mercredi, 31 mars 2010
Minuit, l'heure du juste
Voici la couverture magique d'un très grand album.
Par où commencer et commenter ? Par le titre ? Eh bien prenons le titre. Il ne fait pas vraiment référence au livre de Gilbert Cesbron et au film d'André Haquet qui en est inspiré, Il est minuit docteur Schweitzer. Ce titre a été souvent parodié par les humoristes, mais il a un autre sens ici. La phrase "Il est minuit, docteur Poche" est prononcée page 3 par le vieux majordome en livrée du docteur qui se tient dans une horloge comtale et qui entretient le mécanisme du balancier ! On a affaire à un comique absurde comparable à celui de Mandryka qui place des personnages animés dans le coucou du Concombre masqué.
Ensuite, c'est la phrase plus ou moins prononcée auparavant, page 2, par un couple apeuré au milieu d'un décor lugubre (palissades de chantier, unique lumignon suspendu, voiture contenant une ombre suspecte, chat noir traversant la rue et surtout un inquiétante créature ressemblant au monstre du docteur Frankenstein par sa balafre). "Les douze coups de minuit ! L'heure du crime !" Et cette page contient le titre de l'histoire en son centre, dans un cartouche calligraphié en cursive "Il est minuit... Docteur Poche". L'atmosphère est clairement celle du film d'épouvante et l'on va voir des mannequins de cire en vitrine s'animer tels des morts-vivants. En fait, dans l'économie du récit, il y a une rupture entre la première page et la deuxième. Au début, dans la page 1, on est dans un environnement diurne, rassurant d'un banal médecin de famille qui habite une banale maison bourgeoise et tout bascule ensuite dans un monde où l'on apprend que le docteur fabrique des potions pouvant le rajeunir, qu'il acquiert un manteau lui permettant de voler, qu'il va affronter une sorte d'avatar de King-Kong zombie, sans compter la créature de Frankenstein déjà vue avant. Bref, on débouche sur un autre monde et il s'agit d'un album hyper-référentiel où l'on trouve aussi une masse de motifs franquiniens comme le monde des forains, une principauté ressemblant à Bretzelbürg, un inspecteur de police de toute manière imbécile et arrivant trop tard. Il est minuit, cela signifie ici : c'est le début de l'histoire, on peut commencer à rêver.
Maintenant, revenons au graphisme. La couverture de l'album reprend en fait une partie de la couverture du numéro 2001 de Spirou. Le personnage étirait au départ beaucoup moins les bras. La scène au dessus des toits ne peut faire allusion simplement aux super-héros, c'est aussi une référence à un célèbre film. Le lien entre Mary Poppins et le docteur Poche me semble le plus évident, le décor urbain est le même, le sourire, son lien avec les enfants également. Dans la couverture de Spirou, nous avions une multiplication des docteurs Poche. C'était parce que Charles Dupuis tenait beaucoup à cette série qui avait été longuement annoncée à l'avance. Ce que l'on peut remarquer, c'est que le docteur porte sur son chapeau dans la couverture de l'album sa souris Tanenbaum alors qu'elle était absente de la couverture. Le paysage de toits a été rétréci pour former juste un pied de page et non plus un cadre. Il y a eu une simplification des étoiles qui encombraient le ciel. Ce qui était le plus bizarre était le fait que ce soit une scène nocturne avec un ciel totalement bleu pâle et cela a été corrigé dans l'intégrale avec une troisième version encore simplifiée. On devait penser que le bleu clair était une couleur plus vendeuse et fédératrice pour un fond d'album.
On sait que Wasterlain a eu un accident de la main et que depuis son dessin a un aspect anguleux, un peu nerveux et qu'il tendance à lancer son trait sans vraiment s'arrêter. On peut voir que le nez du docteur Poche est plus long dans la couverture de Spirou (il atteint le bord de la couverture) que dans celle de l'album : suite à une remarque de Jijé, Wasterlain l'a réduit progressivement. Pourtant, le premier très long nez est celui présent dans l'album et dans certains de ceux qui suivent. Même si la taille du nez du docteur Poche a toujours changé au gré des épisodes, une caractéristique des couvertures d'albums est de présenter des nez plus courts que dans les pages. Je suppose parce que le très très long nez du début paraissait un peu suspect.
Un autre point important est le lettrage : les lettres du nom docteur Poche sont toutes irrégulières à des hauteurs différentes. Quand on voit les couvertures des autres albums de Wasterlain, c'est une de ses caractéristiques : il mélange parfois les casses, il n'écrit pas à la même hauteur, mais ici cela a un autre sens. Le nom du personnage est écrit de telle manière qu'il suggère le vol et le battement d'ailes de la cape.
17:40 Publié dans Soulever la couverture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, langue française, cinéma
dimanche, 28 mars 2010
Cléopâtre et Astérix
Poursuivons la série de billets au sujet des couvertures d'albums de BD particulièrement remarquables. Voici celle du livre qui a vraiment lancé la série dans le grand public en 1965, juste après le Tour de Gaule qui était déjà un succès. Pourquoi Astérix ? Parce qu'il y a tant à dire...
Quelles remarques faire ? D'abord typographiques : le nom d'Astérix a toujours été au centre et dans une forme Word-Art avant l'heure. On est loin de l'école Hergé qui privilégie une police plus simple et souvent dans un cartouche. Le nom du personnage est écrit de manière convexe et cela possède un sens : les références de Goscinny sont cinématographiques. Il s'est nourri du cinémascope et nous sommes devant un film technicolor. Le nom du personnage a été aussi soigneusement choisi pour figurer en tête de liste et nous n'aurons ensuite plus affaire à "Une aventure d'Astérix" comme nous aurions "Une aventure de Tintin" ou "Une aventure de Barbe-Rouge". Goscinny s'est d'abord appuyé sur la marque Pilote avant de lancer celle d'Astérix sans le qualificatif de Gaulois et sans la mention d'aventures.
