jeudi, 26 novembre 2009
A très vite !
Je me demandais quel billet je pourrais bien écrire aujourd'hui et je l'ai trouvé grâce à... Frédéric Lefebvre de l'UMP ! Cet homme est une mine en or pour tous les correcteurs ! Qu'il ne change surtout pas de style, il est parfait dans le registre comique langagier. Comme il écrit maintenant dans Twitter, nous pouvons observer ses erreurs en temps réel. Cela ne concerne pas seulement les erreurs de capitales, de ponctuation, d'accents ou d'apostrophes, mais aussi celles de construction. Il déclare ainsi à 15 h 50 (heure française, Twitter a aussi basculé son fuseau horaire) :
Pour un accueil c'est un accueil ! a très vite
Lorsque j'ai lu ce charabia, je me suis demandé comment il osait défendre l'identité nationale française ! Mais je me suis rendu compte que Google enregistrait quand même 877 résultats réels (à ne pas confondre avec les résultats de la première page). Bien entendu, c'est employé surtout dans des blogues du genre girlie ou entrepreneur dans l'e-bizness qui veulent se démarquer du @+ ou à plus branchouillards pour à plus tard. Mais enfin, un simple "à bientôt" aurait été suffisant. Un "à tantôt" aurait été trop ambigu, vu les différents sens de l'expression dans les provinces françaises, cela veut dire "à plus tard" ou "à demain". Cela doit lui paraître plus branché de mal s'exprimer, mal se coiffer et mal nouer sa cravate.
En fouillant mieux Google, je m'aperçois que c'est une expression orale québécoise (720 résultats réels avec le mot Québec). Donc, oui, Frédéric Lefebvre parle bien le français, mais un français qui n'est pas de son pays (avec ses villages, ses clochers, ses monuments aux morts surmontés de fiers poilus ou coqs gaulois), un français venu d'ailleurs et d'abord de la Toile ! Il n'aurait pas connu cette expression sans Internet (et moi non plus d'ailleurs). Comme il semble se convertir au parler populaire québécois, je propose une mesure fort simple et fort salubre : le délocaliser à Montréal ! Faisons don de Frédéric Lefebvre à nos cousins bien aimés... Ils nous en seront fort reconnaissants, j'en suis sûr. Ils sauront l'apprécier à sa juste valeur.
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vendredi, 11 septembre 2009
De quoi devenir chèvre
François Bourgeon dit des sottises sans en dire tout en disant :
La Louisiane, pays francophone malgré un demi-siècle passé sous administration espagnole, se prêtait bien à ce modelage langagier. J’aime la musicalité savoureuse et rurale de la langue cajun. J’ai choisi d’indiquer la traduction des dialogues à la fin du livre pour ne pas casser la cadence de lecture. Et puis c’est amusant ! Avec un peu d’attention, on peut deviner la signification des dialogues en cajun. On apprend au passage que les « chevrettes » sont des langoustines – ce qui a donné le mot crevettes –
Le terme chevrette pour crevette ou écrevisse est toujours présent en français contemporain et hexagonal, on peut le trouver ainsi tel quel en Provence ou en Lorraine par exemple. Il veut dire alors crevette ou tout petit crustacé ! Ce n'est d'ailleurs même pas particulier aux patois de l'ouest qui ont fourni la base des français américains; Le même mot latin capra a donné l'allemand Krebs avec la même métathèse bien plus tôt. C'est une grande découverte d'apprendre que le cajun emploie exactement les mêmes mots que le français avec exactement la même prononciation et le même sens; Il fallait bien un lexique à la fin pour l'expliquer à tous ceux qui n'ont jamais entendu ces mots exotiques parlés à cent mètres de chez eux.Je me dis que Bourgeon en fait des tonnes pour prouver le sérieux de son projet et qu'il n'y réussit pas trop bien...
20:41 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patois, dialecte, cajun, francophonie
mardi, 11 août 2009
Montréal-sur-Langue
Oh ! enfin un blogue québécois sur la langue, universitaire, mal-pensant et médisant (merci à François Bon). Enfin ! de l'air frais...
C'est de toute manière d'un autre niveau que la future émission sur la langue française de Julien Courbet (rien que le castigne et les premières questions promettent pour le niveau des échanges culturels).
23:00 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec
mercredi, 18 février 2009
Welche et Welsh
Je me suis demandé ce que voulait bien dire ce nom de langue :
Le phénomène de renaissance n'est pas limité aux langues lointaines et exotiques : le welch - qui a reconquis en trente ans le sud-ouest de l'Angleterre
J'ai d'abord cru que l'on parlait du welche ou welsche, mais en fait il semblerait qu'il s'agisse du Welsh, ou plus communément gallois en français. Il faut dire que l'article se base sur une étude publiée par l'Unesco uniquement en anglais... L'encadré explicatif qui accompagne l'article fourmille par ailleurs d'approximations tirées de la base non scientifique d'Ethnologue (site d'origine religieuse et fondé sur des témoignages individuels de personnes sans compétences linguistiques) comme cette citation de 26 langues en danger en France :
Quelques-unes - tel le ligurien, l'alémanique, le luxembourgeois et le francique (ces trois derniers idiomes étant jugés, à l'instar du flamand occidental, "vulnérables") -, sont transfrontalières. Citons encore le languedocien, le franc-comtois, le gascon, l'auvergnat, le limousin, le poitevin-saintongeais, le gallo, le normand, le lorrain, le provençal, piémontais ou alpin. Mais aussi le wallon et le rhénan.
Le francique est repris par le luxembourgeois et le rhénan (deux variétés de francique que l'on nomme francique luxembourgeois et francique rhénan, mais on ne cite pas le francique mosellan comme tel) et je laisse chercher toutes les variétés d'occitan qui sont citées après la mention de l'occitan qui ne serait pas l'une d'entre elles.
21:38 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, langues, francophonie, francophones
samedi, 14 février 2009
Jeune con !
