lundi, 28 avril 2008
Du boycottage
En anglais, le verbe « to boycott » et son substantif « boycott » sont donc nés suite à cette affaire. En français, les dérivés « boycotter » et « boycottage » ont suivi. Historiquement, c'est donc le terme « boycottage » qui prévaut. L'usage correct du français voudrait qu'on le préfère à son petit frère.
Oui, oui, oui. Sauf que 1881 et 1888 pour l'un et l'autre terme (selon le DHLF), cela ne fait pas une grande marge historique. On peut répéter les mots historique et historiquement, ils ne veulent strictement rien dire et ils sont parfois mensongers lorsqu'on n'indique pas les dates exactes d'apparition. Il y avait juste deux termes qui se combattaient dans une époque proche et un a été plus tôt attesté par écrit. Cela arrive pour beaucoup de mots anglais aujourd'hui et on devrait accepter alors tous les mots venus directement de l'anglais parce qu'ils seraient antérieurs aux mots français. Il faut un peu de temps pour que la langue prenne ses marques. Avec de tels raisonnements, on peut défendre e-mail (erreur !) contre courriel, ou blog (horreur ! contre blogue. L'histoire n'est pas la raison ultime, la première forme française n'est pas préférable ou sinon nous devrions écrire dans le français de la Chanson de Roland, et faire français par un suffixe n'empêche pas de faire anglais par la prononciation (entendu ce véquende, un païpe-line totalement saugrenu de la part d'une journaliste qui croyait parler je ne sais quelle langue...) Je préfère boycottage, même si je trouve qu'il déforme passablement le lien entre la graphie et la prononciation du français, à boycott, mais mes raisons ne seront pas historiques : l'histoire, c'est juste le paillasson des certitudes et des dogmes ! On décrète ensuite que tel mot devient plus correct parce qu'historique et antérieur de sept ans ! Une paille qui est une poutre...
21:03 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue anglaise, anglais, langue française, français, histoire
mardi, 29 janvier 2008
La Belgique sans les Belges
Vous avez aimé le scénario Belgique : la scission ? Vous aimerez le prochain Belgique : la scission sans la scission.
Comme la Belgique est un pays compliqué, il convient de simplifier les institutions et cela commence bien :
L'idée émise par Marc Uytendaele est d'imaginer une "fédération francophone" au sein d'une "fédération belge".
Ah ben... Cela élimine les idées de communautés néerlandophone (elle confondue avec la région flamande), française et germanique (sans région particulière).
Mais attendez, le meilleur vient après :
Le constitutionnaliste de l'ULB, Marc Uytendaele, propose de repenser la configuration de l'Etat sous la forme de quatre autorités fédérées: l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone.
Je dois voir double, Bruxelles serait dans deux autorités ? Tout s'explique ensuite. On complique tout afin de résoudre les problèmes et en espérant que cela ne se voit pas trop.
Il ne subsisterait qu'un Parlement dit de Wallonie et de Bruxelles qui siégerait tantôt en session wallonne tantôt en session plénière.
Donc certaines personnes seraient wallo-bruxelloises, wallonnes ou rien du tout parce que hors de l'autorité wallo-bruxelloise. Tout est très clair...
Il reste un petit problème : la capitale officielle de la Flandre c'est... Bruxelles. On aurait donc un embryon d'Etat avec sa capitale sur un sol étranger, puisque l'on aurait aussi une sous-nationalité ou nationalité culturelle (sic) pour les personnes qui résident dans une des régions dont elles ne parlent pas en premier la langue.
Qu'est-ce qui pourra sortir de ce nouveau scénario aussi tordu que les précédents ?
21:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, belgique, europe, politique
Battle
Alexia Laroche-Joubert : "Préparez-vous aux battles".
Quand je lis ça, je suis bien content de ne plus avoir de télévision. A quoi cela sert-il de farcir son français de mots anglais qui ont déjà leur correspondant exact en français ? Parce que cela ne désigne même pas une réalité nouvelle, à la différence de produits techniques récents ou de concepts différents. C'est en outre un anglais pauvre, avec un vocabulaire basique, compréhensible par un élève de sixième puisque le mot est issu du français bataille. On a affaire à l'emprunt snob qui est choisi pour sa connotation prétendument plus moderne, plus dans l'air du temps, plus jeune. Mais cela me fait songer aux anglicismes de Gilberte dans la Recherche : quelques mots d'anglais simpliste dans une phrase afin de se croire à la page et fort chic. La StarAc ou l'entreprise de décervelage. Alors que c'est simplement la reprise du radio-crochet. Un truc de vieux... Mais avec un peu d'anglais basique saupoudré dans les discours, cela devient furieusement trendy.
