jeudi, 05 novembre 2009
L'art de ressembler à un Russe sans l'être
Cela a vachement plus l'air russe avec un n à l'envers qui signale alore une voyelle russe et non une consonne, vous ne trouvez pas ? C'est si facile de dire que le sujet est russe, il faut juste un signe exotique pour le signaler même si le reste du texte est totalement incohérent avec cette autre graphie. Et pourquoi a-t-on choisi cette lettre plutôt que les autres ? Parce qu'elle reste lisible dans notre alphabet latin avec sa valeur alors que le C aurait posé plus de probèmes. Faut faire russe, mais pas totalement et pas absolument.
00:28 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : orthographe, publicité, film, cinéma, langue
mercredi, 22 juillet 2009
Bob et Bobette et les diables de détail
Scandale en Belgique ! Bobette (Wiske) a un geste déplacé envers Bob (Suske) sur cette affiche du film d'animation qui est sorti aujourd'hui. Toute une légende belge est en train de s'écrouler.
13:13 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, film, cinéma, animation, humour
mardi, 14 avril 2009
Pour Pierrre Etaix (one more time)
Je ne peux que répondre favorablement à cette invitation de demander à voir (ou revoir comme dans mon cas puisque cela a été un de mes enchanteurs d'enfance) enfin les films de Pierre Etaix."Le 28 novembre 2008 à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré)." Depuis Christine Albanel a été sourde et aveugle, tellement elle était occupée par la loi imbécile d'Hadopi condamnée par des socialistes dissimulés derrière des rideaux et des colonnes dans des couloirs. Comment peut-on interdire l'accès à l'un des plus grands clowns, scénaristes et cinéastes français alors même que se déroule une rétrospective Tati à la Cinémathèque ? Les auteurs de la pétition demandent que l'on invite au moins deux personnes afin d'obtenir 50 000 signatures afin de peser un peu plus que les 16 000 actuelles, cela n'est pas inaccessible et il faut qu'Etaix rentre enfin dans le patrimoine culturel et que cesse le scandale d'un auteur qui ne peut plus être vu alors qu'il est simplement humain. Je trouve honteux qu'on interdise en France au nom de raisons marchandes et contre son gré l'un des plus grands auteurs d'images de ce pays (au fait, il n'a pas sa Légion d'honneur et il ne porte pas de Rollex, cet Etaix inconnu ?)
22:22 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, politique, cirque, dessin
dimanche, 27 avril 2008
Vierge et mère
Dans le supplément TV-Radio d'un quotidien de référence, je peux lire la critique d'un DVD (Shakespeare in Love).
La puissance de son art [à Shakespeare] serait telle qu'elle convertirait aux charmes de la tragédie des conservateurs patentés qui ne juraient jusqu'alors que par la comédie, tels la reine mère (Judi Dench, Oscar du meilleur second rôle)...
La reine mère en question est... Elizabeth Ire d'Angleterre !
14:24 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film, histoire, journalisme, presse
mardi, 08 avril 2008
Bienvenue chez les Champignaciens !
Bienvenue chez les Ch'tis est en train de créer un phénomène dans les titres, un peu comme à l'époque des James Bond où l'on déclinait jusqu'à plus soif les Bons baisers de... Je recense ainsi déjà dans l'actualité récente les Bienvenue chez les peuples suivants : les Normands, les Wallons, les bronzés (à Saint-Tropez, sans doute une maxpécasserie), les Ch'tis Suisses, les minots (du foot), les verts (encore du foot), les Breizhous (du hand), les Flamands, les people, les Domiens, les gones (encore du foot). Et encore, je n'ai pas retenu les titres de la presse au sujet de la banderole imbécile. C'est en train de devenir un poncif pour fabriquer des titres sur un modèle convenu, du genre Tout ce que vous avez voulu savoir sur, le charme discret de, l'obscur objet de, l'insoutenable légéreté de, etc. que Burnier et Rambaud avaient si bien su condenser dans leur traité de mauvais journalisme. Libération se distingue d'ailleurs en offrant pas moins de trois Bienvenue chez... différents.
