vendredi, 30 novembre 2007
C'est mon seul espoir de sortir du brouillard
Pour la journée sans Sarkozy, je vous propose à la réflexion cette phrase parfaitement puante de notre irréprochable président.
Il [Jacques Chirac] est présumé innocent, comme n'importe quel justiciable. je n'ai donc pas de commentaire à faire sur ce sujet, si ce n'est que je trouve dommage que la justice vienne si tard...
Il y a tout d'abord la précaution oratoire quasi obligatoire dans le cas des hommes politiques présumés innocents, c'est juste un poncif comme on va le voir par la suite. Notons que de telles précautions oratoires n'étaient pas utilisées pour les deux jeunes gens morts dans un transformateur à Clichy-sous-Bois, car ils étaient accusés le soir même de cambriolage par le ministre de l'Intérieur de l'époque, lequel ne s'est toujours pas excusé et n'a exprimé aucun regret. Cependant, le poncif sert à dissimuler ce qui est en fait in cauda venenum.
On peut donner deux sens au mot justice. Soit la justice qui vient dire le droit et alors on comprend mal comment le le glorieux président actuel peut s'abriter exactement sous le même statut que l'ancien pour échapper aux accusations à propos de son appartement de l'île de la Jatte (ne serait-ce que cela). Il sait fort bien qu'il n'est plus un justiciable comme les autres durant son mandat. Soit la justice qui vient punir les coupables et indemniser les victimes, dans ce cas ce commentaire est lourd de présomptions plus si innocentes. Mais surtout... c'est le genre de phrase que l'on ne prononce que pour de grands criminels : Papon, Pinochet, Milosevicz, Eichmann, Barbie, Bousquet, Emile Louis, l'adjudant Chanal (je fais dans le très lourd). Or il ne s'agit pas de crimes, encore moins de crimes de guerre ou de génocide, mais de faits de délinquance ; corruption, emplois fictifs, détournement de fonds, complicité d'abus de biens sociaux. Le régime actuel ne me semble guère meilleur à cet égard.
On peut regretter ce passage si tardif de la justice, mais qui a siégé pendant cinq ans dans un gouvernement au côté d'un homme aujourd'hui mis en examen ? Qui a fait partie de la majorité ayant refusé de faire comparaître le chef de l'Etat devant les juges d'instruction ou devant la haute-cour de justice comme le demandait la pétition lancée par Arnaud Montebourg ? Que Chirac ait été un peu escroc, c'est ce que tout le monde se disait, mais de là à le charger ainsi sans parler de son propre rôle, il faut un sacré culot. Quand je déclarais que je voulais voir Chirac en prison, je ne voulais pas que ce soit sous le règne de traitres comme ça. On a affaire à un double langage qui évite de parler de sa propre responsabilité.
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vendredi, 16 novembre 2007
La toute première fois
Robert Solé écrit :
Jeudi, pour la première fois, deux anciens présidents de la République ont participé ensemble à une réunion du Conseil constitutionnel, dont ils sont membres de droit.
C'est imparfaitement exact, mais cela demande une petite explication : Vincent Auriol a participé aux débats du conseil constitutionnel avant de s'en retirer un temps en 1960 (du fait de la dérive du régime gaulliste) et de revenir brièvement en 1962. La santé défaillante de René Coty ne lui a pas permis d'assister à beaucoup de séances jusque 62 date de sa mort, mais les deux hommes se sont croisés alors autour de la même table au moins en 59.
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mardi, 06 février 2007
Le QG
Ce que j'aime bien chez Bloïcorzy, c'est qu'il ne truque pas, car il n'a pas les capacités linguistiques ou mentales de mentir avec astuce : quand il parle du QG de campagne, on sait duquel il s'agit automatiquement. Les autres QG n'existent pas, on sait immédiatement d'où il parle et pour qui il parle. Il n'y a qu'un QG pour lui et on sent le glissement depuis longtemps annoncé... Mais à part le fait de buzzer sur Internet dont Sarkozy se contrefiche totalement, qu'est-ce que cela peut bien rapporter ? Cela veut dire quoi que l'on a rassemblé x blogueurs dans une salle pour suivre ce que les autres Français découvrent plus simplement ? En quoi cela donnera-t-il une information différente ? Le vide des blogues sera-t-il capable de combler le vide et la désinformation des informations aux ordres de la sarkoïzie ?
