jeudi, 04 septembre 2008

Antilogies de l'époque mitterrandienne

Nous reprenons notre série de cours de lettres destinés à aider Mariah-Samanthah et Jean-Steevyn - les enfants de Monique et Jean-Claude - afin d'obtenir leur bac STG qu'ils tenteront vaillamment pour la quatrième fois en juin prochain, tout en continuant de militer chez les Jeunes Pops. Le groupement de texte s'articule une fois de plus autour de la poésie engagée, et cette fois le thème n'est plus L'héritage de Mai-68, mais Mitterrandisme et romantisme. Tout un programme, pas si commun. Nous commençons par un poème exemplaire de ces années si humanistes dû à deux auteurs totalement dévoués à la défense des plus démunis, fort talentueux comme le prouve leur compte en banque, et dont l'honnêteté ne saurait jamais être attaquée (puisqu'ils sont les amis de notre divin président) : j'ai nommé Bernard Tapie et Didier Barbelivien.

Réussir sa vie

C'est de parler à Dieu
Comme à ses voisins
Dire que ça ira mieux
Même quand tout va bien

Imagine ce que tu dirais à Dieu si tu le rencontrais dans la rue en train d'aller chercher sa baguette de pain. Dans quel registre de langue t'adresserais-tu à lui ? Lui taperais tu sur l'épaule et l'inviterais-tu à boire un pot ou à fumer du chichon ? Penses-tu qu'il faut dire tu à Dieu ou vous ? Faut-il l'aider à traverser la rue sur le passage clouté étant donné son grand âge ? Est-ce qu'un de ces choix te condamne à l'Enfer ?Est-ce que tu crois à l'Enfer ? Pourquoi ?


C'est de voir le soleil
Au milieu des nuages
Et devant un avion
Rêver de voyages

Si un ami te prête son jet privé pour te rendre sur son yacht privé, est-ce que tu aurais envie de voyages toi aussi, comme tout un chacun ? Justifie ta réponse.


Réussir sa vie
C'est croire en l'instant
Où tout est magie
Où tu es géant

As-tu rêvé d'être Superman ou d'avoir la lampe d'Aladin quand tu étais petit ? Raconte les histoires que tu te faisais.

Réussir sa vie
C'est traverser un océan
Sans savoir pourquoi ni pour qui
A l'aventure, tout simplement

Explique la métaphore de l'océan. A quels grands explorateurs et découvreurs de la Course du Rhum se réfère le barde Bernard Tapie ? Penses-tu que Jacques Cartier ou Champlain étaient des losers puisqu'ils ne partaient pas à l'aventure tout simplement ?

C'est d'être un président
Ou bien n'importe qui
Ou bien prendre le temps
D'aider un ami

Commente ce passage en justifiant le fait que lorsque l'on est président, on se doit d'abord d'aider surtout ses amis. Prends tes exemples dans l'actualité récente.

C'est de gagner en bourse
Comme on jouait aux billes
Et de finir sa course
Le soir en famille

Aimais-tu jouer aux billes et gagner alors ? Que pensais-tu des perdants ? Imagine leur vie en famille le soir, raconte en dix lignes.

Réussir sa vie
C'est vivre au présent
Mais d'avoir envie
De vivre cent ans
Réussir sa vie
Soit poète, soit paysan
Moitié méchant, moitié gentil
A l'aventure, évidemment

Analyse les antithèses dans cette strophe. Explique pourquoi tout est dans tout et réciproquement. Par quel mot magique la synthèse s'opère-t-elle ? Comment justifie-t-il le fait d'agir n'importe comment ou hors de la loi ?

Réussis ta vie
Sois poète ou sois paysan
Moitié méchant, moitié gentil
A l'aventure, évidemment
Réussis ta vie…
Réussis ta vie…

Explique pourquoi le barde a pu passer de la généralité de l'infinitif à un impératif à la deuxième personne. Pourquoi le poète insiste-t-il tant sur l'antithèse qui serait présente chez son lecteur ? Penses-tu qu'il est plus d'un côté ou de l'autre ? (Attention ! ton avis doit être nuancé et équilibré entre les points de vue).

jeudi, 01 mai 2008

68'tards

200584610.jpgLes analphabètes qui sont à la direction des Jeunes Populaires se sont beaucoup remué les méninges afin de faire leur Mai-68 à eux. On n'y retrouve pas de photos de la manifestation de la Nation , avec Malraux en tête de cortège, mais juste des images de ces six dernières années, comme si nous avions vécu sous le règne de Cohn-Bendit, de Sauvageot et de Geismar réunis. Bien pire, on y voit le visage de l'ultra-gauchiste Chi qui travaillait dans l'ombre des cabinets pompidoliens à saboter le moral de la France qui se lève tôt ! Il y a des héritages qui passent mal...

