglophones ou bien français sur TV5, le sous-titrage ou le doublage des films, et bien d'autres choses encore... Tout est crise au Québec, ce pays encore plus étrange et bizarre que la Belgique. Mais ce qui est rassurant, c'est que les crises y sont linguistiques alors qu'elles sont médiatiques en France. On s'interroge ici sur la réalité d'un SMS ! On est tombés bien bas depuis la dépêche d'Ems qui a précipité la chute du Second Empire. Les querelles linguistiques au Québec offrent plus d'air frais que cette histoire de SMS...
17:55 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, ump, sarkozy
mercredi, 30 janvier 2008
Trader, traitre
Dans Charlie Hebdo ce gros titre introduisant un article de Bernard Maris en pages 2 et 3 (donc important selon la hiérarchie du journal).
Infantilisme du traider...
Il y a quand même 230 résultats réels pour ce mot dans Google francophone (donc vérifiés après élimination des doublons).
Influence de la prononciation peu exacte sans aucun doute qui voit là une diphtongue alors que ce n'est pas le cas. Influence de mots similaires aussi, du type raider. Ou encore du français traiteur. Dans le texte pas de trader ou de traider, mais un courtier bien plus ordinaire. Mais le trader fait plus vendre. Quitte à ne pas être vraiment compris.
22:45 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, kerviel, société générale, jérôme kerviel, sg
vendredi, 25 janvier 2008
Une attitude non édifiante
Cela recommence à se castagner au Québec à propos de l'état du français dans la Province. C'est un marronnier, puisque cela arrive à peu près tous les mois. Les sports préférés des Québécois sont le hockey, le base-ball, les sacres et puis les discussions sur la langue française.
Au tour de Bernard Landry de s'en prendre à la décision de l'Office québécois de la langue française de retarder la publication d'études sur la situation du français dans la province. De passage au Saguenay aujourd'hui, l'ex-premier ministre péquiste a déclaré qu'il juge cette attitude non édifiante.
Voilà un bel anglicisme ou un archaïsme ! En anglais, edifying veut dire instructif, constructif. Mais en français hexagonal, une attitude édifiante ou un propos édifiant ne sont plus du tout pris comme exemplaires : le sens actuel et courant est devenu par antiphrase celui du comportement ou des mots qu'il faut à tout prix éviter parce que c'est choquant, révoltant, scandaleux. Quand un Français dit "C'est édifiant !", cela signifie qu'il est dégoûté, voire davantage. Comment voulez-vous alors que l'on se comprenne d'un côté et l'autre de la flaque ?
19:43 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, anglais, langue anglaise
lundi, 14 janvier 2008
Du bon usage des rumeurs
Voici selon le grand journal parisien de référence du soir, une nouvelle rumeur Internet (pas si nouvelle quand on connaît l'histoire). Vous devez savoir que les rumeurs ne peuvent naître que sur Internet, il ne viendrait jamais à l'idée d'un journaliste de la presse écrite ou audio-visuelle de faire part de la moindre rumeur : il se contente d'indiquer que la rumeur circule sur Internet. On peut par exemple se rendre compte du parfait sens déontologique de la presse en voyant la fameuse rumeur sur Carla Bruni enceinte. C'est édifiant. Qui dit rumeur dit Internet, donc forums et blogues, forcément... Un journaliste, lui, vérifie toujours ses informations.
Mais Thierry Culliford, le fils de Peyo, a coupé vendredi les ailes à une "rumeur" qui court sur internet et qui présente l'oeuvre de son père comme une allégorie du communisme avec le Grand Schtroumpf en Karl Marx dirigeant une société égalitaire menacée par le méchant capitaliste Gargamel.
Le problème, c'est que l'humour belge est difficile à décrypter pour un journaliste français. Surtout lorsque ledit Belge évoque un texte humoristique anglo-saxon sur un site qui appelle à lutter contre la conspiration des Smurfs. Le texte en question est connu depuis près de douze ans et a connu des variantes dans les groupes de discussion Usenet comme les Smurfs sont-ils nazis ou aryens ? Cela a été évoqué quelques rares fois dans les forums ou les blogues francophones, mais l'essentiel des plaisanteries sont en anglais.Il existerait donc aussi une rumeur sur Internet à propos de la création d' une nouvelle langue par la Commission européenne ou sur une étude de l'université de Cambridge à propos de la lisibilité des textes. Deux textes traduits de l'anglais (le deuxième est une variante de la célèbre réforme de l'orthographe anglaise par Mark Twain) et ayant connu une large diffusion en français, contrairement aux textes contre les Schtroumpfs qui imaginent un énonciateur maccarthyste obsédé par les Reds.