08:21 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, cinéma, film
vendredi, 05 octobre 2007
Comme son portrait
Voici le jeu artistico-littéraire de fin de semaine. L'extrait montre la relation de l'auteur avec le peintre. S'agit-il vraiment d'un écrivain ? Oui, il a publié selon mes souvenirs deux romans, assez peu connus mais présents dans ma bibliothèque. Et puis il a écrit beaucoup de textes de circonstance, comme celui-ci. Ce qui est assez frappant, c'est qu'il nomme le peintre par son seul nom de famille, comme s'il s'effaçait et que seul le peintre était vraiment grand, et cela se retrouve dans les entretiens télévisés qu'il a accordés. Mais ce portrait de l'artiste est aussi un portrait en creux de l'auteur, par les qualités mises en avant. Qui est le peintre ? Qui est l'auteur ? Qui est cette cousine si fréquemment représentée dans un grand nombre de toiles ? Et quel est ce village ?
Deux tiers de siècle se sont écoulés depuis le temps où petit garçon, j'allais passer mes vacances à X. Il semble que c'était hier. Encore maintenant, lorsque j'essaie de concevoir l'idée de "bonheur", je me transporte en imagination dans la maison de Y.
Le cadre lui convenait et nos jeux bruyants ne le troublaient nullement. Les gens du pays l'avaient adopté et lui-même s'assimilait aux êtres et aux paysages.
A en juger par les tableaux qu'il peignit pendant ses séjours, il semble que ces lieux lui aient été particulièrement favorables.
Bien entendu, sa grande affaire était la poursuite d'un rêve intérieur. Y avait besoin de s'appuyer sur des motifs naturels, mais ceux-ci n'étaient que les outils d'une recherche constante qui dépassait la reproduction pure et simple.
Z, cette cousine d'X qu'il est impossible de ne pas évoquer quand on pense à Y, me disait, quelques temps avant de mourir : "Quel dommage que tu ne possèdes pas un portrait du Patron par lui-même." Puis, se reprenant, elle déclara : "Mais après tout, tu as ce bouquet de roses, c'est comme son portrait."
Tous les tableaux de Y sont "comme son portrait". Mais comme il était modeste, il aimait se cacher derrière son sujet et se laisser assimiler par lui. Son espoir, heureusement déçu, était qu'on ne l'y découvrirait pas.
Disons qu'X fournit à Y une excellente cachette et que l'atmosphère de la maison, les visites impromptues des voisins, les cris des enfants, les rires des modèles l'aidaient à trouver l'isolement nécessaire à la création.

18:50 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture
vendredi, 21 septembre 2007
Voir apparaître et disparaître les images, de la fenêtre, en parlant
L'auteur parle de lui-même.
Je lis de préférence les bandes dessinées, les comptes rendus de procès, les livres d'histoire, les essais, parfois des poèmes, rarement des romans.
Je ne vais presque jamais au cinéma. Parfois j'entre dans une salle, je regarde un petit bout de film, puis je m'en vais.
Je n'écoute jamais la radio. Je ne regarde jamais la télévision. Je n'ai jamais vu un match de football de ma vie.
Je n'aime pas les réceptions. Je n'aime pas la conversation. Je ne m'ennuie que lorsque je suis obligé de rester avec des gens que je connais mal, à échanger des mots inutiles.
Je ne peux jamais rester tranquille. Il faut que je me déplace continuellement. J'aime être en voiture. C'est souvent ainsi que je vois mes amis : nous roulons ensemble dans la ville. J'aime voir apparaître et disparaître les images, de la fenêtre, en parlant.
Je sors chaque matin à huit heures de chez moi. J'aime bien errer dans Rome toute la journée quand je ne travaille pas.
Je ne suis pas collectionneur. Je donne, abandonne, perds mes livres. Je déchire tout ce qui me parait peu intéressant et aussi tout ce qui me paraît intéressant mais que je connais déjà. Je voudrais avoir chez moi le moins de choses possible.