Mais ce qui me retient, c'est d'abord le slogan d'une rare stupidité, à croire qu'i l a été conçu par l'immense philosophe UMP Jean-Philippe Smet qui a eu cette parole prophétique "cheveux longs, idées courtes" (il n'avait pas encore rencontré les enfants Sarkozy qui n'étaient même pas conçus).

Je passe sur la typographie merdique, avec les espaces qui précèdent ou qui suivent les points de suspension. Le slogan commence par "mais" et on ne voit pas trop à quoi ce mot de liaison s'oppose. C'est un jeu de mots fort subtil sur le nom du mois de mai ! Ah bon ? Voilà qui est fort original. Et pourquoi avoir écrit "68'tards" avec une apostrophe de coiffeur ? C'est parce que l'on voulait jouer sur le sens de l'adverbe "tard" comme dans notre autre slogan "40 ans + tard, la jeunesse qui bouge a changé de camp". (Noter le fait de se référer au vague bougisme, plutôt qu'à la modernité ou à l'innovation ou à l'originalité). Vous voyez à quel point nous pouvons être subtils ! Mais c'est crétin : le suffixe est -ard, il y a déjà un t dans soixante-huit écrit en toutes lettres. Oui, mais ça personne ne s'en apercevra, notre maître en communication, Jean-Pierre Raffarin, nous a assuré qu'il aurait voulu trouver d'aussi bons slogans pour les cafés Jacques  d'El gringo. Les gars, vous ferez surtout les catalogues publicitaires d'Ed l'épicier ou de Leader Price. De toute manière, si nous sommes illettrés, c'est la faute à 68, donc à vous ! Tous ceux qui sont nés avant 68 sont coupables ! Comme notre magnifique président par exemple ?

jeudi, 20 mars 2008

Mots clés

J'ignorais que l'on pouvait écrire des mots clés sur des enveloppes en papier :

Jusqu'ici, l'histoire pourrait paraître badine, mais elle a pris un autre tour quand les courriers envoyés au chef de l'État se sont mis à être recouverts de mots-clefs particulièrement menaçants du type « extrêmement explosif », « nitroglycérine » ou encore « anthrax ».

Pour moi, les mots clés sont destinés d'abord au classement de documents, par exemple dans un fichier, ou à une recherche thématique dans un corpus, et non à l'envoi d'une correspondance privée sous pli fermé. Ce ne sont pas des mots clés, mais des mentions fantaisistes sur le modèle d'Urgent ou de Secret Défense qui sont juste des exigences de communication. Il n'y a pas lieu de parler de mots clés dans ce cas, c'est juste un mauvais calque des classements d'Internet à la sauce 2.0 qui sont eux-mêmes calqués sur ceux de la documentologie. Dire qu'il s'agissait de mots aurait suffi.  

Cela dit, est-ce que lesdits jouets sexuels figureront un jour dans le futur musée de l'überprésidence comme on peut voir des masques inuits ou des statues taïnos ou des chignons de sumotoris dans le musée chiraquien ? Ce serait rigolo, un peu, à côté des Ray-Ban et des Breitling.

Je place des mots clés particulièrement affriolants afin de faire gonfler mes stats... 

samedi, 15 mars 2008

Bac to the Basic

Le 17 mars, on célébrera le bicentenaire du baccalauréat français. L'événement sera occulté par le résultat des élections municipales et cantonales, lequel sera aussi occulté par la cérémonie pharaonique aux Invalides en hommage aux combattants de la Première Guerre mondiale (il y a des morts qui tombent à point pour les pompes du régime actuel). Le décret napoléonien qui créait ce grade (notez le terme, tout l'enseignement public de l'époque était calqué sur un modèle militaire dont il reste quelques survivances) contient quelques perles comme :

Aucune femme ne pourra être logée ni reçue dans l'intérieur des lycées et des collèges.

Tout le mal vient de là ! Voilà ce qui a perdu l'enseignement... On les a acceptées au baccalauréat, puis comme enseignantes, puis les écoles sont devenues mixtes après Mai-68 (la cause de tous nos maux actuels) et on se retrouve avec une génération violente et illettrée du fait du laxisme proprement féminin des enseignantes devenues majoritaires dans la profession. Du temps de Napoléon, au moins il y avait de l'ordre, on ne remettait pas en cause l'autorité (même en passant la Bérézina). Il serait grand-temps de revenir à ces fondements de l'enseignement public...


vendredi, 15 février 2008

De Grammatica (3)

Je finis par y céder, puisque je n'ai pas grand-chose de neuf à vous offrir. Le journal de coiffeurs bien connu a publié un article sur le retour attendu à la grammaire de grand-papa comme au bon vieux temps, lequel n'existe en fait que dans l'imaginaire nostalgique. Cela commence bien par ce chapeau qui montre que la rédactrice ne maîtrise pas du tout son sujet et ne sait pas réfléchir :

Les «connecteurs temporels et spatiaux» ou les «déterminants» vont céder leur place aux bons vieux «sujet, verbe, complément».