10:22 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : star academy, starac, musique, langue française, français, anglais, langues
dimanche, 20 janvier 2008
Vers une Union anglaise
Réponse sèche : « pas question ! Vous n’aurez droit qu’à un traducteur, choisissez votre langue ». Les Slovènes, comme on pouvait s’y attendre, ont opté pour un traducteur slovène-anglais, cette langue étant davantage comprise dans l’Union que le français.
Le français n'est donc plus vraiment une des trois langues de travail de l'Union européenne. Quant à l'allemand, qui était autrefois la langue de ce morceau de l'Empire austro-hongrois, on n'en parle même plus... Lorsque l'on examine le coût dérisoire de la traduction dans le budget de fonctionnement des institutions européennes, on peut être en droit de se demander si ce genre de réponse ne relève pas d'abord de l'idéologie et du coup d'Etat linguistique.
14:15 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, anglais, français, politique, europe
samedi, 19 janvier 2008
The Osbournes
Parmi les célébrités du rock, il en est quelques-unes particulièrement frappadingues. La famille Osbourne - qui est par ailleurs le sujet d'une émission de téléréalité dans la grande île voisine - se distingue nettement : le quart-monde british avec du fric, le tout sur fond de bière (tiède bien entendu) et d'amplis distordus ou de guitares saturées. On est à cent lieues de Buckingham et de Beckingham, le mauvais goût est assuré avec cran dans un décor empli de bibelots d'un kitsch certain. Les Osbourne, c'est la famille Groseille ou les Simpson des Godons ! Mais quand Kelly, la fille du chanteur Ozzy, décide de se faire faire un tatouage en français parce que le français fait plus chic, cela craint à donf comme dirait Fadela Amara : "Je vous aime la maman". Ce qui est censé traduire "I Love You Mama", le titre par lequel Elvis a commencé sa carrière. Le tatouage a un peu plus d'un an, la nouvelle n'est donc pas de toute dernière fraîcheur, mais enfin... quand on commet des erreurs dans une autre langue, le mieux serait quand même d'éviter de se les faire imprimer dans la peau. Bon... mais c'est les Osbourne...
11:50 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : rock, langue française, français, anglais, musique
vendredi, 18 janvier 2008
Du retour de l'ablatif latin
De quoi vous entretiens-je ? D'un fait assez banal, mais qui me semble néanmoins exemplaire. Il existe deux formes de titres : ceux qui accrochent et ceux qui informent. Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu'à ce que les moteurs de recherche privilégient les titres informatifs au détriment des titres accrocheurs, car ces derniers contenaient trop de métaphores, de jeux de mots, d'équivoques, de périphrases, de sous-entendus. Or si on utilise un titre purement informatif et factuel, on a souvent peu de chances d'être lu. Et là on retrouve l'avantage du titre latin qui donne les mots clés tout en paraissant décalé puisqu'on n'a pas l'habitude de le voir souvent.
Il m'arrive fréquemment d'avoir recours à un titre de forme latine. J'aime son côté désuet. Cela a un parfum d'études de droit, d'histoire ancienne ou de lettres classiques. Cela fait sérieux, même si on écrit des sornettes après et c'est excellent dans ce cas. Son avantage ? On donne tous les mots clés dans le titre tout en paraissant décalé, puisque ce genre de titre ne se voit plus souvent. C'est à la fois informatif et accrocheur, coup double ! Mais que vois-je en deux jours ? Une dépêche People (!) de l'Associated Press (!), un billet dans un blogue situé nettement à gauche (Partageons mon avis), un article de Betapolitique (tout autant à gauche) employant le "de" ou le "du" qui vous classeraient immédiatement comme aristocrate de la plume. Il y a des exemples d'emplois de l'ablatif au cours de ces dernières années dans un certain nombre d'ouvrages ou d'articles, mais je me demande si une nouvelle mode n'est pas en train de naître.
Il y aura alors un paradoxe, ce genre de titre choisi pour la rareté de sa forme ne sera plus pertinent puisqu'il deviendra trop commun et moins accrocheur. En outre, le "de" ou le "du" initial fera reculer le classement du meilleur mot clé dans les moteurs de recherche. Ce sera alors moins informatif. Et on retombera dans les mêmes données qu'au départ.
18:24 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, journalisme, presse, média, médias, blog
jeudi, 17 janvier 2008
Je hais Ducros !
...et que le reste de ses os et entrailles continue à pourrir dans la terre la plus profonde et nauséabonde.
Il m'envoie des pourriels en vantant la Soup'Attitude dans son magazine Epices & Vous ! (Riez, il y a un jeu de mots...)
Ce n'est pas la première fois qu'il m'assiège, mais c'en est trop !
Je le hais pour son mépris complet de la langue française comme on le voit dans le nom de ce machin purement commercial, avec une fausse apostrophe anglaise et l'imbécile attitude à la Johnny ou Lorie.