Qui est l'auteur ? Quelles sont ses oeuvres qui sont suggérées par ses propos ? A quels indices l'avez-vous reconnu ? Vous reconnaissez-vous partiellement ou entièrement dans son portrait et pourquoi ? Que pensez-vous de ses provocations envers la civilisation italienne aux paragraphes 1 et 2 ? Pensez-vous que son mode de vie est égocentrique ou bien tourné vers les autres ? En quoi ses activités quotidiennes rejoignent-elles son art ? Est-ce que cet autoportrait a sa place dans une série consacrée aux peintres et dessinateurs, pourquoi ? Ces questions sont-elles bien dans la ligne du Lagarde et Michard ? Justifiez votre réponse dans un commentaire argumenté et illustré.

19:05 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
samedi, 21 juillet 2007
Petit bleu
Pour le jeu artistique et littéraire de fin de semaine, je ne donne pas un texte mais un petit casse-tête. Il existe un peintre qui a fait breveter une de ses techniques de peinture. Cette technique a d'ailleurs fourni la matière d'un film en noir et blanc, sur fond de musique contemporaine, et on peut le trouver aisément sur Dailymotion. Toutefois, le même procédé a été représenté aussi en bande dessinée par un auteur italien sans le peintre en question (il était déjà mort à l'époque de la publication), mais avec un hommage évident. Il faut trouver le peintre, le film, le musicien, l'auteur de la BD.
18:35 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, bd
dimanche, 01 juillet 2007
Ratatouille
Le sujet n'est pas forcément facile à résumer aux États-Unis, admettent les créateurs. Et Ratatouille n'est pas un titre évident, dit Brad Lewis, le producteur (il est d'ailleurs transcrit en phonétique sur l'affiche: «rat-a-too-ee»).
Drôle de tambouille. L'affiche du chef (en anglais le chef), j'aime beaucoup le dessin du cartouche qui imite bien les plaques anciennes.
Disclémeur : je déteste la ratatouille.
11:00 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : dessin animé, film, cinéma, anglais, ciné, langue anglaise, cuisine
samedi, 16 juin 2007
Le voyage dans la lune
Liste des tableaux :
1. Le congrès scientifique du Club des Astronomes.
2. Le plan du voyage expliqué aux savants. La désignation des explorateurs et de leurs assistants. Enthousiasme général. Au revoir.
3. L'usine monstre. le construction du projectile.
4. Les fonderies, les hauts-fourneaux, fonte du canon géant.
5. Les astronomes s'embarquent dans l'obus.
6.Le chargement de l'obus.
7. Le canon monstre. Défilé des grenadiers. Salut au drapeau.
8. La course dans l'espace. La lune approche.
9. En plein dans l'oeil.
10. Chute de l'obus dans la lune. Le clair de terre, l'aspect de la terre vue de la lune.
11. La plaine des cratères. Eruption volcanique.
12. Le rêve des bolides, la Grande Ourse, Phoebé, l'étoile double, Saturne, etc.
13. La tempête de neige.
14. Quarante degrés au dessous de zéro. Descente dans un cratère lunaire.
15. A l'intérieur de la lune, la grotte aux champignons géants.
16. Rencontre des Sélénites. Combat héroïque.
17. Prisonniers.
18. Le roi de la Lune. L'armée sélénite.
19. Evasion.
20. Poursuite endiablée.
21. Les astronomes retrouvent l'obus. Départ de la lune.
22. Chute dans le vide.
23. L'obus tombe dans l'océan.
24. Dans les profondeurs maritimes.
25. Sauvetage. Retour au port.
26. Grande fête. Marche triomphale.
27. Couronnement et décoration des héros du voyage.
28. Grand défilé des marins et des pompiers.
29. Inauguration de la statue commémorative par le maire et les conseillers municipaux.
30. Grandes réjouissances publiques. Le Sélénite emmené prisonnier de la Lune est exhibé en public comme un phénomène.
Georges Méliès
18:43 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
vendredi, 15 juin 2007
Excelsior
Un magicien sort de la bouche d'une jeune fille un mouchoir dont il tire un bocal qu'il remplit en agitant le bras de la femme comme une pompe. L'eau et les poissons lui sortent par la bouche. Les poissons se transforment en langouste, puis en jolie clownesse. Il la double, la transforme en deux drapeaux, et se drapant dans leur étoffe il disparaît lui-même.