Il n'y a qu'un seul problème (ou plutôt il y en a beaucoup) : les notions de connecteurs et de déterminants seront sans doute encore dans la nouvelle terminologie, puisque le ministre précédent avait décidé de la faire appliquer dès la dernière rentrée à la suite du rapport Bentolila. Ensuite, les notions de connecteurs et de déterminants sont de nature, tandis que celles de sujet, verbe, complément indiquent plus une idée de syntaxe. En outre, cela ne superpose pas du tout, un déterminant ou un connecteur ne peut être sujet, verbe ou complément. Enfin, les notions de sujet, verbe et complément n'avaient pas disparu, mais cela rappelle tellement bien un ordre militaire avec des hommes en rang d'oignon pour un défilé. Et même, les compléments sont fort divers, ils peuvent être nommés ou classés de différentes sortes, tout comme les verbes : essentiels ou non, obligatoires ou circonstanciels (décomposés en huit, dix, douze ou plus de catégories), directs ou indirects, et ainsi jusqu'à plus soif. Quant à dire que les notions de sujet et de verbe sont faciles à transmettre, il faut se montrer bien naïf en la matière ! Qu'est-ce qu'un sujet lorsque l'on aborde la phrase impersonnelle, passive ou la forme emphatique ? Cela ouvre des abîmes... Qu'est-ce qu'un enfant de dix ans peut comprendre au concept semi-théologique d'attribut ou d'adjectif ? Il répondra comme un homme-machine, sans voir l'idée. Il écrira mécaniquement aussi, avec des clichés rétrogrades. Parce que la réflexion sur ces concepts n'aura jamais été faite. Ce sera pour lui des vérités intangibles, hors de toute histoire* et non discutables. On accepte, on apprend par coeur, on récite, on applique et on se fait taper sur les doigts.  

* Parce qu'il n'y a jamais eu d'histoire grammaticale selon ces beaux réactionnaires, toutes les notions étaient enseignées de la même manière depuis des siècles selon elles, jusqu'à ce que surviennent 1789, 1917; Mai 68, mai 81 ou les IUFM, selon leur degré de conservatisme.

lundi, 11 février 2008

La calunnia e un venticello

Conformément à la loi Fichier, Informatique et Libertés, la société NOTE2BE est le responsable du traitement mis en œuvre dans le cadre du site www.note2b.com, qui a fait l’objet d’une déclaration à la CNIL.
Ce traitement est mis en œuvre afin de permettre aux élèves de procéder à une notation de leurs enseignants et des établissements d’enseignement. Ces données sont destinées à la société NOTE2BE ainsi qu’aux internautes utilisateurs du site www.note2be.com.
La collecte de votre e-mail nous permettra de vous recontacter.
En justifiant de votre identité, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de complément, de mises à jour ou de suppression des données à caractère personnel vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques ou périmées, que vous pouvez exercer à tous moments.
Vous disposez également d’un droit d’opposition à ce que des données à caractère personnel vous concernant fasse l’objet d’un traitement dans ce contexte, et ce pour des motifs légitimes, que vous pouvez exercer à tous moments.
Vous pouvez exercer ces droits en adressant une lettre par voie postale à l’adresse suivante :
Note2be.com – 37, rue de Charonne – 75011 Paris.

Oui, cela c'est pour la collecte des données des prétendus élèves qui veulent noter (les partisans de Brighelli l'avaient placé en première position d'ailleurs en salopant ce faux système de notes, ce sont des petits malins et ils lui donnaient 20/20), mais pour la collecte des données sur les prétendûment notés par de prétendus élèves qui peuvent utiliser autant de micros qu'ils le désirent afin de changer d'IP ? On comprend pourquoi le site est inactif depuis plusieurs jours, puisqu'il est hors la loi. La CNIL va sacrément renacler car les enseignants n'ont pas demandé à être inscrits dans cette base de données aux sources suspectes. C'est une atteinte à la vie privée et professionnelle. Quand on voit le parcours professionnel et politique du fondateur, on se demande comment cette idée d'une acceptation par la CNIL lui est venue alors que celle-ci n'est pas un office de la délation, ni comment un enseignant calomnié aurait pu répondre face à des accusations nominales dont il n'aurait pas eu connaissance.

 

 

jeudi, 07 février 2008

Le gaullisme au petit réchaud

L'orthographe n'a jamais été un des soucis premiers de l'UMP champignacienne, malgré les prétentions de son maire, et cela se vérifie de manière simple (sans parler de l'usage délirant des capitales dans les autres billets). Quand j'ai appris le nom de la suppléante pour la cantonale, je me suis dit aussitôt : illettrisme en vue ! Bingo ! Résumons : les blogues de l'opposition comme de la majorité champignaciennes sont catastrophiques pour des raisons différentes, souvent techniques ou liées à des gadgets imbéciles, ici c'est l'orthographe la plus élémentaire qui fait défaut dans les titres. Le slogan "J'aime le 3ème canton" est même faux d'un point de vue orthotypographique. Et bien entendu ces fervents partisans du grand pontife qui vaticine, promulgue et édicte au Conseil supérieur de la langue française écrivent ou plutôt copient : "Enter your email and Slide.com will notify you when this user posts new pics". Ah ! comme c'est beau la défense de la langue française à géométrie variable et le gaullisme à la petite semaine fait sur son petit réchaud dans son petit rabicoin.

mardi, 05 février 2008

Buzz : nouveau mot judiciaire ?