Ensuite, nous pouvons voir des caractères qui ont une apparence comme gravée dans du marbre. Cela donne un aspect antique à la chose, mais Uderzo avait déjà commis ce genre d'analogie graphique dans Astérix et les Goths. Il récidivera souvent ensuite, avec les Normands, aux Jeux olympiques, etc. Ce n'est pas follement original, mais il y a une possibilité de voir les lettres déformées comme des ersatz de lettres grecques et c'est un peu embêtant. On rajoute donc à gauche quatre chandelles avec des hiéroglyphes incompréhensibles dans des cartouches verticaux (et non horizontaux, toujours le souci de se dissocier de l'école Hergé). Cela donne l'aspect égyptien un peu plus sûr. La couleur des cartouches fait raccord avec le nom des auteurs, le coussin de Cléopâtre, sa robe et puis les braies ou le casque d'Obélix.
Maintenant, examinons la construction du titre : sur 24 albums, Goscinny a employé 13 fois la forme "Astérix et" ou "Astérix chez". Il l'évite lorsque la série est bien installée et devient populaire. Ce n'est pas anodin, Hergé avait procédé de la même manière au début de Tintin, il n'y est revenu que dans Tintin au pays de l'or noir dans une période critique et Tintin et les Picaros, Tintin et l'Alpha'Art à la toute fin lorsqu'il sentait que le monde changeait. Marteler le nom du personnage est une façon de l'imposer comme une marque.
Examinons à présent le dessin qui est le seul dessin de couverture en format réduit de cette collection. Nous sommes frappés d'abord par l'énorme présence de blanc dans la couverture. Ce n'est pas très habituel en bande dessinée, mais cela donne une allure un peu gallimardesque à un album de petits mickeys. La présence du blanc est là comme une tentative de légitimation d'un art populaire. Ensuite, le dessin reprend en fait une des affiches de la Cléopâtre de Mankiewicz. Cela explique le format inhabituel de la vignette qui est prise tout en longueur, comme si elle avait été prise dans un film en panoramique. Les deux héros encadrant Cléopâtre évincent Panoramix qui est pourtant le troisième larron gaulois de l'histoire. L'histoire reprend d'ailleurs une foule de cadrages, voire de scènes venant du film de Mankiewicz (le sphynx sur roues servant de carrosse, les perles dans le vinaigre, la prosternation de Numérobis devant Cléopâtre sur son trône surmonté d'une image de dieu animal).
Quand on regarde le texte assez inhabituel pour une BD, on trouve une sorte d'argumentaire de film à grand spectacle et cela a été précisément l'argument de vente du Cléopâtre de Mankiewicz qui devait enterrer Autant en emporte le vent ou les Dix Commandements ou Ben-Hur dans la surenchère. Plus de millions de dollars, plus de figurants, plus de jours et de lieux de tournage ! C'est de la grande parodie de péplum, mais aussi une opération d'auto-promotion pour valoriser la série. Ce qui est comique, c'est que cela avait été commencé par une annonce dans le journal Pilote et alors, patatras ! Erreur de syntaxe, "la plus grande aventure qui n'ait jamais été dessinée". Je suppose que Goscinny avait laissé Uderzo libre de son texte et de son illustration, mais il a repris la main après pour l'album. Le dessin a été aussi revu afin de paraître comme cune bande annonce en couverture de livre et non plus dans un magazine, on a supprimé la mention "Réservez vos places !" par exemple.
Uderzo a ensuite repris sa couverture sous diverses formes que je ne juge pas très intéressantes (je ne crois même pas qu'il les ait dessinées lui-même, mais il les a approuvées) et que je préfère ne pas citer tant elles sont infectes.
12:19 Publié dans Soulever la couverture | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, langue française, cinéma
jeudi, 04 février 2010
Как ухаживать русский
Le titre est en russe, mais je ne garantis pas son exactitude vu mon ignorance presque totale de la langue de Pouchkine (mis à part quelques mots courants et des notions grammaticales ou phonétiques assez générales). Il signifie Comment paraître russe. Il aurait pu aussi bien s'intituler Comment paraître grec, arabe, chinois, etc. C'est pas compliqué - comme on dit dans les émissions de vulgarisation. Il suffit de prendre quelques caractères en alphabet cyrillique et de les appliquer dans un énoncé rédigé en français. C'est ce qui se passe pour l'affiche du film Une exécution ordinaire.
Vous remarquerez qu'un seul caractère est inversé. Le n qui devient ici la voyelle i ou iže (иже). Elle provient du êta grec que l'on écrit H en capitale et η en bas de casse. Elle se prononçait ê long en grec ancien, puis elle est devenue i comme le iota. Elle a donné naissance à notre H latin, d'abord en capitale. On ne retrouve pas cette inversion dans la couverture du roman de Marc Dugain dont est tiré le film. Ce qui est fascinant dans cette affiche de film, c'est de retrouver tous les clichés au sujet de la Russie éternelle. L'étoile rouge. Le portrait de Staline qui domine les héros sur un mur grisâtre en brique. Le fond de paysage avec le Kremlin. Une police de caractère très stricte et sans empattement, de type Arial (on ne badine pas dans les régimes totalitaires). Et bien entendu, la fameuse lettre inversée parce que c'est la plus facile à utiliser pour faire russe (il y aurait bien eu aussi le b russe, mais il n'y a pas de b dans le titre). Si vous voulez faire grec, il faut vous rabattre plutôt sur le sigma ou l'epsilon, parce que l'on aura pas de n inversé (en fait de h ou de i).
On a affaire là à un truc de graphiste qui se retrouve fréquemment dans les affiches publicitaires, de films ou la bande dessinée. C'est une vieille astuce, lorsqu'Uderzo doit faire parler des Normands, il utilise des o barrés et des a avec rond en chef comme en danois, lorsqu'il fait parler ses Goths c'est en alphabet dit gothique, la Fraktür. On est alors dans l'exotisme déjà connu. Mais ce qui est particulier dans le cas des Russes ou des Soviétiques, c'est que l'on utilise presque systématique le n inversé. Comme si ce monde était l'inverse du nôtre. Un univers où tout serait vu comme dans un miroir par ce minuscule détail.