Georges Méliès
18:37 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
jeudi, 14 juin 2007
Cake-walk infernal
La scène représente d'abord l'enfer, qui se dissout graduellement pour faire place à une grotte dans laquelle apparaissent de nombreux petits démons parmi les flammes.
Satan, qui arrive de la terre sous un déguisement, jette son manteau de danseur dans les flammes et donne l'ordre aux habitants des régions infernales de danser le cake-walk. Des danseurs, qui appartiennent à l'Olympia de Paris, se mettent à danser le cake-walk dans les flammes, tandis qu'une danse infernale se poursuit au-dessus de leur tête.
Deux nègres apportent aux danseuses un gâteau qui éclate en morceaux et laisse apparaître un danseur grotesque qui se met aussi à danser le cake-walk, bien que ses bras et ses jambes se soient détachés de son corps et se soient mis à danser séparément.
A la fin, tous les habitants du royaume infernal se mettent à danser comme des fous, entourés par un cercle de feu. Pour mettre fin à cette danse effrénée, Satan fait disparaître tous les danseurs dans les flammes, et lui-même disparaît dans le sol. Mais les flammes infernales, elles-mêmes prises par la fièvre de la danse, se mettent à danser le cake-walk.
Un beau sujet, spécialement en couleur.
Georges Méliès
Ce résumé mérite que l'on y arrête.
La cinématographie en couleur n'existait pas, mais on pouvait peindre sur la pellicule exactement comme on peignait sur des négatifs de photographie. Méliès a employé plusieurs fois ce procédé, souvent pour isoler un personnage ou un objet avec en fait des couleurs limitées, parfois une seule couleur.
Le sujet est une parodie des mises en scène du Diable au théâtre, on peut voir une association étrange entre le Diable et la musique, peut-être par souvenir de la Damnation de Faust par Gounod. Ici, le Diable apparaît aussi comme le metteur en scène et le magicien qui règle son monde, lequel finit par lui échapper. On a une sorte d'autoportrait de Méliès en Méphistoméliès (regardez ses portraits).
Ce sujet est aussi un concentré des figures à l'oeuvre chez lui : apparition-disparition, transformations humain-inanimé ou animal, séparation des parties du corps qui vivent de manière autonome (quand elles ne se reproduisent pas à l'infini comme dans beaucoup de ses scénarios autour des têtes, un sujet récurrent chez lui), mouvement final en forme de cercle et de sarabande. Le sujet de Méliès, ce n'est pas de trouver de nouveaux trucages, c'est de parler du cinéma en faisant du cinéma, le cinéma est son propre sujet. Il évoque ici cet art du mouvement et surtout de la reproduction industrielle, de la coupure des corps, d'une forme nouvelle qui prend sa vie indépendamment de son créateur. Son cinéma est métalinguistique et est une réflexion sur le sens des images. D'un autre côté, il y a un aspect sadien évident, même si Sade ne doit pas être une des sources, c'est l'outil découvert qui a conduit à cette forme générale et mécanique.
Ensuite, je me dis que citer le cake-walk en 1903 et en plaçant des Noirs sur l'écran, cela anticipait drôlement au sujet de bon nombre de préjugés contre le jazz qui arrivera en France vingt ans plus tard. Le jazz, cette musique satanique et maudite, jouée par des sauvages ! Parce que les idioties de ce type seront écrites ensuite par des gens très respectables, Morand, Drieu, Céline... L'association entre les Noirs et l'Enfer est ancienne, médiévale : les représentations du monde associaient la chaleur et les flammes de l'Enfer, la couleur des Noirs et le signe d'une punition divine.