Il y aurait une sorte de rupture lexicale dans la décision de l'affaire Ryanair :

La vraie innovation est ailleurs: le mot ”buzz” est entré dans la langue officielle judiciaire.

Mais euh... cela existe depuis un an au moins, dans des affaires plus sérieuses traitées plus légèrement vu les implications multiples et justement la possibilité de buzz. Je pense aussi que l'on peut remonter plus loin dans le temps avec d'autres arrêts :

Que les sites où elles sont diffusées, sites de blogs (sic) ou de buzz, présentant des informations mises en page par les internautes ou leurs organisateurs, sont des sites sur la publicité, qui collectent et présentent des publicités provenant du mode entier... 

Cela dit, les chroniques de Pascale Robert-Diard sont toujours de haut niveau, documentées, charpentées, argumentées. Mais sur ce coup, elle s'est un peu trop avancée et elle aurait dû le prévoir : on trouve toujours un précédent dans le lexique, sauf lorsqu'on n'en trouve plus.  C'est un domaine pire que la jurisprudence...

Chemin de Damas

De Bernard Kouchner (professions : médecin du monde, sauveur de la planète, star des émissions télévisées, bon client de coiffeurs et traître) :

Il ne faut pas jouer le jeu que les miens ont joué en allant à Damas.

Parce que ce chemin de Damas, il le connaît déjà et il le regrette ? On notera le fait qu'il parle des miens pour évoquer son nouveau parti, il est entendu qu'il n'est plus de gauche - s'il l'a jamais été...

 

vendredi, 01 février 2008

Debord au programme !

Une petite chose qui pourra faire plaisir et déplaisir (puisqu'il y a récupération) à Leveto, il semblerait que Guy Debord entre dans les programmes scolaires. Par la très petite porte des lycées professionnels. Dans le projet de réforme des BEP et Bac Pro en trois ans (texte non encore officiel et toujours en chantier, non disponible encore car la réforme est pour 2009-2010), il existe en français un objet d'étude nommé "la parole en spectacle" pour le programme de la future première professionnelle, et Guy Debord est bien cité en fin de texte parmi les auteurs de textes à mentionner (pour un tel programme, j'aurais plutôt dit Bossuet, Certeau, Paulhan, Blanchot avec un tel sujet qui me semble dépasser le cadre du situationnisme, mais qui pourrait se raccorder aussi au storytelling starkorsyste). On ne l'avait cependant jamais vu en section générale... L'inspecteur qui en a parlé tenait la chose pour sûre et suggérait de nouvelles pistes d'analyses (quoique restant fort prudent sur le sens et les orientations de cette réforme récente et encore incomplète). Je ne sais pas si les inspecteurs généraux ont de mauvaises intentions contre le régime actuel, mais en tout cas certains ne manquent pas de cran.

mardi, 29 janvier 2008

La démocratie, hélas !

J'apprécie le sens de la démocratie de ce maire (qui se définit de droite et d'ouverture) :

C'est vrai, mais c'est la démocratie ! Maintenant, je ne crois pas qu'une seconde liste soit dans l'intérêt dans la commune de Fère-Champenoise.

Une seconde liste qui témoignerait de l'existence d'une opposition ne serait pas vraiment utile dans un conseil municipal, mais malheureusement c'est la démocratie et il ne faudrait faire qu'une seule liste à approuver sans restriction.

Champignac, année zéro

Le maire de Champignac sait être à la pointe de la modernité (et des erreurs d'orthographe). Son dernier billet dans la partie actualité de son site de campagne date du 00/00/0000 à 17 heures ! Pourquoi 17 heures ? me suis-je demandé. En tout cas, notre fervent et pieux président de l'association des amitiés France-Vatican sait montrer qu'il veut vivre à l'époque du Christ.

samedi, 19 janvier 2008

Tant de mal

Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal.

Lorsque certains font croire aux Français qu'il serait possible de distribuer du pouvoir d'achat tout de suite, sans travail et sans réformes, je reconnais la démagogie qui a fait tant de mal à notre pays depuis trois décennies.

Est-ce qu'il n'y aurait pas un vague air de ressemblance entre ces deux discours ?   

vendredi, 18 janvier 2008

Le songe d'Attali

Une des vingt propositions de la fumeuse commission Attali pour relancer la fameuse croissance ;

- Se donner les moyens que tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l’écriture, le calcul, l’anglais, le travail de groupe et l’informatique.

