dimanche, 13 décembre 2009
Qu'est-ce qu'une carte de la Gaule ?
Dans le cadre du grand pseudo-débat sur l'identité nationale, examinons cette image. Que voyons-nous ? Une sorte de carte de France d'abord, mais sans aucunes frontières. Les contours correspondent à peu près à ceux de la France métropolitaine actuelle, si ce n'est que la Corse est absente et pour cause ! Elle était déjà romaine, après avoir été étrusque et grecque. Mais certains détails pourront choquer les historiens et encore plus les géographes. En effet, par exemple, on ne voit pas le golfe correspondant à l'actuel marais poitevin si cher à Ségolène Royal. Or, à l'époque romaine et jusqu'au XVIIIe s., ce morceau de terre n'avait pas encore été conquis sur la mer avec l'aide d'ingénieurs néerlandais. C'est un peu bizarre, on a affaire à une carte de France contemporaine superposée à une carte des divisions de la Guerre des Gaules. Ce qui me trouble le plus, c'est qu'on ne voit absolument pas la frontière française du Rhin alors que le reste du fleuve semble bien dessiné ! Je me demande bien pourquoi il a disparu sur son parcours entre Bade et Alsace sous l'aigle romaine ! C'est un des trucs qui m'ont tracassé durant mon enfance... C'est un peu biscornu cette séparation avec l'Allemagne par une aigle romaine.
Passons maintenant aux divisions des Gaules telles que les donnait César. Elles correspondent plus ou moins (enfin pas vraiment, on va le voir). Sauf que... la Belgique est repoussée sur le territoire de l'actuelle Belgique ! Ce alors que les autres provinces sont bien centrées. César considérait comme belges tous les peuples vivant au nord de la Seine et de la Marne. Cela inclut bien des régions, la Champagne, la Picardie,la Haute-Normandie par exemple et aussi des Lander comme la Rhénanie-Palatinat et la Sarre ou encore une nation comme les Pays-Bas. C'est un peu étrange, cette Belgique qui correspond à l'actuelle Belgique et non à la Belgique antique. Voilà qui permettra ensuite de fabriquer l'un des plus mauvais albums de Goscinny, Astérix chez les Belges. Les Belges sont donc des étrangers tout en ne l'étant pas.
Plus étrange encore, on voit la mention de Lutèce alors que la capitale des Gaules après la conquête était Lugdunum (Lyon) et que César avait fait d'Arles la principale ville de la Narbonnaise. Pourquoi donc Lutèce alors que l'on ne sait toujours pas si l'emplacement de la Lutetia antique était plutôt sur la rive gauche de Paris ou du côté de Nanterre ? Pourquoi alors que l'on se demande si ce n'était pas une cité avec des centres multiples comme on a pu le voir à Gergovie (l'un marchand, l'autre sacré, le dernier militaire). D'ailleurs, l'importance de Lutèce et des Parisii était limitée à cette époque, les peuples dominants étaient ailleurs. Mais comme Lutèce est devenue Paris, on calque la représentation de la France contemporaine sur la Gaule. Et on pourra retrouver ensuite des embarras parisiens dans la Serpe d'or, le Tour de Gaule, Astérix et les Normands, etc. L'important est la superposition des fictions.
Poursuivons notre investigation, César ne parle pas du tout de l'Armorique comme d'une des parties de la Gaule. Il n'en fait pas mention parce que ce n'est pas son objectif premier : il attaque d'abord en terres belgiques et plus ou moins germaniques, mais les guerres contre la coalition armoricaine n'ont pas été menées par lui, ce sont ses lieutenants qui l'ont faite sans sa présence, puisqu'il se trouvait en Italie et il intervient en dernier pour montrer qu'il est le vainqueur. Il ne mentionne donc pas l'Armorique comme une partie de la Gaule en préalable. L'Armorique n'existe pas à cette époque, c'est une confédération de tribus de la même région, mais rien de plus. Elle ne sera jamais une région romaine avant l'an 370. Et les frontières sont alors vastes : entre Garonne et Somme ! Soit en fait toute la Gaule dite celtique, plus une partie de la Belgique.
Revoyons cette carte, pourquoi l'Armorique a-t-elle été nommée ainsi ? Il y a une raison simple : Goscinny avait demandé à Uderzo de situer son village n'importe où, mais près de la mer afin de pouvoir réaliser des récits de voyage. Et il y a eu toujours une alternance entre récits dans le village et récits de voyage. Cela aurait pu se trouver en pays basque, dans le marais poitevin ou en baie de Somme, mais cela s'est trouvé en Bretagne sans doute à cause des menhirs qui ne sont pas particulièrement gaulois ou bretons. En effet, les menhirs sont pré-celtiques et on en trouve même en Champignacie. Qui dit menhir (voir les deux premières pages de l'album) dit automatiquement Carnac et donc Bretagne, que l'Armorique n'existait pas pour César n'a pas effleuré les auteurs qui l'avaient pourtant lu. On était dans la mythologie et le jeu sur les apparences.
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samedi, 14 novembre 2009
Les manchots empereurs doivent aussi participer au débat sur l'identité nationale
Pour mener le grand débat sur l'indignité nationale, Eric Besson a été jusqu'à convoquer un personnage fort important :
Monsieur le Préfet, administrateur des Terres australes et antarctiques françaises.
Certes, ce haut fonctionnaire possède un statut équivalent à celui des autres préfets et hauts commissaires de la République, mais enfin... sa présence dans la liste des destinataires de la circulaire est pour le moins étrange. Non que je veuille me moquer des buts scientifiques de sa mission, mais le voir dans cette liste soulève quelques questions.
