samedi, 01 mars 2008
Collection d'erreurs en images
De méchants "charognards affamés" se complaisent à relever les erreurs de grammaire ou de vocabulaire commises à la télévision, que ce soit dans les journaux, les reportages, les publicités. Ces terroristes qui emploient des "méthodes dignes de la Stasi" ont même agressé le splendide président de la République et le ministre de l'Education nationale ! Veut-on qu'ils finissent "comme Jean Zay" ? Aujourd'hui, on ne peut plus tenir des propos privés à la télévision sans que cela ne se retrouve sur Internet : il serait temps de mettre un terme aux agissements des blogueurs qui ne font que reprendre le Zapping ! Ce sont des "staliniens ", des "lepénistes", ces dénonciations ont des "relents des années trente".
* Tous les termes entre guillemets ont été employés par des politiques de l'UMP au cours de ces dernières semaines à propos d'autres écarts.
09:19 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, grammaire, télévision, journalisme, média, médias, presse
mercredi, 17 janvier 2007
La grammaire structure l'esprit (2)
Le ministre de l'Education nationale rêve que son oeuvre lui survit au-delà des alternances politiques.
Je crains fort que le présent de l'indicatif, mode et temps de l'actualité et de la réalité, ne soit quelque peu déplacé dans cette phrase où en fait on exprime l'imaginaire, le souhait, la possibilité, bref ce qui n'existe pas encore ou peut ne pas exister.
10:13 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : langue française, presse, journalisme, média, médias, grammaire
jeudi, 04 janvier 2007
Rapportages (5)
L'ami Ré au greffe ne cesse d'égarer
Toutes les pièces des dossiers, alors il ment :
— Mais nous n'avons jamais reçu les documents,
A dit Ré.
05:15 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, langue française, grammaire, poésie, poème
mercredi, 03 janvier 2007
Rapportages (4)
L'amie Inchina me montrait sa nouvelle
Télévision plasma : — Je suis au nirvana !
Je l'ai payée trois fois rien et comme elle est belle !
M'a dit Inchina.
04:55 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, langue française, grammaire, poésie, poème
samedi, 30 décembre 2006
Hyperboles
Il était largement plus de midi et c'était vraiment juste à côté du parc Monceau, si ce n'est dans le parc lui-même. Je me trouvais sur la plateforme arrière de l'autobus de la ligne S, un autobus on ne peut plus classique et un modèle de l'autobus lui-même, l'autobus dans son essence elle-même. Le véhicule n'était pas plein, il était plus que plein et les voyageurs débordaient par les fenêtres. Je remarquai un jeune homme, fort jeune, avec un cou exagérément long, mais alors d'une longueur inimaginable, plus long que le cou d'une girafe ; il était coiffé d'un feutre très très large et décoré avec un ruban tressé, que dis-je ? un ruban, c'était un étendard, un oriflamme, un calicot, une voile de grand mât ! Il s'en prit à son voisin à qui il reprochait de lui marcher sur les pieds (qu'il avait démesurément longs) chaque fois qu'il montait ou descendait à toute allure des hordes de passagers. Puis, soudain, il abandonna la discussion en se précipitant sur une place devenue miraculeusement libre de toute occupation.
Deux heures bien comptées après, par un hasard vraiment extraordinaire, je le revois juste devant la gare Saint-Lazare. Il était en discussion avec un de ses très grands amis, sans doute le meilleur d'entre eux, et celui-ci lui conseillait de faire remonter complètement le bouton supérieur de son pardessus par le meilleur tailleur de la Ville-Lumière qui se trouve sur la plus belle avenue du monde.
05:25 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, littérature, langue française, grammaire
vendredi, 29 décembre 2006
Modalisation
Il était un peu moins de midi, guère plus tard, aux environs du parc Monceau. J'étais dans ce que l'on pourrait nommer un autobus, du moins cela en avait encore un peu l'apparence, le long de la ligne S, mais ce n'est plus exactement celle-là car elle se nomme maintenant 84 quoique son parcours soit légèrement différent. Le véhicule était quasiment plein. J'aperçus un homme assez jeune, enfin jeune pour ne pas être encore précisément entre deux âges, mais jeune cependant. Il avait un cou un tout petit peu long et il portait une sorte de chapeau en simili-feutre ou ce que je supposai tel, lequel était selon toute apparence décoré d'une espèce de galon tressé. Il s'en prit à un de ses nombreux voisins qu'il accusait à peu près de lui marcher sur les pieds chaque fois qu'il montait ou descendait des voyageurs grosso modo. Pzu s'en fallut qu'une dispute éclatât, mais soudain il se précipita sur une place qui s'était pour ainsi dire libérée.