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lundi, 08 janvier 2007
Tout devient pub
Je n'y crois pas, le slogan de Sarkozy sera vraiment le plus mauvais et le plus risible de la campagne (juste après celui d'Arlette Laguiller dans le camp des travailleurs car qui d'autre) : “Tout devient possible, avec Nicolas Sarkozy”. Comment peut-on commettre une telle bourde et ouvrir la voie à tout ceux qui vont détourner, déformer, inverser le slogan ? je me le demande. C'est une véritable piste de ski de première catégorie pour tous les parodieurs ou situationnistes.
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mercredi, 03 janvier 2007
Des vœux
Parmi les grands marronniers, on en trouve un qui ne manque pas de fond et sur lequel on peut s'interroger : les vœux. D'abord, on parle de la cérémonie traditionnelle des vœux du président à la France, aux Français, à la Nation, à madame, mademoiselle, monchieur, etc. Tout cela est réglé comme du papier à musique d'une composition de Marc-Antoine Charpentier, sauf que... le destinataire de ces vœux présidentiels change selon les mandats. J'ai lu des choses sur la vitesse d'élocution des différents présidents, le nombre de mots qu'ils emploient, et le champion en matière de débit comme de richesse lexicale semble être Pompidou, aussi surprenant que cela puisse paraître. Mais il y a aussi le paratexte et au fond ce n'est pas si anodin de s'adresser aux Français plutôt qu'à la Nation, ou de commencer par un “Mes chers compatriotes” au lieu d'un “Françaises, Français”. Le style chiraquien est nettement moins distant et moins nationaliste que le style gaullien, nettement moins compassé et empesé que le style giscardien. Mais il faudrait revoir sur la longue durée ces vœux car il me semble que le Chirac dernière mouture a pris un peu de temps afin de se démarquer de ses modèles antérieurs, ce n'est plus tout à fait le même qu'à ses débuts.
Cette cérémonie des vœux présidentiels semble traditionnelle à la télévision et on y associe toujours la télévision. Pourtant, ils existaient déjà avant : si on cherche bien on pourra trouver des allocutions de Vincent Auriol et pourquoi pas de Lebrun à la radio. Oui, mais c'était sans cette horrible interprétation d'un air baroque à la manière des non-baroqueux ! J'affirme haut et fort que les vœux présidentiels et l'Eurovision ont considérablement desservi Charpentier et Delalande ! Voilà une chose qui n'a jamais changé depuis de Gaulle et qu'il serait grand temps de réformer : l'horrifique musiquette des interventions présidentielles. Cela pouvait aller sous de Gaulle qui se prenait pour le roi-soleil et pendant le règne duquel on produisait de la fausse musique baroque dans le style d'I Musici, mais franchement je préférerais encore du André Rieux à la place...
Je reviens aux aspects plus langagiers. On parle de la saison des vœux. La saison est un peu limitée, car elle se résume à trois semaines durant lesquelles Serre-la-pogne recevra jusqu'aux femmes de ménage et aux canards de son étang qu'il a comme locataire. Mais enfin... il y a la saison des best-sellers, la saison des prix littéraires, la saison des mariages ou des naissances, donc tout peut être saison pourvu que ce soit un marronnier. Cela dit, on peut adresser ses vœux jusque la fin janvier sans être discourtois.
