dimanche, 17 mai 2009
Rien ne paye plus !
Qu'est-ce qu'il ne faut pas lire...
Et Christiane de citer son propre cas en exemple : « Avec mon mari, nous gérons une petite exploitation de 116 hectares et nous produisons 499 000 litres de lait... ».
Pas cinq cent mille litres, mais bien 499 000 comme dans les offres commerciales des supermarchés. Faut pas se pousser du col... Un calcul rapide me montre qu'il y a à peu près cinquante vaches (tout dépend de leur type) dans la ferme et je doute fort qu'elles paissent sur les 116 hectares de culture. Cinquante vaches, ce n'est pas énorme actuellement pour un agriculteur, mais ce n'est pas ce qui assure l'essentiel des revenus, parce que les 116 hectares ne sont sûrement pas de prés, mais plutôt de céréales, de fourrages ou de betteraves dont on ne parle pas, bien sûr (ce serait trop privé de donner les chiffres). Et bien sûr la toute petite agricultrice ne parle pas des compensations européennes pour la production laitière qui sont en fait les plus élevées parmi toutes les subventions européennes !
Une petite exploitation agricole avec 116 hectares ? Oui, au regard de celles voisines qui ont une taille deux, trois ou quatre fois plus élevée, mais cela ferait largement rigoler dans les Vosges ou le Limousin... Quand un agriculteur reste encore en activité, il faut à tout prix qu'il se présente toujours comme un petit, même s'il est en possession de centaines d'hectares et de têtes de bétail et alors que les plus petites exploitations de montagne ferment les unes après les autres. Parce que des agriculteurs sous le RMI, cela existe... Mais pas là ! Comment faire encore pour financer son 4x4 et l'Espace de madame, plus la MiniCooper de l'aîné et le booster de la cadette, sa moto customisée, son bouquet satellite pour homevideo, ses vacances au Club Méd ?
Le député européen et candidat, agriculteur de formation (sic), ne sait quoi répondre. Alors qu'il devrait avoir un peu en tête les ordres de grandeur Et il n'a pas vu que le prix du lait avait flambé dans les supermarchés au point qu'il sert désormais d'indicateur de l'inflation pour beaucoup de gens, comme auparavant le prix du pain ou de l'essence... Mais au fond, il ne doit pas aller faire souvent ses courses à Lidl ou Aldi.
Et voilà encore une bonne raison de se moquer d'Hadopi afin de vous transformer tous en pirates !
11:57 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, agriculture, europe
mercredi, 25 mars 2009
Madame ou mademoiselle ?
Hum... Ces déclarations dans les médias italiens me paraissaient d'abord quelque peu surjouées.
Non si può più dire "signora" e "signorina", nelle varie lingue dell´Unione Europea: dunque basta mrs e miss, madame e madamoiselle [sic], senora e senorita, frau e fraulein. Così ordina, o perlomeno esorta, un pamphlet introdotto dal parlamento della Ue sul modo corretto di rivolgersi pubblicamente, a voce o per iscritto, a una donna, in particolare se onorevole - nel senso di deputata, non della sua vita privata. L´auspicio fa parte di un codice sul linguaggio "sessualmente neutro" da utilizzare nelle conversazioni e pubblicazioni ufficiali: un dibattito in aula, un convegno, un documento.
On impute déjà bien des choses farfelues à l'Union européenne sans aucune preuve ou bien alors que les responsables sont dans le pays même, le Daily Telegraph ne brillant pas par sa ferveur européenne ou son progressisme ou son féminisme, j'ai préféré aller voir à la source.
The politically correct rules also mean a ban on Continental titles, such as Madame and Mademoiselle, Frau and Fraulein and Senora and Senorita. Guidance issued in a new 'Gender-Neutral Language' pamphlet instead orders politicians to address female members by their full name only.
On a au départ un document à usage interne au parlement européen afin de définir des usages à propos de la citation de personnes politiques. Cela devient chez les Britanniques une marque de la progression du genre neutre, alors qu'il ne s'agit que d'éviter le fait de dire si une femme est mariée ou non - sans considération du fait que les hommes peuvent toujours être nommés par leur nom de civilité. Passons, la misogynie est une tradition britannique fort respectable et bien établie, comme le fouet et la sodomie dans les pensionnats, la saoulerie du samedi soir au pub, la chasse à courre, le hooliganisme, la cravate de son collège et l'appartenance à un club. Gardons-nous de juger ces particularismes parfaitement respectables, mais on cherche en vain le genre neutre.