Que devient l'affaire de l'insulte présidentielle (adjectif à double sens, volontairement choisi) au Québec ? Ceci ;
Il lui reste à corriger son erreur, sinon le Québec lui dira, à sa prochaine visite, ce qu'il disait lui-même d'un jeune marginal de son pays, dans une rue de Paris: «Casse-toi jeune con!».
Le monsieur de la vidéo en question lors du salon de l'agriculture et non une rue de Paris ne me paraissait ni jeune, ni marginal, mais au contraire bien représentatif d'une frange moyenne de la population française: Ce n'est pas ainsi que le fossé d'incompréhension entre le Québec et la France se résorbera. Mais trois erreurs factuelles dans une même phrase, il faut le faire... Normal quand on sait que le patron est Desmarais.
16:38 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française, sarkozy, ump
jeudi, 05 février 2009
Encore un grand malentendu avec le Québec
Quand un député français (et UMP bien entendu) commet un autre impair que celui du mirifique président auprès des Québécois :
S'inquiétant du niveau d'épuisement du premier ministre québécois lors de son passage à Paris, mardi, le député Pierre Lasbordes, président du Groupe d'amitié France / Québec, a lancé tout de go : «J'espère que vous n'avez pas la plotte à terre», provoquant un léger malaise parmi les invités québécois.
M. Lasbrodes s'est expliqué en disant qu'un «ami québécois» lui avait appris cette expression «rimouskoise» et qu'il n'aurait jamais cru que c'était vulgaire ou que cela provoquerait autant de réactions.
Selon Mario Bélanger, lui-même Rimouskois et auteur du Petit Guide du parler québécois, publié chez Stanké, il est fort probable que le député ait été victime d'une blague.
On trouvera chez Laurent d'autres liens sur les réactions québécoises au sujet de cette expression et une explication de son sens.
J'y vois surtout un fait plus sociologique : ce député qui se veut le chantre de l'amitié franco-québécoise estime que le Québec est forcément exotique (peuplé de rudes bûcherons et trappeurs à chemises à carreaux qui sacrent tout le temps), que les expressions québécoises sont forcément toutes savoureuses et anciennes, que pour s'adresser à des Québécois il faut établir la complicité par l'emploi des savoureuses et anciennes expressions québécoises, comme lorsque les colons s'efforçaient de parler petit-nègre face aux Africains, car c'était se mettre à la portée de compréhension de ces grands enfants, ou comme certains hommes politiques français emploient un faux verlan pour s'adresser aux populations de banlieue. Peu importe qu'on lui ait joué un mauvais tour ou qu'il révèle son ignorance du parler québécois : ce qui est plus important, ce sont les présupposés à la base de ce genre de discours. Vouloir faire couleur locale à tout prix par le discours quand on est face à quelqu'un d'ailleurs, c'est le renvoyer à son étrangeté, nier qu'il ait lui aussi des codes sociaux aussi hiérarchisés que les siens, s'imaginer que l'autre s'exprime en toutes circonstances dans une langue familière unique, qu'il comprend alors bien mieux que si on lui parle en français standard et qu'il attend une certaine dignité ou une forme de respect par le niveau de langue utilisé. Réduire l'autre à ce qu'il a de pittoresque et de prétendument charmant dans son parler est une manière de le méconnaître.
17:20 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française, ump, politique
mardi, 03 février 2009
Franc succès du divin président au Québec
Notre splendide président parvient à susciter la gêne, voire l'hostilité à ses propos jusqu'au Québec, et ce même chez les libéraux !
La députée péquiste de Rosemont, Louise Beaudoin, estime que le président Sarkozy fait preuve d'une méconnaissance profonde du Québec.
En cause, ce passage :
« Pour vous aimer [les Québécois], je n'ai pas besoin de détester les voisins [le reste du Canada], pour prouver qu'on aime les autres, on n'a pas besoin de détester leurs voisins ». Il a ajouté que ceux qui ne comprenaient pas cela « ne comprennent pas le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l'enfermement sur soi-même et le refus de cette obligation de définir son identité par opposition féroce à l'autre ».
Or, cette déclaration ressemble à un total désaveu de sa propre politique d'immigration et d'identité nationale, fondée sur la chasse au faciès, à l'arrestation des enfants dans les écoles, à la traque de clandestins fabriqués par l'administration, au refus du statut de réfugiés politiques pour des personnes venues de pays dictatoriaux, en instrumentalisant les pires organisations confessionnelles musulmanes, en traquant le prétendu terroriste en Afghanistan hors du mandat confié par l'ONU, à la stigmatisation des origines différentes, à la diffamation de victimes de bavures policières un peu trop basanées, aux camps de rétention, aux menottages musclés dans les avions, à la gabegie financière de retours dans le pays d'origine, en imposant une connaissance préalable de la langue française seulement aux personnes qui ne sont pas venues du monde occidental, à la dénonciation du mouton dans la baignoire ! Si cela ne ressemble pas à une opposition féroce à l'autre...
Aller donner des leçons en matière d'immigration ou d'identité nationale aux Québécois est plus que malvenu : c'est une faute politique, une hénaurme sottise puisque ledit ministère français de l'indignité nationale avait prétendu s'inspirer explicitement de l'exemple québécois (sans les moyens pour des cours de français, mais avec la matraque et les menottes en plus), un tête-à-queue invraisemblable où la politiqué d'affirmation du fait français en Amérique du Nord se voit stigmatisée après avoir été érigée en exemple lors de la campagne présidentielle. Mais nous n'en sommes plus à une contradiction près de la part de quelqu'un qui entend s'ériger en éternel donneur de leçons, même si pour cela il doit fabriquer à présent une sorte de Québécois afin de rendre encore plus illisible l'intolérance et la détestation véhiculées par son propre régime.
17:23 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, québec, canada, politique, ump, sarkozy
vendredi, 23 janvier 2009
Le taureau rouge fait voir rouge et de travers
Au Québec, on n'aime pas le Red Bull et le nom des événements qu'il parraine :
Le MMF, comme la Société Saint-Jean-Baptiste, en a contre le nom de l’événement, et réclame sa francisation. L’Office québécois de la langue française a déjà réagi en ce sens également. «Red Bull crache sur le français», soutient la présidente du MMF, Sophie Beaupré, ne se privant pas d’un jeu de mot au passage. Elle fait également valoir qu’en Italie, la compagnie a traduit le nom de son écurie de F1. Red Bull devient ainsi Toro Rosso.