Mais que sont ces vœux ? Eh bien d'abord, ce sont les vœux que le président reçoit et non ceux qu'il émet ! Parce que ses vœux, ils les a faits formellement avant à l'ensemble des Français. Donc, maintenant, il entend ceux qu'on lui adresse et puis il en envoie en retour. On est dans le plus pur style monarchique avec le roi qui reçoit ses sujets. Prenons l'exemple des vœux à l'Élysée, qu'est-ce que cela veut dire ? D'abord les ministres se réunissent place Beauvau, vous savez là où se trouve un Would be... Ils avalent du café, du jus d'orange, des croissants, en se souhaitant la bonne année, puis il se rendent ensemble à pied à l'Élysée où les attendent du café, du jus d'orange et des croissants, puis ils souhaitent une bonne année au président qui fait alors la leçon aux candidats autoproclamés et désignés avec un score brejnévien. Donc l'expression des vœux est très ambigue : elle veut dire que ce sont les vœux que le gouvernement adresse au président, que le président adresse au gouvernement. On ne sait jamais qui souhaite la mort ou l'avènement de qui dans l'histoire. Ah oui ! il faut encore distinguer les vœux qui sont faits en présence de la presse et ceux qui ne le sont pas (par exemple les vœux au personnel de l'Élysée), mais on atteint le sommet lors des vœux de la presse au président qui deviennent, même dans les bonnes feuilles; les vœux à la presse. Ce sont les journalistes en cour qui vont faire courbette et pas le roi qui vient vers eux. Puis ils reçoivent la bonne leçon sur ce qu'ils auraient dû écrire.
Un truc chiraquien à noter : il n'y avait jamais avant lui de vœux aux forces vives. Dans le domaine du charabia, Chirac est un très grand magicien. On parlait des institutions civiles, des institutions représentatives, des représentants de la société civile, des acteurs du monde social, et puis tadadam ! voilà les forces vives qui gomment tous les conflits et toutes les contradictions de la société française. Parce que bon... même dans le meilleur des rêves d'un Chérèque, les patrons et les syndicats ne pourront jamais défendre exactement les mêmes positions sur tous les sujets. Mais avec les forces vives, tout ce qui peut fâcher disparaît d'un coup de baguette. On est alors en pleine mythologie, le roi reçoit différents états (bourgeois, clercs ou nobles) et puis décide que tout le monde est d'accord. C'est gentil, c'est sympathique, mais cela ne fait pas une politique et je comprends alors parfaitement pourquoi un personnage parle de rupture, tout en reproduisant les modèles anciens. Je ne sais pas, je ne suis pas d'une anglophilie débordante, mais je trouve que lorsqu'un Premier ministre britannique vient défendre en personne sa politique devant les députés et répondre à leurs questions, cela a carrément une autre gueule qu'un discours de la Reine, et même si je ne suis pas d'un blairisme forcené, il me semble que Tony a eu sacrément plus de poil que tous les présidents français qui continuent à faire comme s'ils étaient les pères de la Nation ou bientôt les mères de la Nation, même s'il s'est trompé il s'est soumis auparavant au jugement des autres. Mais c'est mon tropisme montebourgeois qui parle alors.
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mercredi, 13 décembre 2006
Le sage a dit
Jeu : trouver l'auteur de cette maxime :
Si nous mettons la voiture France à l'envers, nous n'aurons plus la capacité de rebondir.
18:51 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, chirac, villepin, humour
mercredi, 15 novembre 2006
Les gamineries de Galouzeau
Je lis cette déclaration de Galouzeau dans le Canard qui rapporte les propos écrits dans le Parisien : “Moi, j'ai commencé tôt. J'ai joué sur les genoux du Général. C'était à l'occasion d'un voyage de Charles de Gaulle en Amérique latine.” Mais le Canard ne se penche pas sur le fond de l'affaire.
Il y a bien eu deux voyages de Mongénéral en Amérique latine (la mano en la mano), c'était en 1964. Mais à cette époque notre grand poète national n'avait que onze ans... Même si on est général, grand, robuste et généreux, on ne fait plus sauter à 74 ans des enfants de 11 ans sur ses genoux !
20:05 Publié dans Carabistouilles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, politique, sarkozy, chirac, villepin