Je le hais parce qu'il envahit ma BAL sans me le demander. Je ne peux rien contre les pornographes américains ou chinois, mais je sais que je peux avoir un tout petit parti de nuisance contre une marque française qui utilise des slogans totalement idiots et qui infecte l'espace internautique après celui de la télévision.
19:40 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : publicité, langue française, français
vendredi, 04 janvier 2008
Blingocratie
Comment créer un mot ? En l'utilisant d'abord et après Google donnera au moins 4 résultats pour peu qu'on soit un peu lié, puisque toute preuve de l'existence d'un mot passe d'abord par Google. La culture bling-bling est à l'origine d'une nouvelle famille de mots...
Je vais déposer les mots blingoarchie, blingopôle, blingocitoyenneté, blingocompatible, blingologie, blingographie, blingoscopie, blingométrie, et tous leurs dérivés... Le bling-bling est le mot clé de l'année !
23:57 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : web, internet, blog, google, langue française, français, francophonie
vendredi, 21 décembre 2007
Les oreilles qui traînent
Discussion étrange à la caisse de mon supermarché de proximité. J'entends un jeune d'apparence antillaise ou du moins métissée qui explique à une jeune Française de souche que le créole, ce n'est que du français prononcé différemment et que c'est un des patois du français. Il établit ensuite un parallèle avec le latin pour dire que le français, c'est du latin mal prononcé par les barbares et que c'est juste un patois du latin. Il l'invitait à regarder dans les dictionnaires (et non le dictionnaire) pour voir l'origine des mots, car beaucoup de mots français viennent de dialectes ou de créoles. C'est un peu réducteur, car le créole possède une syntaxe calquée sur celle des langues africaines alors que le français n'a pas modifié de lui-même la structure du latin, c'est une évolution interne du latin commune à toutes les langues latines (y compris le roumain qui conserve encore des déclinaisons réduites). L'influence syntaxique des langues germaniques ou d'un substrat celtique est assez réduite en français : antéposition de certains adjectifs pour un cas, peut-être le système des compléments du nom sans préposition pour l'autre. Le français n'est un créole du latin que par métaphore. Les créoles sont des langues à part entière, encore en formation.
C'est fort différent des conversations dont je suis le témoin passif aux mêmes caisses, elles sont d'un niveau plus trivial. Mais, en réalité, ce n'était pas une discussion intellectuelle entre deux personnes qui échangent des idées fort élevées et qui font assaut d'érudition. Il s'agissait d'un discours sur soi et sur les autres, du regard que l'on porte sur les mots des autres ou sur ce qui fait son identité. Calmement, de manière rationnelle (malgré les approximations que pourraient relever des savants comme votre comte), ce jeune homme parlait de ce qui est une partie importante de sa personne et il replaçait un élément fondamental de sa culture d'origine dans un cadre plus vaste en relativisant ses particularismes régionaux et historiques. Bref, il parlait de lui par ce biais. Il y avait un autre discours derrière son discours apparent. Le contenu pris au premier degré n'était pas le message principal.
19:31 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langue française, créole, francophonie, français
samedi, 15 décembre 2007
L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur
Le Champignac d'or va à cette phrase :
L'avenir nous dira ce qu'on va faire dans le futur.
Il a dû lire ou écouter Philippe Meyer, le futur ne manque pas d'avenir.
Le Champignac d'argent à celle-ci :
Je ne pense pas que c'est un modèle de société que d'avoir les femmes qui sont couvertes d'étoffes et de tissus.
Un journaliste pornographe a été distingué pour ce propos :
Le député de Gland, tendu, reconnaissait dimanche après-midi qu'il y avait 98% de chances qu'il se retire.
Le prix du maire de Champignac est attribué en terre helvète à des personnalités politiques et médiatiques de la Confédération et il n'entretient aucun lien avec votre comte de Champignac, mis à part une homonymie et un intérêt similaire envers les monstruosités. On peut lire les phrases retenues pour établir le palmarès final. Auparavant, le prix se décernait en été, mais il a été décalé cette fois en fin d'année civile.
22:55 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : suisse, champignac, langue française, francophonie, français, humour
jeudi, 13 décembre 2007
La course des leggings
Le legging est en train d'éliminer le bon vieux collant, trop connoté mémère ou petite fille.
Robes, jupes, leggings, trenchs et pantalons : pas une pièce vestimentaire n'échappe à cette touche d'éclat.