Toutefois, la piste musicale est intéressante. Je me demande si Trenet n'a pas vu ce film. Je me demande si Vian n'en a pas entendu parler (le texte de Vian me paraît aussi très proche de certaines chroniques d'Allais au sujet des défilés boulangistes, mais vu son antimilitarisme féroce il n'avait pas besoin d'avoir lu Allais). L'idée d'une musique qui devient totalement folle et qui emporte tout, c'est peut-être en fait juste le cliché dont joue aussi Brel. Peut-être n'y a-t-il là que des rencontres à partir de la même idée d'un mouvement sans fin.
20:01 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
mercredi, 13 juin 2007
L'homme de têtes
Un des trucs les plus merveilleux qui aient été jamais exécutés. Après le salut habituel, le prestidigitateur prend sa propre tête et la place à côté de lui sur une table. Une autre tête lui pousse immédiatement. Pour montrer qu'il n'y a aucune illiusion dans ces trucs, il passe sous la table sur laquelle est posée sa première tête. Puis il y pose une deuxième et une troisième tête qui lui sont poussées sur les épaules. Il lui pousse une quatrième tête et il se met à parler avec les trois têtes posées sur la table. Puis il prend un banjo et commence à jouer. Les trois autres têtes se mettent à chanter, à la grande fureur du musicien qui fait disparaître deux têtes en tapant dessus à coup de banjo. La troisième tête est traitée de la même manière. Il prend la quatrième, la lance en l'air et la fait retomber sur ses épaules. Le magicien salue et quitte la scène.
Une illusion surprenante et merveilleuse.
Goerges Méliès
18:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
mardi, 12 juin 2007
Guillaume Tell
Un clown entre dans une grande salle, et ajuste ensemble les différentes pièces d'une armure sur un piédestal, pour leur donner forme humaine. Il place un chou sur le casque de l'armure et se prépare à tirer à l'arc comme l'avait fait Guillaume Tell. Sitôt qu'il a le dos tourné l'armure commence à vivre, prend le chou sur la tête et le lance au clown. Il s'approche de l'armure, abaisse ses bras et se prépare une seconde fois à tirer à l'arc.
L'armure n'accepte pas d'être prise pour cible. Elle fonce sur le clown, le jette en l'air, le traîne sur le plancher et quitte la scène. Le clown qui avait l'air d'un torchon, se relève et veut fuir. Mais son pied frappe la corde de l'arbalète. La flèche va frapper un fusil qui se décharge et explose, causant de jolis effets de fumée. Un très joli sujet, plein de vie.
Georges Méliès
17:36 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
mercredi, 06 juin 2007
Grindhouse
Quand j'ai vu l'affiche du dernier film de Tarantino, je me suis demandé s'il n'y avait pas un jeu de mots purement français avec grandiose avec ce mot grindhouse que je ne connaissais pas, mais en fait c'est comme pour Pulp Fiction une référence populaire, cette fois au cinéma de série Z, le cinéma de quartier ou de gare ou de garnison un peu minable. Hum... et quand je vois les différents sens de to grind en anglais, je me dis qu'il y a une métaphore sexuelle passablement obscène à la base.
21:12 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, film, cinéma
dimanche, 29 avril 2007
Le haut-fer (2)
Hector remonta dans l'atelier. Le système sur lequel était montée la grande scie ressemblait à une guillotine. Un lourd cadre intérieur coulissait de haut en bas et de bas en haut, prisonnier des deux montants fixes. Mais le couteau d'une guillotine se présentait en largeur tandis que la grande scie était fixée en longueur dans le ricanement d'une ribambelle de dents.
Cette guillotine artisanale s'appelait le haut-fer.
Un grand bras de levier, ex-petit arbre, pendait au-dessus du haut-fer. Une pesée lente sur ce bras libérait l'eau dans la turbine et le haut-fer entreprendrait sa danse.
Hector, la main levée, toucha le levier sans se résoudre à achever son geste.
Une autre main qui n'était pas celle de son père, avait relevé le levier, interdisant à l'eau l'accès de la turbine et les roues sr'étaient immobilisées et le chant de la lame s'était tu. La lame était encore engagée au sein de la grume qu'elle avait mission de séparer en planches.