18:35 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, web, internet, humour, BD
samedi, 05 janvier 2008
Word of the Year
12:25 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, langues, web, internet, google
dimanche, 16 décembre 2007
Knol
Le groupe Google a décidé de créer une encyclopédie en ligne baptisée Knol. Le terme "knol" est un contraction de l'anglais "knowledge", désignant le savoir.
Je prédis déjà un sacré foutoir dans l'anglais de fast-food des Français pour ce nom de marque ! Ce sera prononcé knôl un peu comme khôl par la plupart et non noal, mais d'autres diront le mot un peu comme celui des soupes Knorr avec un o ouvert. Et ceux qui le prononceront à l'anglaise se trouveront en devoir d'expliquer le fait que le k ne se prononce pas devant n en anglais. Cela dit, il ne semble pas impossible que Google ait choisi ce terme afin de créer justement un buzz bruit au sujet de la bonne prononciation (toutes les théories du complot et du marketingue viral sont possibles avec Google, on peut toujours soupçonner Google de tout sans risquer de démenti formel).
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samedi, 15 décembre 2007
w00t
Que signifie "w00t", mélange de lettres et de chiffres qui a été désigné comme le mot de l'année 2007 par le dictionnaire en ligne américain Merriam-Webster ?
Le gros problème, c'est que le Monde en ligne utilise une police de caractère qui fait que l'on distingue mal à l'écran la différence entre le chiffre 0 et la lettre O en minuscule. Il fallait donc préciser le mélange. Il nous assure après :
Pour les puristes, le "t" de w00t peut se remplacer par un "7", pour donner "w007" signifiant que le joueur a mis une raclée à son adversaire.
Là, il n'y a plus de problème de lecture, puisque l'on voit la différence entre les deux signes 7 et T, comme entre 4 pour A, 3 pour E, 9 pour G, 5 pour S, 2 pour Z. On connaissait l'erreur fréquente des dactylos qui tapaient un 0 à la place d'un O, cela arrive parfois sur Internet et il y a des gens pour utiliser indifféremment l'un ou l'autre. Une autre erreur fréquente est de faire un I capitale à la place d'un l bas de casse ou d'un 1 chiffre, ou bien d'employer une police qui ne permet pas de bien les distinguer à l'écran. Si c'est imprimé, la forme est fixe. Si c'est sur écran, on ne sait pas toujours très bien ce que l'on envoie et comment ce sera lu, ni pour la police, ni pour la table de caractères, ni pour l'encodage. Donc est-ce que w00t existe vraiment sous cette seule forme ?
Pour ceux que le langage geek rebute, "woot, woot, woot" est aussi le cri de victoire lancé par Julia Roberts dans le match de polo de Pretty Woman...
Phrase écrite avec un vrai O, mais qui ne se lit pas différemment des 0 précédents dans la version en ligne.
17:18 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, web, internet, humour, typographie
lundi, 10 décembre 2007
Pour le meilleur et pour le mal
Les mauvaises traductions automatiques (je triche, cela vient de La Presse canadienne, une agence absolument catastrophique par rapport à tout ce qui se trouve au Québec) :
Durant son allocution, elle a remercié sa "belle Cydney" qui lui reste fidèle pour le bon et pour le pire.
Good and worst existe en anglais, mais ce n'est pas aussi équilibré qu'en français où l'on a deux superlatifs irréguliers de même niveau : le meilleur et le pire. On ne dira jamais assez que le français est une langue bien plus logique et plus ordonnée.
22:38 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, anglais, langue anglaise, traduction, presse, journalisme
jeudi, 06 décembre 2007
La guerre du faux
Que faire en cette période de l'année ? Vanter d'abord les produits gastronomiques de notre si beau terroir (et on n'échappe pas à la règle en Champignacie puisque le breuvage pétillant est l'objet de campagnes de promotion, notamment au ministère des Affaires étrangères). Et surtout dénoncer les ignobles imitations étrangères. C'est ce que fait par exemple la Dépêche en évoquant un faux fois gras d'origine britannique. Je vous rassure tout de suite, je n'ai pas émigré du côté de Toulouse, j'ai trouvé cette page par hasard en lien ailleurs.
La chaîne britannique de supermarchés Waitrose vient de lancer sur ses rayons un bien étrange produit, le « Faux Gras », made in England. Cette enseigne avait arrêté, il y a six ans, de vendre du foie gras, du vrai, au nom de la défense des animaux. Elle vient donc de trouver « sa » solution.