1) Les Terres australes et antarctiques accueillent des bases permanentes comme aux Kerguelen et en Terre Adélie, provisoires pour les îles éparses. Cela représente 140 personnes qui ne demeurent en poste que deux ans. C'est la population d'un hameau ou d'un pâté de maisons ou d'un immeuble HLM. Ces 140 personnes seront consultées au sujet de l'indignité nationale alors que les deux millions de Français résidant à l'étranger ne le seront pas, puisque la circulaire n'est pas adressée aux ambassadeurs, consuls et consuls honoraires alors même qu'il y a une représentation politique fort théorique de ces Français par des sénateurs et bientôt des députés.
Z) Le débat est absurde, parce qu'il se limite au territoire dit national, y compris le plus éloigné et le plus invivable. Il s'agit d'inscrire les questions dans la terre et surtout dans les frontières. Si la France avait possédé une station spatiale ou une base lunaire, celles-ci auraient été contactées puisque c'était encore le territoire national. Comme on peut faire du tourisme à la base Dumont-d'Urville, on peut craindre un afflux d'immigrés clandestins venus en pirogue rejoindre notre territoire forcément national.
3) J'ai du mal à comprendre comment les manchots empereurs ou les phoques peuvent faire partie des traditions françaises ou d'une spécifité française qui permettrait d'exclure des gens n'ayant "pas vocation à" vivre et travailler en France. Ou comment l'archipel Crozet ferait partie des paysages qui définissent la France. Certes, on me posera l'objection des Terres-Neuvas, mais ils chassaient le pingouin ou le phoque bien plus au nord et il y a fort longtemps dans des mers qui ne sont plus françaises. Il ne s'agit que des résidus de l'époque coloniale, laquelle est complexe puisque le but était multiple : affirmation de sa puissance militaire et surtout navale, affirmation de sa supériorité scientifique, volonté de conversion d'autres peuples à ses propres valeurs et à sa langue (c'était un peu raté dans le cas des Terres australes), expansion commerciale facilitée par le point précédent, coercition intérieure par des récits de découverte ou de combat qui font rêver les petits garçons.
4) Les TAAF ne font pas partie de l'Union européenne et les autres Etats ne reconnaissent pas ce territoire comme possession de la France à la suite du Traité de l'Antarctique. La France y exerce sa souveraineté de fait, mais elle n'en est pas propriétaire de droit. Il s'agit d'une terre étrangère dont la jouissance peut être révoquée et seule la fiction administrative française fait croire que ce serait une partie intégrante du territoire national.
5) Je propose une consultation générale des manchots et des phoques afin de savoir s'ils se sentent plus français, russes, américains, britanniques, australiens, norvégiens...
12:38 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, géographie, histoire, besson
mercredi, 11 novembre 2009
Henri Guaino est encore brouillé avec l'histoire
Il faudra signaler à Henri Guaino que la ville de Verdun est traversée par le fleuve la Meuse qui donne justement son nom au département, c'est même le centre de la ville :
L’amitié franco-allemande est scellée par le souvenir du sang allemand et du sang français mêlés pour l’éternité à la terre de Verdun, du Chemin des Dames, ou des rives de la Meuse.
La terre de Verdun et les rives de la Meuse, c'est presque identique ! Le Verdunois est fort vaste, il couvre presque tout le nord de ce département. On s'est certes battu au début plus au sud le long des côtes de Meuse qui ne font pas partie de la vallée de la Meuse tout en étant dans ledit département, mais enfin pourquoi cette redondance ? Sans doute parce qu'il songeait à un nom de cours d'eau afin de peaufiner sa période classique et qu'il a trouvé que la Somme, la Marne ou l'Yser n'étaient pas suffisamment évocatrices. On pourrait croire qu'il n'a jamais visité Verdun et la Meuse...
Il poursuit ainsi :
Et quand on va, à Douaumont, du cimetière français au cimetière allemand, dans le lourd silence de ces lieux où dorment tant de morts, on parcourt dans sa tête le chemin qui mène de la guerre à la Paix.
Il n'existe justement pas de cimetière allemand ou français dans l'ossuaire de Douaumont consacré aux inconnus de toutes nationalités, là où se trouvent la quasi-totalité des sépultures du lieu ! Mais il y a un cimetière en contrebas avec ses carrés de croix blanches pour les vainqueurs qui n'étaient pas seulement français et noires pour les vaincus qui n'étaient pas seulement allemands. Il n'y a qu'un seul cimetière national, divisé en carrés selon les origines ou les confessions. Les différents cimetières étrangers (russes, américains, britanniques, australiens, canadiens) sont des concessions du territoire national faites aux pays alliés, avec un statut d'extra-territorialité, et c'est pourquoi il n'y a aucun cimetière allemand en France.
C'est bien joli de vouloir jouer son Péguy et son Barrès à la fois, mais il faudrait quand même un peu de rigueur historique ou géographique, ou tout simplement politique, par moment et ne pas se laisser capter par le goût de la rhétorique des images faciles. Les morts passées n'excusent pas la mauvaise littérature.
23:05 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, histoire, géographie, meuse, langue française
lundi, 22 juin 2009
Pause cérébrale pour Aillagon
L'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon - actuel président du domaine de Versailles après Albanel - aime étaler sa culture et surtout s'étaler avec des couenneries. Voici ce qu'il écrit dans son blogue à la date du mois dernier.