Cela dit, la tendance est aussi à écrire leggins (36 200 pages en français) au lieu de leggings (409 000 pages en français). Je me souviens d'une boutique qui affichait les deux termes. La déformation existait déjà en anglais. Mais en cherchant sur les sites de Vertbaudet, de La Redoute et des 3Suisses, je constate que les demandes au sujet de leggings renvoient aux collants, et que l'orthographe leggins me donne accès à des leggings ou collants ! Parce que cette sorte de caleçon (ben oui... ce n'est qu'un caleçon ou un pantalon) porte des noms différents selon la clientèle que l'on veut séduire, mais il ne faut pas négliger les mots clés qui pourraient attirer une autre clientèle employant un mot différent pour le même objet sur lequel chacun posera ensuite sa définition personnelle selon son désir de promotion (je ne compte plus le nombre d'élèves qui me disent par exemple que leur blouson est en fait une veste et que c'est ce que le vendeur leur a dit, car lui est compétent pour connaître le sens des mots qui doivent se dire).
Au sujet du titre.
19:25 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, mode
mercredi, 12 décembre 2007
Donner un sens
Je ne peux m'empêcher de trouver étrange le slogan du partenaire commercial de la Croix-Rouge pour ses cartes : "Donnez un sens à vos voeux". Quand on formule un voeu pour une personne, c'est qu'on attribue un sens au souhait. Or ici le slogan (et le nom de la raison sociale de cette marque associée) signifie que le voeu sans aucun don à une entreprise caritative ou de solidarité est vide de sens. En fait le mot sens est pris comme un synonyme de réalité ou d'acte ou de geste. Mettre ses intentions en actes, c'est normal. Donner du sens à ce qui est déjà porteur de sens, cela l'est moins. Sauf si l'on veut dénoncer les gestes automatiques, comme la corvée de cartes de voeux, vidée de sens. Mais le mot sens pris comme action réelle, concrète est une sorte de poncif qui est véhiculé par le monde de la charité-spectacle depuis longtemps. Entre le paradoxe et le cliché obligatoire, je ne parviens pas à me décider, je ne vois pas le sens.
18:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, noël, langue française, français
mardi, 11 décembre 2007
Parlez français !
Dans le blogue d'une caissière (excellent blogue au demeurant, aux articles vivants, drôles, fouillés et bien écrits) :
Au bout de quelques semaines, je m'étais faite à l'accent et aux fameux « septante » et « nonante » qui sonnent si bizarrement aux oreilles d'un français. Contente de mon apprentissage, j'en usais tout le temps lorsque je donnais les montants aux clients (normal, dans le pays, il faut se plier aux coutumes locales).
Et un jour, alors qu'un client français me demandait le montant de ses courses. Je lui dis :
- Septante euros nonante-cinq.
Celui-ci me balance alors avec un air exaspéré :
- Vous pouvez pas parler français ? Je comprends rien au belge.
14:03 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, belgique, belge, français
jeudi, 06 décembre 2007
La guerre du faux
Que faire en cette période de l'année ? Vanter d'abord les produits gastronomiques de notre si beau terroir (et on n'échappe pas à la règle en Champignacie puisque le breuvage pétillant est l'objet de campagnes de promotion, notamment au ministère des Affaires étrangères). Et surtout dénoncer les ignobles imitations étrangères. C'est ce que fait par exemple la Dépêche en évoquant un faux fois gras d'origine britannique. Je vous rassure tout de suite, je n'ai pas émigré du côté de Toulouse, j'ai trouvé cette page par hasard en lien ailleurs.
La chaîne britannique de supermarchés Waitrose vient de lancer sur ses rayons un bien étrange produit, le « Faux Gras », made in England. Cette enseigne avait arrêté, il y a six ans, de vendre du foie gras, du vrai, au nom de la défense des animaux. Elle vient donc de trouver « sa » solution.
C'est une information reprise avec autant de sérieux par des médias comme TF1 ou le Figaro. Ah ! les Godons ! s'ils n'existaient pas avec leurs inventions farfelues et excentriques, on aurait des difficultés à avoir une saine xénophobie de tradition et de bon goût... Nous apprécions d'avoir de tels ennemis héréditaires qui nous confortent dans nos certitudes.
Toutefois, ce qui est étrange, c'est que pour montrer le côté chic de la chose, enfin de cette pâte, il a fallu employer un nom français pour la marque Faux Gras. Le français fait raffiné et sophistiqué dans l'archipel. Le nom est assez paradoxal puisque justement cette sorte de pâté est constitué de gras, ou plutôt de graisse ajoutée ! Ensuite, vanter le caractère gras de l'aliment est assez étrange dans cette époque de régimes diététiques ou amaigrissants. Mais puisque c'est faux, on ne doit pas se sentir coupable de trop manger. Enfin, il est plus que bizarre de voir un produit annoncer ses vertus en se donnant comme un faux, alors que nos vaillants producteurs du Midi présentent les leurs comme authentiques, selon les méthodes ancestrales disent-ils.
