samedi, 08 mai 2010
Ma discussion de blogueur avec Ivan Rioufol
Je me devais de terminer cette saison d'entretiens de blogueur en beauté et j'aurais bien voulu voir notre magnifique président. Après avoir rencontré tant de sommités de la pensée politique et philosophique — BHL, Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Éric Zemmour, Philippe Val, Christophe Barbier, Frédéric Lefebvre, Henri Guaino, Nadine Morano, entre autres —, il me fallait terminer en beauté. Mais qui alors consulter ? Je me suis dit que le mieux était de voir Ivan Rioufol qui exprime le mieux les valeurs de tolérance, de justice, de générosité, de bonté, de charité, de magnanimité, d'altruisme, de pondération, de sens de la mesure, le tout dans un univers de brutes dégénérées incapables de comprendre les droits de l'homme blanc.
LPCI : Monsieur Rioufol, je suis heureux de m'entretenir entre blogueurs...
IR : Je vous arrête tout de suite ! Vous avez osé condamner l'emploi de l'expression « politiquement correct » et déclaré que ceux qui l'utilisent sont des tartufes ! Vous m'avez insulté ! Je ne suis pas un conformiste asservi à son chef d'entreprise ! Je m'insurge en permanence contre des forces obscures qui me dépassent.
LPCI : Euh oui... Mais je ne vous ai pas traité de... et de... ou de...
IR : Plus un mot ! Votre ironie est d'origine totalitaire, elle est dangereuse pour notre civilisation, et vous exercez un pouvoir dictatorial sur ceux qui vous entendent ou vous lisent. Vous êtes enseignant ? Je n'ose imaginer quelle vulgate marxiste-léniniste, droit-de-l'hommiste, franc-maçonne et anti-occidentale vous délivrez à vos élèves qui doivent vous écouter sans pouvoir contester votre opinion suprême.
LPCI : J'ai pensé qu'il serait bon pour détendre l'atmosphère de manger une choucroute et c'est pourquoi j'ai apporté...
IR : Quoi donc ? Le plat de l'ennemi toujours honni qui ne veut pas sauver la Grèce, berceau de notre civilisation judéo-chrétienne ? Et cela en plus le jour saint de la capitulation ? Vous êtes décidément un mauvais patriote et moi je suis entré en résistance comme en 1940 d'autres Français courageux l'ont fait.
LPCI : Mais enfin... la choucroute est aussi française, puisque tous les Alsaciens-Mosellans n'ont pas trahi leur pays comme l'a dit notre vénéré président.
IR : Vous ne me ferez jamais croire qu'il a déclaré qu'il n'y avait aucun nazi convaincu parmi eux ! Ce n'est pas possible qu'il se livre à un tel acte de reconnaissance pour les « malgré-nous » après tout ce qu'il a dit contre les cérémonies commoratives et les formes de repentance.
LPCI : Acceptez un peu de cette choucroute. Vous savez, en Alsace-Moselle, les Français sont un peu des émigrés.
IR : Ah non ! Ce sont les alliés ingénus de l'obscurantisme qui s'expriment ainsi. Nous avons apporté les Lumières, la civilisation, le progrès, l'éducation dans un pays qui ne connaissait même pas l'imprimerie. Vous êtes décidément un adepte de la pensée unique, celle qui consiste à tout niveler par le bas comme dans les pays stalino-hitléro-écolo-islamistes.
LPCI : Je comprends très mal le rapport entre l'écologie et l'islam.
IR : C'est pourtant très simple ! Les écologistes se nomment les Verts et la couleur la plus symbolique de l'islam est justement... le vert. Les écologistes demandent à consommer moins de viande et les musulmans seulement de la viande halal. C'est pareil ! Ils veulent nous imposer un fascisme vert. C'est évident ! On voit bien ainsi que les deux mouvements sont liés depuis longtemps. C'est un complot mondial pour nous faire renoncer à nos valeurs par une forme de terrorisme intellectuel. Tout est lié.
LPCI : Je voulais vous interroger sur l'immigration et la nécessité de régulariser des...
IR : Je vous arrête tout de suite ! Des criminels !
LPCI : Mais enfin quelqu'un qui fait veut que sa famille vive en sécurité et en paix n'est pas un criminel, ni même un délinquant.
IR : C'est ce que vous dites ! Ces gens excisent tous leurs filles, égorgent des moutons dans des baignoires chaque semaine, font du ramdam à des heures indues, trafiquent de la drogue, volent des voitures, font porter des burqas y compris à leurs animaux femelles et tout cela n'est pas dénoncé au nom des complaisances du camp du Bien.
LPCI : Mais enfin... est-il normal que tant d'Africains croquent le marmot devant les préfectures ?
IR : Je suis ravi de voir que vous vous ralliez à mon avis ! Et il serait bon que notre excellent gouvernement après avoir lutté contre l'excision, le mariage forcé, la polygamie, le voile intégral ose s'attaquer à ce tabou que le politiquement correct interdit jusqu'à présent de dénoncer : l'anthropophagie ! Je souhaite que le gouvernement dépose au plus vite une loi condamnant fermement le cannibalisme et que des mesures très sévères soient prises contre les auteurs de tels faits. C'est vraiment un problème d'urgence nationale : il ne faut plus que les Noirs croquent le marmot devant les préfectures. Ce n'est absolument pas tolérable au XXIe s. et dans notre civilisation occidentale éloignée du politiquement correct.