Au retour de Metz, je m’arrête, avec mes deux compagnons de voyage à Sainte Ménehould. Je leur propose de leur faire goûter un pied de cochon, spécialité locale. Nous nous attablons dans un bistrot. J’y suis reconnu par le député de la circonscription, Benoît (sic) Apparu, qui vient me saluer… Être reconnu à Sainte Ménehould, c’est tout un programme… Il est vrai que nous étions sur la route de Paris et non sur celle de Verdun via Varennes. J’en profite pour rafraîchir la mémoire historique de mes compagnons : la fuite du Roi, l’arrestation, le retour à Paris.
Passons sur le fait que la rencontre totalement fortuite entre deux personnalités du même parti politique dans une sous-préfecture de 5 000 habitants et dix cafés ou restaurants est un peu téléphonée. Mais je vois surtout que s'il a bien enseigné l'histoire, il ne connaît pas du tout la géographie. La route de Sainte-Ménehould à Verdun ne passe nullement par Varennes qui se trouve plus au nord et la route de Verdun dans ce bourg mène bien à Paris : c'est la même. Les chemins pour se rendre à Varennes en revanche sont doubles, par la Haute-Chevauchée ou par les Isletttes - c'est pourquoi Drouet a pu prendre un raccourci et devancer la lourde berline royale. Si le roi Louis XVI est passé à Varennes, c'est parce qu'il voulait se rendre à Montmédy qui se trouve au nord-ouest de Verdun, plus près de la frontière et qu'un passage par Verdun lui aurait fait effectuer un détour considérable. Tout cela sent le billet de blogue lourdement didactique, mais en fait fort confus et convenu. Mais cela fait si bien...
22:36 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, géographie, culture, politique
vendredi, 29 mai 2009
Papous sans tête
Sur les 746 langues régionales recensées en Indonésie (contre 147 aux Philippines et 113 en Malaisie), seules 442 sont actuellement "placées" sur la carte officielle des langues de la république d’Indonésie.
Et il est plus que temps de relever leurs caractéristiques : neuf langues en voie d'extinction ont été découvertes à Bornéo dans la Nouvelle-Guinée occidentale ou Papouasie-occidentale ou ex-Irian Jaya (la partie indonésienne* de l'île). Or, la Nouvelle-Guinée offre la plus grande concentration de langues du monde, avec plus de 860 recensées dans sa partie orientale et 250 au moins dans l'occidentale**. D'ici la fin du siècle, la plupart seront mortes, au rythme mondial d'une langue éteinte tous les dix jours.
* Parler de Papouasie est une erreur de traduction, car il existe un pays distinct, la Papouasie-Nouvelle-Guinée sur la même île.
** Ce qui est particulièrement amusant dans ce cas, c'est de voir la délimitation entre deux continents passer au milieu d'une même île du fait des découpages étatiques : l'Indonésie est entièrement en Asie, alors que la Papouasie-Nouvelle-Guinée se trouve en Océanie. Mais enfin, la limite entre l'Europe et l'Asie n'est pas plus claire dans les esprits et on peut douter de l'existence de l'Europe comme continent tout comme de celle de l'Océanie. Les limites sont avant tout politiques et affaire de circonstances, moins de géographie.
18:23 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langues, linguistique, géographie
vendredi, 03 avril 2009
Le crime ne réussit jamais aux cancres
Je ne cesse de répéter à mes élèves que s'ils veulent se lancer dans une carrière de délinquants lucrative et sans risque, ils se doivent de maîtriser d'abord le français et en particulier l'orthographe. Le crime ne supporte pas la négligence ou l'ignorance dans les menus détails (d'ailleurs, pour devenir un grand bandit il faut posséder aussi un solide niveau de culture générale, supérieur en tout cas à Qui veut gagner des millions ?) En voici, la preuve (une de plus) :
"La saisie en Meurthe-et-Moselle a été effectuée grâce une faute d'orthographe faite sur l'étiquette" des bouteilles contrefaites, a indiqué Joseph Schwartz, directeur régional des Douanes. "En outre, les faussaires avaient donné à Epernay (l'une des principales régions productrices en Marne, NDLR) un code postal en Haute-Marne", a-t-il ajouté.
Futurs criminels encore en culottes courtes, prenez-en de la graine : travaillez bien à l'école et vous pourrez escroquer qui vous voulez. Voyez donc l'exemple des dirigeants de grandes banques d'affaires et les opérateurs de marché afin de les imiter : ce sont tous d'anciens très bons élèves...
16:59 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, humour, géographie, orthographe
jeudi, 05 mars 2009
NIMBY et portnawak
L'Oignon révise la géographie :
Selon ces élus, le choix de l'Etat serait déjà fixé sur deux communes de Moselle et de l'Aube. L'étiquette « Champignac » se mariant mal à ce type d'installation [nucléaire]…
Diable... Je m'imaginais jusqu'à présent que l'Aube faisait aussi partie de la Champignacie et qu'elle faisait partie de l'aire d'appellation du champignac (avec cependant un domaine moins étendu, conséquence de la crise de la viticulture du début du XXe s.) , le fameux vin à bulles. L'argument est plus que spécieux : il existe déjà une centrale nucléaire à Nogent-sur-Seine dans l'Aube, deux centres de stockage des déchets à Soulaines et Morvilliers dans l'Aube, et l'Aube ne serait plus en Champignacie alors que se trouvait là l'une des capitales des comtes de Champignacie ! Mais il y a des départements qui seraient plus champignaciens que d'autres, quand bien même il n'y aurait aucune vigne de champignac dans l'arrondissement concerné.