Le long chariot qui supportait la grume est l'offrait centimètre par centimètre aux appétits du haut-fer, gisait sous un linceul de sciure.
Hector passa l'index sur les lames de rechange aux poutres et son doigt laissa une longue trace.
José Giovanni
Dans ses souvenirs, Giovanni prétend qu'il avait vu le dernier haut-fer en activité, et pourtant j'en ai fréquenté deux dans le village de mon père, il y en avait encore un dans la ferme-moulin-scierie d'un de mes oncles chez lequel nous nous arrêtions parfois, d'ailleurs non loin des lieux des Grandes Gueules, même si ce dernier haut-fer ne fonctionnait déjà plus, mais il était encore présent. Je ne parle même pas de ceux que l'on pouvait voir sur les routes... Dans le premier endroit en dessous de la ferme familiale, j'allais parfois chercher des truites pour le repas car le ruisseau avait été aménagé pour permettre un élevage dans un bassin, et comme la scierie ne fonctionnait plus guère, cela compensait les revenus : un petit peu de chaque chose, cela commence à faire un repas le soir. D'ailleurs, ce scieur-fermier était aussi le sabotier du village et j'ai pu gambader dans les prés ou les jardins en sabots de bois à ma taille, comme dans Sylvain et Sylvette. Ensuite, c'est devenu une résidence pour bobos avec des thuyas tout autour et un portail électronique, une caméra de surveillance... Le deuxième haut-fer près de la route, j'y ai joué avec les copeaux quand je revenais de la baignade dans le Barbat, je me demande encore comment on pouvait admettre des barbouillats comme moi dans cet endroit si dangereux. On l'a démoli il y a dix ans et il était fermé depuis vingt ans. Il a été remplacé par un étang artificiel pour pêcheurs. Il en existait encore un troisième, mais dans un écart perdu dans la montagne dans un coin où je ne me promenais pas. Quant au dernier, celui de mon oncle, ben... j'y ai joué souvent aussi, mais on nous demandait de faire surtout attention à ne pas tomber à travers les planches de bois qui commençaient à pourrir au dessus de la rivière très embourbée et empuantie. Mon oncle avait peu à peu abandonné ses activités traditionnelles parce qu'il était entré dans une fromagerie Gervais où il portait une blouse blanche afin d'avoir enfin un revenu sûr et fixe, la roue du moulin tournait encore mais sans produire quoi que ce soit et sans qu'il y ait des hommes derrière.
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samedi, 28 avril 2007
Le haut-fer (1)
Le porteur inclina son diable, lui imprima un mouvement de retrait et les bagages d'Hector Valentin se trouvèrent en équilibre sur le bord du trottoir à la hauteur du taxi en attente.
Hector fouilla dans sa poche et en sortit une pièce de monnaie qu'il glissa dans la main du porteur.
L'homme remercia à peine. Hector le regarda s'éloigner d'une démarche hésitante, traînant son diable d'un seul bras.
Hector se retourna. Le chauffeur de taxi était aux prises avec le premier bagage, une cantine en fer grise. Il avait visiblement l'ambition de la hisser sur le toit de la voiture.
La cantine semblait soudée au bitume. Hector s'empara du deuxième bagage, une malle incolore, aux angles fatigués, ornée d'étiquettes fanées dont la plupart étaient déchirées.
Il souleva la malle et la propulsa sur la galerie de la voiture. Après quoi, il reprit la cantine en fer et le chauffeur de taxi la suivit des yeux lorsqu'elle s'éleva dans l'air pour rejoindre les cieux.
José Giovanni
Le texte est d'un très grand monsieur : un ancien condamné à mort. Il écrit simple, brut, clair. Bien sûr que l'on ne peut être que bouleversé par la rencontre de Bourvil et de Lino Ventura, ces deux monstres perdus dans le paysage des Vosges dans un film formidable que je me repasse souvent, bien sûr que je connais les paysages du roman et du film puisque ce sont ceux de mon enfance et que je pourrais me complaire en nostalgie idiote, mais il y a autre chose : Giovanni est un écrivain et un grand. Jamais un mot de trop ou à côté. Et pourtant, la poésie est aussi là.