10:53 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, publicité, langue française, russe, typographie
samedi, 05 décembre 2009
Fantômas contre Fantomas
Comparons ces trois affiches et ces deux couvertures. Quelle différence observons-nous entre les affiches de 1911, de 1932 et de 1965 ? Un accent qui disparaît. On peut dire que l'accent circonflexe n'a pas à figurer sur une capitale, sauf qu'on trouve une capitale accentuée sur le nom de De Funès et que cet accent est aussi absent lorsque le nom est écrit en bas de casse. On peut prendre d'autres affiches comme celle-ci de 1948. L'accent circonflexe a disparu presque partout. Il faut dire cependant que les polices des affiches 2 et 3 ne permettaient aucun diacritique sur les capitales. C'est à un tel point que l'article Wikipedia consacré au génie du crime mélange les Fantômas et les Fantomas. Je veux bien admettre qu'il y ait eu des versions internationales de Fantômas pour des peuples sans aucun accent circonflexe, mais quand même...
L'accent circonflexe de Fantômas fait partie de son identité. Il suggère les ailes de la chauve-souris qui vole au dessus de la ville, la cape dont il se vêt, le loup qui cache le regard du personnage aux multiples visages. C'est une part fondamentale de la poésie profonde de ce personnage (totalement bousillée par Jean Marais et De Funès). Une solution astucieuse a été trouvée par l'éditeur espagnol du manga que je cite à la fin avec la représentation du personnage en surimpression du O. Mais c'est un pis-aller. C'est comme si le héros du mal se dérobait toujours avec ses masques.
Un détail amusant au sujet de son nom : Souvestre et Allain avaient gribouillé sur un morceau de papier le nom de Fantômus et le directeur de leur journal l'a mal lu, si bien que la fin fut en -as. Il nous échappe encore !





11:05 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, poésie, bd, langue française
jeudi, 05 novembre 2009
L'art de ressembler à un Russe sans l'être
Cela a vachement plus l'air russe avec un n à l'envers qui signale alore une voyelle russe et non une consonne, vous ne trouvez pas ? C'est si facile de dire que le sujet est russe, il faut juste un signe exotique pour le signaler même si le reste du texte est totalement incohérent avec cette autre graphie. Et pourquoi a-t-on choisi cette lettre plutôt que les autres ? Parce qu'elle reste lisible dans notre alphabet latin avec sa valeur alors que le C aurait posé plus de probèmes. Faut faire russe, mais pas totalement et pas absolument.
00:28 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : orthographe, publicité, film, cinéma, langue
lundi, 07 septembre 2009
Caméo
En lisant le dernier numéro de Période rouge, le magazine en ligne consacré à l'histoire de Vaillant-Pif gadget, je tombe sur ce passage.
Un caméo est un terme qui désigne l’apparition éphémère d’un personnage dans une oeuvre fictionnelle où il n’est pas censé se trouver. Arnal lui-même a pratiqué très tôt ce petit jeu en faisant figurer dès 1949 le pilote Bob Mallard dans une aventure de Placid et Muzo.
Cela m'intrigue. J'ai vu la veille dans une filmographie d'acteur le mot caméo que je n'avais jamais rencontré auparavant, mais je n'avais pas songé à creuser plus. D'pù cela peut-il bien sortir ? Comment peut-on avoir une définition aussi sûre alors que le mot ne figure dans aucun dictionnaire franças. Comment ai-je pu passer à côté alors que je crois maîtriser un peu le lexique technique de la bédé ?
L'explication vient par Wikipedia, troisième lien de la recherche avec le seul mot. Quand on jette un coup d'oeil sur l'historique, on s'aperçoit que le terme est entré dans l'encyclopédie en mars 2005. Et bien entendu, il s'agit d'un anglicisme, pour cameo appearance. Soit. Je n'ai rien contre le terme en soi, ni contre son origine, je ne conteste même pas son utilité afin de le distinguer de l'invité. Je m'interroge.
Wikipedia est pris par beaucoup comme une autorité aussi valide que les autres (je ne tiens pas à discuter du bien-fondé de cette opinion). Un terme nouveau ou fort confidentiel ou exotique peut ainsi acquérir un statut, une reconnaissance sans passer par le stade des dictionnaires traditionnels. Sa présence dans Wikipedia va jouer sur l'usage qui en sera fait, il y aura démultiplication des occurrences du mot du simple fait qu'il est présent dans une source encyclopédique. Il entrera donc dans le français usuel, un peu à la manière dont le mot pitch est entré par le biais des discours d'animateurs de télévision. Après quoi, il ne restera plus qu'à avaliser l'usage dans les dictionnaires usuels. Wikipedia permet de contourner l'obstacle des mentions dans la presse imprimée, les livres imprimés afin de créer un usage : le mot y aurait été perdu dans une masse d'autres informations. Il accélère la reconnaissance et surtout la diffusion des néologismes, sans doute autant que peut le faire la télévision ou la radio.
Pourtant, dans la notice de Wikipedia, on n'a strictement rien au sujet des personnages fictifs de bédé, cela ne parle que de théâtre et surtout de cinéma. Il faut aller voir alors la version de Wikipedia en anglais qui nous parle par exemple des personnages de la firme Marvel qui changent d'histoire (le Surfeur d'argent par exemple chez les Quatre Fantastiques). Mais la notice Wikipedia française sera complétée en ce sens à partir de cet exemple et ainsi le mouvement sera enclenché, puisqu'il y aura eu une référence en français pour la bédé. Il faut en prendre son parti : Wikipedia construit les dictionnaires de langue à venir et l'usage est une question d'influence.