Le réflexe NIMBY joue un peu partout, mais ce n'est pas en déniant à l'Aube sa qualité champignacienne que nos députés mârdais pourront améliorer les relations entre les deux départements : il existe depuis un siècle un très fort ressentiment contre le nord de la Mârde de la part des habitants de l'Aube et du Sud-Mârdais. Que leur action se fasse au profit d'une autre région très défavorisée et sacrifiée depuis la Première Guerre, l'Argonne, est une chose, mais aller dire que les autres Champignaciens ne sont pas en Champignacie et peuvent donc recevoir leur troisième lieu de stockage nucléaire, c'est plus que maladroit, c'est une faute. Est-ce qu'il n'y avait pas d'autres arguments à faire valoir, comme le fait que la région constitue la principale source en eau potable de toute la région parisienne ?
13:30 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, nucléaire, région, géographie, histoire
mercredi, 21 janvier 2009
10 sujets de trolls géographiques à votre goût
Liste provisoire et non exhaustive de sujets propres à des discussions trollesques, stupides et inutiles que je ne vois que trop souvent :
Myanmâr ou Birmanie ?
République tchèque ou Tchéquie ?
Belarus ou Biélorussie ?
Pékin ou Beijing ?
Ceylan ou Sri-Lanka ?
Taïwan ou Formose ?
Haute-Volta ou Burkina-Faso ?
Libye ou Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste ?
Américains ou Etatsuniens ?
Pretoria ou Tshwane ?
Quand on n'a rien à dire, on écrit pour ou contre une des formes, et puis on se place comme un partisan d'une forme de progrès ou un authentique mainteneur des traditions. On se carre dans sa posture, on exhibe ses principes qu'ils soient du respect des peuples ou du respect de sa langue, on fait preuve de son érudition géographique, lingusitique, politique voire ethnique (si cela peut exister), ou alors on en appelle aux règles internationales, nationales, de la langue française, voire de l'usage et que sais-je encore. Il ne sort généralement rien de tout ça. Et quand quelqu'un lance un sujet sur ce genre de questions, c'est qu'il a envie de troller parce qu'il n'a rien d'autre à faire ou à dire sur le même sujet.
17:17 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : géographie, langue française
vendredi, 16 janvier 2009
Le mythe du vin de glace
Confondre le début et la fin du petit âge glaciaire, c'est un peu rude à avaler lorsque cela vient du fameux journal de référence :
C'est en Moselle, lorsque s'installa la petite ère glaciaire au XVIIIe siècle, que les vignerons, sans doute surpris par des gelées précoces, se virent contraints de ramasser les grappes transformées en petits blocs de glace pour sauver leur récolte et qu'ils eurent la surprise de découvrir des moûts aux arômes insolites.
Elle était déjà en place depuis bien longtemps. La période de glaciation avait commencé cinq siècles plus tôt et le vignoble belge avait déjà disparu presqu'en entier à cette époque alors que le froid régnait depuis déjà deux siècles au moins. Le pic de la glaciation se situe à des moments fort divers lorsque l'on consulte les graphiques et il ne se trouve pas seulement au début ou à la fin du XVIIIe s. selon les lieux que l'on consulte. On ne peut pas dire que les vignerons du nord de la Loire étaient surpris : c'était leur lot quasi-annuel depuis des générations ! Des micro-climats ont pu protéger des terroirs fort septentrionaux et continentaux, mais en tout cas le froid a tué tout le vignoble anglais dès la fin du Moyen Âge (et peut-être parce que les importations de France étaient plus aisées du temps des Plantagenêts). Le petit âge glaciaire s'achève entre 1815 et 1860 selon les lieux, il serait difficile de dire qu'il s'installe un siècle plus tôt alors que nous en sommes sortis pour entrer dans un nouveau cycle météorogique pour lequel nous ne connaissons pas les aboutissants ou la durée ou la fréquence des pics ou la localisation des phénomènes. Mais le fait que des paysans aient été surpris, cela fait tout de suite histoire, conte ou légende. Notez que le thème de la prétendue surprise apparaît deux fois dans la même phrase, comme si cela devait être vraiment une action miraculeuse afin de transformer l'eau glacée en vin sous la forme d'un apologue vaguement chrétien ou païen selon le sens qu'on lui prête...
23:26 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vin, oenologie, météorologie, histoire, géographie
mercredi, 07 janvier 2009
Le mythe de la Sibérie
- Froid sibérien sur la France. Le Point.
- La France s'est réveillée dans un froid sibérien. Le JDD.
- Froid sibérien, hier, devant l'usine Lactalis-Nestlé de Cuincy, près de Douai. La Voix du Nord.
- Il suffit d'un anticyclone, d'un petit vent de nord-est, pour que le froid polaire et sibérien nous tombe dessus comme la misère sur le pauvre. La Dépêche.
- Quelques toitures en tôle ondulée et oxydée nous rappellent des villages perdus dans la toundra sibérienne. Le Dauphiné libéré.
- D'autant plus que, les heures suivantes, la température a plongé, transformant la neige durcie en glace. Celle-ci ne peut être ôtée avec les chasse-neige - «Si on met trop de pression, on arrache le bitume» - et les fondants chimiques (sel) sont peu opérants par cette météo sibérienne. Le Temps.