En Europe, c'est plutôt la composition du Red Bull ou de ses imitations qui soulève l'indignation. Que je sache, le scandale est plutôt là et réclamer une francisation, c'est accepter que son existence va de soi. Fallait pas l'inviter ! comme on dit...
19:51 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, francophonie, langue française
samedi, 20 décembre 2008
Toute ma vie, j'ai rêvé d'être hôtesse de l'air
Pour mon petit jeu langagier et imagier, je ne vous demanderai pas de retrouver seulement la langue dans laquelle s'exprime la fort belle Natacha, mais aussi le titre de l'album original et puis la traduction du titre de la langue présentée. Ensuite, vous expliquerez pourquoi certaines expressions sont plus acceptables en un français régional que dans le français standard (et pourquoi les décolletés de Natacha sont plus profonds et prononcés ou son nombril plus visible dans un langage régional que dans le français international, vu la différence notable des couvertures).
Lamkyre ou Zolurne est exclue du jeu avant la première réponse.
16:12 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bande dessinée, bd, langue française, francophonie
mercredi, 17 décembre 2008
Un exercice réussi du premier coup
Suite à une missive de notre honorable correspondant helvète, Ponte Facto, nous déclarons que nous ne sommes pas en compétition dans Google avec le Grand Prix du maire de Champignac, même si nous alternons régulièrement les premières places au détriment des éditions Dupuis. Il s'agit d'un banal incident puisque ledit prix était décerné auparavant quelques mois plus tôt. J'ai oublié l'événement, car la date avait été modifiée. Le vainqueur est donc un militaire pour la citation numéro 9 que je vous laisse découvrir en compagnie de ses concurrentes. Mais le Champignac se décline : ainsi la médaille d'argent a été à la citation numéro 46. Je préfère que vous lisiez les extraits en question, donc je ne les cite pas.
23:33 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, presse, média, médias, journalisme
De l'origine de Noël
Je connaissais déjà l'étymologie plus que suspecte de Noël par un mot d'origine prétendument gauloise. J'avais vertement répondu à la personne qui répandait des fariboles, juste par anti-christianisme et anti-catholicisme primaires (je ne suis pas trop partisan des curés, mais si l'on veut lutter contre la superstition il y a d'autres méthodes que les étymologies fantaisistes). Je découvre aujourd'hui que Noël serait en fait un mot d'origine arabo-musulmane (on admire la précision linguistique) ! et le synonyme du prénom Naoual... Dans les deux cas, l'étymologie prétendument révélée est aussi bien au service d'une cause purement idéologique. Certes, on a le droit de se dire anti-chrétien comme dans le premier exemple, on a aussi le droit de se dire pour une conciliation des cultures religieuses (même si tous les membres supposés d'une culture religieuse n'appartiennent pas forcément à cette religion), mais enfin... pourquoi donc se servir de l'étymologie et surtout d'une étymologie fausse à dessein afin de servir sa cause ? Parce que l'étymologie du mot serait donc censé nous révéler son essence et sa nature ? On est en plein mythe. Les mots n'ont de vérité que par les sens attestés dans des discours reproduits, le reste est pure supputation. Quand on voit l'argument du recours à l'étymologie dans un discours ou un texte un peu politique, on peut se dire que l'orateur va raconter une fable ou trafiquer les travaux historiques. Cela ne rate presque jamais. C'est presque toujours faux, mais le mot d'étymologie fait penser à la vérité. Il y a un autre point encore : dans les deux cas précédents, on veut orienter le lecteur vers quelque chose qui aurait été inconnu, ignoré ou méprisé par les savants, que l'on cacherait au peuple. Et on va procéder à cette révélation. Or ce comportement absurde participe de la désinformation générale en prétendant justement que la vérité est ailleurs. Il valide une théorie du complot par des élites qui s'auto-reproduiraient. C'est idiot, mais comment le faire comprendre en langage idiot ?
17:34 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, noel, nativité, étymologie
samedi, 13 décembre 2008
Casse-tête pour Gaston
J'avais promis de tenir un nouveau jeu à la fois langagier et illustré par semaine, je tiens ma promesse dans des limites acceptables, puisque la semaine n'est pas finie (cela aurait été un peu de mauvaise foi pour tous demain dimanche).
Il faut trouver ici, non seulement la variété de français que parle Gaston Lagaffe, mais en outre la ville dont il semblerait originaire.
Vu le manque d'indices dans le texte - fort succinct -, il ne vous reste plus qu'à vous mettre en marque dans vos Google respectifs. Et cette fois-ci, c'est vraiment gouglable...
Question éliminatoire : l'onomatopée est-elle traduite elle aussi ? Pourquoi ?
16:42 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, bande dessinée, humour, jeu, langue française, francophonie
lundi, 01 décembre 2008
Lés jonnaus de teurtos lés pays
Je me suis trouvé un nouveau jeu à la fois linguistique et iconographique (j'ai arrêté un temps trop long les Arts et les Gens). Il s'agit cette fois de trouver le parler dans lequel s'expriment des personnages célèbres de la bédé franco-belge (et de préférence plus belge que franco de port), de le traduire sans regarder l'album. Puis on pourra commenter leurs expressions et voir si cela diffère vraiment avec la version en français standard ou si l'on se reconnaît dans ce parler au cas où l'on serait originaire de la région en question. C'est aussi une manière de réunir les fils de ce blogue qui parle de langue, de littérature et aussi d'arts plastiques comme langage. Comme les devinettes sont aisément gouglables, l'intérêt sera dans la forme des réponses. Je tenterai de tenir un rythme hebdomadaire pour cette rubrique.
21:42 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, bd, bande dessinée
mercredi, 26 novembre 2008
Carpette anglaise 2008 : Pécresse élue !