C'est une information reprise avec autant de sérieux par des médias comme TF1 ou le Figaro. Ah ! les Godons ! s'ils n'existaient pas avec leurs inventions farfelues et excentriques, on aurait des difficultés à avoir une saine xénophobie de tradition et de bon goût... Nous apprécions d'avoir de tels ennemis héréditaires qui nous confortent dans nos certitudes.
Toutefois, ce qui est étrange, c'est que pour montrer le côté chic de la chose, enfin de cette pâte, il a fallu employer un nom français pour la marque Faux Gras. Le français fait raffiné et sophistiqué dans l'archipel. Le nom est assez paradoxal puisque justement cette sorte de pâté est constitué de gras, ou plutôt de graisse ajoutée ! Ensuite, vanter le caractère gras de l'aliment est assez étrange dans cette époque de régimes diététiques ou amaigrissants. Mais puisque c'est faux, on ne doit pas se sentir coupable de trop manger. Enfin, il est plus que bizarre de voir un produit annoncer ses vertus en se donnant comme un faux, alors que nos vaillants producteurs du Midi présentent les leurs comme authentiques, selon les méthodes ancestrales disent-ils.
Le paradoxe ne s'arrête pas là. En effet, la marque comporte aussi une indication sur la nature du produit et c'est Hot Foie Gras. Il faudrait savoir... C'est du faux ou ce n'est pas du faux ? La sonorité du mot faux prononcé par un Anglais a joué, mais malgré tout il faut l'annoncer comme étant du foie gras. C'est un peu moins gros que l'argumentaire destiné à satistfaire les mouvements de libération animale en précisant que les bestioles ont été traitées avec humanité et sans gavage, mais c'est quand même présent.

11:52 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : consommation, cuisine, gastronomie, langue française, français, anglais, langue anglaise
jeudi, 22 novembre 2007
Getting better
Je précise que Jean-Pierre Raffarin a été désigné comme le grand témoin de l'Organisation internationale de la francophonie au jeux olympiques de Pékin par Abdou Diouf (lui-même désigné par le président mis en examen) et voici ce qu'il dit :
Quant à l'Exposition universelle de Shanghai, elle a choisi la devise « Better City, Better Live », et nous les Français, nous apprécions beaucoup celle-ci.
Je ne sais s'il faut se réjouir que Raffarin soit grand témoin de la francophonie vu le soutien énergique et sincère qu'il lui manifeste, mais je suis certain d'une chose : il ne faudrait en aucun cas qu'il soit grand témoin de l'anglophonie dans l'hypothèse où l'on voudrait défendre la place de l'anglais dans le monde.
Sur le titre.
21:31 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise, français, francophonie
lundi, 12 novembre 2007
La plus vieille classe de français du monde
«On peut dire que nous sommes la plus vieille classe de français du monde», plaisante Martha Stafford, 83 ans, un des piliers du cours de Kathleen Diamond, la professeur qui enseigne depuis 30 ans la langue de Molière, au coeur d'Alexandria, une jolie banlieue de la capitale.
Cela prouve d'abord une chose : ces charmantes vieilles dames ne savent toujours pas s'exprimer en français parce que cette expression ne signifie pas ce qu'elles veulent dire en français, la logique de l'anglais les a égarées et elle fait surtout sourire.
20:25 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise
mercredi, 24 octobre 2007
His Wish to Privacy
Pour vivre, un lieu
Je veux
Où aucun pas
Ne va
Pour y enfouir,
Finir,
Mes jours sans heur
En pleurs.
Robert Herrick
Il est vraiment difficile de rendre ce rythme et surtout des paronymies comme "and end" en gardant le sens général de la phrase.
18:55 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, langue anglaise, poésie, poésies, poèmes, poème, écriture
mardi, 23 octobre 2007
Sketcher, verbe français
Marie-Dominique Arrighi signale dans une brève l'existence d'un loisir dit créatif (quand je vois cet adjectif, je me demande souvent ce qu'il y a de créatif) : le sketching.
Les 3 Suisses proposent désormais une rubrique «loisirs créatifs». Y est vendu un cahier de «sketching». Kezako ? Ben, un cahier de dessin.
Interloqué, je me dis alors que cela doit être comme pour le scrapbooking, on doit trouver plein de mots dérivés.
L'infinitif du verbe sketcher est peu facile à repérer par ce qu'il y a un jeu vidéo, un marchand de chaussures et je ne sais quoi d'autre. On prend les formes conjuguées :
* je sketche : 47 ;
* tu sketche(s) : 6 +7 ,
* il, elle sketche : 2 + 2.