Mais le meilleur, c'est encore ceci : ce matin, j'ai entendu parler sur la France-Inter de températures sibériennes au Canada, en évoquant un record de moins 51 °C. Certes, ce n'est pas habituel au Canada où la température moyenne en hiver peut être de moins quinze, avec des pointes à moins quarante par endroits, mais enfin... le froid existe au Canada en hiver et il est bien canadien.
Or ce propos contraste avec ceux qui sont tenus au sujet de la météorologie française, on parle de froid sibérien lorsque par endroits et durant la nuit, avec du vent, on atteint péniblement un moins quinze qui est la moyenne hivernale de la Sibérie. Mais ce n'est pas exceptionnel en Europe continentale et il a existé des températures encore plus basses - que l'on se souvienne de l'hiver 54 ou que l'on aille visiter Pontarlier en cette saison ! Mais entre moins 51 et moins 15, la température sibérienne semble avoir une amplitude fort ample... Tout est dans la perception et dans des habitudes de langage.
Je citais le Point au début. Son titre d'article a été rectifié ensuite en "Froid polaire sur la France". Ce qui est nettement plus hyperbolique, le record de froid ayant été observé dans l'Antarctique et non en Sibérie, par moins 89,2 °C. Cela commence à faire une petite différence. Mais "froid sibérien", c'est plus dans les habitudes du langage, quand bien même l'on parlerait de températures juste en dessous du zéro psychologique. Qu'il fasse seulement moins un ou mons deux et l'on peut aussitôt parler de froid sibérien, parce que ce n'est pas habituel dans sa région. Que ce soit moins quinze durant la nuit, en campagne et avec du vent, c'est aussi sibérien pour d'autres personnes. Que ce soit moins 51 dans une région où l'on n'avait observé que des moins 40, cela reste encore sibérien.
Parce qu'il existe tout un mythe de la Sibérie. Pas seulement une région très froide, peuplée par des tribus barbares et sanguinaires, comme dans Michel Strogoff. Il y a toute l'idée de souffrance subie, du fait des camps tsaristes de prisonniers, puis de déportation communistes. Cela imprègne l'imaginaire. La Sibérie, c'est forcément une sorte d'enfer blanc auquel il faut survivre. Quand j'ai accompli mes obligations militaires, je me suis retrouvé dans un lieu surnommé Petite Sibérie. Oui, il a fait très froid, et je m'en suis sorti avec une angine asthmatique et une extinction de voix. Mais le nom de Petite Sibérie ne venait pas de la réalité, il était issu d'une représentation de ce que peut être la Sibérie en hiver et en captivité. Parce que si l'on cherche dans les températures extrêmes, on trouve des endroits où il y aurait des comparaisons possibles aussi : Australie - 23 °C, Algérie - 20 °C, Botswana - 15 °C, Brésil -14 °C, et ainsi de suite.
11:51 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : météo, températures, géographie, langue française
dimanche, 04 janvier 2009
Outre-Meuse
J'admire profondément cette note dans un diaporama de Rue 89. Depuis quand la Meuse serait-elle aussi un département belge ? (Le reste de l'infographie est tout aussi déroutant, on découvre ainsi que Lorient et Rennes se trouvent dans le... Finistère !)
00:52 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : géographie, belgique, journalisme
vendredi, 19 septembre 2008
La forme d'une ville change plus vite, hélas ! que le coeur d'un mortel
En lisant le blogue politique d'un citoyen de la ville de mon enfance, j'ai remarqué l'expression hypercentre. Et cela m'a fait bondir, car elle était employée sans aucune distance.
Il faut dire que l'hypercentre de Mulhouse se résume à peu de chose : son centre-ville. Donc la ville médiévale et commerçante, fort réduite par rapport au reste de la cité. La forme de la ville est telle qu'il n'y a pas d'autre centre autour, sinon des faubourgs, mais ceux-ci sont nien dans la ville et non loin dehors. Quand je cherche l'expression, je la trouve essentiellement pour des agglomérations de plus de cent mille habitants. Mais cela n'empêche pas de la voir aussi pour Montargis (15 700 habitants) ou Hagondange (8 675 habitants). J'imagine alors que bien des villages pourront se vanter d'avoir leur hypercentre qui se trouvera entre la poste (fermée), l'épicerie-boulangerie (fermée), l'école primaire (fermée), l'arrêt du bus départemental, la mairie et le monument aux morts.
Mais la formule de l'hypercentre a été fort vendue durant les années octante lorsque l'on s'est aperçu que bien des gens pourraient acheter du mètre carré à bon prix dans un cadre historique et commerçant. Adieu donc les logements délabrés pour immigrés, étudiants et vieillards, les boutiques hors d'âge (quincailleries, drogueries, jardineries), et bienvenue à Boboland ! Tout en lofts rénovés avec le vrai faux chic ancien qui va si bien ou galeries commerciales aux verres réfléchissants, aux sols marbrés et aux parkings souterrains. Quand j'étais enfant, on parlait simplement du centre ou du centre-ville, pas de l'hypercentre.
Lorsque l'on a tenté de vendre le concept de retours aux centres-villes deux expressions se sont croisées dans cette ville : hypercentre et coeur de ville. La seconde expression a perdu le match de Google, mais elle signifiait alors le côté positif de l'opération : non, vous n'allez pas habiter un quartier plein de bougnoules, de vieillards gâteux, d'homosexuels, de juifs à papilllotes et de dealers d'héroïne, mais vous serez au coeur de la cité dans ce qui la fait vivre et battre plus fort. Et puis un slogan commercial devenu politique est ensuite transformé en expression courante.Que l'on aurait peine à souligner encore. Comment la publicité façonne-t-elle notre langage quotidien et conduit-elle à écrire des mots hors de sa pensée, c'est un grand mystère.