Euh... Maîtriser le français, c'est le travail d'une vie, comme pour l'écriture ou la lecture. L'enfant maîtrise déjà le français quand il dit Papa à son père qui se penche au dessus de son berceau. Ensuite, il faut voir ce que l'on entend par maîtriser le français à l'entrée de sixième : tous mes élèves (et j'en ai vu dans un grand nombre d'établissements) savent parler français et répondre en français, mais leurs difficultés sont ailleurs et c'est une imbécillité que de déclarer les mauvais résultats aux évaluations de français en 6e comme la preuve d'une sorte d'analphabétisme. Où place-t-on le curseur ? Quant à la maîtrise de l'anglais ou de l'informatique avant l'entrée en 6e, je rigole... C'est tellement bête, mais c'est pondu par des crânes d'oeuf et donc on doit accepter ces inepties comme une parole d'évangile.

mercredi, 09 janvier 2008

Vers un manuel de rhétorique sarkozyenne

Tiens, cela devient à la mode le démontage des figures de style sarkozyennes en forme de catalogue, dans la suite des analyses de Jean Véronis (je ne cite qu'un des derniers billets, mais il y en avait d'autres lors de la campagne). On le voit aujourd'hui ici et . Votre bon comte s'y était essayé autrefois par-ci, par-là. Il avait été suivi par Judith Bernard dont le texte au titre aussi barthien ne peut malheureusement plus être lu que par le cache de Google (il vaut la peine d'être archivé). Il faut dire que le bonhomme maltraite tellement sa langue et use de ficelles si grossières que c'est assez aisé à décrypter.

mardi, 08 janvier 2008

La radio sous-titrée

Au nombre des innombrables idioties prononcées par notre grand monarque électif, il faut compter celle-ci :

"Je pense qu'une chaîne publique, France Monde, qui garderait l'identité de chacun des participants, ne peut que parler français", a dit le président. "Avec l'argent du contribuable je ne suis pas disposé à diffuser une chaîne qui ne parle pas français", a-t-il déclaré.

Oui, c'est très beau, mais quand on lit la suite cela devient édifiant :

Nicolas Sarkozy a expliqué qu'"on peut parfaitement avoir un sous-titrage par région : espagnol, arabe, anglais, pour porter une vision française".

Pour rappel, Radio France International est une radio ! Comment fait-on pour sous-titrer une radio ? On fait une superposition des voix comme c'est souvent pratiqué comme en Allemagne ou bien on demande aux Africains, Asiatiques, Sud-Américains d'acheter un ordinateur et de s'abonner à l'ADSL afin de lire des sous-titres dans leur langue ? En outre, cela pose une question sur la présence de langues pas si rares en Afrique ou en Asie que RFI avec la BBC et Radio-Pékin était la seule à relayer. Et le swahili, c'est du poulet ?

J'ai signé

... contre une future loi scélérate qui instaurerait des peines pour des crimes virtuels. Les arguments de Robert Badinter m'ont surtout convaincu.

lundi, 07 janvier 2008

Mûr pour la noix d'honneur ou le mur du çon

Je voulais voir les Antilles, de vive voix.

Bernard Laporte, casinotier, agent publicitaire et ministre. 

Orthodoxie

Je tombe à terre en lisant cette phrase dans un éditorial d'un célèbre journal de référence :

Deuxième erreur : tiraillés entre ses conseillers keynésiens et d'autres plus orthodoxes, M. Sarkozy a toujours refusé de choisir...

Ce n'est pas l'erreur de grammaire qui me fait bondir, mais le fait de définir des penseurs libéraux, voire ultra-libéraux comme orthodoxes et donc gardiens du dogme sacré en matière d'économie. Comme si toute idée un peu sociale même de manière peu folichonne (parce que le keyneysianisme et le colbertisme de Guaino ne vont pas loin) était devenue hérétique par nature. Dire qu'une idéologie, en l'occurrence l'idéologie libérale, est orthodoxe, c'est biaiser les termes du débat et falsifier la conclusion du lecteur. Il n'y a pas d'égalité entre les deux tendances. C'est par ce genre de petits coups de canif dans la réalité des mots que cette idéologie, ce dogme, cette doxa se présente comme le seul remède inévitable, miraculeux et merveilleux ! En se nommant comme orthodoxie et en évitant de se présenter pour ce qu'elle est réellement. Accepter l'idée du mot orthodoxie, c'est commencer à croire que les autres avis sont totalement faux et sans aucune valeur. Ce genre de tripatouillage sémantique est habituel des penseurs libéraux... Et on l'accepte, cela paraît normal...  

samedi, 22 décembre 2007

Jésuitisme

Il faut toujours se méfier des jésuites ou de leurs élèves... Le Monde publie un entretien avec Paul Valadier et entre deux phrases sur le rôle nécessaire (selon lui) du sentiment religieux dans la construction culturelle d'un pays, il glisse des piques. Par exemple, dans cette phrase :

Respecter la mémoire, c'est respecter la pluralité de ses traditions culturelles : l'Europe, c'est aussi bien Jérusalem ou Athènes que Rome.