LPCI : Mais ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et...
IR : Vous n'y connaissez rien comme tous les adeptes des minorités visibles et vous êtes prêt à refuser de condamner qui est un tabou fondamental de nos valeurs judéo-chrétiennes — tabous que ces sociétés primitives ne connaissent pas du tout, comme le prouve l'ethnologie selon l'avis de mes amis Alexandre Adler et Alain Finkielkraut. Il nous faut bannir le cannibalisme de nos cités ! C'est une urgence nationale, parce que demain ces populations affamées ne mangeront plus seulement leurs enfants, mais aussi les nôtres et les droits-de-l'hommistes seront bien ravis d'être cuisinés entre deux piments et un peu de poivrons. Nous devons faire passer une loi en urgence afin d'adresser un signal fort contre les nouvelles formes de barbarie moderne ! Cela doit être une priorité gouvernementale et je demande que l'on établisse un fichier de tous les anthropophages potentiels. Je ne comprends pas pourquoi le parlement ne s'est jamais saisi de cette question d'une importance vitale, mais je sais bien à quoi nous ont conduits plus de deux cents ans de marxisme-lénisme nazifiant et droits-de-l'hommiste !
LPCI : Merci, monsieur Rioufol, mais nous ne partageons vraiment pas la même langue.
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jeudi, 17 décembre 2009
Nouvelles Lettres persanes III
De Rica à Usbek, à Antioche
Mon cher Usbek, tu ne peux imaginer combien les Français sont un peuple différent de tous les autres et avec une identité nationale propre. Dernièrement, j'ai écouté un mamamouchi de la wilaya de Provence, Thierry Mariani qui vise la direction du lieu. Il appartient à la secte majoritaire, mais il reprend les mots, les idées, les thèmes de la secte honnie, le Front national, qui est le grand ennemi. Il déclarait sans rire qu'il préférait deux ou trois dérapages verbaux à un Front national à vingt pour cent et que la présence de Marocains sur sa commune justifiait un débat sur l'identité nationale. J'ai demandé comment il pouvait être différent d'un membre de la secte du Front national et l'on s'est montré fort embarrassés parce qu'en réalité c'est la secte du Front national sans l'étiquette Front national ! Pourquoi serait-il plus présentable qu'un membre de la secte adverse de celle majoritaire ? C'est un grand mystère.
J'ai aussi écouté une personnalité éminente qui connaît fort bien les problèmes de banlieue. Le cadi, Eric Raoult, officie en Seine-Saint-Denis et il rencontre quotidiennement des difficultés dans son administration, puisque sa commune est une de celles qui comptent le moins de logements sociaux dans sa wilaya et qu'elle bénéficie d'un commissariat contrairement à ses voisines. Il déclare ainsi sans rire : "Au Raincy les casquettes, ce sont pas les mêmes religions qui portent ces casquettes, au Raincy certains portent des casquettes parce qu'ils ont peur de porter une kippa, c'est ça aussi l'identité". J'avoue ne rien avoir compris à sa bouillie mentale et à sa choucroute verbale. La casquette serait donc le signe d'une appartenance à une religion ? Je n'ai pas eu l'impression de l'avoir vu jusqu'à présent lors du pélerinage La Mecque ou au mur des lamentations. Ensuite, je m'interroge sur le fait que certaines religions auraient exclusivement des casquettes, mais que les casquettes seraient portées aussi par les autres religions par peur. Quel peut être le sens de tout cet anathème contre les casquettes après celui sur les burqas qui n'existent pas en France ? Doit-on interdire les casquettes Ricard lors des courses cyclistes ou automobiles, les casquettes Walt Disney dans les parcs d'attraction et les clubs Mickey au bord des plages ? Doit-on prohiber les films étatsuniens remplis d'individus à casquettes et sans doute islamistes ?
Ce qui m'étonne le plus, c'est l'idée que la maîtrise de la langue française serait un impératif pour devenir pleinement français. Lorsque j'écoute les grands imams de ce pays et surtout ceux de la secte majoritaire, je me demande comment ils peuvent exiger ce qu'ils ne possèdent pas eux-mêmes. Ils abrègent les syllabes, éliminent les négations complètes, confondent les mots, ne savent pas construire une phrase cohérente. C'est encore pire à l'écrit si l'on considère le muezzin Frédéric Lefebvre dans ses communiqués de la secte majoritaire ou alors le vizir Besson dans son grand débat sur l'identité nationale. Ils imitent en cela le Chah des Chahs qui s'exprime dans un français des plus rudimentaires afin de croire qu'il serait mieux compris par le bas peuple. Ce dernier le comprend trop bien, il reprend ses idées les plus modérées dans le grand débat sur l'identité nationale, le tout exprimé en termes fort clairs comme "Les bougnoules à la mer". Ils détruisent ainsi le français lui-même par une syntaxe et une phonétique approximatives et ils le placent comme étalon suprême ! Je me dis que si ces gens aimaient vraiment leur langue, ils la quitteraient afin d'arrêter de la martyriser !
De Paris, le 20 de la lune de Rebiab 2.