Je suis déçu. Mon candidat n'avait même pas été sélectionné pour ce prix que je ne rate pas (tout comme les IgNobels ou le Prix du maire de Champignac).
Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l'Elysée de 1963).
Je suis en revanche satisfait de voir la sélection de Xavier Darcos.
18:47 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, enseignement, éducation, profs
vendredi, 21 novembre 2008
Pour un éloge de la barbarie et de la sottise réunies
Cet ancien enseignant de... français ( révoqué de ses fonctions) et actuel traducteur vers le français en Belgique parle du français comme d'une langue... barbare ! Il est bien connu que les barbares ne parlaient pas grec, puis qu'ils ne parlaient pas grec ou latin. Que découvre-t-on dans la liste des articles qu'il cible ?
Halieutique
Ichtyologie
Syzygie
Lithotripteur
Alphabétisation, médico-pédagogique,
Asthénie
Cystilychnopnée
Conchyliologues
Psychologiquement, physiquement, angiome, esthétique
Gemmophilie
Erithème, carcinogénèse, mélanine.
C'est un peu bizarre, parce que tous ces termes existent aussi dans d'autres langues européennes qui ne sont pas qualifiées, elles, de barbares par le wallingant délirant en lutte contre le français. Presque tous sont grecs d'origine, mais les Romains n'étaient-ils pas des Barbares pour les Grecs parce qu'ils n'étaient pas de leur peuple et qu'ils parlaient le grec avec un accent ? Toutes les langues romanes (et même l'anglais, l'allemand, le russe ou l'arabe sont alors aussi barbares, puisqu'ils adaptent les mots grecs à leur prononciation ou leur graphie) sont donc des langues barbares. Mais cela le Wallon fou ne le dira jamais, perdu qu'il est dans son combat contre la langue française qu'il s'obstine à mener en... français ! Ce dont il parle, en fait, c'est d'un état du journalisme, présent dans à peu près toutes les langues. La prétention de certains plumitifs par l'emploi de mots longs et obscurs du fait de leur origine grecque puisque le grec est peu enseigné ailleurs qu'en Grèce. Et après ? On n'est pas plus avancés si l'on sait que le français c'est caca et que le grec c'est chic ou que le grec en français c'est beurk et que le grec en anglais c'est very good. La bêtise est pleine d'avenir. J'ai de la sympathie pour les crétins absolus.
21:47 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie
jeudi, 20 novembre 2008
Coloc en stock
«Jusqu'à maintenant, les traductions de Tintin ont été faites dans des langues étrangères ou des dialectes, ajoute le spécialiste des langues. Or un Tintin en québécois va donner l'impression que la langue qui se parle ici est un dialecte ou une langue étrangère au français. Ce qui n'est pas le cas. Le québécois, ce n'est pas une langue régionale, c'est une variété nationale du français [au même titre que le français de Suisse, de Belgique ou du Sénégal] et cet exercice d'adaptation va encore répandre des préjugés épouvantables.»
Ben... On trouve quand même quelques belgicismes discrets - parfois corrigés - dans le français dit international de Tintin et certaines des insultes de Haddock sont du pur marollien...
21:16 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, québec, québécois, bande dessinée, bd
dimanche, 16 novembre 2008
Verrine
Dans l'émission (très intéressante même pour les grands enfants) Maman, les petits bateaux, Noëlle Bréham évoque le mot verrine en parlant de son contenu, par lequel elle est fascinée. Or il y a vingt ans Henriette Walter dans le Français dans tous les sens déplorait que ce beau mot lorrain de verrine ne soit pas plus repris tellement il est utile et simple, c'est vrai qu'il était encore régional :
20:01 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : noël, francophonie, langue française, lorraine, vosges, régionalisme, patois
vendredi, 14 novembre 2008
Vers de nouvelles conventions
Pierre Encrevé dans Non Fiction à propos des rectifications qui ont été récemment avalisées par le Robert :
Mais les Français ont toujours tendance à croire que chaque mot possède, de toute éternité, dans le ciel des idées une forme graphique unique et perpétuelle à laquelle, par on ne sait quelle magie, les dictionnaristes et eux seuls auraient accès. L'école des "noirs hussards" chers à Péguy a beaucoup fait pour enraciner et répandre cette croyance naïve, fondée sur une ignorance soigneusement entretenue parce qu'indispensable à légitimer la sélection par l'orthographe. L'orthographe est une production culturelle multiple, complexe, et continue des écrivains, éditeurs, imprimeurs, lexicologues et lexicographes ainsi que des usagers ordinaires dont les prétendues "fautes" finissent souvent par s'imposer lorsqu'elles rectifient l'arbitraire de la convention.
Je partage son point de vue, faut-il encore le dire ? Et où y aurait-il faute dans évènement ou charriot ou déciller alors que les formes antérieures n'étaient que des accidents et que des exceptions justifiées ensuite par une prétendue maîtrise de l'orthographe devenue figée, mais ne répondant ni à la cohérence, ni à l'étymologie ? L'orthographe a toujours été un instrument de pouvoir, de discrimination culturelle, mais elle a pu prendre la manière la plus absurde qui soit dans de tels exemples. L'autre était forcément inférieur, puisqu'il raisonnait logiquement et n'écrivait pas la forme conservée par hasard.
22:04 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, dictionnaire, orthographe
lundi, 10 novembre 2008
L'anglais au travail
La remarque de Claude Hagège est frappée au coin du bon sens :
« Quand ils travaillent en France, ces derniers, dans leur majorité, n'ont pas besoins (sic) de s'exprimer autrement qu'en Français (sic). Pensez-vous qu'un ouvrier doive savoir parler l'anglais ? », interroge-t-il en fulminant contre cet anglais galopant qui envahit le français. Et de mettre en garde tous les employeurs qui feraient le tri de leurs salariés par le seul filtre de la maîtrise de cette langue.