Le paradoxe ne s'arrête pas là. En effet, la marque comporte aussi une indication sur la nature du produit et c'est Hot Foie Gras. Il faudrait savoir... C'est du faux ou ce n'est pas du faux ? La sonorité du mot faux prononcé par un Anglais a joué, mais malgré tout il faut l'annoncer comme étant du foie gras. C'est un peu moins gros que l'argumentaire destiné à satistfaire les mouvements de libération animale en précisant que les bestioles ont été traitées avec humanité et sans gavage, mais c'est quand même présent.

11:52 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : consommation, cuisine, gastronomie, langue française, français, anglais, langue anglaise
mardi, 27 novembre 2007
Hameçonnage
Je doute fort que le terme boîtier multiservice remplace les noms des Freebox, Neufbox et Livebox puisque ce sont des noms de marques. Quant aux terminaux mobiles de poche et aux disques numériques polyvalents, leur nom est bien trop long pour pouvoir réussir. Au Québec on dit téléphone intelligent et disque Blu-Ray. L'hameçonnage, lui, est une vieille connaissance : c'est la proposition québécoise et la Délégation générale de néologie et terminologie l'a reprise avec je crois encore deux ou trois ans de retard. Filoutage est trop vague en revanche. Maigre bilan...
15:54 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, francophonie, français, anglais, internet, web
lundi, 26 novembre 2007
Les lieux de convivialité
L'interdiction de fumer dans tous les lieux de convivialité à compter du 1er janvier 2008 ne sera-t-elle qu'une étape dans la lutte contre le tabagisme ?
Je me demande si mon salon ou ma cuisine peuvent être considérés comme des lieux de convivialité. Ils risqueraient alors de se trouver sous le coup de la loi. La formulation est idiote et ampoulée puisqu'il s'agit de désigner seulement les bars, cafés, restaurants, discothèques (et je voudrais bien savoir quelle convivialité on trouve dans une boîte qui diffuse de la musique Pechno qui casse les tympans et qui est accompagnée d'effets stroboscopiques aveuglants pour des personnes disposant de moins d'un demi-mètre carré afin de se déplacer en faisant semblant de danser sur place).
00:00 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français
jeudi, 22 novembre 2007
Getting better
Je précise que Jean-Pierre Raffarin a été désigné comme le grand témoin de l'Organisation internationale de la francophonie au jeux olympiques de Pékin par Abdou Diouf (lui-même désigné par le président mis en examen) et voici ce qu'il dit :
Quant à l'Exposition universelle de Shanghai, elle a choisi la devise « Better City, Better Live », et nous les Français, nous apprécions beaucoup celle-ci.
Je ne sais s'il faut se réjouir que Raffarin soit grand témoin de la francophonie vu le soutien énergique et sincère qu'il lui manifeste, mais je suis certain d'une chose : il ne faudrait en aucun cas qu'il soit grand témoin de l'anglophonie dans l'hypothèse où l'on voudrait défendre la place de l'anglais dans le monde.
Sur le titre.
21:31 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise, français, francophonie
mercredi, 07 novembre 2007
Grenelle de l'identité
J'adore l'extrême droite, je suis certain qu'en écoutant ou lisant les discours j'aurai droit à un très gros lot de débilités et je serai prémuni par trente secondes de Le Pénible. Le Canard me révèle qu'il existe un Grenelle de l'identité (avec toutes les familles de la droite extrême du catho tradi au païen, du néo-nazi au crypto-maréchaliste, du royaliste chouan à l'ancien de l'OAS). Que c'est touchant de voir toute cette famille réunie ! C'est du sérieux et c'est aussi complètement risible. Oh ! les belles métaphores sur les Grenelle qui ne veulent plus rien dire !
Pour le titre, je vais parasiter les mots clés... Gniark !
18:01 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, fn, le pen, ps, royal, politique
dimanche, 28 octobre 2007
Passage à l'heure d'über
C'est juste une petite mode que je sens : le préfixe allemand über est légèrement tendance (comme dirait Yolaine de La Bigne). J'en veux pour preuve cette citation de Libé de ce véquende :
Dans High School Musical 2, même les Noirs ont l’air d’avoir les yeux bleus. C’est ça, l’übernormalité.
Fini les hyper grecs et super latins, on passe tous à l'heure d'über franchement teutonne ! Ce ne peut être une lointaine retombée du succès de Tokio Hotel auprès des petites filles en soquettes blanches, même si celui-ci popularise la langue allemande de manière un peu étonnante. Tout a commencé avec l'übersexuel inventé par une gouroute de la mode pour contrer le métrosexuel (notez que j'étais à la pointe de la hype en ce temps-là, il n'y avait que deux citations du terme en français dans Google et on est à 11 300 à présent).
