mercredi, 18 février 2009
Confit de cerise
Il m'arrive de cliquer sur les publicités que monsieur Hautetfort affiche parfois au dessus de mon magnifique blogue. Je sais que ce n'est pas bien et que je devrais me défier de cette propagande capitaliste, mais c'est quand même plus rigolo qu'un slogan des derniers militants de Lutte ouvrière. Je tombe donc sur ça :
Sachant qu’ils devraient attendre sept ans avant les premières récoltes, ils [la famille Kozlowski qui est en fait une marque et une société, la Kozloswski Farms au pluriel, en Californie] ont eu l’idée originale de planter des baies entre les arbres (framboises, mûres, myrtilles et cerises).
Diable... Je ne pensais pas que des cerises pouvaient pousser entre les arbres et que les cerisiers étaient des arbustes ou des ronces à croissance rapide, parce que les cerises sont des petits fruits. Là, ce n'est plus une erreur du traducteur automatique : il y a un humain derrière qui n'a rien compris au produit qu'il est censé vendre.
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dimanche, 01 février 2009
Une plante méditerranéenne
Hubert le jardinier m'étonne encore et toujours :
A la maison. Profitez d’une journée douce pour sortir quelques vos plantes méditerranéennes (laurier rose, olivier mimosa ; bougainvillier….).
Passons sur la syntaxe absurde, due à un mauvais emploi d'un traitement de texte, mais penchons-nous la bougainvillée. Comment cet arbuste originaire du Brésil et dont le nom est fort significatif peut-il se retrouver comme plante méditerranéenne alors que son implantation en France est récente ? Cela voudrait-il dire que méditerranéenne est synonyme de plante nécessitant chaleur et lumière ? Ou alors que les tropiques se sont déplacés aux alentours de Marseille ?
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vendredi, 15 août 2008
Oh ! mon beau clocher...
Comment recycler une dépêche de l'AFP quand on officie dans la PQR ? En localisant ! Et surtout en dramatisant. Démonstration.
Le titre :
Paris / Une Rémoise sous le choc Des slogans antisémites sur des tee-shirts
Cela fait peur, non ? Il y a des dizaines d'affaires d'antisémitisme (agressions physiques ou verbales) chaque année, mais celle-là permet de se sentir plus proche puisqu'une personne en cause est de la région. Dès qu'il se produit une catastrophe à l'autre bout du monde, il faut trouver quelqu'un de la région parmi les victimes ou mieux parmi les survivants (le survivant d'un tsunami ou d'un tremblement de terre peut encore vendre son histoire, ce qui n'est pas le cas de la victime). Mais cela change aussitôt après la titraille :
C'est une jeune femme originaire de Reims qui a découvert des tee-shirts portant des inscriptions antisémites à Paris.
On apprend ensuite que ce n'est pas elle qui a découvert ces fameux tee-shirts puisqu'une amie lui en avait parlé auparavant et qu'elle a eu besoin de se faire traduire les inscriptions en allemand et en polonais. Mais elle est d'origine rémoise, cela seul compte pour la rédactrice ! Même si la personne en question n'habite plus Reims.
Comment rendre ce fait-divers plus poignant ? En ajoutant un épisode adventice à la toute fin de l'article :
Particulièrement choquée par cette découverte, la jeune femme est tombée en sortant du magasin de Belleville. Blessée, elle doit se faire opérer des ligaments du genou droit la semaine prochaine.
Cela rend la scène plus cinématographique et vivante, on comprend alors mieux le mot de "choc". Il est alors possible de s'identifier à elle puisqu'elle a souffert physiquement de cette vision, le rapport de cause à effet est explicite et ne peut qu'interpeller le lecteur ordinaire (on serait un monstre si l'on émettait le moindre doute sur la relation des faits par la journaliste).
Et voilà comment on peut faire pleurer Margot dans les chaumières.
12:19 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
jeudi, 14 août 2008
C'est pas seulement à Paris que le crime fleurit
Comment interpréter un tel propos ?
"Il s'agit d'un crime passionnel. La victime était mariée", a souligné le parquet.
1) Les crimes passionnels ne peuvent absolument pas concerner des couples non mariés.
2) Dès lors que l'on se marie, on peut être victime d'un crime passionnel.