Il s'agit en fait d'un phénomène fréquent dans les enquêtes d'opinion : les sondés ont répondu en fonction de la connaissance empirique de leur travail tel qu'il existe et non tel qu'on voudrait qu'il soit. En outre, une entreprise peut effectuer une partie de son chiffre d'affaire avec l'étranger, mais cela ne concernera qu'une partie limitée de son personnel en contact avec les fournisseurs, les prestataires de services ou les clients. Un emploi faiblement qualifié - manutention, bâtiment, entretien, gardiennage - ou alors seulement de production agricole, industrielle, artisanale ne place que rarement devant la nécessité de devoir affronter une autre langue. Cela peut s'imposer bien plus à ce niveau lorsque l'on travaille dans des zones frontalières de la Suisse, du Luxembourg et de l'Allemagne ou dans les départements ruraux dans lesquels on accueille les nouveaux envahisseurs godons, mais il est bien rare qu'ailleurs un boulanger ait à vendre ses produits à des personnes ne parlant qu'anglais.
Un autre biais de la même enquête au sujet de la nécessité de la connaissance de l'anglais dans le monde du travail apparaît lorsque l'on s'intéresse un peu à l'économie : si le commerce extérieur augmente, il ne faut pas négliger le fait que le premier partenaire économique de la France est d'abord l'Union européenne où l'on compte 24 langues officielles ! Et dans l'Union, le premier pays avec lequel nous échangeons est... l'Allemagne. Or l'enseignement de l'allemand est devenu totalement sinistré depuis une dizaine d'années. Ce qui est frappant dans ce sondage, c'est comment l'on passe vite de la connaissance d'une langue étrangère à la connaissance de l'anglais :
Un [salarié] sur deux estime que la pratique d'une autre langue que le français n'est pas indispensable dans le cadre de son travail.
Et juste après le chapeau :
Alors que Xavier Darcos fait de l'apprentissage de l'anglais au lycée une nécessité absolue pour que les bacheliers deviennent tous bilingues, cette préoccupation s'étiole singulièrement dans le monde du travail.
En fonction de quelle étude antérieure ? Elle n'est rappelée nulle part. Le bilinguisme de nos élèves qui parlent chez eux turc, arabe, amazigh, wolof, mandinque, vietnamien, serbe, albanais, créole, alsacien, corse, basque, breton,cela n'existe donc pas ?
On voit mieux l'orientation idéologique de l'article quand on lit cette affirmation :
Selon un récent sondage réalisé par le site de recrutement Monster, 51 % des salariés estiment en effet que la maîtrise d'une langue étrangère au travail n'est pas une priorité. Un taux particulièrement faible si on le compare aux résultats recueillis dans d'autres pays.
Il y a comme un problème de lecture des chiffres, parce que le résultat est de 50 % en Belgique, pays pourtant trilingue ! Et ce pays est cité dans la liste de ceux qui auraient un taux d'adhésion supérieur à la France après le Luxembourg, l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche. Mais là où on ne s'interroge pas du tout, c'est sur le fait qu'un pays comme la Belgique manifeste moins d'intérêt pour les autres langues que la Suisse ou le Luxembourg alors que la question linguistique est au coeur de la politique nationale et locale. Heureusement, on se rattrape en disant quand même que 78 % des salariés étatsuniens ne voient pas la nécessité de parler une autre langue (on s'en doutait largement). C'est aux autres d'apprendre leur langue et de financer cet effort.
Manifestement, la présentation de ce sondage est orientée de façon à correspondre à un objectif : faire croire que l'anglais sera le sésame de tout emploi, construire une société de classes fondée sur la maîtrise de la langue dominante.
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samedi, 08 novembre 2008
Idiome, idiotie et idiotisme
De la part d'un correcteur journalistique :
Ceux qui nous disent que l’anglais est facile oublient également les verbes irréguliers, fort nombreux. Et les nombreux idiomes dont le sens est si opaque pour les non-anglophones.
D'habitude, Paul Roux écrit simplement, clairement et nettement. On ne distinguerait guère ses textes de ceux d'un honnête journaliste français. Mais ici, il commet un anglicisme lexical. En effet, un idiome est en français un parler ou la forme régionale, sociale d'une langue, mais non une expression particulière. Le terme exact est idiotisme :
Forme ou locution propre à une langue, impossible à traduire littéralement dans une autre langue. Ex: « Ne pas avoir sa langue dans sa poche » est un idiotisme.Traduite mot à mot en anglais, cette expression ne voudrait rien dire.
On peut d'ailleurs remarquer aussi qu'un idiotisme est une forme figée qu'on ne peut modifier.
« Ne pas avoir sa grande langue dans sa poche » ne veut plus dire grand chose.
Autrefois synonyme de idiotie, arriération mentale.
On comprend que le rapprochement avec l'idiotie puisse rebuter certains, alors que le terme est bien apparenté à idiome. Mais surtout, en anglais, on dit idiom pour idiotisme :
an expression in the usage of a language that is peculiar to itself either grammatically (as no, it wasn't me) or in having a meaning that cannot be derived from the conjoined meanings of its elements (as Monday week for “the Monday a week after next Monday”)
Or, comme Paul Roux est Québécois et en contact avec l'anglais, il a pris le terme anglais plus fréquent et moins connoté que le mot français. C'est typiquement le genre d'anglicisme qui passe presque inaperçu.
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samedi, 25 octobre 2008
Le québécois dans le dico
Le bleuet, par exemple, est une « plante à fleurs bleues » pour le Larousse, puisqu'il s'agit en France d'une plante bien différente de nos petits fruits, célèbres au Lac-Saint-Jean. Dans le nouveau dico québécois, le bleuet sera décrit comme « une baie comestible, produite par des espèces indigènes de l'est de l'Amérique du Nord ».
Et, dans ce dictionnaire, pour les synonymes donnera-t-on en plus de myrtille les beaux noms de brimbelle ou de blue comme dans les Hautes-Vosges où cette baie est fort appréciée et fait partie de la culture locale ? Bon... la brimbelle québécoise est un peu plus grosse que la lorraine, mais elle est de la même espèce.
J'aime bien cette mention :
Les anglicismes, comme les peanuts ou le bowling, sont précédés d'une croix et leur usage est déconseillé.