11:43 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, bande dessinée, cinéma, langue française, néologie, wikipedia
mercredi, 22 juillet 2009
Bob et Bobette et les diables de détail
Scandale en Belgique ! Bobette (Wiske) a un geste déplacé envers Bob (Suske) sur cette affiche du film d'animation qui est sorti aujourd'hui. Toute une légende belge est en train de s'écrouler.
13:13 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bd, film, cinéma, animation, humour
lundi, 22 juin 2009
Interdisons Zorro !
J'ai reçu ce courrier que je retransmets.
Monsieur le Premier ministre, je tiens à dénoncer ce délinquant notoire qui dissimule honteusement son visage durant des manifestations sur la voie publique contre l'ordre établi afin de ne jamais être reconnu. J'ai pris une photo pour vous montrer que l'individu en question est du genre particulièrement violent, vu l'arme qu'il exhibe avec provocation. J'espère que ce signalement vous permettra d'identifier ce dangereux anarchiste, car m'a-t-on dit il aurait une forte influence auprès des jeunes enfants bien trop influençables qui seraient tentés de l'imiter dans ses actions désespérées et absurdes. J'ose espérer que vous interdirez lors des prochains carnavals d'écoles maternelles de tels déguisements qui donnent de funestes idées d'origine même pas française à notre saine jeunesse. J'espère aussi vivement que madame Alliot-Marie ou madame Albanel interdiront fort vite les films, les romans et les bandes dessinées qui donnent un si triste exemple à nos chères têtes blondes, quitte à faire voter une nouvelle loi totalement inutile et inefficace. Il n'est pas admissible de laisser nos enfants être ainsi pervertis et de les voir se transformer en terroristes ferroviaires le long des lignes du TGV. Interdisons donc ces lectures pernicieuses afin de préserver la liberté de penser.
Votre dévoué Jean-Claude, responsable des UMP seniors du Cantal-Atlantique. 
00:06 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, cinéma, bd, littérature
mardi, 14 avril 2009
Pour Pierrre Etaix (one more time)
Je ne peux que répondre favorablement à cette invitation de demander à voir (ou revoir comme dans mon cas puisque cela a été un de mes enchanteurs d'enfance) enfin les films de Pierre Etaix."Le 28 novembre 2008 à notre grande surprise, les auteurs se voyaient refuser le droit de procéder à la restauration de leurs films (une restauration pourtant jugée urgente et dont le financement était assuré)." Depuis Christine Albanel a été sourde et aveugle, tellement elle était occupée par la loi imbécile d'Hadopi condamnée par des socialistes dissimulés derrière des rideaux et des colonnes dans des couloirs. Comment peut-on interdire l'accès à l'un des plus grands clowns, scénaristes et cinéastes français alors même que se déroule une rétrospective Tati à la Cinémathèque ? Les auteurs de la pétition demandent que l'on invite au moins deux personnes afin d'obtenir 50 000 signatures afin de peser un peu plus que les 16 000 actuelles, cela n'est pas inaccessible et il faut qu'Etaix rentre enfin dans le patrimoine culturel et que cesse le scandale d'un auteur qui ne peut plus être vu alors qu'il est simplement humain. Je trouve honteux qu'on interdise en France au nom de raisons marchandes et contre son gré l'un des plus grands auteurs d'images de ce pays (au fait, il n'a pas sa Légion d'honneur et il ne porte pas de Rollex, cet Etaix inconnu ?)
22:22 Publié dans Francophonie | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : film, cinéma, politique, cirque, dessin
vendredi, 09 janvier 2009
Le tour du Monde avec erreur
Dans le Quiz Tintin du journal de référence du soir, une réponse incorrecte s'est glissée pour la septième question, "combien de fois Tintin est-il apparu au cinéma" : Un dessin animé (Le Lac aux requins) et deux adaptations filmées ont été diffusées (sic) au cinéma. Il aurait fallu écrire six fois ou bien alors à partir de trois scénarios originaux, non repris des albums et ayant donné lieu ensuite à d'autres albums. Je soupçonne fort Yves-Marie Labé, le critique fort comique des comics, d'être à l'origine de cette bourde - ce ne serait pas sa première.
22:49 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, presse, cinéma, journalisme, bd, bande dessinée, tintin
jeudi, 19 juin 2008
Un poncif pour trois
Les titreurs montrent une grande originalité ces derniers temps :
Le Monde du 16 juin : Un fauteuil pour deux.
L'un est au gouvernement, l'autre pas. Le plus jeune - 43 ans - est le chouchou du président, l'aîné - 44 ans - sa bête noire. Xavier Bertrand est l'un des conseillers politiques de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé dirige le groupe du président à l'Assemblée nationale.
Libération du 17 juin : Un fauteuil pour deux à l'Académie.
C'est jeudi que l'Académie française vote pour élire un remplaçant au fauteuil d'Henri Troyat. Deux écrivains sont en lice: Jean-Christophe Rufin et Olivier Germain-Thomas.
Le Parisien du 18 juin : Russie-Suède : un fauteuil pour deux.
A Innsbruck, les Russes et les Suédois se disputent ce soir la dernière place qualificative pour les quarts de finale de cet Euro 2008.
Voilà donc une nouvelle fois un recyclage de titre déjà connu, mais sans grand changement puisqu'il s'apparente à peu près à toutes les situations, même si les fauteuils semblent un peu étranges pour le foteballe.
14:03 Publié dans Revues de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, cinéma
samedi, 07 juin 2008
Bouffonneries
On me dit que :
Le cinéaste Dino Risi, père de la comédie italienne, est mort, samedi 7 juin, à son domicile de Rome à 91 ans, a annoncé l'agence Ansa.
Si je cherche dans Google au delà de l'actualité récente, j'obtiens sur une seule page comme père de la comédie italienne : Goldoni. Ce qui ne me semble pas trop mal pensé alors, mais quand même encore un peu imparfait. Tout le reste donne seulement, sur 50 résultats, Risi comme le père de la comédie itailienne, laquelle n'aurait jamais vécu ailleurs qu'au cinéma et n'existait pas avant l'invention des pellicules !