15:50 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, géographie, publicité
dimanche, 14 septembre 2008
Etat de siège
Toujours de l'incomparable monseigneur Lefebvre de l'UMP, cette autre sortie au sujet du tourisme papal :
L’UMP rappelle toutefois à François BAYROU que si le Pape Benoît XVI, à l’instar de ses prédécesseurs, est certes le chef de la première religion de France il est également chef d’un Etat, le Vatican.
On ne sait donc toujours pas que le Vatican n'a jamais été un Etat, mais un lieu : la colline (ou plutôt l'ancienne colline) du Vatican. Le nom de l'Etat est celui du Saint-Siège, observateur et non membre de l'ONU. Comme la France est en fait la République française (laquelle existait encore à Londres durant une époque trouble). Il pourrait parfaitement être ailleurs qu'au Vatican et il l'a été parfois au long de l'histoire. Il existe un protocole diplomatique et il a été bafoué dès l'arrivée du pape pour ce qui n'est pas une visite d'Etat ou une visite diplomatique. Et c'est là que se trouve le problème, comme le dit le bon catholique Bayrou.
12:53 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : catholicisme, religion, géographie, langue française, ump, lefebvre
samedi, 13 septembre 2008
Voir grand
A Champignac, nous n'avons pas la joie de pouvoir lire tous les jours dans les transports en commun Métro, Bolloré-Matin, Bolleré-Soir ou 20 Minutes, mais nous avons aussi notre propre journal gratuit rempli d'erreurs d'orthographe, de syntaxe et de publicités. Et comme nous ne voulons pas dire que nous serions plus petits que les grandes villes pourvues d'aéroports, de métros et de tramways, on se prend parfois à rêver comme en témoigne ce titre en couverture : Bientôt une mégapole ?
C'est sans doute ironique, parce que Fagnières comprend 5 046 habitants au dernier recensement. Une ZAC de 50 hectares qui permettrait le logement de 1 000 habitants supplémentaires ne transformerait pas cette bourgade encore largement rurale et étiquetée Verts en ville tentaculaire ; on est loin des 8 millions d'habitants nécessaires à la définition de la mégapole selon les normes de l'ONU. Je ne suis pas certain que ce soit bien compris par tous les lecteurs.
12:51 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, géographie
lundi, 08 septembre 2008
Vers l'Orient compliqué...
Le Monde a des difficultés d'orientation :
Personne ne trouve à redire à ces projets destinés à répondre à la conséquence directe de l'expansion de l'islam au-delà de son aire, vers l'Afrique, l'Asie ou même l'Europe et qui a déjà entraîné la rénovation du terminal aéroportuaire consacré au pèlerinage à Djedda, capitale du Hedjaz, la province orientale du royaume baignée par la mer Rouge.
L'Arabie Saoudite est bien en Orient, mais le Hedjaz se trouve à l'occident du royaume.
10:20 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, géographie
dimanche, 24 août 2008
L'Amérique, l'Amérique !
Dans Rue89 :
L’Amérique du sud est particulièrement absente de cette fête sportive : le Mexique, Panama, le Chili et le Venezuela font plutôt pâle figures (sic).
A quand des Jeux en Amérique du Sud ou en Afrique ? Pour cela, il faudra au moins attendre 2016, voire 2020. Mais la géopolitique du sport est évolue lentement.
La géographie physique évolue plus vite, semble-t-il.
19:09 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : géographie, histoire, politique
vendredi, 15 août 2008
Droite-gauche fragile
La géographie politique népalaise est étonnante :
Après des mois de tractations, les maoïstes ont scellé un pacte avec le Parti communiste du Népal marxiste-léniniste unifié (centre gauche), qui dispose de 108 sièges.
Un parti communiste marxiste-léniniste de centre gauche, mais alors qui peut bien se retrouver à droite ? Il semblerait que ce soient des centristes (ou désignés comme tels) qui fassent office de droite... C'est vraiment bizarre ces tentatives d'approximation d'équivalents politiques quand on parle de pays étrangers qui connaissent d'autres clivages que ceux de sa propre contrée.
23:54 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, humour, géographie
vendredi, 11 juillet 2008
La Yougoslavie bouge encore
Il y a comme un léger problème historique et géographique dans cette information :
La police a identifié les empreintes digitales d'une jeune Yougoslave qui a commis une série de délits similaires. D'autres empreintes ont été retrouvées concernant la dernière infraction.
Vu l'anachronisme flagrant, je me disais que l'information de l'Elysée provenait d'Henri Guaino qui n'a toujours pas ouvert un manuel du XXIe s., mais non... on ne peut pas lui imputer toutes les sottises du régime actuel. Il a de redoutables rivaux sur place.
14:26 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : histoire, géographie, humour, politique
samedi, 14 juin 2008
Grouik !
Un logo qui a pour vocation de traduire la volonté des Ardennais de se tourner vers l'avenir, tout en assumant entièrement leur passé. D'où un sanglier extrêmement stylisé, dont la hure est orientée vers le nord-est avec une défense qui représenterait Sedan tandis que l'œil symboliserait Charleville-Mézières. La couleur jaune doré du sanglier, tout comme la couleur bleu vert du mot Ardennes renvoient également aux couleurs du département (le jaune doré des pierres de la place Ducale de Charleville-Mézières, le bleu vert de la vallée de la Meuse).