Vaste problème, comme dirait l'autre, vu l'état du québécois...
21:58 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, francophonie, éducation, enseignement
vendredi, 24 octobre 2008
De l'accord du participe passé
Voici une gigantesque bourde due à Marie-Éva de Villers - l'une des plus importantes lexicographes et grammairiennes québécoises - reprise sans aucun rectificatif par Paul Roux, correcteur pour le groupe La Presse, fort populaire au Québec :
Dans un texte paru en 2004, Marie-Éva de Villers, auteure du Multidictionnaire, a écrit : «Avant l’orthographe d’usage, il nous semble que c’est davantage l’orthographe grammaticale du français qu’il faudrait simplifier. En 1679, l’Académie française décrétait que les participes présents seraient désormais invariables. Pourquoi les académiciens de l’époque n’ont-ils pas jugé utile de faire subir le même sort aux participes passés? Accord du participe employé avec l’auxiliaire être, avec l’auxiliaire avoir, accord du participe passé des verbes pronominaux, accord du participe passé suivi d’un infinitif : que d’heures d’enseignement et de mémorisation nous économiserions si ces accords étaient supprimés! L’invariabilité du participe passé constituerait une nouvelle règle beaucoup plus efficace et facile à retenir que des Rectifications mineures touchant un peu plus de 2000 mots et créant de nouvelles exceptions. Un arrêté ministériel de 1900 en France préconisait l’absence d’accord du participe passé, mais il est malheureusement resté lettre morte.»
L'histoire d'une absence d'accord du participe passé demandée par l'arrêté ministériel Leygues du 26 février 1901 (et non de 1900) n'existe tout simplement pas. Il ne s'agissait que des accords suivant les verbes laisser et faire, les verbes pronominaux, ou de cas comme vu antéposé. Cet arrêté n'a jamais été appliqué dans les faits pendant trois quarts de siècle. En outre, cela n'était valable que pour les examens et les concours de la fonction publique. Cependant, il existe un autre arrêté antérieur, du même ministre, daté du 31 juillet 1900, qui préconisait l'absence d'accord du participe passé dans tous les cas après le verbe avoir (Marc Wilmet, le Participe passé autrement, Duculot, p. 18). Il a été annulé par le décret postérieur de huit mois. Jamais il n'a été question d'absence d'accord en présence de l'auxiliaire être seul ou en position adjectivale ou comme noyau d'une proposition. Et c'est l'arrêté de 1901 qui aurait dû être appliqué puisqu'il remplaçait l'arrêté de 1900 jugé comme trop permissif, laxiste, révolutionnaire. On a une confusion entre deux textes distincts et puis entre ce que disent ces textes et le propos qu'on leur prête. Ce n'est pas faire avancer la cause d'une simplification de l'orthographe et de la grammaire que de se livrer à des amalgames dignes des adversaires de toute réforme.Vu du Québec, ce genre de chicaneries administratives peut sembler sans grand intérêt et assez niaiseux, pourtant il convient d'expliquer un peu le sens et l'origine de ce que l'on veut transmettre, si on tient à faire aboutir vraiment une cause. C'est au prix de la rigueur historique qu'une réforme sera possible, car les adversaires de ces réformes sont prêts à toutes les exagérations et tous les mensonges afin de dévaloriser le progrès.
14:31 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, orthographe, québec, enseignement, éducation, journalisme
mercredi, 22 octobre 2008
Le gayon
Indiot, rochot, enhoter, bacailleux, ostrilles, sinot, brisaque, geindreux, ouine, guerlette, bilot, dégrimonner.
16:33 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, patois, dialecte
vendredi, 17 octobre 2008
Le cas rwandais
Le gouvernement rwandais a décidé, mardi 7 octobre, que l'anglais et non plus le français serait dorénavant la langue de l'enseignement. Le changement s'appliquera de l'école primaire à l'université. Les autorités françaises n'ont pas réagi à l'annonce de la décision.
Ce n'est pas seulement parce que le gouvernement rwandais reproche à la France son rôle lors des guerres qui se sont produites dans cette région qu'il faut se contenter de ses raisons, c'est aussi un choix plus profondément géopolitique. Les élites actuelles du Rwanda ont été formées durant leur exil en Ouganda, pays voisin et anglophone. Le Rwanda occupe une partie du Congo francophone et sa position peut être inconfortable pour le futur sommet de la Francophonie. Or le Rwanda est un pays enclavé. Les voisins kényan et tanzanais sont anglophones et appartiennent déjà au Commonwealth. Le président de Madagascar, formé aux Etats-Unis, a déjà agi de même en faisant reculer le français dans l'enseignement au profit de l'anglais. Il s'agit donc d'une décision qui est aussi d'ordre économique tellement l'anglais domine dans l'ouest et le sud de l'Afrique. La langue est instrumentalisée à d'autres fins que les conflits judiciaires.
17:01 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, francophonie, afrique
lundi, 06 octobre 2008
1990 entre dans l'enseignement français
Je suis plongé dans la lecture des nouveaux programmes pour la classe de sixième applicables dès la rentrée 2009 (comment ? il y a une réforme des programmes de collège sans aucune concertation, ni consultation ? oui, c'est possible, mais pas ensemble...) Dans le fond, peu de gros changements pour les textes et les périodes ou les thèmes, mais un retour très net à la grammaire comme enseignement distinct et spécifique comme c'est déjà le cas en primaire. Je verrai les catégories grammaticales retenues plus tard, cela demande une comparaison un peu fine pour voir l'orientation (mais je crois que la terminologie ne va pas beaucoup bouger vu ce que j'ai écrit dans mes deux billets De Grammatica au sujet de l'école élémentaire). Je note la lourde insistance sur l'éducation à l'image et à l'histoire de l'art - le nouveau dada présidentiel. Comme si ce n'était pas le cas auparavant ! Et puis au détour d'un paragraphe, je lis ceci :
NB : Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications de l’orthographe proposées par le Rapport du Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française (Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990). Pour l’évaluation, il tient également compte des tolérances grammaticales et orthographiques de l’arrêté du 28 décembre 1976 (Journal officiel de la République française du 9 février 1977).