Cela se complique un peu avec on, car le sens de sketch comme saynette apparaît alors qu'on avait bien un substitut de dessiner auparavant (et puis la préposition anglaise vient tout fiche en l'air). Certains francisent sketching en sketchage : 9 occurrences, dont trois sont de toute évidence en lien avec le graphisme. Les scores sont plus importants pour sketcheur(s), mais il est alors difficile de faire la part entre la scène et le dessin. C'est assez drôle parce que le sene retenu en français pour sketch est un sens figuré en anglais et depuis le XIXe s. on avait perdu de vue les sketch-books en français. Cela faisait pourtant partie des emprunts snobs de la bonne bourgeoisie anglomane de l'époque, celle qui ponctuait ses discussions d'une foule de mots anglais comme l'Albertine de Proust. On a droit au grand bond vers le passé !
10:15 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise, français
dimanche, 21 octobre 2007
Pas si terrible...
"Le 11 septembre a été terrible mais si on se repasse l'histoire de l'IRA (l'organisation armée nord-irlandaise), ce qui s'est passé aux Etats-Unis n'a pas été aussi terrible que cela", juge la romancière.
J'ai à peu près tout lu de Doris Lessing, c'est donc quelqu'un que je ne déteste pas, même si cela appartient plus à mon adolescence pleine de révolte qu'à mon âge désormais mûr. Mais je reste stupéfait devant de tels propos alors qu'elle a obtenu la lourde charge de la dignité du Nobel. Qu'est-ce que cette histoire de l'Ira qu'elle sort ? Celle des meurtres commis par l'Ira, ou celle des autres meurtres commis par l'armée anglaise, les francs partisans protestants, et bien d'autres ? On ne sait. Comment peut-on comparer entre eux des massacres ? Comment peut-on oser comparer des morts entre elles ? Je n'aime en aucun cas les concours de génocides ou de meurtres collectifs à celui qui aura le plus de pierres dans son cimetière. Comment peut-on signifier la douleur par le nombre de morts et à partir de quel nombre de morts serait-il autorisé de dire que le fait est terrible ? Chaque décès est unique et ne concerne jamais qu'une personne perdue, mais c'est soudain la seule qui comptait pour ses proches. Dire qu'il y a eu moins de morts lors du 11 septembre à New York que par exemple lors d'autres événements est une chose, dire qu'en fait ce n'est pas si terrible, c'est attenter à la mémoire des personnes qui ont eu des proches tués alors et c'est dire qu'il y a une banalité du mal selon le mot d'Hannah Arendt. Et même si les Etatsuniens ont ressenti plus vivement cette tuerie que d'autres qui se déroulaient en même temps ou qu'ils ont déclenchées avant et après, on ne peut pas leur demander de faire comme si cela n'était pas du tout important puiqu'il y avait eu pire dans l'histoire. Toutes les morts sont inacceptables et elles sont toutes terribles. Aucune ne mérite d'être méprisée. Mais il y a des propos...
16:20 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, langue anglaise, anglais
jeudi, 11 octobre 2007
Vie et mort des verbes irréguliers
Marie-Dominique Arrighi m'a communiqué le texte d'une dépêche qui n'a pas encore été traduite en français, me semble-t-il. Elle est consacrée à une étude publié dans la revue Nature au sujet de la fréquence et de l'usure des formes des verbes irréguliers et elle est due à un chercheur de l'université Harvard. Cela concerne les verbes anglais, car un autre article de Nature s'attache aux verbes en russe, français, grec, espagnol. Si on veut lire le texte original, voici un lien.
Un résumé pour les non-anglophones, avec mes commentaires. Les verbes irréguliers ne constituent que 3 % des formes présentes dans les discours. J'ai publié les résultats de deux études au sujet de la fréquence des verbes français, ce sont des chiffres relatifs car ils dépendent de la proportion que l'on accorde à divers énoncés témoins (un article de l'Oignon n'est pas le même écrit qu'une chanson de rap ou qu'un manuel de vénerie).
Les dix verbes anglais les plus fréquents sont : verbs to be, to have, to do, to go, to say, to see, to take and to get, plus les auxiliaires can et will. Tous des verbes irréguliers. Cela rejoint le français :cette liste comprend les 120 verbes les plus fréquents.