Il faut vraiment être très observateur pour identifier la droite ou le coin supérieur comme l'Est et le Nord ! Parce que si on prend une carte en main sur une route, ce n'est plus du tout pareil. Moi, cela me fait surtout penser au portrait du Père Ubu. Même profil.

14:52 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : géographie, logo, langue française
lundi, 05 mai 2008
Né nulle part
Rendez-vous dans une banque pour ouvrir plusieurs comptes d'épargne. On m'ouvre aussitôt les grandes portes. Au moment de mon inscription, le logiciel refuse le nom de mon lieu de naissance : Saint-Dié. La ville n'existe pas selon lui. Pourtant, il y a forcément des agences locales de cette banque dans cette ville (c'est souvent l'une des rares institutions bancaires à rester dans les lieux les plus déshérités). Je demande alors si on peut faire apprendre au logiciel le nom de la localité. Impossible. Je suggère alors d'utiliser le nom nouveau de la ville depuis 1999 : Saint-Dié-des-Vosges (nom qui avait été refusé d'abord par le conseil d'Etat et qui ne figure pas sur ma carte d'identité ou mon acte de naissance). Miracle ! tout se débloque ! Le logiciel en question était crétin, il n'y a pas plusieurs Saint-Dié et il devrait proposer des solutions... Je suis donc né dans une autre ville que celle où j'ai vu le jour ; je frémis à l'idée que lors du renouvellement de mes papiers d'identité, mon lieu de naissance ne sera pas le même sur mes anciens papiers et sur mon attestation de naissance (d'autant que je dois prouver une nouvelle fois ma nationalité française alors que je l'avais déjà fait avant pour la carte sécurisée). J'emploie souvent le nom simple dans les formulaires administratifs, il est compris de tous les gens de l'Est, mais si ce nnm ancien n'est pas retenu dans des logiciels comment vais-je faire pour exister ? Alors qu'il existe des solutions informatiques fort simples qui permettraient de proposer différentes solutions lexicales ou graphiques. Et comment fait-on alors pour des noms exotiques aux orthographes les plus variables ? Je n'ose envisager le parcours d'un Sénégalais, d'un Algérien ou d'un Chinois.
20:23 Publié dans Les mots de la vie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : géographie, langue française, histoire, politique
lundi, 07 avril 2008
Avec Perthes et profits
Un truc que je ne comprends pas dans la nouvelle maquette de l'Oignon en ligne, c'est pourquoi les articles concernant Vitry-le-François et son arrondissement ou son agglomération sont classés dans une rubrique Vitry-en-Perthois. Or, Vitry-en-Perthois existe aussi (village vraiment délicieux et joli, mais village et non ville) ; il est cependant à un emplacement différent de Vitry-le-François qui a été créée pour permettre à Vitry-en-Perthois de survivre sous un nouveau nom. Ce petit pays se nomme bien le Perthois, du nom du village de Perthes qui est dans un autre département puisqu'il a été divisé lors de la Révolution du fait de la rivalité entre Saint-Dizier et Vitry qui ne voulaient pas être chef-lieu de canton à la place de sous-préfectures. Toute cette partie de ma région est un peu absurde : le Perthois se trouve de fait hors du département, le nom donné à l'agglomération est Vitry-en-Perthois alors que ce n'est qu'une petite bourgade, mais je soupçonne une influence religieuse catholique, apostolique et romaine, car une certaine institution continue à parler du Perthois contre toute évidence administrative avec un doyenné du Perthois (lequel ne comprend pas Perthes, comme il se doit).
13:45 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, géographie, histoire
mardi, 18 mars 2008
Région-capitale
Je viens de découvrir, à la faveur d'un remaniement ministériel - qui n'ose dire son nom - qu'il existe une région capitale. Sic. C'est dans l'intitulé du sous-secrétariat d'Etat dévolu au double et triple (si ce n'est plus) traître Christian Blanc. La région-capitale ! Qu'est-ce ? Il y a une région, l'Île-de-France, et puis au centre de celle-ci une ville, Paris, qui est à la fois la capitale de la France et le chef-lieu de l'Île-de-France, mais une région-capitale, je ne vois pas du tout... Est-ce que Pontaut-Combault exerce une attraction particulière à travers le territoire français ou dans le monde ? Je n'ai rien à reprocher en particulier à Pontaut-Combault et ses champs de betteraves, ses supermarchés monotones qui se répètent tout au long de la RN4 ou ses alignements de lotissements tous garnis des mêmes thuyas et des mêmes nains de jardin, mais enfin... je m'imagine mal que la région-capitale de la France aille jusque Pontaut-Combault (ville pour laquelle je professe la plus grande estime, du fait de la présence d'un éditorialiste éminent). Et puis je m'aperçois que le terme région-capitale était déjà depuis longtemps dans les cartons du gouvernement par le biais de rapports officiels qui l'employaient. Mais bien entendu, cette région-capitale ne sera pas la région entière et elle n'ira pas jusque Pontaut-Combault, parce que là on est presque en région (comme pour dire en province, mais de manière plus moderner). Région-capitale, cela sonne comme Bruxelles-capitale et cela augure mal de la suite...