Ah ben tiens ! Voilà vraiment du neuf. Il était plus que temps. C'est la première fois que je lis textuellement dans un programme de l'Education nationale française qu'il faut appliquer cette instruction ministérielle datant de trente ans (et après tout d'assez bon sens). Les Belges, les Suisses et les Québécois ont aussi accepté avant nous les tolérances orthographiques, mais quand j'en parlais il y a dix ans on me disait qu'il n'y avait aucune consigne à ce sujet ou qu'on ne savait pas de quoi je parlais ou que j'avais une lubie, et que de toute manière le jury est souverain même dans son arbitraire. Il paraît qu'un certain conseiller de François Bayrou, un agrégé des lettres et deux fois docteur, aurait violemment combattu ces rectifications entre 93 et 97 afin de les proscrire de l'enseignement selon certains dires, et maintenant un ministre ancien conseiller de François Bayrou, agrégé des lettres et deux fois docteur, demande de les appliquer. Que s'est-il donc produit pendant tout ce temps pour produire un tel retournement ?
Et on peut se demander si le renversement brutal de politique orthographique du Petit Robert, qui reprend maintenant un grand nombre des rectifications après les avoir combattues lui aussi à la différence de certains de ses concurrents, n'est pas dû à ce changement dans les programmes scolaires, lorsque l'on sait que le Robert est le dictionnaire de référence des enseignants de lettres qui le prescrivent.
22:53 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, enseignement, profs, langue française, francophonie
dimanche, 05 octobre 2008
Mon candidat pour la carpette anglaise : Bernard Kouchner
Est-ce que l'on peut m'expliquer la nécessité pour un ministre des Affaires étrangères de la France de s'exprimer en anglais lors d'une interviouve pour un journal d'un pays dont la langue offficielle n'est pas l'anglais, mais qui est par ailleurs candidat à'l'Organisation internationale de la francophonie et qui posséde au moins un dixième de francophones sur son sol ?
« Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, tient à préciser que, durant son interview en anglais avec les journalistes du Haaretz publiée ce jour, il a utilisé le mot « hit » et non « eat » à propos d’une hypothétique réaction israélienne s’agissant de l’Iran.
Il évoquait, en effet, l’éventualité d’une frappe israélienne destinée à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.
Il regrette le malencontreux quiproquo que cette confusion phonétique a provoqué. »
Au delà de cette lamentable bourde entre locuteurs non anglophones de naissance (native tongue speakers), comme on peut s'y attendre dans un pidgin dont on ne maîtrise pas tous les phonèmes, c'est quand même une certaine idée de la France qui est en jeu. Est-ce que le Quai d'Orsay ou Haaretz (le journal de référence en Israël) sont trop pauvres pour avoir recours à des traducteurs du français et de l'hébreu ? Quelle idée cela donne-t-il de la diplomatie actuelle de la France et de son rayonnement ? Je sens déjà que tous les souverainistes sont en train de s'étouffer et ils ont raison face à tant de déraison. Notre grand donneur de leçons humanitaires avec brushing impeccable et coup de menton en avant est mûr pour une bonne nomination au prix de la carpette anglaise. On peut être rassurés au sujet de notre divin président, son anglais est tellement catastrophique et indigne d'un bachelier qu'il lui faut obligatoirement un traducteur afin de ne pas provoquer des éclats de rire. Et je me demande comment on peut laisser passer une interviouve non relue et corrigée au ministère des Affaires de plus en plus étranges alors que la communication est strictement contrôlée pour des ministères bien moins importants ou vitaux qui exigent le texte avant parution. Ce n'est plus de l'amateurisme, c'est de la désinvolture complète.
17:09 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, ump, sarkozy, langue anglaise
jeudi, 10 juillet 2008
De la pratique du golf en français
Selon Gérald Pelletier, le Québec souffre toutefois moins de ce problème [les anglicismes] que la France.
«Le golf reste un sport plutôt élitiste en France. Et chez ces élites, maîtriser l'anglais est valorisé.»
Je connais une excellente manière de pratiquer le golf sans anglicisme et sans risque de perdre : jeter le manuel à la poubelle et jouer comme on le souhaite, avec ses règles et ses mots que l'on invente au fur et à mesure. Bien sûr, on n'est plus très bien considéré socialement, mais cela permet d'éliminer une foule d'ennuyeux ou de prétentieux de son carnet d'adresse en très peu de temps. D'ailleurs, s'ils se déclarent choqués, c'est qu'ils ne vous méritaient pas et non l'inverse.
15:26 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, francophonie, golf
mardi, 08 juillet 2008
Entame, phasage, accommodement, caucus, grivèlerie, putsch, biocénose, wagage
Entame, phasage, accommodement, caucus, grivèlerie, putsch, biocénose, wagage. Ce ne sont pas les mots entrés dans le Petit Larousse ou dans le Petit Robert, mais ceux qui ont été un peu observés depuis le 30 juin par le quotidien suisse Le Temps. Comme chaque été, depuis cinq ans, Nicolas Dufour brode autour de mots un peu étranges ou parfois bien ordinaires qui proviennent de tous les coins de la francophonie. J'avais déjà signalé les séries précédentes, on peut les lire en archives du journal dans la rubrique Dossiers, puis Saveurs du français. C'est simple, c'est frais, c'est léger, c'est l'été. Il y en a pour deux mois.
11:33 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie
jeudi, 03 juillet 2008
Questions avec un champignon
[Voix off] Nous retrouvons tout de suite notre grand jeu Questions avec un champignon en compagnie de Julien Liranien ! Julien, c'est à vous ! [Applaudissements, fin de la musique.]
- Merci, merci ! Nous retrouvons maintenant Jean-Claude, ce sympathique retraité qui s'investit dans la vie associative grâce à la Fédération des seniors UMP du Cantal-Atlantique ! Jean-Claude, êtes-vous prêt ? Avez-vous un message à faire passer avant ?