En Italie, cela devient : on ne pourra plus dire madame ou mademoiselle dans quelque langue de l'Union européenne, même si l'on est obligé ensuite d'avouer que cela concerne d'abord les députées - il fallait bien accrocher le lecteur par une annonce totalement fausse et encore plus exagérée que l'anglaise. L'Italien est bien connu pour exagérer, mais il ne fait qu'extrapoler à partir des balivernes britanniques. Puis l'on disserte longuement sur la langue que l'on emploie tous les jours pour s'adresser à l'hôte de son restaurant... Parce que l'Italien, au contraire du Britannique, est pratique et songe d'abord aux cas de la vie quotidienne, surtout s'il s'agit de bien manger et d'être bien traité. Il le dit dans un style plus prolixe, mais un peu plus honnête en fin de compte.
Comment faire une Europe avec des gens qui se servent de l'Europe pour en rire à partir de faits déformés ou accuser le féminisme et avec d'autres qui ne cessent de se moquer des prétentions des premiers sans rapport avec les gens et la vie ?
21:43 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : italien, anglais, langue française, féminisme, mlf, europe
samedi, 06 décembre 2008
Nicolas envahit tout
Mon petit Nicolas, je sais que tu as malheureusement raté ton diplôme de fin d'étude de Science-Po pour raison d'insuffisance en anglais, mais je crois que ce n'est pas la seule raison, car
"En tant que président du Conseil de l'Europe, je porte des valeurs, des convictions. C'était mon devoir de le faire, je le fais bien volontiers".
Je ne veux pas dire de mal de toi, tellement tu sais tout sur tout et chacun, mais enfin... le conseil de l'Europe, c'est une institution un peu différente que la présidence du conseil des chefs d'Etats ou de gouvernements de l'Union européenne. Ah ! au fait... la Turquie en fait partie depuis 1949 et elle ne serait donc toujours pas européenne ? Est-ce que l'on doit comprendre que la Turquie n'a plus besoin de référendum spécialement confectionné contre elle pour entrer dans l'Union ou que ce conseil européen serait une absurdité ? Actuellement, l'administration du conseil de l'Europe est sous la charge de The Right Honorable Terry Davis (les Anglais ont le chic pour inventer des titres de nobilité idiots et inconnus ailleurs). Je pense que tu n'étais pas seulement mauvais en anglais à Science-Po, mais aussi en histoire, en géographie et en français (pour l'économie ou le droit on verra dans un autre billet).
19:29 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, sarkozy, europe
lundi, 21 juillet 2008
Le président de l'Europe
Une question à la noix que je me pose et qui me tarabuste : est-ce qu'un seul des chefs d'Etat ou de gouvernement européens s'est jamais proclamé "président de l'Europe" lorsque son pays devait assumer la présidence tournante des conseils de l'Union. Ainsi, les ministres français président aussi en ce moment les conseils des ministres européens qui se rapportent à leur domaine. Ils ne sont pas pour autant ministres de l'Education ou des Affaires étrangères ou de la Défense de l'Europe. Même Tony Blair -poutant bien infâtué de lui et souvent sans gêne - ne s'était pas intrônisé président de l'Europe, puisque le titre de président de l'Europe est encore à créer et qu'il a été suggéré de le réserver à ce cher Tony aux très lonuges dents. Donc, pourquoi notre admirable président de la République française veut-il se dire le président de l'Europe à longueur de déclarations et sur tous les tons possibles en oubliant que c'est son pays qui préside et non lui ?
19:00 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, ump, europe
lundi, 07 juillet 2008
Des pays lettons
Jean Quatremer dans son excellent blogue écrit ceci à propos de la place de la francophonie dans l'Union européenne sous überprésidence :
Avec un départ pareil, la présidence de l'Union va attirer les quolibets. Déjà que not' Président confond "pays lettons" avec "pays baltes"...