20:58 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, langue française, géographie
mardi, 04 mars 2008
La ville aux cent clochers
Quand je lis ça :
Autre handicap pour le leader socialiste: être d’origine rouennaise. Aussi incroyable que cela puisse paraître vu de l’extérieur, ses quarante ans dans la ville aux cent clochers risquent de défriser les Havrais, baignés dans la rivalité ancestrale entre Le Havre l’ouvrière et Rouen la bourgeoise.
Je pense à ça :
Amis ! c'est donc Rouen, la ville aux vieilles rues,
Aux vieilles tours, débris des races disparues
La ville aux cent clochers carillonnant dans l'air.
Mais c'est vrai aussi de Dijon, d'Arras, de Montréal, de Prague, de Poitiers... Et je n'ose encore imaginer le nombre de villes qui se disent à cent clochers, alors qu'il existe des villes à mille et trois clochers qui conjuguent Molière, Da Ponte et Hugo. Oui, cent comme le nombre le plus absolu et pourtant concurrencé rudement, et puis dépassé par les mille e tre. Parce qu'aucun nombre ne saurait exprimer l'infini et la multitude. J'ai vécu dans une ville qui fut successivement qualifiée des cent, deux cents, mille cheminées selon l'importance qu'on voulait lui donner, à l'image de ses homologues britanniques du nord de l'île froide, et il ne reste pratiquement aucune de ces cheminées d'usine aujourd'hui. Cent clochers, cent cheminées, et puis la ruine ou le musée.
18:34 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, langue française, géographie
vendredi, 15 février 2008
On dirait que ça te gêne de dîner avec nous
Où l'on découvre un nouveau département :
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Pourtant, sa biographie est en ligne.
20:30 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, humour, géographie
lundi, 11 février 2008
Le Dakar sud-américain
Je vais avoir des difficultés avec la géographie du monde :
Le Dakar, rallye-raid africain créé en 1979 par Thierry Sabine, annulé en 2008 à cause de menaces d'attentats islamistes, change de continent et s'offre l'Argentine et le Chili pour son 30e anniversaire.
Je proposerais bien plutôt un rallye sur la banquise polaire lors de la période de dégel... Il y a peu d'ours, de phoques et de pingouins à éviter. Et puis, il pourrait y avoir plus de surprises télévisuelles et on serait vite débarrassés d'une belle bande d'imbéciles prétentieux.
23:11 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : dakar, humour, géographie
samedi, 20 octobre 2007
Complètement au Nord
On se fait une gloire géographico-historique à bon frais avec de telles affirmations :
Notons encore que ce fameux pont Judith possède pour autre particularité d'avoir été premier pont en pierre construit en Bohême mais aussi au nord des Alpes. Ainsi donc pour l'anecdote...
Une banale recherche Google révèle un pont de pierre antérieur sur le Rhin, fleuve bien connu qui coule au nord des Alpes (lesquelles semblent très au nord pour la Tchéquie). Et il doit y en avoir bien d'autres. Certes les Alpes autrichiennes sont un peu plus hautes en latitude que les Alpes françaises, mais au nord de l'Autriche ne peut être au nord des Alpes.
06:00 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : géographie, histoire, tchéquie, république tchèque, tchécoslovie, langue française
mercredi, 12 septembre 2007
Alain Duhamel, prof d'histoire-géo et d'EPS
J'ai lu dans Libération le texte - dilatoire, fade, inodore, incolore et insipide comme d'habitude - d'Alain Duhamel et je m'arrête sur cette phrase où il parle de géographie politico-sportive (parce qu'il veut être quand même dans le fil de l'actualité pour cause de coupe du monde de jambon Madrange et qu'il ne sait trop quoi écrire) :
D’ailleurs, à ce compte là, on pourrait rétorquer qu’en France, le rugby se pratique principalement en Aquitaine, en Guyenne, en Gascogne, trois provinces où la gauche non communiste tient le haut du pavé, même en 2007.
Bon... On devra alors m'expliquer exactement les limites de la Guyenne, de l'Aquitaine et de la Gascogne, comment on les distingue d'un point de vue historique et ce que cela a à voir avec la vie politique aujourd'hui où il n'existe plus de provinces. Osons tout, soyons flou ! telle pourrait être la devise du style duhamelien.
23:13 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : géographie, histoire, journalisme, presse, média, médias
vendredi, 17 août 2007
Caucase-tête
Selon un quotidien de référence et du soir, le Tadjikistan serait dans le Caucase :
Après la mise en ligne, dimanche 12 août, d'une vidéo montrant l'exécution de deux hommes originaires du Caucase, l'un du Tadjikistan, l'autre du Daghestan, un étudiant russe a été inculpé, jeudi 16 août, pour incitation à la haine raciale.
Cela ne m'étonne guère de la part d'un journal qui situait la Kachoubie sur les bords de l'Adriatique. Le Tadjik pouvait bien habiter le Caucase, mais la formulation laisse à désirer.
18:03 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, géographie, média, médias
jeudi, 19 avril 2007
Péninsule
L'étrange péninsule du Vieux Continent sera en mesure, une nouvelle fois, d'étonner l'Europe, non par son retard, mais peut-être pour son avance...
Je me demande de quel pays l'on peut bien parler : la Grèce, l'Espagne, l'Italie, le Danemark, la Norvège ?
10:11 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, géographie, langue française
jeudi, 07 décembre 2006
Brumes de l'Est
Le Monde révise la géographie de la France :
Mardi 5 décembre, la température a dépassé les 15 oC à Saint-Dizier, dans les Vosges, et frisé les 18 o à Marseille et à Pau.
18:35 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : géographie, presse, journalisme, média, médias