Les verbes réguliers forment leur prétérit et leur participe passé avec la désinence -ed. Mais il existait six autres principales règles pour ces temps il y a 1 200 ans, à l'époque de l'Old English. Il y avait 177 verbes irréguliers en Old English, ils sont passés à 145 en Middle English (fin du Moyen Âge) et 98 subsistent encore. Ces chiffres sont à prendre avec précaution, car les auteurs sont sans doute partis des formes courantes et familières, non de celles qui seraient plus académiques. Pour certains de ces verbes dits disparus, les grammaires et les dictionnaires signalent l'existence des formes irrégulières. On a assisté à la même diminution de l'ancien français au français moderne : l'ancienne langue comprenait (à vue de nez) trois ou quatre fois plus de verbes irréguliers, ne serait-ce que par les changements de radicaux. Beaucoup de ces verbes n'existe plus que comme des vestiges : clore, choir, apparoir. D'autres sont morts : souloir, douloir, semondre.
Il se produit en anglais contemporain sur la forme régulière : took devient taked. Des périphrases naissent : newly wed devient wedded. Les verbes irréguliers qui sont les moins employés évoluent plus vite vers une forme régulière selon leur modèle mathématique. Je ne suis pas certain de cela en français : les verbes sont devenus irréguliers du fait de leur fréquence (il suffit de songer aux trois racines qui donnent le verbe aller), mais les passés simples ne sont pratiquement plus employés qu'à l'écrit sauf régionalisme et ils se maintiennent de ce fait. En revanche, on assiste à des néo-verbes plus réguliers comme en anglais : solutionner, cloturer, feinter.
Là, où on est un peu dans la grammaire-fiction, c'est lorsque l'étude affirme que le verbe to be restera inchangé pendant 38 000 ans selon cette projection, tandis que le verbe to think changera son thought en thinked dans 14 400 ans du fait de sa fréquence plus faible. C'est un peu sans compter le fait qu'il n'a pas fallu mille ans pour déformer les verbes latins lorsque cette langue était internationale, et le danger de l'anglais c'est qu'il est parlé majoritairement par des non-anglophones qui vont le transformer.
18:55 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langues, anglais, langue anglaise, langue française, français, histoire
jeudi, 04 octobre 2007
All blague
Pourquoi les journalistes français sont-ils incapables de prononcer le pluriel du nom des All Blacks et ne font-ils pas sonner son s ? Parce qu'ils parlent en français et ne connaissent absolument pas l'anglais ? Oui, mais alors... pourquoi citer ce nom anglais ?
18:51 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise
Le tigre
Tigre, tigre, flamme claire
Dans les forêts de la nuit,
Quel main, quel oeil immortel
Purent donc bâtir ton ordre terrible ?
Dans quel abîme, en quels cieux
Brûlait le feu de tes yeux ?
D’où les ailes pour monter ?
Quelle main osa s’emparer du feu ?
Quelle épaule nue, quel art
Nouèrent les fibres de ton coeur ?
Et quand ton coeur se prit à battre,
Quelle effrayante main, quelle marche effrayante ?
Quel le marteau ? quelle chaîne ?
En quelle fournaise la tête ?
Que fut l’enclume ? Quelle effrayante prise
Osa maîtriser ses terreurs mortelles ?
Quand les astres lancèrent leurs épieux,
Inondèrent de larmes les cieux,
Sourit-il à voir son ouvrage ?
Celui qui fit l’agneau, est-ce lui qui t’a fait ?
Tigre, tigre, flamme claire
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel regard, immortels
Osèrent bâtir ton ordre terrible ?
William Blake
18:41 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, langue anglaise, anglais
mercredi, 03 octobre 2007
Le corbeau (4)
Lors, j'ouvris la fenêtre et voilà qu'à grand bruit,
Un corbeau de la plus merveilleuse apparence
Entra majestueux et noir comme la nuit.
Il ne s'arrêta pas, mais plein d'irrévérence,
Brusque, d'un air de lord ou de lady, s'en vint
S'abattre et se percher sur le buste divin
De Pallas, sur le buste à couleur pâle, en sorte
Qu'il se jucha tout juste au dessus de ma porte...
Il s'installa, puis rien de plus !
Et comme il induisait mon coeur amer
A sourire, l'oiseau de si mauvais augure,
Par l'âpre gravité de sa pose et par l'air
Profondément rigide empreint sur sa figure,
Alors, me décidant à parler le premier :
"Tu n'es pas un poltron, bien que sans nul cimier
Sur la tête, lui dis-je, ô rodeur des ténèbres,
Comment t'appelle-t-on sur les rives funèbres ?"
L'oiseau répondit : "Jamais plus !"
Traduction Maurice Rollinat. Je n'ai copié que la moitié du poème, mais j'arrête là.
19:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésies, poèmes, poème, écriture, littérature, langue anglaise
mardi, 02 octobre 2007
J'écris comme une potatoe
Aaargh ! Le titre : "Je ne suis pas un heroe"... On ne lui a jamais parlé de Dan Quayle ?
20:56 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise