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mercredi, 16 décembre 2009
Nouvelles Lettres persanes
De Rica à Usbek, à Ispahan
Les Français sont un peuple étonnant qui possède des traditions pouvant dérouter les étrangers que nous sommes. Figure-toi, cher ami, que je suis arrivé dans la capitale au moment où se déroule un grand débat sur l'identité nationale. Il faut dire qu'ici tout est grand : grand emprunt, grand Paris, grands projets, grandes universités, grandes réformes, grands ministères, trains à grande vitesse, et lorsque le Chah des Chahs, leur divin souverain entend s'exprimer à travers les étranges lucarnes c'est lors de ce qu'ils nomment le Grand Journal qui est sans doute animé par un grand journaliste aux grandes compétences. Un Parisien m'a dit sous le sceau du secret qu'il n'y avait pas de personnalité plus qualifiée pour interroger le Chah des Chahs puisqu'elle faisait partie de ses intimes et qu'elle avait déjà écrit un recueil d'entretiens à but électoraliste avec le monarque. Les Français, disais-je, s'interrogent sur leur identité et celle-ci ne peut être que nationale. Cela ne peut que surprendre, puisqu'ils vivraient selon certains dires en république et en démocratie, mais l'on dirait que ces mots sonnent comme malséants aujourd'hui pour eux. Ils font à présent grand-cas - hélas ! oui, tout est grand dans ce grand pays - de sortes de signes qui voudraient dire que quelqu'un est vraiment Français ou que quelqu'un n'a pas vocation à le devenir. Je n'ai pas très bien compris le sens de cette expression "avoir vocation à", mais il semblerait qu'il existe pour ainsi dire une sorte de grâce efficace ou de prédestination afin d'être ou de n'être pas Français, de rester sur le sol français ou d'en être éloigné de manière fort policée. Certains étrangers peuvent le devenir ou y rester, d'autres non, et cela se produit de manière mystérieuse. Il suffit d'un seul signe pour ne pas "avoir vocation à" rester en France, on m'en a cité quelques-uns en m'interrogeant sur mes propres coutumes alors que je n'en possède guère et que je doute de toutes. Je te les livre en désordre : votre femme porte-t-elle la burqa ? êtes-vous polygame ? pratiquez-vous l'excision sur vos filles ? égorgez-vous vos moutons dans la baignoire ? refusez-vous de manger du porc ? écoutez-vous du rap (une étrange musique où les chanteurs ne chantent ni ne psalmodient, mais scandent des slogans) ? taguez-vous les murs de votre cité ?
Un Français qui voyait que même si j'étais Persan, je n'en demeurais pas moins un Persan susceptible de s'intégrer aux valeurs de la civilisation universelle et nationale qui rayonne de Paris m'a invité à assister à un des grands débats sur l'identité nationale. Il faut avouer qu'il appartient à la secte actuellement au pouvoir avec le Chah des Chahs, une secte étrange où l'on fait des mouvements de moulinets des bras tout en mimant les paroles d'une chanson venue d'un autre pays non moins étrange, le Québec. Dans le train à grande - bien entendu - vitesse, qui nous a conduits dans les Vosges, j'ai pu voir de nombreux membres de la secte refaire les gestes rituels comme s'il s'agissait de se purger de toutes les actions néfastes qui avaient précédé le règne du Chah des Chahs et chacun a entonné l'hymne sacrée "Tous ceux qui veulent changer le monde". Comme Persan, je m'interdisais de formuler le moindre jugement sur leur comportement déroutant ou sur la théorie de symboles ésotériques qu'ils voulaient à tout prix me montrer : leur drapeau, leur béret, leur sandwich SNCF modèle de la culture moderne. Ainsi, nous sommes arrivés à Charmes, petite bourgade des Vosges qui est le berceau de celui que l'on pourrait comparer à Omar Khayam pour nous : Maurice Barrès, le grand chantre de la terre qui ne ment pas, de la colline inspirée, de la ligne bleue des Vosges, de la chasse aux traîtres juifs allemands, de l'indispensable revanche et des massacres nécessaires et utiles. Tout ce grand débat était placé sous le signe de la plus grande élévation d'esprit, je n'en doute pas.
Lors de ce grand débat, j'ai entendu une dame fort distinguée et très élégante dire dans un langage soutenu qu'un musulman qui veut devenir vraiment Français doit trouver du travail, ne pas porter de casquette à l'envers, ne pas parler verlan. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre ce qu'elle entendait par là. Si les musulmans n'avaient jamais travaillé ou eu de goût pour le travail, il y a longtemps qu'ils auraient disparu. Le sectateur de l'UMP m'a alors dit qu'elle entendait par là qu'il ne s'agissait pas vraiment des musulmans, mais des jeunes des cités. Je me suis étonné. Tous les jeunes des cités sont-ils musulmans ? Pas du tout ! C'est une figure de style, une image, une manière de parler simple et efficace. "Parler cash" a dit un autre sectateur de l'UMP qui semblait plus jeune. Je comprenais de moins en moins ce qui se disait. "Mais qu'est-ce que le verlan ?" ai-je osé demander. "Une sorte de parler des jeunes en inversant les syllabes", m'a-t-on répondu. "Mais est-ce musulman ? Je n'ai jamais entendu cette langue auparavant, sinon en France ? Cela fait-il partie de vos traditions au même titre que la baguette et Johnny Hallyday ?" Je n'eus pas vraiment de réponse, on se montra embarrassé. On le fut encore plus lorsque je demandai s'il était vrai que tous les jeunes musulmans portaient tous une casquette à l'envers. Comme je ne voulais pas ennuyer davantage mes hôtes, je n'ai pas prolongé mes questions. On m'a dit ensuite que j'étais un musulman susceptible "d'avoir vocation à" s'intégrer à la France, puisque je n'avais commis aucun éclat et que j'avais pu ainsi donner une certaine dignité à ce grand débat. Je ne porte pas de casquette à l'envers puisque je n'en possède aucune, je ne sais ce qu'est le verlan et il est donc tout à fait probable que j'aie pu intégrer dès mon arrivée les principales valeurs de la République.
De Charmes, le 10 de la lune de Gemmadi 2.
10:47 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, langue française, immigration, grand débat
mercredi, 09 décembre 2009
Mauvaise copie de sciences-po
Voici deux lignes du discours de notre admirable président au sujet de l'identité nationale. Pas n'importe lesquelles. Les premières.
Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations.
Il est déjà un peu inhabituel de commencer un discours politique intérieure par des considérations sur la politique intérieure d'un autre pays, d'ailleurs non membre de l'Union européenne et ayant gelé (2003) sa demande d'adhésion (1992) à l'Union européenne. Dans le cas où la Confédération aurait été candidate à l'Union, il aurait fallu poser la question aux citoyens suisses et le résultat aurait été sans appel : seuls les cantons romans et Bâle-Ville - qui ont voté contre l'interdiction des minarets - auraient accepté d'être intégrés dans l'Europe. La partie la plus européenne de la Suisse est justement celle qui ne craint pas les minarets et est aussi celle qui abrite le plus de musulmans, d'ailleurs originaires d'Europe centrale. Le débat suisse était faux.
Il est encore plus inhabituel de voir poser les termes du prétendu débat sur l'identité nationale en ayant recours à la citation d'un vote qui s'est déroulé après que le prétendu débat français a été lancé. Comme si le vote suisse devait légitimer rétrospectivement des interrogations qui n'ont pas lieu d'être. Dans le style lourdingue qu'on lui connaît, Henri Guaino a voulu trouver une accroche afin de développer ensuite amplement son pensum qui sent fortement l'introduction pataude d'un étudiant de première année de Sciences-Po. Commencer par raccrocher le sujet à une question d'actualité afin d'élargir ensuite, même si cela n'a pas vraiment de rapport. L'important, c'est de dire que l'on a posé une question et montré qu'on lit les journaux.
Seulement, le nègre présidentiel se trahit par son inculture des autres civilisations, notamment européennes : il ne s'agissait pas d'un référendum à la mode gaulliste, mais d'une votation et plus précisément d'une initiative populaire fédérale. Le référendum est demandé en Suisse par l'Assemblée fédérale, l'initiative populaire est demandée par un nombre de citoyens et de cantons. Les deux termes sont différents en Suisse, mais pour la plume présidentielle, c'est comme en France et rien n'a changé depuis des siècles. On n'a pas encore vu la queue d'un référendum d'initiative partagée en France depuis la réforme de la constitution, malgré la votation au sujet de La Poste. Mais quand les fausses questions sont posées en Suisse, elles sont plus légitimes que les questions posées en France au sujet de l'avenir des services publics.
Je signale au passage qu'il a existé une initiative populaire fédérale de même type qui a interdit l'abattage de bétail de boucherie sans l'avoir assommé au préalable. Elle a été votée en 1893. Voyons voir. Qui cela pouvait-il bien viser au nom de la lutte contre la souffrance animale ? Il n'y avait pas encore beaucoup de musulmans en Suisse pour exiger de la viande hallal avec égorgement de l'animal conscient, la tête vers l'Est ? Mais, mais... ce devait être donc des juifs ? La loi de 1893 interdisait de fait la viande cachère et maintenant elle interdit aussi la production de viande hallal. Elle s'applique toujours et les viandes rituelles proviennent toujours en Suisse de l'étranger, la France ou l'Allemagne. Sans le dire explicitement, on demandait l'application d'une politique antisémite ou visant à éliminer les juifs les moins intégrés à la communauté suisse qui se définissait par son christianisme avant tout. Ce qui était exigé, c'était l'abandon même de formes religieuses privées, voire de la confession, et mieux de la conversion. Disons-le, il s'agissait d'une forme de persécution douce avec des prétextes humanitaires. Tout en Suisse est fort poli. Mais on sait si bien y respecter son identité nationale (ses vaches, ses montagnes, son chocolat, ses montres de luxe et son secret bancaire). Un exemple d'intégrité !
J'en reviens à la fameuse tribune guainoïesque. Ce qui me frappe, c'est que l'on n'y parle que de religion, de croyance, de foi. Tout est défini par ce que l'on croit. Le droit à la non-croyance, au doute, au simple scepticisme, à l'indifférence ou à la diversité des attitudes en une personne n'est pas reconnu. Chacun est enfermé dans une bulle et surtout les opinions de libres-penseurs - agnosticisme, athéisme - sont totalement évacuées. Cela n'existe plus dans le délire tribaliste d'un Guaino qui répète à satiété "le peuple". Il faudrait sans cesse se situer en permanence comme la caricature de soi afin de refuser la caricature inexistante de l'autre. La question des minarets ou de la pseudo burqa est du même ordre : exagérer quelques comportements marginaux et leur importance afin de dresser les Français les uns contre les autres par leurs réactions.
Cela finira mal.
16:25 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, guaino, suisse, immigration, islam; juif, antisémitisme, racisme, religion, politique
lundi, 12 novembre 2007
De la volonté
Il y a vraiment des choses que je ne parviens pas à comprendre dans le sarkozysme :
"L'intégration c'est une double volonté, la volonté d'accueillir et la volonté de respecter la culture du pays d'accueil", a insisté le chef de l'Etat.
Je ne vois pas du tout où se trouve la culture du pays d'origine dans ce discours. Je ne comprends pas cette double volonté qui est une redondance plus que maladroite puisque l'autre est nié dans sa spéficité. Intégrer l'autre en lui demandant de renier d'abord ce qui le fait autre, c'est un discours très singulier. Comment peut-on demander deux choses équivalentes et venues des mêmes personnes pour manifester une forme d'intégration et en prétendant que les deux parties seraient sur le même plan alors que l'on demande à un partenaire d'abandonner sa culture sans savoir ce qu'il aura en retour ? Parler de double volonté est pire qu'un mensonge. Il n'y a de volonté que d'un côté, et ce n'est pas celui de l'émigré.
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samedi, 27 octobre 2007
Théorie de la diffamation
Le Charançon libéré a attiré mon attention sur la soudaine résurrection de Sylvie Noachovitch (illustre avocate d'une émission de télé-poubelle*) qui semble s'être bien remise de "l'attentat" à la viande rouge perpétré contre elle par un "jeune" cagoulé (on sait ce que veulent dire les mots jeune et cagoulé quand on s'adresse à l'extrême droite d'abord). Et comme d'habitude, elle semble avoir pris beaucoup de Pepsi...
J'ai été pris de vertige en lisant cette déclaration :
J'ai également porté plainte pour diffamation contre Le Nouvel Observateur qui avait affirmé que je n'avais pas porté plainte contre Le Canard Enchaîné, ni sollicité de droit de réponse. Je ne peux pas tolérer une telle diffamation.
Quand je prends l'article en question du Quotidien permanent du Nouvel Obs, publié le 16 juin, soit le lendemain de l'ignoble attentat charcutier, le surlendemain de la plainte d'associations antiracistes contre les propos de l'extraordinaire avocate de trash-TV rapportés de manière diffamatoire par le Canard, et trois jours après l'article diffamatoire du Canard enchaîné et la confirmation de ces propos par d'autres témoins sur RTL ou chez Birenbaum (contre lesquels elle ne porte pas plainte), je lis :
Selon nouvelobs.com, Sylvie Noachovitch a porté plainte jeudi contre l'hebdomadaire satirique pour diffamation avec constitution de partie civile.
Ou les propos du Nouvel Obs ont été corrigés après publication et vérification des faits, ce qui est possible dans le cas d'une publication sur la Toile, surtout pour un site de dépêches, ou bien... Mais je m'arrête là, car on ne peut soupçonner une personne victime d'un "homicide volontaire" au steak haché de déclarer qu'elle n'a jamais déposé une plainte pour se plaindre qu'on avait dit qu'elle n'avait pas déposé plainte même si le texte publié dit qu'elle aurait déposé plainte, ce serait diffamatoire. Voyez donc mon état d'hébétude en lisant de telles déclarations.
* Nous l'avions citée pour son emploi du verbe répulser. Je suppose que si l'on dit que les sarkozystes ne savent pas s'exprimer en français, cela peut aussi être considéré comme une diffamation.
17:07 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, immigration, langue française
vendredi, 12 octobre 2007
Dédouanement
Un plan d'apprentissage du français pour les immigrés primo-arrivants. Revue de détails :
- 38 heures en tout et pour tout par personne.
- Le personnel : des fonctionnaires volontaires issus de la préfecture du Rhône, des retraités de l'Education nationale et des bénévoles associatifs.
Commençons par la fin : les responsables associatifs peuvent être de bonne volonté, ils n'ont pas forcément les compétences pour enseigner le français langue étrangère. Ce sont les enseignants rétribués par les associations d'alphabétisation ou d'insertion qui seraient plus compétents, et ils ne sont pas à la tête d'associations. Des enseignants retraités, oui, mais ayant enseigné le français ou une langue vivante ? Des fonctionnaires territoriaux volontaires ? On tombe dans la plaisanterie... C'est du même niveau que les tests de connaissance du français qui sont soumis à l'appréciation de personnes n'ayant aucune compétence linguistique. Non que ces personnes ignorent la langue française, mais parce qu'elles n'ont jamais mené une réflexion pédagogique ou sur les différents niveaux de langue, les obstacles à l'acquisition de langue. 38 heures ? Qu'un Français moyen, avec un niveau de baccalauréat, essaye donc de s'intégrer en milieu anglophone ou germanophone pour plusieurs années avec seulement 38 heures de cours sur place ! On est très très loin des méthodes intensives du Québec. En outre, rien sur le nombre de personnes par cours ou les méthodes employées, les objectifs, les publics visés. C'est mieux que rien ? C'est pire que rien : c'est une manière de dire que la France fournit des efforts alors que cela relève du gros bricolage mal fichu.
19:03 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, immigration, politique
mercredi, 10 octobre 2007
Ça veut dire quoi "dégueulasse" ?
Mariah-Samanthah nous demande conseil.
Bien cher comte, vous savez que comme sarkozyste de gauche, je kiffe trop grave Fadela Amara, une meuf qui déchire à mort. Mais je suis embêtée maintenant qu'elle a dit que l'amendement sur l'ADN était "dégueulasse". J'avais pigé quand vous m'aviez dit que l'expression "zéro tolérance pour la glandouille" était vulgaire et qu'un ministre ne devait pas s'exprimer ainsi, parce qu'il stigmatiste toute une population en parlant de quelques individus et que ce n'est pas le langage qui est attendu d'une personne ayant une telle fonction. Alors comme je dois rédiger un post pour le blog des Jeunes sarkozystes modernes de gauche, je voudrais connaître votre avis : il y a eu des sarkozystes blessés par ses propos. Comment est-ce que je peux la défendre ?
Chère Mariah-Samanthah, le terme "dégueulasse" est aussi vulgaire que celui de "glandouille". Certes, un ministre ne devrait pas s'exprimer ainsi, mais l'exemple vient de haut, de celui qui a osé parler de "racaille" et qui encourage Fadela Amara à s'exprimer "à donf", "sans tabou" et "de manière décomplexée". Elle reste donc sarkozyste par la forme, vulgaire, simpliste et primaire, puisqu'elle n'aborde pas du tout les enjeux et c'est cela le plus important : il faut tout noyer dans des querelles de forme afin de sauver le sarkozysme qui est d'abord un spectacle permanent pour amuser la galerie. Les députés qui se sont sentis insultés par le terme n'ont pas réagi différemment des petits voyous de banlieue au mot "racaille" ou au mot "glandouille" : ils ont feint que tous les membres de leur groupe étaient concernés par le terme et ils ont grossi le propos en faisant appel à une solidarité de bande (comment elle me parle ? comment elle me traite ? t'as vu comme elle me manque de respect ? elle a pas le droit de nous injurier comme ça, ça se fait pas !) Exactement comme dans les teucis. Les députés qui ont répondu pouvaient peut-être avoir des choses à se reprocher comme leur origine d'extrême droite dans le cas de Devedjian et de Goasguen, anciens membres du groupe Occident et fins manieurs de barres à mines. Ils ont senti qu'on allait encore leur reprocher leur passé facho alors qu'ils ont tout fait pour s'intégrer en apparence à la vie démocratique française, et tout ça parce qu'ils ont défendu un amendement d'un député qui est élu dans une circonscription d'extrême droite et qui défend depuis des années des projets d'extrême droite. Et en plus cela venait d'une Arabe, et une femme qui plus est ! Or on sait que pour Devedjian une femme qui ne pense pas comme lui et n'est pas du même parti est forcément une "salope". Les femmes du même parti ne doivent pas valoir mieux à son avis si elles prennent les places qu'il veut ; il s'interdit encore des réflexions sur Rachida Dati, mais le moment de la curée viendra... Pour l'heure, l'ouverture n'est pas encore tout à fait à l'extrême droite malgré les signes, même si cela viendra et si Fadela Amara partira pour être remplacée avant les présidentielles par Marine Le Pen qui possède aussi son langage cru et original. Une image après l'autre. Un langage vulgaire après un autre.
16:50 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, immigration, langue française
Ministres mal assimilés
Devinette à faire sans avoir lu le Canard. Il faut trouver deux ministres au langage aussi particulier que celui de Fadela "à donf" Amara. Ils ne montrent pas une très forte volonté d'intégration à l'identité française...
Du premier, le sublime président déclare : "C'est quand même pratique d'avoir un ministre que personne ne comprend quand il parle."
Le deuxième personnage commente toutes les notes de ses services en anglais.
Qui sont-ils ?
14:23 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, immigration, langue française
lundi, 08 octobre 2007
Rafle
Rafle. Ce mot choque ceux qui veulent voir moins d'immigrés en France et qui approuvent les arrestations devant les écoles. Ils estiment alors que ce mot s'applique essentiellement aux rafles de juifs par les nazis ou les collaborateurs et que ce serait vraiment diffamatoire envers le ministre de la Ségrégation nationale. On pourrait penser qu'il est connu de tous, que l'actualité le met en évidence et que le sens politique serait présent à tous les esprits.
Petite expérience aujourd'hui. Un extrait de la Mort n'oublie personne de Didier Daeninckx. Un roman policier que je souhaite faire étudier depuis longtemps, mais un peu difficile avec des adolescents puisque cela traite d'un suicide, de rumeurs et de caballe. On prépare une épreuve du brevet. Les élèves : classe de ZEP en plein quartier HLM, anglais-espagnol, visiblement les élèves les plus faibles ou les moins motivés, et bien une moitié portant des noms venus d'Afrique ou de Turquie, les autres étant sans doute des émigrés étatsuniens si j'en crois la consonnance anglo-saxonne des prénoms.