20:02 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, vosges, policier, cinéma, film
samedi, 21 avril 2007
Baver à la portugaise des bidets
C'est devenu un classique du titre détourné : l'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux. Depuis le film de Redford, on l'a vu sous différentes formes : l'homme qui murmurait au cul des vaches, à l'oreille des brebis, au moteur de son tracteur, aux boîtes aux lettres. Vous reconnaîtrez les personnages aisément. Bien entendu, Le Pénible ne pouvait pas manquer le candidat UDF qualifié par lui d'amateur-éleveur (en jouant sur le double sens d'amateur), et alors il reprend le titre du livre et du film en changeant murmurer en parler. Aujourd'hui, c'est Libé qui s'y colle mais qui n'utilise pas le verbe devant à l'oreille des chevaux. Il faut dire que l'on a cette stupéfiante image de Sarkozy déguisé en cowboy Marlboro dans la Camarque ! Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il veut imiter W. dans son ranch texan, mais j'ai comme l'impression qu'il voulait démontrer que lui aussi savait monter à cheval, comme son rival de droite qui s'était laissé photographier aussi sur une blanche monture rappelant la geste du roi de Navarre... En tout cas, murmurer à l'oreille des chevaux est devenu un poncif. Cela se décline en deux versions : soit on murmure à l'oreille de quelque chose d'autre, soit on rappelle l'oreille des chevaux dès qu'il est question de canassons.
Or il n'est pas inintéressant de se pencher un peu sur le sens du film : le dresseur de cheval, l'homme qui murmure à l'oreille des chevaux, ne doit pas simplement guérir un cheval de sa frayeur, mais aussi permettre à une jeune fille de retrouver le goût de la vie en montant de nouveau sur son cheval après son amputation à la suite d'un accident. Et là on retrouve un grand mythe français, celui du roi thaumaturge (les lecteurs ou spectateurs du Da Vinci Code comprendront d'où cela vient) lorsque le roi de France touchait les écrouelles. De manière inconsciente, revu par Hollywood, assaisonné au second ou au ixième degré, c'est cet imaginaire qui revient dans la campagne politique. On est dans la mythologie, mais une mythologie variable, distanciée, ironique, fort mélangée. Où est la vérité dans ces images ? Dans le fait que ce sont d'abord des montages d'éléments disparates, des collages un poil surréalistes ou situationnistes.
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vendredi, 30 mars 2007
Le direktør
Le dernier navet de Lars Von Trier présente un bel intérêt. Le titre original est The Boss of It All. Ce titre possède une traduction en danois : Direktøren for det Hele (Directeur de tout). L'ambiguïté du titre anglais qui transforme les hommes en choses ne peut être rendue, le patron disparaît derrière un titre de fonction. Le traducteur français n'a rien trouvé de mieux à faire que de proposer Le Direktør. On comprend que cela se veut malin : le ø (o barré) est un rappel à peine discret de l'origine danoise, la lettre se prononce comme un eu français, et on peut dire que le titre a été traduit par le Directeur, sauf que... les Français ne savent pas comment écrire un ø, ne savent pas non plus le prononcer (comme un ö ou un oe allemand) et que cela devient le Direktor comme en allemand. En outre, je soupçonne ce traducteur d'avoir voulu faire une fine allusion au Dictateur de Chaplin. On avait déjà les titres français qui ne correspondent pas aux titres d'origine, les titres de films en anglais simplifié ou réinventé par rapport à l'original, et maintenant on nous sort le titre avec article français et nom danois, sans rapport avec l'original.