19:35 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, langue française, journalisme
dimanche, 01 juin 2008
Sex and the Cliché
La sortie du film adapté de la série Sex and the City donne déjà lieu à des détournements : Sex and the Ciné, Sex and the lycée, et même Sex and the Sarkozy... Tous repérés dans Google actualités pour les trois derniers jours ; j'attends l'invasion. L'important, c'est d'avoir semble-t-il les sons s et i dans le titre parodié. Voilà donc un autre titre de film qui fera l'objet de nombreuses adaptations selon les circonstances comme tous ceux qu'avaient recensés Burnier et Rambaud. Cela présente en plus l'intérêt de montrer un petit aspect faussement provocateur.
12:30 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : langue française, humour, cinéma
dimanche, 27 avril 2008
Vierge et mère
Dans le supplément TV-Radio d'un quotidien de référence, je peux lire la critique d'un DVD (Shakespeare in Love).
La puissance de son art [à Shakespeare] serait telle qu'elle convertirait aux charmes de la tragédie des conservateurs patentés qui ne juraient jusqu'alors que par la comédie, tels la reine mère (Judi Dench, Oscar du meilleur second rôle)...
La reine mère en question est... Elizabeth Ire d'Angleterre !
14:24 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, film, histoire, journalisme, presse
mardi, 08 avril 2008
Bienvenue chez les Champignaciens !
Bienvenue chez les Ch'tis est en train de créer un phénomène dans les titres, un peu comme à l'époque des James Bond où l'on déclinait jusqu'à plus soif les Bons baisers de... Je recense ainsi déjà dans l'actualité récente les Bienvenue chez les peuples suivants : les Normands, les Wallons, les bronzés (à Saint-Tropez, sans doute une maxpécasserie), les Ch'tis Suisses, les minots (du foot), les verts (encore du foot), les Breizhous (du hand), les Flamands, les people, les Domiens, les gones (encore du foot). Et encore, je n'ai pas retenu les titres de la presse au sujet de la banderole imbécile. C'est en train de devenir un poncif pour fabriquer des titres sur un modèle convenu, du genre Tout ce que vous avez voulu savoir sur, le charme discret de, l'obscur objet de, l'insoutenable légéreté de, etc. que Burnier et Rambaud avaient si bien su condenser dans leur traité de mauvais journalisme. Libération se distingue d'ailleurs en offrant pas moins de trois Bienvenue chez... différents.
08:21 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, média, médias, langue française, cinéma, film
lundi, 10 mars 2008
Don't Step on My Blue Suede Movies
Est-ce vraiment un néologisme en anglais ?
la vague des films « suédés » (selon le néologisme employé chez Gondry) déferle sur le Net.
Il s'agit en fait d'un emploi métaphorique d'un verbe déjà employé depuis le début du siècle dernier dans le domaine de la confection. Si on ne trouve que 208 acceptions (sur Google en français) de suéder, elles sont principalement consacrées à ces reproductions de films, mais les 108 000 occurrences de suédé ne concernent principalement elles que des vêtements ou des chaussures dont on a modifié l'apparence. En tout cas, cela va redonner vie à un verbe n'appartenant qu'au jargon d'une profession, sans place dans les ouvrages de référence.
21:41 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : anglais, langue française, cinéma, internet
mardi, 12 février 2008
Typo du cinéma
La légende veut que Ed Benguiat, l’un des plus grands typographes de la fin des années 70, et Woody Allen prenaient leur petit déjeuner dans le même diner du New Jersey. Un jour, Woody Allen lui aurait demandé conseil pour une bonne typographie, et Benguiat lui aurait suggéré la Windsor qu’il appréciait particulièrement. Et le jeune cinéaste l’aurait suivi presque religieusement.
Je devrais essayer de la trouver, elle me plaît beaucoup. Elle est claire, simple, sans prétention, tout en conservant des éléments un peu grotesques dans les empattements, mais elle souligne aussi bien l'aspect cinématographique par sa hauteur de corps, comme si on se trouvait juste en dessous de l'écran, au premier rang des fauteuils.
22:30 Publié dans La vie des blogues | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : typographie, langue française, cinéma, woody allen, kubrick, ciné
samedi, 13 octobre 2007
Des images déplacées

Voici le jeu littéraire et artistique de fin de semaine. J'ai décidé de ruser puisque GooglePrint donne trop de solutions lorsque je cite un texte. Je cite donc une image, extraite d'une oeuvre. Son auteur (nommons-le X) s'est inspiré pour sa composition d'un peintre (qui sera Y), mais c'est dans l'adaptation d'un récit dû à un écrivain (bien entendu Z). Il y a un point commun entre le tableau et le récit : dans les deux cas, un animal apparaît en songe, mais ce n'est pas le même animal. Tous deux renvoient à des mythes, chez le peintre Y à une croyance surnaturelle autour de la nuit ; chez l'écrivain Z au thème de la fécondité, ce qui n'est pas sans rapport avec le sujet de son oeuvre. Mais X a déplacé la scène de Z à la fin de son oeuvre afin de lui donner un ressort dramatique. Qui sont ces trois auteurs et quelles sont leurs oeuvres ? De quels animaux s'agit-il ?

16:25 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, peinture, art, arts, cinéma, ciné, allemagne
mercredi, 10 octobre 2007
Etudiante, diantre, diantre !
Quand j'ai appris via Yahoo! Actualités que Hugh Grant avait été pris en photo dans des situations compromettantes avec des étudiantes américaines, je me suis dit : bon, il était encore en compagnie d'une jeune fille aux moeurs légères et tarifées. Parce qu'étudiante a un sens dans les pourriels que je reçois : cela veut dire une fille de plus de dix-huit ans et surtout de moins de vingt-cinq ans qui accepte volontiers de se dévêtir, cela s'oppose à d'autres catégories comme les femmes mûres ou les vieilles, mais c'est en compétition avec les cheerleaders ou les teens. Et puis vérification faite (parce que j'ai une certaine affection pour le beau Hugh), les étudiantes étaient bien étudiantes dans une université et non call-girls, ou alors seulement pour leurs loisirs et leur argent de poche. Mais je m'interroge sur la contamination des dépêches pipole par des expressions venues tout droit du monde du sexe en ligne. Parce que cette formulation n'est pas innocente : il y a maintenant une connotation sexuelle du mot étudiante et le titre-ci est plus que faux-cul avant d'être démonté par le texte. Ah ! et on notera avec délice que Facebook est "un site communautaire pour étudiants"...