Il faisait allusion à la déclaration du pluriprésident du 30 juin. Mais si on cherche bien, on voit qu'il n'était pas le premier à parler de pays lettons. Ainsi ce site fort européen qui rappelle que l'Estonie est composée de trois parties principales, la Livonie, la Latgale et la Courlande, qui ont été souvent séparées. On peut lire aussi une déclaration des pays lettons à la conférence de la paix de 1919 pour demander leur unité et la formation d'une sorte de tampon avec l'Union soviétique. On a sans doute pu parler alors dans les cercles diplomatiques des pays lettons (qui n'existaient pas encore comme la Lettonie plus ou moins unifiée en un Etat), le cas de Lituanie était différent car elle avait formé un seul Etat et elle avait été ensuite associée à la Pologne dans une double monarchie, mais le Grand-Duché de Lituanie existait encore sous l'Empire russe et pouvait servir de base à un nouvel Etat indépendant. Résumons : en 1919, on ne parle pas du droit des pays baltes, mais du droit à un Etat letton de se trouver des frontières (celles de la Lituanie vont aussi passablement se modifier lors de la guerre avec la Pologne) et comme les différentes parties sont parfois dans la souveraineté des Etats voisins, cela ne sera pas la question balte mais lettonne. D'ailleurs, il est un peu étonnant de voir nommer comme balte un Etat comme l'Estonie dont la langue n'est justement pas balte, mais finno-ougrienne (et de la même manière un Etat de langue finno-ougrienne comme la Finlande devenu pays scandinave).
"Pays baltes", c'est une convention linguistique et géographique. L'Estonie n'est pas balte, mais donne sur... la mer Baltique où vivent des Finno-Ougriens, des Slaves, des Allemands, des Scandinaves. "Pays lettons" renvoie à l'époque où il a fallu délimiter les nouveaux Etats dits baltes. On peut supposer qu'une des petites mains du multiprésident avait vu cette expression lors d'un cours d'histoire pour entrer en vain à l'ENA et que l'admirable président s''est dit que cela passerait puisqu'il la disait avec son "air sérieux".On a affaire à un anachronisme, puisque tout le monde parle aujourd'hui des pays baltes (même si l'un n'est pas balte) et puis... cela laisse bien suggérer qui a sorti un manuel hors d'âge afin d'écrire encore un nouveau discours du mégaprésident. J'ai un nom. Je vous le laisse deviner.
12:40 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, politique, europe, pays baltes, lettonie, histoire
lundi, 23 juin 2008
Le papier et ses redoutables dangers !
Faut-il légiférer sur le papier et ses auteurs ?
Qui se cache derrière un texte écrit sur papier ?
Sur les textes imprimés, on trouve de tout (des opinions, des photos, des dessins) et tout le monde (particuliers, artistes, journalistes, politiques). Outil d’expression libre et interactive au succès mondial, le papier peut pourtant poser des problèmes légaux, liés à la propriété intellectuelle ou à la vie privée. Il peut aussi être un instrument puissant delobbysme ! Pour rendre le domaine du papier plus transparent, les députés proposent d’agir. Leurs solutions sont-elles les bonnes ? A vous la parole !
« Les papiers constituent un moyen de plus en plus ordinaire de s'exprimer, tant pour les professionnels des médias que pour les particuliers », constate le rapport sur la concentration et le pluralisme dans les médias dans l'Union européenne, adopté le 2 juin en Commission Culture.Et en effet, le nombre de pages de papier a explosé dans le monde : selon certaines études, 120 milliards de feuilles seraient échangées chaque jour à l’échelle planétaire.
Cinq milliards d'alphabétisés, et moi et moi et moi…
Derrière le mot papier se cache en fait une grande variété de modèles et d'auteurs ; de l’étudiant qui tient son journal intime à l’artiste qui expose des œuvres, en passant par le journaliste qui expose ses opinions ou l’amateur de photos qui dévoile ses derniers clichés…
Tous les textes sur papier ont en commun des auteurs adressant régulièrement leurs pensées, consignes, histoires, sur lesquels les lecteurs peuvent laisser des commentaires, comme le professeur sur une copie ou le supérieur sur la note de son subordonné. Outil d’expression libre, le papier est avant tout interactif. « Les textes sur papier et leur contenu contribuent de manière fraiche et vivante à animer le paysage médiatique à multiples facettes », estime le député belge Ivo Belet (Parti Populaire Européen-Démocrates Européens). « Il ne faut pas les restreindre. Néanmoins, certaines questions légales, comme la propriété intellectuelle ou le droit de réponse, existent et nécessitent une solution appropriée ». Cette solution, le projet de rapport rédigé par la députée estonienne Marianne Mikko (Parti Socialiste Européen), tente de l’esquisser.
