mardi, 28 octobre 2008

De la liberté de l'enseignement, et en particulier de l'histoire

Je ne suis pas sûr de la compétence des députés et sénateurs pour décider de ce qui doit faire ou non partie de l'enseignement :

"Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale? Nous n'aurions pas ces questions", a affirmé le ministre [Xavier Darcos].

Nous avons eu au contraire beaucoup trop d'ingérences à des fins politiques circonstancielles ou communautaristes ou communicativo-émotionnelles depuis près de vingt ans. L'exigence grotesque de la lecture de la lettre de Guy Môquet répondait à cette forme de suprématie du politique et du pathétique sur le pédagogique, et on risque de se voir imposer de nouveau l'enseignement sur les aspects positifs de la colonisation comme cela avait été déjà désiré par des députés de droite extrême.L'instrumentalisation de l'histoire par le pouvoir en place est justement ce qui pose des questions . Le retour à une histoire officielle, dûment exigée par les pouvoirs en place, serait une régression, car on enfreindrait alors la loi - et non plus ses obligations professionnelles - si l'on ne s'y soumettait pas et si l'on exerçait son esprit critique ou tentait de délivrer autre chose qu'un catéchisme obligatoire, niant des évidences et contraignant à des mensonges d'Etat. La déclaration de mon ministre ne me surprend guère. Il réagit par une provocation, en bon adepte du magnifique président, et en feignant de trouver une solution admirable, alors qu'elle méprise les chercheurs et les enseignants qui agissent dans un cadre parfaitement républicain et humain. Voici un texte avec lequel je me sens vraiment en accord. Il n'est nul besoin de ces manoeuvres de diversion après les OPA ratées sur des moments mémoriels pour que l'histoire scolaire continue sa mission, qui est d'abord d'enseigner des repères et des modes de raisonnement, pas des slogans ou des confiteor.