L'extrait significatif : "J'ai assisté à ma première rafle en février 44. A travers la verrière, on a vu les camions bâchés se garer dans la cour. Des soldats casqués ont fait irruption dans l'atelier et nous ont rassemblés le long du mur du magasin des pièces détachées. Le type qui nous fournissait les outils a eu le réflexe de se baisser derrière son guichet mais un militaire l'a fait déguerpir et l'a traîné au premier rang en lui mettant le canon de sa mitrailleuse dans le cou. On était trois cents, en bleus, les bras ballants, désespérés, à écouter leur chef qui lisait la liste des requis en écorchant les noms."
Une situation simple : des ouvriers cheminots sont réquisitionnés pour devenir des otages destinés à être exécutés en cas de représailles. C'est aussi une rafle. Ils sont pris en masse, en un seul lieu, à l'improviste, par une opération de police. Cela correspond de manière objective au sens du mot. Il n'y a pas eu que Guy Môquet...
Je demande au début de me dire quels sont les mots qu'ils ne comprennent pas. Et "rafle" sort. Qui peut expliquer ? Personne. Pas de lecture de journaux, sauf par extraordinaire l'Oignon qui n'en parle presque jamais. Téhèfun ou Skyrock comme seules sources d'information. Alors je donne une définition et je l'illustre par la rafle du Vel d'hiv'. Mais c'est comme Hitler, m'sieur ! Mais à quelle époque cela se passe-t-il, voyons ? Ce sont des nazis ! Je ne leur parle pas d'autres types de rafles à diverses époques, rafles de prostituées, d'homosexuels, d'Algériens, de truands et de bien des catégories de personnes, pas plus que je ne leur évoque les rafles actuelles de clandestins par le ministre de la Sélection raciale et identitaire. Cela dériverait trop et pourrait devenir incontrôlable. Mais "rafle" qui pourrait être un mot familier leur est totalement inconnu, même si pour d'autres ce terme est très présent.
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samedi, 06 octobre 2007
Questions de détail
Il y a parfois des mots à ne pas employer quand on ne sait pas ce qu'ils veulent dire.
François Fillon a présenté samedi comme "un détail" l'amendement contesté au projet de loi sur l'immigration prévoyant des tests ADN facultatifs pour les candidats au regroupement familial.
Maëster est d'une rare efficacité, concision et pertinence dans son dernier dessin. Le raccourci est brillant.
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mercredi, 12 septembre 2007
Les keufs ne kiffent pas les rebeus
J'ouvre un nouveau billet puisque monsieur Hautetfort refuse que j'affiche certains commentaires. Je m'étais promis aussi de faire le point sur l'affaire rebeu. Petit récapitulatif : on a appris qu'un syndicat de police s'était plaint auprès de sa ministre au sujet d'une citation dans le Petit Robert. Cette citation était offensante pour la police selon lui. La ministre, prise par sa soif de culture, avait lu en entier le dictionnaire en entier avant les condés et avait déjà écrit aux éditeurs pour leur dire que ce n'était pas très bien ce qu'ils publiaient. Ensuite, les choses s'emballent : Alliance réclamait une action du ministère, l'Unsa demande en justice tout simplement le retrait des Versets robertiques et de la citation litigieuse ! Donc Alliance, le rival de l'Unsa, décide qu'il faut boycotter le Petit Robert. On attend la prochaine fatwa de l'Unsa en réponse à Alliance : un petit auto-da-fé ne ferait pas de mal. Et puis après le pal, suivi d'une lapidation et d'un bon vieux bûcher pour les auteurs !
Au début, les réactions dans les blogues venaient surtout de l'extrême droite ou de la droite dure, avec des argumentaires reproduits par copier-coller. Je passe sur l'aspect primaire des raisonnements, comme un tel mot (rebeu) n'a pas sa place dans un dictionnaire ou n'est pas français ! Et cela sans voir l'ironie présente dans la citation, le fait que ce n'était pas une définition, le jugement posé sur le mot rebeu et non sur l'expression connard de flic ou fait chier. Puis cela s'est un peu inversé avec le billet de Pierre Assouline qui pose la question d'une judiciarisation des dictionnaires soumis aux groupes de pression. Rimbus a rappelé les pages que j'ai consacrées au verlan, et a fait le parallèle aussi avec le langage d'un ancien ministre de l'Intérieur. Fontenelle fait un rapprochement encore plus audacieux avec des actions choquantes de la police aujourd'hui. Tout comme le Charançon libéré, mais sur un autre sujet d'actualité. Tous les flics ne sont pas Fabio Montale. Mais on peut retrouver aussi une mise en perspective dans les textes d'Izzo ici et là.
Et le débat a dépassé nos frontières franco-françaises ! On en parle dans Language log, avec quelques rudiments sur les mots populaires du french slang. Texte en anglais qui provient de la lecture d'une brève dans un blogue du Washington Post (rien que ça !)
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Tout cash (2)
Le langage de la beurette de service ne plaît pas à tout le monde :
"Si l'objectif de Mme Amara est d'être +représentative+ des quartiers lorsqu'elle emploie ce langage pour le moins vulgaire et insultant, il est clair qu'elle se trompe lourdement sur l'incroyable richesse intellectuelle ou culturelle qui s'y trouve", estime AC le feu.
11:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, immigration, langue française
samedi, 08 septembre 2007
Tout cash
C'est Mariah-Samanthah, la fille de Jean-Claude et Monique, qui nous écrit.
Très cher comte, je suis vénère en ce moment. Je dois écrire un papier pour le zine des jeunes sarkozystes de gauche et je suis trop dans la merde, parce que j'avais prévu de parler de Fadela Amara et de son langage qui arrache. Je la kiffe trop cette nana ! Mais mon daron m'a dit que des phrases comme "Il y a une mesure qui est résumée par un concept, c'est tout simplement tolérance zéro pour la glandouille", ça le faisait pas trop au niveau de la correction de l'expression comme il dit, le vioque. Il m'a dit que "glandouille" n'était pas un mot français, puisqu'il ne le trouvait pas dans son vieux Larousse tout pourri et que de toute manière c'était vraiment très vulgaire, on ne peut pas s'exprimer comme la caillera ou sinon on lui ressemble. Qu'en pensez-vous ?
Chère Mariah-Samantha, je vous le dis "tout cash" comme dirait Fadela Amara, votre père a raison et il est la voix de la sagesse. Le mot glandouille est vraiment horrible : il rime avec des tas de mots mal sonnants, il est formé sur une métaphore obscène, et il n'y a vraiment là rien qui illustre le génie de notre langue universelle et intemporelle. Vous devriez plutôt dénoncer le prétendu parlé branché en verlan, par exemple en stigmatisant l'emploi d'une citation comme "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier". Le terme est dans un dictionnaire connu pour sa propension à accepter tous les termes non français et les citations gauchistes. Mais franchement... rebeu ne peut pas être français puisqu'il est employé par des immigrés, alors que flic lui me semble indubitablement posséder une origine purement française, exempte de tout élément étranger à nos valeurs. Au lieu de mettre en avant le parler branchouille de Fadela Amara, prenez de vraies positions de gauche afin de condamner le verlan qui enferme dans un milieu social. Mettez en avant Rachida Dati, elle n'a qu'une phrase sans arrêt à la bouche, et ce n'est pas "Portnawak !", mais "N'importe quoi !" Elle ne dit rien de plus et n'argumente pas plus, mais comme son langage est fort soigné, elle a pu sortir de son milieu défavorisé et aller faire ses courses chez Prada et non chez Tati.
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jeudi, 19 juillet 2007
Effet de miroirs
Les moyens familiaux étant limités, Richard Ying est peu allé en Chine. Sur son CV en ligne sur son blog, il affiche des prétentions linguistiques modestes : « chinois Wenzhou (parlé), chinois mandarin (scolaire).» Culturellement, Richard Ying se sent français.
Ces quelques lignes sont extraites d'un portrait publié par Libération. Or, comme l'article le mentionne, Richard Ying tient un blogue où il parle de l'article : avant et après. Précisions, nuances (par exemple sur ce passage), explication de texte et coulisses.
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mercredi, 27 juin 2007
Barrière de la langue
Désormais, «les ressortissants étrangers de plus de 16 ans pour lesquels le regroupement familial est sollicité», ainsi que les conjoints de Français, seront soumis «dans leur pays de résidence» à «une évaluation de leur degré de connaissance de la langue [française] et des valeurs de la République».
Qui contrôlera, sera habilité à contrôler, selon quels critères, jusqu'à quel niveau, avec quel livret de compétences, selon quels modes de questionnement, avec quelles évaluations des compétences des contrôleurs et quelles seront les formations de base de ces contrôleurs ? Je ne voudrais pas faire évaluer ma connaissance de la langue française par un policier de base, je serais recalé selon ses critères personnels...
Si besoin est, les consulats leur proposeront une formation d’une durée maximum de deux mois.
Deux heures durant deux mois, cela peut faire une formation aussi, c'est clair comme du jus de chique...
«La maîtrise de la langue facilite beaucoup la recherche et l’obtention d’un emploi, facteur essentiel d’intégration, ainsi que d’autres démarches indispensables à la vie sociale, au premier rang desquelles la recherche d’un logement. Elle peut favoriser, dans certains cas, l’égalité entre les hommes et les femmes», précise le législateur dans l’exposé des motifs de la loi.
La maîtrise de la langue française permet aussi de ne pas écrire des idioties pour peu qu'on ait lu et réfléchi, mais il ne faut pas en attendre autant du ministre de l'Identité nazionale : ce n'est pas parce que l'on maîtrise la langue française que l'on assure mieux une égalité entre les sexes ! Il y a une foule de Françaises traitées comme des chiennes par leur compagnon, mari, père, frère... Et tous parlent bien français depuis des générations, parfois même dans des milieux bourgeois. Mais l'accès des femmes à la langue, à la littérature, à la logique et à la philosophie est lui émancipateur, or il peut se faire sur le territoire français et c'est ce qui s'est produit pour toutes les émigrations. En revanche, l'inculture crasse et la syntaxe grossière d'un Hortefeux montrent son absence totale de réflexion (les barbares sont dehors, la civilisation est dedans).
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