Des problèmes légaux à clarifier
« L'expansion (des textes sur papier) implique la nécessité d'établir des garanties légales quant à l'attribution des responsabilités en cas de poursuites judiciaires et d'établir un droit de réponse », constate le rapport adopté en commission. Il propose par conséquent d'assimiler les papiers à « toute autre forme d'expression publique ». Objectif ? Répondre à l'utilisation croissante de propos et de photos personnelles des utilisateurs, qui peut poser des problèmes de respect de la vie privée des citoyens et des personnalités publiques. Et offrir un droit de réponse sur les textes imprimés ou manuscrits, comme pour la peinture pariétale et la statuaire mégalithique (ce droit existe déjà dans plusieurs pays européen, par exemple en France).
Même son de cloche chez l’Allemand Jorgo Chatzimarkakis (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe), qui a donné l’opinion de la commission Affaires économiques et monétaires à ce sujet : « Les textes sur papiei sont des outils puissants qui peuvent représenter une forme avancée de lobbysme : imaginez les groupes de pression, les intérêts professionnels ou autres groupes utilisant les imprimés pour faire passer leur message ! Si cela n’est pas surveillé, cela peut menacer le pluralisme des médias ».
Un label qualité pour les imprimés et les manuscrits ?
« Les groupes d'intérêts financiers, commerciaux ou professionnels utilisant des textes sur papier devront être inclus dans le système de surveillance du pluralisme des médias », propose Jorgo Chatzimarkakis, qui appelle à créer des médiateurs pour l’indépendance des médias dans chaque Etat-membre. Selon lui, cela permettrait de savoir qui finance ou soutient quel imprimé ou quel manuscrit. Qui serait concerné par ces mesures ? « Tous les gens sachant lire et écrire qui représentent ou expriment plus que leur opinion personnelle sur un bout de papier », explique Jorgo Chatzimarkakis.
Une surveillance indispensable pour permettre au public de garder confiance dans les textes sur papier, qu’il considère généralement comme des « médias sincères », renchérit Marianne Mikko. « Nous avons besoin d’une marque de qualité, de révéler qui écrit réellement et pourquoi », ajoute-t-elle. Elle propose donc d’encourager la labellisation volontaire des textes écrits sur un autre support que les tablettes d'argile ou dans la pierre, « en fonction des responsabilités professionnelles et financières et des intérêts de leurs auteurs et éditeurs ». Mais Marianna Mikko n'a pas été suivie par ses collègues : sa proposition a été rejetée par une majorité de députés européens en commission Culture et elle ne figure plus dans le rapport adopté.
15:44 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blog, web, internet, droit, europe
mardi, 03 juin 2008
Parlons européen, parlons shadock !
A quoi cela sert-il d'affirmer ceci ?
Par ailleurs, l’identité visuelle qui accompagne ce logo réunit, en les mêlant dans un mouvement dynamique, les langues de l’Union européenne et les couleurs des drapeaux de ses États membres.
Si quelqu'un peut retrouver la moindre langue européenne dans ce corps de caractères minuscules pour ce logo en taille réelle, je lui paye son poids en fraises Tagada ! On devine qu'il y a des lettres, mais on se trouve comme un mal-voyant face à un livre qui ne serait pasi mprimé en corps large !
Est-ce que la loupe européenne est aussi fournie pour la lecture vraiment européenne des documents européens de la présidence française de l'Union européenne ? On dirait plus un tableau de Signac décomposé par un publicitaire fanatique de Morse, le tout dans une composition à la Mondrian. C'est très joli ! Je ne le contesterai pas, mais je ne suis pas certain que l'on ait tous la même lecture de ce logo illisible...
17:15 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : europe, présidence française, union européenne, logo, publicité, politique
mercredi, 14 mai 2008
Le Cinquième Empire
Demain, le Portugal entre dans une nouvelle ère linguistique et surtout politique si le parlement adopte la réforme de l'orthographe panlusitanienne. Il sera le premier pays de l'Ancien monde à accepter officiellement toutes les normes du Nouveau monde :
Les changements rendraient l'orthographe plus proche de la façon dont les mots sont prononcés en supprimant les consonnes silencieuses, comme le font les Brésiliens. Ainsi "optimo" (génial) deviendrait "otimo" et "accao" (action) deviendrait "acao".
