mercredi, 12 novembre 2008
Caténaire
Quand on lit ce titre de pages de photos sans aucun intérêt, il n'y a pas de quoi frémir :
La caténaire de la peur.
Quand on lit l'adresse de l'article, c'est plus effrayant:
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/11/10/01006-20081110DIAWWW00547-le-catenaire-de-la-peur.php
Je suppose que le mot a été mal accordé dans le titre de l'article papier et que l'on a discrètement corrigé l'erreur grammaticale en ligne, mais sans pouvoir toucher à l'URL. Comme si on n'allait pas s'en apercevoir.
Moi, ce qui me fait peur, c'est le niveau linguistique du Figaro Magazine, le journal le mieux pourvu en académiciens !
Ce sabotage de la langue ne peut être l'oeuvre que de dangereux anarcho-autonomes qui ont infiltré la rédaction ! Cela ne serait pas passé comme ça du temps de Pauwels ! Je veux les noms des responsables de ces méfaits dans ce grand journal qui devrait faire honneur à notre langue.
14:32 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, faits-divers
mardi, 11 novembre 2008
Le milieu domestique d'une maison de ville
Un vent contraire au tirage du chauffage familial ne permettant pas une bonne évacuation des fumées, une chaudière défectueuse ou une installation présentant un défaut ? Nul ne sait à l'heure de ces lignes pourquoi ces trois Champignaciens ont été victimes de cette intoxication accidentelle au CO en milieu domestique dans leur maison de ville.
Nul ne le sait, parce que la première phrase est d'une construction particulièrement baroque ! Je me demande comment la réécrire. Quant au milieu domestique d'une maison de ville, il est particulièrement savoureux comme exemple d'amphigouri : dit plus simplement, cela signifie qu'ils ont été un peu étouffés chez eux. Mais cela fait moins dramatique pour le coup.
17:23 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, faits-divers
lundi, 29 septembre 2008
Terrorisme à la mode pipole
Nouveau candidat à la noix d'honneur, l'homme qui faisait sauter des radars et qui déclare sans rire :
Le voilà qui adresse en mars une lettre à Paris Match, où il réclame 4 millions d'euros et menace de passer à un stade supérieur de son action. "J'ai mis ça pour faire peur, je ne voulais pas faire de dégâts humains. Je ne pensais pas qu'ils publieraient ma lettre. Sinon, j'aurais fait moins de fautes d'orthographe."
Ben oui... Le terrorisme, cela fait mal, surtout aux terroristes, et tout le monde n'est pas aussi fou que Ravachol. Mais on a affaire à un candidat pour la Starac qui voudrait paraître le plus à son avantage ? Le plus important, c'était d'éviter les erreurs d'orthographe alors, comme il évitait les erreurs de manipulation pour les explosifs. Et cela ne permet pas de s'interroger sur la logique à la base. Il voulait agir pour faire peur, donc comme un terroriste. Mais un terroriste a une idéologie, des références, un lexique, des tics syntaxiques propres à son milieu et son groupe, et c'est ce qu'observent d'abord les enquêteurs. Or là, il ne faisait peur à presque personne et pas seulement à cause de ses lacunes d'orthographe. Ce qu'il voit après-coup, c'est que son orthographe lui a donné une mauvaise image dans Paris-Match alors même que ses actes étaient crétins et dangereux ! Il a peut-être perdu les deux mains, mais il n'a pas récupéré son esprit depuis : sa logique est toujours aussi imbécile et façonnée selon la représentation dominante. Les erreurs particulières ne peuvent servir d'excuses quand on adopte un raisonnement idiot à la base. Mais adresser une lettre à Paris-Match, c'est déjà un aveu : il s'agit de se situer dans la représentation et non dans l'être, dans la figuration et pas dans l'esprit. Quand on écrit à Paris-Match, ce n'est pas comme pour la Revue des Deux Mondes ! Cela montre les limites de quelqu'un qui vit avec des références culturelles plus que limitées et qui ne comprend pas les ombres projetées dans la caverne. Comme si l'absence d'erreurs d'orthographe dans un texte à Paris-Match aurait démontré qu'il ne pensait pas être plus écouté encore, tandis qu'il faisait la une avec ses attentats. J'ai du mal à démêler cette bouillie mentale. Mais je vois quelqu'un qui n'a pas encore compris le cheminement absurde qui l'a conduit là et qui parle d'erreurs d'orthographe alors qu'il lui manque une main et trois doigts - comme si les premières étaient encore plus importantes pour son image. On peut supposer qu'il sera ensuite invité dans les émissions de plateau pour donner son témoignage et il ne sera pas plus clair dans sa tête, mais on l'applaudira bien fort pour son combat sincère et pur alors qu'on voit juste un individu pris dans cette logique du spectacle lors de ses attentats.
00:18 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, faits-divers, politique
dimanche, 21 septembre 2008
Sans le dos
Au sujet d'un carambolage de trois voitures qui serait dû à un conducteur respectant trop bien les limitations de vitesse (texte non en ligne) et non aux automobilistes suivants qui ne respectaient pas eux les distances de sécurité les plus élémentaires exigées par le code de la route, car ils ont dû piler brusquement les uns après les autres pour ne pas emboutir le véhicule précédent dit trop lent :
Quant au conducteur trop lent : "Il ne s'est même pas arrêté. Nous ne sommes même pas certains qu'il a remarqué ce qui s'est passé sans son dos."
Heureusement pour lui que cela s'est passé sans son dos ! Il aurait souffert alors.
Comme d'habitude, un fait-divers d'une grande banalité rapporté sans aucune distance ou réflexion, avec juste les propos de quelques protagonistes pitoyables et des erreurs de frappe en prime.
20:36 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, faits-divers