Il s'agit de métonymies pour désigner le lieu de naissance d'une pensée, mais Jérusalem ce n'est pas en Europe s'exclamera-t-on ! Oui, mais c'est un des lieux où la conscience européenne a pu naître, par exemple à travers les croisades qui ont levé des armées européennes. Lorsqu'un magnifique président déclare que la Turquie n'est pas européenne mais en Asie du fait de la géographie, alors que toute son histoire depuis les cités grecques et l'empire romain, tradition maintenue durant l'empire ottoman, plaide pour le contraire, on se dit que si Jérusalem est en Europe ou une partie de l'idée européenne, Constantinople doit l'être aussi par conséquent, même si elle est devenue majoritairement musulmane depuis.

On me dira que Valadier ne parle que par images, et qu'il convient de ne pas sur-interprêter un propos usant d'expressions figurées. Mais voyons que vient faire le divorce plus facile dans cette énumération médicale ?

Ce sont soit les tenants d'une idéologie libertaire permissive, qui approuvent toute forme de soi-disant "progrès" - procréation médicalement assistée, divorce toujours plus facile, clonage, utérus artificiel.

Comme un cheveu dans la soupe ou comme un coup de pied en douce à celui qui prône le divorce devant un notaire et non plus un juge. Nous voyons dans ce texte, par petites touches, une critique catholique du tout nouveau chanoine honoraire qui est ainsi qualifié indirectement de libertaire alors qu'il venait tout juste d'exalter le rôle de la Sainte Eglise apostolique, catholique et romaine dans un texte délirant (un de plus) d'Henri Guaino ! Il me semble que l'OPA sur les cathos par le nouveau pouvoir ne fonctionne pas très bien, mis à part chez les adeptes de la ministre du Logement, et les contradictions d'intérêt apparaîtront plus vite qu'on ne pense.

jeudi, 20 décembre 2007

Ce n'est pas rien !

Il n'a pas pu éviter sa formule emphatique et hyperbolique favorite, avec c'est quand même quelque chose (n'est-ce pas mâme Michu ou Chabot ?)

Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n’est pas rien.

Ben oui... On finira par le savoir que le Génie des Carpathes sait ce qui a de la valeur... Autant qu'une Rollex ou un costume Dior.

Mais notons que l'on ne sait trop précisément ce qui a de la valeur selon ses dires.

La tradition ? Oui, si l'on veut... Sauf qu'elle est peu respectée et qu'elle va contre la tradition de la laïcité républicaine française. Les autres présidents (et même les rois ou empereurs) ont accepté la charge de manière formelle, mais ne se sont jamais vraiment investis dans une cérémonie officielle comme celle-ci dans la basilique de Latran. La rupture est là.

La France subordonnée à l'Eglise romaine ? C'est possible ! On enterre totalement non seulement les autres églises chrétiennes de France ou non chrétiennes, mais aussi et encore plus le gallicanisme. Vive le parti ultramontaniste ! Je connais des catholiques sincères qui vont avoir des aigreurs d'estomac...

C’est la cathédrale du Pape, c’est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c’est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l’Eglise catholique par ce titre symbolique, c’est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme. 

La république, connais pas... C'est juste un mot pour les discours de Guaino.

La France, mais c'est moi ! 

Le président ? Euh... Oui, il n'est pas rien, ça n'est pas rien un président de la République française qui en plus est chanoine honoraire de Latran. Il y a vraiment de quoi se vanter comme on le fait dans chaque discours... Il n'est vraiment pas rien. Mais plus il le répète, plus on se dit que l'inverse pourrait être la réalité qu'il veut nier à tout prix.

On se dit qu'il n'a jamais lu l'Ecclésiaste. 

 

 

lundi, 10 décembre 2007

Du discours présidentiel

Jean-Claude nous écrit : 

Quand je demande de multiples manières un discours du président de la République, est-il normal que l'on me sorte un texte de Jacques Chirac ? J'ai eu beaucoup d'admiration pour l'oeuvre fantastique, le sens de la gratuité et surtout l'absence totale de profit personnel de Jacques Chirac, mais je trouve inadmissible que Google me ramène cet homme du passé parmi les deux premiers résultats et que je ne trouve ensuite le président Sarkozy que dans des articles le diffamant de manière horrible ! Comment faire, mon cher comte, pour optimiser le président Sarkozy et ses si beaux discours comme celui de Dakar ?