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vendredi, 23 mars 2007
La malice des titres phrases
Les titres d'œuvres peuvent avoir de nombreuses formes, avec ou sans article défini ou indéfini (ce qui complique leur classement dans une liste), avec un héros éponyme (et non l'inverse), avec des mots étrangers et à la prononciation on ne peut plus aléatoire, avec des numéros, etc. Mais la forme la plus perverse me semble être le titre phrase. Dans le complexe cinématographique d'art et essai de Champignac, on passe en ce moment un film intitulé J'attends quelqu'un. Rien que de très banal jusque-là. Mais imaginons qu'il n'existe pas de nom ou de numéro pour les salles et que la caissière demande le film que l'on veut voir : “J'attends quelqu'un. – Cela fait sept euros. – Mais je n'ai pas acheté de billet pour J'attends quelqu'un, c'est que j'attends quelqu'un, un ami quoi ! – Mais, il fallait le dire tout de suite que vous attendiez quelqu'un ! Comment je vais faire pour annuler ça ? Je ne sais pas me débrouiller avec cette nouvelle machine électronique. — Je ne devrai pas payer ce billet ? – Oui, mais pour ça j'attends quelqu'un. – Ah ben non, je n'en veux pas de J'attends quelqu'un ! – Mais puisque je me tue à vous dire que j'attends quelqu'un pour annuler. Oh et puis zut à la fin !”
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mardi, 09 janvier 2007
Authenticité garantie
Cela me rappelle un peu l'histoire de Pilate et Hérode qui discouraient en latin, alors qu'ils parlaient grec entre eux à l'époque. Quant à l'araméen du temps du Christ, je ne sais toujours pas s'il n'était pas de l'époque de Gibson.
Gibson a rédigé son scénario en anglais avec Farhad Safinia. Il a ensuite demandé à des linguistes de traduire les dialogues dans un idiome "se rapprochant" du yucatèque tel qu'il était parlé au XVe siècle, époque où est situé le film, a indiqué Farhad Safinia à notre correspondante à Los Angeles, Claudine Mulard. Mais en raison de leurs difficultés à reconstituer une langue où il y avait cinq mots pour dire "forêt", ils ont aussi demandé l'aide de natifs du Yucatan. Le résultat est un mélange de yucatèque ancien et contemporain. Ce qui revient, dans bien des séquences du film, à faire discourir en breton (moderne, mais émaillé d'un vocabulaire médiéval) des acteurs provençaux ou alsaciens. "Hormis un vieillard et une petite fille, les autres ont une grammaire déficiente et un fort accent étranger", dit, après avoir vu le film, Francisco Rosado May, ancien recteur de l'université de Quintana Roo.
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vendredi, 15 décembre 2006
Deja vu & Déjà vu
C'est assez rare pour être noté. Le titre du dernier film de Tony Scott non seulement est en français, mais il n'a même pas eu besoin d'une traduction pour les francophones. Il utilise en effet la locution déjà vu qui est un substantif en anglais. Cette expression est d'ailleurs si courante qu'on la retrouve dans des titres d'autres films, de romans ou même d'albums de rock. Certes, mais en anglais, c'est deja vu sans accents. Or la version originale du film de Scott utilise les accents français ! Pour se différencier des films précédents ? Pas seulement ! L'action se déroule à La Nouvelle Orléans, donc on voit l'intérêt de nos si jolis diacritiques franchouillards qui ont un air exotique pour des anglophones, un peu comme un tilde nous fera penser aux langues ibériques ou un l barré au polonais, un o barré au norvégien, un a rond en chef au danois, un thorn à l'islandais, un i sans point au turc, un eszet à l'allemand. C'est un peu étonnant car le français utilise peu l'accent grave sur le a, il y a cinq ou six mots en tout qui le possèdent : çà (adverbe et non pronom ça), là (et son composé voilà, mais pas cela), à, déjà (et au XVIe s. jà de même sens), pietà (accent d'origine italienne, non diacritique mais tonique). Oui, mais voilà, les claviers qwerty anglophones n'ont pas ces accents à portée de doigt et la presse étatsunienne écrit donc le titre du film comme la locution anglaise ou les titres précédents. La situation est passablement ironique. Tout ça (et non çà) me donne une furieuse envie de réécouter CSN&Y, d'autant que l'immense Neil Young sort enfin ses archives et que c'est du jamais entendu, de l'inouï.
10:30 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue anglaise, cinéma, film, rock, ciné