L'alphabet comporterait 26 lettres grâce à l'ajout du k, du w et du y, pour accueillir des mots comme "kilometro" et "kwanza", la monnaie angolaise.
Seuls 2.000 des quelque 110.000 mots que comprend le vocabulaire portugais sont concernés et les modifications doivent être adoptées par les sept pays. Mais les trois-quart des changements devront être faits par le Portugal.
C'est un bouleversement complet. Il existe toujours des normes distinctes entre l'Espagne et les pays latino-américains, malgré certaines convergences. Il y a toujours plusieurs anglais, même si l'anglo-américain contamine l'anglais britannique et les autres. Le poids du québécois est ridiculement mineur face au français hexagonal, mais le français est la seule langue occidentale et coloniale à avoir plus de locuteurs sur son territoire d'origine que toutes les autres (si l'on ne compte pas l'allemand, le néerlandais, le danois, le norvégien et quelques autres). Le portugais se prépare à la mondialisation en permettant d'écrire ses variantes africaines et surtout en se réglant sur le pays où le portugais est le plus pratiqué : le Brésil. Le but ? Devenir une des langues de l'ONU et surtout commencer à peser dans les instances internationales en affichant une unité linguistique (ce que n'ont pas l'OIF ou le Commonwealth) sur plusieurs continents. La CPLP va devenir une puissance montante grâce à la démographie et à la croissance du Brésil. C'est dopé au Nouveau Monde que le Portugal va de nouveau rentrer dans l'Europe et cela ne manquera pas de faire du bruit, parce que la réforme est aussi et avant tout politique, économique et symbolique, plus que linguistique.
19:19 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : langues, portugais, brésilien, langue portugaise, politique, europe, langue brésilienne
lundi, 28 avril 2008
Le paradoxe luxembourgeois
"Avec la réforme de la loi sur les naturalisations, certains milieux nous serinent avec la supposée nécessité de devoir impérativement maîtriser l'idiome national. La maîtrise du français ou de l'allemand, les deux autres langues administratives, ne suffirait plus", estime le journaliste luxembourgeois David Wagner. Or, comme il le fait remarquer, les six quotidiens (!) du Luxembourg n'offrent que rarement des articles en luxembourgeois par rapport au français et surtout à l'allemand. A l'école primaire, le luxembourgeois est considéré comme une langue auxiliaire durant les trois premières années pour une alphabétisation en allemand. En outre, les textes de lois, comme celui sur les règles d'accession à la nationalité, sont rédigés en... français. Et c'est là que l'on touche à un paradoxe : la connaissance du luxembourgeois est considérée comme plus importante que celle du français (pourtant langue écrite du droit ou du commerce) et de l'allemand (langue de l'enseignement ou de la majorité des médias) :
Plus précisément, tout candidat doit avoir une connaissance active et passive d’une des trois langues (allemand, français et luxembourgeois), mais aussi une connaissance de base certifiée du luxembourgeois. Ainsi, un étranger qui maîtrise parfaitement le français doit néanmoins prouver qu’il connaît les bases du luxembourgeois, cette dernière langue justifiant d'une intégration suffisante. Par contre, un candidat qui maîtrise le luxembourgeois ne doit pas nécessairement avoir des connaissances en français ou en allemand pour être admissible à la citoyenneté.