Puis Guy Birenbaum inventa dans son Domaine d'extension de la lutte l'überprésident pour désigner un certain agité (volatile comme on dit en anglais). Petit succès encore : 333 pages en français contre 24 200 pour l'hyperprésident plus répandu dans la presse traditionnelle. C'est vrai qu'überprésident a un petit goût de Deutschland Über Alles d'assez mauvais goût... Et cela rappelle un peu trop l'Übermensch nietzchéen. C'est surtout le propos de dangereux blogueurs anarchisses.
Mais quand on fouille sur la Toile, on trouve par exemple une citation de l'über-vie de Violette (pour se moquer des blogues narcissiques), ou dans un autre blogue on déclare qu'un immigré est über-assimilé, dans un autre on évoque cette trop-über mignonne vidéo. Et je trouve des exemples dans des forums Usenet.
Pour l'instant, il n'y a pas de raz-de-marée et Google n'enregistre pas übernormal ou übernormalité en français (il me conseille abnormal, abnormalité, ce qui me fait sourire). Ce qui est particulier dans ce préfixe, c'est la nuance d'ironie et de dérision qui est présente chez les locuteurs alors que celle-ci est souvent absente chez les utilisateurs d'hyper et de super. Une manière de se distancier et de se différencier. Un clin d'oeil d'initiés qui ne veulent plus employer les giga, top, méga, extra, sensass, trop, formid, de la bombe et qui tue. Mais cela n'existait pas il y a deux ans.
17:00 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français
mardi, 23 octobre 2007
Sketcher, verbe français
Marie-Dominique Arrighi signale dans une brève l'existence d'un loisir dit créatif (quand je vois cet adjectif, je me demande souvent ce qu'il y a de créatif) : le sketching.
Les 3 Suisses proposent désormais une rubrique «loisirs créatifs». Y est vendu un cahier de «sketching». Kezako ? Ben, un cahier de dessin.
Interloqué, je me dis alors que cela doit être comme pour le scrapbooking, on doit trouver plein de mots dérivés.
L'infinitif du verbe sketcher est peu facile à repérer par ce qu'il y a un jeu vidéo, un marchand de chaussures et je ne sais quoi d'autre. On prend les formes conjuguées :
* je sketche : 47 ;
* tu sketche(s) : 6 +7 ,
* il, elle sketche : 2 + 2.
Cela se complique un peu avec on, car le sens de sketch comme saynette apparaît alors qu'on avait bien un substitut de dessiner auparavant (et puis la préposition anglaise vient tout fiche en l'air). Certains francisent sketching en sketchage : 9 occurrences, dont trois sont de toute évidence en lien avec le graphisme. Les scores sont plus importants pour sketcheur(s), mais il est alors difficile de faire la part entre la scène et le dessin. C'est assez drôle parce que le sene retenu en français pour sketch est un sens figuré en anglais et depuis le XIXe s. on avait perdu de vue les sketch-books en français. Cela faisait pourtant partie des emprunts snobs de la bonne bourgeoisie anglomane de l'époque, celle qui ponctuait ses discussions d'une foule de mots anglais comme l'Albertine de Proust. On a droit au grand bond vers le passé !
10:15 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, anglais, langue anglaise, français
jeudi, 11 octobre 2007
Vie et mort des verbes irréguliers
Marie-Dominique Arrighi m'a communiqué le texte d'une dépêche qui n'a pas encore été traduite en français, me semble-t-il. Elle est consacrée à une étude publié dans la revue Nature au sujet de la fréquence et de l'usure des formes des verbes irréguliers et elle est due à un chercheur de l'université Harvard. Cela concerne les verbes anglais, car un autre article de Nature s'attache aux verbes en russe, français, grec, espagnol. Si on veut lire le texte original, voici un lien.
Un résumé pour les non-anglophones, avec mes commentaires. Les verbes irréguliers ne constituent que 3 % des formes présentes dans les discours. J'ai publié les résultats de deux études au sujet de la fréquence des verbes français, ce sont des chiffres relatifs car ils dépendent de la proportion que l'on accorde à divers énoncés témoins (un article de l'Oignon n'est pas le même écrit qu'une chanson de rap ou qu'un manuel de vénerie).
Les dix verbes anglais les plus fréquents sont : verbs to be, to have, to do, to go, to say, to see, to take and to get, plus les auxiliaires can et will. Tous des verbes irréguliers. Cela rejoint le français :cette liste comprend les 120 verbes les plus fréquents.