Mon cher Jean-Claude, Google est très bête, mais il possède aussi une capacité d'oubli, on peut donc espérer que dans un mois ou un semestre, ces malheureux textes chiraquiens seront vite oubliés si on ne les remet pas à jour. Le mieux serait qu'ils ne soient plus mis en archives, il semble que les ouaibemestres du site de l'Elysée se soient un peu plantés et aient permis un meilleur affichage sur Google des textes anciens de Jacques Chirac que de ceux de Henri Guaino Nicolas Sarkozy. La meilleure solution serait de déposer une plainte judiciaire contre le site de l'Elysée ou contre Google qui continuent à mettre plus en évidence une personne n'ayant jamais existé et qui sera de toute façon en prison. Vous pourriez aussi demander de licencier la bande de nullité qui gère le site de l'Elysée et qui a fait remplacer le site du président par celui du candidat sans songer aux conséquences sur le référencement. Au royaume de l'absurde, tout est possible, comme on dit à l'UMP. Je vous en prie, déposez plainte ! Je suis persuadé qu'un juge d'instruction non gauchiste vous suivra si vous lui exposez clairement vos griefs.    

vendredi, 30 novembre 2007

Une curieuse conception

Il existe un principe fort simple pour reconnaître un cliché, c'est la colocation ou l'association systématique de deux mots, comme grand professeur (de préférence en médecine ou en droit et à Paris) et petit prof (de préférence en ZEP, en milieu rural ou dans l'enseignement professionnel). On a ce phénomène dans l'allocution présidentielle (allocution et non interviouve, les journalistes étant des plantes décoratives).

Il a exclu toute "privatisation" des universités, estimant que les grèves d'étudiants et de lycéens contre la loi Pécresse relevaient d'une "curieuse conception". "Nous voulons les meilleures universités pour la France", a-t-il fait valoir.

Le président überpuissant n'en est pas à son premier coup. Ainsi sur la Corse :

Mais c’est une curieuse conception du service public qui empêche une compagnie de proposer, sans subventions, une offre de vols à prix réduits.

Et si on remontait dans le temps, on en trouverait bien d'autres sur des sujets différents, car je crois l'avoir entendu fréquemment la prononcer. Certes, il n'est pas le seul à se servir de cette formule toute faite. On la trouve aussi dans la bouche de responsables de gauche, syndicalistes ou politiques. C'est un euphémisme, mais il n'est pas habituel à droite. Le formule a une particularité : elle appartient plus au registre des forces protestataires qu'à celui de l'Etat qui affirme son autorité. Il y a plusieurs aspects dans la formule :

- On feint l'étonnement, plus ou moins indigné, alors que l'on est dans le rapport de force et dans l'affrontement de visions différentes de la même situation. Cela revient à peu près à dire que l'autre n'a strictement rien compris ou qu'il cherche à nous rouler. 

- On retourne le problème : ceux qui sont contre le projet luttent en fait contre leurs intérêts et ce qu'ils prétendent défendre. Il faut que ça cesse immédiatement et que la vérité apparaisse, mais on ne dit pas ces mots.

- On se pose comme garant du bon sens populaire ; l'autre est forcément fou, idéologue, extrémiste ou bien imbécile. La curieuse conception ne peut s'opposer qu'à une conception commune, acceptée par tous ceux qui peuvent entendre et présupposée dans le discours. En fait, le discours prouve sa propre vérité par son assertion donnée sur le mode prétendument scandalisé (voir ce que je disais, comme Jean Véronis, sur le parallèle entre Georges Marchais et Sarkozy).

C'était ma première contribution à la journée sans Sarkozy où je parlerai de Sarkozy, justement... 

mercredi, 21 novembre 2007

Du stalinisme en voie de décongélation

Il faut savoir arrêter une grève.

Ce soir, dans le grand journal de la France-Inter de 18 heures, cette phrase a été attribuée à notre überprésident tout seul, sans aucune référence d'origine et en précisant "comme l'a dit Nicolas Sarkozy". C'est bô ! J'applaudis des deux mains ! Maurice Thorez à la trappe ! On est dans la récriture des phrases comme dans celle des photos officielles, ainsi que cela se faisait à la plus belle époque du Petit Père des Peuples (remplacé aujourd'hui par le Petit Père des People). Chaque citation sera demain l'oeuvre unique du Petit Monier.

lundi, 12 novembre 2007

De la maîtrise du français

"On ne rentrera plus en France pour un visa de long séjour si on ne maîtrise pas le français", s'est-il réjoui.

Qui maîtrisait vraiment le français parmi les immigrés précédents ? Qui est apte à dire ce que signifie une vraie maîtrise du français ? Et qu'est-ce que cela veut dire maîtriser le français ? Parce que moi je ne sais toujours pas très bien ce que c'est que le français, malgré mes années d'étude et d'enseignement, même si j'ai un peu mon idée sur ceux qui le maltraîtent comme notre immense président. Cette volonté de vouloir juger du niveau de français des autres à partir du fait que l'on parlerait soi aussi le français de manière naturelle et innée, sans avoir un peu réfléchi et étudié, est une perversion de l'esprit. Parce que cela exclurait des tas de gens qui parlent bien le français, mais avec leur accent africain incompréhensible à celui qui croit parler le seul bon français légitime et prétendu sans accent. Ou comment être raciste sans le dire explicitement.     