Je le revis approximativement deux heures plus tard dans les alentours de la gare Saint-Lazare. Il discutait avec quelqu'un qui paraissait être une de ses connaissances et qui lui conseillait en gros de faire remonter plus ou moins le bouton supérieur de son pardessus.
05:00 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, langue française, grammaire
jeudi, 28 décembre 2006
Il y a
Il y a quelques jours je me trouvais dans l'autobus de la ligne S, aujourd'hui 84. Il y avait plein de monde qui montait et descendait. J'ai vu qu'il y avait un jeune homme au cou fort long. Sur sa tête, il y avait un feutre autour duquel il y avait un galon tressé. Il y avait à côté de lui un autre homme et il y a eu entre eux une dispute. Il y a que le premier il y a dit que l'autre lui marchait sur les pieds chaque fois qu'il y a des gens qui entrent et qui sortent. Puis il y a eu un moment où le jeune homme a abandonné la discussion et s'est précipité sur une place qu'il y avait de libre.
Il y a ensuite deux heures que je ne raconte pas, mais devant la gare Saint-Lazare, qui est-ce qu'il y a ? Il y a le jeune homme et il y a aussi un de ses amis. Ce dernier, il y a dit qu'il y aurait mieux à faire pour son allure. Il y a à remonter le bouton supérieur du pardessus.
05:05 Publié dans Oulipismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, littérature, langue française, grammaire
jeudi, 23 novembre 2006
Verbes potentiels
Un livre de conjugaisons ordinaires qui ne ferait pas plaisir à Jean-Claude, lequel ne jure que par son Bescherelle 1952 et son Petit Larousse 1947 :
Les verbes sont classés en trois groupes et sept sous-groupes : A1- les pertinents évidentés, exemple : se la jouer (que vous vous la fussiez jouée). A2- les pertinents infinitivés : croire rêver (impératif passé : «ayons cru rêver !»). B1- impertinents inventivés (les plus nombreux) : rouler ma poule (nous eussions roulé ma poule). B2- les impertinents défectivés : autant que faire se pouvoir, comme qui dire, peu s'en falloir... C1- les insolents désinfinitivés, à tout prendre (à tout nous eussions pris). C2- les insolents substantivés : marie-se-coucher-là (passé simple : «marie-tu-te-couchas-là). Et enfin C3, les insolents verbivés, les verbes «et pour causer», «entrer-temps», «fauter de quoi», «gueuler de l'emploi», «miner de rien», «outre mesurer», «par contrer» étant tous dérivés de la deuxième personne de leur impératif présent. Ça vous la coupe (de ça vous la couper ?).16:54 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, humour, écriture, langue française, grammaire
jeudi, 28 septembre 2006
Charabia, mon amour
Je donne de nouveau quelques extraits du dernier méfait du pire cacographe de l'Oignon :
— QUATRE-VINGTS places de stationnement supplémentaires permettant ainsi de répondre à un besoin: avec, notamment, la mise en œuvre de cette donne née de la concertation, le député-maire Bruno Bourg-Broc donnera les trois coups de la création de la Zac (zone d'aménagement concertée) Jean-Talon.
— Close est en effet la collecte des observations sur ce secteur rive-gauche, situé face à la brasserie, avec aujourd'hui le lycée comme figure de proue.
Je n'ai pris que les deux phrases les plus horribles, mais le reste est aussi écrit dans une syntaxe bancale et absurde.
18:47 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, presse, journalisme, grammaire, média, médias
lundi, 17 juillet 2006
Ocre foncé
Dans Libération, un article sur la date de l'éruption qui a enseveli Pompéi :
Aujourd'hui, on peut visiter cette ferme, très bien conservée, bizarrement située au milieu de petits HLM ocre foncée.