19:05 Publié dans Le français qui se fait | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : langue française, people, cinéma, ciné, hugh grant, sexe, érotisme
samedi, 06 octobre 2007
Mythologie de la péniche
«On n’est pas resté à l’époque de Gabin et de l’Atalante », corrige François Bordry, mais on croit comprendre qu’on n’en est pas loin…
Léger problème... Gabin ne joue pas dans l'Atalante, c'est Michel Simon. Et en fait l'Atalante est tout ce que l'on veut sauf un film qui montrerait le voyage d'une péniche : le navire ne bouge pour ainsi dire pas, toutes les scènes se déroulent soit en ville, soit dans un huis-clos plus proche des Enfants terribles que des romans de Simenon autour des canaux comme le Charretier de la Providence. Et même le dernier plan, repris par Carax dans les Amants du Pont-Neuf, est un plan immobile.
Autre problème, Gabin n'a joué qu'une seule fois un rôle de capitaine de péniche dans un film mineur, la Belle Marinière. Je doute que beaucoup de personnes l'aient vu... Et dans la Péniche de l'amour, cette péniche n'est qu'une sorte de taudis pour marginaux et où Gabin n'est même pas marinier. Et qui peut dire qu'il a vu ce film ? Mais on associe aisément Gabin aux rôles de marin* du fait de films bien plus marquants qui se déroulent en réalité dans des ports de mer et puis parce que Gabin a bel et bien servi dans la marine. D'ailleurs, la plupart du temps il n'est pas en mer, mais en permission ou sur le point d'embarquer.
Bon... Un film qui ne traite absolument pas des canaux et des mariniers et où on ne voyage pour ainsi dire pas. Un acteur que presque personne n'a jamais vu sur une péniche. Et puis malgré tout une sorte d'image d'une autre époque qui s'installe, comme une sorte de passé recomposé. Une image fausse, mais qui semble s'imposer malgré tout parce qu'elle correspond à ce que l'on croit attendre. Une forme de mythologie. Il n'y a pas tellement d'oeuvres autour de la batellerie. Alors on se fabrique une sorte de filmographie par association d'idées.
* Quand Gabin revient en France après la guerre, il a pris du grade : il est devenu armateur dans la Marie du port. C'est le passage du Gabin prolétaire, troufion ou voyou au Gabin patron, commissaire ou caïd.
11:00 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, ciné, télévision, télé, tv
vendredi, 05 octobre 2007
Comme son portrait
Voici le jeu artistico-littéraire de fin de semaine. L'extrait montre la relation de l'auteur avec le peintre. S'agit-il vraiment d'un écrivain ? Oui, il a publié selon mes souvenirs deux romans, assez peu connus mais présents dans ma bibliothèque. Et puis il a écrit beaucoup de textes de circonstance, comme celui-ci. Ce qui est assez frappant, c'est qu'il nomme le peintre par son seul nom de famille, comme s'il s'effaçait et que seul le peintre était vraiment grand, et cela se retrouve dans les entretiens télévisés qu'il a accordés. Mais ce portrait de l'artiste est aussi un portrait en creux de l'auteur, par les qualités mises en avant. Qui est le peintre ? Qui est l'auteur ? Qui est cette cousine si fréquemment représentée dans un grand nombre de toiles ? Et quel est ce village ?
Deux tiers de siècle se sont écoulés depuis le temps où petit garçon, j'allais passer mes vacances à X. Il semble que c'était hier. Encore maintenant, lorsque j'essaie de concevoir l'idée de "bonheur", je me transporte en imagination dans la maison de Y.
Le cadre lui convenait et nos jeux bruyants ne le troublaient nullement. Les gens du pays l'avaient adopté et lui-même s'assimilait aux êtres et aux paysages.
A en juger par les tableaux qu'il peignit pendant ses séjours, il semble que ces lieux lui aient été particulièrement favorables.
Bien entendu, sa grande affaire était la poursuite d'un rêve intérieur. Y avait besoin de s'appuyer sur des motifs naturels, mais ceux-ci n'étaient que les outils d'une recherche constante qui dépassait la reproduction pure et simple.
Z, cette cousine d'X qu'il est impossible de ne pas évoquer quand on pense à Y, me disait, quelques temps avant de mourir : "Quel dommage que tu ne possèdes pas un portrait du Patron par lui-même." Puis, se reprenant, elle déclara : "Mais après tout, tu as ce bouquet de roses, c'est comme son portrait."
Tous les tableaux de Y sont "comme son portrait". Mais comme il était modeste, il aimait se cacher derrière son sujet et se laisser assimiler par lui. Son espoir, heureusement déçu, était qu'on ne l'y découvrirait pas.
Disons qu'X fournit à Y une excellente cachette et que l'atmosphère de la maison, les visites impromptues des voisins, les cris des enfants, les rires des modèles l'aidaient à trouver l'isolement nécessaire à la création.

18:50 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture
vendredi, 21 septembre 2007
Voir apparaître et disparaître les images, de la fenêtre, en parlant
L'auteur parle de lui-même.
Je lis de préférence les bandes dessinées, les comptes rendus de procès, les livres d'histoire, les essais, parfois des poèmes, rarement des romans.
Je ne vais presque jamais au cinéma. Parfois j'entre dans une salle, je regarde un petit bout de film, puis je m'en vais.