vendredi, 09 novembre 2007

La voix de la France

Après nous être fâchés avec nos alliés allemands par des propos déplacés et inconsidérés sur le rôle de l'Etat français, avec nos amis africains à la suite d'un discours profondément racialiste, voici le grand moment pour la Sarkozie de se fâcher un peu plus avec la francophonie, à savoir les Belges, les Suisses et les Québécois :

Nicolas Sarkozy l'avait évoqué dès la campagne présidentielle, prônant le 4 avril dernier une "rationalisation" de l'audiovisuel public extérieur. "Il faudra mettre un peu d'ordre là-dessus", avait-il lancé, raillant au passage les "reportages passionnants" sur "un canton belge" ou "l'actualité romane" de TV5. Des propos qui n'avaient pas été appréciés dans les pays concernés.

Le souci francophone est bien le dernier de ce régime à la remorque des clichés étatsuniens.


mercredi, 07 novembre 2007

L'anchois, un moyen de transport facile et pratique

Une phrase destinée à l'immortalité puisque due à notre inestimable président (et je précise qu'il n'y a aucune ironie dans le propos présidentiel destiné à décréter que la ressource halieutique ne manque pas même si tous les experts sont d'un avis contraire) :

« On pourrait traverser la Manche en marchant sur des anchois. »

Je n'ai qu'un conseil : le Pepsi, cela fait du mal au cerveau... 

J'ai eu une révélation ! Jésus marchait sur des anchois et notre Zorro fera de même... 

jeudi, 25 octobre 2007

Walk on the Wild Side of the Street

Ce qu'il y a de formidable avec Claude Allègre, c'est qu'il peut vendre exactement la même information complètement archaïque à deux mois de distance, un peu comme les spécialistes du genre Jean-François Copé ou Renaud Dutreil ou notre immense président qui remet sans arrêt les mêmes lois à l'ordre du jour de l'assemblée sans chercher à les faire appliquer par la publication de décrets.

J'apprends donc par les dépêches que Claude Allègre ne reprendra pas sa carte du parti socialiste.

Non ! Cela me laisse complètement à la renverse...

Incroyable... 

Cela fait la une un peu partout ! 

Il ne l'avait pas dit à la fin du mois d'août en pleine période de promotion de son livre. 

On ne le devinait pas quand il s'avançait caché sous ses lunettes de soleil mafiosi dans une ruelle obscure menant au QG de l'UMP où (borborygmes dans la syntaxe allégrienne plus que balbutiante) il aurait eu rendez-vous avec Fillon, comme si c'était une excuse pour ne plus être de gauche tout en s'affirmant encore de gauche.

Il faut qu'il le redise encore, parce que peut-être que son livre se vend un peu plus mal que prévu...

Et il l'annoncera encore à la Saint-Nicolas, à Noël, au Nouvel An, aux Rois et à la Chandeleur ! On n'en a pas fini avec la non adhésion future de Claude Allègre au parti socialiste.

Vous avez aimé les adieux de Maurice Chevalier ? Vous adorerez ceux de Claude Allègre !

Paroles du titre.

 

mercredi, 24 octobre 2007

Du révisionnisme

L'incommensurable président a déclaré au sujet des Etats-Unis :

"Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi je devrais être un ennemi des Américains. Quelle drôle d'idée! Voici, un pays, l'un des seuls à travers le monde, avec la Pologne, avec qui nous n'avons jamais été en guerre. Ce n'est quand même pas une raison pour se détester".

C'est faux. La France a été en guerre contre les Etats-Unis lorsque le régime de Vichy existait, mais on dirait que Vichy n'a jamais existé pour lui et que la question serait indécente.

samedi, 20 octobre 2007

Camarades contre compagnons

Dans Libération, l'histrion Henri Guaino avoue enfin que l'esprit qui inspire la lecture obligatoire de la lettre de Guy Môquet n'obéit à aucune vérité historique :

Pourquoi avoir remplacé «camarade» par «compagnon» dans l’intitulé de l’hommage officiel ?

Je n’ai découvert cet intitulé qu’après coup. Quelqu’un a dû penser que «camarade», ça faisait ringard. C’est aussi bête que de gommer les cigarettes sur les vieilles photos. Mais est-ce si grave ? A force de se scandaliser de tout, on finit par ne plus savoir ce qui est important.

Ouais... A d'autres ! Camarade est le nom que se donnent les militants socialistes, communistes ou anarchistes. Guy Môquet a été fusillé parce qu'il était communiste, tout comme les 26 autres fusillés qui avaient été arrêtés par la police de Vichy, désignés et livrés aux Allemands par le régime de Vichy. Compagnon a été le nom que se sont donnés les gaullistes pendant la guerre et après. Que l'on ne nous dise pas alors qu'il n'y a strictement aucune récupération politique, chacun des mots étant connoté fortement dans le contexte de l'époque. Au contraire, le choix du mot compagnon est important pour comprendre cette opération de manipulation collective des consciences.