Les verbes réguliers forment leur prétérit et leur participe passé avec la désinence -ed. Mais il existait six autres principales règles pour ces temps il y a 1 200 ans, à l'époque de l'Old English. Il y avait 177 verbes irréguliers en Old English, ils sont passés à 145 en Middle English (fin du Moyen Âge) et 98 subsistent encore. Ces chiffres sont à prendre avec précaution, car les auteurs sont sans doute partis des formes courantes et familières, non de celles qui seraient plus académiques. Pour certains de ces verbes dits disparus, les grammaires et les dictionnaires signalent l'existence des formes irrégulières. On a assisté à la même diminution de l'ancien français au français moderne : l'ancienne langue comprenait (à vue de nez) trois ou quatre fois plus de verbes irréguliers, ne serait-ce que par les changements de radicaux. Beaucoup de ces verbes n'existe plus que comme des vestiges : clore, choir, apparoir. D'autres sont morts : souloir, douloir, semondre.
Il se produit en anglais contemporain sur la forme régulière : took devient taked. Des périphrases naissent : newly wed devient wedded. Les verbes irréguliers qui sont les moins employés évoluent plus vite vers une forme régulière selon leur modèle mathématique. Je ne suis pas certain de cela en français : les verbes sont devenus irréguliers du fait de leur fréquence (il suffit de songer aux trois racines qui donnent le verbe aller), mais les passés simples ne sont pratiquement plus employés qu'à l'écrit sauf régionalisme et ils se maintiennent de ce fait. En revanche, on assiste à des néo-verbes plus réguliers comme en anglais : solutionner, cloturer, feinter.
Là, où on est un peu dans la grammaire-fiction, c'est lorsque l'étude affirme que le verbe to be restera inchangé pendant 38 000 ans selon cette projection, tandis que le verbe to think changera son thought en thinked dans 14 400 ans du fait de sa fréquence plus faible. C'est un peu sans compter le fait qu'il n'a pas fallu mille ans pour déformer les verbes latins lorsque cette langue était internationale, et le danger de l'anglais c'est qu'il est parlé majoritairement par des non-anglophones qui vont le transformer.
18:55 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : langues, anglais, langue anglaise, langue française, français, histoire
mercredi, 05 septembre 2007
Définitions sauvages
Cela ressemble un peu aux (fausses) perles du bac :
«homicide '.meurtre à domicile», «xénophobe : qui a peur quand il est enfermé», «autochtone : qui aime vivre la nuit. . .», «sporadique : drogué du sport».
Le titre du dossier est stupide : il ne s'agit pas d'illettrisme ici, mais d'inculture. Et parler de fautes est encore plus bête. On lira plutôt cet entretien avec le dangereux gauchiste Alain Rey pour les quarante ans du Petit Robert et son plaidoyer envers le français.
Ajout : bien entendu, dans l'édition en ligne du Nouvel Obs, le titre est fautif (je reprends le terme que ces Diafoirus emploient) : le scandale de l'illetrisme. Les donneurs de leçons feraient bien de se saisir d'un bon miroir...
19:55 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
mardi, 17 juillet 2007
Le doughnut sacrilège
Voilà une traduction qui me semble un peu trop proche de l'original :
"Je ne comprend pas comment ils ont eu la permission de faire quelque chose de si ridicule", a déclaré Ann Bryn-Evans, ajoutant qu'ils allaient "faire de la magie de la pluie pour qu'il soit effacé" au plus vite.
Ann Bryn-Evans, joint Wessex district manager for the Pagan Federation adds that they'll be doing some "rain magic" to wash it away (which surely shouldn't be necessary given the current weather).
D'oh ! Faire de la magie pour qu'il pleuve, pour que la pluie tombe, cela aurait eu une tournure moins artificielle. Le français n'a pas d'expression similaire à rain magic.
15:09 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, anglais, langue anglaise, simpson, simpsons
vendredi, 13 juillet 2007
Manteau de saint Martin ou d'Arlequin ?
L'arrivée massive des Haïtiens, et aussi des métropolitains attirés par la loi de défiscalisation de 1986, a eu un effet inattendu dans la partie française. Elle a développé l'usage du français. Jusqu'à présent, Saint-Martin était la seule ville de France dont la langue véhiculaire était l'anglais. Jusqu'en 1983, les réunions du conseil municipal se tenaient dans cette langue. "Dans les années 1970, il était difficile de trouver à Saint-Martin quelqu'un parlant français", se souvient Pierre Brangé.
Aujourd'hui encore, les Saint-Martinois de souche continuent d'utiliser entre eux une sorte de pidgin, teinté d'accent créole. Dans les ruelles de Marigot, les passants disent "Sorry !" lorsqu'ils bousculent quelqu'un et les ivrognes beuglent "Fuck you !". Les élus de Saint-Martin auraient aimé que l'anglais soit reconnu comme langue régionale, au même titre que le corse, le breton, le basque, dans la loi organique du 21 février qui consacre leur autonomie. Les parlementaires ont repoussé cette demande.