Je n'écoute jamais la radio. Je ne regarde jamais la télévision. Je n'ai jamais vu un match de football de ma vie.
Je n'aime pas les réceptions. Je n'aime pas la conversation. Je ne m'ennuie que lorsque je suis obligé de rester avec des gens que je connais mal, à échanger des mots inutiles.
Je ne peux jamais rester tranquille. Il faut que je me déplace continuellement. J'aime être en voiture. C'est souvent ainsi que je vois mes amis : nous roulons ensemble dans la ville. J'aime voir apparaître et disparaître les images, de la fenêtre, en parlant.
Je sors chaque matin à huit heures de chez moi. J'aime bien errer dans Rome toute la journée quand je ne travaille pas.
Je ne suis pas collectionneur. Je donne, abandonne, perds mes livres. Je déchire tout ce qui me parait peu intéressant et aussi tout ce qui me paraît intéressant mais que je connais déjà. Je voudrais avoir chez moi le moins de choses possible.
Qui est l'auteur ? Quelles sont ses oeuvres qui sont suggérées par ses propos ? A quels indices l'avez-vous reconnu ? Vous reconnaissez-vous partiellement ou entièrement dans son portrait et pourquoi ? Que pensez-vous de ses provocations envers la civilisation italienne aux paragraphes 1 et 2 ? Pensez-vous que son mode de vie est égocentrique ou bien tourné vers les autres ? En quoi ses activités quotidiennes rejoignent-elles son art ? Est-ce que cet autoportrait a sa place dans une série consacrée aux peintres et dessinateurs, pourquoi ? Ces questions sont-elles bien dans la ligne du Lagarde et Michard ? Justifiez votre réponse dans un commentaire argumenté et illustré.

19:05 | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
samedi, 21 juillet 2007
Petit bleu
Pour le jeu artistique et littéraire de fin de semaine, je ne donne pas un texte mais un petit casse-tête. Il existe un peintre qui a fait breveter une de ses techniques de peinture. Cette technique a d'ailleurs fourni la matière d'un film en noir et blanc, sur fond de musique contemporaine, et on peut le trouver aisément sur Dailymotion. Toutefois, le même procédé a été représenté aussi en bande dessinée par un auteur italien sans le peintre en question (il était déjà mort à l'époque de la publication), mais avec un hommage évident. Il faut trouver le peintre, le film, le musicien, l'auteur de la BD.
18:35 Publié dans Les arts et les gens | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, bd
jeudi, 19 juillet 2007
La Barbe bleue
Dans le conte de Perrault, le personnage est nommé La Barbe bleue, même si c'est un homme qui tue ses épouses. En tout cas, Guillaume de Flavy n'est pas le moins sanguinaire dans cette histoire.
Le Barbe bleu du château de Nesles
« C’était le Barbe-Bleue local », poursuit-il. « On raconte que beaucoup de femmes sont rentrées dans le château sans jamais en ressortir. »
12:15 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, langue française, média, médias, histoire, cinéma
A reposter
Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans ce passage, mais je me demande bien quoi...
Saint Alban a été le premier martyr anglais. Cet homme que rien ne prédestinait à la religion chrétienne sauva un prêtre des persécutions.
«Dénoncé, il a été torturé puis décapité les 22juin 303. En 795, ses ossements ont été transportés dans un reliquaire au monastère de Nesle-la-reposte», explique Roger Bar qui assure régulièrement des visites sur le site où fut érigée une statue.
11:13 Publié dans En épluchant l'Oignon | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, langue française, média, médias, histoire, cinéma
dimanche, 01 juillet 2007
Ratatouille
Le sujet n'est pas forcément facile à résumer aux États-Unis, admettent les créateurs. Et Ratatouille n'est pas un titre évident, dit Brad Lewis, le producteur (il est d'ailleurs transcrit en phonétique sur l'affiche: «rat-a-too-ee»).
Drôle de tambouille. L'affiche du chef (en anglais le chef), j'aime beaucoup le dessin du cartouche qui imite bien les plaques anciennes.
Disclémeur : je déteste la ratatouille.
11:00 Publié dans Langues du monde | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : dessin animé, film, cinéma, anglais, ciné, langue anglaise, cuisine
mardi, 26 juin 2007
Swimming pool
La maison ne recule pas devant les sacrifices et elle vous offre une exploration d'un objet mythique contemporain : la piscine.
Pourquoi la piscine ? A cause de Secret Story bien sûr... Comment faire une émission ayant beaucoup d'audience sans une piscine ? En faisant un plateau où les gens iront chanter ! Eh... mais c'est alors la StarAc' alors ? Ben oui... le menu est simple : plateau ou piscine. Si les gens que l'on montre comme des fauves en cage ne peuvent se présenter sur un plateau afin de pousser la chansonnette à deux balles avec des tas de canards, il faut les plonger dans une piscine.
La piscine remonte à la plus haute antiquité comme en témoigne l'étymologie de son nom (il est toujours important de préciser l'étymologie quand on va dire un truc très tordu), c'était le bassin à poissons. Donc on observe des poissons dans l'aquarium de la télévision. C'est rigolo de voir des poissons rouges ou des truites, sauf que l'on ne peut rester plus de deux minutes devant un spectacle aussi fascinant, à moins d'en faire l'élevage et alors on y prêtera de l'attention. Et justement, il s'agit de faire de l'élevage de carpes en appuyant sur 1 ou 2 avec son portable, un peu comme les enfants nourrissent ou font mourir leur tamagochis. Secret Story (le nouveau nom de Loft Story ou de Big Brother), c'est cela : vous êtes con, nul, moche, pauvre, électeur de l'UMP, mais vous avez un pouvoir secret grâce à nous sur la vie des autres exactement comme vous auriez un pouvoir sur votre tamagochi ou votre poisson rouge.