- Je voudrais d'abord adresser un salut amical à tous les membres du club de jeux de mots fléchés de l'UMP de Pastagac'h-sur-Chouchen. J'aurai aussi une pensée pour mes enfants, Mariah-Samanthah et Jean-Steevyn, qui attendent avec plus d'impatience que moi le résultat de leur bac technologique pour la troisième fois. Qu'ils prennent exemple sur leur papa qui ne se laisse pas vaincre par l'adversité et qu'ils sachent que je pense très fort à eux, car ensemble tout est possible !
- D'accord, Jean-Claude, d'accord... Vous n'oubliez personne ?
- Si, je voudrais dire à Monique, ma tendre et hélas ! fidèle épouse qu'elle ne pourra plus me reprocher d'être inculturé puisque j'ai répondu bon jusqu'à présent. Il faudra bien qu'elle se fasse une raison.
- D'accord, Jean-Claude, d'accord. Vous êtes un homme de coeur et de conviction autant que de culture, on l'aura compris. Gardez la main sur le champignon et n'appuyez que si cela vous semble nécessaire afin de ne pas perdre de points. Nous jouons pour 20 000 euros. Top ! C'est parti pour trente secondes. [Ting ting ting] Je suis un livre qui contient 150 mots nouveaux, on rencontre chez moi la blogosphère de la bienpensance, le slameur hype, le carnettiste qui mange du tzatziki, le biopirate qui s'attaque à la biosécurité.
[Bzzzz ! broum !]
- Jean-Claude ?
- C'est le Petit Robert, il n'y a que lui pour proposer autant de nouveaux mots débiles qui ne sont même pas français, qu'on n'a jamais entendu enfant et dont on ne sait pas ce que cela veut dire ! Même qu'on a déposé une motion chez les seniors UMP pour faire interdire le Petit Robert dans les écoles et les bibliothèques.
- Je suis désolé, Jean-Claude, ce n'est pas le Petit Robert ! Hélas ! Je rappelle que nous jouons pour 20 000 euros. Top chrono, c'est reparti ! [Ting ting ting] Je suis un dictionnaire qui offre un vaste panorama de la francophonie avec des expressions bourguignonnes comme artison ou provençale comme restanque, je m'ouvre au Québec avec brûlement d'estomac et à la Suisse avec autogoal, je suis, je suis, je suis...
[Bzzzz ! Broum !)
- Ce n'est pas le Petit Larousse illustré quand même ?
[Taratata ! Vraoum ! Lalala.. Gloria in excelsis Deo !]
- Mais si, Jean-Claude ! Bravo ! Topons-là ! Quel suspense, mes amis, mais quel suspense ! Jusqu'au dernier moment, je croyais que vous n'alliez pas trouver ? Comment avez-vous fait pour deviner Jean-Claude ? Quel est votre secret ?
- C'est le mot francophonie qui m'a mis la puce à l'oreille, parce que le Petit Larousse illustré est présent dans toute la francophonie. Je me rappelle que lorsque j'étais coopérant en république de Côte-de-Zébu nous utilisions systématiquement le Larousse de 1920. D'ailleurs, les indigènes de la brousse n'auraient pas pu comprendre des mots trop récents et leur signification. Au moins, on n'y trouvait pas de mots étrangers qui auraient perverti notre rôle civilisateur, mais votre mot suisse à la fin m'a fait un peu douter. Vous êtes sûr que c'est dans le Petit Larousse et que c'est bien suisse ?
- Jean-Claude, Larousse est notre partenaire pour ce jeu ! Ne l'oubliez pas ! Sans lui, pas de cagnotte, pas de 20 000 euros !
- Ah oui ! Zut ! Il faut absolument que je gagne ce jeu afin qu'on ne m'offre pas la dernière édition pleine de mots étrangers qui ne veulent rien dire. Et brûlement, c'est bien québécois ? Parce que je crois l'avoir toujours entendu !
- Vous savez, Jean-Claude, les Québécois utilisent surtout des mots qui datent de nos ancêtres les Gaulois. C'est typiquement québécois puisque c'est un vieux mot bien français.
- Pas comme pour ceux des Suisses et des gauchistes !
- On l'applaudit bien fort !
[Musique. Off : à bientôt, Julien Liranien, pour une nouvelle édition de ce merveilleux jeu de culture et de savoir-vivre.]
11:49 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, humour
lundi, 30 juin 2008
Eucharistie
La semaine dernière, la médiatrice du Monde inventait un mot québécois : clabaudage au lieu de clavardage. Elle n'a pas corrigé ses propos malgré les commentaires publiés à la suite de sa chronique. Puis ce fut le rédacteur en chef de Paris-Match qui célébra les 400 ans du Québec au lieu de Québec, mais qui fit preuve aussi de créativité en matière de lexicologie québécoise :
La journaliste [de la Presse] s'amuse toutefois que Gilles Martin-Chauffier ait inventé un juron québécois en citant dans une chronique "Eucharistie" parmi les blasphèmes favoris des Québécois comme "tabernacle", alors que personne "même pas un ouvrier qui vient de s'aplatir le doigt avec un marteau ne profère un tel juron".
On ne retombe pas seulement dans l'ignorance, mais aussi dans le cliché comme la fois précédente. Un mot sonne québécois, semble typique et pittoresque même si on ne le vérifie pas (les dictionnaires de français québécois existent, sont disponibles en poche et en France ! voire sont en ligne). Ici, le cliché, c'est tous les Québécois profèrent des jurons liés aux sacrements et aux objets du culte comme hostie ou ciboire, ils ne peuvent donc sacrer que par l'eucharistie. C'est ainsi que l'on fabrique une sorte de québécois un peu imaginaire à l'usage des francophones d'Europe (l'inverse n'est pas moins vrai d'ailleurs). Mais cela paraîtra vraisemblable dans l'Hexagone puisque cela correspond à une certaine image du québécois (cette langue si savoureuse qui n'a pas changé depuis Clovis, Dagobert et Charlemagne).
15:51 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : langue française, québec, francophonie, presse, journalisme