3) Si la victime n'avait pas été mariée, on pourrait parler de crime, mais pas de crime passionnel.
Etc.
J'aime bien cette logique.
22:27 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
vendredi, 06 juin 2008
Fleurs d'hiver
Ici, c'est bientôt l'hiver, de nombreuses plantes sont en fleur et d'autres s'y préparent.
Se préparent à quoi ? A être en fleur ? à l'hiver ? Je n'ai pas du tout compris la syntaxe de cette phrase (je ne comprends d'ailleurs pas la moitié des articles d'Alain Lompech, tellement son style me semble... bizarroïde !) Je comprends qu'on l'ait relégué à la rubrique Jardin du célèbre quotidien vespéral, tant il a de peine à s'exprimer.
18:08 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jardin, langue française
dimanche, 01 juin 2008
En tenue d'Eve
La palme de la dépêche d'agence la plus ridicule de l'année est attribuée à : Des voleurs en tenue d'Eve
Où l'on apprend en vrac qu'Eve était un homme d'une vingtaine d'années, portait un pantalon, un tee-shirt et un string sur le visage en guise de masque.
13:06 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
dimanche, 25 mai 2008
Du micro-trottoir
J'ai écrit chez Eric de Crise dans les médias le mal que je pense de cet exercice journalistique particulièrement imbécile : le micro-trottoir. L'Oignon y a fréquemment recours, parce que c'est le journalisme low-cost et que cela fait croire au lecteur que lui aussi peut s'exprimer dans la feuille de chou locale. Le micro-trottoir n'est pas seulement une imposture journalistique, mais aussi sociale, politique qui joue sur la mode des émissions télévisées de confessions publiques ou de pseudo-débats. C'est un des signes de la société du spectacle dans laquelle nous vivons.
Prenons dans l'Oignon une de ces opinions. Julie, 21 ans, Reims. (Le texte des dossiers de l'Oignon n'est pas disponible en ligne.)
Déjà l'intitulé nous renseigne sur la fabrication de ce type d'article. Il s'agit de trouver quatre personnes appartenant chacune à une commune différente de l'aire de publication afin de faire croire que l'on reste proche des vraies gens, il faut au moins une personne par département.
La question en rapport avec le dossier est : "Consommez-vous ce type de boisson ?" (sous-entendu énergisante). On trouve bien sûr un non, deux oui clairs et puis Julie qui semble ne rien avoir compris du tout. Il faut juste avoir un petit mélange qui permet de ménager la chèvre et le chou. Dans tout bon micro-trottoir, il faut obligatoirement un opposant afin que cela ne semble pas orienté.
J'ai déjà consommé une boisson énergisante gazeuse nommée Red Bull, qui est paraît-il interdite en France.
Bon... Elle a déjà tout faux, le Red Bull n'est plus interdit en France, mais ce n'est pas la lecture de l'Oignon qui va l'aider parce que ce journal affirme sans rire qu'il vient d'être autorisé par le ministère de la Santé, alors que c'est par le ministère de l'Economie et que Roselyne n'est pas contente.
J'avais découvert ce produit sur internet et j'en avais entendu parler par des copains. Je n'ai pas aimé le goût, c'était trop sucré, ni constaté d'effet spécial. On m'a parlé aussi d'une boisson à base de taurine, je ne sais pas ce que c'est, mais il paraît que c'est nocif pour la santé.
La boisson qui contient de la taurine, c'est le Red Bull, justement !
Quel est le travail journalistique dans un tel type d'exercice ? Proche du néant. Trouver la personne susceptible de répondre (ici des jeunes puisque les consommateurs de boissons énergisantes sont d'abord jeunes). Poser la question et retranscrire fidèlement une opinion idiote et injustifiée sans aucune précision ou sans rectification, même au cours du pseudo-entretien. En fait, la personne (de la rue réelle, de la vraie vie, de tous les jours) interrogée n'est pas à mettre en cause, elle ne sait pas et ce n'est pas son métier de savoir tout sur tout. Mais le journaliste qui l'interroge, lui, a une responsabilité qu'il n'exerce pas. Un tel document aurait dû être passé à la trappe ou bien recadré. Mais non... Il n'y a pas de censure, on publie les avis tels quels. Il n'y a pas d'ntermédiaire entre vous lecteur et cette personne ordinaire qui ressemble à vous, lecteur. Vous aussi, vous pouvez exprimer votre avis dans nos colonnes, sans aucune réécriture, voilà ce que suggère le micro-trottoir. Autant dire que c'est une douce illusion.