Le luxembourgeois constitue (avec le secret bancaire) le seul ciment d'une petite monarchie qui a un fort besoin de main d'oeuvre immigrée, n'ayant plus le français ou l'allemand comme langue maternelle comme autrefois. Cette main d'oeuvre doit s'intégrer dans un pays qui prétend maintenir son identité distincte par rapport aux hénaurmes voisins (la Belgique étant le plus craint de tous) et ce qui fait l'identité nationale du Luxembourgeois, c'est son Lëtzebuergesch ! Ce qui est parlé dans la rue, au bistrot, au bureau, aux champs, à l'usine, au marché, mais qui a une traduction systématique dans les écrits ou dans les paroles plus ou moins officielles comme celles de l'instituteur faisant accéder à la lecture ou du policier rappelant à la loi ou du chef d'atelier se référant aux instructions de la direction. Oui mais... la connaissance du luxembourgeois doit prouver l'intégration à la communauté ! Certes, mais cette intégration n'a pas été demandée aux Luxembourgeois n'a pas été demandée aux Luxembourgeois de naissance qui ne parlaient pas luxembourgeois, mais seulement allemand ou français ou les deux. Imaginons un canton suisse qui demanderait non seulement la connaissance de l'allemand et du français, mais aussi du Scwhytzertütsch de son canton à lui. Par exemple Unterzellhouse-Intérieur. Et pas question de parler le Schwytzertütsch d'Unterzellhouse-Extérieur, parce que ce n'est pas le même dialecte ! Parce que si l'on se penche sur la question, le luxembourgeois n'est qu'un des dialectes franciques dont la langue écrite est... l'allemand : en Moselle, on parle (ou plutôt parlait) aussi bien le francique luxembourgeois, le francique mosellan et le francique rhénan. Or les divergences sont importantes même si une forme unifiée du francique luxembourgeois a été proposée récemment par le gouvernement luxembourgeois, avec une grammaire et un dictionnaire.
D'une part, on exige la connaissance, passive au moins, d'une langue qui n'existe pratiquement pas à l'écrit. D'autre part, on ne tient pas compte de la réalité institutionnelle luxembourgeoise qui fait que cette langue orale n'existe pas à l'écrit et dans les institutions ou le commerce. C'est un étrange combat pour la préservation de son identité locale : comme si on était passé d'un coup des places de marché médiévales avec leurs jolies voûtes toutes en poutres apparentes aux salles de marché internationales dans des open-spaces. Cela fait un choc de passer des champs de blé aux champs de plein de blé. Et puis, c'est le champ de blé que l'on veut préserver malgré tout, tout le monde ne doit pas avoir droit au même gâteau que nous, même s'il y a participé. Il faut d'abord qu'il prouve qu'il est vraiment comme nous, parce que nous ne sommes pas comme les autres et que notre voisin est différent et moins intégré. Oui, le Luxembourg est un bon élève européen.
19:29 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, luxembourg, luxembourgeois, allemand, langue allemande, europe
mardi, 25 mars 2008
La place de l'étoile
Plus rien ne peut m'étonner de la part de la communauté flamande de Belgique :
La commune flamande de Liedekerke a adopté un nouveau règlement qui autorise les responsables des « plaines de jeux » (jardins d’enfants) à refuser l’admission des enfants ne parlant ou ne comprenant pas le néerlandais.
La Belgique atteint les sommets de la honte et du déshonneur en acceptant des mesures aussi racistes et vexatoires pour de prétendues questions de sécurité. Le tout dans la plus mauvaise foi possible; Alors que ce pays a trois langues nationales. Le mot apartheid n'est pas déplacé. Il y en a d'autres qui me viendraient si je me lâchais...
Au mois de juin 1942, un officier allemand s'avance vers un jeune homme et lui dit : "Pardon, monsieur, où se trouve la place de l'Étoile ?" Le jeune homme désigne le côté gauche de sa poitrine. (Patrick Modiano, la Place de l'Etoile.)
22:14 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : flandre, belgique, racisme, politique, europe
mardi, 29 janvier 2008
La Belgique sans les Belges
Vous avez aimé le scénario Belgique : la scission ? Vous aimerez le prochain Belgique : la scission sans la scission.
Comme la Belgique est un pays compliqué, il convient de simplifier les institutions et cela commence bien :
L'idée émise par Marc Uytendaele est d'imaginer une "fédération francophone" au sein d'une "fédération belge".
Ah ben... Cela élimine les idées de communautés néerlandophone (elle confondue avec la région flamande), française et germanique (sans région particulière).
Mais attendez, le meilleur vient après :
Le constitutionnaliste de l'ULB, Marc Uytendaele, propose de repenser la configuration de l'Etat sous la forme de quatre autorités fédérées: l'autorité flamande, l'autorité de Wallonie et de Bruxelles, l'autorité bruxelloise et l'autorité germanophone.
Je dois voir double, Bruxelles serait dans deux autorités ? Tout s'explique ensuite. On complique tout afin de résoudre les problèmes et en espérant que cela ne se voit pas trop.