Venons-en à l'objet de notre propos : la piscine. Elle commence à apparaître dans les villas hollywoodiennes de célébrités du cinéma muet. Elle est immédiatement associée au luxe, à la vie plaisante et au grand air, aux grands espaces, et surtout au cinéma. Le surface de la piscine est comme la toile sur laquelle se projette les images qui font rêver. Est-ce un hasard si Billy Wilder fait commencer son film Sunset Boulevard sur une scène de piscine où le héros-narrateur surnage et parle d'outre-tombe ? Est-ce un hasard si les dernières images retenues de Marilyn Monroe sont justement celles de la piscine de Something's Got to Give ? Et on imagine tout au sujet de ce film inachevé (elle aurait nagé nue, elle aurait eu une combinaison couleur chair). Et puis de Deray en Ozon, combien de swimming pools comme autant de métaphores du cinéma ! Mais depuis chacun a sa petite piscine dans son petit pavillon de petite banlieue de petite ville, et alors cela change de sens : c'est juste un lieu convivial où l'on se touche entre proches étrangers comme les barbecues.
La piscine est le lieu du fantasme, celui de la scène que tout le monde attend, elle est l'écran sur lequel vont s'afficher les désirs que l'on aura suscités. On sait depuis Loft Story 1 que l'on peut tout attendre d'une piscine du fait des ébats aquatiques de Loana et Jean-Edouard, sauf qu'on n'a rien vu vraiment et que les spectateurs sont frustrés même s'ils laissent entendre d'un air égrillard qu'ils ont tout vu. Donc, dans Secret Story il ne s'agit plus simplement de filmer la surface de la piscine comme cela se faisait avant (on ne savait pas ce qui se passait sous l'eau), mais bien dans la piscine : cela devient de la 3D et vous n'allez pas en croire vos yeux. Il faut aller encore plus loin dans le dévoilement de faux secrets et afficher encore moins de profondeur par cette nouvelle profondeur.
Le paradoxe de la piscine est celui-ci : plus on tente de se l'approprier, moins on a de chance de le posséder ; plus on cherche à voir au delà des deux dimensions de l'écran, moins on pourra savoir ce qui se passe dans une autre dimension ; plus on s'intéresse à des gens dont le cerveau est en bocal, moins on a de chances de réfléchir ; plus on pense moins, plus on consomme pour les gens qui gagnent plus sans travailler plus. Et pourtant la piscine est bien une des images du cinéma tel qu'on le rêverait.
14:34 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, ciné, télévision, télé, tv
mercredi, 20 juin 2007
Marmandelade
Je me disais bien que Francis Marmande avait encore dû écrire une débilité cette semaine et cela n'a pas raté (je ne rate pas souvent le Marmande tellement il est grotesque à chaque fois, mais je l'évite de temps à autre pour ne pas avoir trop les nerfs en boule) : "22 h 30 : Afrique 50, le tout premier document de René Vautier (Trésor militant vivant, comme on dit dans les faubourgs prolétaires de Kyoto), si rarement vu, film treize fois condamné en 1950 au nom d'un décret, on croit rêver, signé Laval en 1934." Quand on confond 13 chefs d'inculpation et une seule condamnation, il y a de quoi s'interroger sur les capacités de lecture d'un prof de littérature en fac... Il aurait été bon aussi de préciser que ce décret dit de Laval était en fait celui du ministre des Colonies dans le gouvernement de Gaston Doumergues qui a dû aussi voir ce décret. Il serait faux de l'attribuer seulement au Laval d'après 1940 en ne citant que son nom afin de le condamner sans autre forme de procès et en faisant un amalgame avec la suite des événements. Mais Marmande, c'est souvent ça : de la marmelade historique et littéraire.
21:37 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, presse, langue française, média, médias, culture, cinéma
samedi, 16 juin 2007
Le voyage dans la lune
Liste des tableaux :
1. Le congrès scientifique du Club des Astronomes.
2. Le plan du voyage expliqué aux savants. La désignation des explorateurs et de leurs assistants. Enthousiasme général. Au revoir.
3. L'usine monstre. le construction du projectile.
4. Les fonderies, les hauts-fourneaux, fonte du canon géant.
5. Les astronomes s'embarquent dans l'obus.
6.Le chargement de l'obus.
7. Le canon monstre. Défilé des grenadiers. Salut au drapeau.
8. La course dans l'espace. La lune approche.
9. En plein dans l'oeil.
10. Chute de l'obus dans la lune. Le clair de terre, l'aspect de la terre vue de la lune.
11. La plaine des cratères. Eruption volcanique.
12. Le rêve des bolides, la Grande Ourse, Phoebé, l'étoile double, Saturne, etc.
13. La tempête de neige.
14. Quarante degrés au dessous de zéro. Descente dans un cratère lunaire.
15. A l'intérieur de la lune, la grotte aux champignons géants.
16. Rencontre des Sélénites. Combat héroïque.
17. Prisonniers.
18. Le roi de la Lune. L'armée sélénite.
19. Evasion.
20. Poursuite endiablée.
21. Les astronomes retrouvent l'obus. Départ de la lune.
22. Chute dans le vide.
23. L'obus tombe dans l'océan.
24. Dans les profondeurs maritimes.
25. Sauvetage. Retour au port.
26. Grande fête. Marche triomphale.
27. Couronnement et décoration des héros du voyage.
28. Grand défilé des marins et des pompiers.
29. Inauguration de la statue commémorative par le maire et les conseillers municipaux.
30. Grandes réjouissances publiques. Le Sélénite emmené prisonnier de la Lune est exhibé en public comme un phénomène.
Georges Méliès
18:43 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme
vendredi, 15 juin 2007
Excelsior
Un magicien sort de la bouche d'une jeune fille un mouchoir dont il tire un bocal qu'il remplit en agitant le bras de la femme comme une pompe. L'eau et les poissons lui sortent par la bouche. Les poissons se transforment en langouste, puis en jolie clownesse. Il la double, la transforme en deux drapeaux, et se drapant dans leur étoffe il disparaît lui-même.
Georges Méliès
18:37 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, cinéma, film, art, arts, écriture, surréalisme