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mercredi, 21 mai 2008
L'eau solaire
Dans l'Oignon d'aujourd'hui (article indisponible en ligne, bien entendu), ces propos rapportés : "Réduire au maximum les charges pour les locataires, explique Alain N. Par exemple, dans les maisons individuelles, l'eau chaude sanitaire sera solaire."
Il faudra que je révise mes notions de physique.
11:40 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
Darines
- Au total, une dizaine de sphères lumineuses défilent sous leurs yeux dans un balai silencieux. Vendée matin, 10 mai.
- Ça ne sert à rien de monter sur son trône et avec son spectre à la main et du haut de son estrade de vouloir diriger et moraliser le monde. L'Yonne républicaine, 15 mai.
- Une langue franche, simple et belle, servie par des dialogues en levée. Le Journal de Saône-et-Loire, 3 mai.
- Les voyageurs sont aiguillonnés à leur descente des cars de transition. Sud-Ouest, 9 mai.
- Les passionnés aux mains vertes n'ont pas eu à redouter les 11, 12 et 13 mai, jours consacrés jadis à Mammaire, Pancrace et Servais : les trois saints de glace. Le Républicain lorrain, 14 mai.
09:08 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
dimanche, 24 février 2008
La narcisse
Hubert EL Jardinier est sans doute plus habile pour manier la binette et le rateau que le dictionnaire ou la grammaire.
Les narcisses fleurissent après l’hiver lorsqu’elles ont subi une période froide. Si on laisse les bulbes au même endroit sans couper les feuilles après la floraison, elles continueront à fleurir les premières années.
Je veux bien que le narcisse soit extrêmement ambigu comme toutes les fleurs à bulbe si sexuelles. C'est une fleur, certes, et on comprend l'attraction par le féminin du nom générique. Mais euh... le narcisse ( du grec narkos, sommeil) est aussi lié au mythe du jeune éphèbe Narcisse, l'homme qui fuyait la femme et qui contemplait son reflet,lequel est un thème homosexuel par excellence, au même titre que saint Sébastien ou Adonis.
Pas de photos de Deborah Kerr, hélas !

11:25 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jardin, jardinage, plantes, langue française, humour
dimanche, 10 février 2008
Olivier
Les bons conseils d'Hubert DER jardinier :
Dans les régions froides, un olivier se cultive en bac et dès qu’il gèle, on le rentre dans une pièce éclairée et non chauffée. Il peut passer l’hiver sur un balcon bien abrité.
Et si la solution était de ne pas cultiver son olivier hors-sol et de ne pas transplanter des oliviers hors de leur territoire d'origine ? Parce qu'au bout de quelques années, un olivier cela fait un arbre d'une taille un peu remarquable, même s'il n'atteindra pas la dimension d'un platane ou d'un chêne. Mais un olivier, ce n'est pas un asparagus ou un ficus ! C'est un arbre de campagne et non de compagnie. Il meurt peu à peu s'il est changé de sol trop brutalement, c'est un arbre des plus fragiles. Il existe une bêtise récente avec les NAC (nouveaux arbres de compagnie) sur le modèle des nouveaux animaux de compagnie : à quand des châtaigniers, pommiers, pruniers, noisetiers d'appartement ? Un olivier dans un bac ! sur un rebord de fenêtre ! Ô mânes de Giono, de Char et de Pagnol, venez à mon secours !
12:05 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin, jardinage
dimanche, 27 janvier 2008
Radical
Hubert THE jardinier le 13 janvier :
Vendredi : les racines
Semez à la chaleur des radis.
Le 20 janvier :
Vendredi : les légumes
Semez à la chaleur des radis.
Le 27 janvier :
Vendredi : les fruits
Semez à la chaleur des radis.
12:47 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin
Bougre de rhubarbe
J'aime cette précision géographique de notre ami LE jardinier :
Nos rhubarbes (rheum rhaponticum) sont originaires de Mongolie ou de Bulgarie.