Il ne subsisterait qu'un Parlement dit de Wallonie et de Bruxelles qui siégerait tantôt en session wallonne tantôt en session plénière.
Donc certaines personnes seraient wallo-bruxelloises, wallonnes ou rien du tout parce que hors de l'autorité wallo-bruxelloise. Tout est très clair...
Il reste un petit problème : la capitale officielle de la Flandre c'est... Bruxelles. On aurait donc un embryon d'Etat avec sa capitale sur un sol étranger, puisque l'on aurait aussi une sous-nationalité ou nationalité culturelle (sic) pour les personnes qui résident dans une des régions dont elles ne parlent pas en premier la langue.
Qu'est-ce qui pourra sortir de ce nouveau scénario aussi tordu que les précédents ?
21:56 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, belgique, europe, politique
vendredi, 25 janvier 2008
Ne m'appelez plus Lithuania !
Ah ben ! encore du nouveau. On n'arrête pas le progrès et la bêtise.
La Lituanie envisage de changer son nom anglais (Lithuania) pour le rendre plus facilement prononçable dans l'espoir d'attirer davantage d'investissements et de touristes.
Petite question : est-ce que la Lituanie a le moindre droit sur l'usage des locuteurs anglophophones ? Ce sera alors le nom dit anglais en lituanien, mais non le nom anglais de la Lituanie. La Birmanie peut se nommer Myanmâr, la Biélorussie Belarus, et la Libye Jamahyriah etc., est-ce que cela veut dire que ces pays doivent avoir des droits sur les langues des autres nations ? Et pourquoi le changer en anglais seulement et pas en français ou en allemand qui sont aussi des langues de travail de l'Union ? Parce que l'on a fait le parti de l'anglais comme langue dominante ? Mais nul doute aussi que les autorités anglophones accepteront le caprice touristique au nom du respect de la différence et de l'identité.
20:19 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : humour, politique, langues, europe
dimanche, 20 janvier 2008
Vers une Union anglaise
Réponse sèche : « pas question ! Vous n’aurez droit qu’à un traducteur, choisissez votre langue ». Les Slovènes, comme on pouvait s’y attendre, ont opté pour un traducteur slovène-anglais, cette langue étant davantage comprise dans l’Union que le français.
Le français n'est donc plus vraiment une des trois langues de travail de l'Union européenne. Quant à l'allemand, qui était autrefois la langue de ce morceau de l'Empire austro-hongrois, on n'en parle même plus... Lorsque l'on examine le coût dérisoire de la traduction dans le budget de fonctionnement des institutions européennes, on peut être en droit de se demander si ce genre de réponse ne relève pas d'abord de l'idéologie et du coup d'Etat linguistique.
14:15 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : francophonie, langue française, anglais, français, politique, europe
mercredi, 14 novembre 2007
Freude, schöner Götterfunken,
Freude, schöner Götterfunken,
Tochter aus Elysium,
Wir betreten Feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum.
Deine Zauber binden wieder,
Was die Mode streng geteilt ;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.
Ces mots ne feront plus partie du prochain traité constitutionnel européen qui sera adopté cette fois sans référendum puisqu'on ne peut pas faire confiance au peuple. Je ne comprends pas très bien pourquoi, je n'ai rien contre Beethoven et Schiller (le citoyen d'honneur français Gilles), et je vois mal comment la suppression de cet hymne européen pourrait modifier l'ensemble du texte du prétendu traité rectifié et modifié, le mini-traité vendu dans les médias. J'ai énormément de mal à comprendre comment l'absence de Beethoven pourrait signifier une amélioration du texte contre lequel une majorité de Français a voté. Et j'aurais bien aimé que le grand Ludwig reste avec le grand Friedrich. Je n'ai pas voté contre eux et je leur garde toute mon estime. Mais d'autres pensent qu'il faut les abandonner. Et moi, je préfère encore Beethoven aux articles de droit sur l'économie libérale ! Je préfère Schiller à un monde livré à l'économie de marché ! Sacrifier l'Hymne à la Joie pour mieux consacrer le Culte du Veau d'Or, c'est vraiment beau...