Ben oui, on aurait été obligés de reconnaître l'anglais comme langue régionale aussi dans le Gers, le Tarn, la Dordogne, etc. comme à Saint-Martin, vu le nombre d'anglophones unilingues qui y résident.
13:25 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, langue anglaise, français, anglais
mercredi, 13 juin 2007
Bac version 2.000
"C'est très facile", explique Christophe Lecomte, 20 ans. "Si on se trompe, on peut tout effacer et recommencer", explique-t-il. En revanche, "pour les fautes d'orthographe, il n'y a pas de correcteur".
Hum... j'ai accueilli un élève handicapé paraplégique au bac et il avait bien droit à son correcteur orthographique car son micro n'était pas passé par tous les tests et d'ailleurs comment pourrait-on tout contrôler alors qu'on ne vérifie même plus les calculatrices ? Je pense que cela suppose l'élaboration de nouveaux sujets qui fassent plus appel à l'imagination et à la créativité, mais si on me dit que l'orthographe ne peut plus être vérifiée sur un PC je me dis que l'on se fout en très gros des élèves, des correcteurs, des journalistes, des lecteurs et des parents ou de toute la communauté éducative ...
22:50 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
Holistique
J'ai dû ouvrir mon dictionnaire quand j'ai découvert cette nouvelle bagarre québécoise (une de plus, cela commençait à manquer et le mois allait devenir un peu morne sans aucune castagne linguistique venue du Canada, je suis heureux que le Québec existe encore : on y parle encore de choses importantes qui ne se disent plus en France !) :
Dans ce sens, le choix de l'épithète «holistique» pour caractériser le mode d'évaluation proposé est révélateur du contexte dans lequel oeuvrent tous les professeurs de français au collégial, notamment ceux dont l'essentiel de la clientèle provient de la classe moyenne. Ces derniers ne savent plus comment «guérir» ces élèves issus du secondaire du mal qui les accable, soit une faible maîtrise de leur langue maternelle, notamment à l'écrit.
17:37 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : langue française, éducation, enseignement, profs, francophonie, québec, français
mercredi, 04 avril 2007
Brachiopodes
— Réunion de N. Sarkozy. Possibilité de convoiturage. La Voix du Nord, 23 mars.
— Les animaux furent traduits en Haute Cour après la victoire. La Dépêche, 25 mars. Au sujet du sabordage de la flotte française à Toulon en 1942.
— Un convoi pour le moins exceptionnel a traversé la ville sirènes hurlantes et à tombereaux ouverts. La République du Centre, 28 mars.
— La voiture de sport s'est arrêtée sur injection des forces de l'ordre. La République du Centre, 12 mars.
— Un cuisinier parle : J'aimerais que le palet puisse être le premier à décider. Lozère nouvelle, 24 mars.
— Les enquêteurs de la sûreté départementale ont eu vite fait de retrouver les hauteurs de cette expédition punitive. Nice-Matin, 24 mars.
— Les gendarmes cassent toutes les portes des maisons en construction en hurlant : “Gendarmerie ! Ouvrez !” Ouest France, 22 mars.
10:03 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : langue française, orthographe, français, média, médias, journalisme, presse
samedi, 24 mars 2007
Buzz busy sur le busing
Puisque nous vivons une période de sondages mal écrits, mal pensés et mal configurés, je voudrais vous demander moi aussi votre opinion sur un important fait de société : comment prononcer le mot busing ? J'y perds mon peu de latin (si j'en ai jamais eu), mon semblant d'anglais (les paronymes de ce mot sont nombreux dans cette langue et ils sont redoutables) et ce qui pouvait encore me servir de français (sans compter le fait qu'à Bergerac on doit parler avec un accent qui n'est pas du coin de chez moi ou des ancêtres que j'ai dans mon caveau familial ou du bistrot du coin de la place de la Bastille).
12:46 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, langue anglaise, anglais
vendredi, 23 mars 2007
Bayrou voit la France au passé simple
"Je voudrais que la France fut un pays en train de se rassembler, non de se déchirer".
Il y a là comme un très gros problème de temps et de mode pour l'agrégé de lettres classiques...
21:15 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : udf, bayrou, politique, langue française, français
jeudi, 22 mars 2007
Cabotinage
Glups... Entendu sur la radio publique du centre de la Francophonie, message diffusé en outre par nombre de journaux en ligne à cause des dépêches recopiées en vrac :
Autre souci : les Air France/KLM et autres Lufthansa ne pourront pas effectuer de cabotage, c'est-à-dire relier les villes américaines entre elles.
Euh... ce cabotage est-il vraiment anglais ou français ? C'est plus un calque lexical de l'anglais sans aucun égard pour le sens français d'origine.
23:20 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, anglais, langue anglaise, francophonie