Bigre !
La rhubarbe était connue en Chine dans l'Antiquité et elle vient du nord de l'Asie. Que vient faire la Bulgarie dans cette histoire ? Tout simplement, le nom du peuple des Bulgares est celui d'une peuplade qui était apparentée aux Turco-Mongols. Seulement, en Bulgarie, on parle majoritairement une langue slave, sans rapport avec ce qui pouvait être le proto-bulgare, et puis les Bulgares vivent en Europe. En outre, le territoire des Bulgares a été fort mouvant et divers. La Bulgarie porte le nom d'un peuple nomade qui s'y est établi, mais qui n'a pas laissé beaucoup de traces, tout comme la France porte un nom germanique comme la Franconie allemande alors que le français est une langue latine. Vous suivez le raisonnement ? Nord de l'Asie, donc Mongolie, donc peuples plus ou moins turco-mongols ou apparentés, donc Vieux Bulgares, donc Bulgarie, donc Europe balkanique.
12:10 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, jardin
jeudi, 04 octobre 2007
De la grammaire des jardins
Quand je lis les chroniques horticoles d'Alain Lompech, je me pose des questions. Pas sur la bonne tenue d'un jardin, mais sur celle de la phrase. Je me demande alors souvent qui est le sujet. Bien sûr les plantes, et elles sont fréquemment le sujet grammatical de la phrase :
Les hibiscus mauves perdent déjà leurs feuilles...
Elles [les feuilles de la glycine] protégeront du froid les Begonia evansiana qui poussent au pied de la glycine.
Ces bulbilles repoussent au printemps et la plante se multiplie ainsi à l'envi, tandis que les vieux bulbes repartent de plus belle....
Il se taille facilement, résiste à la sécheresse et épanouit en fin de saison des grappes de fleurs bleues très serrées.
Etc. Ce style est charmant, car il humanise les arbres et les fleurs. Mais où est l'homme dans un tel exercice de style ? Eh bien dans l'impersonnel et dans l'indéfini. Dans l'impersonnel :
Il faudrait sortir le jet d'eau. Au prix qu'elle coûte, il faudrait être fou. Il va falloir attendre qu'elles tombent en plus grand nombre et les ramasser pour les étaler sur la plate-bande.
Ce sont donc ses voisins qu'il va falloir changer de place.
Dans l'indéfini :
Par précaution, on va en récolter quelques bulbilles...
Jusqu'au jour où l'on prend conscience qu'il est devenu imposant et difficile à déplacer...
Et les deux mélangés :
Il vaut donc mieux le désigner par son vrai nom pour être certain de ne pas se tromper si l'on veut le planter...
Dans ces chroniques jardinières, on a affaire à un déplacement fort étrange : c'est ce qui est non humain (la plante) qui devient seul vivant et animé, tandis que l'action humaine est reléguée au rang de pratique habituelle, de réflexe, de geste sans référence à une quelconque personne ou à une réflexion. Bien sûr, dans tous les modes d'emploi, le rédacteur préfère la généralité de manière à comprendre chacun, soit par l'impératif, soit par l'infinitif ou le futur : c'est le mode des recettes de cuisine ou des guides de montage de meubles. Mais bien que l'acteur humain semble être pris un peu en compte, la forte présence des pronoms de troisième personne dans les conseils jardiniers tendra à donner plus de vie à la plante elle-même qu'à la possible main verte par une sorte d'effet de retour, puisque cet exercice de style est issu d'une longue tradition descriptive qui humanise la nature par les verbes d'action. Ainsi l'homme devient passif et flou, tandis que la plante est active et forme bien le sujet du texte ou des phrases. C'est un étrange paradoxe...
17:45 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, jardin, horticulture, journalisme, média, médias, presse
jeudi, 07 septembre 2006
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie
Cette note pourrait me valoir deux ans de prison et 75 000 euros d'amende. Est-ce que je fais l'apologie des crimes de guerre ou contre l'humanité, je rédige un manuel du parfait petit terroriste ou du vrai bon faux-monnayeur, j'incite à la haine raciale, la discrimination religieuse ou sexuelle ? Rien de tout ça.
13:34 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : écologie, écolo, jardin, jardinage, alain baraton