00:33 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, europe, ue
mercredi, 24 octobre 2007
Culture européenne
C'est dans le Canard, une parole venue de l'auguste président :
Chirac a planté l'Europe, moi je l'ai déplantée.
Planter au sens argotique de poignarder ou de partir sans payer, laisser tomber est une chose. Déplanter en revanche n'a qu'un seul sens agricole et horticole, l'antonyme du verbe au sens propre : sortir une racine ou un arbre de terre. Ce qui peut revenir à faire mourir la plante sans aucun entretien. Comme le disait Robert Schuman au sujet de la construction de l'Europe : "Si c'était à refaire, je commencerais par la culture." Il ne croyait pas si bien dire...
11:30 Publié dans La mal-langue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, ps, royal, europe
vendredi, 12 octobre 2007
Yaourt bulgare
L'euro continue à faire des vagues du fait de son nom. Auparavant, c'était la Lettonie qui voulait nommer l'euro eiro, car le u ne correspond pas à la prononciation du nom de l'Europe dans cette langue qui ne connaît pas le digramme eu, mais la Lettonie a fini par se ranger. De même que la Lituanie qui exigeait avant la forme déclinable euras au singulier, correspondant à la terminaison habituelle des noms lituaniens. Il y a eu une exception graphique sur les billets et les pièces pour le grec ευρώ, exception qui peut être étendue à l'alphabet cyrillique.
La Bulgarie refuse de signer le document de l'ASA avec le Monténégro si le texte en bulgare remplace le terme "evro" par "euro". Sofia souligne que le terme "evro" était utilisé dans le traité d'adhésion du pays à l'Union, ratifié par les autres Etats membres.
Mais en fait, cela concerne aussi les Tchèques, les Slovaques et les Slovènes qui pourraient faire valoir un evro comme leurs cousins slaves. Et on pourrait ajouter les Maltais avec un ewro, les Irlandais parlant le gaélique pour un eoró. Voici une page de Michael Everson, un des pontes d'Iso, au sujet des noms communs de l'euro dans différentes langues européennes, qu'elles soient de l'Union ou non, officielles ou non. Un joli sac de noeuds. C'est dû au fait que le nom de l'euro a été décidé en 1997 lorsque tous les pays membres de l'Union utilisaient une forme commençant par euro- pour nommer l'Europe (même si les prononciations du digramme eu varient entre le français, l'italien, l'anglais, l'allemand...) Depuis d'autres pays sont entrés dans l'Union.
18:19 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : langues, langue française, europe, monnaie, euro
mardi, 06 février 2007
Vers la langue européenne
Cela se passe dans un pays de l'Union européenne :
Cette année-là, le gouvernement de Tony Blair prit la décision, très controversée, de ne plus rendre obligatoire l'enseignement d'une langue étrangère pour les enfants de 14 à 16 ans, qui préparent le GCSE, l'équivalent du brevet français. Les langues étrangères sont devenues une simple matière à option placée sur le même plan que la musique ou l'informatique.
Le nombre d'élèves apprenant l'une de ces deux langues a diminué d'un tiers. Ils ne sont plus que 236 000 pour le français, et 90 000 pour l'allemand. Ces chiffres fondent au fil du cursus : au niveau A - l'équivalent du baccalauréat - on ne trouve plus que 14 600 étudiants en français, et 6 200 en allemand.
18:16 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : langue française, français, allemand, anglais, langue anglaise, langue allemande, europe
lundi, 15 janvier 2007
Monnet et/and Mollet ou/or Thomson et/and Thompson
Bizarre, bizarre.
A en croire des archives officielles britanniques, exhumées, lundi 15 janvier, par la BBC, la France et la Grande-Bretagne ont envisagé un rapprochement sans précédent, dans les années 1950. Lors d'un récent séjour à Londres (le 10 septembre 1956), le président du Conseil français, monsieur Mollet, a évoqué la possibilité d'une union entre le Royaume-Uni et la France", rapporte un document officiel du cabinet britannique, déclassifié il y a une vingtaine d'années, mais passé inaperçu selon la BBC.
Ben... un rapprochement semblable on en a connu un quelques années avant. Et en fait, c'est une idée de Jean Monnet, oui ! l'un des futurs pères de l'Europe, qui avait été envoyé à Londres en 1940 pour coordonner la défense des deux pays.
21:50 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, histoire