Le problème, c'est d'abord l'adjectif de couleur. Ocre comme substantif est féminin. En revanche, comme adjectif dérivé d'un nom de matière, le mot reste invariable. Ensuite, l'adjectif est composé puisque la couleur est nuancée par un second adjectif. Dans ce cas, les deux adjectifs sont invariables en genre et en nombre. On peut faire l'essai avec un adjectif dont la forme féminine est plus évidente : vif, vive. Des murailles orange vif. L'ocre est foncée, certes, mais le comportement de l'adjectif composé ne doit pas être différent des autres adjectifs composés. Bien sûr, on pense à l'ellipse : de la couleur de l'ocre foncée. Mais c'est compliquer inutilement une règle déjà passablement complexe puisque l'on peut entendre aussi l'ellipse d'une nominalisation : d'un ocre foncé (Grevisse, B. U., 13e éd., § 469, R. 3 un bel ocre pâle).
09:58 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, lexique, grammaire, orthographe
mardi, 20 juin 2006
Met à lepse
Notre héros, Herr Doktor Dumeuszeug, continuait à réfléchir sur la portée discursive et diégétique de la métalepse, mais nous allons le laisser quelques instants, le temps d'un chapitre ou deux, car pendant ce temps, son grand rival, le professeur en Sorbonne Népomucène Barthenette élaborait dans le secret de sa bibliothèque une théorie qui allait bouleverser la conception du roman.
16:44 Publié dans Le nouveau Fontanier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rhétorique, oulipo, littérature, jeux de langage, style, grammaire, linguistique
vendredi, 16 juin 2006
Flambants neuf
Le changement s'est donc opéré en catimini et des panneaux flambants neuf ont remplacé, en milieu de semaine, les anciens.
Avec une telle expression, il existe trois possibilités d'accord :
a) des panneaux flambant neuf (on considère que c'est une locution complète, invariable en genre et en nombre, un peu comme les adjectifs de couleur composés) ;
b) des panneaux flambants neufs (on considère qu'il y a deux adjectifs égaux et coordonnés de manière implicite, mais l'accord de genre n'est pas possible au féminin et cela devient donc illogique) ;
c) des panneaux flambant neufs (le mot le plus important est neuf que vient modifier flambant considéré comme un pseudo-adverbe pour dire vraiment, totalement, complètement). Cette dernière solution est celle qui est le plus souvent conseillée.
Trois possibilités d'accord, mais c'est une autre solution qui a été choisie et elle est totalement absurde puisque le thème principal n'est pas que les panneaux flambent (même de manière figurée), c'est qu'ils soient neufs, nouveaux. Non qu'il flambent nouvellement, ce qui serait un autre sens.
Au sujet de l'accord de neuf : lorsque j'emprunte le périphérique d'Épinal, je passe à côté d'un panneau indiquant Les Neufs Lieux. Pourquoi n'y a-t-il pas d'erreur dans cette désignation et qu'a-t-elle de particulier ?
11:47 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, coquille, orthographe, grammaire, langue française
mardi, 13 juin 2006
Betteraves parties
M. Sarkozy proposera d'élargir la capacité d'intervention des maires qui sont en outre invités à proscrire la présence des chiens dangereux sur les lieux de grands rassemblements de personnes, tels que fêtes foraines et raves parties.
Dixit le Monde. Je veux bien que rave soit un nom en anglais, que les noms alors prennent la marque du pluriel, mais il me semble que l'usage majoritaire dans cette langue soit d'écrire rave parties et non raves parties ou alors raves. Le rapport chez Google pour l'anglais est de 1 à 20. Si on regarde en français, il est alors de 1 à 2,5. Le français assure d'ailleurs les deux tiers des occurrences de raves parties. D'ailleurs en anglais cela vient parfois de la juxtaposition comme raves, parties (avec virgule) ou raves/parties (avec barre). Google est encore incapable de lire les signes de ponctuation et de faire le tri dedans. On va faire une francisation de l'expression, mais elle ne semble pas assurée, d'autant que le s du mot raves est encore fortement prononcé.
17:57 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglicismes, phonétique, orthographe, grammaire, prononciation, langue française
lundi, 12 juin 2006
Part en tas
Parataxe, pas de la syntaxe hiérarchisée, juste des termes juxtaposés, mais aussi coordonnés, comme une bousculade au portillon ; plus du tout de liens grammaticaux ? asyndète, forme ultime de la parataxe, surtout... avec des points de suspension... une dentelle... comme disait Céline...
16:18 Publié dans Le nouveau Fontanier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rhétorique, oulipo, jeux de langage, style, grammaire, linguistique


